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Rassembler avec quels contenus ?

Posté par jacques LAUPIES le 20 octobre 2015

 

 

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Un parti c’est fait pour réfléchir discuter et proposer. C’est déjà pas si mal quand il respecte ce principe

 

Après avoir évoqué deux question : « qui rassembler ?  » et « avec qui entreprendre ce rassemblement ?  » nous avons répondu simplement en substance il faut rassembler en faisant directement appel aux intéressés et sans intermédiaires. Le temps des alliances et des compromis viendront et ils ne seront possibles que si le rapport des forces entre la volonté des classes de salariés  (virtuelle et paradoxalement réelle) et celle des réformistes de gauche et de droite (instrumentalisés par le grand capital) le permet.

L’important est de dire ce que l’on propose et le temps n’est pas à un perpétuel recours à des rencontres, échanges, colloques, comités de ceci ou de cela, associations de couverture, entre dirigeants autoproclamés, sans base électorale ou  faisant de celle ci le moyens de satisfaire leurs égos à la recherche d’une reconnaissance au travers d’une originalité qui puise ses recettes dans le marécage des vieilleries de la politique d’antan.

Non ce dont nous avons besoin c’est de dire clairement ce que nous voulons. Nous avons dans ce sens au Parti Communiste un projet qui s’appelle « La France en Commun » que nous appelons « contribution du PCF pour l’élaboration d’un projet émancipateur et d’un programme d’action »

Très bien mais cette contribution que des communistes, des sympathisants, des républicains de toutes origines peuvent amender, est là et n’attendons pas trop pour le faire connaître ou en tout cas d’en faire connaître les points forts et si nécessaire les insuffisances à l’ensemble de la population. Car est-il plus important de s’auto convaincre entre quasi convaincus ou d’aller tenter de convaincre ceux qui ne pensent pas comme nous ? Et hélas il y en a beaucoup, pas des ennemis, parfois des adversaires, des indécis souvent qui même s’il en ont pas toujours le temps voudraient bien comprendre.

Alors allons y ! La liste est tout de même un peu longue de ce que nous proposons et nous y consacrerons plusieurs commentaires et publications. Globalement la page 14 de ce document résume notre projet (nous pouvons vous le faire parvenir en intégralité)

http://www.pcf.fr/sites/default/files/conv-projet-la-france-en-commun.pdf

 

Pour une société d’émancipation

Dans les luttes, la réflexion et l’action au sein des institutions, notre projet vise à affranchir les hommes et les femmes de notre pays, et de la planète tout entière, de toutes les dominations, de toutes les contraintes économiques et sociales, de toutes les aliénations et les préjugés qui font obstacle au développement de leurs capacités d’action et de décision. Notre projet porte le féminisme comme moteur afin d’atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes, que ce soit dans la sphère publique ou privée. C’est ce que nous appelons l’émancipation humaine.

Pour cela, nous versons à la réflexion et au débat ces pistes, et ce qui nous semble être des repères pour définir ensemble ce que doit être une société d’émancipation, et que nous appelons : « communisme de nouvelle génération ».

Quels en sont les pivots ?

  1. Un nouveau mode de production et de consommation économe en ressources naturelles, créateur de nouveaux métiers qui fasse reculer le chômage jusqu’à l’éliminer, libère le travail et la création pour une activité utile aux réels besoins humains.
  2. Une société de partage où la conception, l’innovation, la création sont de plus en plus socialisées.
  3. Une société où l’égalité entre les femmes et les hommes soit moteur, que ce soit dans la sphère privée comme publique.
  4. Une société où la production de biens et de services se relocalise, se décentralise dans une logique de durabilité et de recyclage.
  5. Une prise de pouvoir sur l’argent, les banques, la monnaie, le crédit qui est une condition majeure pour y parvenir.

 

 

Cynthia Fleury : « Le travail doit faire lien avec l’émancipation et non pas avec la survie »

Entretien réalisé par Pierre Chaillan
Vendredi, 16 Octobre, 2015
L’Humanité

 

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Photo : Francine Bajande

Photo : Francine Bajande
La question du sujet politique pour transformer le monde et les rapports de forces semble rester 
posée. En publiant « les Irremplaçables » Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, 
membre du Comité consultatif national d’éthique apporte sa réponse en tant qu’intellectuelle engagée : 
la formation citoyenne. Elle annonce la création d’une chaire de philosophie au sein de l’hôpital public.                                           

Dans cette période où l’individu est synonyme d’individualisme, vous proposez dans les Irremplaçables  (1) de le remettre au cœur de l’histoire politique. Comment parvenez-vous à dépasser cette apparente contradiction ?

CYNTHIA FLEURY J’aborde en effet la relation indéfectible entre l’individu et l’État de droit. Nombreux partagent le même diagnostic : l’État de droit tel que nous le connaissons depuis ces dernières décennies, avec la crise de l’État providence, met en danger les sujets que nous sommes. Dans le monde du travail, nous assistons à une précarisation des métiers, des statuts et partout à une dérégulation de la finance. Ces impératifs de performance et de rentabilité nous donnent le sentiment que nous sommes remplaçables, mis à disposition, soumis à l’obligation de flexibilité, comme l’est une marchandise ou un robot. Nous sommes d’ailleurs, dans des secteurs tertiaires jusque-là moins exposés, de plus en plus remplacés par les machines. De nombreux ouvrages et études ont mis en lumière ce phénomène de déshumanisation. Dans mon livre, je ne fais pas seulement ce diagnostic. J’en souligne aussi l’envers, qui n’a pas été assez étudié. L’État de droit croit qu’il peut détruire les individus-sujets sans que cela ne soit impactant pour lui-même. Seulement, dans ce phénomène de désingularisation, ce n’est pas seulement l’individu-sujet qui disparaît, c’est l’État de droit lui-même qui court à sa perte. Pourquoi ? Parce que le seul qui se soucie de l’État de droit jusqu’à nouvel ordre, c’est un sujet émancipé. Si vous détruisez le sujet, vous en faites ce que Christopher Lasch (2) a appelé le « moi minimal » pour définir les individus détruits dans les camps de concentration nazis. Le sujet se retrouve avec un « moi » totalement érodé, incapable de « faire lien », pris au piège de l’ultraconcurrence. Dès lors il n’a plus ni la capacité, ni la volonté, ni même le désir de la fraternité et de la solidarité. Il survit. Les sociétés de survie ne sont pas des sociétés de solidarité malgré ce que l’on croit. Les individus, rongés par le découragement, ne croient plus dans l’État de droit, ils n’attendent plus rien de lui, et se tournent insensiblement vers des régimes de repli, xénophobes, populistes. L’État de droit se nourrit directement du souci de l’État de droit, et ce souci, seul l’individu-sujet peut le ressentir.

 

C’est là que vous mettez en avant le concept d’individuation en opposition à l’individualisme ?

CYNTHIA FLEURY Le concept d’individuation a une vieille histoire, avec des interprétations assez différentes chez Jung, Durkheim ou encore Simondon. Dans mon texte, j’ai cherché à montrer comment il était structurant de la pérennité de l’État de droit dans la mesure où ce dernier n’est rien sans la revitalisation, la création des individus. En revanche, il faut s’entendre sur ce qu’est un individu. Ce n’est pas le fruit d’un individualisme mais de l’individuation. Il s’agit d’un processus d’émancipation pour faire lien avec les autres. C’est une assise pour être au monde. L’irremplaçabilité, c’est tout simplement la tentative de l’engagement et de la responsabilité. Je cherchais une notion plus endogène. En parlant de responsabilité, on peut avoir l’impression que c’est une charge qui nous tombe dessus. L’irremplaçabilité, c’est plus existentiel. C’est la charge que l’on accepte de prendre. On décide alors d’être au monde et on décide de se lier avec les autres. C’est l’individuation qui nous protège chaque jour dans notre vie. Être irremplaçable, ce n’est pas nier la poussière métaphysique que nous sommes. Nous sommes poussière. Nous retournerons poussière. Mais entre les deux il y a la transmission, la question parentale – qu’offrons-nous à nos enfants pour qu’ils s’individuent dignement ? –, ou encore la question de faire œuvre, de faire Cité, autrement dit construire et créer. Et cela n’est pas poussière.

 

Vous en appelez à redécouvrir le « connais-toi toi-même » (gnothi seauton) selon trois grands principes issus de la sagesse antique. Quels sont-ils ? Et en quoi nous aident-ils ?

CYNTHIA FLEURY Je vais les énumérer rapidement : imaginatio vera, pretium doloris et vis comica. Je les ai délibérément présentés en latin, comme pour échapper à la novlangue contemporaine. Le latin, comme dernier espace de liberté pour penser et dire. L’imaginatio vera, c’est littéralement l’imagination vraie, celle qui donne accès au Réel, et non celle avec laquelle on fuit dans les méandres fantasmatiques. Personne n’a l’exclusivité de la définition du Réel. Le théâtre social qui nous est imposé, selon nos cultures et nos traditions, n’est pas le Réel. C’est à nous d’inventer le Réel. Pretium doloris, c’est le prix de la douleur ; autrement dit, que sommes-nous prêts à risquer, à payer pour penser et agir selon nos principes ? Enfin, la vis comica, ou force comique, car l’individu est manquant par excellence. « Connais-toi toi-même », c’est d’abord comprendre que l’individu n’est pas monde, qu’il est limité, insuffisant. Ensuite, la vis comica, c’est cette capacité de décentrement du sujet, de mettre à nu la réalité sociale et ses semblants, de résister au pouvoir, non par
la violence, mais par la déconstruction symbolique.

 

Depuis la fin du XXe siècle, la question du sujet politique ou historique pour transformer le monde et les rapports de forces semble rester sans réponse. C’est là que vous remettez l’individu au cœur comme sujet « individuel » mais aussi « collectif »  ?

CYNTHIA FLEURY Bien évidemment, l’individuation permet de construire un récit commun. C’est comment notre singularité, ce qu’il y a de plus intime, notre talent, notre créativité, nous le mettons au service de ce récit commun. Dans nos vies, chaque jour, nous donnons une part de nous-mêmes et nous n’avons pas le sentiment d’être en dénégation de notre sujet, mais au contraire d’être en continuité.

Il y a un travail de transmission dans cet ouvrage que vous appelez « livre de moitié de vie », même si vous restez en retrait dans cette évocation personnelle ?

CYNTHIA FLEURY Je n’utilise que très rarement le « je » dans mes livres. Et lorsque je l’emploie, c’est en guise de palier commun, d’outil méthodologique. Ce « je » m’est si peu personnel qu’il est commun à tous : c’est l’expérience symbolique de la moitié de vie. Arithmétiquement, cela ne l’est peut-être pas. Mais, dès lors, l’individu sait qu’il est désormais de l’autre côté de la pente existentielle.

 

Cet aspect endogène, intime, clé d’une revitalisation de l’individu, assure la meilleure protection de l’État de droit. Pourtant, selon vous, cet individu qui veut vivre, et non survivre, se trouve en butte au « pouvoir politique ». Pourtant, n’y a-t-il pas besoin de pouvoir pour changer les choses ?

CYNTHIA FLEURY Dans l’héritage de Marx, de Foucault, de Bourdieu, dans ce sillage de la sociologie critique, et même dans celui de l’école de Francfort, d’Adorno ou d’Axel Honneth, j’ai voulu continuer la déconstruction de la notion de pouvoir. Il s’agit de montrer à quel point c’est une fantasmatique et comment le pouvoir tient à cause de nos soumissions quotidiennes, de nos capitulations, de nos renoncements et de nos manques de déconstructions. Le substantif « le pouvoir » est un simulacre. Le verbe « pouvoir », à l’inverse, est à réinvestir, dans le sens de « faire », de « transformer ». Ce que les Américains appellent les « makers », ceux qui font, ceux qui labourent. Mais, quand nous parlons du « pouvoir », nous n’évoquons pas cela généralement, mais plutôt le « système » de confiscation – les « gens de pouvoir » –, précisément ce qui empêche de faire. La tentative de l’irremplaçabilité, soit pousser au maximum l’individuation, c’est déconstruire la croyance religieuse que nous avons dans le pouvoir et dans son caractère substantif. Comment inventer alors une politique autre qui ne passe pas par cette fossilisation du pouvoir, c’est le défi de ce XXIe siècle. Je n’apporte pas la solution dans ce livre mais j’ai des débuts de solutions, ou en tout cas des débuts de combats.

 

Quels sont-ils ? Pouvez-vous citer au moins un grand chantier d’avenir ?

CYNTHIA FLEURY Cela passe par des choses très concrètes : travailler à l’émergence d’une allocation universelle, par exemple, ou défendre la création de temps citoyens (c’est-à-dire sur le temps de travail des moments qui sont dédiés à l’apprentissage citoyen) dans les entreprises et les administrations. Il s’agit d’affirmer que le travail doit faire lien avec l’émancipation et non pas avec la survie. Au niveau européen, lancer une initiative citoyenne sera sans doute nécessaire, mais insuffisant. Chacun, à son niveau, peut faire avancer ce projet politique déterminant pour l’État de droit. Sans modélisation économique, la citoyenneté capacitaire n’est qu’un nouveau leurre. Il faut trouver collectivement, donc politiquement, le temps et l’argent pour former les citoyens à une souveraineté plus active, plus participative, même s’il ne s’agit pas de nier la nécessité de la démocratie représentative. Les chantiers d’avenir sont multiples, et les engagements aussi. Militer pour l’open data, partager l’information, faire qu’elle soit de nouveau performative, transformer les données afin qu’elles soient convertibles et transparentes. Prenons un autre exemple, avec le philosophe Frédéric Worms, en partenariat avec l’hôpital public de Paris (AH-HP), nous créons la première chaire de philosophie à l’hôpital. Les cours magistraux vont débuter en janvier 2016 à l’Hôtel-Dieu. Il y aura de grands cours de philosophie sur le soin ouverts à tous, sur la santé publique, sur l’environnement, sur la conscience, sur l’homme « augmenté », sur la fin de vie, etc. Ceux qui ont envie de faire une certification citoyenne pourront le faire. Ce sont des séminaires croisés entre médecins et patients. C’est là une manière de lutter contre la chosification et la déshumanisation qui peuvent sévir à l’hôpital ou dans le service public. Il y aura également un service civique. Là encore, ce n’est là qu’une initiative parmi d’autres pour faire vivre la citoyenneté capacitaire.

 

Vous publiez une chronique hebdomadaire dans ces colonnes. Que tirez-vous de cette relation si particulière avec les lecteurs de l’Humanité  ?

Nous avons déjà abordé brièvement * deux idées : « rassembler qui » et le  »rassembler avec qui ? Nos deux réponses tendent vers une réponse unique : « rassembler l’immense majorité avec elle-même ». Tout simplement parce que l’action à conduire pour transformer la société passe par un nouveau rapport de force qui doit dans trouver une cohérence avec notre analyse des contradictions essentielles de la société qui sont avant tout des contradictions économiques.

 

CYNTHIA FLEURY Cet exercice qui m’a été proposé il y a plus de treize ans est un miracle. Seule l’Humanité pouvait faire ainsi confiance à un auteur, jeune enseignant-chercheur, inconnu au bataillon. La chronique est d’abord parue le mardi, ensuite le mercredi, et maintenant le vendredi. Depuis plus de treize ans, chaque semaine, j’essaie de saisir un moment que nous avons en commun dans l’actualité, quelque chose qui nous interpelle afin ensuite de le présenter sous un angle différent. Il ne s’agit pas d’en tirer une leçon ou une morale. Cette tribune cherche toujours à faire lien vers les livres, vers les auteurs et vers tous ceux qui pensent le monde d’aujourd’hui et qui nous sont absolument nécessaires. Je considère que la pensée c’est de l’action. C’est ce qui construit le monde et j’ai donc toujours à cœur de faire ce lien avec les penseurs de notre temps.

(1) Les Irremplaçables. Éditions Gallimard,
224 pages, 16,90 euros.

(2) Intellectuel critique américain, historien 
et sociologue, décédé en 1994. Il a notamment publié la Culture du narcissisme (1979) 
et le Moi assiégé (1984), dont les traductions 
ont été publiées par les éditions Climats
en 2000 et 2008.

 

Pour une démocratie revitalisée. La question de la démocratie 
et de l’individu est au cœur de ses travaux de philosophie politique. En 2005, 
Cynthia Fleury a publié les Pathologies 
de la démocratie et, en 2010, la Fin 
du courage (Fayard). En 2015, l’ouvrage 
 les Irremplaçables (Gallimard) signe 
son souci de revitaliser un « État de droit » moderne. Depuis treize ans, elle tient 
une « chronique philo » hebdomadaire dans l’Humanité (voir page 15). 
Professeur à l’American University of Paris 
et psychanalyste, elle siège au Comité consultatif national d’éthique depuis 2013.

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Rassembler mais avec qui ?

Posté par jacques LAUPIES le 19 octobre 2015

Rassembler mais avec qui ? dans POLITIQUE lutte

La CGT deviendrait-elle au plan syndical ce que devrait-être le PCF au plan politique

Après avoir brièvement évoqué qui il fallait rassembler et en vertu de quelles constatations sur le plan sociologiques cela  doit se faire, se pose nécessairement la question de savoir avec qui et comment entreprendre une démarche de rassemblement. La diversité des catégories et couches sociales existant tant du côté du capital que de celui du monde du travail peut laisser supposer qu’il faut s’adresser à tous ceux qui théoriquement en sont l’expression au sein d’organisations représentatives des intérêts de chacune d’elles.

Or il se trouve que ces organisations (partis politiques, syndicats, associations voire lobbies de toutes sortes, sans oublier des les organisations propres à des courants religieux, à caractère philosophiques, humanitaires, etc.) conduisent les partis politiques à leur courir après pour s’en faire des alliés.

Chacun a ses cibles préférées sur des thèmes qui vont de la démarche envers le poujadisme, le syndicalisme d’obédiences très variées (ouvriers, eux mêmes scindés en courants nombreux) et patrons tout aussi divisés en catégories socio professionnelles  en passant par les clins d’œil aux institutions religieuses, à des associations laïques, écologistes, et que sais-je encore. A tel point que se comptent par milliers des individus qui ainsi se transforment en porte parole des composantes de cet ensemble disparate auprès des populations lesquelles se trouvent déboussolées, ne sachant vers qui se tourner et préférant la neutralité allant jusqu’au rejet. Mais dire que ces offres multiples sont sans influence ne serait pas exact car démagogie et populismes sont présents partout et sèment le trouble.

Il faut donc pour qui a un projet politique voire de société, qu’il s’agisse du court terme ou du long terme, de l’exposer clairement, de le diffuser et s’en donner les moyens,  avant d’établir des compromis qui généralement, et très souvent,  l’estompent et le placent au second plan. Ce projet, jugé par une organisation, conforme à l’intérêt général de cette grande majorité que constituent les salariés, dans leur diversité, comme je l’ai souligné dans mon dernier commentaire, doit être prioritairement diffusé et proposé le plus largement possible. Mais c’est avec eux que doit commencer le rassemblement !

Parmi les catégories les plus exploitées et les plus en souffrance sachant que toutes n’ont pas, à priori, conscience des causes de leurs difficultés, pas plus que des remèdes à y apporter.

Un jeune privé de formation professionnelle, sans ressource, une femme seule, mère de famille qui peine à élever ses enfants, un retraité soumis aux minimas ou a des pensions dérisoires, des sans emplois bénéficiaires du RSA, des séniors condamnés au chômage jusqu’à la retraite, démunis, isolés peuvent ils aussi aisément acquérir cette conscience de classe que nous invoquons souvent ?

Un couple de salarié payé au smic et parfois soumis à un seul revenu, ayant des enfants à charge, parfois des parents indigents se rangeant dans ce pourcentage exorbitant de pauvres existant dans notre pays, facilement noyés dans leurs problèmes le peuvent ils aussi.

Puis il y a toutes ces catégories de de personnes qui avec beaucoup d’attention et d’efforts, peuvent disposer du nécessaire : retraités (bien que souvent les  pensions soient  bloquées et sous la menace permanente d’être diminués), ouvriers, employés cadres d’entreprises du commerce et de l’industrie, fonctionnaires encore protégés contre le licenciement, tous, liés souvent par parenté à l’ensemble précédent, sont baptisés improprement de classes moyennes. Ce sont, on peut le penser sans crainte, ces catégories qui en alternance choisissent électoralement des réformismes sans issue et qui pratiquent ainsi une citoyenneté faite de soumission et de compromis dont ils vont souffrir eux-mêmes.

Cependant c’est dans ces catégories que se trouvent les forces capable de faire entendre raison, d’agir en manifestant, en cessant le travail. Encore faut-il malgré le système médiatique actuel qu’elles se mobilisent créditée par  et entendent des messages clairs issus d’une seule voix, crédible et créditée par une organisation dégagée de tout risque de confusion.

Quand par exemple la CGT, organisation représentative donne sa position à la faveur d’actions médiatisées (pour lui nuire) cette position est entendue clairement et place chacune des autres organisations syndicales devant leur responsabilité, sans précaution ni réserves, au risque de l’isolement, c’est elle qui finalement fait passer son message et ainsi elle sera gagnante (plus exactement ses adhérents et les travailleurs concernés seront gagnants. L’actualité nous le prouve

Un exemple à retenir sur le plan politique où le Parti communiste malgré les tentatives d’isolement et de mise à l’écart qu’il subit doit garder son identité d’expression et formuler clairement ses propres propositions.

Rassembler est nécessaire et cela évidemment conduit à un pluralisme, mais pour éviter toutes confusions il faut que ce pluralisme émerge dans la clarté des projets de celui qui le propose.

A demain  pour la suite…

 

Une solution pour les retraites complémentaires

Jean-Christophe le Duigou, économiste et syndicaliste
Vendredi, 16 Octobre, 2015
Humanité Dimanche

 

La chronique de Jean-Christophe le Duigou. 25 % de la retraite d’un ouvrier, 50 % de celle d’un cadre: c’est la part des régimes complémentaires qu’attaque le patronat.

Si l’on ne rompt pas avec la logique financière qui favorise l’épargne au détriment des cotisations, on ne garantira pas l’avenir des régimes complémentaires de retraite du secteur privé. Et cela malgré les économies réalisées depuis 20 ans sur les droits des salariés et des cadres. Ces économies représentent, selon la CGT, à cotisation équivalente, une amputation des prestations de 25 %. Tout sauf une broutille. Certes, les réserves financières du régime des salariés, l’ARRCO, sont encore substantielles. Mais celles du régime des cadres, l’AGIRC, rétrécissent à vue d’oeil et devraient être épuisées en 2018. Une fois de plus, la Cour des comptes s’est mise de la partie, ajoutant sa touche à l’alarmisme entretenu par le patronat. Le MEDEF, en effet, brandit la menace d’une rupture dans le paiement des pensions complémentaires, qui représentent 25 % de la pension d’un ouvrier et 50 % de celle d’un cadre.

En fait, le tournant a eu lieu pour l’ARRCO en 1993 et pour l’AGIRC en 1994. Il s’agissait dès ce moment-là, pour le patronat, d’ouvrir un espace à l’épargne retraite. Cela s’opère en deux temps. D’abord en bloquant le niveau des cotisations des régimes complémentaires. Les deux accords avaient introduit un changement fondamental en décidant de fixer le taux de cotisation contractuel de l’ARRCO à 6 % et de l’AGIRC à 16 %, tout en fermant la possibilité de mettre en place des taux supérieurs dits « facultatifs ». Cette réforme signifiait qu’une entreprise qui souhaitait améliorer la retraite complémentaire de ses salariés ne pouvait plus le faire qu’en mettant en place une retraite par capitalisation, puisqu’il lui était interdit de verser des cotisations au-delà de 6 % alors qu’il était courant dans les caisses ARRCO de trouver des taux de 8 %. Ensuite, il ne restait plus qu’à réduire l’intérêt de cotiser à des régimes solidaires pour rendre attrayantes les formes d’épargne retraite portées par les assureurs et les organismes de prévoyance qui manquaient d’attrait. C’est ce à quoi vont procéder les accords ARRCOAGIRC successifs. Ces derniers vont engager un mouvement de baisse du taux de remplacement des retraites complémentaires. Cette baisse est obtenue par l’organisation d’un double mouvement : le renchérissement du prix d’achat du point et la dévalorisation de la valeur de service de ce même point. Une mécanique imparable.

La porte s’ouvrait pour les financiers et leurs produits d’épargne. Vingt ans après, le résultat est là, 11 millions de personnes ont souscrit des produits d’épargne pour la retraite, dont près de la moitié relèvent d’accords d’entreprise. 35 000 entreprises ont mis en place un dispositif de retraite supplémentaire collectif couvrant 4,5 millions de salariés, à 60 % des hommes. Mais quatre salariés sur cinq en sont exclus, d’où le recours à des produits individuels. Le montant des rentes versées au titre des différents régimes supplémentaires est généralement faible : 2 000 euros en moyenne par an à comparer aux 16 000 euros de droits directs versés par les régimes obligatoires. Dès lors, n’estil pas légitime de s’interroger sur l’opportunité de développer ces régimes d’épargne retraite supplémentaire qui drainent bon an mal an 13 milliards de cotisations ? La moitié de cette somme affectée à l’ARRCO et à l’AGIRC couvrirait le besoin de financement actuel des régimes complémentaires et assurerait de meilleures prestations

 

 

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Rassembler en politique mais qui ?

Posté par jacques LAUPIES le 18 octobre 2015

Devant les difficultés de rassemblement rencontrées pour créer sur des bases de transformations économiques et sociales réelles et radicales telles que contrôle ou réappropriation par la collectivité de secteurs clef de l’économie (énergie, transports, eau, certaines industries, etc.) et le développement des services publics (formation et éducation, santé,  d’une part et d’autres part développement de substantiels moyens pour favoriser la demande (augmentation des salaires, diminution du temps de travail, sécurité sociale de l’emploi et de la formation, etc.) une réflexion s’impose sur la stratégie à adopter.

Qui veut on rassembler ?

A qui s’adresser pour cela ?

Quels contenus proposer ?

Quels moyens se donne t-on ?

A chacune de ces questions  donner des priorités !

Le rassemblement : il doit se déterminer en fonction des contradictions principales. Pour les marxistes elle est entre exploiteurs et exploités, entre ceux qui détiennent le capital et donc essentiellement les moyens de production. Donc dans un pays comme le nôtre sont concernés des millions de salariés placés dans des conditions d’exploitation (loueur ou vendeur – comme on voudra – de leur force de travail) à une minorité de patrons (compris comme celui qui dispose du capital - actionnaire – et non comme celui à qui on confie un simple rôle d’encadrement)

Mais voilà les choses se complexifient dans la plupart des pays car le degré d’exploitation n’est pas le même dans une entreprise de 100 salariés, de 1000, de 10000 ou de 100000 voire d’un millions sous contrôle d’un capital au niveau parfois de celui d’un état)

Mais si les positions patronales peuvent varier dans l’acte de la réalisation des profits, celle des salariés demeure pratiquement la même en général, exception faite de ceux qui en fait ont un salaire qui peut – être assimilé à la ponction patronale de la plus value. Sans oublier ces salariés qui sont devenus de petits rentiers (loueurs d’immobilier, de terrains agricoles commerciaux, grâce des successions ou à l’épargne entre autre.)

La plus value se partage entre actionnaires (profit industriel et commercial, intérêts pour le banquier, rente pour le propriétaire foncier), rétribution de la collectivité (impôts, taxes diverses payées par l’entreprise)

On le voit d’un point de vue sociologique il y a deux camps dont l’un, le plus réduit en population, dispose du patrimoine et de la richesse et l’autre, représentant plus de quatre vingt dix pour cent de ladite population, n’a globalement que la rémunération de sa force de travail pour vivre. Sachant qu’il y a des positions dans chacun de ces camps (appelons cela des catégories dont le comportement peut être influencé lorsqu’il s’agit de défendre l’intérêt général).

Autre influence et non des moindres celle qu’exercent les origines  familiales, les appartenance à des courant religieux ou philosophiques dont les attaches idéologiques pèsent sur les consciences.

Il en résulte évidemment dans l’élaboration d’une offre politique rassembleuse de donner des réponses aux préoccupations des uns et des autres sans pour autant se livrer à la démagogie et à l’opportunisme mais en même temps d’éveiller la conscience de l’appartenance de classe.

On peut avoir les meilleures intentions et vouloir satisfaire tout le monde, ce n’est pas possible quand on veut réduire les inégalités sauf à faire comprendre à celui qui va devoir céder de ses privilèges que la prospérité de son entreprise ne sera pas nécessairement altérée par la réduction des profits qu’il empoche et que lui-même ne devrait pas moralement être affecté par la réduction de sa fortune et de ses multiples pouvoirs ! Personne ne lui demande de mener un vie monastique bien que l’on puisse avoir un grand respect pour une certaine abnégation dans une société ou le ridicule de l’apparence tue beaucoup moins qu’il ne devrait, y compris parmi ceux qui ont des revenus modestes.

Cela dit, est il nécessaire pour réaliser ce rassemblement qui est devenu notre mot d’ordre, qu’il passe par des intermédiaires, dotés il est vrai d’une influence électorale plus ou moins conséquente, mais pas nécessairement la véritable expression sincère des préoccupations de leurs mandants…

A de main pour traiter de cette question !

 

Rassembler en politique mais qui ? dans POLITIQUE

Allez donc chercher un titre de ce type dans la presse…Vous aurez quelque peine

 

 

 

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Le refus de la misère passe par un combat politique

Posté par jacques LAUPIES le 17 octobre 2015

Beaucoup de monde refuse la misère. Qui en effet peut ne pas à un moment ou un autre ne pas être ébranlé par la souffrance humaine. Même lorsque cette souffrance n’est pas nécessairement exprimée ou est en état de latence. Les enfants pauvres ont souvent de magnifiques sourires. Il n’y a pas que ceux, au regard éteint et apeuré, que l’on rencontre au hasard ou que les médias (à juste titre) nous montrent. Il y a tous ceux que nous pouvons observer autour de nous parfois nombreux dans une seule famille au sein de laquelle en plus des minimas sociaux, ils permettent d’obtenir des allocations familiales un temps, pour que ces familles  survivent. Le présent les frappe mais que leur réserve l’avenir ?

Combien j’en ai vu, joyeux lurons jouant dans la rue, espiègles parfois, le regard pétillant et que vingt ans plus tard j’ai retrouvé détruit, par la drogue ou par l’alcool mais surtout, en définitive, parce que la société les a privé d’une formation, d’un emploi assez tôt, pour qu’ils ne sombrent pas dans un retrait, une marginalisation progressive, dans l’impossibilité d’affronter une vie équilibrée et pour ceux qui le désiraient de construire une famille et à leur tour d’élever des enfants dignement.

Je sais que de tels propos n’attendrissent pas pour autant des personnes qui confrontée à LEURS PROBLEMES, d’autres natures, qui n’ont pas le temps de voir ou qui ferment les yeux et, plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus il sont souvent aveugles. Et j’entends dire depuis ma plus petite enfance que cela a été toujours comme ça, que l’on n’y peut pas grand chose. Même si d’autres comme nous le faisons là, évoque une réalité incontestable, la résignation est souvent un prétexte, un refus de s’engager.

Je regardais à la télé cette intéressante série « Ainsi soient-ils » que j’ai déjà évoqué ici et qui m’a ému, parfois très fortement, dans laquelle  presque tout est dit sur les comportements dans une religion qui globalement fait du combat contre la pauvreté, la détresse morale, le fondement de son combat avec une arme qui en vaut bien d’autres : l’amour de son prochain. Ce qui n’empêche qu’en son sein s’affrontent dogmatisme stérile et progressisme réaliste ! Comme cela existe au sein des trois grandes religions monothéiste présentement.

Mais il est clair qu’un combat politique s’impose pour trouver une issue à la misère et que celui qui ne voit que la forme en oubliant le fond prend de gros risques. S’agissant par exemple des rapports entre communiste et religions, la critique des religions conçue essentiellement sur le fait qu’elle peuvent détourner les peuples (la religion opium du peuple) ne peut être la seule retenue.

Dans un texte datant de 1972, énoncé par un philosophe marxiste, indique : « les options politiques ne relèvent pas de la croyance ou de la non croyance, mais de l’affrontement des intérêts contradictoires. » Je partage ce point de vue qui nous renvoie bien sûr à la lutte des classes. Et sans demander à un croyant qu’il renonce à sa conception  »idéaliste » de recours au divin dans sa vision de la politique et nous oppose précisément la notion de liberté (dans le colloque évoqué précédemment qui s’est tenu rappelons le avant que le Parti Communiste rejette la notion de « dictature du prolétariat ».) nous pouvons agir ensembles.

Le raisonnement vaut pour toutes les religions, encore faut il qu’il soit connu des croyants pour que l’action politique puisse être un élément à prendre en compte pour combattre la pauvreté et nous rassembler.

 

 

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Journée mondiale du refus de la misère

Jeudi, 15 Octobre, 2015
L’Humanité

 

ATD Quart Monde est à l’origine de cette journée du refus de la misère, célébrée ce samedi. À cette occasion, Bruno Tardieu, figure du mouvement, lance un appel pour en finir avec la stigmatisation des plus démunis et pour une alliance entre progressistes et laissés-pour-compte.

Sociologue, militant associatif, mais aussi élu, artiste, écrivain… À l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, l’Humanité a décidé de donner, au fil de ses pages, la parole à six personnalités. Chacune, avec son regard et sans résignation, décrypte le fléau de la pauvreté qui tue chaque année dans le monde près de six millions de personnes. La politologue Céline Braconnier, l’actrice Marina Vlady, le maire Philippe Rio, le prix Goncourt Pierre Lemaître, le sociologue Nicolas Duvoux, le militant d’ATD Quart Monde Bruno Tardieu… Tous, à leur manière, appellent à ne pas s’habituer à cette litanie des statistiques sur « les pauvres » qui déshumanise la sou‘ffrance. Mais aussi à refuser ce mépris de classe qui, caché derrière les oripeaux de la charité ou de la philanthropie, exclut les plus démunis du champ social. « Ce n’est pas que les plus pauvres n’ont rien à dire, c’est qu’on ne les entend pas », résume Céline Braconnier. Éradiquer la pauvreté d’ici à 2030, tel est le nouvel objectif phare fixé fin septembre par les Nations unies, qui soulignent que le nombre de personnes vivant en situation d’« extrême pauvreté » a été divisé par deux depuis 1990, passant de 1,9 milliard à 836 millions en 2015. Un progrès qui s’accompagne d’une explosion des inégalités entre plus riches et plus pauvres. Et n’éteint en rien l’urgence d’agir.

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La Palestine, nous et la voix des peuples

Posté par jacques LAUPIES le 16 octobre 2015

 

Comment ne pas s’interroger sur la représentation politique que se donne le peuple des juifs israéliens dont les ancêtres ont subi les pires souffrances avec des millions d’exterminés par la folie inhumaine nazie.

Si évidemment la répression israélienne contre le peuple palestinien ne saurait être comparée avec la nature et les méthodes racistes employées dans la shoah, il n’en demeure pas moins qu’elle est féroce et criminelle et meurtrière.

Que les palestiniens usent de violence pour la combattre nous interpelle. Ils entrent ainsi dans ces processus au sein desquels l’on peut avoir tendance à considérer qu’il faut les mettre dos à dos avec une population israélienne importée pour dominer et coloniser. Mais la réalité est tout autre et chacun sait qu’un peuple qui en opprime un autre ne peut-être un peuple libre. Et que donc la lutte des opprimés devient légitime.

Si des voix s’élèvent parmi le « peuple juif » pour contester la politique du gouvernement israélien qui parait sans issue pour ce peuple lui-même, une majorité semble accepter cette politique. Et cela pose bien la question de la responsabilité collective des peuples.

On a trop souvent tendance, au prétexte qu’il s’agit du peuple, de le ménager devant sa passivité de et sa propension à se laisser entraîner dans des extrémismes dangereux. Il nous semble que parfois il faut mettre les citoyens devant leurs responsabilités. Pour cela un langage fort et ferme est nécessaire de la part des éléments (notamment des responsables politiques) pour mettre en évidence les risques encourus.

La démocratie chacun le sait est un système ou le peuple doit être souverain et cela n’est possible et sans risque que si ce peuple est instruit, informé, donc en capacité, par delà les conditions matérielles de vie de chacun, facteur essentiel des prises de conscience de classe pour les victimes d’exploitations, de comprendre les mécanismes de fonctionnement de la société et se  positionner par rapport aux offres politiques qui leur sont faites.

Notre société est assujettie à la puissance du grand capital qui en maitrise tous les rouages économique, financiers, et dans une grande proportion politique, médiatique et culturel. Mais celui-ci contrairement aux apparences n’est pas invulnérable et se heurte à toutes sortes de résistances sur le plan politique mais aussi dans le monde intellectuel, dans certaines expressions religieuses, dans les luttes sociales (facteur essentiel pour l’émancipation). Et cela malgré ses efforts de manipulation et d’instrumentalisation des dogmatismes.

C’est en cela  que s’impose le rassemblement de ces forces d’oppositions diverses, lequel peut permettre une plus juste répartition des richesses avec des objectifs de justice sociale à la hauteur des luttes menées, y compris au titre de la citoyenneté par l’expression électorale. Un rassemblement qui doit se faire sans pour autant que chacun mette en évidence ses propositions.

 

 

Pourquoi deux syndicalistes refusent de serrer la main au Président de la République

Jeudi, 15 Octobre, 2015
Humanite.fr

 

Quand deux syndicalistes reprochent, les yeux dans les yeux, au Président de la République, François Hollande, de ne pas dénoncer la « violence patronale » dans le dossier Air France.

 

 

L’offre de Netanyahou aux Palestiniens : l’occupation et la colonisation

Pierre Barbancey
Jeudi, 15 Octobre, 2015
L’Humanité

 

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Photo : Musa Al-Shaer/AFP

À Bethléem où un palestinien a été tué mardi, un soldat israélien faisant face, hier, aux manifestants.
Photo : Musa Al-Shaer/AFP
Les affrontements sont toujours plus meurtriers à Jérusalem-Est encerclée, en Cisjordanie et maintenant 
à Gaza. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, ne répond que par plus de répression. 
La colère palestinienne est alimentée par la perte de tout espoir dans une solution négociée alors qu’Israël n’est jamais sanctionné dans sa violation du droit international et son non-respect des accords d’Oslo.

Il y a à peine deux semaines, du haut de la tribune des Nations unies, à New York, le président palestinien, Mahmoud Abbas, lançait un appel solennel au monde entier. Outre le fait qu’il ne se sentait plus lié par les accords d’Oslo dans la mesure où les Palestiniens étaient les seuls à les respecter, il rappelait la situation de son peuple, soumis à la colonisation, l’occupation, l’asphyxie économique et financière, l’humiliation permanente (lui-même doit obtenir l’accord des Israéliens pour quitter les territoires palestiniens !). « Je demande à l’ONU, à son secrétaire général, à l’Assemblée générale, d’assurer la protection du peuple palestinien. Nous en avons besoin. Nous sommes attaqués de tous côtés. Nous n’avons personne pour nous protéger. Nous vous implorons. Nous avons besoin d’une protection internationale », déclarait-il alors, non sans émotion. Une protection physique et politique. Un appel superbement ignoré, y compris par la France, qui se targue pourtant de vouloir jouer un rôle moteur dans le cadre des relations internationales !

Ce qu’il se passe actuellement dans les rues de Jérusalem, en Cisjordanie, à Gaza, et qui gagne même les villes israéliennes comme Tel-Aviv, est l’illustration terrible de l’appel de Mahmoud Abbas. Un peuple est en état d’étranglement mais il ne crèvera pas sans rien dire. À l’orée de Ramallah, devant des barrières qui rappellent des herses, protection de la colonie illégale de Beit El, il ne se passe plus un jour sans que les jeunes ne manient la fronde ou, à mains nues, ne jettent des pierres sur la soldatesque déployée. Des cailloux face aux fusils. Un remake de la révolte palestinienne. Remake de la colonisation : ces colons armés qui descendent de « leurs » collines pour brûler les plantations palestiniennes ou des maisons, sous l’œil bienveillant de ces mêmes soldats. Lorsqu’un bébé palestinien a été brûlé vif, l’émoi a été à son comble, dans le monde. Qui pense encore aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’un fait isolé pour les Palestiniens mais d’une histoire qui se répète ? D’ailleurs, personne n’a été inculpé en Israël pour cet assassinat. Le fort dénonce toujours la violence du faible. Là-bas comme ici.

On aura vite fait de parler de « l’Intifada du couteau » maintenant que les attaques à l’arme blanche se multiplient. On parle moins en revanche des armes qui circulent en Israël. Sait-on, par exemple, que la loi israélienne stipule qu’en dehors des forces de sécurité, les civils qui habitent ou travaillent dans des zones jugées « à risques », comme les colonies de Cisjordanie et Jérusalem, sont autorisés à porter une arme à feu ? Ces derniers jours, les armureries israéliennes ne désemplissent plus. Le nombre de morts palestiniens est, depuis le 1er octobre, quatre fois plus important que celui des Israéliens tués. Et l’écart va s’amplifier. Le maire juif de Jérusalem, Nir Barkat, a donné l’exemple. Cet ancien parachutiste, arme automatique en bandoulière au volant de son 4×4, a invité les télévisions locales à le suivre pour une patrouille dans les quartiers chauds de Jérusalem-Est occupée et annexée. En Cisjordanie occupée, une majorité de colons, hommes et femmes, portent leur calibre à la ceinture, ou coincé dans l’élastique du pantalon dès qu’ils franchissent la barrière et les barbelés qui entourent leur implantation. « À long terme il est évident que plus d’armes sur la place publique, c’est plus de danger, pas plus de sécurité », met en garde Smadar Ben Natan, avocate israélienne, en citant en exemple le cas d’un juif qui en a poignardé un autre mardi parce qu’il l’avait pris pour un Arabe !

Samedi, ils étaient des milliers, 
en France, à manifester pour la reconnaissance de l’État de Palestine

Combien faudra-t-il encore de morts pour que les États réagissent ? Samedi, des milliers de personnes ont manifesté en France pour demander – comme le fait le Parlement – la reconnaissance de l’État de Palestine. Hier, lors de la séance des questions au gouvernement, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, n’a su que répéter que « la France demande qu’il y ait une action pas seulement des deux pays, Palestine et Israël, qui doivent bien sûr travailler ensemble, mais un encadrement international pour les pousser vraiment à négocier, à faire la paix ». Ce faisant, le gouvernement français laisse accroire que les Palestiniens ne veulent pas de négociations. C’est faux, comme l’écrit dans ces colonnes (lire page 5) Marwan Barghouti, qui représente plus que jamais l’espoir du peuple palestinien. La société israélienne, elle, est plus que jamais enfermée dans une cécité meurtrière, ce que dénonce Amira Hass, courageuse journaliste israélienne, qui ose dénoncer la politique coloniale de son pays et les soutiens médiatiques dont il dispose (lire page 6).

Aujourd’hui, au Sénat, Laurent Fabius doit intervenir sur « La politique étrangère de la France : quelle autonomie pour quelle ambition ? ». Vaste programme quand on est membre de l’Otan. L’ambition de la France pourrait d’être le vecteur international qui forcera Israël à respecter le droit international, y compris par des sanctions qui ne peuvent pas être simplement la panacée lorsqu’il s’agit de la Russie, de l’Iran ou de la Syrie. Elle verra alors tout naturellement les Palestiniens reprendre espoir.

Le secours populaire français relaie un appel d’urgence. Partenaire du Secours populaire français (SPF), l’association Palestinian Medical Relief Society (PMRS) lance un appel urgent à l’aide et 
à la solidarité, après 
les dernières semaines 
de tension en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Au regard de la détérioration de la situation et du risque d’embrasement, PMRS demande que « les droits de l’homme et le droit humanitaire soient respectés ». Elle active 
un « plan d’urgence » 
en préparant ses équipes et ses dispositifs médicaux « afin d’être en mesure 
de répondre plus vite 
aux urgences du terrain ». Avec la précision « Fonds d’urgence », les dons financiers sont à adresser au SPF dans tous 
les départements ou 
au 9-11, rue Froissart 
BP 3303, 75123 Paris Cedex 3. Ils peuvent être également versés via 
le site Internet du SPF.

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