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Affaire AUBRY : à suivre

Posté par jacques LAUPIES le 26 février 2016

Je donne à lire une deuxième fois l’article paru dans l’Humanité à la suite des déclarations de Martine Aubry.

Tout simplement parce que je partage les interrogations que suscite l’initiative prise par la Maire de Lille et ses soutiens  et que ne manque pas de rappeler  l’auteur de cet article.

Il faut reconnaître qu’en pareille circonstance il ne faut pas faire preuve de naïveté mais également que la suspicion n’est pas non plus de mise tant ce démarquage vis à vis du gouvernement,  d’une importante partie du PS, reflète une crise politique profonde au sein de ce parti.

A voir et entendre la réaction des médias, la montée en charge des principaux soutiens à la politique gouvernementale, on peut penser que le pouvoir est sérieusement affaibli et préoccupé. Et même s’il s’agit d’une initiative s’inscrivant dans un positionnement en vue des affrontements prévisibles pour préparer 2017, nul doute qu’elle va provoquer une évolution de l’opposition de gauche à la politique droitière du gouvernement !

 

Un appel de rupture avec le gouvernement

Adrien Rouchaleou
Jeudi, 25 Février, 2016
L’Humanité

 

L’ancienne première secrétaire du PS et une série de personnalités signataires d’un appel paru hier dressent un constat au vitriol de l’état du pays, de la gauche et la responsabilité écrasante de l’exécutif.

«Il est des vérités désagréables à dire, mais il est des moments où il faut savoir les mettre en pleine lumière. » Pour Martine Aubry, un de ces moments est venu. Dans le Monde daté de ce jeudi, son nom ressort parmi les premiers signataires d’une tribune assassine pour ceux de ses camarades socialistes qui gouvernent aujourd’hui le pays. À côté de sa signature figurent celles des eurodéputés écologistes Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot, du généticien Axel Kahn, des économistes Claude Alphandéry et Daniel Cohen… mais on y trouve surtout la garde rapprochée de l’ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin et ex-première secrétaire du Parti socialiste : les députés Jean-Marc Germain et Christian Paul, les anciens ministres de François Hollande Benoît Hamon et François Lamy, l’eurodéputé et ancien premier secrétaire de la fédération socialiste du Nord Gilles Pargneaux, ou encore l’ancienne présidente du Mouvement des jeunes socialistes Laura Slimani.

La loi travail aura mis le feu aux poudres

Ces tensions n’ont jamais été un secret. On se souviendra entre autres des charges de la maire de Lille contre le travail dominical, ou un retentissant « Macron ? Comment dire ? Ras-le-bol » au moment où le très libéral et arrogant ministre de l’Économie présentait la loi qui porte son nom. Mais après la fronde d’une quarantaine de députés, c’est bien une nouvelle rupture au sein de la majorité qui se manifeste ainsi. Mais jusqu’à quel point et dans quel but ?

Le texte, publié hier par le quotidien du soir, est long et les griefs précis. Les auteurs datent le commencement de la dérive à janvier 2014, quand « la gauche avait déjà assisté, incrédule, (…) au pacte avec le Medef, qui se révéla un marché de dupes ». Le pacte de responsabilité et de solidarité, comme l’avait dénommé le gouvernement, avait coûté au budget de la nation « 41 milliards d’euros mobilisés pour rien, ou si peu », rappelle la tribune.

Les auteurs visent aussi « ce désolant débat sur la déchéance de nationalité » qu’ils se sont « vu infliger », ainsi que « la meurtrissure de l’indécent discours de Munich, à propos des réfugiés », quand le premier ministre Manuel Valls avait déclaré, à l’inverse de la chancelière allemande, Angela Merkel, que « l’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ».

Mais l’étincelle qui aura mis le feu aux poudres, c’est évidemment la loi travail portée par la ministre ­Myriam El Khomri. Comment aurait-il pu en aller autrement pour celle qui, au même poste dans le gouvernement de la « gauche plurielle » sous Lionel Jospin, y a instauré la semaine de 35 heures de travail, aujourd’hui gravement mise à mal par le projet du gouvernement ?

Pour l’exécutif usé par la fronde, déséquilibré par le départ retentissant de Christiane taubira et aujourd’hui contesté de manière inédite sur la loi El Khomri, il y a avec cette nouvelle rupture péril en la demeure. « Que le patronat institutionnel porte ces revendications, pourquoi pas, même si elles nous paraissent en décalage avec ce que nous disent les entreprises sur le terrain. Mais qu’elles deviennent les lois de la République, sûrement pas ! Pas ça, pas nous, pas la gauche ! » s’indignent les signataires. Avec ce projet de loi, « c’est toute le construction des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant l’accord dans l’entreprise dans un pays où le taux de syndicalisation est faible et où le patronat n’a jamais aimé la négociation », analysent-ils. Quant à la méthode – dans une interview de Myriam El Khomri au JDD, le gouvernement affirmait explicitement ne pas exclure un nouveau recours au 49-3 pour adopter la loi sans vote des parlementaires  –, elle ne passe pas. À demi-mot, la tribune laisse entendre que la réponse logique des parlementaires serait alors de voter la censure du gouvernement.

Le jugement global sur l’exercice du pouvoir durant le quinquennat est sévère : « Prendre le monde tel qu’il est n’est pas renoncer à le transformer (…). Encore moins l’éloigner de toute idée de justice. » Suivent quelques lignes qui semblent directement adressées à Manuel Valls : « Il ne suffit pas de se revendiquer du réformisme social pour en mériter le titre. Il n’y a ni vraie réforme ni social dans nombre de politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des propositions puisées dans le camp d’en face, qui n’ont rien de moderne, et qui sont inefficaces. » François Hollande n’est pas épargné : « Puisqu’on nous parle du serment de Versailles, rappelons-nous de celui du Bourget, mis à mal une fois de plus, et qui pourtant fonde la légitimité au nom de laquelle le pouvoir est exercé depuis 2012. » Sans surprise, les défenseurs de la ligne gouvernementale, comme le ministre des Finances Michel Sapin, n’ont pas manqué de dénoncer des postures. Interrogé par l’Humanité, Yannick Jadot balaie la critique : « Si les politiques menées par François Hollande et Manuel Valls étaient efficaces, on pourrait dire que l’on serait dans des jeux de posture. Mais elles ne le sont pas. Alors qui est dans un jeu de posture ! Ceux qui prétendent engager la France sur une dérive libérale et autoritaire ou ceux qui rappellent les responsables politiques à leurs promesses ? »

Le constat est clair : « Trop c’est trop. » Mais que veulent les auteurs de cette tribune ?

Le constat est clair : « Trop c’est trop. » Mais que veulent les auteurs de cette tribune ? C’est là que les choses sont moins nettes. « Il faut de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique. » Un peu léger… À quatorze mois de l’élection présidentielle, l’espoir n’est pas bien grand de voir l’exécutif défaire ce qu’il a fait depuis 2012 et reprendre une nouvelle route un peu plus à gauche. D’où cette question que beaucoup se posent : avec cette tribune devenue pétition (elle est signable en ligne sur un site Internet dédié), Martine Aubry ne serait-elle pas en train de se préparer un rôle de premier plan dans la perspective de la présidentielle ? « On veut alimenter le débat et mettre en avant la remobilisation de la gauche plutôt que les candidatures », dément Jean-Marc Germain dans le Monde. Des signes semblent tout de même montrer que quelque chose se prépare : Martine Aubry est notamment annoncée ce soir dans un débat à Lille organisé par les promoteurs de la primaire à gauche. Pour Yannick Jadot, signataire à la fois de la tribune et de l’appel à une primaire, les deux démarches « répondent au fond à la même urgence et au même besoin, bien que les objectifs ne soient pas les mêmes. On essaie de produire un débouché politique qui oblige chacun à débattre, à considérer que même si les choses sont très tendues, il y a encore un espace ». L’espace existe, c’est sûr. Mais beaucoup veulent l’occuper et il semble bien désorganisé. L’arrivée éventuelle de Martine Aubry dans le jeu de la primaire participera-t-elle à le clarifier ou au contraire compliquera-t-elle encore la situation ? À suivre, mais le temps presse.

 

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