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Les produits français dans le piège de l’import-export

Posté par jacques LAUPIES le 31 juillet 2015

Entretien réalisé par 
Marie-Noëlle Bertrand

Mardi, 28 Juillet, 2015
L’Humanité

 

Pour Victor Pereira, animateur du pôle élevage de la Confédération paysanne, la difficile promotion des produits français puise ses racines dans un système visant lui-même les marchés mondiaux.

Qu’est-ce qui freine le « consommez français » ?

VICTOR PEREIRA D’abord, un problème d’adéquation entre la production et la demande. Exemple avec la viande bovine : en France, nous consommons essentiellement des femelles (à 75 %) et peu de bœuf. Or, nous produisons un tiers de jeunes bovins. Résultat, nous importons un quart de notre viande, tandis que nous exportons broutards et taurillons vers l’Italie ou l’Espagne. Pourquoi s’obstine-t-on dans ce choix ? D’autant que nos débouchés traditionnels saturent. Cela nous oblige à viser du côté de la Grèce, de l’Égypte ou de la Turquie… autant de marchés instables à faible pouvoir d’achat, qui ne permettent pas une revalorisation du prix des produits français. En outre, il faut choisir : on ne peut pas plaider pour le « consommez français », tout en cherchant à développer les marchés à l’export. Peut-on refuser la concurrence des autres pays, tout en cherchant à imposer la nôtre ?

 

Le ministre de l’Agriculture rétorque la même chose aux agriculteurs qui bloquent les camions étrangers…

VICTOR PEREIRA Sauf que Stéphane Le Foll est lui-même responsable de ce discours, quand il prône le développement des exportations, même dans des filières comme le porc, où nous ne produisons pas suffisamment pour répondre à notre demande, singulièrement dans la charcuterie salaison. Porté par les politiques publiques, ce discours offre un cap aux agriculteurs. On leur dit : grandissez pour être compétitifs ! Ils grandissent. Avec ce paradoxe : ce sont les plus grosses fermes, celles qui ont fait de lourds investissements, qui ont le plus besoin d’aide. Les éleveurs herbagés, qui n’ont pas surinvesti dans leurs structures et dont l’alimentation des bêtes coûte peu, sont moins affectés par la crise. Avec cet autre fait, aussi : s’agrandir s’opère forcément au détriment des autres. Beaucoup d’éleveurs suivent, en 
espérant être parmi les 25 000 éleveurs laitiers qui existeront encore dans dix ans (contre 60 000 aujourd’hui – NDLR).

Mais beaucoup voient le marché à l’export comme une planche de salut…

VICTOR PEREIRA Il est difficile de résister au discours sur la compétitivité, la restructuration, la modernisation, le rééquilibrage de la balance commerciale… Mais regardons les choses en face : depuis vingt ans, les exportations agroalimentaires françaises ont quadruplé. Les paysans vivent-ils mieux ? L’Allemagne, elle, est portée comme un exemple à suivre. Pourtant sa balance commerciale affiche 12 milliards d’euros de déficit. Autrement dit, elle importe plus qu’elle n’exporte. Celle de la France, pour l’heure, est excédentaire.

 

Quelle est la part de responsabilité de la grande distribution dans la mise en concurrence des produits français et étrangers ?

VICTOR PEREIRA Autant que les industriels, elle profite du système et d’un marché européen où la concurrence est exacerbée. Certes, les grandes enseignes alimentent la guerre des prix. Mais elles ne font pas toute la mécanique. On peut toujours les enjoindre à valoriser les produits français : cela restera de l’incantation. Pour qu’une enseigne renonce à acheter au moins coûtant, il faut que toutes jouent le jeu. Et pourquoi le feraient-elles ? Les agriculteurs eux-mêmes le savent : quand un tracteur est moins cher en Italie, ils l’achètent en Italie. Soit on l’accepte, soit on remet en cause tout le système de libéralisation. Mais cela, ni le gouvernement, ni les syndicats agricoles majoritaires ne le font.

L’homme qui tape sur l’épaule des paysans avant de leur pisser dessus

Gérard Le Puill
Mercredi, 29 Juillet, 2015
Humanite.fr

 

Collaborateur de l’hebdomadaire La France Agricole et auteur de points de vue sur les crises agricoles dans le quotidien  Les Echos, Nicolas-Jean Brehon se veut sympathique avec ses lecteurs paysans mais les méprise profondément quand il s’adresse au patronat pour parler d’eux .

Collaborateur de l’hebdomadaire La France Agricole et auteur de points de vue sur les crises agricoles dans le quotidien  Les Echos, Nicolas-Jean Brehon se veut sympathique avec ses lecteurs paysans mais les méprise profondément quand il s’adresse au patronat pour parler d’eux .

 

L’homme n’est pas connu des lecteurs de l’Humanité. Il se nomme Nicolas-Jean Brehon et n’affiche aucun titre professionnel quand il écrit une chronique dans La France agricole sous le logo « En coulisses à Bruxelles ». Mais il rédige aussi un « Point de vue » de temps à autre dans le quotidien Les Echos. Le journal  préféré des milieux d’affaires le présente alors comme « professeur à l’IDREHEA, institut  de hautes études de droit rural et d’économie agricole ».

Dans l’hebdomadaire que lisent de nombreux paysans, Nicolas-Jean Brehon écrit en marchant  sur des œufs, sans doute avec le souci de ne pas faire perdre des lecteurs au journal qui le paie. Il explique un jour que ce n’est pas simple de simplifier la Politique agricole commune (PAC). Il dit un autre jour que les Appellation d’Origine Protégées (AOP) sont un atout à valoriser pour la production laitière et fromagère française. Il dit aussi  que l’organisation des producteurs de lait a du mal à s’imposer face aux firmes privées auxquelles ils livrent leur production. Il serait donc du côté des éleveurs ce Nicolas-Jean Brehon. Mais pas trop quand même.

Car une autre facette du même homme s’exprime dans «Les Echos», comme en témoignent ses propos dans l’édition du  28 juillet 2015. A 30 centimes  le litre de lait, il concède que les producteurs « ont raison de se plaindre. Mais ils se plaignent   pour de mauvaises raisons», ajoute-t-il. Car  la fin des quotas a été annoncée « il y a…seize ans ». Et puis, «ce n’est pas en France que le lait est le moins cher. Même si ce fut vrai. Sur le douze derniers mois, le prix français a été en dessous du prix allemand pendant quatre mois avec un écart maximal sur le prix de base de 1 centime. Mieux, c’est en France que la baisse des prix a été la plus faible  des grands pays laitiers,  moins 14% en France sur un an contre moins 21% en Allemagne et  moins 27% aux Pays Bas ».

Alors, ce qu’il faut en France « c’est juste passer de la lutte à la négociation. C’est aussi simple que ça », affirme  Brehon. Encore faut-il trouver des interlocuteurs pour «ça», ce que notre chantre du libéralisme oublie de dire. Pour le reste, l’avenir serait aux fermes à 1.000 vaches et plus. Car « dans les zones de déprise laitière, qui sont les plus fragiles, la grande ferme permet au collecteur d’aller chercher le lait des autres fermes », dans celle qui a regroupé tous les animaux. « C’est aussi simple que ça», dit encore Brehon. Il a juste oublié qu’il faut aussi nourrir les vaches concentrées sur un seul site. Et que le transport de nourriture du bétail sur de longues distances pollue plus et coûte aussi  plus cher que l’économie réalisée  sur la collecte du lait. Mais ce n’est pas l’industriel collecteur de lait  qui va payer le surcoût  dans ce cas précis. C’est aussi simple que ça, pourrait-on ajouter.

Pour le reste, « quand les Français doutent encore du fameux potentiel du marché chinois  et ne savent pas ce qu’ils font faire, les concurrents se préparent. C’est aussi simple que ça », ajoute une fois de plus  Nicolas-Jean Brehon avant de conclure doctement : « La profession a moins besoin  de prix que d’un cap. C’est aussi simple que ça»!

Ainsi donc, quand il s’adresse aux paysans dans La France agricole, Nicolas-Jean Brehon leur tape amicalement sur l’épaule. Quand ses propos dans Les Echos s’adressent  au patronat et aux spéculateurs pour parler des éleveurs, ces derniers se font pisser dessus!

 

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