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A lire ce jour

Posté par jacques LAUPIES le 24 février 2016

 

 

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Petits exemples de manipulation

Posté par jacques LAUPIES le 24 février 2016

 

Observateur attentif des reportages, informations  communiqués concernant les implications politiques de la France, il est facile de déceler le parti pris des auteurs ! Parfois même la lourdeur des commentaires, est un véritable indicateur des stratégies adoptées par les états et, en la matière l’état français sait faire, pour que le téléspectateur se range aisément sur ses positions.

Si on bat froid avec la Russie, ou tel autre pays, il y aura toujours ce petit commentaire ou un grand reportage qui va déglinguer Poutine et motiver une certaine agressivité à son égard, si la situation sociale se dégrade on va vous envoyer le philosophe de service qui va tenter de vous convaincre que vous appartenez à une nation de pessimistes et de mécontents qui ne connaît pas son bonheur.

Je n’invente pas !

Hier sur Arte tout un « documentaire » sur la situation en Russie présente la guerre de pouvoir entre libéraux russes au travers d’une évocation de la carrière de Boris Nemtsov  sans la moindre concession vis à vis de Poutine. Bien entendu il ne saurait-être question de faire de Poutine le héros de la démocratie et le champion des libertés mais il est aisé de comprendre quel est l’objectif des réalisateurs dans le contexte international actuel : présenter la Russie totalitaire comme l’ennemi possible. Une présentation partisane de la situation en Ukraine en fin de reportage

Autre exemple un certain Frédéric Lenoir, sans doute sous l’impulsion de son éditeur, vient nous dire sur France 5 (après avoir abondamment tenu ce discours sur d’autres chaines)  que si nous ne trouvons pas le bonheur, au fond c’est parce que nous ne savons pas regarder ce qui nous entoure, que lorsque nous avons une nourriture et un toit, nous courrons après l’avoir et oublions l’être. Un concept philosophique qui arrange bien tous ceux qui, moins généreux, pensent surtout à leur avoir.

On pourrait ainsi établir une liste d’exemples de manipulation qui insidieusement créent une mentalité de victime ou de privilégié (selon le besoin) arme essentielle pour tenir une société dans la préparation du pire : la détestation de l’autre !

 

 

 

 

 

Syrie : Assad accepte le cessez-le-feu et veut organiser des législatives

Mardi, 23 Février, 2016
Humanite.fr

 

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Petits exemples de manipulation dans POLITIQUE

AFP

Le régime d’Assad a accepté ce mardi le plan de trêve présenté conjointement par les Etats-Unis et la Russie et qui doit rentrer en vigueur le samedi 27 février. Le président syrien veut en outre organiser des élections législatives le 13 avril prochain.

« La République arabe syrienne annonce qu’elle accepte la cessation des hostilités, sur la base de la poursuite des opérations militaires pour lutter contre le terrorisme de Daech, le Front Al-Nosra et les autres groupes terroristes qui leur sont liés conformément à l’annonce russo-américaine », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié ce mardi. Peu avant, c’était le Haut comité des négociations (HCN), qui annonçait également son accord. Ce comité rassemble plusieurs groupes dits « modérés » de l’opposition à Bachar al-Assad, sous l’égide de l’Arabie Saoudite. Le HCN « accepte de répondre positivement aux efforts internationaux visant à instaurer un cessez-le-feu » en Syrie mais précise que « son engagement est conditionné » à la levée des sièges des villes syriennes, la libération des prisonniers, l’arrêt des bombardements des civils et la livraison d’aide humanitaire.

Assad n’a pas explicitement précisé s’il acceptait ces conditions. « En vue de garantir le succès de la cessation des hostilités prévu samedi, le gouvernement syrien est prêt à coordonner avec le côté russe pour déterminer quelles sont les régions et les groupes armés qui feront l’objet du cessez-le-feu » a toutefois poursuit le ministère. Les termes de la trêve sont définis par la Russie et les Etats-Unis. « La durée de la trêve proposée est de deux semaines mais elle pourra être reconduite indéfiniment avec l’accord des parties » explique le texte. Il y est fait mention que ce cessez-le-feu permettra d’acheminer de l’aide humanitaire et notamment de la nourriture aux populations qui meurent de faim. 

Il y est également bien précisé que les djihadistes et organisations considérées comme terroristes ne seront pas concernées, ce qui reste une crainte pour l’opposition. « Pour nous, la question Al Nosra est problématique parce que ce groupe est non seulement présent dans la province d’Idlib mais aussi dans celles d’Alep et de Damas, ainsi que dans le sud du pays. Ce qui nous inquiète, c’est que des civils ou l’Armée syrienne libre (ASL) soient pris pour cibles sous prétexte de frapper Al Nosra », a déclaré pour sa part Khaled Khoja, membre du HCN et président de la Coalition nationale syrienne (CNS).

En marge de son accord sur le cessez-le-feu, Bachar al-Assad a annoncé la tenue d’élections législatives pour la mi-avril. Les dernières élections en Syrie remontent à 2012, alors que le conflit était déjà lancé. Pour la première fois, elles avaient mis aux prises des candidats de plusieurs partis et non du seul parti Baas, au pouvoir. La plupart des 250 députés qui avaient été élus pour un mandat de quatre ans étaient toutefois membres de ce parti. A la suite de ces élections, Bachar al-Assad avait nommé Riad Hijab, alors ministre de l’agriculture, comme Premier ministre. Ce dernier a depuis fait défection et représente le Haut comité des négociations (HCN).

 

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Aragon et Ferré : écoutez les gamins…

Posté par jacques LAUPIES le 23 février 2016

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De Verdun à Alat ou une commémoration amputée de vérité

Posté par jacques LAUPIES le 22 février 2016

 

Dire qu’il existe encore des inconscients ou de simples imbéciles qui considèrent que les guerres sont inévitables et trouvent chaque fois de bons prétextes, et un certain culot,  pour se ranger dans le camp de la raison contre des ennemis jugés fous et fanatiques.

On fait à chaque fois le coup à des masses d’individus qui partent la fleur au fusil convaincus qu’il faut y aller, espérant sans doute en revenir. Et à en entendre certains on peut craindre qu’il existe encore ce genre d’abruti…

Mais comment peut-on en  déduire qu’il existe en chaque individu une agressivité naturelle, un besoin de se mesurer à l’autre et que ce besoin peut prendre une forme collective et n’aurait rien à voir avec des raisons économiques ou, tout au plus, aurait a voir avec une cupidité qui habiterait notre espèce ?

On en revient à cette phrase célèbre d’Anatole France : « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels »

Mais lisez ce qu’Anatole France écrivait au Directeur de l’Humanité en 1922. Deux ans après le Congrès de Tour qui vit se fonder le Parti Communiste rompant ainsi avec la SFIO (parti socialiste compromis par son alliance au sein de l’Union Sacrée qui engagea la France dans ce conflit)

« L’Humanité, 18 Juillet 1922 Anatole France« 

On croit mourir pour la patrie…

 

« Cher citoyen Cachin,

Je vous prie de signaler à vos lecteurs le récent livre de Michel Corday, les Hauts Fourneaux[1], qu’il importe de connaître. On y trouvera sur les origines de la conduite de la guerre des idées que vous partagerez et qu’on connaît encore trop mal en France ; on y verra notamment (ce dont nous avions déjà tous deux quelque soupçon) que la guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent, que ce sont les hauts industriels des différents États de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en jeu leur fortune, en tirèrent d’immenses bénéfices et s’y livrèrent avec tant d’ardeur, qu’ils ruinèrent l’Europe, se ruinèrent eux-même et disloquèrent le monde.

Écoutez Corday, sur le sujet qu’il traite avec toute la force de sa conviction et toute la puissance de son talent.  » Ces hommes-là, ils ressemblent à leurs hauts fourneaux, à ces tours féodales dressées face à face le long des frontières, et dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles dévorantes de minerai, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée du métal. Eux aussi, leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, et toutes les richesses du sol, et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes mêmes, par troupeaux, par armées, tous précipités pêle-mêle dans la fournaise béante, afin que s’amasse à leurs pieds les lingots, encore plus de lingots, toujours plus de lingots…

Oui, voilà bien leur emblème, leurs armes parlantes, à leur image. Ce sont eux les vrais hauts fourneaux. Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils mourraient. Ils en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie; on meurt pour des industriels. Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes: des usines, des banques, des journaux.

Michel Corday nous montre comment ils usèrent de ces trois machines à broyer le monde. Il me donna, notamment, l’explication d’un phénomène qui m’avait surpris non par lui-même, mais par son excessive intensité, et dont l’histoire ne m’avait pas fourni un semblable exemple: c’est comment la haine d’un peuple, de tout un peuple, s’étendit en France avec une violence inouïe et hors de toute proportion avec les haines soulevées dans ce même pays par les guerre de la Révolution et de l’Empire.

Je ne parle pas des guerres de l’ancien régime qui ne faisaient pas haïr aux français les peuples ennemis. Ce fut cette fois, chez nous, une haine qui ne s’éteignit pas avec la paix, nous fit oublier nos propres intérêts et perdre tout sens des réalités, sans même que nous sentions cette passion qui nous possédait, sinon parfois pour la trouver trop faible. Michel Corday montre très bien que cette haine a été forgée par les grands journaux, qui restent coupables, encore à cette heure, d’un état d’esprit qui conduit la France, avec l’Europe entière, à sa ruine totale. »L’esprit de vengeance et de haine, dit Michel Corday, est entretenu par les journaux. Et cette orthodoxie farouche ne tolère pas la dissidence ni même la tiédeur.

Hors d’elle, innocente en a souffert mort et passion. Haïr un peuple, mais c’est haïr les contraires, le bien et le mal, la beauté et la laideur ». Quelle étrange manie! Je ne sais pas trop si nous commençons à en guérir. Je l’espère. Il le faut. Le livre de Michel Corday vient à temps pour nous inspirer des idées salutaires. Puisse-t-il être entendu! L’Europe n’est pas faite d’États isolés, indépendants les uns des autres. Elle forme un tout harmonieux. En détruire une partie, c’est offenser les autres. Notre salut c’est d’être bons Européens. Hors de là, toute est ruine et misère.

Salut et Fraternité

Anatole FRANCE

De nos jours des combattants du moyen orient croient mourir pour une patrie, une idée, une religion et ils meurent pour des multinationales, des féodaux, des dictateurs. Rien de bien nouveau et des enfants meurent, sont rejetés par des médiocres qui se disent bons pères de famille, patriotes, citoyens républicains. La honte oui !

 

« Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fait la guerre »…, disent les survivants

professeur émérite, université Paris-I Antoine Prost
Vendredi, 19 Février, 2016
L’Humanité

 

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Infographie : Humanité

PHOTO : RUE DES ARCHIVES/TALLANDIER

La bataille de Verdun a été un massacre effroyable. Mais si elle est devenue « la » bataille, c’est en raison de la noria des divisions, de la crainte de perdre la guerre, de la résistance française et de la valeur symbolique développée ensuite par un immense travail de mémoire.

De toutes les batailles de la Grande Guerre, celle de Verdun reste, dans notre mémoire nationale, la plus importante : c’est d’ailleurs la seule qui figure au programme d’histoire des collégiens. Comment expliquer ce statut exceptionnel ?

Une première explication est l’extraordinaire violence des combats jusqu’à l’été. C’est ce que signifiaient, au moment même, les soldats et officiers quand ils disaient : « Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fa it la guerre. » De fait, les documents témoignent d’une lutte d’une rare intensité : on se bat dans des trous d’obus, plus ou moins reliés entre eux pour former des tranchées, sous le bombardement constant d’obus souvent de gros calibre. Se montrer de jour est s’attirer aussitôt des balles. La nuit, on veille, on travaille à renforcer les positions, on ne dort pas vraiment ; les corvées en tout genre et les brancardiers sillonnent le champ de bataille. Les survivants qui descendent du front semblent revenir de l’enfer.

Cette explication n’est pourtant pas suffisante. Verdun a été pire que les batailles précédentes, auxquelles les témoins la comparaient, mais les suivantes ont sans doute été plus dures encore, car l’escalade des bombardements n’a pas cessé ; après chaque échec, les états-majors ont conclu qu’ils n’avaient pas frappé assez fort, et ils ont frappé plus fort la fois suivante. Le million d’obus tirés par les Allemands le premier jour de l’offensive représente moins de quatre jours de la production française d’obus en 1918. Le nombre des morts de Verdun est impressionnant – 143 000 Allemands et 163 000 Français –, mais, compte tenu des effectifs, les pertes françaises sont plus lourdes sur la Somme qu’à Verdun. Les récits de la Somme ou du Chemin des Dames, en 1917, sont aussi terribles que ceux de Verdun : ils disent la faim, la soif, la boue – qui colle aux habits et happe parfois les soldats –, les bombardements incessants, les blessés, les cadavres et débris humains, la puanteur, les mouches, la mort présente à tout instant. Verdun est certes un peu différente : sur ce plateau entaillé de multiples ravins profonds, c’est un combat de petits groupes, à la grenade, alors que les autres batailles, en terrain moins mouvementé, mettent aux prises des lignes plus nettes, sur un front plus large. Mais c’est partout l’enfer.

D’autres raisons interviennent. La première est la « noria ». Le commandement français a en effet remplacé les divisions épuisées par des divisions fraîches, alors que les Allemands reconstituaient sur place leurs unités par des renforts. De ce fait, 70 divisions françaises ont combattu à Verdun, sur une centaine. Verdun est la bataille qu’ont « faite » le plus grand nombre de soldats français. En outre, elle est purement française, car les alliés n’y ont pas participé directement.

Les soldats ont intériorisé l’enjeu

Mais la vraie raison est l’importance de l’enjeu. C’était la première fois, depuis 1914, que les Allemands attaquaient, et en force. Tous les Français ont craint de perdre la guerre. À la fin de la semaine qui commence le 21 février, l’angoisse règne : la défaite sera-t-elle enrayée ? La population anxieuse guette les communiqués, la presse se veut rassurante, mais enregistre les reculs. Les hommes politiques s’agitent : c’est à Verdun que se joue le sort de la nation. Dans les semaines qui suivent, c’est là que ministres, parlementaires, journalistes, académiciens, diplomates, veulent aller, et pouvoir dire qu’ils y sont allés.

Les soldats ont intériorisé l’enjeu : ce n’est pas une bataille comme les autres, c’est « la » bataille, et il est juste que chacun y passe à son tour : la noria trouve là sa justification. Le moral des soldats n’est pas constant ; il y a des moments de lassitude, et même des refus de monter en ligne, mais aux moments les plus décisifs, ils consentent des sacrifices surhumains, et l’on peut parler d’héroïsme. Il ne faut pas que les Allemands passent. Le « mythe » de Verdun se constitue pendant la bataille elle-même : c’est le symbole de la résistance française.

Un immense travail de mémoire a développé ensuite la valeur symbolique de Verdun : les combattants sont revenus en pèlerinage, seuls, en famille, en groupes organisés par leurs associations ; un comité a construit l’ossuaire de Douaumont, grâce à des souscriptions de plus d’une centaine de villes françaises et étrangères, des manifestations commémoratives ont été organisées tous les ans. Les villes ont donné à des rues ou des places le nom de Verdun.

C’est parce que Verdun avait acquis cette valeur symbolique exceptionnelle qu’il n’y avait pas de meilleur lieu pour manifester la réconciliation des deux peuples par un geste spectaculaire et silencieux, la poignée de main du président Mitterrand et du chancelier Kohl, le 22 septembre 1984.

 

Repères

  • 21 février 1916. Début de l’offensive allemande. Quatre jours plus tard, le fort de Douaumont est enlevé.
  • 18 juin. Les Allemands, à portée de vue de Verdun, bombardent le secteur avec des obus au phosgène.
  • Du 21 au 24 octobre. Les Français pilonnent les lignes allemandes. Les Français reprennent Douaumont.
  • Mi-décembre. Après 300 jours, les troupes allemandes sont refoulées sur leurs positions de départ.

 

Attaques et contre-attaques. Les Allemands attaquent au nord de Verdun, sur la rive droite de la Meuse, le 21 février 1916, à 7 heures, par un bombardement massif. En cinq jours, ils avancent de 6 à 8 kilomètres et prennent le fort de Douaumont. Ils sont arrêtés par l’arrivée de renforts et la réorganisation du commandement, confié au général Pétain, mais, le 6 mars, ils attaquent aussi rive gauche. Jusqu’à la fin du mois de juin, attaques et contre-attaques font rage. Les Allemands parviennent à 4 kilomètres de Verdun, mais l’offensive alliée sur la Somme, le 1er juillet, les oblige à desserrer l’étreinte. Les Français passent à l’offensive, reprennent les forts de Douaumont puis de Vaux, et reviennent à leur front de départ, rive droite, le 15 décembre. Ils crient victoire mais ne reprendront qu’en août 1917 le terrain perdu rive gauche.

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Umberto Eco et les imbéciles

Posté par jacques LAUPIES le 21 février 2016

 

L’article ci dessous consacré à Umberto Eco cite celui-ci considéré comme un grand intellectuel :

« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité », a-t-il récemment déclaré, rappelle le quotidien Il Messaggero.  »On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles », avait-il dit.

Sauf tout le respect que je dois à cet écrivain, bien que connaissant seulement sa réputation et non son œuvre de romancier ni ses travaux hormis au travers du film « Au nom de la rose » et « Comment voyager avec un saumon ». autrement dit pas grand chose même si ces deux romans ne manquent pas de saveur, je trouve que son appréciation sur l’usage d’internet mérite d’être contestée !

 Je ne m’en tiendrai qu’à cette phrase reprise dans l’Humanité pour commenter cet évènement particulièrement sévère à l’égard des usagers d’internet qualifiés d’imbéciles. Comment ne pas se sentir concernés quand on écrit chaque jour un commentaire portant sur la politique et un peu au delà parfois ?

Il semblerait qu’au prétexte de ne pas appartenir à un monde de spécialistes, d’intellectuels on n’aurait pas le droit à la parole et qu’user des réseaux sociaux est une imposture vis à vis des autres.

J’ai déjà entendu cette remarque sous une autre forme ou l’on disait que les organisations politiques ne peuvent fonctionner sereinement si leurs membres se livrent en permanence à une expression individuelle sur internet. Cette appréciation faite cela ne change pas grand chose à moins d’établir des censures difficile à envisager et à admettre. Auquel cas on pourrait se demander qui seraient les imbéciles.

D’autant que si les médias sont très économes en matière de présentation de « grands intellectuels » ils ne sont pas avare dans l’exhibition d’une poignée d’écrivains, d’artistes s’accrochant plus à leur notoriété qu’à leur reste de talent. Sans compter tous ces spécialistes abonnés à des émissions ou d’évidence la collusion entre éditeurs, producteurs de film, société « occultes » de production télévisées et chaines parait évidente.

Ce qui signifie que nombre de personnes talentueuses n’ont pour s’exprimer que cette opportunité que leur offre le net.  Va, disons le franchement, puisque la médiocrité est si souvent exhibée avec la complicité des maitres du jeu médiatique pourquoi les imbéciles devraient se priver d’user des réseaux sociaux.

 

 

Umberto Eco est mort

Samedi, 20 Février, 2016
Humanite.fr

 

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Umberto Eco et les imbéciles dans POLITIQUE

Photo AFP

Grand intellectuel italien, l’écrivain Umberto Eco, décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 84 ans, était un universitaire, linguiste et philosophe, qui a connu la gloire mondiale avec un thriller médiéval et érudit, « Le Nom de la rose ».

Grand intellectuel italien, l’écrivain Umberto Eco, décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 84 ans, était un universitaire, linguiste et philosophe, qui a connu la gloire mondiale avec un thriller médiéval et érudit, « Le Nom de la rose ». Ce philosophe de formation, célébré sur le tard alors qu’il approchait de la cinquantaine, a réussi un coup de maître avec son premier roman publié en 1980: « Le Nom de la rose » s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires et a été traduit en 43 langues.
Consécration: il a été adapté au cinéma en 1986 par le Français Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle du frère Guillaume de Baskerville, l’ex-inquisiteur chargé d’enquêter sur la mort suspecte d’un moine dans une abbaye du nord de l’Italie. Truffé de latin, le polar de ce sémiologue de renom à la rondeur affable a même été la cible d’éditions pirate, notamment en arabe sous le titre « Sexe au couvent »….
Autre conséquence, non négligeable pour l’édition italienne, « Le Nom de la rose a relancé le roman en Italie et la littérature italienne à l’étranger. Les écrivains italiens ont à nouveau été traduits », souligne le critique et romancier italien Alain Elkann. Eco, un petit-fils d’éditeur issu de la petite bourgeoisie, a raconté avoir commencé à écrire dès l’âge de dix ans des histoires dont il réalisait lui-même l’édition.
Né à Alessandria (nord de l’Italie) le 5 janvier 1932, il a étudié la philosophie à l’Université de Turin et consacré sa thèse au « problème esthétique chez Thomas d’Aquin ». Ce spécialiste de l’histoire médiévale, qui a traduit Nerval en italien et qui connaissait par coeur Cyrano de Bergerac, a aussi travaillé pour la radio-télévision publique italienne Rai, l’occasion pour lui d’étudier le traitement de la culture par les médias. Polyglotte, marié à une Allemande, Eco a enseigné dans plusieurs universités, en particulier à Bologne (nord) où il a occupé la chaire de sémiotique jusqu’en octobre 2007, date à laquelle il a pris sa retraite.
Umberto Eco a expliqué s’être mis sur le tard à la fiction car « il considérait l’écriture romanesque comme un jeu d’enfant qu’il ne prenait pas au sérieux ».
Homme de gauche
Après « le Nom de la rose », il a notamment offert à ses lecteurs « Le Pendule de Foucault » (1988), « L’île du jour d’avant » (1994) et « La mystérieuse flamme de la reine Loana (2004) ». Son dernier roman, « Numéro zéro », publié en 2014 est un polar contemporain centré sur le monde de la presse. Il est aussi l’auteur de dizaines d’essais sur des sujets aussi éclectiques que l’esthétique médiévale, la poétique de Joyce, la mémoire végétale, James Bond, l’art du faux, l’histoire de la beauté ou celle de la laideur.  »Le beau se situe à l’intérieur de certaines limites tandis que le laid est infini, donc plus complexe, plus varié, plus amusant », expliquait-il dans une interview en 2007, ajoutant qu’il avait « toujours eu de l’affection pour les monstres ». Affirmant « écrire pour s’amuser », Il Professore – des yeux malicieux derrière des lunettes et une barbe blanche – était aussi bibliophile et possédait plus de 30.000 titres dont des éditions rares.
« Eco était un premier de la classe, très intelligent, très érudit. Il a incarné avec brio la figure de l’intellectuel européen. Il était aussi à l’aise à Paris et Berlin qu’à New York ou Rio », estime l’écrivain italien Alain Elkann.
Homme de gauche, Umberto Eco n’avait rien de l’écrivain enfermé dans sa tour d’ivoire et ce joueur de clarinette écrivait régulièrement pour l’hebdomadaire L’Espresso. Après la victoire aux élections législatives de Silvio Berlusconi en 2008, il avait consacré un article au retour de l’esprit des années 40, regrettant d’ »entendre des discours semblables à ceux sur « la défense de la race » qui n’attaquaient pas seulement les Juifs, mais aussi les Tziganes, les Marocains et les étrangers en général ».
Après le rachat de RCS Libri par Mondadori, propriété de la famille Berlusconi, Umberto Eco a mené son dernier combat aux côtés d’autres écrivains pour protéger le pluralisme de l’édition en Italie.
Son ouverture d’esprit ne l’empêchait pas de voir d’un oeil critique l’évolution de la société moderne.  »Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité », a-t-il récemment déclaré, rappelle le quotidien Il Messaggero.  »On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles », avait-il dit.

 

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/02/20/umberto-eco-auteur-du-nom-de-la-rose-est-mort_4868787_3382.html

 

 

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