Le PCF : force déterminante pour construire le rassemblement pour une société meilleure
Posté par jacques LAUPIES le 20 mai 2016
Que l’on considère ou non que la détermination de notre stratégie pour l’élection présidentielle, ou pour le moins que les principes qui doivent la déterminer, ne sont pas encore à l’ordre du jour, cela ne résiste pas au débat qui prend corps dans la fraction politisée de la population, plus importante qu’on ne le pense. Quand bien même si s’exprime un véritable rejet de la politique dans l’amalgame bien connu du « tous pourris » où grimpe l’abstention aux différents scrutins qui viennent de se succéder.
Il suffit de diffuser un tract sur un marché, engager une discussion à propos de notre initiative « Que demande le peuple » ou tout simplement débattre dans une organisation de communistes pour se rendre compte que chacun y va de son hypothèse concernant ce qui se passe à gauche. Qu’entend on essentiellement : « C’est fini je ne voterai plus socialiste ! « , « Les communistes se sont faits rouler par Mitterrand et par Hollande » et vous n’ont pas encore compris ? »
La question du blocage que provoque la nature des scrutins est rarement abordée et plus particulièrement celle de la présidentielle. Parallèlement, comme il y a toujours une incompréhension pour l’électeur sympathisant que nous avons convaincu de voter pour le candidat d’union, entre ce que nous lui avons demandé dans un contexte donné et ce que nous lui demandons cinq ans plus tard, dans un autre contexte. Le phénomène s’est produit pour la candidature Mitterrand, et il semble jouer de la même manière en faveur de Mélenchon.
Tant que ce candidat « partenaire » n’a pas exercé le pouvoir il demeure un possible même s’il dévie de ses engagements antérieurs. Les électeurs feront les frais des éventuels abandons d’un candidat d’une famille politique encouragée par son renforcement au détriment du PCF.
Il est un principe en matière de pouvoir politique qu’il ne faut pas oublier, qu’il s’agisse de l’individu ou du groupe, c’est que celui-ci est soumis à l’obligation d’être identifié clairement sur les convictions qu’il exprime dans l’espace et dans le temps. C’est à partir de cette reconnaissance que s’établit un rapport de force (en l’occurrence en démocratie avec le soutien électoral) et qu’il va pouvoir rendre déterminantes ses propositions, d’autant qu’il les aura clairement exprimées.
Dans ces conditions, à moins de situations extrêmes et dans l’urgence, la stratégie des ententes au sommet, des cartels ou « mouvements » contribuent à établir un enfumage des objectifs et plus grave à permettre à des individualités de spéculer sur le flou !
Même si l’on considère prévisible au deuxième tour un duel droite (LR et divers) contre FN ou encore social-libéraux (PS et divers) contre FN, rien n’est définitivement établi. D’évidence au premier tour : à droite on tentera d’élargir à l’électorat centriste et FN et à gauche d’élargir au centre et à gauche.
Que reste – il à faire pour la gauche : d’abord constituer une force prenant appui sur la tradition républicaine et sociale en politique, ensuite sur les luttes sociales facteur des prise de conscience populaire pour un changement profond de notre société (sur le plan institutionnel, économique, social et sociétal)
Cela ne peut se faire dans la durée sur des regroupements (certes utiles et dont il ne faut pas négliger l’opportunité) mais bien sur à partir d’une organisation politique bien identifiée, forte et cohérente, déterminée dans l’élaboration et l’application d’un programme et pesant suffisamment sans cependant prétendre à hégémonie, respectueuse des autres formations.
Parce qu’il a joué un rôle essentiel dans les luttes pour l’indépendance nationale de notre pays, qu’il a porté haut les conquêtes sociales des travailleurs, preuve de la justesse de la prise en compte de l’analyse marxiste, fondement de son action, le PCF peut prétendre être cette force dont notre société a besoin. La première démarche en l’état est de bâtir un programme et de préparer une candidature communiste !
Peu importe le temps que demandera la reconstitution de cette force mais tel doit être le cap à atteindre par ceux qui en ont la responsabilité : tous les communistes. Et tant mieux si l’on parvient à y associer de nombreux citoyens : « consult’acteurs » et « consult’actrices » !


