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On les voit venir avec leurs grands sabots, ces provinciaux devenus parisiens à leur heure

Posté par jacques LAUPIES le 17 décembre 2015

 

L’appel prémédité à la droite du catalan d’Ivry et de l’immigré de Corrèze est conforté par le coup de main au niçois et au  et au picard, coup de main qui n’avait pas que pour objectif de couper une aile aux deux bretonnes exilées l’une dans les brumes du nord, l’autre à l’ombre du Lubéron. Du coup l’immigré hongrois est un peu mis hors jeu à la grande joie, si l’on peut dire car ils sont inquiets, des outsiders : le gascon et le bordelais pendant que les jeunes loups et louves de leur camp de la droite dite libérale attendent dans l’arène la mise à mort des taureaux présidentiables. Tiens je ne me trompe guère puisque l’un d’eux, au nom prédestiné et municipal, nous est suggéré avec 37 % d’avis de franchouillards favorables. Mais ne me croyez pas naïf, il y a belle lurette que je l’avais repéré celui là. Rien de tel que de regarder assidument la télé pour les voir venir, bien encravatés avec leurs grands sabots !

Ne croyez pas que, moi qui ai horreur de me mêler de l’origine des gens, j’en vienne à vous laisser ainsi le soin de les reconnaître. Mais il de bon ton de nos jours de faire prospérer ses idées précisément en parlant de l’origine des gens, alors pourquoi nos édiles seraient-ils épargnés.

D’autant que cette catégorie d’immigrés qui hantent les couloirs lambrissés des palais de la république une et indivisible, ne vit pas en dessous du seuil de pauvreté, n’est pas sans emploi. La seule chose qu’il faut reconnaître et leur accorder c’est qu’ils travaillent beaucoup, bien entourés et épaulés certes, par certains qui demain les remplaceront peut-être (on appelle ça le reproduction de classe)

Evidemment on souhaiterait que leur travail ne consiste pas à se déguiser en chef de guerre, même si cela fait remonter le prestige d’un homme, ni en toutes sortes de fossoyeurs des droits acquis de haute lutte par ceux que l’on se prépare à enterrer. Nous en l’occurrence.

Vous allez me dire que je suis sans égard pour ces immigrés là. Surtout en comparaison des atrocités qui se déroulent dans ce monde. et dont ils ne sont pas responsables ! Ben voyons  qu’ont ils à voir avec les enfants qui meurent à Gaza, en Irak, en Syrie et partout ailleurs ? (Tiens, encore la télé, qui annonce qu’un sur huit nait an zone d’insécurité)

Sont ils responsables ?  C’est la question que je me pose mais vous n’aurez pas ma réponse. Après tout ce ne sont que des provinciaux montés à Paris ! On peut toujours considérer qu’ils sont dépassés par les mœurs de cette noblesse qui à défaut de Versailles, et de petit Trianon crèche dans les tours de la Défense ou dans quelques paradis tropical et fiscal et leur a laissé les dorures des palais parisiens…

Que nous mijotent ils ? Je vous en parlerai demain bien que nombre d’entre vous le sachent déjà !

 

Bannie par l’exécutif,  la question sociale  refait surface

Frédéric Durand
Mercredi, 16 Décembre, 2015
L’Humanité

 

Première préoccupation des Français, devant la sécurité, selon un sondage Harris Interactive, Manuels Valls a été contraint d’évoquer la question de l’emploi, lundi soir. Mais le premier ministre, réaffirmant le maintien de son cap libéral, n’a pu faire aucune annonce concrète pour lutter avec efficacité contre le chômage.

Démentant tous les mantras politiques et médiatiques ressassés avec plus de vigueur encore depuis les drames du mois dernier, ce n’est pas la sécurité qui aurait été la première préoccupation des Français lorsqu’ils sont allés voter au premier tour des élections régionales, selon un sondage Harris Interactive du 6 décembre, mais bien l’emploi. À la question : « Au moment de voter, quels ont été les enjeux qui ont compté le plus pour vous ? », les sondés ont répondu à 41 % l’emploi, devant la sécurité (39 %) et l’immigration (34 %). En quatrième position (25 %), c’est la question de l’éducation, la formation et l’apprentissage qui suscite l’inquiétude. Fort de ce constat, Manuel Valls se devait d’évoquer l’incontournable question sociale. Mais sans avoir à remettre en cause les orientations libérales choisies depuis sa nomination et celle d’Emmanuel Macron à Bercy. Raison pour laquelle le locataire de Matignon s’est montré plutôt vague, sur le plateau de TF1, lundi soir : « Moi, je veux faire sortir mon pays de cette accoutumance pour le chômage. Je veux que la valeur travail soit partagée par tous. (…) Myriam El Khomri, la ministre du Travail, est en train de préparer un plan massif de formation pour les chômeurs… », a-t-il expliqué, promettant « des annonces par le président de la République et par le gouvernement au mois de janvier ».

Manuels Valls prêt à « travailler ensemble »… mais avec la droite

Cynisme du calendrier, cette prétendue reprise en main sur le front de l’emploi intervient au moment même où ladite ministre du Travail indiquait aux partenaires sociaux que, pour la troisième année consécutive, le gouvernement ne donnerait aucun coup de pouce au Smic. « Dans le contexte actuel, nous considérons qu’un “coup de pouce” n’est pas la meilleure solution pour augmenter le pouvoir d’achat compte tenu de ses effets sur le coût du travail et donc l’emploi… » Une antienne libérale qui permet de mieux appréhender les appels du pied de l’exécutif à la droite modérée. Manuel Valls en est convaincu, il faut désormais œuvrer avec la droite : « Travaillons ensemble, il y aura toujours des différences, mais sur l’essentiel, nous sommes d’accord », explique en substance le premier ministre. À l’évidence, la ligne économique défendue aujourd’hui par le gouvernement est parfaitement compatible avec celle d’un Jean-Pierre Raffarin, membre des « Républicains » (LR), ou d’un François Bayrou (Modem).

Entérinant dans les faits l’option d’une grande alliance débarrassée de tout clivage, Manuel Valls a annoncé vouloir « travailler (…) sans distinction (…) avec tous les présidents de régions sur l’emploi, la formation, la révolution numérique, l’apprentissage ». Manière de se tenir au-dessus du lot, sans avoir à détailler comment, avec les très droitiers Christian Estrosi en Paca ou Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes, il va trouver les compromis utiles aux populations.

Mais les soudaines velléités sociales du premier ministre ne font guère illusion. Pour preuve, l’attaque en règle contre le Code du travail que ses conseillers sont en train de peaufiner, et qui, à terme, permettra au contrat de travail de se substituer à la loi. « Le Code du travail a été conçu pour rééquilibrer le rapport dans l’entreprise entre les salariés et le patronat. Il protégeait le salarié. Le but du gouvernement actuel et de ce rapport (Combrexelle – NDLR) est de sécuriser l’employeur. Cette démarche nous ramène plus d’un siècle en arrière. (…) On assiste à un renversement de l’histoire », déplorait, dans nos colonnes, Claudy Ménard, conseiller à la fédération CGT de la métallurgie, le 10 septembre dernier.

Du même bois, la loi Noé (nouvelles opportunités économiques) concoctée par le ministre de l’Économie, sous couvert de modernité, devrait produire les mêmes effets : « Les jeunes ou les moins jeunes, en particulier dans les quartiers défavorisés, veulent entrer dans la vie active, dans l’emploi. Et si entrer dans l’emploi, ça commence par l’entrepreneuriat individuel, ça commence par un emploi qui est peut-être plus fragile qu’un CDI, je préfère cela au chômage », détaillait, sur Europe 1, le 10 novembre, Emmanuel Macron. On est très loin de la lutte contre la précarité évoquée par le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, à l’issue du second tour du scrutin, dimanche soir, et la nécessité de « faire barrage aux inégalités ».

Un électorat exaspéré par les renoncements de l’hôte de l’Élysée

Au lendemain des élections régionales, pris dans l’étau d’une fuite en avant libérale et des inévitables réponses sociales à apporter à un électorat exaspéré par ses renoncements depuis son élection, l’hôte de l’Élysée, qui garde l’objectif d’exercer un second mandat, devrait logiquement composer. Une chose est certaine, sans remise en cause des 40 milliards du pacte de responsabilité et un répit sur les coupes opérées à l’endroit des collectivités publiques, aucun changement concret ne peut voir le jour. François Hollande le sait. Jugeant qu’il est trop tard pour réorienter sa politique économique, il ne lui reste plus qu’un espoir : que la peur du terrorisme et celle de voir le Front national prendre le pouvoir agissent jusqu’en 2017.

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Georges Marchais : un bilan globalement positif

Posté par jacques LAUPIES le 15 décembre 2015

 

 

Posté par jacques LAUPIES le 16 décembre 2015

 

Je n’ai jamais eu le culte du dirigeant. Je suis trop attaché aux idées « actualisées » pour croire qu’un seul homme puisse en être le porte parole fidèle et sans défaut.

Mais force est de constater qu’il en est qui vivent leurs convictions avec lucidité et réalisme plus que d’autres. Ce qui évidemment ne les met pas à l’abri de l’erreur ou, surtout, des fourberies humaines que génère le pouvoir quel qu’il soit. Etre Secrétaire national d’un parti est évidemment un pouvoir qui n’échappe pas à ces données.

Mais quand on fonde sa pensée sur la lutte des classes et son origine : l’exploitation de l’homme par l’homme, que l’on se situe du côté des exploités, s’ajoute à la puissance des adversaires de classe toute la prétention de  ceux qui se prétendent les plus aptes à vaincre cet adversaire ou, ce qui est plus fréquent, à s’en donner l’apparence.

C’est d’ailleurs une caractéristique de la vie politique actuelle au prétexte de démocratie embuée de faux débats et de querelles de personnes, d’égos en mal de reconnaissance.

Aucun homme politique exposé n’échappe aux attaques de son entourage qui complètent celles de ses adversaires déclarés.

Il n’empêche que la question se pose et qu’évidemment elle met en exergue des politiques et des stratégies différentes qui elle demeurent soumises aux intérêts de classe et de catégories auxquelles se rallient par conviction ou par opportunisme les responsables politiques.

Les peuples n’en prennent souvent conscience que lorsque s’exerce le pouvoir de ceux que l’on propulse à des responsabilités d’état.

Les dirigeants de groupements, les partis sont jugés à l’aune des résultats électoraux.

Les médias font le reste, ils pardonnent, ils encensent, ils détruisent à leur guise.

Et les adversaires spéculent tantôt vindicatifs et haineux, tantôt condescendants pour les plus tolérants, parfois réalistes et objectifs parmi les plus rares.

Quant aux amis, aux camarades, ils n’échappent pas toujours à ces feux croisés soit en critiquant, soit en oubliant. Mais le populo lui n’oublie pas !

Georges Marchais n’échappe pas à tous ces comportements, à cette vision que donne d’un homme des évènements dont il a été l’un des acteurs : rénovation du PCF, construction de l’union de la gauche autour d’un programme commun, renversement du rapport des forces au sein de la gauche qui l’a probablement affecté, etc.

Mais rien de commun avec les mesquineries, les trahisons, les ambiguïtés des portraits de la plupart qui ont présidé au destin de la France.

Je me souviens d’avoir croisé Georges Marchais une fois. J’ai rarement rencontré un regard d’une telle expression forte limpide et déterminée. Mais cela ne serait il qu’une vue subjective de l’homme ! Je n’en crois rien et plus encore que cela je crois que nous devrions l’honorer plus que cela n’a été fait.

 

Georges Marchais, version 2.0

eugenie barbezat
Lundi, 14 Décembre, 2015
Humanite.fr

 

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Georges Marchais : un bilan globalement positif 

Photo : www.marchais.fr
A l’heure où la mairie de Villejuif tente de rayer de l’histoire l’ex secrétaire général du Parti Communiste, un  nouveau site internet dédié à sa mémoire vient d’être lancé.

« Il aimait la vie », telle est la citation qui se superpose au portrait de l’homme au sourire éclatant en page d’accueil du site.

Jalonné de repères biographiques, le site rappelle les débuts de Georges Marchais en tant que tourneur à l’entreprise Voisin où il fait son apprentissage d’orateur en devenant un délégué syndical craint par les patrons et respecté par les ouvriers. Ce gout de la joute oratoire qui ne l’a jamais quitté est mis en lumière par de nombreux extraits vidéo de ses débats, souvent houleux sur les plateaux de télévision.

Une rubrique particulièrement émouvante est consacrée à ses liens privilégiés avec Nelson Mandela, on découvre alors, photos à l’appui comment son histoire personnelle a croisé à maintes reprises  le fil de la grande Histoire, comme ce jour de mars 1995 où son vieil ami Fidel Castro,  en visite officielle en France, lui rend visite chez lui, dans son petit pavillon de Champigny.

On suit Marchais  jusqu’à son avènement en tant qu’homme politique de premier plan et le déroulé de la vie de cet homme hors du commun, émaillé de témoignages et d’archives, remet en perspective une époque où les valeurs de gauche étaient au premier plan. Et de mettre à mal les affirmations hasardeuses qui tendent à  ringardiser les idée communistes ou à les assimiler à celles chargées de haine et de postulats mensongers de l’extrême droite.

Si les témoignages sont souvent laudateurs, une rubrique consacrée aux caricatures de celui qui y pretait volontiersre le flanc montre les unes parfois un peu cruelles, mais toujours très drôles de Charlie hebdo, ainsi que des dessins de Wolinski, Plantu et de Jacques Faizan, ce dernier ayant fait de Georges Marchais l’une de ses cibles favorites.

Ce beau travail documentaire est aussi relié à l’actualité puisqu’une page est dédiée à « l’affaire du parvis Georges Marchais » que la nouvelle équipe municipale de Villejuif a décidé de rebaptiser, tentant ainsi d’effacer de la mémoire collective ce personnage haut en couleur à retrouver ou, pour les plus jeunes, à découvrir, en noir et blanc, sur son site.

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Le quotidien à lire

Posté par jacques LAUPIES le 15 décembre 2015

http://www.humanite.fr/et-maintenant-592760#comments

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Et maintenant ? (texte paru hier et complété)

Posté par jacques LAUPIES le 15 décembre 2015

 

Il est un peu trop tôt pour tirer tous les enseignements de ces élections régionales.

A coup sur le titre de l’article ci dessous : « Un vote de barrage au FN qui profite à la droite » donne un éléments de réponse.

Sans doute il y a d’autres enseignements à tirer car des questions se posent du style : « Comment expliquer la stagnation du Front de Gauche ? », « Que penser de la récupération médiatique effectuée au, profit des verts partout où nous étions alliés ? », « Que penser du sursaut des abstentionnistes au deuxième tour? »,  enfin question qui parait primordiale pour les communistes : « Comment retrouver une influence et sortir de ces alliances de premier tour qui alimentent notre érosion ? »

Nous reviendrons à ces questions sous jacentes à la grande question : « Comment parvenir à un changement de politique dans notre pays, susceptible de le sortir du piège tendu de le voir gouverner demain par une droite extrême, ou encore par une alliance de centre gauche qui aggraverait la situation présente ? »

Si nous nous félicitons du fait que le Front National de prenne pas les exécutifs régionaux nous ne pouvons que constater une implantation plus forte (sauf dans les régions où visiblement comme en Ile France, l’extrême droite a rejoint la droite et a permis ainsi son élection)

Mais il est bien d’autres facteurs qui ont fait que la gauche est distancée par la FN. Et nul doute que la politique gouvernementale y est pour quelque chose. La jeunesse en particulier (notamment celle qui est la plus politisée), fait souvent l’amalgame entre les forces de gauche (FDG et EELV) opposées à la politique gouvernementale et ceux la même (PS, RDG, MRC ou autres) qui la soutiennent. Dans quelques discussions avec des jeunes que j’ai pu avoir j’ai constaté cela. Et chose étonnante ils se réfèrent au « PC de Georges Marchais » pour étayer leurs arguments.

Ces jeunes combattent le FN mais une certaine partie d’entre eux commencent à y voir un élément de transformation radicale. Quant aux générations les plus anciennes (au delà de la soixantaine) on sent bien un désarroi et le fait qu’ils se séparent de l’électorat communiste.

Il est bien difficile de classer la population dans telle ou telle catégorie de votes exprimés ou d’abstentions, nuls et blancs mais on peut supposer par exemple que, parmi ces dernières catégories sont présents précisément des électeurs radicalement opposés aux politiques de droite et du PS actuel. En témoigne dans notre ville la progression entre les deux tours de leur nombre qui passe de 4142 à 5022 soit 880 en moins  pour les abstentionnistes et par contre de 169 à 399 soit 230 en plus (chiffre qui dépasse de 30 voix le résultat de la liste dans laquelle étaient présents les communistes lesquels sans avoir donné de consigne stricte de vote avaient signalé leur abstention militante) Autre constatation notable : nous progressons dans les quartiers ou nous sommes actifs

Les abstentionnistes en moins étant issus des électorats « républicains » venus probablement renforcer le candidat de droite Estrosi et sans doute issus d’électorats très divers (gauche et droite)

Cela signifie bien, qu’exprimés ou non, nombreux étaient ceux qui  dans une attente passive, ont manifesté une « présence active » (dans le renoncement à l’abstention, le vote blanc ou nul)  face au FN sachant par ailleurs, que parmi les votants FN quantité sont « récupérables » car victimes provisoires du trouble et du mécontentement provoqué par la droite et le PS.

Mais ces électeurs là sont dans l’attente d’un message clair qui ne peut venir que d’un Parti Communiste qui est encore dans le trouble d’alliance qui ne peut que s’accentuer s’il ne retrouve pas son identité.

La tâche sera rude mais si elle n’est pas entreprise l’idée du socialisme mise à mal par ceux la même qui envisagent de débaptiser, voire de décapiter, le parti qui a pu en être parfois un symbole, malgré de nombreux et vastes dérapages. Je n’invente rien puisque l’un de ses porte parole nous annonce le soir même d’une élection que cela a été débattu dans les plus hautes instances de ce PS dont le gouvernement en place semble bien peu faire cas de son point de vue.

 

 

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Un vote de barrage au FN qui profite à la droite

Sébastien Crépel
Dimanche, 13 Décembre, 2015
L’Humanité

 

La participation en nette hausse, ce soir, a permis d’écarter l’extrême droite de la présidence de régions. Un sursaut citoyen que la gauche paie au prix fort, avec la perte d’environ la moitié des régions qu’elle dirigeait au profit des listes de droite, selon les premiers résultats disponibles à vingt heures.

C’est un tir de correction du premier tour, en forme de sursaut citoyen pour faire barrage au Front national, mais qui penche fortement à droite, qu’a émis hier une partie des citoyens dans les urnes. Le premier fait politique du scrutin est d’abord la hausse de la participation, supérieure de huit à neuf points à celle du premier tour (58,5 %, contre 49,9 % dimanche dernier) et de sept points à celle du deuxième tour des régionales de 2010 (51,2 %). Les résultats du 6 décembre, qui avaient placé le FN en tête dans six régions sur treize (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte d’Azur), avec des chances de l’emporter sur le papier dans plusieurs d’entre elles, ont créé un électrochoc dans une partie de l’électorat, décidé à ne pas laisser triompher le parti des Le Pen.

Un soulagement pour les progressistes qui se paie au prix fort

Les estimations disponibles hier à 22 heures confirmaient le sens de cette mobilisation : aucune région ne tomberait dans l’escarcelle de l’extrême droite, qui serait nettement battue en Nord-Pas-de-Calais-Picardie (57,5 %, selon l’Ifop, à Xavier Bertrand, contre 42,5 % à Marine Le Pen), Paca (54,5 % à Christian Estrosi, selon l’Ifop, contre 44,5 % à Marion Maréchal-Le Pen), Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (48,4 %, selon TNS-Sofres, au LR Philippe Richert, contre 36,4 % au FN Florian Philippot et 15,2 % au divers gauche Jean-Pierre Masseret). C’est un soulagement pour tous les progressistes et les démocrates, mais qui se paie au prix fort : dans deux régions où le PS a retiré ses listes au second tour en favorisant le rassemblement sur les listes de droite arrivées devant les siennes au premier tour (Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur), aucun élu de gauche ne siégera pour faire contrepoids à la droite de Xavier Bertrand et Christian Estrosi, lesquels devraient être portés à la tête de ces assemblées que la gauche dirigeait respectivement depuis 1986 et 1998.

Si le FN accuse le coup, sa présidente ayant escompté au moins un succès pour crédibiliser sa candidature à la présidentielle de 2017, il n’en reste pas moins que son score reste exceptionnellement haut, surtout pour un deuxième tour. Qualifié pour la première fois dans toutes les régions (il n’avait réussi à se maintenir que dans douze régions sur 22 en 2010), il aurait obtenu près de 29 % des voix hier, soit davantage que les 27,7 % recueillis il y a huit jours. Hier, Marine Le Pen a masqué sa déception en évoquant « un bipartisme qui va désormais organiser la vie politique », selon elle : les « mondialistes contre les patriotes. Cette distinction sera le grand enjeu, le grand choix politique de la présidentielle ».

Le premier ministre, Manuel Valls, a de son côté affirmé ne tirer « aucun soulagement, aucun triomphalisme » de la mobilisation des électeurs qui « ont répondu à un appel très clair, net, courageux, celui de la gauche qui appelait à faire barrage à l’extrême droite ». On retiendra surtout qu’il a d’emblée écarté tout changement de politique au plan national, estimant que le résultat d’hier l’« oblige à agir sans relâche, plus vite, pour obtenir plus de résultat ».

Une lecture pour le moins optimiste des résultats. Car, si le danger FN a été écarté des exécutifs régionaux grâce à la mobilisation des abstentionnistes du premier tour, c’est essentiellement au profit de la droite, qui fait mieux que ce que lui laissait espérer son score de premier tour (31,7 %). Avec 40 à 41 % des voix au plan national, elle semblait en mesure de remporter sept régions sur treize, parmi lesquelles, outre Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Paca, la région Auvergne-Rhône-Alpes (41,3 %, selon TNS-Sofres, à Laurent Wauquiez, contre 36,3 % à Jean-Jack Queyranne et 22,4 % au FN), la Normandie (36,4 % à Hervé Morin, 36,1 % à la gauche et 27,5 % au FN), les Pays de la Loire (42,3 % pour Bruno Retailleau, selon Ipsos, devant le PS Christophe Clergeau, à 37,1 %, et le FN, à 20,6 %), et surtout l’Île-de-France, qui constitue la plus belle prise de la droite, avec le succès de la liste de Valérie Pécresse (43,6 % selon Ipsos, contre 41,9 % à Claude Bartolone et 14,5 % au FN).

Il n’empêche que, même si elle apparaît comme la gagnante de cette élection, la droite n’a pas soldé les débats qui l’ont agitée dans l’entre-deux-tours quant à l’attitude à adopter face au risque FN dans les régions, ni la « dette » qu’elle a désormais contractée auprès des électeurs de gauche. « Si les électeurs avaient appliqué le ni-ni (ni PS ni FN, ligne de conduite prônée par Nicolas Sarkozy et adoptée par la direction des « Républicains » – NDLR), nos candidats en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Paca auraient été battus, a ainsi taclé Nathalie Kosciusko-Morizet (LR). Je suis heureuse qu’au contraire, les électeurs n’aient pas appliqué le ni-ni… » En filigrane, la question de la stratégie de la droite, qui n’a cessé de courir après les idées du FN, accentuant le transfert de ses électeurs à l’extrême droite, est posée.

Avec à peine 30,6 % des voix, la gauche enregistre quant à elle une vraie contre-performance, ses résultats confirmant – et même amplifiant – l’érosion observée au premier tour (37,5 %, contre… % six ans plus tôt). Ses listes, toutes conduites par le PS – sauf en Corse, où le divers gauche Paul Giacobbi était aux commandes – et rassemblant cette fois toutes les autres composantes de la gauche en capacité de fusionner entre les deux tours (Front de gauche et/ou Europe écologie-les Verts, sauf en Bretagne où PS et EELV n’ont pas trouvé d’accord), obtiennent un score très éloigné du second tour des régionales de 2010 (54 % des voix toutes listes confondues il y a cinq ans) et même inférieur à celui du second tour des départementales de 2015, où ses candidats avaient recueilli seulement 32,1 % des voix (contre 45 % à la droite et 22,3 % au FN). Son désistement dans deux régions très peuplées a évidemment lourdement pesé, puisque son score remonterait à 37 %, à égalité avec la droite (tandis que le FN serait à 26 %) dans les seules dix régions où ses listes restaient en lice.

La gauche conserverait ainsi cinq régions sur treize, dont Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (44,3 % pour Alain Rousset contre 34,1 % à la candidate « LR » Virginie Calmels et 21,7 % au FN), Bourgogne-Franche-Comté (34,7 % pour Marie-Guite Dufay contre 32,9 % pour François Sauvadet et 32,4 % au FN), la Bretagne, où la liste de Jean-Yves Le Drian est arrivé largement en tête avec 51,4 % des voix, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (44 % à Carole Delga, 33 % au FN Louis Aliot et 22 % à Dominique Reynié) et Centre-Val de Loire (35,4 % pour François Bonneau, 34,6 % pour Philippe Vigier et 30 % au FN). Pour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, qui s’exprimait hier au micro d’Europe 1, ces élections montrent que « ce n’est pas seulement à une inflexion, mais un vrai changement de cap auquel il faut se livrer ». « Derrière tous ces résultats, il y a un pays angoissé par le chômage et la précarité. C’est à cela qu’il faut s’attaquer. »

Un autre bouleversement politique est survenu en Corse, avec la victoire surprise des nationalistes, qui ont arraché l’Île de beauté à la gauche et la dirigeront pour la première fois.

Déclaration de Pierre Dharréville suite au 2ème tour des élections régionales

Panier

Une seule question était posée aux électeurs à l’occasion du deuxième tour : acceptez vous de voir l’extrême droite diriger la Région PACA ? Ils ont répondu «non» parce que ce parti divise et que son projet ne rassemble pas une majorité. Nous l’avons souhaité ; et c’est une bonne chose pour la région. Mais le résultat est là, au bout de la séquence électorale, la droite a gagné en PACA et la population va le sentir passer.

Au premier tour, dans un vote clairement national, la politique gouvernementale a été durement sanctionnée, à la hauteur de la colère et des désillusions qu’elle a provoquées. Cette politique est plus que jamais minoritaire dans le pays. 

Le regain de mobilisation électorale s’est produit au deuxième tour, au moment où le choix démocratique est le plus restreint. Cela montre que le ressort du vote supplémentaire est le sursaut. Mais jusqu’à quand ?

Ces élections marquent donc le franchissement d’un nouveau stade dans la crise politique de notre pays avec une gauche qui dirigeait la région hier et n’y sera plus représentée désormais. Dans tout le pays, la gauche est en lambeaux. L’abstention est toujours massive et le vote d’extrême droite progresse au point d’approcher la majorité absolue des suffrages exprimés. Notre démocratie est malade et la poussée d’extrême droite en est l’un des symptômes. Le FN qui se présente comme un parti anti-système en est,en réalité, la créature. 

Cette situation est profondément grave. Elle est le signe d’une société en panne, en dépression, en repli. 

Ce n’est pas une surprise. Voilà longtemps que les ingrédients sont là. Mais le choc dont on a parlé dans la presse doit devenir un électrochoc.  Ce résultat appelle une réaction de gauche pour reconstruire des perspectives et en finir avec les politiques libérales, austéritaires et autoritaires qui sont le contraire de la gauche, désespèrent notre peuple et pèsent sur son quotidien. Ce résultat appelle le surgissement de mobilisations sociales et citoyennes qui remettent la société en dynamique, vers l’avenir. Il appelle notre peuple à refuser la mainmise des forces de la finance sur les choix politiques, car c’est bien le capitalisme en crise qui deshumanise et détruit ce que nos sociétés peuvent construire de meilleur. Il appelle une refondation de la République, une République commune, une République pour toutes et tous, une République qui redevienne propriété populaire.

Ici, en PACA, nous n’avons pas attendu pour entrer en résistance, contre la droite et l’extrême droite qui vont se retrouver dans un tête à tête mortifère à la Région.

Bien des questions sont sur la table pour refaire de la politique un objet d’enthousiasme et de mobilisation populaire pour l’avenir. Mais nous sommes convaincus qu’il existe dans notre société les ressources et les énergies pour inventer demain et le construire autrement. Pour recréer de l’espoir à vivre et à partager.

Dans cette situation, les communistes sont plus déterminés que jamais à agir avec toutes les forces disponibles pour contrer les mauvais coups, imposer d’autres thèmes, et un autre agenda politique que celui des forces de régression.

Pierre Dharréville
Secrétaire du PCF 13

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Déclaration de Pierre Laurent Secrétaire national du Parti communiste français, au soir du second tour des élections régionales.

Posté par jacques LAUPIES le 14 décembre 2015

Déclaration de Pierre Laurent Secrétaire national du Parti communiste français, au soir du second tour des élections régionales.  dans POLITIQUE

 

Les résultats du second tour des élections régionales sont marqués par le sursaut de mobilisation des électrices et des électeurs, avec près de 9 % de participation supplémentaire. Manifestement, les votants ont ressenti comme un grave danger pour la démocratie, l’élection du Front national à la présidence de régions. Ils ont empêché cette menace de se concrétiser. Le Parti communiste, qui avait appelé à battre le FN dès dimanche soir, pousse un ouf de soulagement. Ce sera un atout dans la bataille à venir pour faire reculer les idées du Front national dans le pays. Car le danger persiste et rien ne doit faire oublier la gravité de ce qui vient de se passer : les scores atteints par le FN sont dramatiques et alarmants, un très grand nombre de conseillers régionaux du Front national sont élus, et dans deux grandes régions, PACA et Nord-Pas de Calais-Picardie, il n’y a plus de conseillers régionaux de gauche pour les combattre et soutenir les politiques publiques en faveur des besoins des gens.

La droite remporterait ce soir sept des treize grandes régions, soit un peu moins que ne le laissaient craindre les résultats du premier tour, mais toutes sont des conquêtes puisque la gauche gérait toutes ces régions à l’exception de l’Alsace dans le Grand Est. Dans ces régions s’annoncent des reculs pour les services publics, les politiques sociales, d’éducation et de culture, la vie des associations. Le Medef et la finance ont ce soir de nouveaux alliés dans ces régions, alors que c’est là qu’il faudrait mobiliser les richesses et les moyens publics pour lutter contre le chômage et la précarité. De nombreux combats s’annoncent dans lesquels les communistes entendent se mettre au service des populations et d’une République solidaire et fraternelle.

La gauche remporterait cinq régions.

Compte tenu des résultats du premier tour et du retrait des listes socialistes de deux régions, les communistes et le Front de gauche n’obtiennent ce soir des élus que dans cinq régions, : Ile de France, Normandie, Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon, Corse et Auvergne-Rhône-Alpes. Pour le Front de Gauche, pour le PCF il s’agit d’un revers électoral important.

Les nationalistes remportent pour leur part la région Corse.

Ces deux tours d’élections régionales vont devoir être analysés en profondeur. Mais il est clair que la situation nouvelle n’est pas favorable au monde du travail. La responsabilité des politiques menées par François Hollande et Manuel Valls et leurs gouvernements est très lourde dans ce désastre. L’impasse économique, sociale, politique et démocratique dans laquelle ils ont enfoncé le pays se paie très cher. Poursuivre dans cette voie serait aller vers de nouveaux désastres et marquerait un grave mépris pour le message adressé par les électeurs. Il est urgent de sortir de l’austérité et dogmes du libéralisme.

Ces résultats ouvrent une nouvelle période politique. Les communistes entendent mener de front le combat contre la droite et l’extrême-droite et la construction d’un nouveau projet progressiste nourrit d’actions prioritaires et de mesures urgentes, pour sortir la gauche et le pays du piège du tripartisme dans lequel ils nous enferment.

En remerciant les communistes de leur engagement, je les appelle à se réunir pour tirer les leçons de cette bataille très difficile, à aller à la rencontre de nos concitoyens dans les quartiers, les entreprises… Nous n’oublions pas nos résultats insuffisants au premier tour. Nous allons devoir mettre beaucoup de choses à plat pour relancer notre combat. La direction nationale du PCF prendra toutes les initiatives pour favoriser ce débat. Se tiendront plusieurs réunions importantes dès la semaine prochaine. En janvier, le PCF lancera la préparation de notre Congrès. Trop de pauvreté, trop d’inégalités, trop de concurrence …. aux femmes et aux hommes qui convaincus que la société doit évoluer autrement, je les appelle à rejoindre notre parti pour agir ensemble. Sans attendre prenons et préparons ensemble toutes les initiatives de débats, d’actions, de rencontres avec toutes les forces citoyennes, sociales et politiques disponibles pour réinventer la gauche et un nouveau pacte d’espoir pour le pays.

Paris, le 13 décembre -  22h00

 

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