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A gauche toute !

Posté par jacques LAUPIES le 20 janvier 2016

Oui à gauche toute mais voila pour aller dans ce sens un « dégraissage » parait indispensable qui consisterait, en schématisant, à sortir de la gauche l’aile libérale du PS laquelle à le pouvoir à l’Elysée et à Matignon. Comme il est illusoire de croire que la Direction du PS se chargera de cette mission salutaire se pose la question de la capacité des socialistes à imposer ce ménage. Pourtant les intentions d’un Valls et sans doute d’un Hollande qui s’est aligné ou a inspiré (sans trop de forcer) la même stratégie et de ceux qui gravitent autour du premier ministre de liquider le PS et de constituer une force de centre gauche, est une aubaine pour se débarrasser d’eux.

Il est vrai qu’au PS, ce sont plutôt les hommes qui choisissent les courants  en fonction de leur ambition que l’inverse, sur des bases idéologiques affirmées. Sans pour autant aller jusqu’à considérer qu’il n’y a pas des hommes et des femmes de conviction dans les hautes sphères de ce parti !

Quitter le PS et fonder un autre parti à partir d’une minorité serait un acte de courage pour ces derniers mais on peut comprendre que l’issue d’une telle démarche ne les conduise à une certaine prudence quant aux perspectives d’entraîner un électorat qui risque, par tradition de ne pas suivre. Mélenchon nous a prouvé que ce n’était pas si facile que cela !

Donc, demander comme le font d’autres, notamment dans le camp de ce que l’on appelle la « vraie gauche » ou encore la « gauche radicale » dans laquelle sont inclus les communistes qui perdent ainsi un peu de leur âme, ne me parait pas sérieux et décisif. C’est aux intéressés eux-mêmes d’en décider et il est probable qu’ils n’ont pas besoin qu’on leur souffle à l’oreille, pour savoir ce qu’ils ont à faire.

Une chose est sûre il est nécessaire, au niveau de l’électorat socialiste, que le déplacement vers cette « gauche de la gauche » (troisième appellation aussi floue que les deux précédentes) s’opère si l’on veut aboutir à créer dans le pays cette quatrième force actuellement éclatée, virtuelle.

Ce qui nous conduit à examiner où elle en est, cette gauche là.

Grosso modo elle se compose des communistes, d’une fraction des verts, du parti de gauche (qui doit sa maigre influence à notre soutien au sein du Front de Gauche au candidat Mélenchon) et à quelques organisations  peu ou prou influentes malgré une approche politique souvent intéressante pour les communistes : de l’extrême gauche (Nouveau Parti Anti Capitaliste, Lutte Ouvrière) à d’autres alliés déjà réunis au Front de Gauche ou gravitant dans le système solaire de cette gauche, en petits satellites, système dans lequel certains voudraient-être l’astre principal.

Bref comment construire cette quatrième force pour qu’elle devienne la troisième et entre dans une action déterminante pour transformer le pays ou, pour le moins, peser et freiner voire stopper les dégradations économiques, sociales, politiques que connaît la France.

Pierre Laurent nous dit en substance : « je vais mettre toute mon énergie pour cela en consultant et rassemblant » Mais en avons nous les moyens avec un parti qui représente moins de 10 % de l’électorat (dans le meilleur des cas depuis le début de ce quinquennat ? Certes la force de nos analyses du réel, la volonté politique et la détermination sont des atouts pour les minorités mais elles doivent sortir de cet état.

La tâche n’est donc pas facile car pour peser il nous faut en tout état de cause disposer d’un rapport de forces suffisant et donc le construire. En citant le vers d’Aragon « Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat » titre de l’un de mes commentaires le 27 décembre dernier, preuve s’il en est que ma préoccupation rejoint celle de Pierre Laurent qui, face aux dangers qui menacent notre avenir, la reprend également dans ses vœux !

Mais je crois l’avoir souvent répété il y a un temps pour chaque chose et, il en est un incontournable, c’est celui de l’adhésion consciente, à notre démarche de sommet : des communistes eux mêmes, de leur électorat,  de tous ceux qui dans la populations sont en dérive abstentionniste ou dans des votes protestataires (ou non d’apparence) !

La perspective des présidentielles implique un programme et un candidat. Le système électoral, la dépendance des médias, les divisions politiques de la vraie gauche, même rassemblée dans des cartels de circonstances, compliquent singulièrement la tâche

Même si nous ne voulons pas  répéter l’histoire des luttes politiques ou à nous inscrire dans une quelconque imitation d’exemples présents pas toujours convaincants, force est de constater que la première condition à remplir pour transformer une nation c’est qu’elle dispose en priorité d’une  organisation politique cohérente assez forte sinon pour gouverner ou du moins pour mener le combat de l’accession au pouvoir.

Que l’on baptise cela : parti révolutionnaire, parti communiste, parti de gauche, parti pour une république sociale, etc., peu importe ce qui compte c’est que ce parti ait un ancrage populaire et se donne pour objectif de résoudre cette fameuse contradiction entre la socialisation du travail et la propriété privée des grands moyens d’échange et de production. Historiquement et d’un point de vue organisationnel le parti communiste de part sa présence, ses moyens, son programme, peut revendiquer cette posture.

Qu’à l’intérieur de ce Parti prévale la démocratie, la liberté d’expression et la discipline des exécutifs parait indispensable. Ce qui devrait, comme l’a fait la gauche unitaire en adhérant, éveiller les délicats !

C’est cela qu’il faut d’abord offrir au peuple, comme instrument de son action, indispensable.

(à suivre, avec une possible correction au réveil)

 

Goodyear. Le soutien de Gérard Mordillat

Propos recueillis par Clotilde Mathieu
Mardi, 19 Janvier, 2016
L’Humanité

 

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A gauche toute ! dans POLITIQUE

Photo : Patrick Nussbaum
Gérard Mordillat, romancier et cinéaste : « Aucun d’entre eux ne peut se revendiquer “de gauche” ; une gauche et ses valeurs qu’ils vilipendent, qu’ils déshonorent, qu’ils insultent par le verbe et par les faits. »

«Danielle Simonnet crie : “Salauds !” à l’adresse de ceux qui ont condamné les syndicalistes de Goodyear à vingt-quatre mois de prison, dont neuf ferme. Quand l’ignominie atteint un tel degré, quand il ne reste que ruines et décombres de justice, reste l’injure, et Danielle Simonnet frappe juste au cœur de la cible… Salauds !

Cependant, comme l’enseigne la sagesse des nations, “à toute chose malheur est bon”, la condamnation des syndicalistes de Goodyear règle d’une certaine manière la question de la primaire à gauche : messieurs Hollande, Valls et tous les membres du gouvernement – je dis bien tous ! – sont définitivement disqualifiés pour y participer.

Aucun d’entre eux ne peut se revendiquer “de gauche” ; une gauche et ses valeurs qu’ils vilipendent, qu’ils déshonorent, qu’ils insultent par le verbe et par les faits. Si le cœur leur en dit, ils peuvent toujours se mêler à la primaire de droite, où ils retrouveront leurs amis, leurs complices et pourront célébrer en chœur l’entreprise, le Medef, la déchéance nationale, les racines chrétiennes de la France, la terre qui ne ment pas, l’État fort à la sauce mussolinienne, la persécution des syndicalistes, des étrangers et de tous les opposants à leur vision ultralibérale, voire néofasciste du monde. Inutile de tourner autour du pot, le gouvernement actuellement au pouvoir, ses soutiens, ses hérauts ne sont pas “de gauche”, c’est un gouvernement ultralibéral, défendant les intérêts patronaux, les actionnaires et les spéculateurs. Leurs ennemis ne sont pas “la finance” mais la classe ouvrière et ses représentants, le peuple tout simplement : salariés, chômeurs, précaires, intérimaires, bénéficiaires du RSA, etc., sans distinction d’origine, de statut ou de nationalité.

C’est à se demander si monsieur François Le Pen (comme l’appelle le journal italien Il Manifesto) et son Manuel Lavalls ne veulent pas entrer dans le livre Guinness des records comme ayant conduit le gouvernement le plus réactionnaire depuis la fondation de la Ve République ? Les preuves sont accablantes, inutile d’en dresser la liste, elles sont connues de tous, même si les médias s’emploient à dissimuler les interpellations, les assignations à résidence de militants écologistes, antiracistes, syndicalistes, la persécution des Roms, des sans-papiers, des grévistes, qu’ils soient de Goodyear, d’Air France, de Continental ou d’ailleurs, la ruine des services publics, la destruction annoncée du Code du travail, etc. La coupe est pleine.

De deux choses l’une : ou les membres du Parti socialiste qui font la même analyse que nous (et il y en a, n’est-ce pas, Gérard Filoche ? N’est-ce pas, Emmanuel Maurel ?) ont le courage de quitter ce camion à ordures et refondent un Parti socialiste avec qui toutes les forces authentiquement de gauche pourront s’allier pour gouverner ou ils continuent – au nom de la discipline de parti – à soutenir les pendus du gouvernement et il n’y aura plus qu’à les renvoyer en bloc aux poubelles de l’histoire. Il est urgent qu’à l’indignation succède l’insurrection, que “le goudron se soulève”, selon l’expression de Frédéric Lordon.

La Commune n’est pas morte. Au plus tard, en 17 (pour le centenaire de la Révolution russe), son cri doit nous réunir : vive la Sociale ! »

 

 

 

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