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Les grecs avaient ils le choix ?

Posté par jacques LAUPIES le 25 janvier 2016

 

J’ai toujours pensé que non avec un point de vue purement théorique considérant que la sortie de l’Europe n’aurait pas permis à la Grèce de se libérer pour autant d’une situation économique catastrophique et donc aurait donné encore plus de force à un retour de la droite.

Le maintien dans l’Europe et l’accès au pouvoir d’état crée une situation d’espoir mais à condition de céder le moins possible à la pression financière européenne et d’entreprendre une politique fiscale sans concession envers la classe dominante malgré ses menaces de délocalisation des capitaux. Mais cela est-il possible sans l’intervention populaire ?

Les gouvernements de gauche que ce soit au Portugal et demain en Espagne seront confrontés à la même question ! Nous mêmes en France avons eu l’expérience de cela en 1981 dans des conditions différentes. Car se faire élire sur des programmes très avancés ne peut suffire pour les mettre en application. Bien que l’on en ait la volonté politique  ! Sans le concours du peuple ou pour le moins de la classe ouvrière et des autres couches de salariés déterminantes dans la production des richesses, les chances de transformation de la société sont maigres. Cela vaut d’ailleurs aujourd’hui pour tous les pays du monde, y compris la France !

Le seul moyen de faire reculer les conservatismes intérieurs et extérieurs aux nations est la mobilisation populaire. Et cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique.

Mais alors se pose la question de la prise de conscience des classes laborieuses, du peuple dans son ensemble et donc de l’existence d’une force politique révolutionnaire capable de leur  montrer le chemin non seulement en  renforçant a maitrise de l’économie mais de leur faire admettre la nécessité d’un combat permanent durant une période de conquête du pouvoir mais aussi dans une période de  transition dont la limite ne peut être prévue à l’avance.

Ce combat ne saurait-être uniquement électoral. Il doit intégrer les luttes sociales. Ni réformisme pleurnichard, ni totalitarisme d’une caste révolutionnaire.

Mais accompagnement de tout un peuple doté des instruments nécessaires d’élaboration et d’action politique en perpétuel mouvement. D’abord un parti politique révolutionnaire et différentes autres structures organisées sur des bases d’intérêt de classe , de catégories, etc. C’est de cela dont on besoin les populations ! Et cela ussi prend tu temps mais c’est incontournable.

 

 

 

Grèce. Un an après, l’esprit de résistance est toujours là

 

Stéphane Aubouard
Lundi, 25 Janvier, 2016
L’Humanité

 

Le 25 janvier 2015, Syriza gagnait les élections. Le gouvernement doit maintenant faire face à une série de manifestations contre sa réforme des retraites. Si une partie du mouvement est instrumentalisée par la droite, le gros des manifestants en appelle à plus de justice sociale.

Devant les ventres ouverts des ferries restés à quai, une centaine de marins tiennent un piquet de grève. Malgré la sono, l’ambiance est morose sous le soleil d’hiver qui éclaire le port du Pirée, et l’annonce, la veille, de la cession de 67 % du port industriel au géant chinois Cosco n’arrange rien. « Tsipras avait promis d’arrêter les privatisations et il ne l’a pas fait, alors aujourd’hui, comment voulez-vous ne pas être sceptique devant cette réforme des retraites ? » constate Vassilis Papadimitriou, président du syndicat de la caisse des marins. « On nous dit que ce sera mieux après, alors que c’est la fin assurée du métier ! tempête-t-il. Un marin travaille en moyenne vingt ans et perçoit aujourd’hui un minimum de 700 euros par mois. Or, la nouvelle loi annonce que le plafond minimal pour un salarié ayant travaillé dix-sept ans sera désormais de 384 euros ! Que notre caisse soit fondue dans une caisse générale signifie donc une perte de nos revenus et de nos droits ! »

« Il y a une vraie différence entre la gauche et la droite »

Giorgos Franas, colosse de 68 ans, abonde dans ce sens. « Je suis à la retraite depuis huit ans ; j’ai été premier mécanicien pendant plus de vingt ans et j’ai déjà vu ma pension, qui était de 1 500 euros par mois, divisée par deux grâce à la droite et au Pasok. Mais quel avenir donnez-vous à un jeune marin quand vous lui annoncez ça ? s’insurge ce militant du Parti communiste de Grèce (KKE). Je n’ai jamais fait confiance à Tsipras et ce n’est pas la politique qu’il mène aujourd’hui qui me fera changer d’avis ! »

Un sentiment que ne partage cependant pas la majorité des marins grévistes du port, pour qui le problème se situe davantage à Bruxelles qu’à Athènes. « J’ai voté pour Syriza en janvier et en septembre, et, croyez-moi, il y a une vraie différence entre la gauche et la droite », explique Emmanuel Kavalarakis, employé de restaurant sur long-courriers. « Samaras attaquait nos salaires, ce que Tsipras ne fait pas. Aujourd’hui, grâce à lui, je gagne encore 2 100 euros par mois, même si c’est au prix de 10 heures de travail par jour et 28 jours sur 30 ! »

Les marins du Pirée comprennent que le gouvernement se trouve aujourd’hui dans une situation très inconfortable. Alexis Tsipras devant conjuguer justice sociale et respect de ses engagements auprès de ses créanciers. « Ce que nous lui demandons en revanche, c’est de trouver le moyen de taxer les riches », précise Betty Turiou, administratrice de l’association Loen qui gère les prestations sociales des marins. « L’Europe demande des efforts aux ouvriers depuis cinq ans et, aujourd’hui encore, nous voyons augmenter les taxes et les impôts. Je comprends cette politique fiscale nécessaire pour lutter contre la corruption et le clientélisme. C’était d’ailleurs dans le programme de Syriza depuis le début. Mais il faut que les armateurs soient taxés eux aussi. Or, pour l’instant, dès lors qu’on leur demande le moindre euro, ils changent de pavillon comme de chemise et, pire encore, continuent d’exploiter au noir des travailleurs étrangers au détriment des marins grecs. » Une situation qui, à moyen terme, pourrait signifier la fermeture et la perte de 55 emplois pour cet organisme entièrement dépendant des cotisations des marins.

Une problématique que l’on retrouve chez les pêcheurs. À dix minutes de bateau du Pirée, Salamine apparaît derrière les fumées. L’île, qui fut le tombeau des soldats perses de Xerxès, est aujourd’hui celui des cargos, chalutiers et ferries que l’on vient y désosser. « Il ne faudrait pas non plus qu’elle devienne le cimetière des pêcheurs », s’amuse Spyros Gavril, les mains plongées dans un moteur.

La troïka et l’UE, principaux responsables de cette situation

Ce pêcheur de 64 ans parcourt depuis près d’un demi-siècle les eaux poissonneuses de la région. Dans un alignement de cinq bateaux, le sien est le dernier en activité dans cette partie de l’île. « Oh ! Ce n’est pas tant ma retraite qui m’inquiète que la pérennité de mon activité, explique l’homme aux cheveux d’argent. Que je me retrouve à 300 euros par mois, ce n’est pas bien grave. J’ai déjà payé ma maison, mes enfants sont mariés, ils ont du travail… Ce qui m’inquiète, en revanche, ce sont les impôts, reprend le pêcheur. 80 % de mes revenus passent aujourd’hui dans les taxes et les charges. » L’homme, dont le chiffre d’affaires atteint en moyenne 320 000 euros annuels, a sous sa coupe une dizaine d’ouvriers, « que (je) paie du mieux possible, affirme-t-il, soit environ 1 500 euros par mois. C’est-à-dire 180 000 euros par an. Ajoutez à cela les 25 000 euros que me coûtent chaque année les réparations et le matériel, plus les cotisations sociales qui sont passées de 150 euros mensuels à près de 500 euros, et il me reste juste assez pour me payer ». D’après Gavril, la troïka et l’Union européenne sont les principaux responsables de cette situation. « Moi, j’ai toujours voté à droite jusqu’à ce que la crise arrive. En janvier et en septembre, j’ai donné ma voix à Tsipras, car c’est le seul qui avait l’air honnête. Mais aujourd’hui, je vois bien qu’il a du mal à se débarrasser des créanciers, reprend le vieil homme. Simplement, l’Europe nous tue à petit feu. Cette réforme des retraites voulue par les créanciers est mauvaise mais ce n’est pas le pire que l’on nous ait fait. Mon activité a baissé aussi à cause de décisions idiotes, comme par exemple l’interdiction faite aux pêcheurs grecs de pêcher du thon. » Une décision prise il y a cinq ans dans un bureau à Bruxelles et dont les conséquences sont dramatiques pour la faune maritime, qui disparaît à cause de la voracité de ces mêmes thons ! « Mais cela arrange les très gros pêcheurs qui, eux, ne se gênent pas pour prendre ce qu’ils veulent et embaucher au passage des Égyptiens ou des Philippins à moindres coûts ! Tout cela n’est qu’une affaire de basse politique… » conclut Gavril.

Le fait est que le gros des manifestations qui s’accumulent depuis le milieu de la semaine dernière, que ce soient celle des agriculteurs ou encore celle des cols blancs d’Athènes – cette dernière se déroulant concomitamment avec celle des policiers –, s’apparente avant tout à une contre-offensive de la droite. Jamais autant de « cravates », comme on les appelle ici, symbole des professions libérales, ne se sont mobilisées dans le pays pour défendre leurs droits. Ils étaient plus de 6 000, vendredi, dans la capitale grecque, à fustiger la politique d’Alexis Tsipras. Et plusieurs dizaines de milliers de paysans à travers tout le pays.

Le plus grand rassemblement de paysans dans la région depuis dix ans

Au péage de Thèbes, par exemple, à 90 kilomètres au nord d’Athènes, des centaines de tracteurs flanqués des drapeaux de la Grèce, de l’Église orthodoxe et même de celui des colonels se sont installés des deux côtés de l’autoroute. Il s’agit du plus grand rassemblement de paysans en grève dans la région depuis dix ans. Mais, là encore, les positions sont partagées et, si la réforme des retraites est pointée du doigt, la politique fiscale du gouvernement Tsipras est crainte comme la peste. Certains comme Pavlos Kalamatzis voient dans Alexis Tsipras le traître par excellence : « Qu’est-ce qu’il est allé faire à Davos ? Tsipras a pris le pouvoir pour le pouvoir ! Quant à ses amis de Bruxelles, ils agissent envers nous comme l’Empire ottoman, qui taxait les paysans grecs de l’époque ! » Pour une profession très peu encadrée, qui, d’après les statistiques officielles, ne déclare que la moitié de sa production totale, le fait que l’impôt sur le revenu passe de 13 % à 26 % aura aussi des conséquences. Même si, à l’heure actuelle, d’après des chiffres du ministère de l’Agriculture, 88 % des paysans enregistrés ne déclareraient que 5 000 euros de revenus annuels. D’autres, comme Yannis Skoumas, éleveur et producteur de coton, sont cependant conscients du problème et souhaitent en terminer avec le clientélisme ambiant : « On n’y arrivera pas si on ne trouve pas une politique commune pour les paysans européens. Si on ne s’unit pas, le traité transatlantique détruira sûrement nos productions au profit des grosses boîtes. Car, ne l’oublions pas, derrière Bruxelles, il y a aussi l’Amérique. Peut-être que Tsipras s’en souviendra. »

Athènes (Grèce), envoyé spécial.

 

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