• Admin.du Site

  • Archives

Einstein communiste non encarté ?

Posté par jacques LAUPIES le 18 août 2015

 

 

 

Bien souvent j’entends des personnes se réclamant du religieux  invoquer Einstein pour justifier l’antériorité de la pensée sur la matière, ce qui me semble un comble. Car, que je sache, les travaux d’Einstein auraient plutôt tendance à nous orienter vers l’inverse. C’est évidemment un domaine où j’ai si peu de compétence que je m’en tiens toujours à une espèce d’intuition qui me conduit à penser que la matière étant une masse en perpétuelle transformation selon laquelle, d’après célèbre formule « tout se transforme, rien de se perd ». Ce qui me conduit à considérer que de ce fait rien ne peut  être antérieur à elle.

Il est vrai que les idéalistes, au sens philosophique du terme ont toujours,  devant les interrogations et recherche des scientifiques qui sont les premiers à considérer qu’il ne peut y avoir de vérité absolue, trouvent toujours une position de repli, ce qui donne à tous les prophètes de Dieu et aux religions qu’ils ont inventées, de quoi semer le doute dans les esprits habités par l’ignorance, la peur et le doute. Ce qui évidemment fait prospérer toutse les prêtrises du monde dont l’œuvre » essentielle consiste à constituer des armées d’obscurantistes. avec cette particularité que, prêchant la bonté, l’amour, le partage, la charité,  ils donnent bonne conscience à des foules ou se mêlent les tricheurs, les coquins et surtout les exploiteurs.

Mais voila que parfois, comme le démontre l’article ci dessous de Einstein, publié en 1949, les scientifiques les plus éminents rappellent à l’ordre une humanité qui risque bien de perdre son âme si elle n’en finit pas avec cette tare de l’exploitation de l’homme par l’homme qui constitue, sous la forme du  système économique capitaliste, la plus grande menace de la destruction de cette humanité.

Je l’ai dit mille fois ici, il ne serait pas sérieux de s’en prendre à ces foules qui s’auto flagellent, ni à des clergés, constitués ou de circonstance, Mais bon sang il est de notre devoir de mettre en garde sur les dangers que leur font courir ce refus de considérer que c’est l’homme et lui seul qui a fait son histoire et qui peut seul construire son avenir, car toute référence à de savantes théologies, à des discours politiques conservateurs et réformistes, tendent à nous maintenir en état de soumission et en recul social permanent !

On peut certes apprécier un pape qui lutte contre les dérives extrêmes de son église, un leader politique qui dénonce les abus de la finance, un scientifique qui refuse de sortir de sa bulle et garde la neutralité mais cela ne saurait suffire à cette nécessité de transformer le monde en supprimant cette tare dont il souffre : l’aliénation du travail ! Et cela ne peut se faire sans l’appropriation collective des moyens de production, l’organisation de la production agricole avec ceux qui en sont les acteurs,  le droit égal à la santé, à l’éducation, à la justice, à la sécurité pour tous ! Une tâche qui ne peut avoir d’autre exécutant que le peuple.

I! est particulièrement régénérateur pour un communiste de savoir qu’un savant a osé le dire ! Et qu’importe s’il n’était pas communiste !

 

Le capitalisme, voilà la « source du mal », écrit Einstein

Ce texte a été écrit par Albert Einstein en mai 1949 et publié dans la revue américaine progressiste « Monthly Review».
Albert Einstein
Samedi, 15 Août, 2015
Humanité Dimanche

 

Albert Einstein: «Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons, je crois que oui.»

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’Homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société. L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif – non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production – c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation, ainsi que, par surcroît, les biens en capital – pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité, je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle.

Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie, le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit. Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

UNE « ARMÉE » DE CHÔMEURS

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants: premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir, pour certaines catégories d’entre eux, une meilleure forme de « contrat de travail libre». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquences de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre de chômeurs, plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut. Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

POUR LE SOCIALISME

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle. Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes sociopolitiques extrêmement difficiles: comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ? La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Rencontres de we : c’est l’être qui détermine la conscience ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 août 2015

DSC_0473-1

Le charme d’une cité : Beaucaire dans le gard

 

S’il peut nous arriver d’avoir des faiblesses dans ce combat que l’on intitule « la lutte des classes » il se trouve souvent un évènement pour nous rappeler à l’ordre et à un peu plus de rigueur dans ce combat. Le constat des ravages que font tous ces colporteurs des vieilles et persistantes idées conservatrices, que véhiculent les adeptes de la droite et parfois même de la social démocratie, devrait suffire à nou rendre plus vigilant !

Cela nous ramène toujours à une réflexion sur ce qui détermine notre pensée, notre conscience. Mais évidemment les comportements sociaux et politiques, les choix idéologiques, du monde qui nous entoure ne confirment pas toujours ce dont nous sommes théoriquement convaincus : c’est l’être qui détermine la conscience (célèbre affirmation de Marx). Sauf, tout de même qu’à un certain moment notre position sociale, nos conditions de vie ne suffisent plus à nous donner cette conscience de classe et que celle-ci est altérée par des discours, des pensées, des idéologies, des concepts religieux qui pèsent lourdement précisément sur cette prise de conscience !

Quand un jeune étudiant soutient que le mérite peut expliquer les gros écarts de salaires, il n’a d’apparence pas tout à fait tort d’autant qu’il prend appui sur ce à quoi il peut aspirer, lui, qui par son travail se différencie des « paresseux ». Lui demander de s’interroger sur les causes de cette paresse, sur l’absence de motivation, d’un volant de plus en plus important de jeunes déscolarisés, demande déjà une vision globale  sur ce qui détermine la construction d’un individu : sa position dans sa famille, dans le groupe, dans la société et précisément ce que lui renvoie  d’habitudes, de traditions, de pratiques, de discours les différents strates au sein desquels il évolue.

A l’inverse la chose parait plus simple s’il a  a recours au sempiternel libre arbitre, s’il fait appel à des capacités naturelles venues d’un héritage génétique ou de je ne sais quel souffle divin !

Je suis effaré d’entendre de plus en plus autour de moi : « il a le gène de… » ou encore « Si Dieu le veut » et de surcroit de la bouche de gens qui manipulent ou font usage, dans leur vie de tous les jours, des instruments, des objets, même des idées, qui ne peuvent justifier le génie humain que par la force de la science et la culture dont il hérite de ses semblables.

Qu’un tel décalage persiste entre un monde concret, réel, marqué par la créativité de notre espèce et la soumission à des lois pseudos naturelles qui au demeurant sont fantasmées, hors de toute explications rationnelles, est non seulement inquiétant mais dangereux pour l’Humanité. C’est la porte ouverte à toutes sortes de spéculation pour l’emprisonner sur elle-même.

Il est évidemment plus rassurant, nous  dirons même plus flatteur, de vanter les mérites d’un individu à partir d’un égo ancestral, même si l’on admet qu’il a été cadré par une évolution, sans doute avec sa part de hasard, vers toujours plus de sociabilité, que d’en attribuer les mérites à la société qui l’entoure et aux héritages de pensée qu’elle porte.

Une sociabilité qui nous éloigne de manière radicale de l’animal et dont la construction résulte d’une indispensable association pour entrer dans un processus d’hominisation. Et cela malgré la naissance de rapports sociaux antagoniques, conflictuels du fait de l’appropriation de l’excédent de valeur par le travail.

Ah le travail ! Avec sa division, son organisation, sa transformation déterminés par le développement des forces productives quand lui reconnaitra-t-son rôle déterminant dans la production des idées ?

Selon Marx dans l’idéologie allemande : « La production des idées, des représentations et de la conscience est d’abord directement et intimement mêlée   à  l’activité matérielle et au commerce matériel des hommes, elle est le langage de la vie réelle. Les représentations, la pensée, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme l’émanation directe de leur comportement matériel. Il en va de même de la production intellectuelle telle qu’elle se présente dans le langage de la politique, celle des lois, de la morale, de la religion, de la métaphysique, etc., de tout un peuple. Ce sont les hommes qui sont les producteurs de leur représentation, de leurs idées, etc. mais les hommes réels agissant, tels qu’ils sont conditionnés par un développement donné de leurs forces productives et du mode de relation qui y correspond, y compris les formes les plus larges que celles ci peuvent prendre »

Il est plus aisé de s’octroyer, ou d’octroyer à ceux de sa catégorie, de sa caste ou de sa classe les mérites d’un savoir, d’une position, d’une richesse à partir de ce que l’on croit être notre propre effort individuel, que de les attribuer à un effort collectif dont on ne saisit pas ou ne veut pas saisir les origines et la portée, pas plus que l’absolue importance, précisément à cause de cet isolement dans lequel nous enferment souvent des convictions venues abstraitement d’ailleurs. Un isolement, individuel ou de groupe, basé sur des idées, une pensée les justifiant, ne serait-ce que de manière superficielle.

C’est un peu ce qui me venait à l’idée en entendant ce WE deux personnes s’auto alimentant d’arguments sur les mérites exceptionnels de responsables politiques d’extrême droite, autour d’une assiette en vantant la qualité gastronomique de leur assiette qui contenait fruits et légumes plantés et cueillis tout autant que le poisson qui les accompagnait, par de probables ouvriers agricoles ou pécheurs venus d’ailleurs, dont ils stigmatisaient la présence de semblables dans ce quartier ou nous déjeunions.

Sans omettre que la plupart des objets qu’ils portaient, que le véhicule qu’ils conduisaient et le carburant qui le propulsait s’inscrivaient dans la chaine de production qu’ils bouclaient en tant que consommateurs « avertis » et « méritants » de par leur fonction (certes modeste) de défenseur de valeurs et de patrimoine dont ils se croient les seuls conscients si ce n’est détenteurs !

 

 

 PARU DANS L’HUMANITE

 

 

Chroniques Latines

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains… Toujours un oeil vif sur l’Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien…

republicains.jpg

Rencontres de we : c'est l'être qui détermine la conscience ? dans POLITIQUE

Des républicains espagnols
AFP
Jean Ortiz
Vendredi, 14 Août, 2015 – 18:54

Etre fils de rouge

Le blog de Jean Ortiz. Etre fils de réfugié politique, de « rouge », de Républicain espagnol, «d’étranger indésirable », « dangereux » (décrets de mai et novembre 1938, du gouvernement « centre-gauche » de Daladier), m’a contraint à devenir un gamin différent des autres. Je devais me protéger d’une menace omniprésente que je ressentais comme anxiogène ; et que je percevais comme injuste.

Je crois être vraiment né le jour où j’ai commencé à comprendre que j’étais fils de « rouge » espagnol, fils d’un déchirement, d’une souffrance ; que j’appartenais à une communauté bien définie, très politisée, qui, d’une certaine façon, m’anormalisait. Et j’ai progressivement donné du sens, du contenu de classe, de la colère, à ce statut « entre dos aguas »(« entre deux eaux »), à ces pulsions contradictoires ; sources aussi de fierté.

Etre fils d’exilé politique oblige en quelque sorte à s’inventer une identité et des racines chercheuses, une histoire incertaine, entre imaginaire et nécessité, à se donner une « patrie » de valeurs, multiple, d’ici et d’ailleurs.

Mon père n’arrêtait pas de nous raconter sa Guerre d’Espagne, ses maquis, ses engagements communistes, les combats des guerrilleros en France ; et il utilisait le plus souvent le « nosotros » (« nous ») , la première personne du pluriel. On avait l’impression qu’il voulait à la fois témoigner, transmettre et mettre en garde. Il lui fallait être sur ses gardes… A la suite d’une grande rafle, l’ « Opération boléro-paprika », le 7 septembre 1950, montée de toutes pièces par les autorités françaises (le gouvernement de René Pléven, dont François Mitterrand était ministre UDSR), contre principalement les communistes espagnols (288), le PCE, ses journaux, ses revues, sont interdits en France ; des guerrilleros décorés à la Libération se retrouvent poursuivis comme « subversifs », « agents de l’étranger », et des militants déportés et assignés à résidence en Corse, en Algérie…

En « nettoyant » le Sud de la France, Paris donne des gages de bonne volonté anticommuniste à Franco, « sentinelle de l’Occident », et affaiblit par là même la lutte contre le franquisme…

En décembre 1951, Paris rétablit ses relations diplomatiques avec Madrid… Les militants communistes espagnols continuent à diffuser « Mundo Obrero » clandestinement, au nez et à la barbe de la police française. Les guidons de vélo ont des ressources que les pandores ignorent. En février 1945, pour donner de nouvelles preuves d’allégeance, De Gaulle et le gouvernement provisoire interdisent la presse de l’exil républicain ; le 2 mars 1945, les unités de guerrilleros sont dissoutes. Plutôt Franco que les « rouges ». Circulez ! La « Guerre froide » fera le reste.

Dans l’exil en France, les attitudes politiques et mémorielles diffèrent. Il y a ceux qui racontent et d’autres , exilés antifascistes, également communistes, anarchistes, socialistes, parfois au sein d’une même famille, qui se murent dans la mémoire silencieuse afin de protéger leurs enfants, leurs études en pays étranger. Il faut « s’intégrer ». Déjà ! « S’intégrer ! » Renoncer à soi, à son identité… Tenter d’oublier les défaites et abandons successifs, le vécu trop douloureux de cette guerre d’extermination. Aujourd’hui, nombreux sont leurs fils (filles) et petits-fils (filles) qui « veulent savoir » et qui s’investissent dans le travail associatif de mémoire. Le temps a passé, malgré tous les malgrés ; mais il n’est jamais trop tard pour que vérité et justice adviennent…

Gamin, les récits de Enrique (la bataille de Madrid, Belchite, Teruel, Guadalajara, le passage de l’Ebre, la « Troisième Brigade mixte », la « Retirada », Argelès, Decazeville, la prison des grands-parents, nos sept fusillés) m’inquiétaient et me fascinaient à la fois . Je voyais Enrique comme un héros, doublé d’un « père martinet », arme à courroies destinée à stimuler l’ascenseur scolaire. Enrique me parlait en espagnol (il s’était inventé un « charagnol » pour le village), cette langue à mes yeux bizarre, qui m’était en même temps familière et étrangère. A l’heure du « classement scolaire» (quelle horreur !), le père inventait des citations de Lénine pour m’obliger à être parmi « les premiers », et à recevoir un prix des mains du maire, le jour de la fête des écoles (la Saint-Jean), devant le village rassemblé. Pour Enrique, garçon de ferme esclave très jeune chez les grands propriétaires manchegos (certains se portent encore fort bien), cette volonté que les enfants de « rouge », de prolétaires, de pauvres, réussissent leurs études, relevait de la revanche de classe et d’une sorte de bras d’honneur à tous ceux, les faussement « non-interventionnistes », « qui nous avaient reçus comme des chiens en France », dans des camps dits à l’époque « de concentration » par le ministre de l’Intérieur Albert Sarraut : Argelès, Barcarès, Saint-Cyprien, Gurs… L’enfer français. Des prisons de sable, de barbelés, du grillage, dans le froid de l’hiver 1939, pour ces premiers antifascistes. J’ai retrouvé des lettres du camp, bouleversantes, et de vieux cahiers de notes prises dans les « écoles », ateliers… que le PCE et la JSU (en ce qui concerne mon père), organisaient clandestinement, pour que les militants internés apprennent à lire et à écrire, se cultivent, se forment. Le savoir peut libérer… « L’éducation est le seul moyen de se débarrasser de l’esclavage » (José Marti). Ce n’est que plus tard que j’ai compris le pourquoi des citations fictives « empruntées » au père fouettard Vladimir Ilitch, du type : « Lenin dijo… », Lénine a dit … étudier, étudier, étudier, et pour se reposer : changer de livre ! ». Comment aimer un tel bourreau livrophyle à 12 ans ?

Très jeune, j’ai donc été condamné en quelque sorte à hériter de l’histoire de ces « rouges » « étrangers dangereux » en France, fliqués par l’infâme « liste S », réprimés, discriminés, contraints au travail esclave dans les GTE ; ils prirent les armes les premiers et proportionnellement plus nombreux que les Français. J’ai dû assumer cette histoire, la prolonger. Etre fils de « rojo », de l’exil politique, m’a condamné à une certaine relégation, à une colère permanente, à une exigence dans l’engagement, à une différence assumée, revendiquée, alors que le droit à la différence n’est que toléré… J’ai donc peu à peu construit mon récit à partir d’un  éclatement du « moi », d’une sorte de marginalité contrainte et volontaire. Ce récit, cette mémoire historique, sont étroitement liés à mon milieu social, à ma génétique : fils de prolétaire espagnol communiste. Ce sont mes deux fils rouges, ma filiation sociale, culturelle, politique, dans un entre-deux géographique et personnel. Je n’étais pas tout à fait Français alors que j’étais né dans un village tarnais, rouge de surcroît, Labastide-Rouairoux, où le maire socialiste fit appel aux CRS contre les travailleurs lors de la grande grève textile de 1960. J’y ai connu les luttes partagées en commun, la soupe populaire, les « Agés » au kiosque, sur la place, la CGT de Frachon, Séguy, Krasu… alors outil puissant d’intégration, de solidarité.

Dans cet environnement de classe, je percevais et assumais ma différence, tout en la contenant. Un mélange fait de culpabilisation et de force, de fierté rouge…  « El orgullo comunista » : la satisfaction d’être coco. La crise et le racisme n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, certes, mais dans la cour de récréation mes poings ont souvent paré au « putain d’Espagnol qui vient en France manger le pain des Français ». Nous étions les « barbares » de l’époque… Les puissants attisaient la guerre entre pauvres, mais il y avait du boulot pour tous. Un jour, humiliation suprême, ce vieux « « hussard de la République » d’instit me condamna à m’agenouiller sur une règle pour avoir bousculé un élève de CM1 ; il m’avait traité de « sale « espingouin » ou de « gavach », je ne sais plus . Déjà le monde à l’envers… les boucs- émissaires, la criminalisation des pauvres, les classes dangereuses, les « étrangers »… Calais-Argelès. Le monde est plein d’étrangers ! Argelès-Calais.

Ce « CV » de « fils de rouge », cette nostalgie d’avenir, me propulsent toujours et ne me poussent guère au consensus, ni à l’eau tiède, ni au plan de carrière, ni à m’intégrer au « système ». Le pire, c’est lorsque les révolutionnaires sont assimilés au « système ». A Labastide-Rouairoux, l’adhésion et le militantisme au PCF, le parti anticapitaliste qui structurait mon village ouvrier (en Occitanie ouvrière), créaient du lien, de la solidarité et de la conscience de classe ; aller au communisme, lire « l’Huma », c’était naturel. Fils de pauvres, nous étions la plupart conscients du pourquoi de l’être. L’exemplarité du mouvement ouvrier de ce village de grandes colères prolétaires a façonné des générations de rebelles. Je me souviens… Roger, Elie, Maria, Michel, Henri, Jacques… Aujourd’hui les usines textile ont fermé, sacrifiées sur l’autel de « l’Europe », de la « mondialisation » ; beaucoup d’ex rebelles ont vieilli (surtout en renonçant à leurs idéaux), la classe ouvrière repose au cimetière, le village se meurt, et le Front national cartonne, sur les cendres de l’espoir. Le dernier Républicain espagnol était Enrique l’étranger.

Fils de « rojo », j’ai hérité de cette République espagnole exilée et de ma Bastide prolétaire, toutes deux rouges, une aversion viscérale des fascistes, des « bourgeois », des faux-culs, des « collabos », des « jaunes », des politicards « lutte des places » et « toca manetas », serre mains compulsifs, de la « gauche de droite », toujours prête pour aller à Canossa, à Munich, à Maastricht, à Lisbonne… Avec le temps, contrairement à ce que l’on dit souvent, je n’ai pas versé, ou pu verser, dans la sagesse. Devenir sage : quel naufrage ! La crise d’adolescence, la révolutionnite, à plus de 60 rives, c’est terrible, contagieux, incontrôlable… mais tellement chouette !

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Médecins, avocats, sociologues…ces exilés qui habitent « la jungle »

Posté par jacques LAUPIES le 16 août 2015

Pas la forme pour commenter cet article paru dans l’Huma…Sauf que je soutiens
Calais
Émilien Urbach
Jeudi, 13 Août, 2015
L’Humanité

 

310039 Image 0

310039 Image 0

David Pauwels
Toujours stigmatisés, souvent abandonnés, nos semblables qui fuient les guerres et la pauvreté sont en majorité des diplômés. Les politiques européennes, sécuritaires et xénophobes, privent d’avenir ces jeunes et les peuples d’Europe de la chance que représente l’immigration.

Six ombres marchent dans le crépuscule sur les voies de chemin de fer, à Calais. Là où elles se trouvent, il n’y a plus qu’un haut portail blanc pour les séparer des rails de l’Eurotunnel où elles espèrent, cette nuit, parvenir à attraper le train qui les conduira outre-Manche. Un camion de CRS circule de l’autre côté de la barrière de barbelés. Les silhouettes disparaissent derrière une baraque en taule. Le car de police s’arrête quelques minutes à leur niveau puis repart. Il ne reste plus qu’à passer le portail. À moins d’un kilomètre, lundi soir, Samuel Zaher vient d’entrer sur la voie ferrée avec quatre compagnons. Les caténaires crépitent au-dessus de leurs têtes. À l’abri des regards, cachés sous un pont, ils se préparent à prendre le même chemin.

« Une fois, j’étais à peine à cinq mètres du train, mais il a tardé à démarrer et je me suis fait prendre, sourit cet Érythréen de 25 ans. C’est ma onzième tentative depuis un mois que je suis à Calais. Chez moi, j’enseignais l’ingénierie mécanique. » Après cinq années d’études supérieures, le jeune homme est devenu enseignant pour un salaire de 20 euros par jour. Son diplôme ne lui a jamais été remis. C’est le sort réservé par la dictature à ses étudiants afin de les garder sous son joug et les contraindre à effectuer leur service militaire qui, en Érythrée, peut durer plus d’une décennie. « Ils veulent faire de nous des soldats, explique Samuel. Mon père est professeur. L’État lui a donné un revolver et il doit suivre des formations pour apprendre à s’en servir. À quoi ça sert de donner une arme à un enseignant ? Ils veulent nous transformer en tueurs. » En Angleterre, il espère échapper à ce destin et faire profiter les plus jeunes de son savoir en ingénierie mécanique.

 

Près de 60 % des migrants ont en 2014, une qualification intermédiaire

Selon l’OCDE, près de 60 % des migrants dans le monde possédaient, en 2014, une qualification intermédiaire ou étaient, comme Samuel, hautement qualifiés. Une récente étude du Secours catholique annonçait que ce pourcentage approchait les 70 %, dans le bidonville d’État, baptisé « New Jungle », à Calais.

Dans l’immense camp de fortune, mardi, accroupis devant les robinets d’eau, installé, au début de l’été, Ahmad, Faïz et Ali Mohamed, trois Syriens, font leur toilette matinale. Les deux premiers sont docteurs en médecine depuis trois mois. Le troisième est avocat depuis quatre ans. « J’ai appris le droit français à l’université, sourit-il. Je n’ai pu exercer dans mon pays que pendant une année. Au début de la guerre civile, j’ai dû tout arrêter pour me cacher. » L’homme âgé de 38 ans décrit son parcours d’exil et ses premiers pas en Europe ; « En Hongrie, je me suis fait tabasser par 25 policiers, poursuit-il. Ils m’ont frappé jusqu’à ce que je perde connaissance. Je me suis réveillé à l’hôpital et je suis parti. » Son compagnon d’infortune, Ahmad n’a pour sa part jamais pratiqué la médecine. « Avec Faïz, on a obtenu nos diplômes le 25 juin, en Ukraine », annonce-t-il en montrant, sur son téléphone portable, sa photo au côté de son camarade, en robe noire et toque doctorale. « J’ai honte d’être ici mais je ne pouvais pas rentrer en Syrie. Ils m’auraient envoyé combattre en première ligne. Je ne compte pas demander l’asile en France. Ça voudrait dire que j’accepte de vivre longtemps dans ce bidonville. » Le jeune docteur fait référence aux longs mois que demande 
l’examen en France des dossiers des demandeurs d’asile et au manque de moyens des dispositifs d’hébergement. « Les délais d’attente n’ont jamais été aussi longs, confirme François Guenoc, de l’association l’ Auberge des migrants, devant la clinique d’urgence humanitaire, installée par Médecins du monde dans “la jungle”. C’est une des raisons le plus souvent 
évoquées par ceux qui tentent de rejoindre le Royaume-Uni. »

Nowruz passe en vélo. C’est un chaleureux jeune Afghan qui a vécu douze ans en Inde avant de rejoindre son pays, un master de sociologie en poche, pour devenir traducteur. « J’ai longtemps fait le lien entre les soldats américains et la population locale ou les talibans, raconte-t-il avec un large sourire. J’ai attendu. Je croyais qu’ayant fait des études, j’aurais un jour la liberté d’aller en Europe. Ce jour n’est jamais arrivé. Alors, quand c’est devenu compliqué pour moi, je suis parti à pied. » Et d’ajouter : « Je dis à ma famille que j’ai une bonne situation. Que j’ai une maison et du travail. Je ne veux pas qu’ils sachent. » Les familles de ces jeunes ont souvent consenti de nombreux sacrifices pour investir dans leurs études. Mohamed, un Soudanais qui a fui au Darfour dans les années 2000, est étudiant en économie. Il attend devant la permanence d’accès aux soins de l’hôpital de Calais. Il a récemment obtenu le statut de réfugié, en France, et compte approfondir sa connaissance de la langue afin de pouvoir travailler pour une ONG française, en Afrique. « Mes frères et sœurs sont au Tchad. Ils ne savent ni lire ni écrire. Mes parents n’avaient pas les moyens de nous payer l’école. C’est un oncle qui m’a permis d’étudier. Plus tard, je monterai ma propre entreprise. » Le long des rails, avant d’aller tenter une nouvelle fois sa chance, Samuel évoque, lui aussi, les siens. « Bien sûr, si la dictature cesse en Érythrée, je rentrerai, s’emporte-t-il. Ma famille, ma mère, ma sœur sont là-bas et ce que j’espère le plus, c’est passer ma vie à leur côté. »

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Preparation des élections régionales (suite) : une région acquise aux idées racistes ?

Posté par jacques LAUPIES le 15 août 2015

 

« Une région acquise aux racistes »

Tel est l’intitulé du deuxième tract qui sera distribué par les communistes dans un quartier de la ville de Tarascon !

Une question qui au vu des résultats électoraux locaux laisserait supposer que le racisme existe ici plus qu’ailleurs ?

Foutaise disons nous ! mais cependant s’il y a une minorité qui spécule sur les différences, laisse entendre au mieux qu’ils n’ont rien à reprocher à ceux qui viennent d’ailleurs mais que simplement ils n’ont qu’à y rester. Ce comportement suffit pour appeler à une certaine vigilance. Et peut-être à remettre en place certaines idées.

Chacun sait que le racisme repose sur la notion de race et que les races ne peuvent exister chez les humains puisqu’ils ont une origine commune. Leurs différences ne peuvent se situer qu’en fonction d’évolutions particulières de groupes soumis à des environnements différents qui ont généré des aspects physiques différents, des cultures différentes, laissant cependant à tous les mêmes capacités et héritages génétiques. Rien à voir avec ce qui différencie l’espèce humaine d’avec les animaux !

Même les primates les plus proches de nous sont là pour prouver qu’au plus lointain de nos origines communes nous avons hérité de différences notables malgré une certaine similitude. A tel point que notre espèce se différencie très peu d’eux mais par contre a connu un développement qui rend en son sein toute différenciation, sur ses capacités physiques et intellectuelles, complètement absurde.

Beaucoup de personnes acquises aux thèses politiques de l’extrême droite ne se reconnaissent pas dans les notions racistes et c’est aller un peu vite que de leur faire un procès de ce point de vue.

Cependant parmi elles certains courants, plus xénophobes (contre l’étranger) que racistes développent parallèlement ces deux idées qui n’ont d’autres origines que l’acuité d’une crise qui trouve sa justification dans le « besoin » de développer l’exploitation du travail et donc de créer des différences de rémunération entre les uns, affamés et souvent brimés dans leur pays, et ceux qui dans notre pays bénéficient de droits sociaux acquis de longue date, parce que placés dans une société économiquement et historiquement différente.

Ce sont ces adeptes de la droite extrême qui sont les plus nuisibles et ils nous viennent de milieux conservateurs, souvent fortunés et privilégiés, disposant de groupes formés idéologiquement aux thèses xénophobes et racistes. Avec bien entendu, à la faveur d’une montée en puissance de leur implantation économique et (ou) politique une agressivité idéologique en très forte progression.

Nous avons donc à mener une bataille sur deux fronts principaux :

celui de la question sociale, aliment premier de la poussée raciste et xénophobe et qui implique de réduire les différences de salaires et de droits sociaux sur la planète (vaste tâche mais incontournable) en l’accompagnant d’une action politique qui consiste à développer les notions de partage des richesses telles que produites actuellement, en investissant dans les besoins essentiels (Eau, énergie, transports, santé, éducation, culture, etc.) Ce premier front nous oppose non  seulement à l’extrême-droite mais à tous les réformismes de droite ou de gauche qui laissent les mains libres aux fortunes nationales et mondiales principalement intéressées aux divisions populaires.

celui de la question idéologique qui doit nous conduire à réduire à néant les thèses libérales que les uns les autres développent insidieusement car disposant de la maitrise de l’arsenal médiatique et éducatif et cela y compris sur le plan philosophique, et dans l’interprétation de la plupart des sciences sociales et naturelles. Notamment en direction de la jeunesse dont le système éducatif incomplet réduit les possibilités d’insertion par le travail avec des formations continues indispensables.

Cette démarche rend nécessaire une bonne stratégie d’intervention politique qui consiste au delà des explications que nous apportons pour renforcer notre organisation,  car on ne combat pas un système sans élaboration de propositions et sans appui populaire ! Et surtout sans une réflexion profonde sur le marxisme qui nous instruit plus que d’une philosophie, d’une  analyse de l’économie capitaliste peu contestable mais aussi d’une méthode pour transformer le monde !

 

CI-DESSOUS LE TRACT CONSACRE A DENONCER L’IMPACT DES IDEES RACISTES DANS LA REGION PACA (DIFFUSE EN CENTRE VILLE)

Marre des idées de haine. Les vrais responsables du mal vivre sont à la Bourse. Et ici beaucoup le savent. Ne laissons pas diviser le peuple.

LE SAVIEZ VOUS ?

Contrairement à ce que répètent en boucle les médias dominants, rien n’est joué pour les élections régionales en Provence Alpes Côte d’Azur. Alors que les commentateurs mettent en scène le duel des extrêmes entre Estrosi et Le Pen, les idées progressistes et humanistes ne sont pas morte en PACA. Les sondeurs indiquent que la gauche est encore dans la course. Elle peut l’emport er de nouveau, à condition de lui donner du souffle et de l’ambition : un projet fort en rupture avec l’austérité et le libéralisme. A condition qu’elle soit vraiment l’outil du peuple.

QUE FAUT-IL FAIRE ?

La région doit relancer l’esprit d’accueil qui a été toujours le sien et porter des ambitions de coopération avec les autres régions de la Méditerranée.

La région doit se positionner en acteur mobilisé contre les discriminations et le racisme . Elle doit faire du vivre ensemble   une grande cause régionale et renforcer sa priorité culturelle.

La région doit agir pour l’égalité, le partage des richesses et le développement profitable à tous et à toutes.

AVEC VOUS…

Les communistes lancent un appel au rassemblement sur un projet régional utile à nos vies et porteur de progrès social et démocratiques. Un projet clairement de gauche, en rupture avec les politiques socialement injustes et inefficaces menées par le gouvernement et l’Union Européenne. En ces temps de crise politique profonde, nous voulons permettre aux citoyennes et aux citoyens de faire irruption et de décider de leur avenir collectif

 

 Dans le cadre de ce qui précède nous publions l’article ci dessous

 

Pétain hante toujours  la droite française

politique ?
Aurélien Soucheyre  avec Grégory Marin
Vendredi, 14 Août, 2015
L’Humanité

 

La figure du chef du régime vichyste, soixante-dix ans après son procès, reste majoritairement taboue 
à droite. Des fondamentaux politiques et sociétaux de sa « Révolution nationale » ressurgissent 
pourtant de plus en plus dans les thématiques imposées par la droite et l’extrême droite.

Il y a soixante-dix ans, le 15 août 1945, Philippe Pétain était ­reconnu coupable de haute trahison et d’intelligence avec l’ennemi par la Haute Cour de justice. Le numéro un du régime collaborationniste de Vichy était frappé d’indignité nationale, condamné à la confiscation de ses biens et à la peine de mort, qui sera commuée en emprisonnement à perpétuité par le général de Gaulle. Que reste-t-il de l’ancien maréchal, en 2015, en dehors de son passé ­militaire et au-delà de ses adorateurs d’extrême droite, qui se réunissent marginalement le 23 juillet pour fleurir sa tombe sur l’île d’Yeu ? « Son héritage, issu de nombreuses familles de droite d’avant-guerre, se retrouve différemment aussi bien à l’extrême droite qu’à droite », mesure l’historien Alain Ruscio. Mais une tendance s’impose : une partie de la droite et son extrême convergent ensemble pour imposer à nouveau un vieux modèle défendu bien avant 1940, basé sur le travail, la famille et la patrie.

Qui reprend aujourd’hui le flambeau de Philippe Pétain ? Il y a d’une part ceux, minoritaires mais croissants, qui tentent de le réhabiliter ouvertement et dans toute sa dimension, des polémistes hallucinés Éric Zemmour et Renaud Camus au président d’honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, pour qui « Vichy est excusable ». Et puis il y a ceux qui condamnent sa collaboration avec l’Allemagne nazie, et dénoncent son antisémitisme, mais partagent des fondamentaux politiques et sociétaux avec le chef de l’État français. Avec ceux qui, à Vichy, avaient fait remplacer le « Liberté, égalité, fraternité » de la Révolution française par la devise « Travail, famille, patrie ».

De nombreux relents pétainistes chez Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen

« Cette maxime est en fait consubstantielle à la droite. Ce slogan serait ouvertement utilisé s’il n’était pas frappé d’interdit, car c’est cette idéologie qui guide aujourd’hui la droite française », estime l’historien Alain Ruscio. Il ne faut pas chercher longtemps pour retrouver chez Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen de nombreux relents pétainistes, à travers des positions traditionnelles de la droite qui exaltent le dur labeur pour vivre, la famille réunie sur des valeurs chrétiennes éternelles, et l’union sacrée autour d’une patrie placée au-dessus de tout. La création de 2007 à 2012 par Sarkozy d’un ministère commun autour de « l’identité nationale et de l’immigration », ses ambitions de remettre au goût du jour de possibles « dénaturalisations » pratiquées massivement sous Vichy, ses louanges pour « le rêve capétien réalisé » et le « long manteau de cathédrales », sa haine de « l’assistanat » et de « l’égalitarisme », ses appels au « vrai travail » – proches de « la terre qui ne ment pas » selon Pétain citant Barrès –, et ses cris d’amour pour « le travail et la famille » lors de la campagne de 2012 sont des exemples parmi d’autres. Sans oublier sa critique des syndicats, ces « corps intermédiaires qui s’interposent entre le peuple et le sommet de l’État » et « confisquent la parole aux Français ».

« Ce n’est pas parce que Pétain a un jour parlé de la famille, de la patrie et du travail que l’on doit s’interdire de le faire ! » s’énervait Henri Guaino, proche conseiller et plume de Nicolas Sarkozy en 2012. Ne pas s’interdire, c’est déjà fait. Il n’y a plus qu’à reconnaître la filiation, qui va au-delà d’un Pétain marqué au fer rouge de l’histoire. « Vichy a d’abord été l’émanation de toutes les couleurs de l’Assemblée nationale – hormis les communistes, déjà exclus – qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. On trouvait aussi de nombreux socialistes et radicaux. Le régime va vraiment s’enfermer dans la droite revancharde avec la mise en place de la Révolution nationale, portée par tous ceux qui avaient considéré le Front populaire comme une abomination. On a tendance à oublier que la droite française était très puissante, très virulente et très réactionnaire pendant l’entre-deux-guerres », ajoute Alain Ruscio.

Le barrage sanitaire entre la droite et l’extrême droite est fissuré

Abreuvée par les idées de Maurice Barrès et Charles Maurras – qui considère l’ascension de Pétain comme une « divine surprise » –, la droite française va saisir l’occasion apportée par l’occupation nazie pour abroger la République et mettre en place un programme traditionaliste, contre-révolutionnaire, nationaliste, pro-patronat et anti-ouvrier, en interdisant les syndicats et le droit de grève. « Cette droite en réalité classique, issue de mouvements qui convergeaient déjà avant Vichy, se retrouve frappée d’interdit après la Libération. Elle a trempé dans la collaboration. Elle est souillée. Elle va se recomposer autour de ceux qui ont résisté, parmi lesquels les gaullistes sont les plus nombreux. Ce sont eux qui assurent alors le leadership sur la droite », reconstitue Alain Ruscio. Des slogans classiques, devenus slogans pétainistes, se font plus discrets pendant un temps. « Le septennat de Giscard sonne le début de leur retour, mais on les retrouve dans toute leur vigueur depuis Nicolas Sarkozy », lequel est conseillé par des idéologues d’extrême droite, de Patrick Buisson à Guillaume Peltier.

Le barrage sanitaire entre la droite et l’extrême droite, qui a tenu de de Gaulle à Chirac, est aujourd’hui sérieusement fissuré. Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen tiennent souvent des propos similaires entre bons et mauvais travailleurs, bons Français et mauvais étrangers, accusés de menacer la France à la fois d’un point de vue culturel et économique. Une manipulation grossière, qui tourne totalement le dos à l’idéal révolutionnaire et républicain, qu’ils détournent à loisir, tout comme ils tentent de détourner, à la manière de Pétain, la journée du 1er mai (voir encadré). « Il s’agit d’une sorte de retour à la nature de la droite. On assiste à la fin de la parenthèse gaulliste. Marine Le Pen l’a bien compris : elle cherche à éliminer toutes les scories de son père pour montrer toutes les convergences qu’il y a entre la droite de Nicolas Sarkozy et la sienne », prévient Alain Ruscio. Cette « droite décomplexée », face à quel passé si ce n’est celui de Vichy (hors collaboration), remet en cause les acquis sociaux du Conseil national de la Résistance, réhabilite le colonialisme et soutien les opposants au mariage homosexuel. Elle n’est plus antisémite, et n’a plus besoin de mettre fin à la République puisqu’elle a su la vider de son sens – jusqu’à se l’approprier à travers l’appellation « Les Républicains » – mais reste obsédée par l’islam et l’identité nationale.

Mais Le riche n’est pas un étranger… Dans les propos xénophobes de la droite ne sont pas visés les riches étrangers, même ceux liés aux dictatures. « Est étranger aujourd’hui celui qui n’est pas culturellement et économiquement calibré sur le parfaitement intégré », 
observait le militant du Gisti Jean-Pierre Alaux dans l’Humanité du 5 avril 2008, préférant parler de « “prolétariophobie” à l’échelle mondiale ».

« la terre ne ment pas », BIS 

« Dans cette identité nationale française, il y a le rapport 
des Français avec la terre, 
avec leurs ancêtres. » 
Nicolas Sarkozy à Rennes, en 2007.

569

C’est le nombre de parlementaires, sur 
846 inscrits, ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940, autant à droite (283) 
qu’à la SFIO et au centre gauche (286).

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Préparons les élections régionales

Posté par jacques LAUPIES le 14 août 2015

L’un des tracts que nous allons distribuer pose la question, un tantinet provocatrice : sommes nous « une région de fainéants et d’assistés » D’autres tracts poseront d’autres questions auxquelles évidemment nous répondons ! Mais évidemment répondre à toutes ces questions qui se posent, s’il y en a une trentaine, nécessiterait d’éditer et de distribuer sur notre commune et les villages environnants environ 150 000 tracts. Ce qui, chacun le comprendra est évidemment impossible ne serait-ce que d’un point de vue financier.

Nous en avons retenu quatre qui nous paraissent devoir susciter l’intérêt local avec une diffusion sur quatre quartiers différents à 400 foyers soit 1600 au total. En conséquence tout le monde ne sera pas servi et de surcroit ne sera saisi que de l’une des questions que nous posons. Mais nous reviendrons sur l’ensemble de nos propositions soit par des publications régionales, soit par des publications locales. l’objectif étant de susciter le débat, de faire connaître les propositions des communistes des Bouches du Rhône.

 

LE TRACT EN QUESTION

 

Les gens  d’ici  travaillent  OU  Veulent  travailler. lls  n’acceptent pas le chomage et la précarite.

Le saviez…vous ?

Paca se classe au 2eme rang des regions hors lie-de-France en termes de creation de richesse (derriere Rhone-Alpes). Avec 141 000 emplois industriels, la  R»gion figure  au  7e  rang des  regions franc;aises   pour l’emploi  industriel  et  au  5e  pour  la  valeur  ajoutee  industrielle.  Entre 2007 et 2010 les destructions d’emplois industriels ont ete trois fois plus nombreuses qu’au cours des trois annees precedentes. L’industrie en Paca a mieux resiste :depuis 20 ans, le nombre d’emplois industriels a diminue pres de deux fois moins vite dans la region qu’en France (- 17 % contre – 28 %). Mais les nuages s’amoncellent : ii faut reagir !

Que faut-il faire ?

Durant les six dernieres années, les elus communistes et Front de gauche se sont mobilisés pour defendre les emplois menacés dans l’lndustrie, mais aussi dans les services publics comme la sante.

La Région est représentée dans de nombreux lieux de décision,elle peut agir pour imposer d’autres choix que ceux de la rentabilité financière, pour une ambition industrielle durable respectueuse des humains et de la planète, pour le developpement de services publics efficaces qui repondent aux besoins.

La Région aura plus de pouvoirs économiques, elle devra les assumer.

Avec vous…

Les communistes lancent un appel au rassemblement sur un projet régional utile a nos vies et porteur de progres social et démocratique. Un projet clairement de gauche,en rupture avec les politiques socialement injustes et economiquement inefficaces menees par le gouvernement et l’Union européenne. En ces temps de crise politique profonde,nous vou­lons permettre aux citoyennes et aux citoyens de faire irruption et de decider de leur avenir collectif.

 

LES COMMUNISTES DE TARASCON ATTENDENT VOS AVIS ET PROPOSITIONS

PERMANENCES 

tous les lundis de 17 à 19 h00 : 35, rue Monge

 

 

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

1234567
 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...