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De Berlin à Jérusalem

Posté par jacques LAUPIES le 3 janvier 2016

Mur de Berlin

Tu voulais un monde d’égalité
Merveilleux rêve de tous les âges
Offrant à tous richesse en partage
Sans te soucier de la liberté
 
Quand dans la nuit nait ce brillant espoir
On demande au peuple des sacrifices
Pour qu’il élève les édifices
Ami cela était dans ton savoir
 
Des continents où naissait l’inutile
Séduisant tes frères par tentation
Te vint l’idée de la séparation
Celle de  l’essentiel et du futile
 
Ainsi tu érigeas un vaste mur
Et dit aux camarades prenez garde
Il faut nous suivre c’est nous l’avant garde
Silence à ceux qui n’en sont  pas trop sur
 
De loin j’étais ton  ami et complice
Ignorant que point n’est besoin d’enceintes
Pour que soient abattues les injustices
Et détruit les profits qui nous éreintent
 
Mais les remparts ont toujours existé
Tout comme les murs ou règne le croire
Ils  finissent dans les livres d’histoire
Où chacun exprime sa vérité
 
Puisqu’il faut lutter pour un nouveau monde
Combattons les constructeurs de barrières
Dans les immenses champs faisons des rondes
Qui ne serons que danses sans  frontières

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Visibles ou invisibles, ces murs qui nous séparent…

François Leclerc
Samedi, 2 Janvier, 2016
Humanité Dimanche

 

La clôture anti-migrants érigée en septembre à la frontière hongroserbe fait de toute personne qui la franchit un criminel…
Les murs sont inscrits dans la mémoire collective et le paysage. Sans remonter à la muraille de Chine, qui ne se souvient du mur de Berlin ? Aujourd’hui, de toutes natures, ils poussent à toute allure comme s’ils représentaient une solution universelle à un monde rempli de conflits. Depuis les murs-frontières de plus en plus sophistiqués, à ceux des résidences fermées qui protègent les nantis, jusqu’aux instruments du contrôle de la liberté d’expression qui annoncent la société de surveillance.
Refusant d’accueillir ensemble dignement les réfugiés de guerre dont ils ont souvent attisé les feux, les dirigeants européens ont décidé de renforcer les frontières extérieures de l’Union et d’organiser le tri de ceux qui frappent à leurs portes.
 
L’EUROPE SE BARRICADE ET SE RENIE POUR NE PAS RÉPONDRE À L’EXODE DES RÉFUGIÉS
 
Face à l’exode massif des réfugiés de la guerre qui fait rage aux portes de l’Europe, le renforcement des frontières prime sur les considérations humanitaires. La création d’un corps militarisé européen aux moyens renforcés et aux prérogatives étendues est en discussion, dont l’intervention nécessiterait un abandon de souveraineté qui suscite des réserves. Devant le danger de l’effondrement de Schengen que représente le rétablissement de multiples frontières intérieures, le renforcement de ses frontières externes est à l’ordre du jour. Sur la route des Balkans empruntée cette année par plus d’un million de réfugiés ­ de la Grèce à la Slovénie, avant d’atteindre l’Autriche et l’Allemagne ­ les barbelés ont en effet poussé comme des champignons et les contrôles frontaliers ont été rétablis.
 
REPOUSSER LA FRONTIÈRE
 
Rares ont été les voix qui, comme celle du commissaire aux Droits humains du Conseil de l’Europe, ont déploré la « désastreuse » prise en charge des réfugiés, laissés à eux-mêmes et traversant la mer Égée au prix de la noyade de plus de 3 600 d’entre eux à ce jour, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). « Si le cours des choses ne change pas, a-t-il ajouté, les valeurs et les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme perdront tout leur sens. » Car, en dépit d’appels répétés de la part des ONG, la création de couloirs humanitaires n’a jamais été envisagée. Forte de ses 500 millions d’habitants, l’Union européenne s’est révélée incapable d’accueillir dignement un million de réfugiés. Des transferts directs de Turquie à l’Union européenne sont certes envisagés à l’avenir, mais seuls quelques dizaines de milliers d’entre eux pourront, au mieux, en bénéficier, à condition que les frontières turques soient fermées à tous les autres.
 
SOUS-TRAITANCE
 
Déjà décidée, la répartition selon un système de quotas de 160 000 réfugiés entre les pays européens est contestée par plusieurs gouvernements, les autres ne se précipitant pas pour la mettre en pratique. Ce qui ne réglera pas le sort des centaines de milliers d’entre eux déjà entrés en Europe, auxquels se joignent tous les jours 4 000 nouveaux réfugiés qui abordent les îles grecques malgré l’hiver. Le plus grand exode connu depuis la Seconde Guerre mondiale va se poursuivre, et il est illusoire de vouloir l’arrêter.
Pour ne parler que des Syriens, qui représentent la moitié des réfugiés, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a rendu public que plus de 12 millions d’entre eux, dont 5,5 millions d’enfants, ont un besoin immédiat d’assistance humanitaire. Plus de 4 millions ont fui à l’étranger, et environ 8 millions se sont déplacés à l’intérieur du pays. La chancelière Angela Merkel remarque que « se barricader au XXIe siècle n’est pas une option raisonnable », pour préconiser, seule et avec peu de chances de succès, que l’accord de répartition des réfugiés soit permanent et déplafonné. Ce qui ne laisse comme alternative que de les tenir à distance en obtenant de la Turquie qu’elle leur ferme sa frontière maritime avec la Grèce.
INCAPABLED’ACCUEILLIR UN MILLION DE RÉFUGIÉS, L’UE N’A MÊME PAS PENSÉ À CRÉER DES COULOIRS HUMANITAIRES.
Principal point d’entrée des réfugiés dans Schengen, la Grèce assure désormais le tri des réfugiés afin de séparer ceux qui peuvent prétendre à l’asile des « migrants économiques » à refouler. Mais, d’après le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), les Syriens, Irakiens, Afghans et Érythréens ­ qui constituent la première catégorie ­ représentent 80 % des réfugiés. Pour diminuer le flux, il n’y a pas d’autre solution que d’obtenir du gouvernement turc qu’il fasse blocage. En le finançant pour qu’il améliore le sort misérable des plus de 2 millions de réfugiés qui s’y trouvent déjà, afin qu’ils s’y fixent, le bouclage de la frontière achevant de les convaincre….

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2016 : ne lachons rien et prenons leur plus…

Posté par jacques LAUPIES le 2 janvier 2016

   A peine sorti d’un jour de l’an à classer quelques photos et écouter de la musique confronté à une télé  de bas étage, l’envie nous vient de ne pas céder aux chantages : guerre, terrorisme, faits divers, planète en danger, etc. Le temps de la peur arriverait-il parce que l’égoïsme de quelques uns n’a plus que cela pour maintenir ce pouvoir qui rappelle 1788, avec des nouveaux rois qui s’auréolent de démocratie, de liberté, der social même

Bonne année mais faites là, n’attendez pas qu’on vous la fasse !

 

État d’urgence, libertés pourquoi il ne faut pas céder !

BENJAMIN KÖNIG
Vendredi, 1 Janvier, 2016
Humanité Dimanche

 

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2016 : ne lachons rien et prenons leur plus... dans POLITIQUE

Depuis le 13 novembre, les manifestations sont interdites et les rassemblements à peine tolérés, même place de la République.
C’est comme une chape de plomb qui s’est abattue sur la France depuis les attentats du 13 novembre. Le visage du pays a profondément changé. La France est sous état d’urgence et s’apprête à modifier dans ce contexte pourtant extrêmement lourd ce qui est son essence : sa Constitution. Un président de la République, issu d’un parti se réclamant de la gauche, envisage même très sérieusement d’étendre la déchéance de nationalité à des binationaux nés français. Le refus d’un pacte social et la remise en cause de notre politique étrangère semblent jeter les bases d’une grave dérive. Mais, concrètement, est-ce efficace ? Quels peuvent être les risques ?
 
  • LE RETOUR DE LA DÉLATION
 
Le premier cas d’un individu dont l’assignation à résidence a été levée est emblématique. Car celui qui se fait appeler « Zinédine », et dont l’histoire est rapportée sur le site du « Monde », a simplement été dénoncé à tort par un ancien collègue de travail avec qui les relations étaient mauvaises. Le ministère a levé son assignation, mais durant trois semaines, « Zinédine » a dû pointer au commissariat deux fois par jour et rester à son domicile de 21 h 30 à 7 h 30, et a failli perdre son emploi. Combien d’assignés à résidence sont dans ce cas ? Au-delà de ce cas particulier, cela pose une question grave : sur une simple délation aux autorités, il est possible de priver un individu de ses libertés les plus élémentaires. L’état d’urgence permet l’arbitraire.
 
  • ALORS, EST-CE EFFICACE ?
 
C’est la question première, même si elle ne prévaut pas sur les principes des libertés. Mais, précisément, il est quasiment impossible de le savoir. Plusieurs gradés de la police l’ont déjà avoué : « On tape large », ce qui signifie rarement taper juste. Depuis le 13 novembre, 2 764 perquisitions administratives (ordonnées par un préfet et non un juge) ont été menées, pour 422 infractions constatées et 294 gardes à vue. Mais aucune n’est en lien avec le terrorisme. Et aucune filière djihadiste n’a été démantelée…
Le risque de gLissement
 
C’est Jean-Jacques Urvoas, le député PS proche de Valls et père des lois sur le terrorisme ou le renseignement, qui l’affirme au sein même de l’Assemblée : « L’état d’urgence doit-il veiller au maintien de l’ordre public dans son ensemble ou être concentré sur la seule lutte contre le terrorisme ? » La tentation est grande de mettre à profit l’état d’urgence pour assurer l’ordre social. Les exemples ne manquent pas : manifestations interdites de façon arbitraire, gardes à vue et interpellations injustifiées, sans parler du comportement violent des forces de l’ordre. Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, a dû appeler ses troupes à plus de retenue.
Éliane Assassi, la présidente du groupe communiste au Sénat, le dit sans ambages : « Nous ne pouvons que noter que l’attaque terroriste du 13 novembre a malheureusement rempli ses objectifs : la France, patrie des droits de l’homme, a fait le choix de déroger à un certain nombre de ces droits. » Autre glissement : le contrôle de ces mesures par le seul juge administratif, et non judiciaire. Forcément, le Conseil d’État a approuvé cette mesure, puisqu’elle confie la surveillance de la police au juge administratif dont le Conseil d’État est la plus haute juridiction, au détriment du juge judiciaire, réellement indépendant.
 
« POUR LA PREMIÈRE FOIS DEPUIS VICHY, L’ÉTAT ENVISAGE DE DÉCHOIR DE LEUR NATIONALITÉ DES BINATIONAUX NÉS FRANÇAIS. »
 
  • HOLLANDE-VALLS, APPRENTIS SORCIERS
 
Les réponses apportées par le gouvernement sont donc uniquement sécuritaires. Après la prorogation de l’état d’urgence, François Hollande veut l’inscrire dans la Constitution. La manoeuvre est simple : puisque la loi de 1955 risque d’être anticonstitutionnelle, alors il faut l’y inscrire. Comme beaucoup, Patrice Spinosi, avocat et membre de la Ligue des droits de l’homme, s’alarme d’une « dérive possible ». Qui sait comment peut être utilisé l’état d’urgence, dans un, cinq ou dix ans ? Enfin, le pataquès sur la déchéance de nationalité est emblématique d’un pouvoir pris à son propre piège. Annoncée par François Hollande, la mesure ne devrait pas être retenue dans la loi présentée en Conseil des ministres le 23 décembre (nous n’en connaissons pas le contenu exact à l’heure où nous écrivons ces lignes). Le jeu est plus que dangereux : ils voulaient faire un coup politique, en obligeant la droite à voter cette loi. Mais le Conseil d’État, à qui ils avaient filé la patate chaude de la légalité de la mesure, a joué les Ponce Pilate. Et si de nombreux cadres du gouvernement assurent que cette mesure ne sera pas mise en place « pour des raisons politiques et juridiques », le mal est fait : pour la première fois depuis Vichy, un gouvernement a envisagé de déchoir de leur nationalité des binationaux nés français. Le dernier s’appelait… De Gaulle. Pour des résultats nuls, comme l’a reconnu Manuel Valls : « C’est une mesure symbolique et non d’efficacité. »

 

  • CEUX QUI SONT MOBILISÉS
Face à ces dérives, de nombreuses forces luttent. Officiellement, ce sont les commissions des Lois de l’Assemblée et du Sénat qui sont en charge du contrôle de l’état d’urgence (outre la justice administrative, seul recours possible). Mais leur action est entravée : les parlementaires manquent d’informations et le ministère de l’Intérieur répond au compte-gouttes, et, surtout, donne des informations que les élus ne peuvent vérifier.
C’est, en réalité, la société civile qui se mobilise. De nombreux rassemblements ont lieu dans différentes villes de France pour exiger la fin de l’état d’urgence.
La presse fait son travail en recensant les abus ou les dérives. Et 105 organisations (associations, syndicats) ont lancé un appel pour exiger la fin de l’état d’urgence : « Nous ne céderons pas ». Un beau mot d’ordre.

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La blessure

Posté par jacques LAUPIES le 1 janvier 2016

 
 
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Les blessures profondes
Dont je vous ai frappés
Ont perturbé les ondes
De l’amour que j’ai donné
 
Il reste dans vos cœurs
La tendresse incertaine
Enfouie dans vos rancœurs
Et votre immense peine
 
Le Muguet ne suffit
A fleurir vos printemps
Parce que j’ai des nuits
Qui fuient les anciens temps
 
Quand la pluie froide inonde
La jungle de sa vie
Et que l’orage gronde
La nichée perd son nid
 
La tempête disloque
Fait chuter dans la boue
Mais sous l’effet du choc
Des corps restent debout
 
Evitant  l’hécatombe
Le mâle reconstruit
Pour que jamais ne tombe
Le malheur sur ses dits
 
Croyant donner l’utile
Et tenir à l’abri 
Du mal et du futile
Il veille sans amis
 
Prisonnier de ses ailes
Il s’envole à nouveau
Quand encore se mêlent
Passé et renouveau
 
Pari bien hasardeux
Quand on veut allier
La promesse des vœux
Au présent embué

 

MEILLEURS VOEUX A TOUS 

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Où conduit le suffixe

Posté par jacques LAUPIES le 1 janvier 2016

 

Il n’y va pas par quatre chemins Torreton. Et il a bien raison !

Il est de ces communistes, fidèles à ,leur parti, mais grincheux et qui éprouvent souvent le besoin de dire leurs doutes, leurs désaccords avec cependant ce « défaut » qui consiste à être persévérant au nom de ce que d’autres appellent des valeurs. Une persévérance perçue par des alliés potentiels comme un pur sectarisme que l’on irait – mais certains ne s’en privent pas – jusqu’à les qualifier du nom de celui que l’on appelait le « père du peuple », en lui ajoutant le suffixe que nombre de politiques voient d’un mauvais œil.

Il est vrai que tous les noms ne peuvent s’en affubler. Imaginez un peu : l’Hollandisme, le Vallsisme, le Maccronisme et pourquoi pas le Gambadélisisme.

A moins que l’histoire regroupe cet ensemble dans une nouvelle croyance que l’on a déjà baptisée de social libéralisme. Un compromis qui préserverait l’idée de réformisme dont s’affuble également la droite et qui évacuerait toute référence au socialisme. Nous n’inventons rien puisque les quatre compères évoqués ne s’en cachent pas.

Les valeurs, chacun à les siennes, mais elles ne manquent pas d’évoluer et s’agissant du socialisme et du capitalisme il est tout de même des accommodements qui paraissent difficile à trouver.

Le capitalisme c’est la règle de l’exploitation, de l’accumulation, de la surexploitation et de la suraccumulation par ceux qui possèdent les moyens de production. Qui peut le nier quand un pour cent de la population possède autant que la moitié de cet autre population dans le monde ? C’est lui faire beaucoup de faveur que de l’appeler libéralisme. Méfions nous des mots.

Quant au socialisme n’allons pas chercher ailleurs que dans la définition du Larousse : « Dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant la propriété privée des moyens de production et d’échange » et nous comprendrons qu’évidemment nos nouveaux idéologues du PS veuillent bien s’en débarrasser. Du mot bien sur !

Donc pas de problème voilà deux valeurs irréconciliables même si certains parlent de dépassement et d’autres de suppression du capitalisme. Encore des mots qui enfument  !

Quant aux autres valeurs qui se rattachent à ce concept de socialisme, elles peuvent être partagées (elles sont parfois galvaudées) mais la nécessité  de les protéger, de les valoriser, de les affiner dépend de celle que le socialisme et sa prolongation le communisme portent en eux : liberté (collectives et individuelles), laïcité, égalité, suprématie de l’intérêt général  sur le particulier, droit et justice sociale. etc.

Torreton bien évidemment évoque la culture comme valeur négligée par le pouvoir actuel. Qui ne souscrirait à cette critique ? Encore faudrait-il aussi s’entendre sur le fait que la culture telle que conçue est trop limitée aux expressions artistiques qui en sont les principaux aliments, est distribuée sans cohésion et n’a pas cette dimension populaire qui la rendrait éminemment plus efficace.

A propos de culture : un régal ce soir avec Jean-François Zygel, qui nous a décortiqué la 8eme symphonie de Dvorjak

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Ces grandes valeurs, nous  les avons toujours en nous

Jeudi, 31 Décembre, 2015
L’Humanité

Patrick Nussbaum

Par Philippe Torreton Comédien 
et auteur.

Il paraît que l’on s’égare, c’est Manuel Valls qui nous le martèle comme il le fait toujours d’ailleurs, Manuel le marteleur, le Nikita Khrouchtchev de l’extrême droite socialiste. Nous nous égarons camarades, et nous nous égarons au nom de grandes valeurs, c’est lui qui le dit, mais il a raison : les grandes valeurs égarent toujours en ce sens qu’elles nous mettent hors du chemin que nous devons suivre, cet étroit chemin balisé par de cyniques esprits, ayant perdu (s’ils l’ont jamais eu) le sens du devenir commun, cette drôle de faculté qui consiste à mettre des valeurs au-dessus de tout, de ne pas transiger avec ce qui fait le socle de notre République.

Oui, les grandes valeurs nous font perdre ces routes tracées par des âmes soumises à leurs propres ambitions, prisonnières de revanches sèches et infécondes, complices de stratégies électorales indignes, les grandes valeurs nous éloignent de la petitesse de ces médiocres esprits qui nous gouvernent depuis trop longtemps maintenant. Les grandes valeurs relèvent les fronts et font chanter sous la mitraille, elles ouvrent les mains et les portes sous l’oppression occupante, elles aident à faire franchir les cols pyrénéens aux « réfugiés » ou « migrants » espagnols, choisissez le terme qui vous convient Monsieur Valls.

Les Français, et quand je dis Français je parle de tous les Français sans exception, car à cause de vous nous allons devoir préciser, lorsque le terme Français sera utilisé, si l’on parle des Français qui n’ont que cette nationalité et donc à l’abri d’une déchéance nationale ou si l’on parle de Français binationaux qui peuvent, eux, être déchus, finalement vous avez inventé un marquage de population invisible, discret, administratif, pas besoin de fil et d’aiguille à coudre… Les Français disais-je peuvent accueillir encore, ils peuvent encore se mobiliser, ils peuvent redonner de la dignité à Calais, là où votre gouvernement se déshonore et se parjure chaque jour qui passe.

Avez-vous aidé les Français à être accueillants ? Non, au contraire, vous avez choisi le déshonneur en appelant les pays européens, le Bataclan encore fumant, à réduire drastiquement les quotas de réfugiés reprenant à votre compte les thèses de Madame Le Pen en la matière. Ôtez-moi d’un doute, si l’on apprenait qu’un des kamikazes est arrivé en France à cheval, iriez-vous jusqu’à faire abattre tous les équidés d’Europe ? Vous avez choisi le déshonneur car vous avez délibérément décidé de nous faire penser qu’il y a un lien direct entre ces flots de réfugiés et le terrorisme qui nous frappe, vous avez en toute conscience choisi de jeter la suspicion sur chaque visage fuyant la guerre et espérant la paix chez nous.

Oui vraiment, vive les grandes valeurs qui nous égarent de cette basse besogne politique.

Avez-vous aidé les Français à maintenir un tissage humain là où la France peine à vivre ensemble ? La réponse est non, au contraire, vous avez enterré, par exemple, la promesse électorale du candidat Hollande de mettre en place le droit de vote des étrangers extra-communautaires aux élections locales, ce combat méritait d’être mené, vous avez choisi en toute conscience de le refuser au nom de cet argument fallacieux que les Français n’étaient « pas prêts ». S’il n’y avait eu que des comme vous Monsieur le premier ministre, il n’y aurait jamais eu d’avancées sociales car l’ordre établi n’est jamais prêt pour le progrès social. La réponse est non car vous continuez à regarder la politique culturelle devenir chaque jour moins ambitieuse, à ne pas vouloir dire clairement que la culture est l’arme absolue du vivre-ensemble, chaque jour les desiderata d’élus locaux prennent le pas sur l’ambition culturelle d’État, les festivals ont de plus en plus de mal, beaucoup jettent l’éponge paupérisant à chaque fermeture le monde et la diversité artistique de notre pays jadis si volontaire, et vous n’avez que de faibles mots, balancés entre deux montées de marches au Festival de Cannes, pour regretter une baisse de budget décidée par un gouvernement dont vous faisiez partie en tant que ministre de l’Intérieur.

Ces grandes valeurs qui nous égarent demandent du courage tandis que votre politique ne nécessite qu’un doigt mouillé pour sentir d’où vient le vent réactionnaire et ainsi faire sécher vos chemises trempées par vos discours pompiers.

Ces grandes valeurs, nous les avons toujours en nous, mais vous travaillez chaque jour qui passe à ridiculiser l’engagement politique, la constance des luttes syndicales, la quête d’idéal, car vous n’avez pas besoin de citoyens éclairés, vous n’espérez de nous que souplesse, pragmatisme, sacrifice et obéissance à cet autre martelage : « Il n’y a qu’une seule politique possible. » Finalement, l’état d’urgence est le statut politique qui convient le mieux à votre idéal démocratique.

Nous allons nous battre, nous autres les « égarés », car notre espoir est grand, nos valeurs sont grandes… Notre Espoir, cela pourrait être le nom de notre rassemblement, le nom de ce déclic salutaire du peuple de gauche car la traduction française de Podemos n’est toujours pas au point et tarde à venir. Vous regardez à droite ? Continuez, surtout continuez et continuez de piétiner cette « gauche aux grandes valeurs », continuez à ironiser lors de vos dîners en ville avec le Paris qui s’optimise fiscalement sur cette gauche militante qui s’obstine à ne pas voir que « les temps ont changé », qui persiste à croire que le travail est un bien trop précieux pour le laisser entre les mains de chefs d’entreprise adossés à la finance internationale, qui s’obstine à penser que les riches doivent payer plus d’impôts, qui refuse de laisser l’argent de son labeur entre les mains d’appareils bancaires entretenant le grand casino de la finance vassalisante et suicidaire, cette gauche qui persiste à penser que chacun a vocation à s’intégrer, cette gauche qui place la culture bien plus haut que tous vos petits bras mis bout à bout, cette gauche que vous avez courtisée pour accéder au pouvoir et qui a fait pour la dernière fois, enfin je l’espère, son docile travail de vote républicain que vous comptez nous resservir.

Maintenant, en ce qui me concerne et au nom de mon égarement pour de grandes valeurs, je considère le Parti socialiste politiquement mort.

 

 

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