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Les censeurs honteux

Posté par jacques LAUPIES le 13 août 2015

 

Isabele Huppert et Marie Trintignant dans Une affaire de femmes

 

Ce qui m’époustoufle dans les censeurs qui condamnent facilement tout accès, par des personnes considérées par ailleurs majeures sexuellement , à des œuvres qui traitent de la sexualité, c’est cette hypocrisie qui les habite et bien entendu les laisse tout à fait indifférents concernant des pratiques bien plus répréhensibles comme par exemple d’autres violences exercée avec le mariage forcé, la maltraitance des enfants au nom d’une éducation rigoureuse, et toutes sortes de faits relevant de guerres meurtrières contre lesquelles ils n’élèvent pas la moindre protestation.

Cela me ramène à ce film diffusé sur Arte cet après midi : « une affaire de femme » (de Chabrol) qui nous démontre;  à partir d’un fait réel arrivé sous le gouvernement de Vichy, comment le pouvoir politique d’extrême droite fascisante de l’époque condamne à mort une femme, pratiquant l’avortement, en complicité avec l’occupant sur fond de silence réprobateur d’institutions religieuses.

On élude les faits criminels qui de surcroit concernent des masses de victimes innocentes (notamment des centaines de milliers d’enfants juifs assassinés dans les camps de la mort) pour concentrer l’attention d’une société en déliquescence sur une pseudo criminalité, ici l’avortement clandestin.

Finalement le tabou sexuel joue le même rôle pour spéculer à coup stigmatisations sur les mœurs en évolution. Cela en s’inspirant d’une morale douteuse que l’on voudrait imposer à tout le monde alors qu’en parallèle éclate au grand jour, à grande échelle la pornographie, le culte de la violence dont tout le monde s’accommode et qui alimente des profits financiers.

C’est la négation pure et simple d’un processus d’humanisation qui passe par la remise en cause des obscurantismes, ces derniers cultivant une vision idéalisée  et figée de l’humain, s’opposant à ce qui détermine son évolution : l’emprise de plus en plus conséquente de la pensée, de la science, de la connaissance du monde et de soi, pour leur substituer le concept de la nature immuable de laquelle il faudrait s’inspirer pour établir nos règles de vies.

 

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À propos de Love,  et de l’extrême droite

censure
Maurice Ulrich
Mercredi, 12 Août, 2015
L’Humanité

 

L’interdiction aux moins de 18 ans du film de Gaspar Noé, au-delà des questions de la représentation 
du sexe et de l’amour au cinéma, est bien une question politique et idéologique.

Le 31 juillet dernier, le tribunal administratif de Paris prenait la décision d’interdire aux moins de 18 ans le film de Gaspar Noé Love. La ministre de la Culture a introduit un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler cette décision assez surprenante. Car on peut en premier lieu s’étonner d’une décision de justice accédant aussi facilement à la requête d’une seule association, Promouvoir, et de son avocat et cofondateur, André Bonnet, ancien responsable du MNR de Bruno Mégret dans le Vaucluse et se définissant lui-même, en jouant lourdement sur les mots, comme un « avocat d’extrême droiture ». Promouvoir a déjà mené campagne contre les films Baise-moi de Virginie Despentes, Ken Park de Larry Clark, Nymphomaniac de Lars von Trier, mais aussi la Fnac d’Avignon au motif qu’elle diffusait des BD pornographiques. C’est aussi à Avignon que des intégristes s’en étaient pris en 2011 à une photo de l’artiste Andres Serrano, Immersion (Piss Christ). Il ne s’agit donc pas ici de juger de la qualité du film de Gaspar Noé. On se contentera d’indiquer que sans doute le réalisateur a tenté d’évoquer, d’une façon à la fois crue et minimaliste, une histoire d’amour dans toute sa réalité, y compris physique. Quand la pornographie, la vraie, qui ne se limite pas au sexe, est partout, la tentative est louable. Plus largement, la question posée par ce nouvel épisode est peut-être celle-ci. Pourquoi retrouve-t-on toujours dans ces sortes « d’affaires » l’extrême droite ou la droite de la droite ? Dans quel bouillon de culture idéologique mijotent ces fausses indignations morales qui se recoupent à l’évidence avec les thèmes de la Manif pour tous, ou encore les batailles judiciaires contre certaines expositions comme « Présumés innocents » à Bordeaux, qui évoquait la sexualité infantile, etc.

 

Le corps fantasmé de l’identité 
de la race

La pensée de l’extrême droite, dans toutes ses versions, dont le fascisme, s’est fondée largement sur une conception du corps. Non pas le corps réel, mais le corps fantasmé de la race, de l’identité, de la souche, du sang. Il est menacé de corruption par l’autre, l’étranger. Il doit, pour rester ce qu’il est, se perpétuer dans la normalité absolue. Le mariage, c’est un homme et une femme. Un enfant, c’est un papa et une maman. Les enfants (jusqu’à 18 ans) sont innocents et doivent être protégés contre la corruption et les tentations du sexe. Ceci, bien sûr, en toute hypocrisie car il y a gros à parier que l’on ne compte pas moins de perversions, d’incestes, de pédophilie et autres dans ces milieux que dans d’autres. Mais il ne s’agit pas de cela. Il s’agit d’un combat idéologique et politique visant à définir comme menace tout ce qui peut s’introduire comme espace de liberté dans cette définition du corps identitaire rivé à lui-même. C’est la justification des théories raciales, hygiénistes et eugénistes, mais c’est du même coup la justification des inégalités et des hiérarchies puisqu’il n’y a pas d’espace dans le devenir social pour autre chose que la reproduction du déjà existant, du déjà hiérarchisé par l’identité, la souche, l’appartenance, le sang, on y revient. On ne touche pas au corps, on ne montre pas le corps amoureux, on ne montre pas le sexe. La liberté du regard porté sur la sexualité, l’amour, le partage entre deux êtres vient comme fissurer le corps identitaire. Il ne faut pas dans le même temps s’étonner si cette fermeture à l’autre et à la liberté a toujours fait bon ménage dans l’histoire avec la violence et l’oppression. Ma place au soleil, le lieu de mon être-là (lequel est donc intangible), écrivait le philosophe Emmanuel Levinas dans un petit texte de 1933, en Allemagne, est aussi ce lieu usurpé à l’autre que par ailleurs j’opprime. Ce n’est pas fortuit si dans les débats de la Manif pour tous un intervenant pouvait dire ceci : « Aujourd’hui, être homophobe c’est s’opposer au projet de loi Taubira, comme demain être raciste ce sera s’opposer au droit de vote des étrangers. » C’est dire que si l’on a pu croire que ce rapport au corps des intégrismes (tous) et des extrêmes droites était un fantasme du corps pur et immaculé (le Christ, le martyr), il s’agit bien en fait d’une biopolitique et d’une volonté de puissance.

 

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