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Les « relations » avec le monde agricole

Posté par jacques LAUPIES le 28 février 2016

 

Contrairement à ce qui semble apparaître parfois aux yeux de nombre d’agriculteurs le Parti Communiste a toujours formulé des propositions concernant la question des prix agricoles. Nous pourrions ici établir une liste de déclarations, de décisions de congrès, de programmes de gouvernement, tout au long du siècle dernier, du Front populaire jusqu’à nos jours, qui témoignerait de cet appui au monde paysan doublé d’un appel à l’union avec la classe ouvrière.

A peine devenu adhérent du PCF je me souviens de nos initiatives expliquant à la population et particulièrement en direction des agriculteurs que nous soutenions l’exigence de pratiquer des justes prix à la production, et la nécessité de mener un combat commun entre paysans et travailleurs salariés.

« Ouvriers et paysans ont un intérêt commun à liquider l’anarchie de la production, les crises économiques qu’elle engendre et qui entrainent pour les uns le chômage, pour les autres les crises de mévente et les bas prix agricoles à la production. » (extrait d’une brochure publiée par le PCF en 1965)

Bien entendu la situation a évolué depuis cette période, notamment avec l’extension des marchés, notamment dans le cadre de l’Europe et sur le plan mondial mais cela en fait n’a fait qu’accélérer la disparition des exploitations familiales et les difficultés pour celle qui se sont maintenues. Malgré l’appel a une main d’œuvre immigrée sur qui se sont reportées en partie ces difficultés. 

Le refus des gouvernements successifs d’offrir des garanties de prix, de les enfermer dans des système de subventionnement aboutit à déplacer les responsabilités sur les systèmes de protection sociale qui constitueraient des charges trop lourdes.

Ainsi est tentée une diversion, comme cela se fait avec les couches de petits commerçants et artisans en tentant de les mettre en opposition avec le monde salarial. La grande bourgeoisie, industrielle, commerciale et financière, en même temps qu’elle étouffe économiquement le monde paysan tente de l’éloigner sur le plan politique de tout rapprochement avec les travailleurs salariés. A l’inverse le mécontentement de ces couches nos salariés les jette dans les bras d’un Front National qui préconise le repli sur l’hexagone et les dresse en particulier contre la main d’œuvre immigrée.

Le gouvernement empêtré dans sa soumission à l’Europe, peu clair sur la menace que font peser les Etats Unis qui cherchent à pénétrer le marché européen, embourbé dans une politique de boycott des échanges avec la Russie, accélère une crise politique dont la droite entend tirer profit.

Il devient en conséquence urgent que les agriculteurs se préoccupent eux aussi de la nécessité de constituer une force  capable de créer les conditions d’une autre politique dans notre pays. Peut-être devraient-ils s’intéresser à nos propositions et les soutenir dans un proche futur ?

 

 

André Chassaigne « Seuls les coûts et les conditions de production doivent définir le prix des aliments »

Entretien réalisé par Anne-Laure de Laval
Jeudi, 25 Février, 2016
Humanité Dimanche

 

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Les

Patrick Nussbaum

Les réponses de court terme face à la crise agricole sont inopérantes. Le modèle productiviste européen ruine les agriculteurs et les terres, rappelle André Chassaigne. Il a déposé, fin 2015, une proposition de loi pour « garantir les prix d’achat aux agriculteurs ». Entretien.

HD. Manuel Valls a présenté un plan de crise avec baisse des cotisations et « année blanche » pour les agriculteurs à faibles revenus. Qu’en pensez-vous ?

André Chassaigne. Le gouvernement essaie d’éteindre un incendie qui s’amplifie de jour en jour. Mais les réponses sont uniquement conjoncturelles, elles ne régleront rien. Les réductions de cotisations seront surtout une manne pour les grosses exploitations. Et elles mettront à mal le système de protection sociale des agriculteurs, déjà fragilisé.

Certes, un décret gouvernemental doit prochainement répondre à la demande, que nous avions formulée de longue date, d’indication d’origine du lait et des viandes utilisés en tant qu’ingrédients. Le problème est qu’il ne concerne que les produits fabriqués en France.

HD. Quelles sont les solutions structurelles formulées dans votre proposition de loi ?

A. C. Il faut sortir de la logique productiviste à l’œuvre à l’échelle européenne. Celle-ci conduit à investir toujours davantage pour produire du volume afin de compenser la faiblesse des prix et réaliser ainsi un chiffre d’affaires permettant de rembourser les emprunts et dégager un revenu. Elle pousse à une escalade mortifère, parce qu’on trouvera toujours plus compétitif que nous. Elle condamne l’agriculture familiale et des territoires entiers. Si les députés du Front de gauche ont voté la loi sur l’agroécologie en septembre 2014, c’est justement pour s’extraire de cette logique.

Il faut au contraire une politique de régulation européenne qui permette de maîtriser les volumes. On encourage sinon le développement de l’agro-industrie : or, non seulement cette dernière tire les prix vers le bas par des économies d’échelle, mais elle fausse le marché en adjoignant à ses revenus des recettes extérieures à la production agricole, par exemple celles liées à la vente d’énergie.

Nous proposons pour chaque filière agricole une conférence annuelle qui permette de définir le prix rémunérateur pour le paysan en fonction des coûts et des conditions de production. Cette conférence devrait réunir tous les acteurs de la chaîne de production et de distribution, mais aussi l’ensemble des organisations syndicales. La fixation d’un prix plancher se pratique dans d’autres pays, par exemple au Québec, où le prix du lait est fixé annuellement, puis pris en compte aux différents échelons de la filière. Nous savons que cette proposition se heurte aux dogmes libéraux de la politique agricole commune. Mais c’est possible avec une mobilisation sans précédent des organisations agricoles européennes et des gouvernements conscients que la libre concurrence conduit au désastre de leur propre agriculture.

Il existe un mécanisme permettant de jouer à tous les échelons de la filière : le coefficient multiplicateur. À partir du prix plancher, on fixe un coefficient qui permet une maîtrise des marges. Ce système a aussi l’avantage de limiter les importations à bas coûts : en appliquant ce coefficient, le profit sera moindre avec une matière première peu chère.

HD. Qui, dans le monde agricole, accepterait aujourd’hui un peu plus de régulation ?

A. C. Lors de mes précédentes propositions de loi, en 2009 et 2011, nous avions eu le soutien du Modef, de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale. Aujourd’hui, même la FNSEA évolue. Certes, elle avance d’autres réponses, comme la baisse des cotisations sociales et des aménagements financiers, mais toutes les organisations jugent désormais fondamentale la question du prix.

 

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