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A chacun sa laicité ?

Posté par jacques LAUPIES le 10 février 2016

 

On n’arrête pas de débattre sur la laïcité. La question est importante certes, qui le nierait. Tout comme est extrêmement sensible et primordiale celle des libertés que pose le débat sur la modification de la constitution ou celui sur des questions sociétales comme la famille, le mariage, etc.

Le monde parlementaire et politique est depuis des mois mobilisé sur ces questions que les français voient mises à l’ordre du jour et dont beaucoup considèrent qu’elles ont un intérêt relatif face à des questions comme la pauvreté, le chômage et les difficultés de la jeunesse qui en est la première victime.

Cette façon d’imposer des sujets sensibles mais qui ne sont souvent que la conséquence d’une situation sociale catastrophique dans un pays comme ne nôtre qui a tous les atouts économiques pour la régler, montre bien les manipulations dont est victime l’opinion française et donc les français.

Pas étonnant que parfois une majorité d’entre eux (selon les sondages) se fasse embobiner !

Notre devoir est donc de nous défendre sur tous les terrains mais on sait bien que l’art de la politique consiste souvent à répéter mille fois le plus important !

Alors allons y : le salaire à 1700 euros minimum, les pensions et retraites revalorisées, une allocation d’autonomie à tous les jeunes de 18 à 25 ans pour apprentis, étudiants avec formations obligatoire, la retraite à 60 ans garantie à taux plein, les 32 heures par semaine légalisées, une sécurité sociale remboursant les médicaments et prenant en charge les soins (dentaires notamment) à 100 % le tout accompagné d’une réforme fiscale démocratique de l’impôt indexé sur les revenus, une fiscalisation du profit des entreprises et l’obligation pour elles d’investir dans le développement et la production  que susciterait l’amélioration des conditions matérielles de vie des populations, voila qui devrait occuper les médias et faire réfléchir les français. Voilà ce qu’il faut faire tout en nous sortant du bourbier moyen oriental et en établissant une diplomatie nouvelle au service de la coopération internationale.

Mais de cela on ne parle que pour dire qu’avec la dette c’est impossible, ce qui est faux et archi faux, des économistes parmi les plus éminents en attestent alors que l’on fait répéter le contraire à des petits « fonctionnaires » du capital financier, industriel et commercial sous dominante privée. Un système à bannir tout comme celui d’institutions anti démocratiques qu’il faut repenser !

Puisque le mouvement social nécessaire n’est pas là pour titiller une « gauchegouvernementale » dévoyée dans le soutien au patronat, sourde aux exigences de ses « valeurs » comme on dit trop souvent sans les définir, il faut bien lui opposer en 2017 une force potentiellement de vraie gauche et de vrai républicanisme existant de fait dans ce pays mais noyée dans le vote complaisant ou révolté et surtout l’abstention.

Ainsi une candidature unique de cette gauche républicaine au sens véritable devrait pouvoir être dégagée selon un principe de « centralisme démocratique » (eh oui j’ose employer le terme), porté par des équipes opérationnelles et non comme au temps des féodaux par une cour de comploteurs  qui filent comme des anguilles quand l’eau vient à manquer.

Mais cela seul le peuple conscient a le pouvoir de l’imposer par le mouvement, l’action concrète pour débattre et se rassembler. Sans perdre de vue qu’une armée populaire a besoin de responsables placés sous contrôle une fois désignée.

Sommes-nous ainsi loin du débat sur la laïcité ? Nul n’est besoin de refaire la loi de 1905 même s’il faut en rappeler l’esprit séparant l’état des églises : toutes les églises en leur demandant de respecter l’autorité républicaine partout ou elle exerce  sa fonction avec  les deniers du peuples dont l’utilisation doit-être consacrée au seul bien commun à  tous. Libre à elles dans leur folle diversité de se consacrer en leur croyance. et d’ailleurs cela ne concerne pas que les églises mais aussi ceux qui, parce qu’ils ont des privilèges de classe, se dotent de moyens d’instruction, de formation et d’information démesurés pour la défense de leurs intérêts particuliers.

Une loi peut être appliquée avec la tolérance nécessaire mais elle reste la loi que seul le peuple peut modifier !

 

La laïcité induit-elle un régime d’intolérance en matière de religion ?

Jeudi, 4 Février, 2016
L’Humanité

 

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A chacun sa laicité ? dans POLITIQUE

Jean-Paul Scot (ici à la Fête de l’Humanité 2015) interviendra, ainsi que Régis Debray, lors des 3e Agoras de l’Humanité « Laïcité », jeudi 18 février à l’Espace Oscar Niemeyer à Paris.
Photo : Julien Jaulin

Par Isabelle Saint-Martin de l’Institut européen en sciences des religions, Jean-Paul Scot, historien et Pierre Dharréville, membre de l’exécutif national du PCF.

  • Une condition de la liberté de jugement par Isabelle Saint-Martin, de l’Institut européen en sciences des religions

Accuser l’école de la République d’enseigner l’intolérance religieuse serait mélanger plusieurs registres et méconnaître ses principes fondateurs.

Intervenant dans ce débat au titre de l’Institut européen en sciences des religions, créé à l’issue du rapport de Régis Debray sur l’enseignement du fait religieux dans l’école laïque, je voudrais rappeler les propos du président de la République en janvier 2015 : « Les religions n’ont pas leur place dans l’école. Ce qui n’empêche pas qu’il y ait un enseignement laïque des religions. »

Les premiers mots ne renvoient pas seulement à la vie scolaire, à la loi de 2004 ou aux polémiques sur les cantines et les parents accompagnant des sorties. Pour ces derniers cas, deux constats s’imposent : si la laïcité n’oblige pas à respecter les interdits alimentaires, elle n’empêche nullement les self-services et les choix couramment proposés. La question de leur opportunité relève de l’appréciation des communes.

Quant aux « mères accompagnatrices voilées », la recommandation du ministère a fait de l’accueil la règle et du refus l’exception. Plus profondément, dire que « les religions n’ont pas leur place à l’école » c’est revenir à l’essence des lois de laïcisation scolaire de 1881-1886. Antérieures à la loi de séparation des Églises et de l’État, elles posent la distinction entre le monde scolaire et les confessions. Soit, selon Ferdinand Buisson (1887) : « L’instituteur à l’école, le curé à l’église, le maire à la mairie. »

L’école, devenue obligatoire et gratuite, doit être laïque, ouverte aux élèves de toutes religions ou convictions ; les représentants d’aucun culte n’y ont plus autorité. Cette neutralité garantit l’indépendance du savoir et l’accueil indistinct de tous. Mais, à l’image de l’article Ier de la loi de 1905, qui assure la liberté de conscience, elle n’enseigne pas un athéisme d’État. Jules Ferry invitait l’instituteur à respecter la conscience de l’élève. Cette indépendance réciproque conduit à exclure l’histoire sainte de l’école. Pour autant, on parle encore de Pascal ou de Claudel. En histoire, la naissance de l’islam est enseignée au collège depuis des décennies !

Depuis les années 1980, dans le contexte d’un effritement de la culture humaniste qui compromet l’accès de tous au patrimoine culturel, comme de la nécessité de donner des clés de compréhension du monde contemporain, la question d’un enseignement laïque des faits religieux a ressurgi à plusieurs reprises. Le choix français, confirmé avec le rapport Debray en 2002, est de les enseigner à travers les disciplines scolaires existantes. Ils apparaissent contextualisés et mis en perspective comme objet de connaissance et non transmission de croyances, dans une approche scientifique qui n’a pas à s’interdire certains champs du savoir.

Sans examiner ici les limites de cet enseignement, il faut encore noter, tant dans la charte de la laïcité à l’école que dans l’enseignement moral et civique instauré à partir de 2015, la présence du thème « pluralisme des croyances et laïcité ». Parmi les exemples de situations d’apprentissage, un débat sur l’interdiction des signes religieux ostensibles permet de distinguer la stricte neutralité des agents du service public et celle des élèves, qui ont le droit de porter des signes religieux discrets. Que ceux-ci puissent passer au crible les arguments invoqués autour de cette loi ne les convaincra certes pas tous !

Pourtant l’exercice d’un libre examen doit aider à percevoir la laïcité de l’école non comme un catalogue d’interdits, mais comme une condition de la liberté de jugement et d’égalité de tous dans l’accès au savoir. L’école ne vise pas un endoctrinement moral, mais vise à distinguer la science et la foi comme deux registres intellectuels différents. Elle invite à exercer la faculté de penser dans le respect des convictions d’autrui, à créer les conditions pour que, selon les mots de Gabriel Séailles (un des fondateurs de la Ligue des droits de l’homme), chacun puisse se dire « athée sans être traité de scélérat et croire en Dieu sans être traité d’imbécile ».

  •  Le respect mutuel, pas la guerre par Jean-Paul Scot, historien 

Par quel scandaleux contresens, un an à peine après les crimes de janvier 2015, certains assimilent la laïcité à l’intolérance, stigmatisent les « laïcards » de gauche ou ravivent « la guerre des laïcités » ? Rappelons que les deux premiers articles de la loi de 1905 fondent les « principes » de la laïcité sur la liberté de conscience et l’égalité des droits (des croyants comme des incroyants). La séparation de l’État, neutre en matière confessionnelle, et de toutes les Églises garantit pleinement la « liberté des cultes ». Bien plus que la tolérance, concession des dominants aux dominés, la laïcité, constitutionnalisée en 1946, devrait donc permettre le respect de toutes les religions et convictions.

Pourtant toutes les Églises cherchent, au nom du « respect de toutes les croyances », à faire reconnaître d’utilité publique leurs activités scolaires, sociales, culturelles, éthiques, spirituelles. Ralliées à une « laïcité positive », « ouverte », « européenne », elles tentent de reconquérir des positions privilégiées. Elles s’appuient sur des textes internationaux ignorant la laïcité mais privilégiant la « liberté de religion ». Ainsi l’article 9 de la convention européenne des droits de l’homme stipule que « toute personne a le droit (…) de manifester sa religion (…), en public et en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement de rites ». La manifestation de sa foi est élargie bien au-delà du culte et ne peut être limitée qu’au nom de « la protection de l’ordre, de la santé, de la morale et des droits et libertés d’autrui ».

Par suite, la loi de 2004 sur l’interdiction de signes religieux ostensibles à l’école publique est encore souvent jugée discriminatoire. Si on peut comprendre que des jeunes assimilent la laïcité à des interdits, il faut rappeler à tous ceux qui ont mis en avant la question du « voile » que les élèves ne sont pas des adultes, ni des usagers d’un simple service public, et que l’école publique a des missions spécifiques d’apprentissage de savoirs, mais aussi de découverte du lien social et des libertés. Quant à la loi de 2010 interdisant le voile intégral dans la rue, elle ne relève pas de la laïcité, mais du respect de l’ordre public et de l’égalité des sexes.

Plus largement, la laïcité a subi trois dérives politiciennes qui l’ont dénaturée jusqu’à la faire assimiler à son contraire, l’intolérance :

1) un glissement vers une laïcité « multiculturelle » et le clientélisme communautariste. Au nom de la « diversité », de la « tolérance » et de l’« équité », nombre d’élus de gauche et du centre ont multiplié les financements et les concessions en faveur d’organisations religieuses ou ethniques. Croyant acheter la paix sociale, ils ont accentué les différences identitaires à fondement religieux au lieu d’intégrer les particularités de chacun dans le vivre-ensemble républicain ;

2) une déviance laïciste, néogallicane, xénophobe, raciste. Au nom de la défense de l’identité française et des racines chrétiennes de l’Europe, le FN et nombre de LR entendent interdire le port de signes religieux à l’université, aux usagers des services publics, et même dans la rue où pourtant toutes les libertés sont autorisées, sauf trouble à l’ordre public. Un État fort devrait défendre « le mode de vie français » face au « communautarisme musulman » ;

3) une stigmatisation des « laïcards » au nom de l’« islamophobie ». Au nom de la lutte contre les discriminations et le racisme dont sont de plus en plus victimes des musulmans, nombre d’islamistes avérés et d’activistes compassionnels contestent toute critique de l’islam comme religion et de l’islamisme comme système théocratique totalitaire.

Pas question donc d’être dupes de la nouvelle « triangulation » de Manuel Valls, qui prétend défendre une « intransigeante laïcité » alors qu’il entend « recenser les besoins en lieux de culte » et « développer les établissements scolaires privés » musulmans ! Dire que, pour Jaurès, laïcité, respect mutuel, démocratie et progrès social étaient synonymes…

  • Assez de contresens par Pierre Dharréville, membre de l’exécutif national du PCF

«Il faut s’accrocher et il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe, qui a été pendant pas mal d’années le stop absolu, l’interdiction de parler et presque la suspicion sur la laïcité. À partir du moment où les gens auront compris que c’est une arme contre la laïcité, peut-être qu’ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses. » Ce sont les mots prononcés par Élisabeth Badinter le 6 janvier dernier sur France Inter. La gauche décomplexée n’a pas perdu que ses complexes… Comment peut-on dédramatiser et banaliser un phénomène de nature raciste qui n’en finit pas de grimper dans la société ? Comment peut-on s’autoriser à y prêter le flanc, voire y inciter ?

On ne saurait être laïque et islamophobe. Si la critique de la religion – comme la critique de tout pouvoir – est un exercice sain et une liberté, s’il faut y refuser – comme en tous les mouvements de la société – les conservatismes réactionnaires, il n’est pas superflu d’en avoir une vision dialectique et contrastée. Mais, pour ce qui est de la laïcité, elle ne revient pas à proscrire l’expression de convictions religieuses dans l’espace public. C’est un contresens, hélas, extrêmement répandu. Jouant de ce contresens, l’extrême droite a tenté de faire croire à sa compatibilité républicaine, et de légitimer un racisme refondé sur la base des convictions religieuses – en l’occurrence musulmanes – et cette offensive n’en finit pas de catalyser l’affrontement identitaire. Oui, il faut combattre les amalgames et les raccourcis : Daech est une entreprise politique et les terroristes sont, avant toute autre chose, des fanatiques. C’est du sein même de notre humanité, rongée par les logiques capitalistes et impérialistes, dans le clair-obscur qui s’attarde, que naissent ces monstruosités. L’islam n’est pour eux qu’un drapeau de vertu contrefait.

Les propos d’Élisabeth Badinter en ce début d’année avaient provoqué la réaction de l’Observatoire de la laïcité, par la voix de son rapporteur général, Nicolas Cadène, pointant de surcroît ses approximations juridiques. Crime de lèse-majesté qui fournit un prétexte aux détracteurs de son président, Jean-Louis Bianco, qui s’empressèrent de demander sa tête. À la suite de quoi Manuel Valls s’est cru obligé, à l’occasion du dîner du Crif, de prolonger cette attaque en règle, en lui reprochant de « dénaturer la réalité de la laïcité », ainsi que d’avoir signé le texte « Nous sommes unis » avec quatre-vingts personnalités dont certaines étaient jugées par lui infréquentables. Ce texte, faisant suite aux attentats du 13 novembre, proclamait notamment : « Un piège nous est tendu ! Nous devons refuser d’y succomber ! La division, la délation, la stigmatisation sont au cœur de ce piège sournois. » Nous y sommes…

Cette polémique n’est pas le fait du hasard, au beau milieu des velléités guerrières dans lesquelles on voudrait embarquer notre peuple. Profiter de ce moment pour réactiver ce contresens à propos de la laïcité, cela ne s’inscrit-il pas également dans cette entreprise de destruction méthodique de la gauche qui est engagée ? La laïcité, comme le disait Jaurès, c’est la démocratie, c’est l’égalité des droits. Fermement.

Mais certainement pas l’oukase de la République à l’égard de l’islam et des musulmans. Les défis laïques sont immenses, dans une société et une République en crise. Sous la présidence de Jean-Louis Bianco, l’Observatoire a accompli un travail de pédagogie et d’apaisement utile, cherchant à faire mieux partager le sens de la laïcité dans la société et à donner des repères concrets pour la faire vivre au quotidien. Nous avons besoin de cet observatoire dans ce rôle. Si l’on voulait le transformer en prétendue « laïque inquisition », cela serait un désastre pour la République. Il faut sortir d’urgence de cette guerre des civilisations et de cet affrontement identitaire dévastateur. Vive la laïcité, instrument du bien commun et de l’unité populaire.

 

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Prenez note de cet article de Patrick Le Hyaric, cela peut vous servir

Posté par jacques LAUPIES le 9 février 2016

 

La révision de la Constitution n’est-elle pas anticonstitutionnelle ? 
« La volonté générale est dans chaque individu un acte pur de l’entendement qui raisonne dans le silence de ses passions sur ce que l’homme peut exiger de son semblable et sur ce que son semblable est en droit d’exiger de lui » écrivait Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat Social.
Notre droit, depuis 1789, est imprégné de cette prévention à nous déjouer des pulsions pour que vive le contrat implicite qui permet la vie en commun, au-delà de nos différences. Faire société n’est pas chose aisée. Cela réclame du sang froid ; de ne pas jouer avec le droit à des fins électoralistes, qui plus est avec notre Loi fondamentale ; de ne pas s’enferrer dans le temps court des chamailleries politiques pour penser le temps long de la construction d’une société réellement fondée sur la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.
Depuis les terribles attentats du 13 novembre dernier, cette prévention est rudement mise à l’épreuve. Si bien qu’il apparaît que le gouvernement pousse le peuple à penser, non pas dans le silence de ses passions, mais dans le vacarme de ses angoisses. N’est-ce pas dans les moments exceptionnels qu’il convient justement de protéger les fondements du contrat social, de se convaincre et de convaincre l’ensemble des citoyens de ne pas céder à la peur ?
Notre droit, aussi imparfait soit-il, a intégré cette exigence de prudence en stipulant dans son article 89 que la Constitution ne peut être révisée lorsque l’intégrité du pays est menacée. Or, le Président et le Premier ministre ne cessent de clamer que notre pays serait en guerre.
Si notre Constitution ne peut être révisée lorsque le pays est en guerre, c’est justement pour éviter que ne se prenne, sous le coup d’une émotion mauvaise conseillère ou dans un contexte de suspension des libertés, des décisions qui contreviendraient aux principes fondamentaux qui régissent la vie en commun.
En ânonnant que la France était en guerre – alors que la Constitution indique, dans son article 35, que seul le Parlement peut autoriser la « déclaration de guerre » -, le Président et le gouvernement ont entretenu le climat de panique que les terroristes ont cherché à introduire dans le pays et légitimé les coups de canif portés aux principes fondamentaux de la République.
Ce climat particulièrement délétère qui se propage dans les interstices de la société conduit à une puissante dérive de « l’état de droit » vers un « état de sécurité » permanent : état d‘urgence constitutionnalisé pour un recours sans frein aux mesures d’exception, agrémenté de l’inscription dans la norme suprême du droit de la déchéance de nationalité belle et bien réservée aux binationaux, puis d’une réforme majeure de la procédure pénale au détriment de l’autorité judiciaire, attentatoire au principe cardinal de séparation des pouvoirs. Or, l’article 66 de la Constitution prévoit que c’est l’autorité judiciaire seule qui est garante des libertés individuelles, et non le Conseil d’Etat ou toute autre autorité administrative dépendante du pouvoir politique. Ce cocktail explosif menace l’équilibre sur lequel repose le droit républicain. Mais surtout, n’agissent-ils pas en dépit de la Constitution, en bravant aussi bien ses lettres que son esprit ?
Concernant la déchéance de nationalité, même ses plus farouches partisans s’accordent à reconnaitre son inutilité dans la lutte contre le terrorisme. Sa seule « qualité » sera, malgré les artifices rédactionnels visant à ôter le mot « binational », de créer en France deux catégories de citoyens. Ce n’est plus le citoyen sujet universel de droit mais l’individu selon son origine ou celle de ses parents qui comparaitra devant la loi, pour le même crime et désormais pour le même délit, avec un traitement différencié.
Dans le brouhaha des débats, certains ont même avancé l’idée d’envoyer les terroristes en Apatridie ! Il y a tout juste cinq cent ans, l’érudit humaniste anglais Thomas More imaginait l’Utopie, un pays fondé sur la stricte égalité entre les êtres, sans propriété ni argent. Aujourd’hui nos gouvernants s’ingénient à inventer l’envers de cela, l’Apatridie, « pays-décharge » pour les déchus, où seraient parqués les indésirables réels ou supposés, et les criminels que notre monde n’ose plus regarder en face. On a l’imagination que les époques nous prêtent.
Le droit, s’il reste toujours à parfaire et s’il reste trop souvent au service des puissants, est un instrument pour sortir les individus de leur communauté respective, de leur condition de naissance, et pour penser l’universel.
Il faut de toutes nos forces refuser cette fuite en avant. Il est dès aujourd’hui possible de fédérer largement contre le projet de révision de la Constitution. Ce n’est pas qu’un problème de droit ; c’est l’idée même d’une citoyenneté mise sous couvercle qui nous inquiète, une dépossession grandissante des citoyens et de leurs prérogatives au profit de leurs représentants. Pour que la vraie politique retrouve ses droits et pour préserver nos libertés, refusons cette révision de la Constitution !

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Chercher une nouvelle voie pour la gauche implique de trouver rapidement une force politique cohérente et rassembleuse

Posté par jacques LAUPIES le 9 février 2016

 Comme tous les lundis nous nous réunissons pour discuter de la situation politique et prendre quelques initiatives pour nous adresser à la population. Mais depuis deux lundis nous avons pris pour habitude de regarder sur le net « les lundis de gauche » proposés par Pierre Laurent et ou sont invités des personnalités toutes préoccupées de débattre, de donner leur point de vue pour sortir d’une crise politique  évidente au sein de cette gauche.

Le débat de ce lundi était doublement intéressant notamment avec l’intervention de Bernard Thibault qui a soulevé la question de la prise en compte de la situation internationale et de la placer au cœur du débat à gauche. J’avoue immodestement que cette question me préoccupe depuis longtemps et que l’ancien Secrétaire Général de la CGT l’a évoquée comme il m’est arrivé de le faire ici même que ce soit par rapport à  la dimension européenne ou mondiale. Insistant sur les liens qu’il y a entre un monde de paix et la question d’une régulation sociale nécessaire pour le construire.

Pierre Laurent a semblé partager cette préoccupation et a mis en évidence l’urgence de trouver une réponse face la « triangularisation » de la vie politique française. Il a insisté sur le besoin de rassembler pour sortir de ce que nous appellerons une impasse que favorisent des institutions qui nous enferment dans un régime présidentiel lequel évacue de plus en plus les formes démocratiques. Même vision pour Bernard Thibault.

Caroline de Hass, à l’initiative pour une primaire à gauche a fait part de son souci de voir une gauche qui cherche à atteindre globalement des objectifs qu’elle juge similaire, ne pas s’entendre et trouver une réponse commune et dégager une candidature unique à la présidentielle.

Bref je recommande à mes lecteurs de regarder ce lundi de la gauche du 8 février qui me semble porter une riche contribution à la réflexion que nous devons avoir !

 

 Ci dessous : un entretien avec Benoit Hamon qui expose sa vision de la situation de la gauche

Benoît Hamon : « Le clivage droite-gauche est reformulé »

Entretien réalisé par Frédéric Durand
Lundi, 8 Février, 2016
L’Humanité

 

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Chercher une nouvelle voie pour la gauche implique de trouver rapidement une force politique cohérente et rassembleuse dans POLITIQUE

« Ceux qui refuseraient par principe la primaire nous feraient courir le risque de voir la gauche éliminée au second tour de la présidentielle. »
Photo : Julien Jaulin/HansLucas

Figure de l’aile gauche du PS, Benoît Hamon estime que le débat sur la déchéance de nationalité « réactive » le clivage politique. La primaire est le « seul moyen » d’éviter à la gauche de sombrer en 2017, dit-il.

La question de la déchéance de la nationalité et la révision constitutionnelle ont ravivé les débats au sein du PS. Quelle est votre position ?

Benoît Hamon Au lendemain des attentats, la nation s’est spontanément unie. La proposition d’inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution a créé la discorde là où il y avait la concorde. Le projet du gouvernement a beaucoup varié. Initialement réservée aux binationaux, la déchéance de nationalité concernerait désormais tous les Français. Elle créerait donc des apatrides. Je crois cette initiative inutile et dangereuse. Je m’y opposerai donc.

Au-delà du débat juridique, je vois dans cette mesure une forme d’autoamnistie de la société française sur les raisons qui conduisent tant de jeunes Français à choisir la voie du terrorisme, du meurtre et du suicide. La déchéance permet d’échapper à des explications que certains redoutent sur les responsabilités spécifiques de la société française dans cette radicalisation. La déchéance offre un raccourci pratique pour éviter tout examen de conscience.

Je partage l’analyse de l’universitaire Rachid Benzine quand il parle, s’agissant des attentats, d’un « double déni ». Le premier émanant d’une partie des Français musulmans, qui disent : « Ces terroristes-là, ce ne sont pas des musulmans, ce n’est pas l’islam », sauf qu’ils se revendiquent de l’islam au moment où ils agissent et qu’il faut interroger certains courants, comme le wahhabisme, en ce qu’ils facilitent ce passage du fondamentalisme vers l’extrémisme terroriste. Le second déni est celui d’une France qui proclame qu’« il n’y a rien à comprendre dans ce geste, ce n’est pas la France ». Parmi ces jeunes terroristes, parmi ces jeunes présents en Syrie et en Irak, la plupart sont passés par les écoles de la République et ont été élevés en France. Ce sont les enfants perdus et de la France et de l’islam. Qu’est-ce qui explique cet échec collectif ? Comment stopper ces phénomènes morbides ? Voilà ce qui me semble plus essentiel que ce débat sur la déchéance.

Ces débats justifient-ils que la question identitaire occupe désormais tout l’espace politique et médiatique ?

Benoît Hamon Dans son dernier livre, Piège d’identité, Gilles Finchelstein, de la Fondation Jean-Jaurès, explique que, là où l’identité structure les débats publics, le vote cesse d’être constitutif de l’identité, c’est l’identité qui détermine le vote. Je vote comme breton, comme corse, comme musulman ou comme catholique, etc. Alors qu’auparavant, le fait de voter socialiste, communiste, conservateur ou FN était une composante de mon identité. Les choix politiques, la liberté de conscience primaient sur les appartenances culturelles. Cette inversion constitue une pente extrêmement dangereuse parce qu’elle efface de facto la question sociale.

C’est cette dérive que vous avez tenté de combattre en interne…

Benoît Hamon Oui. J’observe l’essor d’une idéologie néo-conservatrice, au sein de l’exécutif, qui se reconnaît à trois caractéristiques : la revendication du primat de la question identitaire sur la question sociale, l’adhésion décomplexée au libéralisme économique et une vision pessimiste du monde, et de son avenir. Le débat sur la refonte du Code du travail viendra après celui sur la déchéance de nationalité, et il sera la nouvelle offensive de ce courant idéologique. Quelle est la conviction de ce dernier pour lutter contre le chômage ? Ce qui empêcherait les entreprises d’embaucher, ce serait les protections trop nombreuses et trop coûteuses de ceux qui travaillent. En diminuant les droits des insiders (les inclus au marché du travail – NDLR), on faciliterait les chances des outsiders (les exclus – NDLR) d’entrer sur le marché du travail.

Les mêmes défendent l’idée que la dégressivité des allocations chômage encouragerait les chômeurs à chercher un emploi. Même si toutes les études démontrent exactement l’inverse. C’est injuste et inefficace, tout comme l’idée d’organiser la prévisibilité du licenciement abusif à travers le plafonnement des indemnités aux prud’hommes ! Les signes donnés par le gouvernement, depuis deux ans, sont tous les mêmes. Ils ont le mérite de la cohérence mais le défaut de l’inefficacité puisque, aujourd’hui, en dépit d’un contexte économique incroyablement favorable – un pétrole à un prix extraordinairement bas, des taux d’intérêt très faibles et un euro très compétitif par rapport au dollar, sans compter les politiques de soutien massif aux entreprises à travers le pacte de responsabilité –, on a un taux de chômage supérieur à 10 %, une pauvreté endémique et des inégalités qui continuent de se creuser.

Vous revendiquez une politique alternative à gauche, est-elle encore imaginable ?

Benoît Hamon Aujourd’hui, la recomposition du paysage politique français est en cours, les cartes se redistribuent. Que la gauche sociale-démocrate européenne soit ralliée aux axiomes libéraux, ça ne date pas de ce gouvernement. Margaret Thatcher ne disait-elle pas que son « plus grand succès, c’(était) Tony Blair » ? La famille sociale-libérale a été mise en échec en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Grèce… Et elle l’est aujourd’hui en France. Les choses changent cependant quand ceux qui, à gauche, partageaient des solutions avec la droite sur les questions économiques et sociales en sont venus à les partager sur la question du lien entre nationalité et citoyenneté. Il y a incontestablement un clivage droite-gauche qui s’est réactivé et reformulé, et qui est intéressant parce qu’il offre une base à partir de laquelle reconstruire.

Cette base pour reconstruire peut-elle s’incarner d’ici à 2017 ?

Benoît Hamon Si on veut qu’il y ait la gauche au second tour, le seul moyen, c’est une primaire, parce que son principe – je sais bien que ça fâche –, c’est qu’on se rallie à celui ou celle qui l’a gagnée. Ceux qui refuseraient par principe la primaire aujourd’hui, outre qu’ils nous priveraient d’une grande respiration politique et démocratique, nous feraient courir le risque de voir la gauche éliminée au second tour. De nombreux militants et élus socialistes la réclament et sont déterminés à y participer. La décision du président de la République sera bien évidement importante, mais maintenant la balle est dans son camp et celui de ses amis. L’éthique de responsabilité, quand l’extrême droite est aux portes du pouvoir, invite à se plier à un exercice démocratique qui rassemble, plutôt qu’à un acte vain et stérile d’autorité pour ordonner aux troupes de se ranger derrière le candidat sortant. Hélas, lorsque Jean-Christophe Cambadélis dit : « Oui pour une primaire, mais à condition qu’il y ait tout le monde, et il faut convaincre Mélenchon », ça veut donc dire non, je n’en veux pas ! Je regrette ces sempiternelles diversions ! La primaire sera de toute façon le seul moyen de rassembler la gauche.

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Je me souviens…

Posté par jacques LAUPIES le 8 février 2016

 

En ce début de l’année 1962, je venais d’adhérer au PCF. Une adhésion qui suivait de deux ans celle effectuée à la CGT qui m’avait permis d’entrer en relation avec des communistes dont les responsables au sein de l’entreprise  : Chamary ancien déporté, et Charles Dupuy, tous deux responsables syndicaux. De retour du service militaire. Je fus rapidement mis en contact avec Thérèse Dourguin, Directrice de l’école maternelle Jules Ferry et les autres responsables dont Pierre Roullet des Ponts et Chaussées, Paul Ibert, agriculteur, Colette Laffineur et Addy Bourdouxhe pour ne citer qu’eux car bien d’autres militants existaient à Tarascon.

Le Parti Communiste venait de subir un recul et un échec politique, seul en tant que grand Parti à s’être opposé au coup de force qui avait en 1958 propulsé De Gaulle au pouvoir, avec le soutien de  quelques éléments d’une gauche disloquée.  Mais il restait une force politique déterminante dans la vie du pays en lien avec une CGT quasiment placée sous son influence.

La guerre d’Algérie qui avait conduit à créer les conditions de la chute de la IVème République n’était pas encore achevée puisque le cessez le feu avec les accords d’Evian devait intervenir en mars. D’où une situation tendue y compris dans notre ville ou des groupes de l’OAS existaient et rassemblaient des personnages  ayant été entachés par la collaboration durant la guerre et qu’avait rejoint des éléments dont certains fréquentèrent par la suite la mouvance gaulliste.

Situation classique de l’époque mais qui tout de même aboutit à un attentat contre le siège du Parti Communiste place de la révolution, propriété de Thérèse Dourguin. Les dégâts matériels furent importants et le bruit de l’explosion provoqua un décès dans  le voisinage d’une personne atteinte de maladie cardiaque.

Evidemment  la répression honteuse dont furent victimes des adhérents de la CGT à Paris (Métro Charonne)  quasiment tous communistes me marqua profondément comme le furent tous les français. Des communistes m’avait-on dit étaient engagés dans un soutien direct aux algériens engagés dans leur lutte de libération nationale.

J’avais quelque fierté à m’être rangé dans un Parti qui combattait sans concession le colonialisme et peu de temps après nos effectifs ne cessèrent de grandir avec l’apport de nombreux jeunes ouvriers que provoquait l’implantation de l’usine de la cellulose du Rhône et l’existence d’un site SNCF, de l’EDF encore importants. Mais les choses n’étaient pas aussi simple qu’il pourrait y paraître dans la relation avec les travailleurs algériens (de nationalité française) sauf que la cohabitation avec les travailleurs français faisaient naitre une solidarité qui excluait toute instrumentalisation de l’immigration, dans une France relativement prospère.

Beaucoup de ces travailleurs vivent leur retraite ici et les générations qui ont suivi se sont pleinement « intégrées » Il en va autrement de la nouvelle main d’œuvre issue du Maghreb dont, quoiqu’on en dise, l’adaptation est aussi une réalité positive. Mais voila il y a dans cette ville toutes générations d’immigrés confondues des centaines de chômeurs et en particulier des jeunes qui souffrent terriblement d’un réel abandon qui d’ailleurs frappe toute la jeunesse. La est le drame !

Un drame dont la droite et le FN s’alimentent !

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Mes premières cartes…Jeunes à quand la votre. Il y a urgence

 

 

 

Métro Charonne, le 8 février 1962 : « Je me souviens… »

Jean FRIANT, Milly-la-Foret
Dimanche, 7 Février, 2016
Humanite.fr

 

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Je me souviens... dans POLITIQUE

Photo : AFP

À l’occasion du 54ème anniversaire de la répression sauvage du 8 février 1962 lors de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie, le PCF et la CGT rendront un hommage aux neuf victimes au métro Charonne, lundi 8 février. Jean Friant, ouvrier chez Renault à Boulogne-Billancourt et rédacteur pour Avant-Garde était dans la manifestation et témoigne de la « bestialité policière » et de l’émotion lors de l’hommage aux victimes.

 

À l’époque je travaillais chez Renault à Billancourt et j’étais secrétaire du cercle des Jeunesses comunistes de l’usine. Avec mon camarade Bernard B., nous avions rendez-vous à 20 heures au siège d’Avant-Garde dans le 15ème arrondissement, notre journal, pour y monter la garde de nuit. C’était prévu depuis une dizaine de jours.

Le 8 février 1962 de grandes manifestations se déroulaient contre les attentats de l’OAS à Paris. Nous rejoignons le rendez-vous avec les travailleurs de Renault au Pont-Marie, et nous remontons en cortège jusqu’à la place de l’Hôtel de ville. Soudain arrive, toutes sirènes hurlantes, un « chapelet » de cars de flics. Le temps que ceux-ci descendent et commence à charger, nous nous dispersons dans les rues étroites de ce quartier du centre de Paris. Nous prenons le métro jusqu’à la station Bir-Hakeim puis la rue Humblot (15ème) où se trouve le siège de notre journal. Soudain, une immence déflagration, des vitres tombent… Nous nous précipitons à la porte de notre journal, nous tambourinous, nous sonnons mais rien ! Du bruit à l’intérieur… Et, un quart d’heure plus tard, la porte s’entrouve : nous venons pour la garde !

Situation un peu surréaliste après cet attentat

Sont présents dans les locaux, les dirigeants et la rédaction du journal et des responsables des jeunesses communistes.Très vite, les nouvelles tombent : au métro Charonne des morts, des blessés. La bestialité policière !….

Les camarades préparent l’Appel national pour la mobilisation et la grève générale pour le lendemain, le 9 février ! Dans les locaux c’est le branle-bas de combat. Nouis passons toute la nuit à appeler toutes les fédérations de France des JC pour dicter le contenu de l’appel à diffuser pour le lendemain.

Le 9 février au matin, Bernard et moi retournons directement à l’usine. Meeting monstre dans le grand hall de l’Île Seguin: 10 000, 15000 travailleurs ?  Emotion et gravité ! Un million de personnes aux obsèques de nos 9 camades assassinés le 13 Février.

Un mois plus tard 19 mars 1962:  cessez-le-feu en Algérie.  ENFIN !

 

 

Le 8 février 1962, 9 travailleurs syndiqués de la CGT dont 8 étaient membres du Parti Communiste Français ont été sauvagement assassinés par des brigades spéciales de police sur l’ordre de Maurice Papon, alors Préfet de police de Paris et de Roger Frey, Ministre de l’Intérieurdu gouvernement de l’époque.

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Rencontre FN le jour et télé le soir

Posté par jacques LAUPIES le 7 février 2016

 

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ONPC nous a offert deux personnalités qui sont réputées pour contester la politique social libérale de Valls ou Hollande : Philippe Torreton, acteur prestigieux qui interprète Cyrano au Théâtre St Martin (parisiens vous avez de la chance) et Christiane Taubira que Poix s’est permis de mettre mal à l’aise pour une broutille (à défaut de pouvoir la contrer sur l’essentiel)

Evidemment comme toujours on a peu parlé d’économie mais le dessin choisi par Torreton résumait le fond du problème et il a bien fait de le dire.

La politique est elle affaire d’intelligence ?

J’ai pas mal de « voisines » qui votent pour le Front National. Bien entendu toutes sont informées des liens parentaux que j’ai avec des militants de ce parti, ce qui n’a rien d’original eu égard au pourcentage obtenu par ce parti dans ma ville et la région.

La coexistence de communistes ou sympathisants avec des militants et électeurs de ce parti n’a rien de surnaturel surtout dans une ville de 14 000 habitants et nombre de familles connaissent, de près ou de loin, une situation semblable, parfois de façon moins notoirement publique que la mienne.

Et lorsque des citoyens de quelque bord politique qu’ils soient se risquent à exprimer une compassion excessive à mon égard, avec un sourire qui pour les uns signifie « tu es bien à plaindre car moi je ne connais pas ce déshonneur » et pour les autres « tu vois bien que j’ai raison d’être de droite et d’extrême droite » il est facile d’imaginer que le sourire que je leur renvoie à une signification que je me garde bien de développer car je ne veux déranger personne sur le sujet ! 

En France, et c’est heureux même si cela ne modifie pas de rapport de forces que suscitent, et imposent parfois à la limite de l’arbitraire,   les différents pouvoirs économique, politiques et médiatiques, on a encore le droit de s’exprimer, bien que cela coute parfois la vie à ceux qui en usent sans trop de modération. Hélas c’est encore d’actualité !

Partant de ce principe, et dans le respect de la loi, le débat devient incontournable même si l’on considère que la force de nos idées n’est que qualitative, excusez l’immodestie, et se heurte à une force surtout quantitative des idées issues d’un passé fondé  sur l’inégalité, l’exploitation et donc la souffrance pour les plus nombreux.

Toutes les évolutions et à fortiori les révolutions se heurtent aux immobilismes, aux traditions, aux habitudes et parfois les intègrent pour leur plus grand malheur.

Robespierre est exécuté et Bonaparte devient Napoléon. A Lénine succède Staline. C’est faire un trop grand honneur à tous leurs héritiers de pointure moindre que de se prévaloir de ce phénomène aussi négatif soit-il. Nos contemporains qui se prennent pour Clémenceau dans un camp ou pour De Gaulle dans l’autre sont finalement dans le sillage de la finance et des pires libéraux que nous ont imposé les anglo-saxons, de Reagan à Thatcher.

Bref ma nouvelle voisine, au féminisme particulier, fait de la femme un être naturellement doué pour exercer la fonction de chef  d’état eu égard à ses responsabilités sociales et familiales.   Elle est évidemment subjuguée par la forte présence du sexe féminin dans la Direction du Front National ! Bizarrement elle ne parait pas subjuguée par Madame Taubira dont les talents oratoires  et les idées plutôt émancipatrices ne  semblent pas être connues de cette sympathisante FN.

Parallèlement elle voit dans notre Président qu’un être falot, sans prestance, inconséquent, peu digne de sa fonction et me voila contraint de lui rappeler que l’intelligence des hommes est une aptitude qui peut être mise au service des plus mauvaises causes et n’a rien à voir avec son parti pris, son ambition, son honnêteté intellectuelle et sa compréhension du réel. D’abord l’intelligence absolue ne peut exister et si on la ramène à la capacité de comprendre les choses, elle ne peut le permettre qu’en considération du sujet qui nous préoccupe, des connaissances que nous avons, de notre propre parcours, de notre milieu, de notre culture, etc.. Ce qui rend hasardeux de juger imbéciles les autres et les adversaires politiques avant de considérer leurs conditions matérielles et intellectuelles de vie.

Tout autant il est imprudent de considérer qu’un être humain puisse être exonéré d’une certaine intelligence. Fut elle parcellaire !

Ma nouvelle voisine se différencie de l’autre dont je parle souvent ici même en ce sens qu’elle votait à droite avant de voter FN mais elles ont ceci de commun : une approche « émotionnelle » de la politique que conforte leur vécu social et sociétal perturbé par une société en crise aigüe. Il est illusoire de considérer que c’est par la culture surtout si on la conçoit comme une addition de savoirs et de connaissances désordonnées, toujours aléatoire et arbitraire, qu’elle pourront se libérer de la pression de l’idéologie dominante.

On peut et on doit considérer que la connaissance de l’ensemble des activités humaines : la vraie culture, soit indispensable à l’émancipation des individus et agir en conséquence encore faut-il leur en donner au préalable les moyens, en garantissant le bien-être physique et mental, par une juste répartition des richesses.

 

 

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