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Attention danger !

Posté par jacques LAUPIES le 5 septembre 2015

 

La domination sur l’économie qu’exercent les grands groupes industriels et financiers lesquels entraînent dans leur sillage la moyenne et petite bourgeoisie patronale, rentière, spéculative, etc. produit dans notre pays et en Europe une altération de la démocratie que seuls les naïfs peuvent ignorer.

Mais voilà, on peut toujours constater ce phénomène qu’accompagnent des poussées inquiétantes de nationalismes, et ne pas être réactif sinon en abandonnant les urnes et les luttes sociales, en se laissant  séduire par des positionnements extrémistes, de droite et de gauche !

Et là il y a un véritable danger qui menace : par suite de reculs ou de stagnation électorales du courant révolutionnaire, au sens ou il celui ci doit-être  porteur des transformations sur le plan économique et social, se prononcer pour une politique basée sur la demande et non sur l’offre, devant se traduire par la maitrise des secteurs vitaux de l’économie et la mise en place de nouvelles institutions donnant véritablement la parole aux citoyens.

Les pouvoirs transférés à une Europe qui n’a de compte à rendre à personne et se trouve sous la coupe des libéraux de droite et des socio démocrates libéraux, eux mêmes, prisonniers des marchés financiers et d’institutions anti démocratiques, deviennent une contrainte et parfois un alibi pour les gouvernements français successifs mis finalement avec leur assentiment sous tutelle, comme la plupart des gouvernements des pays européens pour justifier les politiques d’austérité

C’est dans ce contexte que vont se dérouler les prochaines élections régionales et sans doute après les présidentielles, d’où l’effervescence qui règne  dans la vie politique française et a pour conséquence d’amener la bourgeoisie à faire des choix, en gros prendre appui sur les Républicains minés par des représentations peu crédibles (notamment Juppé ou Sarkozy) ou un Parti Socialiste également miné par ses échecs économiques et sociaux mais qui semble de plus en plus avoir les faveurs de la classe dominante, en attendant une recomposition à droite qui n’exclurait pas le recours au FN (ne prenons pas à la rigolade le conflit familial des Le Pen qui a une autre signification que celle du patriarche floué et grincheux)

Une bourgeoisie qui s’attelle à ignorer la vraie gauche qui, si elle parait affaiblie, conserve cependant un fort potentiel. Une vraie gauche qu’elle craint à juste titre ! Seulement voila il manque à cette gauche un puissant Parti Communiste capable de peser sur toutes sortes de variantes peu ou prou susceptibles de constituer un projet clair et qui actuellement sont  un peu en débandade (verts et PG notamment qui s’enferment dans une recherche de leadership et n’ont de cesse que de s’user  dans de pitoyables chamailleries).

Mais ce Parti Communiste existe, avec un potentiel considérable qu’il faut d’urgence renforcer. Telle est la priorité !

Alors de grâce, nous qui savons ou aller, donnons nous les moyens et travaillons d’abord nos outils avant d’en fabriquer pour les autres !

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Mobiliser jeunes et anciens pour un renouveau indispensable

 

 

Roland Gori : « Il faut redonner au politique toute sa place désertée »

Entretien réalisé par Pierre Chaillan
Vendredi, 4 Septembre, 2015
L’Humanité

 

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Attention danger ! dans POLITIQUE

Photo : Hannah Assouline/Opale/Leemage
L’analyse que Roland Gori développe dans l’Individu ingouvernable (1) trouve une édifiante démonstration avec la crise grecque. Face à une démocratie annihilée par une « société technicienne néolibérale » et devant la menace de « néofascismes », le psychanalyste lance un plaidoyer en faveur de la parole et souligne l’enjeu culturel afin de « réinventer l’humanisme ».                                            

Après le « coup d’État » contre la volonté populaire grecque, avons-nous atteint un point de rupture dans la crise démocratique en Europe ?

Roland Gori Il s’agit moins d’un point de rupture que d’un moment de vérité : une Europe fédérée et gouvernée uniquement par les règles formelles de la finance ne saurait prétendre à la démocratie, être véritablement démocratique.

  Cette crise révèle que les démocraties libérales en Europe pourraient n’apparaître, aux yeux des peuples, que comme les fantômes résiduels de la démocratie parlementaire, les coquilles vides du suffrage universel. La souveraineté populaire est désavouée et bafouée par les équipes technocratiques européennes, « nouveaux chiens de garde » du néolibéralisme. La crise grecque met en lumière jusqu’à l’obscénité la mise sous « curatelle technico-financière » des peuples et des nations. Les abus de pouvoir de la technocratie s’arment de la logique comptable, de la coercition économique  habillée  de raison juridique, pour imposer à la démocratie la loi d’airain d’une véritable vision néolibérale du monde. C’est en réalité moins un pilotage économique qu’un avertissement politique qui est lancé par l’Europe aux peuples. Comme l’a dit benoîtement M. Schäuble à M. Sapin : « On ne peut pas laisser des élections changer quoi que ce soit. » Au moins les choses sont claires : l’Europe monétaire ne saurait tolérer une légitimité démocratique venant contrarier le jeu des économies financiarisées. À bon entendeur, salut ! Que Syriza, Podemos ou la gauche française se le tiennent pour dit : on vous laisse jouir des spectacles électoraux à condition qu’ils ne viennent pas contrarier la politique de la troïka. Nous sommes entrés dans la saison blanche et sèche de la « post-démocratie » assumée. 

  Vous avez raison, c’est bien d’un coup d’État dont il s’agit, comme celui qui mit fin le 2 décembre 1851 à la Deuxième République en France. C’est le même mouvement de restauration conservatrice qui, dans toute l’Europe, avait coupé le souffle épique de ce que l’on nommait « le printemps des peuples ». Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des hommes qui accomplissent les coups d’État mais un système, le néolibéralisme. Avec d’autant plus de violence que ce système se trouve moralement en faillite.  Nous avons lâché la proie de la démocratie pour l’ombre du « rationalisme économique morbide », accouplant la contention du système technicien et les valeurs de la religion du marché. M. Schäuble incarne à merveille la croyance monomaniaque du néolibéralisme selon laquelle les règles seraient neutres, objectives et naturelles. Alors même qu’elles ne sont que le résultat des stabilisations politiques éphémères issues des transactions sociales et des rapports de forces conflictuels.

 

Vous y décelez une répétition de l’histoire ou, tout du moins, une « concordance des temps »  ?

Roland Gori Depuis son origine, le libéralisme sous ses différentes versions fait l’impasse sur une part de l’humain. Cet impensé fait retour à certains moments et craquelle le vernis des valeurs de la civilisation bourgeoise. L’individualisme philosophique sur lequel se fondent les libéralismes, les illusions historiques qu’ils tendent à fabriquer, comme celles d’une émancipation de tous par les richesses de quelques-uns, comme celles d’un progrès continu et universel de la morale collective par la raison, la science, la technique et le droit, s’effondrent au moment des crises économiques et politiques. À chaque fois, les institutions parlementaires se trouvent discréditées, les populismes émergent, les nationalismes s’exacerbent et dansent au bord de l’abîme des guerres, des racismes et des terrorismes « tribaux ». Sans les confondre, nous pouvons rapprocher les crises, les violences et les fragmentations sociales que nous connaissons de celles qui ont émergé à la fin du XIXe siècle ou entre les deux guerres mondiales. Le libéralisme révèle alors les limites anthropologiques de sa gouvernementalité, se trouve confronté aux masses prolétarisées, et l’individu « atomisé » devient la proie des partis de masse et des politiques de la peur et du ressentiment. Comparaison n’est pas raison, et je ne prétends pas à la « répétition » pure et simple de ces événements historiques, mais simplement je pense avec Walter Benjamin qu’« articuler historiquement le passé ne signifie pas le connaître tel qu’il a été effectivement », mais « bien plutôt devenir maître d’un souvenir tel qu’il brille à l’instant d’un péril ». Et je dirais, encore avec lui, qu’il nous faut organiser le pessimisme pour pouvoir le transformer en volonté politique. La connaissance de l’histoire est indispensable à toute émancipation, à toute liberté qui sait s’affranchir de la répétition. C’est pourquoi la culture est la condition du politique, et l’objet de toutes les attaques et les discrédits des régimes totalitaires, prépolitiques au sens d’Hannah Arendt. Le néolibéralisme en fait partie.

 

C’est à la fin du XIXe siècle qu’émergent de nouveaux modes de connaissance, et, notamment, la psychanalyse, parfois mise en opposition aux déterminismes sociaux. Pourquoi y voyez-vous au contraire une construction sociale et politique ?

Roland Gori Les formes du savoir et les pratiques sociales sont indissociables. Ce qui ne veut pas dire que la science est une construction sociale. Cela signifie simplement que les conditions d’émergence des révolutions symboliques, pour parler comme Bourdieu, sont des conditions favorisantes pour les découvertes. Et en ce qui concerne la psychanalyse, cela veut dire que son émergence demeure difficile à comprendre sans la crise de la pensée libérale à la fin du XIXe siècle. Mais entre la crise de la pensée libérale et la découverte freudienne, il y a tout un champ clinique spécifique, celui de la psychopathologie de l’hystérie, sans lequel l’invention de la psychanalyse n’aurait pas eu lieu.

À la fin du XIXe siècle, à l’âge des machines et de l’urbanisation de la deuxième révolution industrielle, de nouvelles manières d’éprouver et de sentir conduisent l’individu à chercher toujours davantage en lui-même le sens de son existence. La psychanalyse a contribué à répondre à cette nouvelle quête culturelle imposée par les contradictions du libéralisme, déchiré entre des idéaux de liberté individuelle, et la réalité sociale des nouvelles organisations du travail réduisant les individus à de simples automates. À sa manière, la psychanalyse a donné une forme et une création à la destinée humaine, singulière et collective. À ce titre, elle a participé à la construction sociale d’espaces de liberté.

 

Mais, qu’est-ce qui a alors conduit à l’échec de cette « révolution symbolique »  ?

Roland Gori  Dans la modernité, la pratique se dégrade en technique et les éclairs des innovations se transforment en automatismes, et en dispositifs d’adaptation. La psychanalyse n’a pas échappé à ce funeste destin. Le vif de son expérience, et la substance révolutionnaire de sa découverte, n’a été retrouvé qu’au cours de rares moments où elle se réinventait, avec Ferenczi, Winnicott et Lacan par exemple. Lorsque la répétition prend le pas sur la liberté, lorsque les normes remplacent l’authenticité de l’expérience, les révolutions symboliques finissent dans le panier à salade des institutions de la normalisation sociale. À ces résistances internes à la psychanalyse s’ajoutent, aujourd’hui, les menaces des nouvelles idéologies d’un homme « neuro-économique ». Ces nouvelles idéologies fabriquent la figure anthropologique d’« un sujet entrepreneur de lui-même », chargée d’en finir avec celle de l’homo psychologicus encore trop dépendante du récit et de la parole, de l’histoire et du sens. La connaissance tragique de la psychanalyse s’accommode mal des exigences d’une société dominée par le présentisme, le numérique et l’hédonisme de masse. La psychanalyse et la démocratie pâtissent du même discrédit de la parole et du dialogue, dans un univers qui feint de ne connaître que les chiffres… et les « règles » formelles des procédures pour vivre « heureux ».

 

Face à de nouveaux « fascismes » et guerres d’anéantissement, le « défaut de parole » nous ramène vers des « pulsions de mort » . Comment cela se traduit-il ?

Roland Gori Là, c’est quasiment la totalité de l’ouvrage que vous me demandez de résumer ! Je le rappelle : la notion de « fascisme » est complexe et son usage controversé. Disons qu’en élargissant sa signification historique à l’ensemble des dispositifs totalitaires des mœurs qui prescrivent de devoir penser, dire le monde, se comporter d’une seule façon et ne parler qu’une langue, celle de la technique et de la quantité, nous nous trouvons confrontés à deux sortes de « fascismes » : celui du système technico-financier et celui des « théofascismes ». Comme la nuit et le jour, ces deux fascismes s’engendrent l’un l’autre. Bourdieu en avait eu l’intuition dès 1995 lorsqu’il mettait en garde contre l’émergence d’une violence terroriste qui, à travers l’irrationalisme du désespoir, et, aujourd’hui, la « tribalisation » d’un monde
globalisé, s’enracine presque toujours dans la violence inerte des pouvoirs qui invoquent la raison néolibérale.

 

Où est l’espoir ?

Roland Gori Nous ne parviendrons pas à retrouver la démocratie sans nous réapproprier des espaces interstitiels de parole, de débats et de discussion, de partage de notre expérience sensible, de conflits, d’argumentations contradictoires, et de décisions démocratiques ! Il faut en finir avec ces formes dégénérées que sont la démocratie du spectacle et la démocratie d’expertise légitimant une organisation sociale régulée par la financiarisation généralisée des activités humaines. Il faut redonner au politique toute sa place désertée au profit des règles technico-financières. Le politique est ce qui se construit par la parole, les œuvres, les services et les actions entre les humains, faute de quoi il n’y a que le « désert ». Désert d’une existence solitaire, atomisée, robotisée, où les « machines humaines » se connectent et interagissent, sans se rencontrer.

 

Et, comment « réinventer l’humanisme »  ?

Roland Gori Il n’y a pas de « mode d’emploi », désolé ! L’humanisme est une notion molle que l’on peut mettre au service de n’importe quelle idéologie si elle ne requiert pas des innovations politiques et éthiques. L’historien de l’art Jacob Burckhardt disait qu’à la Renaissance l’État et les institutions sociales avaient été créés comme des œuvres d’art, que la totalité du social et de l’existant participait de ce renouvellement. On trouve chez Jaurès des propos identiques. On oublie bien souvent que la paix civile, comme la paix entre les nations, n’est pas seulement l’absence de discorde, mais qu’elle est une victoire des forces du consensus sur les puissances qui divisent. Donc une création. Ce qui suppose une autre conception du vivre-ensemble, d’autres manières de concevoir la politique, l’éducation, la justice, le soin, la culture, l’information… que celles que les logiques de domination sociale imposent aujourd’hui à la planète entière.

Cela suppose que nous soyons capables de vaincre la peur. Comme le rappelait Léon Blum le 24 février 1948, à l’occasion du centenaire de la Révolution de 1848 : « Au moment des grandes crises publiques, il n’y a pas de mobile plus redoutable et plus pernicieux que la peur. Même quand c’est la peur d’avoir peur. Même quand c’est la peur de faire peur, d’autant plus qu’en ayant peur de faire peur, on crée la peur. » Propos plus que jamais d’actualité pour construire cette « fraternité européenne » que Victor Hugo appelait déjà de ses vœux au moment du « printemps des peuples » de 1848. On sait ce qu’il advint d’y avoir échoué.

 

à la Fête de l’Humanité  Le psychanalyste, professeur émérite 
de psychologie et de psychopathologie cliniques, participera à plusieurs temps forts lors de la Fête de l’Humanité. 
Auteur de nombreux livres, le président 
de l’association l’Appel des appels signera ses ouvrages au village du livre 
où il prendra part, dimanche 13 septembre à 13 heures, à la rencontre 
« La République et l’individu ». Il débattra également sur le thème « Ensemble pour une autre Europe, avec le peuple grec » samedi 12 septembre, à 15 heures, 
à l’agora de l’Humanité.

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L’insupportable !

Posté par jacques LAUPIES le 4 septembre 2015

 

Depuis des mois nous nous sommes inquiets devant  ces flots d’immigrés qui fuient la misère économique de leur pays ou, plus grave encore, cherchent un refuge devant les menaces pesant sur leurs vies parce que confrontés à  la folie répressive et criminelle.

Lorsque cette situation aboutit pour certains d’entre eux à la mort et que de surcroit elle frappe des enfants nous sentons la révolte nous gagner. Nous éprouvons parfois le besoin de porter secours, d’ouvrir notre porte alors que d’autres  la fermeraient.

Nous sommes même désemparés car lorsque l’opportunité d’accueillir s’offre à nous de nombreux obstacles nous attendent  jusqu’au risque d’être dans l’illégalité. La crainte aussi il faut bien le dire de se trouver dans une situation qui bouleverse notre vie quotidienne. Et cependant sous le coup de l’émotion, de l’envie de pleurer qui nous gagne malgré nous, en voyant un petit garçon de trois ans noyé, dont on croirait presque qu’il dort, alors on est dans l’insupportable.

On ne peut donc rester sans rien faire ! Et si l’opportunité nous est donné de secourir nous le ferons ? Je ne sais comment mais en tous cas nous sommes probablement des milliers à offrir notre aide qui ne demande qu’à être utile et à soulager ceux qui sont encore dans l’errance. Une amie me disait hier qu’elle avait rencontré une famille avec des enfants dans cette situation d’incertitude. Elle vit seule et a eu la crainte, ne sachant pas qui étaient ces inconnus, de leur offrir l’hospitalité. On peut la comprendre et cela pose  quelques questions : est ce elle qui doit se mettre dans une situation compliquée tant parce qu’elle n’a pas de grands revenus que parce qu’elle peut craindre pour sa sécurité ? Que font les pouvoirs publics devant l’urgence ? 

Au prétexte que l’opinion publique est conditionnée négativement pour accueillir les réfugiés, on tergiverse dans des discussions improductives. On ose parler de causes que constitueraient les interventions terroristes qui ne sont elles que les effets de l’incurie des pays occidentaux à avoir géré la situation au moyens orient et comme l’a fait Bush d’avoir mis le feu aux poudres.

Combien de fois avons nous dit, souvent seuls, que nous allions droit dans le mur ? Hollande, devenue l’homme du capitalisme et Valls que en qui la grande bourgeoisie voit un successeur possible, n’ont plus aucune retenue si ce n’est celle que leur impose une opinion outrée, sur leur gauche certes ,mais qui va bien au delà, ne font pas leur boulot depuis des mois.Il faut le terrible drame que constitue la mort de cet enfant, une photo et un battage médiatique pour que tombe d’incertaines promesses !

Parmi les intellectuels, même si je ne partage pas toujours ses analyses politiques, il faut qu’un Michel Onfray nous confirme ce que je viens d’énoncer pour qu’un peu de vérités soient dites ! Qu’il en soit félicité.

Quant aux communistes, aux chrétiens en qui un tel drame éveille leurs sentiments humanitaires, leurs traditions différentes mais bien réelles d’aller au secours des plus vulnérables renaitrait-elle avec la générosité qui les caractérise et dont d’ailleurs ils ne sont pas les seuls détenteurs.

Nous l’espérons profondément ! Nous sommes en tous cas disposés et disponibles pour intervenir concrètement dans une aide et un soutien d’urgence qui doit aboutir à un relais des pouvoirs publics conséquent et durable !

jacques.laupies@orange.fr

tel 06 45 47 03 90

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Hier soir le communistes du 13 étaient en Assemblée de rentrée

Pierre Dharreville prononce une allocution et évoque le drame des migrants

 

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le repas amical et  festif

 

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Lire, voir, écouter, hors des sentiers battus, un besoin pour les communistes

Posté par jacques LAUPIES le 3 septembre 2015

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Vont ils disparaître de nos bibliothèques…

 

J‘ignore si beaucoup de lecteurs de ce blog lisent l’Humanité dont je reproduis généralement un article quasiment chaque jour avec un commentaire plus ou moins adapté au sujet traité.

Si cela n’est pas le cas, je rappelle ainsi l’existence de ce journal qui est un outil précieux pour toute personne s’intéressant à la vie politique et intellectuelle de notre pays.

Le premier conseil que je formule auprès des nouveaux adhérents c’est de l’acheter et bien entendu cette recommandation vaut pour qui veut connaître  certaines des idées défendues par le communistes, ou pour le moins qui font débats en son sein.

Je recommande aussi la lecture des classiques du marxisme afin que les jeunes militants s’imprègnent de la méthode de pensée que constitue l’ensemble de la théorie de Marx, d’Engels et n’hésitent pas à se procurer les textes de tous les grands révolutionnaires qui depuis plus de 150 ans ont non seulement interprété leur pensée mais ont été conduits à s’en inspirer pour tenter de changer les sociétés dans lesquelles ils vivaient. Lénine n’est pas des moindres et il est particulièrement saisissant de voir de quelle façon, avec réalisme, il analyse le comportements gauchistes ou réformistes.

Avec cette autre recommandation c’est qu’il faut toujours placer les écrits des hommes d’action autant d’ailleurs que leurs actes dans le contexte  vécu par eux et faire les transpositions nécessaires plutôt que de les ignorer totalement. D’où qu’ils viennent je me méfie des « déboulonneurs » de statues !

Certains prétendent excessivement, sans nul doute, que le Parti Communiste n’est plus ce qu’il était au point d’en conclure qu’il n’existe plus. Laissons les à leur fantasme mais le meilleur moyen de les distraire de cette vision démobilisante n’est il pas de revenir encore plus fort sur un renouveau du PCF qui ne lâche rien sur le plan théorique et historique, sans embellir certes mais ferme sur les principes.

Pour cela même s’il y a toujours un risque de trop schématiser, de simplifier le complexe, il faut donner à une jeunesse, qui a bien plus d’atout (sauf le vécu) que nous n’en avons à presque 80 ans, ce que le Parti nous a apporté en matière d’éducation politique (et même au plan culturel en général)  ce que selon moi, qu’il ne fait pas suffisamment de nos jours !

Il s’agit pour les jeunes de mettre en adéquation un réel différent de celui qui était le nôtre à 20 ans avec ce qui demeure des grands principes qui doivent guider un Parti Communiste et, si ceux-ci ont évolué, il faut expliquer pourquoi et comment !

L’exploitation de la force de travail, la plus value, l’accumulation du capital,  la propriété privée (les raisons de sa naissance) qui  consacre l’aliénation de tous ces éléments par la classe dominante, la lutte des classes que cela engendre en fonction du rôle joué  dans la production, la définition des classes sociales,  le pourquoi du rôle majeur de la classe ouvrière sans sombrer dans un ouvriérisme réducteur, et dangereux même,  le  rôle irremplaçable d’un vrai parti révolutionnaire, toutes ces notions sont nécessaires et doivent être appréhendées si l’on veut maitriser les effets secondaires  qui dans trop d’esprits militants peuvent prendre le pas sur l’essentiel dans une période ou l’idéologie dominante pèse lourdement.

Cela parait d’autant plus facile que les jeunes ont un fort potentiel de connaissances qu’il faut sans doute ordonner mais qui n’a rien de commun avec celui que nous pouvions avoir, nettement plus limité.

Donc la modestie s’impose à nous mais pas au point d’oublier nos expériences, nos succès comme nos échecs, au point de laisser, vidé de sa substance, le combat révolutionnaire et donc,  le Parti choisi pour cela ! Il nous faut à la fois, autant que faire se peut, faire preuve d’une certaine pugnacité au risque d’être à la limite de la ringardise, et d’un certain laxisme au risque d’être taxé d’un jeunisme trop opportuniste !

Je n’ai d’ailleurs jamais trop compris pour quelles raison existent des séparations  qui empêchent parfois de mettre en présence toutes les tranches d’âge. Il y a besoin  d’organisations spécifiques (jeunesse, vétérans) mais cela ne doit pas, à tous les niveaux d’activité d’un parti nuire à la rencontre générationnelle qui est une garantie de pérennité, à condition que chacun mesure bien la place et le rôle qui sont les siens.

Mais pour en revenir à ce que j’évoquais au début, il faut lire, sélectionner dans l’audio visuel des documentaires, des fictions qui ont le mérite d’exister sur des chaînes de télé, des radios, d’autant que les diffusions souvent tardives, peuvent être vues en différé. En cela les militants les plus disponibles (retraités notamment) peuvent « guider » en informant, les plus jeunes ! 

De grâce ne négligeons pas cela car le risque est grand, devant le flot d’informations mal intentionnées, incohérentes, dont nous abreuvent les télés aux heures de grande écoute en particulier, d’une déstructuration de nos modes de penser ! 

 

 

 

 

Joseph Stiglitz, « La démocratie  , arme contre la crise »

Entretien   réalisé par 
Clotilde  Mathieu  et Bruno Odent
Mercredi, 2 Septembre, 2015
L’Humanité

 

De passage à Paris       pour la  sortie  de son dernier   ouvrage , Joseph Stiglitz, prix Nobel d’  économie , relève  que les inégalités sont au cœur de l’instabilité    économique   mondiale et  développe ses propositions   alternatives.

   Les inégalités que vous évoquez dans votre  livre  furent déjà  le principal ingrédient du Krach de 2007-2008. Est-ce que cela veut dire qu’aucun    enseignement    n’en a été vraiment  tiré depuis et que de   nouvelles  crises du même type vont surgir ?  

Joseph Stiglitz.     Je ne pense pas que  nous avons  résolu le problème   de 2007/2008. Il y aura, il y a déjà une autre crise. Une des  raisons  sous -jacente du krach fut la      croissance     des inégalités et la baisse de la  demande . Parce que les   personnes    qui sont en haut de l’ échelle  dépensent finalement moins que ceux qui sont en bas. Cela a   débouché  sur une faible    dynamique   économique. La réserve  fédérale (la    banque centrale  des Etats-Unis  ) a décidé, à l’époque , de contrebalancer cette faiblesse en créant une bulle   financière   . Celle -ci a   permis à 80% des  citoyens   des Etats -Unis de dépenser 110% de leurs   revenus  . Mais ce n’était pas durable  . Et finalement la bulle a explosé. Les dégâts  restent   considérables. Les inégalités se sont accrues. Les personnes qui ont été les plus affectées sont celles qui figurent au  milieu  et au bas de l’échelle sociale. Ainsi entre 2009 et 2012, 91% de la croissance a été capturée par les 1% les plus riches. Le reste  des gens , les  99%, n’ont pas vu la       couleur  de la reprise.

  Est-ce qu’il n’y a pas de nouvelles bulles,  Wall Street    a battu à  nouveau  des records ces   derniers  mois…  

Joseph Stiglitz :     Il y a une forte  probabilité  de présence  d’une nouvelle bulle. Le    gouvernement   a refusé de soutenir  l’économie avec des   politiques fiscales favorisant la demande. Il a privilégié la   politique monétaire       (l’abaissement des taux d’ intérêt et l’ injection de  liquidités     bons  marchés ) tout en échouant sur la réglementation du   secteur   financier  . L’objectif  déclaré était de stimuler l’  activité et l’   investissement     . Mais dans les faits les  prêts aux  PME/PMI  sont restés en-  dessous   du niveau de 2007. L’ argent  ainsi déversé n’a pas conforté l’économie, si ce n’est à la marge .  Car la plupart des     crédits bons marchés ont été aspirés par les   marchés financiers  avec donc la probable création d’une nouvelle bulle. .

Vous vous  êtes fortement engagé contre l’austérité  en Europe et le    creusement  des inégalités, vous avez soutenu publiquement   Alexis Tsipras et le « non » au  référendum grec   .  Quelles  seront les conséquences  du diktat du 13   juillet  imposé aux   dirigeants grecs ? 

Joseph Stiglitz.     Une récession plus dure et plus longue  . Même le FMI  dit que l’économie   grecque va de nouveau se  contracter    . Elle se  situe déjà 25% sous son niveau d’avant la crise. Le  paquet de  mesures exigées risque d’être   particulièrement     funeste à l’économie grecque. La chose étrange c’est que   très normalement quand quelqu’un prête  de l’argent, il met des    conditions  . Celles-ci permettent de s’assurer que celui qui  emprunte  puisse rembourser. Mais dans le schéma retenu par les européens et la troïka  on impose des conditions qui rendent le    remboursement    quasi-impossible.  Aujourd’hui  l’Allemagne   veut que le FMI soit présent dans ce  programme mais le FMI ne veut pas en    faire partie s’il n’y a pas de   restructuration     de la dette . Le FMI et l’Allemagne font   partie de la Troïka mais avancent des logiques opposées. Si  vous êtes  un électeur   grec vous ne pouvez pas  savoir    quoi faire  . On peut prier, espérer  que l’Allemagne va finir par   comprendre  , va voir la lumière, et qu’il y aura des  révisions . On peut espérer que le FMI convainque  l’Allemagne de changer   les termes du  contrat  . Les Grecs ont signé l’ accord  sur cette base.

Ce qui s’est passé   en Grèce n’ illustre -t-il pas une crise qui est, comme vous le dite, avant tout démocratique ?  

Joseph Stiglitz.      Je crois  que l’euro  , tel qu’il fonctionne aujourd’hui,  a  créé un    déficit   de démocratie. Pas seulement en Grèce mais à travers  toute l’Europe les peuples ont voté pour des gouvernements qui   étaient contre l’austérité. Mais le   conseil des ministres de l’économie et des  finances    (ECOFIN) leur a imposé l’austérité. Les gouvernements qui ont été élus pour lutter  contre l’austérité ont dû céder. Les électeurs se disent   partout  : mais que se passe-t-il avec notre démocratie.  Nous   pensions  que nos    élections  avaient  un sens. Les gouvernements ont trahi.

Un autre fonctionnement  de la zone euro  est-il possible ?  

Joseph Stiglitz.   Il faudrait  rendre l’euro fonctionnel  pour qu’il engendre moins de divisions. Mais cela   nécessiterait    des réformes très importantes : une union  bancaire, une  coopération     fiscale, et surtout un soutien  aux pays qui ont des problèmes. Les blocages contre ce type de réformes sont énormes. L’Allemagne refuse une « Union de   transferts ». Seulement pour que l’euro fonctionne,  tout le monde    en est d’accord, il faut une Europe plus forte. Ce qui signifie que celle-ci doit comprendre un  degré  minimum de   solidarité . Lorsque la Californie     a eu un problème aux Etats-Unis, tous les autres  états ont aidé la   banque de Californie, nous avons un  certain niveau de solidarité. Cette solidarité n’ existe pas en Europe.

   La France     est un membre important de la zone euro. Est-ce que  Paris n’ aurait  pas pu mieux  faire valoir cette solidarité ? Paris a-t-il  été à la     hauteur  face à   Berlin?

Joseph Stiglitz.    L’interprétation la plus évidente est que la France a eu peur.  Peur, que si elle titille trop l’Allemagne et qu’à l’ avenir, au cas où des  investisseurs     se mettent à quitter la France, à retirer leur argent du  système financier et qu’elle  ait besoin   de ses voisins   d’outre- Rhin, l’Allemagne refuse de l’aider.  L’ Italie, L’  Espagne   , La France, tous intimidés de la même façon, ont rendu les  armes . Bien  que tous les économistes disent que l’Allemagne a eu tort de    réagir  de la sorte il ne s’est trouvé aucune     personnalité   pour contester   ces choix. Pas même la France qui possédait pourtant, sur le  papier, la   dimension  la plus appropriée pour « convaincre » Berlin. Tout le monde a cédé à la peur.

 François Hollande  affirme qu’il ne fait pas d’austérité… 

Joseph Stiglitz.    Tout est une question de  définition . Mais les chiffres   sont là. On a aujourd’hui un demi  million  d’employés en moins qu’avant 2008. C’est cela l’austérité. En fait une bonne     politique économique   suppose qu’en cas de récession, vous augmentiez le budget de l’état pour stimuler l’activité. Mais si vous coupez dans le budget et  bien vous  déprimez l’économie. Et cela s’appelle l’austérité.

  Le gouvernement Hollande   a décidé d’offrir  40 milliards d’euros de baisses d’  impôts aux   entreprises pour stimuler l’économie. Qu’en pensez-vous ?

Joseph Stiglitz.    François  Hollande fondait son espoir sur un regain d’  investissements   . Or il n’ existe aucune preuve qu’un allégement des  impôts sur  les entreprises conduise mécaniquement à plus d’investissements. Il y a d’autres mesures que de faire un    cadeau aux entreprises   , ce qui revient  à jeter de l’argent par les   fenêtres  et accroître l’inégalité. Si vous dites que vous investissez et que vous créez des   emplois en France  , à ce moment  vous pouvez  avoir une réduction  d’impôts. Mais si vous n’investissez pas en France    il faut que vous soyez imposé plus fortement. C’est une autre logique  qu’il faut suivre, celle d’une incitation à la création d’  emplois . Je l’ai dit, en son temps,  au gouvernement   français mais je n’ai pas été entendu….

Vous faites la  démonstration  que des décisions   politiques sont à l’origine des dysfonctionnements du système et vous dites que les  solutions    sont également politiques. Mais aux Etats-Unis Wall  street  bénéficie    d’une législation qui lui  permet de  financer  de façon illimitée les campagnes électorales. Est ce que les dés ne sont pas fondamentalement pipés   parce que Wall street est ainsi, de fait, quasiment juge et  parti ?      

Joseph Stiglitz.    C’est ce qui, à vrai dire  , entame  mon optimisme. Mais c’est aussi ce qui me renforce dans la conviction que l’on ne peut agir strictement sur le   terrain des réformes   économiques . Il faut promouvoir   d’un même mouvement des changements dans la sphère  politique . Une réforme de la loi électorale sur le     financement  des campagnes par exemple.

D’autres choses cependant me remplissent déjà d’espoir. Il y a eu des  mouvements  de citoyens qui ont réussi à surmonter ces terribles handicaps. Il y a eu des hausses du salaire minimum dans certaines grandes villes comme New – York, Los Angeles ou Seatle en dépit de l’influence des banques qui y étaient totalement opposées. Et à New-York, où se trouve le cœur financier du pays, on a même pu même élire un maire, Bill De Blazio qui a mené campagne contre les inégalités. .

Précisément en termes d’espoirs concrets, comment analysez vous le phénomène Bernie Sanders, le candidat à la primaire démocrate qui se réclame du socialisme ?

Joseph Stiglitz.  L’aspect positif du débat aux Etats-Unis c’est que dans les deux partis il y a une reconnaissance du problème des inégalités. Et au sein du parti démocrate tous les candidats sont en faveur de réformes pour réduire les inégalités et mettre une muselière aux banques. Il y a ici et là des différences sur ce qu’il faudrait privilégier, s’il faut mettre davantage l’accent sur l’éducation ou sur autre chose mais il n’y a aucun désaccord entre les candidats sur cette philosophie contre les règles actuelles du capitalisme. Par exemple Hillary Clinton veut responsabiliser les entreprises sur leurs résultats à long terme. Il y a sur ce point unanimité en faveur des solutions progressistes. C’est sans doute aussi un reflet de la désillusion par rapport à la politique menée par Barack Obama et la montée de la conscience des dégâts occasionnés par les inégalités.

Quant à Bernie Sanders, c’est celui  qui milite sur ces questions depuis le plus longtemps. J’ai travaillé à plusieurs reprises avec lui notamment sur les questions de la couverture santé. Ce qui est intéressant c’est qu’aujourd’hui il n’est plus isolé. Il est écouté dans le pays.

Il ne faut pas se cacher cependant que si la grande fracture a produit cette intéressante évolution au sein du parti démocrate elle génère aussi une réaction totalement opposée, ultra-conservatrice dans le parti républicain.

Aux Etats-Unis pour renverser la situation et créer un nouveau new deal vous proposez une réforme fiscale  d’ampleur en taxant les entreprises en fonction de leur effort d’investissements et de leur politique sociale. Pouvez-vous nous préciser les contours de la réforme que vus proposez ? 

 Joseph Stiglitz. Le principal problème pour la fiscalité sur les entreprises c’est la mondialisation. Car celle-ci a décuplé les possibilités d’évasion fiscale. Apple soutient ainsi que ses bénéfices sont réalisés dans une entreprise de 300 personnes en Irlande. Je ne sais pas si vous connaissez cette expression : « le double jeu irlandais et le sandwich hollandais.» C’est une manière imagée de caractériser certains des instruments très complexes destinés à échapper à l’impôt.

Mais en fait Apple ou Google n’existent qu’en raison des investissements de l’Etat. Dans ces recherches dans l’électronique, par exemple, qui ont mené à la création de l’internet ; ou encore dans les écoles qui ont permis de former ces ingénieurs très qualifiés, capables de mettre au point des produits extrêmement brillants. Et cette même intelligence qui leur permet   l’élaboration de productions les plus sophistiquées que tout le monde veut acheter, il la mette au service de l’évasion fiscale. Les entreprises discourent parfois volontiers sur leur responsabilité sociale. Moi je dis que la plus importante des responsabilités sociales c’est de payer l’impôt. Et quand elles ne le font pas elles sont socialement irresponsables.

La question c’est est ce que l’on peut réformer le système. Je fais partie d’une commission internationale indépendante  de réforme de la fiscalité des multinationales. Les principes fondamentaux sont très clairs. Il faut que l’on puisse imposer ces sociétés sur une base globale avec une imposition des bénéfices dont une fraction revient dans chaque pays à proportion des revenus qui y sont réalisés.

Nous savons comment créer ce type de modèle. Il ne permettra pas un fonctionnement parfait mais constituerait déjà une amélioration considérable. Il faut prévoir un impôt mondial minimum que ces sociétés ne puissent éviter de payer à un état ou à un autre.

Très récemment je me suis rendu à Addis-Abeba pour une conférence de l’ONU sur le financement du développement. Tout le monde est d’accord sur le fait que le développement a besoin de financement. Tout le monde dit que les promesses du G7 (0,7% du PIB des pays riches consacré au développement, NDLR) sont vides de sens. Mais les pays en développement ont ouvert leur marché aux multinationales comme l’occident l’a demandé. Et maintenant ces pays disent que ces compagnies qui sont venues s’installer chez eux doivent y payer des impôts. Et là nous avons eu un débat très chaud à Addis Abéba. Les Etats-Unis se sont opposés bec et ongles aux réformes réclamées par l’Inde et les pays en développement et l’Europe malheureusement les a suivis. Une grande déception pour moi.

Est-ce que le ralentissement chinois ne peut pas être l’ébauche d’une nouvelle phase d’instabilité ?

Joseph Stiglitz. Je crois qu’il constituera une nouvelle phase de l’affaiblissement de l’économie mondiale. La période après 2008 a vu la Chine devenir le moteur de la croissance économique. Ce pays a fourni une part énorme de l’accroissement du PIB mondial. Il a provoqué par contrecoup une croissance en Afrique, en Amérique latine. Aux Etats-Unis et en Europe, nous avons ainsi bénéficié de la croissance chinoise de manière directe mais aussi indirecte. Ce ralentissement aura donc des répercussions du même type. Ainsi par exemple un grand pays comme le Brésil est entré en récession. Pour plusieurs raisons. Mais l’une d’entre elle c’est que les exportations vers la Chine sont plus faibles.

Nous savions tous que la Chine allait ralentir et que le passage d’une économie tournée vers les exportations à une économie davantage centrée sur la demande intérieure serait difficile. Mais ce ralentissement a été plus rapide que celui auquel on s’attendait De plus les gens n’avaient pas  tout a fait compris ce que signifiait le changement de la structure de l’économie chinoise et qu’il y aurait bien une plus forte demande intérieure mais d’abord dans les services, comme l’éducation, la santé. Or une grande partie de ces activités là ne génère pas de demande vers les  autres pays.

Est-ce que cela ne pourrait pas devenir un problème majeur pour l’Allemagne ?

Joseph Stiglitz. Oui dans la mesure où l’Allemagne exporte beaucoup vers la Chine. Ce sont des voitures, des biens d’équipement, des machines outils et le ralentissement chinois – la production industrielle a chuté aujourd’hui de façon très importante – va réduire les débouchés des groupes exportateurs de la première économie de la zone euro.

Il va y avoir la COP 21 à Paris en décembre. Peut-on concilier les enjeux du réchauffement avec ceux de l’économie ?

Jospeh Stiglitz.  Cela pourrait aider l’économie mondiale. J’affirme que le problème essentiel se situe dans le manque de demande. Or si l’on prend un engagement sur la réduction des gaz à effet de serre il y aura nécessité de réformer l’économie pour éviter le réchauffement et cela peut constituer un stimulant pour la demande.  Des investissements seront nécessaires non seulement pour la production d’énergies renouvelables mais aussi pour la réfection, l’isolement des bâtiments etc. Une COP 21 réussie serait bonne pour l’environnement et pour l’économie. A ce stade je ne suis pas très optimiste. Mais j’espère qu’un élan pourra être donné à Paris. S’il est suffisant, les entreprises vont comprendre le signal et donc la nécessité d’investir sur ce terrain. Et cela en dépit de l’opposition du congrès à majorité républicaine aux Etats-Unis.

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Maroc ?

Posté par jacques LAUPIES le 2 septembre 2015

 

En contact fréquent avec des personnes d’origine marocaine, j’ai pu constater que les avis sont partagés sur la politique conduite par ce monarque qui pour les uns serait une bonne politique conduisant à l’amélioration des conditions de vie des marocains, pour d’autres, sans doute les plus conscients, que cette politique n’est pas du tout favorable à un peuple, pour une grande part démuni et soumis aux bas salaires, à l’absence de protection sociale, au chômage massif pour les jeunes.

Comme dans nombre de pays, dont d’ailleurs le nôtre n’est pas à exclure, subsistent des inégalités criantes avec toutefois des différences qu’explique le niveau de développement économique incomparable entre les deux pays. De plus au Maroc les libertés sont mises en cause par un régime autoritaire. Une collusion criante existe en le pouvoir politique et religieux dont le roi est le chef. La religion, là comme ailleurs est parfois instrumentalisée et contient et freine la contestation populaire. Le « si Dieu le veut » y fait des ravages. Une sorte de surveillance contraignante des non pratiquants par les plus respectueux des préceptes du coran frappe une partie de la population dans un pays cependant traversé historiquement par une certaine tolérance à l’égard des autres religions.

Mais évidemment cela élude les conflits de classe; l’exploitation que pratique la  « bourgeoisie » de ce pays, les liens entretenus avec le monde des affaires national et international.

Les notions de justice sociale, de solidarité, de partage qui ne sont évidemment, là comme ailleurs, pas inexistantes, laissent souvent la place au chacun pour soi que compensent souvent la tradition de solidarité familiale avec les limites qu’impose une pauvreté installée dans une importante partie de la population.

C’est hélas de tout cela que souffrent nombre de pays du Maghreb et de ce point de vue le Maroc n’est pas le moins épargné contrairement à ce que peuvent penser encore en France une bonne partie des ressortissants de ce pays qui, trop souvent, font preuve de beaucoup d’indulgence vis à vis d’une famille royale dont on peut considérer qu’elle ne la mérite pas.

Alors bien entendu que la publication un livre qui peut-être nous éclairerait à ce sujet dérange, n’étonnera  personne. Mais journalistes corrompus ou pas , le pavé semble voler sur la mare des corruptions, institutionnalisées ou pas, que porte le libéralisme à la sauce marocaine !

 

Livre sur le roi du Maroc: chantage ou corruption ?

Lundi, 31 Août, 2015
Humanite.fr

 

Qui a proposé l’abandon du livre sur la famille royale du Maroc contre de l’argent ? Le royaume se dit victime de chantage, les deux journalistes reconnaissent avoir cédé à la « tentation » mais n’en démorde pas: selon eux, Rabat était l’initiateur de la transaction, a voulu les corrompre et les a piégés.

C’est un fait, les deux journalistes ont accepté de ne pas publier leur enquête sur les turpitudes et le train de vie de la famille royale du Maroc, contre deux millions d’euros. Une faiblesse, une faute déontologique impardonnable… Mais du chantage, de l’extorsion, ils le nient. « Je ne suis pas celui qui amène, qui propose ce deal financier », a martelé lundi matin Eric Laurent sur RTL. Propos que confirme avec fermeté Catherine Graciet dans Le Parisien : « C’est le Palais qui propose », « qui corrompt », qui met en place un « traquenard », une « manipulation ». Les deux journalistes mis en examen samedi pour chantage et extorsion de fonds, et placés sous contrôle judiciaire, sont soupçonnés d’avoir négocié l’abandon d’un projet de livre sur le roi du Maroc Mohammed VI en échange de trois, puis deux millions d’euros.  A l’origine, une plainte du Palais, qui assure à la police française que les journalistes font chanter le roi. Ils s’appuient sur un enregistrement audio d’un échange qui aurait eu lieu entre Eric Laurent et l’ avocat du monarque, dans lequel une phrase apparait accablante : « Je veux trois (…) trois millions d’euros ».

« Le traquenard est gigantesque ! »

Mais cet enregistrement ne serait pas complet, explique le journaliste incriminé au Monde , puisque ce serait son interlocuteur qui a émis l’idée d’une transaction. « Et là, je dis, mais sans y croire, si vraiment on arrête de faire le livre, étant donné le sujet, écoutez… trois (millions d’euros) », a-t-il raconté à sa collègue, comme au Monde. Une nouvelle rencontre est organisée, mais cette fois-ci sous surveillance policière. Après de longues négociations, les deux journalistes indépendants s’engagent jeudi dernier par écrit à « ne plus rien écrire sur le roi du Maroc », en échange de deux millions d’euros. Selon Catherine Graciet, l’émissaire du roi insiste ensuite pour leur donner à chacun une enveloppe en liquide contenant cette avance de 40.000 euros, puis s’en va. C’est là que les deux journalistes se font interpeller, flagrant délit de chantage avec comme preuve : l’enveloppe. C’est pourquoi les journalistes et avocats crient à la manipulation. « Sonoriser des journalistes et les inciter à commettre des infractions, le traquenard est gigantesque ! » explique Maître Moutet, avocat de Catherine Graciet. « Je sais que, déontologiquement, moralement, ce n’est pas génial, mais je n’y vois rien de mal pénalement », avance la journaliste. L’enjeu est là : professionnellement la faute semble inusrmontable, mais les deux auteurs veulent échapper à la prison. « Je n’ai pas de leçon de déontologie à recevoir » lance avec virulence Eric Laurent  « c’est mon ouvrage, ça me regarde, j’en fais ce que je veux, j’ai le droit de publier ou de ne pas publier ».

Avec cette impression d’avoir été piégés, les deux journalistes, sans se concerter du fait du strict contrôle judiciaire dont ils font l’objet, ont exprimé leur volonté de voir leur enquête publiée. Sauf que l’éditeur, le Seuil, ne l’entend pas de cette oreille. « Dans ces conditions, la publication envisagée ne saurait avoir lieu ». « La relation de confiance » entre l’éditeur et les auteurs est « de facto dissoute ».

Que sait-on du livre ? « Il était apocalyptique » explique au Parisien Catherine Graciet. « Nous avions décidé de travailler sur la famille royale, ses querelles, son train de vie… » La journaliste assure avoir découvert des affaires lourdes, y compris sur le plan pénal. Eric Laurent laisse entendre au Monde que le livre avait de quoi «déstabiliser le Maroc», notamment « certains éléments sensibles concernant la succession d’Hassan II ».  « Déstabiliser un régime à travers un ouvrage dans un contexte géopolitique très particulier, cela ne me paraissait pas une bonne idée » explique t-il pour justifier en partie son geste.

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Régionales : notre vision politique et stratégique

Posté par jacques LAUPIES le 1 septembre 2015

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Un arbuste colorié, en hiver

 

 

Ce n’est pas la lecture de l’article ci dessous qui nous incitera à modifier notre vision des stratégies politiques à mettre en œuvre (souvent exposées dans ce blog), y compris à la veille d’une consultation électorale dont il faut bien mesurer l’importance qu’elle revêt.

Et, à ceux qui douteraient de notre attachement à l’union des forces de gauche (et j’ajouterais de « républicains de progrès ») nous rappellerons que bien souvent dans le combat politique les communistes de Tarascon ont accompagné sans réserve des alliés que les circonstances avaient conduit à se rapprocher de nous et que bien souvent nous avions été les premiers à solliciter pour que cette  gauche – et j’insiste :  tous les républicains de progrès – n’abandonne la défense de ses valeurs.

Tout cela parce que nous savons qu’il y a une profonde aspiration au changement, au refus de mettre en cause les acquis économiques et sociaux, réalisés à l’issue  de longues luttes. Qu’il y a de nouveaux besoins à satisfaire et des politiques économiques et sociales correspondant à ces besoins.

Mais notre vision de l’union et des rassemblements que cela implique, si elle passe par le compromis, toujours dépendant d’un rapport de force dans une situation politique donnée, ne peut se satisfaire d’entente préalable entre quelques représentants, souvent décrétés comme tels par eux-mêmes.

L’identité communiste nous l’avons souvent rappelé ici même, n’est pas effaçable, autant qu’il convient pour les communistes de respecter celle des autres. Et les alliances doivent se faire sur la base des influences respectives tant pour définir les contenus que pour désigner dans quelles positions il convient de placer les équipes résultant d’une entente nécessaire.

Ainsi si les dernières élections municipales n’ont pas permis d’alliance à gauche pour des raisons qu’il est  superflu de vouloir rappeler, les élections départementales ont permis de faire un constat clair des forces de gauche en présence, notamment celle du PCF lequel s’est trouvé être le « porte drapeau » du Front de gauche, sans cependant que d’autres composantes de ce rassemblement ne se soient manifestement déclaré en soutien.

Ainsi les quatre candidatures, parmi lesquelles une candidature issue du monde syndical, et trois de membres du PCF ont pu recueillir plus de 7,5 % ce qui globalement est un bon résultat et qui témoignent de la confiance d’une base électorale du PCF solide et attentive à nos propositions.

Mais un tel résultat n’est pas à la hauteur de la situation  politique que nous vivons et qui est caractérisée par un discrédit toujours plus grand  des partis réformiste de droite (UMP-UDI-MODEM) et de gauche (PS notamment lequel chute à 10,6 % sur le nouveau canton alors que dans l’ancien découpage il avait obtenu 28 % avec l’appui du PCF. Tarascon avait  enregistré en 2008 une chute spectaculaire du PS qui n’atteignait même pas les 10 %)  Par contre les élections législatives en 2012 hissent le PS à 25/30 % en candidature unique de la gauche à Chateaurenard et à 30 % à Tarascon.

(comparaisons très approximatives  avec un découpage différent et basé seulement sur les résultats de Chateaurenard en 2011 et Tarascon en 2008).

Difficile de raisonner sur de tels résultats qui marquent au mieux une tendance sur des territoires différents et avec des candidats tout aussi différents et surtout des conditions politiques totalement nouvelles.

Tout au plus peut-on dire que la gauche représente largement un tiers de l’électorat aux élections les plus récentes mais que la politique  libérale du PS crée une situation laissant présager une modification du rapport des forces au sein de cette gauche.

Alors  que faire, si ce n’est, comme l’a souligné Pierre Laurent ce matin sur France 2,  rassembler au sein du Front de Gauche et si cela s’avère possible avec d’autres force politiques telles que les Verts. Et cela sur la base des influences respectives  de chacun. Sur ce Secteur du Nord des Bouches du Rhône force est de constater que le PS n’offre aucune garantie d’application d’une vraie politique de gauche, que les verts sont très peu influents et sont dans l’expectative et nationalement très divisés, quant aux autres nous n’allons tout de même pas les inventer !

Donc il n’y a aucune ambiguïté fort de sa position claire, de propositions tout aussi clairement exprimées, le PCF doit s’adresser à la population et faire émerger de nouvelles candidatures.

C’est pourquoi nous avons suggéré une rencontre * des communistes du nouveau canton (Chateaurenard-Noves et Tarascon) pour faire des propositions  dans le cadre des compétences régionales, de proposer à notre Fédération des candidatures portant ces propositions.

L’enjeu est de taille car nous sommes sous la menace d’un retour de la droite et d’une percée de l’extrême droite qui s’engageraient vers plus de libéralisme économique  au plan régional avec les conséquences néfastes prévisibles dans les services publics (éducation, transports, logement, investissements productifs, etc.) et une régression dans le domaine social. 

A gauche une alternative est indispensable.

Il en découle que l’issue ne peut être trouvée qu’avec toutes les forces qui s’opposent au social libéralisme de Hollande, Valls et Macron.

Et les communistes doivent être reconnus comme force déterminantes de cette alternative dès le premier tour ! C’est une garantie pour le peuple de notre pays dont les conquêtes sociales sont historiquement liées à une forte influence du PCF.

 

Pour la Section du PCF de Tarascon, le Secrétaire : Jacques LAUPIES

 

* cette réunion se tiendra le  11 septembre 2015 à Tarascon au siège 35, rue Monge

http://www.francetvinfo.fr/elections/resultats/bouches-du-rhone_13/chateaurenard_13160/chateaurenard_1307

 

D’EELV au Front de gauche, les anti-austérité parviendront-ils à s’unir dans les urnes ?

Cédric Clérin et Benjamin konig
Jeudi, 27 Août, 2015
Humanité Dimanche

 

Dérive libérale du gouvernement, crise démocratique, écologique, sociale… D’EELV au Front de gauche en passant par certains socialistes, nombreux sont ceux qui cherchent à construire une alternative à « la gauche d’accompagnement ». Alors, où en est l’alliance des forces anti-austérité ? Point d’étape.
Qui, voici un an et demi, aurait parié sur un possible rassemblement de toutes les forces de la gauche alternative, du Front de gauche (FG) à Nouvelle Donne, en passant par des socialistes déçus et les Verts qui comptaient alors plusieurs ministres ? Aujourd’hui, malgré les appels du pied de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, au rassemblement sur le seul mot d’ordre du « danger FN », le PS n’apparaît plus comme un parti à même de rassembler la gauche. Et le constat d’une impasse absolue de la politique menée est désormais partagé très largement, y compris jusque dans certains rangs socialistes. Ainsi, Liêm Hoang Ngoc, ancien député européen, a quitté le PS et créé la Nouvelle Gauche socialiste (NGS) pour se joindre aux voix alternatives.
La crise grecque et le diktat imposé à Alexis Tsipras ont également rapproché les points de vue : même si les méthodes peuvent diverger, cette gauche est d’accord sur un point : il faut mettre fin à l’austérité. Julie Meunier, membre du conseil national du PCF, rappelle l’enjeu : « Démontrer aux citoyens, en étant rassembleurs, qu’un autre projet politique est possible. » Convergences Car petit à petit, l’idée s’impose donc que les défis de transformation sociale et écologique sont intimement liés. Pour Marie- Pierre Vieu, membre de l’exécutif du PCF, le rôle du FG a été de « remettre dans le débat public les questions de redistribution sociale, écologique, la question de la VIe République, la réorientation de la construction européenne » : autant de points de convergence avec les autres formations de gauche. Les élections municipales puis départementales avaient déjà été l’occasion de roder ces alliances et de nouer des liens entre FG, écologistes et Nouvelle Donne.
Dans 395 cantons, un ticket entre EELV et tout ou partie du FG avait obtenu un bon score : 13,7 % en moyenne. Les élections régionales de décembre peuvent donc être une nouvelle étape de ce rassemblement. Dans certaines régions, un rassemblement « rouge-vert » peut espérer être en tête de la gauche au soir du premier tour. Cette hypothèse, pas incongrue en PACA et en Nord-Pas-de-Calais- Picardie, est assez crédible en Auvergne-Rhône-Alpes et en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées où le cumul FG et EELV frôlait les 20 % en 2010. Dans cette dernière région, un sondage donne les candidats FG et EELV à respectivement 9 % et 7 %, quand le PS dépasse difficilement les 20 %. Si le rassemblement s’opère, tout est possible, car le leadership à gauche pourrait ouvrir la voie à une victoire. mouvement de fond Lors des journées d’été d’Ensemble, une des composantes du FG, la porte-parole Myriam Martin a réitéré son appel au rassemblement, « de manière large et unitaire, d’une gauche de combat qui doit affronter les politiques libérales et d’austérité ». Même son de cloche au Parti de gauche (PG) : dans une lettre ouverte adressée aux organisations du FG, d’EELV, de Nouvelle Donne et de la Nouvelle Gauche socialiste (ex-PS), Éric Coquerel et Danielle Simonnet exhortent au rassemblement qui pourrait se faire autour d’un « label national commun » et d’un « programme bâti en commun ». Car, dans quatre régions, la dynamique unitaire est enclenchée. Mais, comme le dit Jean-Luc Mélenchon, « il faut mettre du soin à se comprendre et à se respecter ».
Mais cette démarche unitaire, si elle est partagée, pose la question de la méthode. « La question est de ne pas en rester à des alliances électorales conjoncturelles, rappelle Marie- Pierre Vieu, mais de donner force et cohésion à ce mouvement de fond. » Partout, la crise démocratique implique de redonner la parole aux citoyens. Le PG plaide ainsi pour la « mise en place d’assemblées citoyennes départementales et régionales », sur le modèle espagnol de Podemos.
Autre question centrale : celle du projet. Comment bâtir un programme commun permettant l’implication citoyenne ? C’est peut-être de la région Languedoc-Roussillon-Midi- Pyrénées que viendra un bon exemple : avant même de parler des listes, l’idée est de construire un programme via « un nouveau modèle d’implication civique et politique » (1). Une démarche soutenue par EELV, l’ensemble du FG, la NGS et les partis régionalistes de gauche, dont le résultat sera rendu public dans les prochains jours. Si les convergences ne manquent pas, divers blocages freinent pourtant l’émergence d’une telle force alternative.
Le coeur du réacteur, le Front de gauche, n’est lui-même pas au meilleur de sa forme. Les débats stratégiques récurrents, qui ont fragilisé l’alliance ces derniers mois, se sont doublés ces dernières semaines de discussions séparées en préparation des prochaines élections régionales. Lors de son dernier congrès au mois de juillet dernier, le Parti de gauche a décidé de privilégier la constitution d’un mouvement citoyen au Front de gauche. « Privilégier l’un sans abandonner l’autre », tempérait alors Éric Coquerel, coordinateur général du PG. Reste que dans certaines régions PG et Ensemble, la troisième composante du FG, ont discuté directement avec EELV laissant leurs alliés communistes de côté. La situation semble cependant évoluer au regard des discussions de plus en plus déséquilibrées avec des écologistes trop contents de ne pas avoir à négocier avec un « bloc » Front de gauche plus fortement uni. Dans le quotidien régional « Sud Ouest », Jean-Luc Mélenchon a ainsi déclaré refuser « les comportements qui aboutissent à exclure les communistes ». L’appel d’Ensemble à l’unité prend aussi la mesure du risque d’explosion du Front de gauche pour les prochaines échéances. La faible attractivité du Front de gauche, ces derniers mois, a également pesé sur la capacité de création d’un rassemblement contre l’austérité. À l’issue du congrès du Parti socialiste, les frondeurs ont échoué à renverser la ligne politique actuelle, et leurs critiques sont circonscrites pour l’heure à l’intérieur du PS. Plusieurs d’entre eux seront candidats avec le PS pour les prochaines échéances. Le noeud d’une nouvelle force antiaustérité se trouve cependant dans la capacité du Front de gauche et des écologistes à s’allier pour créer un rassemblement citoyen alternatif. Les différences culturelles existent entre des organisations du Front de gauche façonnées par la question sociale et EELV très orienté sur les questions sociétales et environnementales. Mais ces dominantes respectives sont autant des différences réelles de priorités que des options complémentaires. Les débats sur l’avenir du nucléaire ou le rôle des régions, bien que souvent caricaturés des deux côtés, sont de plus sérieux obstacles à la convergence. Mais si cette alliance fait consensus au Front de gauche, les blocages sont nombreux au sein d’EELV. Jean-Vincent Placé, chef de file des écologistes « responsables », n’a de cesse de mettre la pression pour empêcher les rapprochements EELV-FG en dénonçant des alliances « irresponsables ». Le président des sénateurs écologistes a ainsi déclaré que le vote des militants dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie serait décisif : « La scission qui pouvait se produire après les régionales va arriver de façon certaine après (ce vote) si le parti persévère dans cette stratégie. » Ce climat tendu au sein d’EELV incite certaines têtes de liste écologistes à la prudence et à édulcorer la ligne politique.
« Il n’y a pas pour l’heure d’engagement très clair à mener une politique anti-austérité », constate Gilles Ravache, coordinateur du PCF pour la région Rhône- Alpes-Auvergne. Cette tentation d’alliance avec le FG, sans la ligne politique qui va avec, explique sans doute dans cette région l’interruption des négociations avec le PCF sous couvert de cumul des mandats des têtes de liste communistes, André Chassaigne et Cécile Cukierman. Mais derrière ces « je t’aime moi non plus », une fois de plus les institutions de la Ve République pèsent de tout leur poids. Ainsi Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon se sont tous deux dits disponibles pour être candidats à la présidentielle de 2017, se plaçant de fait en concurrence.
La ministre écologiste à quelque peu surjoué la rupture avec l’ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle en dénonçant des « accents parfois quasi déroulédiens » (2) de son dernier ouvrage sur l’Allemagne. Une saillie que n’a pas digérée Jean-Luc Mélenchon qui, pointant la volonté hégémonique des écologistes pour les futures élections, les a accusés d’être « sectaires ». Reste qu’une bonne partie des écologistes cherche « une alternative à la gauche d’accompagnement », selon le mot du numéro 2 d’EELV, David Cormand. Reste à savoir si cet objectif fondamental commun viendra à bout des obstacles semés sur le chemin du rassemblement.

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