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Les falsificateurs ?

Posté par jacques LAUPIES le 23 janvier 2016

 

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Paroles de gauche, actes de droite libérale

 

Finkielkraut et Zemmour font partie de ces « intellectuels » qu’il n’est point besoin de lire pour le situer politiquement et philosophiquement.

Ils sont si souvent, surtout le premier, sur les plateaux de télévision, pour vendre leurs livres, ou pour nous exposer leur analyse d’une société dont, comme tout un chacun ils sont les produits. Sauf qu’ils sont porteurs d’une pensée qui, sans être ni exceptionnelle ni originale, ravit les journalistes en mal de débats merdiques,  et qu’ainsi nous savons à qui on a à faire. L’astre des nouveaux philosophes, le guerrier BHL, a de la concurrence et il suffit de l’entendre comme ses deux compères pour être rassuré : point n’est besoin d’être universitaire, ou de sortir de la cuisse d’un Jupiter, pour  revendiquer sa place dans l’agora de la politique.

Dans le débat organisé par un David Pujadas (qui se la pète) dans son « Des paroles et des actes » la joute de Finkielkraut avec Cohn Bendit est particulièrement révélatrice du phénomène de la falsification régnante que l’on nous fait subir. D’abord en mettant ces deux énergumènes à la talentueuse verve au centre d’un débat centré sur l’état de la société française et par extension sur la situation en Europe.

L’occasion pour le philosophe de rester sur le terrain des conséquences en oubliant comme toujours les causes, qui se complait à reconnaître que nous sommes tous dans le même bateau comme le lui suggère un interlocuteur de la banlieue mais en oubliant évidemment d’évoquer qui tient la barre.

Autrement dit pas de coupables autres que ceux qui viennent se faire sauter et tuent aveuglément. Les multinationales occidentales et leurs valets installés ici ou là  au pouvoir, ben on connaît pas, pas plus que les interventions meurtrières tous azimuts de nos belles armées  justicières qui ont tué et tuent encore, à tour de bras ! Mais il est vrai eux font la guerre et que voulez-vous quand on fait la guerre…

Bien entendu Cohn Bendit est plus nuancé et part des inégalités dans le monde en contestant le « déterminisme social » auquel il substitue le fait religieux, la non assimilation d’origine culturelle. Plus réaliste que son « adversaire » qui déplace le débat sur la question de la femme mais se fait « plumer » sur cette question.

En quoi sont ils falsificateurs ces deux invités ? Tout simplement en oubliant les responsabilités du capitalisme international engagé dans le replâtrage d’un néocolonialisme dépassé par les nationalismes arabes sous l’emprise des intérêts de leurs propres castes ou bourgeoisie.

Jeunesse ouvre les yeux !

https://www.youtube.com/watch?v=xAefhsJXeHk&feature=player_embedded

 

Shlomo Sand : « Quand je lis Finkielkraut ou Zemmour, leur lecture de l’Histoire, je suis effrayé »

 

Entretien réalisé par Pierre Barbancey
Vendredi, 22 Janvier, 2016
L’Humanité

 

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Les falsificateurs ? dans POLITIQUE

Photo : Philippe Matsas/Opale/Flammarion

Professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand ne cesse d’interroger l’Histoire. C’est la fonction même de cette discipline, qu’il dénonce. Pour lui, l’Histoire a servi à la création d’un récit national, utile aux élites. Un mythe chaud qui n’aurait plus lieu d’être et qui empêche toute avancée ; comme en Israël où il fait croire que Hébron ou Jérusalem sont la patrie des juifs.

Tel-Aviv (Israël), envoyé spécial.

Votre dernier ouvrage s’intitule Crépuscule de l’Histoire  (1). Un titre qui fait peur. Il s’apparente à la fin de l’Histoire ?

SHLOMO SAND Je parle du métier. Il y a quelque chose, concernant le métier d’historien, qui est en train de changer. La discipline est en train de changer. Pendant des siècles, dans toutes les civilisations, l’Histoire avait pour tâche de fournir des modèles pour les élites politiques. L’Histoire était toujours écrite à côté de la force. Parce que ce ne sont pas les masses qui ont pu lire l’Histoire à travers les siècles. C’était une sorte de genre littéraire qui a fourni une certaine vision du monde pour les élites. Avec la naissance des États-nations au XIXe siècle, ce métier devient principal dans la pédagogie de l’État. Des écoles à l’université, on commence à apprendre l’Histoire. D’Augustin Thierry à travers Michelet jusqu’aux historiens du XXe siècle, Ernest Lavisse en tête, on a formé l’Histoire comme métier principal parallèlement aux métiers scientifiques. Ma question de départ est : pourquoi apprendre l’Histoire ? Pourquoi pense-t-on que c’est naturel ? J’ai donc analysé les développements de ce métier. L’ossature, les vibrations les plus importantes dans le métier étaient l’histoire nationale. C’est pour cela qu’elle est devenue non seulement une discipline universitaire comme la sociologie mais aussi un métier principal dans l’éducation. L’État-nation a construit des nations. Pour construire des nations, il faut plusieurs paramètres : une langue commune, un ennemi commun, mais aussi il faut une mémoire collective. C’est-à-dire ne pas penser que nous sommes un collectif seulement aujourd’hui, mais que cela a toujours existé. Pour le prouver, l’Histoire a été mise à contribution. On savait que le principe de base de ce métier était de former des nations. Il faut cela pour un passé commun, pour partir en guerre ensemble. Donner l’impression qu’on a toujours eu cette identité collective.

Cela diffère-t-il selon les nations ?

SHLOMO SAND Le mythe national, tel qu’il existe en France avec par exemple « nos ancêtres les Gaulois », n’est pas un mythe chaud. Il s’est refroidi. S’il ne faut pas tant étudier l’histoire nationale, qu’est-ce qu’il reste ? Faut-il étudier le colonialisme, le siècle des Lumières ? Enseigner plutôt l’histoire culturelle que politique ? Personne n’a la réponse. Le métier d’historien recule. Même Régis Debray a récemment écrit un livre de deuil en ce sens. Moi, je ne suis pas en deuil. Je ne suis pas contre l’Histoire. Je crois que l’Histoire peut jouer un rôle important dans la formation de l’esprit, mais peut-être une autre Histoire. Faut-il continuer à enseigner l’Histoire au lycée ? Oui, mais pas comme aujourd’hui. Il faut armer les élèves avec des métiers qui ne sont pas moins importants que la fonction de l’Histoire dans leur imaginaire et dans leur éducation. Par exemple, est-ce qu’apprendre la communication pour s’armer contre les médias dominants ce n’est pas une tâche principale de l’école et du lycée ? Est-ce qu’apprendre l’économie politique pour créer des salariés qui ont conscience de leurs intérêts n’est pas important ? On apprend le droit seulement à l’université, pourquoi pas à l’école et devenir un citoyen d’un autre type qui sait lutter pour les droits civiques ? Pourquoi l’Histoire est-elle obligatoire et pas l’économie politique ou la communication ?

En France, on apprend un peu la philosophie. Mais c’est rare dans le monde. En Israël, par exemple, elle ne fait pas partie d’un corpus d’éducation des élèves. Mais si la philosophie apprend aux gens comment penser, l’Histoire leur enseigne quoi penser. Il faut donc commencer par « comment penser » dans toutes les écoles du monde. Mais je n’ai pas d’illusions. L’école moderne ne peut pas être son propre fossoyeur ! L’Histoire ne doit pas être plus importante. C’était un métier majeur pour la création des nations. Ce n’est plus le cas. Malheureusement la plupart des historiens ne sont pas de mon avis. Il faut enseigner l’Histoire avec le même état d’esprit que le tableau de Magritte où était inscrit « Ceci n’est pas une pipe ». On n’admet pas que la plupart des histoires de l’Histoire sont des mythes. Et pourtant… Ça va continuer. Il y a des mythes nouveaux sur le capitalisme.

Quand je lis Finkielkraut ou Zemmour, leur lecture de l’Histoire, je suis effrayé. Avec l’Histoire on peut faire n’importe quoi. Or l’Histoire n’est pas la vérité. Ce ne sera jamais une pipe mais toujours le dessin d’une pipe. Et l’Histoire devrait être enseignée comme ça, de façon critique, en dévoilant le bagage idéologique que chacun possède. Moi, je ne l’ai jamais caché. C’est une partie de mon livre.

Dans vos travaux, vous vous êtes attaqué à la théologie, puis au mythe chaud sioniste. Et cette fois ?

SHLOMO SAND Je commence à décomposer le mythe d’une Europe qui commencerait avec Athènes et se termine avec Nadine Morano. Je ne rigole pas. Cette vision est fausse. J’ai une méthode qui s’apparente au matérialisme historique. Je montre que les bases du travail en Méditerranée étaient complètement différentes de celles de l’Europe. Le bagage scientifique gréco-romain, par exemple, est passé par les Arabes. Il y a mille ans d’écart entre la fin de la gloire gréco-romaine au Ve siècle et la naissance au XVe siècle de ce qu’on appelle la Renaissance ! Ce n’est qu’avec la conquête de Tolède et de Cordoue qu’on commence à injecter une partie de cette culture gréco-romaine en Europe.

Donc il n’y a pas de continuité. Dans le deuxième chapitre, pour la première fois, je développe une critique très sévère en face de mes maîtres de l’École des Annales, qui m’ont permis d’avoir un autre rapport avec l’idéologie, la culture… Avec ce livre, je fais une sorte de bilan, plutôt négatif. Parce que je suis arrivé à la conclusion qu’une partie de la découverte de cette histoire culturelle était basée sur une fuite de la politique. Si presque toute l’Histoire, jusqu’à Voltaire, était histoire politique, de même qu’au XIXe siècle ce n’était pas le cas de l’École des Annales, née dans les années 1920 pour ne pas se confronter à l’histoire politique qui devenait une histoire de masse. Ce périodique qui s’appelait Annales, base de toutes les études historiographies dans les années 1950, 1960, 1970, ne proposait pas une page sur la Première Guerre mondiale. Vous imaginez un tel périodique qui ne se confronte pas avec la Grande Guerre, ni avec le taylorisme, ni avec les grèves de 1936, ni avec la guerre d’Espagne, ni avec l’antisémitisme, ni avec les massacres staliniens ? Je suis arrivé à Paris en 1975, comme étudiant. Quelques mois auparavant étaient publiés les trois grands livres de Jacques Le Goff et Pierre Nora, Faire de l’histoire. C’était le sommet de l’historiographie française. Aucun article sur Vichy, aucun article sur la guerre d’Algérie. Pourtant, pratiquement la même année, Joseph Losey réalise Monsieur Klein, sur la rafle du Vél’d’Hiv. Mais les historiens, eux, ne touchent pas à ça !

Est-ce que cette problématique que vous soulevez touche les milieux des historiens partout dans le monde ? Est-ce qu’un débat existe auquel vous participez avec ce livre ou, au contraire, lancez-vous un débat ?

SHLOMO SAND Je dis dans mon livre que je suis privilégié. Comme j’ai grandi ici, en Israël, où le mythe est chaud, j’ai eu l’avantage de pouvoir regarder de l’extérieur le mythe qui s’est refroidi en France. Les mythes nationaux ne se sont pas refroidis seulement en France, mais aussi aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne. Il y avait un groupe à la Sorbonne après 1945, composé de personnalités comme Albert Soboul, Georges Lefebvre, occupant une place hégémonique et proche des marxistes, qui se cristallise à cause des conditions de la Libération. À ce moment-là, Lucien Febvre, de l’École des Annales et fondateur de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a reçu une forte somme de la Fondation Rockefeller. Dans le cadre de la guerre froide, il fallait arrêter le marxisme en Europe. Si les marxistes ou les ex-marxistes en Grande-Bretagne gardent une hégémonie dans l’Histoire, en France, Soboul et ses amis reculent devant la puissance de l’EHESS. Le phénomène des Annales, qui réunit beaucoup de gens intelligents comme Furet, Le Goff… fait l’histoire moins conflictuelle même si très matérialiste. Il y aura ainsi beaucoup de thèses sur la vie des paysans d’autrefois, beaucoup moins sur les luttes sociales. Si les historiens britanniques, à la même époque, publient de plus en plus de livres sur l’apparition de la classe ouvrière au XIXe siècle, il n’y a pas d’équivalent en France de cet élan d’analyses socio-économiques de formation des luttes sociales. Les historiens des Annales, qui deviennent hégémoniques, préfèrent le Moyen Âge et les luttes sociales deviennent mineures. Il n’y a pas non plus, en France, de livre comme celui de Howard Zinn aux États-Unis.

L’Histoire s’écrit en permanence au Proche-Orient peut-être plus qu’ailleurs ? Comment les peuples écrivent cette histoire ici où se trouvent des Israéliens et des Palestiniens ?

SHLOMO SAND Celui qui a traduit le livre Une histoire populaire américaine, de Howard Zinn, en hébreu l’a fait en prison parce qu’il avait refusé de partir à l’armée. Il a rencontré Zinn et lui a demandé s’il pensait qu’un tel livre pourrait être écrit en Israël. Zinn, juif américain, a répondu qu’il ne le pensait pas, parce qu’il n’y a pas de tradition universaliste en Israël. En France cela existe, c’est pour cela que je n’ai pas perdu espoir.

L’affrontement entre de Gaulle le conservateur et Sartre l’universaliste a, par exemple, créé une possibilité de se détacher de cette guerre atroce en Algérie. Ici, il n’y a presque pas de tradition universaliste. Ceux qui s’en réclamaient sont partis. Il faut analyser la situation actuelle à partir de la colonisation sioniste qui a commencé au XIXe siècle. La colonisation ne s’est jamais arrêtée. Même entre 1949 et 1967. C’était une colonisation interne. Droite et gauche, sauf les communistes, ont accepté le slogan « Judaïser la Galilée ». C’est pour cela qu’aucun homme politique israélien ne fait une démarche sérieuse pour un compromis avec les Palestiniens.

Je ne juge pas chaque phase de la colonisation moralement et politiquement au même niveau. Je reconnais les acquis du sionisme avec la création de l’État d’Israël (et non pas d’un État juif). Mais je reconnais les frontières de 1967. D’un côté il y a cette continuité, de l’autre, il y a mon jugement politique différent. Parce que je suis politiquement modéré.

J’ai fait une erreur en soutenant les accords d’Oslo, pensant que c’était une ouverture. Tous mes amis gauchistes m’ont dit que c’était encore un leurre. Je me suis trompé. Parce qu’Oslo n’a pas amené la gauche à décoloniser. Parce que le mythe chaud en Israël fait croire que Hébron, Jérusalem, Jéricho sont la vraie patrie des juifs. Chaque élève en Israël, à partir de 7 ans jusqu’à 18 ans (il y a une matière au bac), apprend la Bible comme on apprend un livre d’Histoire. Pour créer un attachement à la terre mythique d’autrefois. Personne ne peut s’en libérer.

Heureusement que j’ai été viré de l’école lorsque j’avais 16 ans. Peut-être que cela a contribué au fait que je puisse penser, parler. Et aussi parce que j’avais un père communiste. Mais aucun facteur n’est, en soi, suffisant. Pendant des années j’ai refusé la campagne Boycott-désinvestissement-sanctions (BDS). Mais aujourd’hui je pense qu’il n’y a aucune force politique capable de changer le cap, de changer cette radicalisation droitière et pseudo-religieuse de la société. J’accepte maintenant chaque pression sur l’État d’Israël, qu’elle soit diplomatique, politique, économique. Sauf la terreur. Si quelqu’un ne soutient pas le BDS aujourd’hui, il doit savoir qu’il aide à la continuation de ce désespoir tragique des Palestiniens qui, sans arme, résistent à ce statu quo.

(1) Crépuscule de l’Histoire. Éditions Flammarion, 320 pages, 23,90 euros.

Déconstruction et peuple juif. Malgré les difficultés, morales et politiques, Shlomo Sand, historien israélien, n’a cessé de poursuivre ses recherches basées sur la déconstruction des mythes historiques. Ses récents ouvrages ont ainsi été retentissants. Une sorte d’iconoclaste qui ne se plierait pas au grand mensonge national. Pas plus en Israël qu’en France où il a étudié. Avec Crépuscule de l’Histoire, il termine une trilogie commencée par Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008 ), suivi de Comment la terre d’Israël fut inventée : De la Terre sainte à la mère patrie (Flammarion, 2012).

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Action pour soutenir les Goodyear

Posté par jacques LAUPIES le 22 janvier 2016

 

Leur combat est le nôtre.

Rejoignez nous pour Monge 13150 TARASCON

TEL : 06 45 47 03 90

Signez la pétition

Action pour soutenir les Goodyear dans POLITIQUE 

L’appel « Nous sommes tous des Goodyear », lancé par la CGT Goodyear Amiens Nord fait effet boule de neige en France et au-delà.

La pétition en ligne  pour soutenir les Goodyear est en progression permanente. Elle rassemblait déjà 97 000 signatures hier soir. La mobilisation est soutenue par de nombreuses personnalités qui se rassemblent autour de l’appel de la CGT : « Relaxe pour les huit de Goodyear » (voir la liste des 50 premiers signataires, ci-dessous, et celle des 200 sur le site Internet de l’Humanité). Syndicalistes, universitaires, juristes, responsables politiques, créateurs et artistes souhaitant s’associer au combat sont invités à joindre la CGT au 01 55 82 83 06 et à cabsg@cgt.fr. La pétition CGT Goodyear Amiens Nord est accessible en ligne sur Change.org

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Le merveilleux cinéma italien en deuil…

Posté par jacques LAUPIES le 21 janvier 2016

 

Le cinéma italien, au risque de me répéter, a toujours eu ma préférence ( et bien sur Ettore  Scola n’y est pas pour rien) A tel point que mon admiration pour ce cinéma m’a souvent conduit à confondre tous ces réalisateurs tant il y a entre eux comme un air de parenté que je ne saurais définir. Et parfois le modeste amateur que je suis de tous ces films vus dans les années 70/80, dans une période où j’étais assez occupé, faisait que je les recevais comme nombre d’autres expressions artistiques avec désinvolture et en même temps une agréable sensation de confirmation de mes engagements sociaux et politiques.

Pour les militants de ma génération issus de milieux ouvriers et souvent ouvriers eux-mêmes, le cinéma est probablement l’art  auquel ils accédaient le plus naturellement. Parfois avec quelques difficultés pour l’interpréter. Bien que très jeune habitué au cinéma, je m’en suis déjà expliqué, je subissais le septième art en recherche d’une distraction que motivait le gout du spectacle épique ou de la comédie soulevant le rire. D’où ma passion pour le western et le burlesque des Laurel et Hardy de mon enfance et de mon adolescence.

Une adolescence où apparurent  les comédies musicales et les grandes réalisations du cinéma américain qui s’y ajoutèrent.

Le cinéma français ne m’était pas indifférent. Mais je ne l’intellectualisais pas comme je l’entendais parfois faire autour de moi par de  rares fréquentations de mes parents  qui ainsi me firent découvrir que le cinéma avait aussi vocation à dire quelque chose.

Ce cinéma avait parfois un lien avec la littérature, l’histoire et la vie sociale tel les films de Jean Renoir (La grande illusion et la Bête humaine) – de René Clair (A nous la liberté) – de René Clément (la Bataille du rail) – de Marcel Carné et Jacques Prévert (Quai des brumes, Le jour se lève) – d’André Cayatte (justice est faite, Nous sommes tous des assassins) de Clouzot le salaire de la peur) - sans omettre Marcel Pagnol, d’un caractère différent que l’aspect « réalisme politique » et « fantastique social » des réalisateurs d’avant et d’après guerre. La liste pourrait s’allonger, c’est évident !

Peut-on se lasser de la trilogie de Pagnol que nous a proposé Arte cette semaine qui dépeint l’état d’esprit régnant dans ces couches moyennes, boutiquiers, commerçant, enfermés dans la tradition et la contournant, ce qui nous vaut des scènes épiques ou les différentes couches de la petite bourgeoisie commerçante sont dépeintes avec en arrière plan, discrètement, une évocation des problèmes sociétaux de l’époque qui survivent encore. Mais qu’en même temps Pagnol décrit et parfois stigmatise avec une exploitation particulièrement fine de la verve et des traditions  provençales. Ce qui donne à son œuvre une dimension universelle, plus progressiste qu’on ne le dit parfois.

Toute cette période a apporté sa contribution à la culture populaire et peu importe le genre et les évolutions qui ont suivi.

A ce cinéma des années trente à cinquante succéda en France cette nouvelle vague que je survolais n’y voyant autre chose qu’une caution à des modifications de mœurs lesquelles ne pouvaient me laisser indifférent.

Mais surgissant dans l’après guerre le cinéma italien  m’impressionna parce que probablement il accompagnait un grand pas dans ma prise de conscience politique. Ce fut « Le Guépard » et « Rocco et se Frères » de Visconti, « L’affaire Mattei » de Rosi, « La strada » « La Dolce Vita » « Amarcord » de Fellini m’ont tellement frappé que je les évoque pour les rappeler à la nouvelle génération qui bien souvent en ignore l’existence malgré des reprises régulières par les télés.

Un cinéma qu’Ettore Scola a contribué à glorifier, en prise directe avec l’évolution de la société italienne notamment avec « Nous nous sommes tant aimés » et « La Terrasse » une œuvre dont une certaine faune intellectuelle de Paris pourrait s’inspirer pour son autocritique, quelques décades après l’époque décrite par le film. 

Mais misons sur les générations nouvelles pour qu’elles tirent les enseignements de la création de ce grand cinéaste, d’un grand cinéma à ne pas oublier.

a revoir demain

Ettore Scola, le grand maître du cinéma italien, est mort

Mercredi, 20 Janvier, 2016
Humanite.fr

 

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Le merveilleux cinéma italien en deuil... dans POLITIQUE

Photo AFP
Le réalisateur Ettore Scola, dernier grand maître du cinéma italien à qui l’on doit des chefs-d’oeuvre comme « Une journée particulière » ou « Nous nous sommes tant aimés », est mort mardi à Rome à l’âge de 84 ans. Ettore Scola était aussi le plus « politique » des maîtres de la comédie italienne. Il avait rejoint le Parti communiste italien (PCI) et deviendra même ministre de la Culture d’un cabinet fantôme formé en 1989 par les dirigeants communistes italiens.
Ettore Scola, était l’un des derniers grands maîtres de la comédie italienne, réalisateur de chefs-d’oeuvre inoubliables mettant en scène Marcello Mastroianni, Sophia Loren, Vittorio Gassman ou Nino Manfredi. Les réactions ont très vite afflué après la mort de celui qui avait su si bien raconter l’Italie pendant près d’un demi-siècle, des années fascistes à celles des débuts du XXIème siècle. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a aussitôt fait part de sa tristesse après la mort de ce « maître dans l’art d’observer avec acuité l’Italie, sa société et ses changements ».
Le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, a salué sur Twitter un « grand maître, un homme extraordinaire, resté jeune jusqu’au dernier jour de sa vie ». L’actrice Stefania Sandrelli, qui lui a offert l’un de ses plus grands films avec « Nous nous sommes tant aimés » en 1974, a fait part de son immense tristesse. « Si je devais choisir un mot entre tous, ce serait +nous+. Il m’a transmis la magie de faire les choses ensemble et quelles choses nous avons fait ensemble, quels films ! », a-t-elle réagi avec émotion.
« Ciao Ettore, nous t’avons tant aimé », a lancé sur Twitter l’acteur Alessandro Gassman, fils de Vittorio avec qui Scola a tourné plusieurs de ses chefs-d’oeuvre.
Né le 10 mai 1931 à Trevico en Campanie (sud-ouest), Ettore Scola commence à écrire des scénarios dans les années cinquante avant de passer de l’autre côté de la caméra en 1964 avec son premier film « Si vous permettez, parlons de femmes ». Il met alors en scène les plus grands acteurs de l’époque, Gassman, Mastroianni et Manfredi.
L’un des ses films les plus importants viendra dix ans plus tard avec « Nous nous sommes tant aimés », qui met en scène Manfredi, Gassman et Stefano Satta Flores, tous amoureux de la sublime Stefania Sandrelli.
Trois ans plus tard, en 1977, il réalise « Une journée particulière », film plus politique et d’une extraordinaire sensibilité où l’on suit Marcello Mastroianni et Sophia Loren, se découvrant l’un l’autre dans un amour naissant mais impossible, sur fond de fascisme triomphant. La scène où ces deux immenses acteurs se déplacent entre les draps qui sèchent au soleil sur la terrasse du « palazzo » romain où ils sont restés seuls, est l’une des plus belles scènes du cinéma italien, selon le critique cinématographique Francesco Castelnuovo. « Elle influence encore de jeunes réalisateurs », a-t-il assuré, interrogé sur la chaîne SkyTG24.
 
 
Ettore Scola était aussi le plus « politique » des maîtres de la comédie italienne, a commenté de son côté le critique de cinéma du quotidien Corriere della Sera, Paolo Mereghetti, sur cette même chaîne de télévision. Ettore Scola avait rejoint le Parti communiste italien (PCI) et deviendra même ministre de la Culture d’un cabinet fantôme formé en 1989 par les dirigeants communistes italiens.
« Il comprenait où allait l’Italie et peu de cinéastes ont eu cette lucidité », a ajouté M. Mereghetti. C’était aussi un « peintre » remarquable de la famille italienne, son grand sujet qu’elle soit bourgeoise dans « La famille » en 1987 où sordide avec « Affreux, sales et méchants » en 1976, selon M. Castelnuovo. Mais son dernier hommage sera consacré à un autre grand maître du cinéma italien, Federico Fellini, dans un documentaire en 2013: « Comme c’est étrange de s’appeler Federico ».

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A gauche toute !

Posté par jacques LAUPIES le 20 janvier 2016

Oui à gauche toute mais voila pour aller dans ce sens un « dégraissage » parait indispensable qui consisterait, en schématisant, à sortir de la gauche l’aile libérale du PS laquelle à le pouvoir à l’Elysée et à Matignon. Comme il est illusoire de croire que la Direction du PS se chargera de cette mission salutaire se pose la question de la capacité des socialistes à imposer ce ménage. Pourtant les intentions d’un Valls et sans doute d’un Hollande qui s’est aligné ou a inspiré (sans trop de forcer) la même stratégie et de ceux qui gravitent autour du premier ministre de liquider le PS et de constituer une force de centre gauche, est une aubaine pour se débarrasser d’eux.

Il est vrai qu’au PS, ce sont plutôt les hommes qui choisissent les courants  en fonction de leur ambition que l’inverse, sur des bases idéologiques affirmées. Sans pour autant aller jusqu’à considérer qu’il n’y a pas des hommes et des femmes de conviction dans les hautes sphères de ce parti !

Quitter le PS et fonder un autre parti à partir d’une minorité serait un acte de courage pour ces derniers mais on peut comprendre que l’issue d’une telle démarche ne les conduise à une certaine prudence quant aux perspectives d’entraîner un électorat qui risque, par tradition de ne pas suivre. Mélenchon nous a prouvé que ce n’était pas si facile que cela !

Donc, demander comme le font d’autres, notamment dans le camp de ce que l’on appelle la « vraie gauche » ou encore la « gauche radicale » dans laquelle sont inclus les communistes qui perdent ainsi un peu de leur âme, ne me parait pas sérieux et décisif. C’est aux intéressés eux-mêmes d’en décider et il est probable qu’ils n’ont pas besoin qu’on leur souffle à l’oreille, pour savoir ce qu’ils ont à faire.

Une chose est sûre il est nécessaire, au niveau de l’électorat socialiste, que le déplacement vers cette « gauche de la gauche » (troisième appellation aussi floue que les deux précédentes) s’opère si l’on veut aboutir à créer dans le pays cette quatrième force actuellement éclatée, virtuelle.

Ce qui nous conduit à examiner où elle en est, cette gauche là.

Grosso modo elle se compose des communistes, d’une fraction des verts, du parti de gauche (qui doit sa maigre influence à notre soutien au sein du Front de Gauche au candidat Mélenchon) et à quelques organisations  peu ou prou influentes malgré une approche politique souvent intéressante pour les communistes : de l’extrême gauche (Nouveau Parti Anti Capitaliste, Lutte Ouvrière) à d’autres alliés déjà réunis au Front de Gauche ou gravitant dans le système solaire de cette gauche, en petits satellites, système dans lequel certains voudraient-être l’astre principal.

Bref comment construire cette quatrième force pour qu’elle devienne la troisième et entre dans une action déterminante pour transformer le pays ou, pour le moins, peser et freiner voire stopper les dégradations économiques, sociales, politiques que connaît la France.

Pierre Laurent nous dit en substance : « je vais mettre toute mon énergie pour cela en consultant et rassemblant » Mais en avons nous les moyens avec un parti qui représente moins de 10 % de l’électorat (dans le meilleur des cas depuis le début de ce quinquennat ? Certes la force de nos analyses du réel, la volonté politique et la détermination sont des atouts pour les minorités mais elles doivent sortir de cet état.

La tâche n’est donc pas facile car pour peser il nous faut en tout état de cause disposer d’un rapport de forces suffisant et donc le construire. En citant le vers d’Aragon « Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat » titre de l’un de mes commentaires le 27 décembre dernier, preuve s’il en est que ma préoccupation rejoint celle de Pierre Laurent qui, face aux dangers qui menacent notre avenir, la reprend également dans ses vœux !

Mais je crois l’avoir souvent répété il y a un temps pour chaque chose et, il en est un incontournable, c’est celui de l’adhésion consciente, à notre démarche de sommet : des communistes eux mêmes, de leur électorat,  de tous ceux qui dans la populations sont en dérive abstentionniste ou dans des votes protestataires (ou non d’apparence) !

La perspective des présidentielles implique un programme et un candidat. Le système électoral, la dépendance des médias, les divisions politiques de la vraie gauche, même rassemblée dans des cartels de circonstances, compliquent singulièrement la tâche

Même si nous ne voulons pas  répéter l’histoire des luttes politiques ou à nous inscrire dans une quelconque imitation d’exemples présents pas toujours convaincants, force est de constater que la première condition à remplir pour transformer une nation c’est qu’elle dispose en priorité d’une  organisation politique cohérente assez forte sinon pour gouverner ou du moins pour mener le combat de l’accession au pouvoir.

Que l’on baptise cela : parti révolutionnaire, parti communiste, parti de gauche, parti pour une république sociale, etc., peu importe ce qui compte c’est que ce parti ait un ancrage populaire et se donne pour objectif de résoudre cette fameuse contradiction entre la socialisation du travail et la propriété privée des grands moyens d’échange et de production. Historiquement et d’un point de vue organisationnel le parti communiste de part sa présence, ses moyens, son programme, peut revendiquer cette posture.

Qu’à l’intérieur de ce Parti prévale la démocratie, la liberté d’expression et la discipline des exécutifs parait indispensable. Ce qui devrait, comme l’a fait la gauche unitaire en adhérant, éveiller les délicats !

C’est cela qu’il faut d’abord offrir au peuple, comme instrument de son action, indispensable.

(à suivre, avec une possible correction au réveil)

 

Goodyear. Le soutien de Gérard Mordillat

Propos recueillis par Clotilde Mathieu
Mardi, 19 Janvier, 2016
L’Humanité

 

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A gauche toute ! dans POLITIQUE

Photo : Patrick Nussbaum
Gérard Mordillat, romancier et cinéaste : « Aucun d’entre eux ne peut se revendiquer “de gauche” ; une gauche et ses valeurs qu’ils vilipendent, qu’ils déshonorent, qu’ils insultent par le verbe et par les faits. »

«Danielle Simonnet crie : “Salauds !” à l’adresse de ceux qui ont condamné les syndicalistes de Goodyear à vingt-quatre mois de prison, dont neuf ferme. Quand l’ignominie atteint un tel degré, quand il ne reste que ruines et décombres de justice, reste l’injure, et Danielle Simonnet frappe juste au cœur de la cible… Salauds !

Cependant, comme l’enseigne la sagesse des nations, “à toute chose malheur est bon”, la condamnation des syndicalistes de Goodyear règle d’une certaine manière la question de la primaire à gauche : messieurs Hollande, Valls et tous les membres du gouvernement – je dis bien tous ! – sont définitivement disqualifiés pour y participer.

Aucun d’entre eux ne peut se revendiquer “de gauche” ; une gauche et ses valeurs qu’ils vilipendent, qu’ils déshonorent, qu’ils insultent par le verbe et par les faits. Si le cœur leur en dit, ils peuvent toujours se mêler à la primaire de droite, où ils retrouveront leurs amis, leurs complices et pourront célébrer en chœur l’entreprise, le Medef, la déchéance nationale, les racines chrétiennes de la France, la terre qui ne ment pas, l’État fort à la sauce mussolinienne, la persécution des syndicalistes, des étrangers et de tous les opposants à leur vision ultralibérale, voire néofasciste du monde. Inutile de tourner autour du pot, le gouvernement actuellement au pouvoir, ses soutiens, ses hérauts ne sont pas “de gauche”, c’est un gouvernement ultralibéral, défendant les intérêts patronaux, les actionnaires et les spéculateurs. Leurs ennemis ne sont pas “la finance” mais la classe ouvrière et ses représentants, le peuple tout simplement : salariés, chômeurs, précaires, intérimaires, bénéficiaires du RSA, etc., sans distinction d’origine, de statut ou de nationalité.

C’est à se demander si monsieur François Le Pen (comme l’appelle le journal italien Il Manifesto) et son Manuel Lavalls ne veulent pas entrer dans le livre Guinness des records comme ayant conduit le gouvernement le plus réactionnaire depuis la fondation de la Ve République ? Les preuves sont accablantes, inutile d’en dresser la liste, elles sont connues de tous, même si les médias s’emploient à dissimuler les interpellations, les assignations à résidence de militants écologistes, antiracistes, syndicalistes, la persécution des Roms, des sans-papiers, des grévistes, qu’ils soient de Goodyear, d’Air France, de Continental ou d’ailleurs, la ruine des services publics, la destruction annoncée du Code du travail, etc. La coupe est pleine.

De deux choses l’une : ou les membres du Parti socialiste qui font la même analyse que nous (et il y en a, n’est-ce pas, Gérard Filoche ? N’est-ce pas, Emmanuel Maurel ?) ont le courage de quitter ce camion à ordures et refondent un Parti socialiste avec qui toutes les forces authentiquement de gauche pourront s’allier pour gouverner ou ils continuent – au nom de la discipline de parti – à soutenir les pendus du gouvernement et il n’y aura plus qu’à les renvoyer en bloc aux poubelles de l’histoire. Il est urgent qu’à l’indignation succède l’insurrection, que “le goudron se soulève”, selon l’expression de Frédéric Lordon.

La Commune n’est pas morte. Au plus tard, en 17 (pour le centenaire de la Révolution russe), son cri doit nous réunir : vive la Sociale ! »

 

 

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Préparer le Congrès

Posté par jacques LAUPIES le 19 janvier 2016

 

Un Congrès est fait essentiellement pour  définir les grands axes de la politique que nous proposons, des stratégies et des moyens pour les mettre en œuvre.

Tous les Congrès sont importants mais celui ci doit inclure une analyse des résultats obtenus dans le domaine des luttes, dans le domaine électoral mais également, en corolaire, dans l’évolution du PCF et son fonctionnement. Sans la moindre complaisance !

L’ objectif de créer un nouveau rassemblement de gauche est indispensable dans le pays pour mettre un terme à la politique d’austérité dont le résultat provoque les méfaits que l’on sait : accentuation de la pauvreté et des inégalités, stagnation des revenus, chômage, réduction des services publics, etc.

Par ailleurs notre pays est confronté à la mise en œuvre d’une politique étrangère  par les gouvernements successifs qui depuis des décades a contribué au déséquilibre dans des régions du monde et provoqué le désespoirs de peuples, hier soumis à des dictatures, aujourd’hui victimes des dogmatismes les plus ignobles. 

Tentant de faire oublier cela les classes dominantes de notre pays ont réussi à instrumentaliser le courant libéral du parti socialiste, allant jusqu’à provoquer une division de la gauche et son affaiblissement général.

Cette situation n’est pas irréversible mais pour parvenir à changer la gauche républicaine et sociale, au sein de laquelle le Parti Communiste Français joue un rôle essentiel, doit s’ouvrir un grand débat pour construire une force capable par ses objectifs et sa stratégie de battre la droite et le Front National. L’obstination du gouvernement actuel à poursuivre une politique qui ignore la volonté populaire génère une opposition de plus en plus grandissante qui doit trouver une nouvelle offre politique.

Ce n’est pas vers le haut qu’il faut porter nos efforts mais bien directement vers une population à qui, face aux pressions médiatiques dont disposent et vont disposer le social libéralisme du PS, les républicains et le FN, nous devons nos adresser.

Cela ne pourra se faire sans un Parti Communiste plus fort, toujours plus inventif, encore plus combattif. La tâche devient prioritaire de le renforcer à cet effet.

 

 

 PARU SUR LE SITE  http://humanite.fr

 

PCF. Cinq mois pour un projet «  fort et lisible  »

Julia Hamlaoui
Lundi, 18 Janvier, 2016
L’Humanité

 

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Préparer le Congrès dans POLITIQUE

Le Conseil national du PCF s’est réuni tout le week-end sous la coupole de la place du Colonel-Fabien, à Paris.
Photo : Patrick Nussbaum
Le PCF a ouvert le chantier de son 37e congrès, ce week-end. À l’ordre du jour : travailler au projet de société, se positionner sur les échéances de 2017 et transformer le parti lui-même.

«Bousculer les scénarios politiques écrits d’avance. » C’est avec cette ambition que le PCF, dont le Conseil national s’est réuni tout le week-end à Paris, a lancé le chantier de son 37e congrès qui doit se tenir du 2 au 5 juin prochain en Seine-Saint-Denis. Proposer un projet politique « fort et lisible » pour la France, définir une position en vue des élections de 2017 et faire évoluer le parti sont les trois objectifs énoncés par le secrétaire national, Pierre Laurent, dès l’introduction des débats, samedi.

La rupture avec les orientations gouvernementales consommée, « la reconstruction » de la gauche et le « piège » des échéances de 2017 ont occupé une bonne part des discussions du week-end. « Tout est fait et pensé pour verrouiller la présidentielle autour de trois possibilités et seulement trois : Marine Le Pen, un candidat de droite, et François Hollande. C’est inacceptable, c’est la disparition de la gauche et de toutes perspectives de transformation sociale », a estimé Pierre Laurent, affirmant à nouveau être ouvert à toute discussion pour « une candidature de gauche », qui ne peut être ni celle de Hollande ni celle de Valls. Si, sous la coupole de la place du Colonel-Fabien, beaucoup pointent la nécessité de rassembler tous ceux qui, à gauche, ne partagent pas la politique de l’exécutif, la primaire, proposée par une série de personnalités la semaine dernière dans Libération, soulève de nombreuses questions. Les risques d’une confrontation de personnes plutôt que de projets, d’un renforcement de la logique présidentielle, d’une marginalisation, etc. figurent parmi les interrogations qui devraient faire l’objet d’un débat d’ici à mars, moment où un projet de « résolution politique » sur la question doit être proposé.

« L’heure n’est pas au choix du candidat »

Un débat qui devrait vivre au-delà des frontières du PCF, puisque Pierre Laurent, martelant que « l’heure n’est pas au choix du candidat », a annoncé sur France 3 qu’il organiserait « tous les lundis soir » à partir du 25 janvier, un forum public avec des personnalités sur la situation à gauche. Quant au Front de gauche, le constat de son « échec » est largement partagé, mais « cela ne signifie pas la fin de l’idée d’un rassemblement le plus large », a souligné Marie-Pierre Vieu, chargée des relations avec la coalition, que certains voudraient définitivement enterrer.

La direction du PCF souhaite en outre faire de son congrès l’occasion de « clarifier » son projet politique. Un travail qu’elle veut voir mener à partir de la France en commun, un texte rendu public en mai 2015 par le comité du projet du PCF, et autour de quatre grands thèmes : « Le travail, l’emploi et l’éducation pour une société sans chômage », « Une société du bien vivre et du bien commun », « La refondation démocratique de la République », « La paix et la sécurité collective ». « Pour construire du projet, pour agir, pour préparer 2017, nous avons besoin tout au long de l’année 2016 d’une grande campagne de construction de forums populaires », a également lancé Pierre Laurent précisant que ceux-ci pourraient être la déclinaison d’une « grande enquête nationale » appuyée par un « questionnaire sur les attentes et les idées du pays, sur la réaction à nos solutions ».

« Changer pour être à la hauteur », agir d’urgence sur plusieurs fronts

Quant aux évolutions du PCF, troisième volet à l’ordre du jour de son congrès, il va falloir « changer pour être à la hauteur », a juré le sénateur de Paris, lundi dernier. Promesse tenue ou pas, il s’agira en tout cas, pour éviter de rester dans l’incantation sur une question régulièrement posée lors de tels rendez-vous, d’aboutir en juin à un « relevé de décisions » actant des « chantiers concrets de transformation ». Durant les prochains mois, la réflexion devrait aussi laisser place à l’action. Le Conseil national du PCF a acté la nécessité d’agir d’urgence sur plusieurs fronts. À commencer par celui du chômage, avec une campagne « zéro chômeur-tous travailleurs », alors que François Hollande doit présenter de nouvelles mesures aujourd’hui et que se profile une réforme de casse du Code du travail. La solidarité contre la criminalisation de l’action syndicale devrait aussi figurer au menu des prochaines semaines. Tout comme l’opposition à l’inscription dans la Constitution de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité, « propositions inacceptables », selon Pierre Dharréville, en charge de ces questions au PCF, rappelant « qu’il faut bien sûr changer la Constitution, mais vers une refondation populaire de la République ».

L’agenda du 37e congrès. La direction du Parti communiste français a ouvert, ce week-end, la préparation de son congrès, qui aura lieu du 2 au 5 juin prochain, et fixé son calendrier. Jusqu’aux 5 et 6 mars, dates d’un prochain Conseil national, se tiendra la période de rédaction du texte d’orientation, avec un appel à contribution à l’adresse de tous les adhérents du parti. Des textes alternatifs à ce « projet de base commun » pourront être ensuite présentés jusqu’à début avril, avant le vote des communistes, début mai, sur le choix du document qui sera alors le seul texte soumis aux amendements en vue du congrès.

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