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Comme l’eau vive

Posté par jacques LAUPIES le 17 septembre 2015

 

Ma génération a évidemment été marquée par ce chanteur, faiseur de musique populaire en un temps où la chanson française brillait d’un éclat qu’il parait  bien difficile de reproduire aujourd’hui.

Avec Brel, Brassens, Ferré et Ferrat, le mot concurrence (préférons lui celui de complémentarité dans tous les sens) pouvait parfois être utilisé parfois alors qu’ils constituaient un formidable bouquet que des interprètes prestigieux venaient compléter (Mouloudji, Montand, Patachou, Piaf et ensuite Reggiani, pour ne citer que ceux la) sans omettre tous ces autres auteurs interprètes.

Heureux temps où me semble-t-il les artistes, parfois un peu catégorisés en fonction de leurs engagements, nous rapprochaient de l’écriture et de la poésie. Le « système » aujourd’hui nous prive sans doute de ceux qui pourraient-être leurs héritiers.

Les musiques hurlent des souffrances mais aussi cachent les mots qui les décrivent…

Et nous savons tous que les cris ne suffisent pas pour faire avancer ce monde. 

Guy Béart lui ne criait pas mais il savait nous charmer, nous bercer même avec ses mélodies qui resteront dans les têtes.

 

L’auteur-compositeur-interprète Guy Béart est mort

L’Humanité.fr
Mercredi, 16 Septembre, 2015
Humanite.fr

 

beart1978.jpg

Guy Béart avec Louis Aragon et Mouloudji à l'Olympia en septembre 1978

Pour Guy Béart « Aragon était un homme qui faisait attention, qui savait que la parole est une arme.Il ne faisait pas de démagogie. Il était très lucide. » En photo : Guy Béart avec Louis Aragon et Mouloudji à l’Olympia en septembre 1978
Photo : Joël Robine/AFP
Figure de la chanson française et auteur de « L’eau vive », le chanteur Guy Béart est décédé d’une crise cardiaque ce mercredi matin à Garches (Hauts-de-Seine) à l’âge de 85 ans. En 2010, Guy Silva avait fait son portrait pour l’Humanité à l’occasion de la sortie d’un nouvel album « le Meilleur des choses ».

Guy Béart : « Les mots aident à vivre »

Guy Béart réapparaît tel qu’en lui-même avec ce nouvel album (1). L’âge importe peu. L’essentiel est sa démarche artistique avec les thèmes qui lui sont chers depuis si longtemps. Ainsi :« Le meilleur des choses ne coûte rien / Tout ce qui vraiment nous fait du bien »… Chaque couplet de cette chanson d’entrée en matière prouve, s’il en était besoin, la sensibilité de Guy Béart. Il fustige la Télé Attila, en version courte et longue : « Des présentateurs très drôles / Qu’on ne comprend pas / Ils vous coupent la parole / Pendant les débats / Et se donnent le beau rôle / Ces grands Attilas. »

La part belle à la chanson d’amour

Guy Béart fait toujours la part belle à la chanson d’amour, d’autres sont fraternelles comme cet hommage au guitariste Marcel Dadi. Ce nouveau CD, le Meilleur des choses s’écoute avec plaisir et intérêt.

Simultanément, il sort un best of de trois CD réunissant tous ses grands succès soit soixante titres (2). Cela 
commence par l’Eau vive, créée en 1958, cela se termine par Bonne Année, bonne chance. Entre-temps, il faut citer le Grand Chambardement, Bal chez Temporel, Qui suis-je ?, les Grands Principes, la Vérité, Qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe opposé, Il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés.

Elles sont si gravées dans notre mémoire que l’on pourrait presque les citer toutes ! Guy Béart s’explique : « Le verbe est le reflet de mes préoccupations, les mots nous aident à vivre. Chaque homme est, selon moi, créatif. Nous vivons une époque terrible. C’est de plus en plus un monde sauvage. Je suis de toutes les couleurs. On a tant besoin de petites joies et un grand idéal. Il faut crier ce qu’on a sur le cœur ! »

La liesse et l’allégresse

Tout a débuté à la Colombe animé par Michel Valette. Puis Guy s’est produit dans tous les music-halls et a donné des récitals dans presque tous les pays du monde. Il a signé au moins cinq cents chansons et plusieurs livres de poèmes. Pour lui, le comble de la misère, c’est de perdre toute espérance.

On a peut-être oublié que Béart a produit et animé à la télévision des années 1970, Bienvenue, réalisées par l’ami Raoul Sangla. Ces émissions réunissaient des artistes en tout genre ainsi que les personnalités les plus diverses. Elles ont ouvert la porte au Grand Échiquier

J’ai vu Guy Béart un peu partout et deux fois à la fête de l’Humanité en particulier, fête pour laquelle Guy Béart me disait, en 1971, avoir gardé un souvenir extraordinaire : « À dire vrai, quand on arrive sur la scène, on est un peu paniqué !  Je dois reconnaître que j’ai été ému. Puis les gens ont chanté avec moi. C’était vraiment le bonheur partagé. La Fête de l’Humanité a su devenir une fête populaire. À l’intérieur, on y trouve des petites fêtes. Quand je n’y chante pas, je vais m’y promener. C’est la liesse et l’allégresse. On est frappé de constater la pureté, la bonté des regards. La joie est simple. J’apprécie la diversité des plaisirs. C’est tout à la fois les nourritures terrestres et les rencontres culturelles. »

(1) Le Meilleur des choses, 2010. Production Bienvenue, Sony Music.

(2) Best of avec 3 CD, Disque Temporel, Sony Music.

Guy Silva

 

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Pierre Laurent au nom du groupe communiste au sénat donne sa position sur la politique à suivre au moyen orient

Posté par jacques LAUPIES le 16 septembre 2015

 

Pierre Laurent

A l’initiative du Président de la République nous voilà une nouvelle fois saisi de l’insupportable tragédie subie par la Syrie. Nous qui ne cessons de réclamer que la représentation nationale soit davantage associée aux décisions internationales qui engagent la France nous nous félicitons de ce débat.

La France a plus que jamais le devoir d’agir. De nouvelles initiatives sont nécessaires, face à l’ampleur prise par la tragédie humaine, que vivent le peuple syrien et l’ensemble des peuples de la région, face aux conséquences de ce chaos généralisé, à commencer par l’exode massif des réfugiés et face à l’emprise croissante de Daech sur toute une partie des territoires syrien et irakien.

Malheureusement, une fois encore, la saisine du Parlement n’a été motivée par le Président de la République que par la seule décision, déjà prise, d’un accroissement de notre engagement militaire.

Les conditions de ce nouvel engagement vise l’extension de nos frappes aériennes, et dans un premier temps de nos vols de reconnaissance sur le territoire syrien. Cela soulève à nouveau de très nombreuses objections et interrogations.

Le Président a enfin déclaré, enfin et après avoir trop tardé à prendre la mesure de la tragédie humanitaire qui s’amplifiait, que la France doit accueillir les réfugiés. Nous aurons à en débattre demain.

Nous dirons pourquoi nous jugeons que les mesures annoncées à ce propos sont très loin d’être à la hauteur. Et je ne parle même pas des paroles indignes et scandaleuses entendues ces jours ci à l’encontre des milliers de réfugiés dans la bouche de nombreux dirigeants de la droite et du Front national.

Le Président a ajouté qu’il faut en même temps agir sur les causes de cet exode et sur les risques d’actes terroristes que fait courir l’emprise croissante de Daech.

Nous sommes d’accord, mais comment agir et pour quels buts, voilà le débat.

Ainsi les frappes envisagées sont-elles une décision juste et efficace ? Et d’abord, quels sont les buts et les cibles envisagées de ces frappes ? Voulons-nous frapper Daech ou frapper Bachar El Assad, dont la France continue à faire de sa « neutralisation » un objectif privilégié ? Selon des spécialistes de la Syrie, Daech contrôle aujourd’hui 40% du territoire syrien, le régime 30% qui regroupe deux tiers de la population, soit 12 à 18 millions de Syriens vivant encore dans le pays.

Que changeront à cette situation les frappes françaises alors même que les milliers de frappes de la coalition dirigée par les Américains ont échoué à enrayer l’engrenage meurtrier ?

De surcroit, si le Président de la République a écarté une offensive terrestre, bien des voix continuent à plaider en sa faveur. Où allons-nous réellement ?

Une nouvelle fois, notre pays risque de faire fausse route, en continuant à considérer que l’intervention militaire devrait précéder tout règlement politique. Nous pensons au contraire, pour notre part, que sans engagement déterminé de la France dans la recherche immédiate d’une solution politique, engageant l’ensemble des parties et des puissances impliquées, la logique militaire s’embourbera et nourrira les forces de Daech qui souhaitent la confrontation militaire avec l’ « ennemi » occidental.

Qu’on nous épargne, de grâce, le couplet habituel selon lequel, posant ces questions, nous serions partisans de l’inaction ? Nous demandons, tout au contraire, une action internationale de la France plus efficace. Et pour cela que des leçons sérieuses soient tirées de l’impasse dramatique dans laquelle nous ont conduit des guerres successives d’Afghanistan, aujourd’hui livré à lui-même, d’Irak, pays démantelé, de Libye, plongé dans le chaos et livré aux réseaux djihadiste et de Syrie.

Les guerres successives n’ont pas fait reculer le danger terroriste. Elles n’ont fait que l’accroître. Tous les actes terroristes, qui ont frappé notre pays ont d’ailleurs été perpétré par de jeunes Français, qui avaient à un moment ou à un autre, fait leurs armes sur ces champs de bataille.

Aussi, nous continuons pour notre part à penser que si action militaire il devait y avoir, elle devrait s’inscrire dès le départ sous mandat de l’ONU, concertée avec toutes les puissances impliquées, dans le cadre de la recherche d’un plan de paix aux objectifs clairs, débarrassé des visées prédatrices des grandes puissances internationales et régionales, visant la reconstruction de la Syrie dans son intégrité territoriale.

Rien de cela n’est fait sérieusement par la France. Le 17 août dernier, le Conseil de Sécurité de l’ONU a soutenu unanimement une initiative reprenant les conclusions de Genève I, avec comme objectif la relance d’un processus de règlement politique au point mort depuis février 2012. Que fait la France pour activer ce processus ?

Autre question concernant le soutien aux forces combattantes kurdes de Syrie, qui ont notamment mené la bataille de Kobané. Où en est-on de notre soutien ? Pourquoi le silence de la France, face à la répression de grande ampleur relancée par le pouvoir d’Erdogan cet été contre les forces kurdes du H.D.P. en Turquie, alors même que le pouvoir turc a nourri jusqu’ici des relations plus que troubles avec les forces djihadistes ? Pourquoi maintenir le PKK dans la liste des organisations terroristes de l’UE alors qu’il est l’une des rares forces combattantes efficaces sur le terrain face à Daech ?

Pourquoi, hors des frappes aériennes, rien ne semble possible pour assécher les circuits financiers, geler les avoirs bancaires, stopper les commerces d’armes et du pétrole qui alimentent Daech ? Quelles complicités sont-elles couvertes au nom de la préservation d’intérêts de grands groupes multinationaux ou de grandes puissances dont la nôtre dans la région ? Permettez moi cette image, des vols de reconnaissance dans les arcanes des circuits financiers internationaux n’auraient-ils pas, eux aussi, leur utilité ?

Le règlement politique auquel la France doit travailler sans relâche ne peut être celui du partage futur des zones d’influence, mais celui d’une reconstruction nationale et démocratique de la Syrie, respectant son intégrité territoriale.

Toutes les parties, toutes les puissances régionales, sans en exclure aucune ni la Russie, ni l’Iran, ni la Turquie, ni les monarchies du Golfe. Mais dans ce processus, la France doit porter clairement des objectifs de paix clarifiés. La reconstruction politique de la Syrie doit viser la mise en place démocratique d’un nouveau régime souverain pour le pays.

Bachar El Assad qui porte une très grande responsabilité dans l’enclenchement de la guerre ne peut garantir ce processus, ni en être l’aboutissement. Il devra même, lui comme beaucoup d’autres parmi ses adversaires, répondre de ses crimes. Mais enclencher ce processus, c’est mettre aujourd’hui autour de la table des négociations toutes les parties impliquées.

Au-delà de la Syrie c’est à une conférence globale pour la paix dans le Grand Moyen Orient que devrait travailler la France après l’accord sur le nucléaire iranien. Palestine (qu’attend le président de la République pour donner suite au vote du parlement il y a maintenant 10 mois sur la reconnaissance de la Palestine), Syrie, Irak, Kurdes… Tout se tient et s’imbrique.

La France, au fond, doit à nos yeux renverser ses priorités en retrouvant sa liberté d’initiative et de parole, et soumettre toutes ses conditions d’engagement militaire à la construction de processus de règlement politique dans un cadre multilatéral sous l’égide de l’ONU.

Sinon elle ne fera qu’alimenter les désastres en cours, les logiques de puissance génératrices des déséquilibres mondiaux et les forces obscurantistes qui cherchent la confrontation et la guerre.

Voilà, Monsieur le Ministre, les convictions du Groupe Communiste Républicain et Citoyen du Sénat. »

Pierre Laurent, sénateur de Paris,
Paris, le 15 septembre 2015.

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Quand le dégout me prend…la colère suit

Posté par jacques LAUPIES le 16 septembre 2015

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va pour la rigolade … (panneau du véhicule d’une association perpétuant les traditions médiévales)

 

Nous retournerions à la féodalité ? La question vaut d’être posée !

Cette Europe que l’on nous vante tant, qui ne nous convient pas que nous voudrions plus solidaire et sociale, se trouve confrontée à des comportements de seigneurs de province qui dictent leur loi au souverain de Bruxelles. A tous ces libéraux qui finiront, s’ils continuent dans la voie du tout économique, du tout pour faire du fric pour ceux qui en ont déjà trop, qui ne sont pas foutus de gérer la manne de main d’œuvre bon marché qui s’offre à eux.

Car ne nous y trompons pas derrière quelques toussotements humanitaires de Junker et de Merkel il y à cette perspective de se saisir des conséquences des drames du moyen orient qu’ils n’ont pas su éviter, laissé faire et parfois provoqué, pour se tailler une main-d’œuvre qualifiée et bon marché. Mais voilà ils ont leurs limites et leurs vassaux ne sont pas contents.

Quand à nos dirigeants français, ils pataugent dans le bourbier et jouent les grands justiciers en nous promettant des « frappettes » qui ne règleront rien, soucieux sans doute de ne pas perdre la face dans ce qui, au fond, consiste à préserver des intérêts de quelques sociétés multinationales, françaises de nom, mais bien internationalement pompeuses de ressources pétrolifères et minières, en concurrence avec leurs équivalents russes, américains et autres.

Et les féodaux (lisez nationalistes) on sait ou cela nous mène : à convaincre des abrutis comme celui que j’ai rencontré il y a deux jours, que nous allions devoir payer pour nourrir tous ces migrants, s’en remettant à Marine Le Pen laquelle aurait bien raison de les laisser se noyer. Elle impardonnable parce qu’elle sait, spécule sur l’affaire pour augmenter son crédit électoral mais lui, que dire à ce bougre qui dispose d’une maigre retraite et d’une grosse courte vue mais ne sait pas !

Encore s’ils étaient seuls, voila que des Républicains de mes deux, style Hortefeux et compère Sarkozy, ou le dernier venu (Lemaire je crois) qui mijote dans les antichambres de la droite, se mettent à crier au voleur pour faire concurrence à la fille qui n’a rien à envier au papa pour ce qui est de maintenir le fonds de commerce électoral anti immigration. Mais en plus ils en rajoutent…

Tout ce beau monde veut nous faire oublier simplement que l’humanité ne peut progresser qu’en se débarrassant  de cette tare qu’est l’exploitation de l’homme par l’homme, organisée, planifiée par des primates qui enferment dans les cages de leur idéologie tous ces petits animaux que l’on appelle humains, fouettant les uns, donnant à becqueter aux autres, affamant ou donnant la pâtée d’un pseudo confort mielleux.

Beurk ! Et dire que ces petits animaux se laissent piéger, comme mon bougre, prêt à manger le gruyère avant que la tapette ne se déclenche et ne leur laisse le temps de voir la réalité quand leurs reins seront brisés.

 

Les réfugiés victimes du chacun pour soi des États de l’UE

Émilien Urbach
Mardi, 15 Septembre, 2015
L’Humanité

 

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Quand le dégout me prend...la colère suit dans POLITIQUE

Photo : Stefania Mizara
Hier, les accords de Schengen sur la libre circulation étaient de fait suspendus par plusieurs pays membres de l’Union européenne. Le sommet des ministres de l’Intérieur, qui se sont réunis en urgence à Bruxelles, 
n’a accouché d’aucun accord satisfaisant sur l’accueil des réfugiés.

 

Hier matin, les accords de Schengen ont de fait été suspendus. Angela Merkel a décidé d’instaurer des contrôles aux frontières pour, selon son ministre Thomas de Maizière, « revenir à des procédures ordonnées pour l’entrée des personnes dans le pays ». Plusieurs membres de l’Union européenne ont dans la foulée choisi de fermer les leurs et d’y déployer l’armée.

Dans l’après-midi, un sommet extraordinaire des ministres de l’Intérieur s’est tenu pour discuter de la répartition des réfugiés entre pays. Aucun système « obligatoire et permanent », comme le demandait le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, n’a été trouvé. Un accord au rabais a néanmoins été conclu pour répartir 40 000 personnes arrivées en Italie et en Grèce. Mais les dirigeants européens restent sourds aux milliers de voix qui s’élèvent sur tout le continent pour construire une Europe de la solidarité.

 

Quinze enfants dont quatre bébés faisaient partie du macabre bilan du naufrage survenu, dimanche, au large de l’île grecque de Farmakonis. Mais leur photo n’a pas fait la une des journaux. La volte-face allemande et la tenue, en urgence, d’un énième sommet européen des ministres de l’Intérieur des pays membres occupaient les esprits. Dans la matinée, l’Allemagne a fermé ses frontières avec l’Autriche et mettait fin à la suspension des accords de Dublin. « L’inaction européenne » aurait, selon le vice-chancelier démocrate Sigmar Gabriel, conduit le pays « aux limites de ses capacités ». Dans la foulée, Vienne, Budapest mais aussi la Slovaquie déployaient des forces armées à leurs frontières. Tandis que la chef du gouvernement polonais, Ewa Kopacz, se déclarait prête à s’opposer aux propositions de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, sur la mise en place d’un dispositif contraignant de répartition par quotas de 120 000 demandeurs d’asile supplémentaires. Elle se rangeait ainsi derrière les gouvernants hongrois, tchèque et slovaque qui, avant l’ouverture du sommet ministériel, se disaient prêts à opposer leur veto à de telles propositions.

1 De quoi les dirigeants européens ont-ils discuté ?

Le principe dit des « relocations » qui semblait être une réponse minimale à la suite de l’émotion et de l’élan de solidarité qui ont traversé les peuples d’Europe la semaine dernière, après la publication de la photo du petit Aylan. Les dirigeants européens n’auront finalement trouvé un accord que sur 40 000 réfugiés. Un nombre dérisoire, comparé aux 350 000 personnes arrivées en Italie, en Grèce et en Hongrie depuis le début de l’année.

Au centre des discussions de cette énième réunion d’urgence, se posait également la question de la création de « hotspots », réclamée par Paris et Berlin, aux frontières extérieures de l’Union. Il s’agit de centres de tri que l’Union choisirait d’installer en Hongrie, en Italie, en Grèce et en Espagne, dans lesquels les hommes et les femmes qui fuient les guerres seraient différenciés de ceux qui, au péril de leur vie, ont choisi d’échapper à la pauvreté. Une idée maintes fois condamnée par les associations de défense des droits des migrants et « qui omet que ces réfugiés sont ceux de la guerre économique menée par les pays riches contre les peuples d’Afrique et du Proche-Orient », rappelait Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, ce week-end, à la Fête de l’Humanité.

Les 28 ont néanmoins annoncé, avant même le début de la réunion des ministres de l’Intérieur, que « les conditions étaient réunies » pour passer « à la deuxième phase » de l’opération militaire Eunavfor Med, adoptée fin juin par les pays membres de l’UE. « Nous allons procéder à des arraisonnements forcés, poursuivre les bateaux et les aborder », a expliqué un haut responsable européen, la semaine dernière. Sept frégates supplémentaires, de nouveaux hélicoptères et des sous-marins sont destinés à intervenir, sans mandat de l’ONU, à douze milles marins des côtes libyennes. « L’Allemagne, comme la France, demande que l’Europe puisse avoir un contrôle sur ses frontières », martelait, hier matin, François Hollande, affirmant qu’il s’agissait de « la condition » pour que les réfugiés puissent être accueillis de façon « maîtrisée ».

Autre sujet sur lequel les gouvernants européens tombent régulièrement d’accord concernant le sort des exilés : l’externalisation du contrôle des flux migratoires par le biais de négociations avec « les pays d’origine et de transit » qui vise, plutôt qu’à respecter les engagements pris par les pays riches en termes d’aide au développement, à financer, notamment en Afrique, des régimes parfois dictatoriaux pour contenir les départs. Le 11 novembre prochain, dans le cadre sommet Europe-Afrique de La Valette, nos dirigeants discuteront de la poursuite de ce processus engagé à Khartoum en 2014 dans le prolongement des accords de Rabat signés en 2006.

De son côté, David Cameron décidait, hier, de ce rendre au Liban pour annoncer de nouvelles aides aux camps de réfugiés syriens « pour lutter contre les migrations à partir de la région ». Le Liban accueille, à lui seul, plus de 1,1 million de réfugiés fuyant la guerre en Syrie, l’équivalent du quart de sa population. Un exemple supplémentaire des logiques qui président en Europe quant à la façon de gérer, par les pays riches, les conséquences des déstabilisations dans lesquelles ils portent de lourdes responsabilités.

2 De quoi ils n’ont pas eu 
le courage de discuter

« Un grand nombre de réfugiés cherchant en Europe une protection qu’ils sont en droit de recevoir, en conformité avec le droit international, se retrouvent à tourner en rond à la suite d’un vide juridique », s’inquiétait le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies, en amont de la réunion bruxelloise. Rappelant au passage « l’urgence de mettre en place une réponse globale européenne ». Cette logique a d’ores et déjà été écartée par les gouvernants de l’Union qui refusent toujours d’instaurer une gestion commune du droit d’asile. En témoignent les tergiversations en cours sur la mise en place d’une liste commune des pays sûrs. Actuellement, chaque pays d’Europe définit ce qu’est un réfugié en fonction de sa propre législation.

La solidarité entre pays européens devrait passer par la révision des accords de Dublin qui, pour l’instant, obligent les pays dits de première ligne, comme l’Italie et la Grèce, à gérer seuls l’arrivée des exilés sur leur sol et empêchent les exilés de faire une demande d’asile dans le pays de leur choix. Or, le soudain revirement de l’Allemagne, qui avait dans un premier suspendu l’application de ces accords avant de refermer subitement ses frontières, hier matin, indiquait que nos ministres ne prendraient aucune décision allant en ce sens.

Un manque de courage manifeste, qui s’est également traduit par l’absence de décisions concernant la création de voies légales et sécurisées permettant l’accès au territoire européen. Dans un courrier adressé vendredi à François Hollande, une quinzaine d’associations indiquaient pourtant que « la délivrance de visas et la suppression des visas de transit aéroportuaire s’imposent, comme s’imposent le soutien au regroupement familial ». Et d’ajouter : « L’UE pourrait aussi mettre en œuvre le mécanisme prévu par la directive 2001/55/CE du 20 juillet 2001 relative à l’octroi d’une protection temporaire. » Ce dispositif prévoit d’offrir une protection immédiate « en cas d’afflux massif ou d’afflux massif imminent de personnes déplacées en provenance de pays tiers et qui ne peuvent rentrer dans leur pays d’origine ».

Nos dirigeants n’ont pas non plus jugé utile de mettre à l’ordre du jour de leur réunion « l’audace » et « l’humanité » auxquelles les exhortait Jean-Claude Juncker, mercredi dernier, en appelant à une modification de « notre droit interne pour permettre aux migrants de travailler dès lors qu’ils arrivent sur le territoire de l’UE ». Disposition prévue par la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles, entrée en vigueur en juillet 2003. « Aucun des pays membres de l’UE n’a daigné la ratifier », regrettait Marie-Christine Vergiat, députée européenne du Front de gauche, vendredi soir, à la Fête de l’Humanité.

Le sommet européen d’hier n’aura en rien répondu à la détresse de ceux qui cherchent refuge dans nos contrées. Il creuse également le fossé entre les dirigeants européens et les peuples solidaires, à l’image des 30 000 personnes qui ont manifesté samedi à Copenhague pour défendre l’accueil des réfugiés. Partout en Europe, ils sont de plus en plus nombreux à penser que seule la transformation de l’ordre mondial, pour la paix et la coopération, permettra de trouver une issue aux drames des exodes humains.r

 

 

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Phillippe Martinez invité à la Fête de l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 15 septembre 2015

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Pierre Laurent à la Fête de l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 14 septembre 2015

 

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