• Admin.du Site

  • Archives

  • Accueil
  • > Archives pour février 2016

Culture : et si on s’en préoccupait ?

Posté par jacques LAUPIES le 15 février 2016

La culture ne saurait-être limitée aux expressions artistiques même si celles-ci traduisent en définitive nombre d’éléments que constitue l’activité humaine. La littérature sous toutes ses formes (poésie, romans, essais, etc.), les arts plastiques, la musique, le théâtre, les arts et techniques audiovisuelles (photo, cinéma) expriment la réalité, souvent réinventée  mais toujours la base d’un constat, d’une analyse et d’un message dissimulé, laissé à notre capacité de le décrypter ou plus direct avec un appel à la prise de conscience.

La culture est un reflet du réel et donc elle peut nous aider à le comprendre. Les conservatismes de tous bords le savent bien et ils n’appréhendent la culture que comme un divertissement, l’acquisition d’un état d’âme qui sépare du réel et nous conduit hors du champ de l’action pour transformer le monde, comme une religion parle des imperfections du monde et est instrumentalisée pour l’immobilisme, l’acceptation et la soumission.

Cependant la culture peut permettre d’éveiller (comme d’ailleurs le font parfois les croyances religieuses) à la nécessité de  l’action pour nous libérer des aliénations, d’une fausse interprétations des lois naturelles, pour mieux les maitriser. La pensée a besoin de connaître ce qui en est le fondement, la source : l’activité humaine et non une pseudo pensée divine acquise d’avance et qui n’est autre que le produit, sous sa forme idéalisée, d’une interprétation du réel liée à nos conditions de vie, nos intérêts parfois contradictoire avec ceux des autres.

Au cours de rencontres dominicales j’ai croisé (parfois par l’écriture) des personnes d’univers politiques différents,  parfois extrêmes dans les deux sens. A l’unanimité le constat a été fait que nous vivons dans un monde injuste ou la richesse accumulée est source de choc, de violence, de guerre. Mais les réponses sont aussi diverses qu’il y a d’individus parce que chacun est canalisé dans une forme de pensée qui lui est propre et dépend d’une position sociale d’une tradition d’une religion ou d’une idéologie. Mais il y a un profond désir de changement.

Tous prétendent et sont d’accord pour considérer que la culture permet le débat et qu’elle joue un rôle. Chacun s’abritant cependant dans ses aprioris philosophiques, politiques ou religieux. Ce qui peut ramener à la case départ de l’incompréhension. Cependant force a été de constater que lorsque l’on sort des slogans, que l’on prend en compte la nature, la matière dans son mouvement, dans ses contradictions, se pose vite la question d’y adapter la pensée au risque (très positif) de transformer ou d’adapter sa propre vision du monde, de l’histoire et donc d’établir de nouveaux concepts sans pour autant renier nos actions passées dans des contextes différents.

A nous de démontrer que le marxisme, même appréhendé de manière « rudimentaire » (tout le monde n’est  pas philosophe mais l’est un peu, tout de même) que donc le marxisme, conçu comme méthode d’investigation, de théorisation (même ponctuelle) et d’action est un excellent « outil » ! A nous de le proposer notre analyse, y compris à nos adversaires qui ne sont pas parmi les 62 plus riches du monde, loin s’en faut, et souffrent d’une manière ou d’une autre de cette manifeste et absurde injustice que génère l’exploitation de l’homme par l’homme.

Une place indispensable que doit prendre la culture dans le militantisme politique !

 

Philippe Torreton « La culture est le noyau dur du vivre ensemble »

Entretien réalisé par Michaël Melinard
Jeudi, 11 Février, 2016
Humanité Dimanche

 

philippe-torreton.jpg

Culture : et si on s'en préoccupait ? dans POLITIQUE

MARTIN BUREAU / AFP

Philippe Torreton redevient Cyrano de Bergerac, trois ans après sa création au Théâtre national de Bretagne à Rennes. La mise en scène de Dominique Pitoiset envoie le héros d’Edmond Rostand – un lascar, crâne rasé, en marcel et jogging –, dans un hôpital psychiatrique, avec des personnages pathologiquement extravagants. Rencontre avec un comédien prompt à convoquer Shakespeare, quand il évoque Cyrano.

Philippe Torreton nous reçoit dans sa loge, quelques heures avant de monter sur scène et d’endosser, après une heure trente de maquillage, le personnage de Cyrano. Sur la table traînent quelques livres. Des poésies de Paul Éluard côtoient « De Goupil à Margot » – un roman méconnu, pourtant couronné par le Goncourt en 1910, de Louis Pergaud, l’auteur de « la Guerre des boutons » –, un Sorj Chalandon, mais aussi des pièces de Brecht et de Shakespeare. Entre projets et « moments vacants à combler », Philippe Torreton cousine avec la littérature. Il évoque ce héros au nez surdimensionné qu’il reprend au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à l’endroit même où la pièce d’Edmond Rostand fut créée en 1897.

HD. Que vous inspire l’univers psychiatrique dans lequel le metteur en scène Dominique Pitoiset a transposé Cyrano ?

Philippe Torreton. C’est une échappatoire à une condition pénible, le plus bel hommage qu’on puisse rendre au théâtre. Finalement, cette bande de cinglés vit grâce à un mec encore plus cinglé. Quand il sort de ses médications, de ses traitements, il ne peut être que Cyrano. Le voir se réveiller est un émerveillement pour les autres. C’est dangereux parce qu’il est violent. Il faut lui fournir les choses, mais pendant 2 heures-2 h 30, grâce à lui, ils sont ailleurs. C’est un jeu sadique, comme avec un taureau dans une arène. Il est vraiment malheureux. Il souffre. Il peut tuer. J’aime bien cette parabole du théâtre, ce désir qu’ont les humains de se rassembler dans une maison, de payer un ticket, et « allez-y, racontez-nous une histoire ». On la reproduit sur scène. Sa folie permet d’explorer tous les recoins de cette pièce. On peut tout se permettre puisqu’il est cinglé. On peut tout jouer comme les enfants. On n’a pas besoin d’un décor, de costumes. Il suffit qu’on croie au siège d’Arras. Du coup, on peut y aller à fond. Souvent, les mises en scène cloisonnent, orientent un regard. Ce parti pris décloisonne tout.

Avec Shakespeare, en France, on est souvent embêté avec le comique d’« Hamlet ». On n’a pas envie de rire parce que c’est un drame. C’est un beau personnage, lettré, poète, donc quand il devient grivois, on est un peu gêné aux entournures. Notre parti pris me permet de ne pas être gêné. On joue tout, des aspects les plus fanfaronnants aux plus intimes.

HD. En quoi ce personnage de Cyrano parle-t-il du monde contemporain ?

P. T. On a un vrai problème d’indépendance d’esprit. On vient voir Cyrano, cet être qui reste fidèle à ce qu’il pense, pour son courage. Il ne prend pas de précaution. Or, on est dans un monde où la parole, celle du citoyen ou du politique, est encombrée. Les moyens d’expression sont nombreux. On a des sites, des blogs, des Facebook, des tweets… Mais, souvent, on se cache derrière l’anonymat. Cyrano parle en son nom. Cette indépendance d’esprit résonne aujourd’hui. Il incarne une liberté, un courage et une façon d’appréhender la culture. Il y a des talents qui suscitent l’admiration, ne vous freinent pas. Shakespeare est un talent qui m’accepte, m’accompagne, me sert. ­Cyrano aussi. À notre époque où énormément de professions et ­de catégories socioprofession­-nelles souffrent d’un manque de reconnaissance, Cyrano prend en compte le talent des uns et des autres.

 

torreton_cyrano_045_brigitt dans POLITIQUE

Divergence

HD. Quelle place cette pièce occupe-t-elle dans la culture populaire ?

P. T. Rostand a eu le génie de faire résonner le XVIIe siècle, façon XIXe, à la Viollet-le-Duc. Tout est vrai, même si tout est exagéré ou minoré, et s’il s’est arrangé avec la chronologie. Le seul truc qu’il n’a pas pu développer, c’est l’homosexualité de Cyrano, même s’il nous fait des petits clins d’œil. Il a réussi à nous raconter un personnage hors du commun, à nous parler de littérature, à écrire une langue magnifique de façon simple, accessible, comme le faisait Shakespeare en son temps. En France, on manque d’auteurs où tout est mêlé : le drame, l’amour, la poésie, la langue, le romantisme, la bataille, les duels. Il n’y a pas beaucoup de pièces françaises où on se bat à l’épée. On l’a interdit au théâtre à la fin du XVIe siècle.

Pourquoi n’a-t-on pas un Shakespeare en France ? Même moins bien. Parce qu’on a tout vissé, cadenassé pour faire un théâtre de cour, adressé aux rois. Il ne fallait surtout pas parler du réel. On parlait donc de l’antique. Il est très difficile de passer des messages contemporains quand on parle d’une reine d’Égypte dans un style austère avec peu de vie. Il ne fallait pas se battre, ni interpeller le public. Il fallait raconter. Cela fait des beaux vers… mais chiants. Il a fallu attendre « Cyrano de Bergerac » – Victor Hugo l’a fait un peu avant – pour en prendre plein les mirettes. Donc, je comprends le succès et la place qu’a occupée cette pièce dans le cœur des Français. Dans une France de la fin du XIXe siècle meurtrie par la défaite de 1870 et les nombreux scandales politiques, cette pièce, avec ce supplément d’âme, cette élégance dans le désespoir, ce « sourire dans le malheur », comme disait Rostand, a dû redonner du jarret à la République.

HD. Vous reprenez également, le 15 février, à la Cigale, votre spectacle, « Mec ! », où vous interprétez les mots du chanteur Allain Leprest. Comment avez-vous rencontré sa poésie chantée ?

P. T. J’avais 17 ans. Des copines m’avaient emmené au Bateau ivre, un petit cabaret de Rouen. Il y avait un double programme avec Didier Dervaux et Allain Leprest. Sa force et sa fragilité en scène m’impressionnaient. On voyait la vie qui allait avec la voix abîmée de ce petit bonhomme accroché à son micro. Plus tard, on a eu des amis en commun. De loin en loin, on se donnait des nouvelles. Il avait adoré « Capitaine Conan ». Dès que j’étais invité dans une émission de radio, je mettais du Leprest. Il m’a demandé de l’accompagner dans une chanson. On n’est pas devenus proches, mais j’ai toujours aimé son écriture. C’est un grand poète de la faiblesse, comme Verlaine. Ils ont à voir ensemble, ces êtres abîmés et affaiblis par la vie qui, dans l’écriture, révèlent une grandeur et une force.

HD. En quoi votre métier de comédien correspond-il à un engagement ?

P. T. Ce métier m’a fait découvrir des choses. Si je n’avais pas fait mon premier film avec Tavernier, peut-être n’aurais-je pas été confronté à de telles réalités du pays. Ce n’est pas anodin de faire « Ça commence aujourd’hui », d’être confronté à une vraie misère sociale, à des gens qui essaient de s’en sortir. Indépendamment de cette émancipation sociale, ce métier m’a fait découvrir des tas d’auteurs, de compositeurs. Il m’a enrichi. Je me demande comment on peut refuser ces éveils à d’autres.

Dans plein d’établissements scolaires, la culture est portion minimale. Malgré des lois, l’aménagement du temps scolaire est plus du gardiennage qu’autre chose. Personne n’a l’argent pour payer des gens dépositaires d’un savoir et d’une méthodologie. Or, même si on ne devient pas comédien, musicien, circassien ou danseur, le temps qu’on passe à utiliser son corps, sa voix, à lire un texte, à le redire, à travailler ensemble autour d’un projet améliore l’individu qu’on est, son regard sur l’autre. Je ne comprends pas pourquoi on le néglige sous tous les gouvernements. On sous-estime la pratique artistique en milieu scolaire. C’est dramatique. Après cette année 2015, au-delà des morts, un des constats les plus terribles est qu’aucun politique digne de ce nom, de droite ou de gauche, n’a associé le vivre-ensemble à la culture. Il était associé à la discipline, à la sécurité, aux caméras de vidéosurveillance, à la laïcité qu’on tord dans tous les sens. La culture me paraît être le noyau dur du vivre-ensemble. Il faut se frotter au réel par l’art. Et ensemble. Tous les rapports vont dans le même sens.

Chaque fois que des activités artistiques sont développées en milieu scolaire, il y a plus de tolérance, moins de délinquance, la paix et les résultats scolaires s’améliorent. J’ai du mal à penser qu’on puisse consacrer sa vie à ce métier, à travailler avec des auteurs, et ne pas en retirer une pensée citoyenne. Comment peut-on faire ce métier et n’avoir rien à dire ? Autant je respecte ceux qui ne veulent pas dire ce qu’ils pensent. Ils en ont le droit. Mais il ne faut pas dénigrer ceux qui le font. Beaucoup d’artistes disent : « Je n’y connais rien, je ne crois pas que ce soit la place de l’artiste. » C’est étonnant. À quoi sert un artiste s’il n’est pas là pour dire des choses à quelqu’un ? Jouer Cyrano n’a de sens que si on s’accapare ce qu’il dit et qu’on le rend palpable, présent, compréhensible. Si c’est juste pour le plaisir de dire une tirade, je m’en fous. Au théâtre, il n’y a pas de tirades, il y a des interpellations.

>

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

La maladie infantile du communisme perdure…

Posté par jacques LAUPIES le 14 février 2016

Décidément cela va mal à gauche. Même sur, le terrain !

Voila que je me fais apostropher par un militant de la CGT qui me reproche de soutenir Pierre Laurent considéré, selon ce militant, comme s’inscrivant dans la lutte des places et dit dans son commentaire  : « On a vachement envie de prendre au sérieux Pierre Laurent et le P.C.F d’aujourd’hui…Plus inquiet de la lutte des places que de la lutte des classes » La phrase est claire et il ajoute pour se justifier quand je lui réponds  »Et c’est toi militant de la CGT qui dit cela, il confirme  »Oui c’est moi qui (dit, NDLR) cela et qui suis aussi à la CGT. Ma première préoccupation n’est pas de m’en prendre à un dirigeant, ça je le fait lorsque des gens comme toi viennent nous expliquer que c’est avec ce genre de personnage que l’on va avancer. »

Cela amène quelques remarques car venant de la part d’un cégétiste, et c’est son droit, hors de son organisation, de défendre des thèses que je considère gauchistes, ce qui devient fréquent et dangereux à gauche.  Je me dois de lui répondre. D’abord je n’ai jamais dit que c’est avec Pierre Laurent que l’on avance mais je me suis contenté de faire état des débats organisés à son initiative pour rassembler les forces de gauche opposées à la politique de Hollande, Valls et consort. Débats qui attestent que le Secrétaire National ne s’est pas auto déclaré, comme l’on fait déjà des dirigeants des verts ou du PG. Et puis Pierre Laurent est Secrétaire National du parti auquel j’appartiens et le militant que je suis ne peut se priver de faire état de ses prises de position et en préparation de Congrès pourquoi ne pas les approuver et si besoin les critiquer !

Jai un peu visité la page Facebook de l’intéressé – mon interlocuteur syndicaliste – qui en maintes occasions m’a interpellé sur la politique du PCF en faisant des alliances passées de ce dernier avec le PS le symbole de son abandon (par le PCF) de la lutte contre le capitalisme et donc contre le réformisme de gauche que combat un certain parti le PRCF dont mon inerlocuteur semble faire la promotion (contre l’Europe, contre toute alliance avec le PS et en définitive contre le PCF)

Pour qui connaît l’histoire du mouvement ouvrier et communiste international la stratégie n’est pas nouvelle. Il suffit de lire Jules Vallès, le débat Jules Guesde et Jaurès, Lénine(qui analyse superbement le gauchisme) et Trotski et tout ce qui a suivi de luttes ouvrières (dont mai 1968) et tant d’autres plus ou moins influencées par l’anarchisme pour constater ici et là  que l’épidémie n’est pas éteinte de ces personnages qui sont plus royalistes que le roi !

Ah certes ils sont pour agir au sein de la classe ouvrière reconnaissant eux à l’inverse des extrêmes droite que la lutte des classes est une réalité et qu’il faut prendre son parti ! Mais voilà ils choisissent celui de s’en prendre aux dirigeants communistes (que personnellement je ne vénère pas mais dont j’essaie de comprendre la démarche et au besoin la critiquer dans la discussion interne) En fait cela remet trait en cause des choix de Congrès  qui, sauf à faire du n’importe quoi devienne la ligne de conduite !

Le marxisme est souvent galvaudé et la référence philosophique plus que douteuse. Je trouve affiché dans le blog de ce camarade syndicaliste  : « La nature permet l’autonomie gratuite. Et ça pour le capital c’est inacceptable. » Pas de quoi en faire un fromage puisque la plupart du contenu de ce blog et c’est heureux fait état de remarques et appréciations que je partage. Mais tout de même cela prouve que la pensée est défaillante quelque part et surtout qu’elle peut induire à l’erreur quiconque essaie de comprendre comment et sur quelles bases fonctionne le capitalisme. J’aurais presqu’envie de lui infliger cette citation des Manuscrits de 1844 (Marx) :

« La nature ne construit ni machines, ni locomotives, ni chemins de fer, ni télégraphes électriques, ni métiers à filer automatiques, etc. Ce sont là des produits de l’industrie humaine : du matériau naturel, transformé en organes de la volonté humaine sur la nature ou de son activation dans la nature. Ce sont des organes du cerveau humain créés par la main de l’homme : de la force de savoir objectivée. Le développement du capital fixe indique jusqu’à quel degré le savoir social général, la connaissance, est devenue force productive immédiate, et par suite, jusqu’à quel point les conditions du processus vital de la société sont elles-mêmes passées sous le contrôle de l’intellect général, et sont réorganisées conformément à lui. Jusqu’à quel degré les forces productives sociales sont produites, non seulement sous la forme du savoir, mais comme organes immédiats de la pratique sociale ; du processus réel de la vie.  »

Peut il lui et l’auteur de la phrase présentée dans sa page Facebook comme un  précepte, nier ce qui précède ? J’en doute mais au demeurant cela peut expliquer que s’agissant de stratégie notre militant syndicaliste que je respecte en tant que tel, ne comprenne pas que l’affaire ne se situe pas au niveau des dirigeants de telle ou telle tendance : de forces de gauche qui se disent carrément opposées au capital  ou qui veulent aménager le système sans  le remettre en cause (libéraux de droite et d’extrême droite)  mais plutôt au niveau global de ceux qui, électeurs trompés de toutes tendances, se fourvoient en soutenant les uns et les autres.

Si tel est le cas, ce que je crois, il n’y a d’autres solution que de leur proposer un véritable parti œuvrant pour des transformations économiques et sociales  révolutionnaires en finissant avec l’appropriation des richesses par d’infimes minorités, nationale et internationale. Un parti dont la fonction première doit être l’éducation l’explication du fonctionnement de la société, par l’éducation populaire avec les luttes que cela implique, de les convaincre que de la force de ce parti dépend l’avenir.  

Mais cela, à moins d’être dans un doux rêves « jusqu’au boutiste »  et totalement inefficace, ne saurait se faire sans que ce parti use opportunément du système des alliances permettant des pas en avant significatifs. Qu’il œuvre pour le changement du rapport des forces politique et ne s’enferme pas dans l’isolement dans lequel voudraient le tenir la classe dominante, laquelle d’ailleurs sait astucieusement utiliser les extrémismes, de droite ou de gauche !

De ce point de vue il faut évidemment admettre des évolutions en dent de scie qui, eu égard aux circonstances politiques, au degré de conscience de classe, aux luttes sociales et sociétales, pourront avoir une importance plus ou moins grande. Mais le passé, l’histoire prouve comme l’a souligné dans les « lundis de la gauche » sur internet (que je reprend dans ce blog) l’ex Secrétaire national de la CGT, Bernard Thibault, que la France demeure ENCORE une nation au sein de laquelle les travailleurs grâce à leurs combats sont des mieux pourvus en matière de droits sociaux et qui peut nier que cela fut acquis grâce à la force d’unions arrachées aux socio démocrates. Ce qui évidemment ne peut qu’encourage à persister dans la recherche fondée sur un programme de cette union avec ceux qui au sein du PS contestent ses dérives…

Bref je n’insisterai pas sur ces quelques considérations un peu théoriques et peut-être un tantinet moralisantes (je m’en excuse c’est probablement l’âge qui en est la cause) Des considérations que suscitent  des donneurs de leçons à l’abri d’un extrémisme les consolant de l’échec et finalement confortable pour eux.

Et puisque même si ce n’est pas nécessairement à la mode, citons cette maxime populaire arabe in pensées arabes (André Kundig) : « L’optimiste regarde la rose et ne voit pas les épines, le pessimiste regarde les épines et ne voit pas la rose. »

Un bel avertissement plein de poésie !

DSC_0189-1

Une approche réciproque et intéressante de ce dont doit se préoccuper la gauche dans les « lundis de la gauche ». A suivre ce lundi 15 février.

Nota : j’entends à l’instant BHL qui dit « sauf le FN tout le monde était pour l’intervention libyenne » (passe sur son délire judéo-chrétien sur lequel il y aurait tant à dire) mais sur ses mensonges toujours marqués d’un anti communistes (ici par omission) , difficile de se taire. Des heures à la télé, à chaque fois, pour jouer les guerriers en pantoufles et irresponsables (il veut aller en Syrie). Pas gauchistes lui, mais plutôt conservateur. Les extrêmes se rejoignent !

,DSC_0201-1

 

 

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Jean-Luc Mélenchon prend un raccourci vers l’élection présidentielle

Posté par jacques LAUPIES le 12 février 2016

 

Julia Hamlaoui
Vendredi, 12 Février, 2016
L’Humanité

 

p4-melenchon_ven.jpg

Jean-Luc Mélenchon prend un raccourci vers l’élection présidentielle dans POLITIQUE

Photo : Patrick Nussbaum

Après sa déclaration de candidature sur TF1, les responsables du Front de gauche ne disputent pas à Jean-Luc Mélenchon le fait qu’il soit fondé à la proposer, mais la démarche dans laquelle il l’inscrit, qui s’émancipe à leurs yeux d’une construction collective plus urgente que jamais.

Ceux qui cherchent à construire ensemble une alternative de gauche unitaire en vue de la présidentielle doivent désormais compter avec une candidature qui, au nom du même objectif, entend emprunter son propre chemin. En ce sens, la déclaration de Jean-Luc Mélenchon, mercredi soir, sur le plateau du journal de vingt heures de TF1, est vue par certains comme un grain de sable supplémentaire dans une mécanique de rassemblement qui en compte quelques autres. « Je propose ma candidature pour l’élection présidentielle », a-t-il déclaré, sans prévenir au préalable ses partenaires communistes ou d’Ensemble. Celui qui, en 2012, sous les couleurs du Front de gauche, avait réuni quatre millions de voix, soit 11,1 % des suff rages exprimés, estime qu’après des actes de candidatures à droite et à l’extrême droite, il est temps de « passer à l’action » et de ne pas « rester sans voix ». 

Cette annonce, qui se préparait déjà depuis quelques semaines, intervient alors que depuis le début de l’année, les partisans à gauche d’une alternative à la politique conduite par François Hollande, Manuel Valls et leur gouvernement cherchent une issue aux pièges des prochaines échéances. Le cofondateur du Parti de gauche (PG) y apporte sa propre réponse, creusant le sillon d’une démarche engagée avec le Mouvement pour une VIe République (M6R) dès septembre 2014 en s’adressant directement aux citoyens. « Moi, je propose ma candidature, c’est le peuple qui va en disposer, je ne demande la permission à personne, je le fais hors cadre des partis. Je suis ouvert à tout le monde, les organisations, les réseaux, mais les citoyens d’abord », a-t-il déclaré, assurant avoir derrière lui « des convictions, c’est le plus important, et peut-être le peuple français ». Une adresse directe des plus présidentielles. De quoi faire tiquer ceux qui estiment que la page collective de la gauche n’est pas déjà totalement tournée. Visant à sa façon à dépasser la rupture grandissante entre électeurs et politiques, c’est à travers une plateforme Internet que le député européen lance son « appel à l’engagement » et qu’il compte à la fois solliciter les soutiens et travailler à son programme sur la base de celui du Front de gauche de 2012, l’Humain d’abord, « sérieusement remanié ».

Mis devant le fait accompli, puisque cela n’a été « ni décidé ni discuté » en commun, a confirmé le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles, les responsables des autres formations du Front de gauche ne disputent pas à Jean-Luc Mélenchon le fait qu’il soit fondé à proposer sa candidature, mais bien plutôt la démarche individuelle dans laquelle il l’inscrit. « Il est légitime que Jean-Luc Mélenchon puisse prétendre à être candidat. Mais aujourd’hui, il y a un risque réel que l’idée même de gauche, du parti pris de l’émancipation, du progrès, disparaisse, et, dans le même temps, des hommes et des femmes ont décidé que François Hollande n’est pas leur candidat naturel. Il y a des potentialités inédites de rassemblements bien au-delà ce qu’on a pu faire en 2012 », estime Olivier Dartigolles, jugeant qu’une « candidature solo » ne règle pas la question. « Nous souhaitons qu’une démarche collective porte la candidature de 2017 pour notre famille politique qui doit être élargie », ajoute, au nom d’Ensemble, Clémentine Autain, pour qui Jean-Luc Mélenchon « semble avoir enterré le Front de gauche. Dans le même temps, souligne-t-elle, celui-ci est dans une passe difficile et tous les partenaires s’accordent à dire qu’il faut créer un nouvel outil politique ».

Du côté du gouvernement, tout est bon pour torpiller ce qui pourrait se construire à sa gauche pour 2017. Stéphane Le Foll, son porte-parole, se saisit de l’occasion pour enterrer à bon compte toute proposition de primaire. « Il a fait le choix de présenter cette candidature très longtemps à l’avance pour être sûr qu’il n’y ait pas de primaires », a-t-il fait mine de regretter alors que la direction du PS multiplie les stratégies pour que François Hollande n’ait pas, in fine, à s’y soumettre, jouant sur les ambiguïtés de son aile gauche qui souhaite une primaire incluant le président de la République pour battre sa ligne politique, quitte à se rallier à lui en cas de victoire. Ce dernier est d’ailleurs prêt à tout pour diviser les rangs de la contestation à gauche. En témoigne la nomination, hier, au ministère du Logement de la secrétaire nationale d’Europe Écologie-les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse, dont le parti a multiplié les critiques depuis sa sortie du gouvernement en mars 2014 pour cause de divergence politique (voir en page 6).

Parmi les signataires des différents appels à une primaire, cependant, nombreux sont clairs sur leur ambition de construction d’une « alternative », comme l’explicitait la militante féministe Caroline De Haas lors de la dernière séance des Lundis de gauche lancés par le PCF. « Je n’accepte pas que le PG alimente l’idée que je serais favorable à une primaire de toute la gauche, tacle de son côté Clémentine Autain. Nous proposons une votation citoyenne qui s’inscrit dans le cadre de la gauche qui conteste la politique gouvernementale. Et quand j’écoute Pierre Laurent dire : ‘‘Jamais avec François Hollande’’, j’estime que la démarche vise sans doute le même objectif », précise-t-elle. « Il nous faut faire en sorte que l’idée même de gauche ne soit pas marginalisée », insiste pour sa part Olivier Dartigolles, alors que le scénario d’un affrontement exclusif entre la droite, l’extrême droite et la gauche gouvernementale est loin d’être écarté.

Un danger qui s’accroît avec le nombre des candidatures de ceux qui entendent le contester. « On est dans une situation de division préjudiciable à tout le monde. Il faut continuer d’œuvrer à avoir une démarche large dans laquelle Jean-Luc Mélenchon puisse s’inscrire. S’il y a une multitude de candidatures dans notre gauche, on va à la catastrophe », prévient Clémentine Autain, qui pense que « le pire serait de couper les ponts ». « Les autres pourraient renoncer à se présenter », a balayé le député européen, en réponse à une question de TF1. Le PCF ne désespère pas pour autant de parvenir à construire une démarche commune. « Ça rend encore plus nécessaire ce que nous avons engagé. Plus que jamais, il y a besoin de discuter avec tous ceux qui souhaitent l’alternative à gauche, y compris Jean-Luc Mélenchon », explique Olivier Dartigolles, qui avance, après une première réunion avec les appelants à une primaire mercredi, l’idée d’un calendrier en deux temps : discussion jusqu’à l’été sur le contenu d’un projet commun, avant la mise en place d’un dispositif qui permette de désigner un candidat pour l’incarner

Image de prévisualisation YouTube

Les lundis de gauche – 3e soirée le 15 février avec Christian Paul, Florent Gueguen, Pierre-Henri Gouyon et Dominique Méda    

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Mélenchon joue la fille de l’air

Posté par jacques LAUPIES le 12 février 2016

 

Ben il fallait un peu s’y attendre ! Comme l’a dit un commentateur d’un article paru dans l’Humanité : « bon orateur mais piètre politique ». Même si l’appréciation est un peu manichéenne elle interpelle ! J’indiquais hier dans mon blog après avoir tenté de justifier la nécessité du rassemblement de la gauche opposée à la politique  du gouvernement :   »Mais comme toujours c’est le rapport des forces au premier tour qui sera déterminant. Les prétendants au trône de la « vraie gauche », bien que dotés des meilleures intentions, devraient s’enfoncer cela dans le crâne et s’accorder pour constituer une force unique. »

Visiblement Mélenchon n’a pas tenu compte de ma remarque (blague !) Il n’empêche que nombre de sympathisants communistes vont apprécier et j’en connais qui ne vont pas manquer de mettre en garde contre cette initiative tout leur entourage voire à faire d’entrée campagne contre lui par anticipation.

Décidément au parti de gauche le virus de la précipitation et de la division est partout présent (je me souviens d’une tactique électorale de même nature que nous avons subi localement lors des élections cantonales de 2011) Dans un tel contexte  on peut se demander si le PCF se donnant quelques semaines de réflexion et de consultations (ce qui semble être en cours) ne devrait pas déclarer une candidature susceptible de créer une dynamique. Il y a le Congrès en juin…N’est ce pas la limite extrême pour se prononcer car les médias de la bourgeoisie ne vont pas manquer de faire le choix qui les agréera le mieux. Mais d’ici là mieux vaut peut-être ne pas trop s’exposer à la meute !

 

Jean-Luc Mélenchon annonce sa candidature pour la présidentielle de 2017

Fabrice Savel avec AFP
Mercredi, 10 Février, 2016
Humanite.fr

 

Invité du 20h de TF1, ce mercredi soir, Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature pour 2017.

Le porte-voix du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé ce mercredi soir, sur le plateau de TF1, sa candidature à la présidentielle de 2017, pour « incarner la France insoumise et fière de l’être ». Il confirme ainsi qu’il ne participera pas à une éventuelle primaire à gauche. Jean-Luc Mélenchon  a estimé que « l’intérêt général doit prévaloir aujourd’hui ». Le député européen a également abordé la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande et votée au Parlement mercrei après-midi. « Je demande que cette réforme soit abandonnée (…) c’est le mieux qui puisse nous arriver » a-t-il déclaré..

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Primaire à gauche : vaste programme ?

Posté par jacques LAUPIES le 11 février 2016

 

Un de mes vieux Camarades de travail, responsable local de la CFDT (Cheminots) alors que j’étais moi-même Délégué du Personnel CGT au plan régional, effectuait des courses dans un magasin comme moi et c’est l’occasion d’une rencontre. Comme le dit la chanson : « quand un syndicaliste rencontre un autre syndicaliste qu’est ce qu’ils se racontent ? » Ben des histoires de syndicalistes mais quant ils sont de  la génération qui vit naitre les espoirs du programme commun de la gauche, l’un soutenant le PCF, l’autre le PS, ils ont bien des choses à se dire !

« si tu le permets, me dit-il, je voudrais te demander ce que tu penses de la préparation des présidentielles ? »  je lui ai prudemment indique que je ne pouvais lui exposer que ma position personnelle qui est au cœur d’un débat national mais toutefois reste pour moi accompagnée de certaines interrogations. En substance je lui ai dit ceci :

« Ma position n’est pas ferme et définitive mais je crois qu’il y a un principe à défendre, c’est celui de construire avant tout une force politique, proposant réellement une transformation profonde la société, assez puissante pour résister dans l’opposition à toute entreprise favorisant le libéralisme économique en défendant pied à pied le progrès sur le plan social (et sociétal)  Cohérente, démocratique et disciplinée !

Cette force a existé quand le Parti Communiste recueillait bon an mal an 20 % des suffrages aux élections, que la CGT, sur des bases de classe pouvait accompagner un mouvement social aussi large que l’a été celui  de 1968 et qu’à l’échelle internationale le libéralisme n’avait pas atteint l’hégémonie qui est la sienne actuellement. La droite de Pompidou à Chirac en passant par Giscard et la Social démocratie de Mitterrand à Jospin (en cohabitation) n’avaient de ce fait pas les mains libres pour collaborer avec le grand patronat.

La situation a changé et s’il faut impérativement reconstruire cette force ce que seul peut permettre un parti (ou une tendance équivalente structurée selon les mêmes principes dans un mouvement révolutionnaire au sens ou on l’entend : porteur d’un changement radical des rapports sociaux dans le pays) nous somme confrontés à une urgence : le risque d’un retour d’une droite dont il ne faut pas exclure qu’elle prenne appui sur la popularité du FN majoritaire en son sein sous sa forme extrême.

En tout état de cause le Parti Communiste  peut constituer un élément déterminant de cette force pour éviter tôt ou tard d’être débordé par les réformismes de toutes sortes qui se refuseraient à prendre des mesures fortes limitant la puissance de la finance. Mais se rassembler avec cohérence et discipline, implique nécessairement une mobilisation des plus conscients de cette orientation.

Dans ces conditions la donne politique, comme c’était le cas dans les années 70/80  serait bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui et la montée du Front National (quelle que soit la candidature qui s’y oppose au second tour) pourrait être contenue en même temps que seraient tenus en échec droite et socio libéraux.

Mais comme toujours c’est le rapport des forces au premier tour qui sera déterminant. Les prétendants au trône de la « vraie gauche », bien que dotés des meilleures intentions, devraient s’enfoncer cela dans le crâne et s’accorder pour constituer une force unique.

Quant à Hollande et les siens ils devraient ainsi faire le constat que le « vote utile » qu’ils ne vont pas manquer de réclamer pour eux  pourrait bien apparaître aux yeux des citoyens de gauche comme totalement inutile les conduisant à se tourner vers  une autre utilité : celle d’en finir avec cette bipolarisation électorale mortifère pour le peuple en votant pour une vraie gauche.

Les potentialités existent dans le pays pour un tel scénario. Vaste programme qui ne doit pas nous faire oublier que des milliers d’adhésions au PCF ne peuvent que permettre son écriture et sa réalisation

 

Pierre Laurent a dit (voir ci dessous)

 « redonner du pouvoir à la société ne passe pas que par un processus de primaire mais par les luttes sociales et populaires, par la politisation populaire pour la construction d’un projet alternatif ».

 j’ajouterai « et d’un Parti Communiste influent « 

Pierre Laurent invite à « pousser la porte » de la primaire

Julia Hamlaoui
Mercredi, 10 Février, 2016
L’Humanité

 

lundigauche.png

Primaire à gauche : vaste programme ? dans POLITIQUE

Photo Patrick Nussbaum

Lors de la soirée Lundis de gauche organisée par les communistes avant-hier soir, avec Caroline De Haas et Bernard Thibault, le secrétaire national du PCF a appelé son parti à se saisir des appels à une primaire pour permettre « l’implication populaire » et le débat de fond.

Primaire ou pas ? Posé comme tel, le débat est réducteur, à en croire les intervenants de la deuxième session des Lundis de gauche – porte ouverte sur 2017, organisés par le PCF. Animé par le directeur de la rédaction de l’Humanité, Patrick Apel-Muller, le deuxième rendez-vous d’une série qui devrait se prolonger jusqu’à fin mars, au moins, a réuni, avant-hier soir au siège du Parti communiste à Paris, outre son secrétaire national, Pierre Laurent, l’ancien secrétaire général de la CGT devenu membre du Bureau international du travail (BIT), Bernard Thibault, et la militante féministe initiatrice de l’un des appels à une primaire de gauche, Caroline De Haas.

« Si rien ne bouge, les choses sont écrites d’avance »

« C’est positif qu’il y ait des espaces qui nous permettent de sortir de la sinistrose à gauche », a salué Bernard Thibault, fustigeant le « slogan répété » et « de plus en plus insupportable » selon lequel une seule politique est possible. Un symptôme de l’« urgence démocratique » à laquelle le PCF cherche à faire face en prenant ces initiatives dans un contexte où « la bataille est engagée pour convaincre le peuple français qu’il n’est plus capable de changements politiques », relève Pierre Laurent. Et le « piège redoutable » est prêt à se refermer sur 2017, d’après le chef de file des communistes : « Si rien ne bouge, les choses sont écrites d’avance. On scénarisera des échéances de 2017 qui marginaliseront totalement toute possibilité de poser les questions qui sont les nôtres. » En clair : un affrontement François Hollande-Nicolas Sarkozy (ou équivalent) pour s’assurer une place face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, à l’exclusion de toute alternative. L’enjeu est donc avant tout, pour Pierre Laurent, de « lever une dynamique populaire et citoyenne capable de mettre en échec ce scénario », celui-ci estimant dès les premières minutes du débat « qu’il y a probablement et contrairement à l’apparence morose une sorte de soulèvement à la fois visible et invisible d’un très grand nombre de gens qui n’ont pas envie d’accepter (cet) agenda politique » qui « nous réduit au rôle de spectateurs de projets et de candidats autoproclamés ». « Quand la situation politique est si forte de dangers, qu’il y a autant de forces disponibles (pour une alternative) mais tellement de dispersion que le scénario le plus probable est qu’elles ne seront pas capables de converger, la responsabilité d’un parti comme le mien est de tout faire pour tenter d’y parvenir », a-t-il souligné, appelant à démultiplier les débats à l’échelle des territoires et jugeant un peu plus tard que son parti, « resté un grand parti de militants », aura « à débattre de la manière dont (il) utilise cette force », son congrès étant programmé pour le mois de juin.

Sous la coupole du siège du PCF, les attentes sont nombreuses. La salle bondée en est un signe. Mohamed Aissani, un militant du PCF arrivé en avance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), l’explique à sa façon : « Plus on sera nombreux à se rassembler autour d’un collectif, plus on aura de chances de combattre la droitisation qu’essaie de nous imposer le gouvernement. On a besoin d’espace de débat non pas pour peser mais pour miser sur une victoire, on ne peut plus se contenter des miettes du PS », assure le militant, pour qui « le socle commun avec ce parti n’existe plus » du fait de sa direction actuelle. Reste que, dans le cas d’une primaire, il n’exclut pas que Hollande y participe, tout en refusant que son parti finisse par le soutenir. À quelques travées de là, Dominique, une militante parisienne, aspire, elle, à sortir d’un « sentiment de confusion », et elle est persuadée que « s’il y a une aspiration à une primaire, c’est bien qu’il y a une volonté d’alternative ». « Ça peut paraître simpliste, mais il y en a marre d’être éparpillés », résume-t-elle, regrettant que, pour l’heure, aucune personnalité n’apparaisse capable de « fédérer » tous ceux qui rêvent d’une politique de gauche.

« Inverser la déportation de la société vers la droite »

Entrant à la tribune dans le vif du sujet, c’est avec ce sentiment d’urgence que Caroline De Haas dit avoir, à « quelques-uns », imaginé l’appel lancé fin janvier à l’organisation d’une primaire à gauche. « Cette colère de voir la situation sociale se dégrader, de savoir qu’on peut changer les choses et de voir celles et ceux pour qui on a voté (y renoncer – NDLR)… Cette colère nous a donné envie de participer à créer un mouvement qui permette à la fois d’inverser la déportation de la société vers la droite et l’extrême droite, de prendre le pouvoir et de mettre en place des politiques qui changent la vie des gens », explique l’ex-militante PS, farouchement opposée en 2011 à la primaire. « Par définition, il y a marqué “piège” mais la question, c’est : “Qu’est-ce qu’on peut faire ?” », interroge-t-elle, résumant les éléments l’ayant poussée malgré tout à ce choix : « On s’est dit que la primaire était peut-être un moyen de rassembler des citoyennes et citoyens, de créer un rapport de forces avec les appareils pour les pousser à se mettre autour d’une table. » Pour elle, pas de doute, il s’agit bien d’une primaire de « l’alternative », et non pas de « gouvernement » (lire ci-dessous). « Cela soulève toute une série de problèmes et le processus engagé n’est pas aujourd’hui assuré », a également convenu Pierre Laurent, qui a pour autant réaffirmé son intention de « travailler les yeux ouverts et avec vigilance à la convergence » : « La porte qui vient de s’ouvrir (avec les différents appels à une primaire à gauche – NDLR), il faut la pousser et l’investir pour créer du projet et de l’implication populaire. Ce sont les deux clés. » Et de mettre en garde : « Dans cette situation, si chacun n’est pas capable de faire un pas vers l’autre, nous commenterons les uns et les autres le désastre politique. »

Sur le fond, à l’heure où le FN, qui prône le repli national, marque des points, l’enjeu international a occupé le débat. « Il est particulièrement attendu que la gauche sache dessiner une ambition à l’échelle internationale. Nous ne sommes pas en vase clos. Sur les questions sociales, on ne peut plus s’extraire de cette dimension car une des caractéristiques du système économique capitaliste, c’est bien de mettre en concurrence les travailleurs au-delà des frontières », a noté Bernard Thibault, énonçant plusieurs propositions à l’appui, comme l’interdiction de déroger aux normes internationales du travail.

Et la question s’invite dans nombre de vies, ne serait-ce que parce que les délocalisations et autres avatars de la concurrence généralisée justifient nombre de licenciements. « Investir cette dimension, alors qu’elle apparaît pour énormément de salariés en lutte comme inaccessible, nous ouvrirait beaucoup de perspectives », estime Pierre Laurent, qui souligne par ailleurs qu’en France « redonner du pouvoir à la société ne passe pas que par un processus de primaire mais par les luttes sociales et populaires, par la politisation populaire pour la construction d’un projet alternatif ».

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

1234567
 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...