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Résister c’est créer…

Posté par jacques LAUPIES le 1 juin 2015


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Hommage à l’appel « Créer, c’est résister... par CN-PCF

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Auraient ils peur ?

Posté par jacques LAUPIES le 1 juin 2015

 

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Le moins que l’on puisse dire est que droite et sociaux-démocrates doivent craindre comme la peste le type de manifestation comme ce forum des alternatives qui s’est tenu à Paris ce WE.

Ils nous ont carrément saoulé avec l’UMP devenue « Les Républicains » dans un processus de droitisation de la vie politique française dont les champions sont « socialistes » et avec lesquels ils se disputent la maitrise de l’avenir.

L’ignorance dans laquelle les médias ont tenu cette manifestation suffit amplement à justifier la sourde inquiétude qui doit prévaloir dans les milieux des pouvoirs de la finance et de leurs relais politiques. On ne me fera pas croire que ce qui se passe en Espagne après ce qui est advenu en Grèce et pourrait bien se déclencher ailleurs les laisse indifférents !

Au lieu d’ironiser comme le font certains dans les commentaires que je peux lire sur le site d’Humanité, ces nostalgiques d’un passé révolu qui opposent un repli sur la nation à une internationalisation de la pensée et de l’action progressiste, considérant que rien n’est possible d’un projet de transformation économique et social en Europe, ceux-ci feraient mieux de se  préoccuper de savoir comment au plus près de la population, faire passer nos messages.

Car on peut toujours disserter entre nous, si nous ne sommes pas capables d’affirmer notre spécificité de communistes en premier lieu, de partenaires d’un rassemblement des forces de gauche en général, sur des bases DEMOCRATIQUEMENT ELABOREES et diffusées, ne nous étonnons pas que le FN qui en apparence prône un certain antilibéralisme.

Cela pose la question de la conception du parti révolutionnaire de demain, de son fonctionnement qui doit-être une préoccupation première !

 

Alternatives. Pour eux, c’est oui… à une autre Europe

alternatives
Julia Hamlaoui
Lundi, 1 Juin, 2015
L’Humanité

 

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Photo : Patrick Nussbaum

Le Forum a rassemblé de nombreuses personnalités autour de Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement grec : Marie-Christine Vergiat, Patrick Le Hyaric, Liêm Hoang Ngoc, Natasa Theodorakopoulou, Haris Golemis, Clémentine Autain, Christian Picquet, Francis Wurtz , Marie-George Buffet…
Photo : Patrick Nussbaum
Plus de 5 000 participants ce week-end place de la République à Paris, au premier Forum européen des alternatives. Ils sont venus pour dire leur solidarité avec la Grèce et écrire ensemble un autre futur.

« Alliance Against Austerity ». Dix ans après le non du peuple français aux logiques libérales du traité constitutionnel européen, le 29 mai 2005, c’est à Paris et autour de ce mot d’ordre que les forces progressistes du continent se sont retrouvées ce week-end. Cette fois pour dire oui. « Oui à une autre Europe, une Europe de la coopération, de la solidarité », a lancé en ouverture de ce premier Forum européen des alternatives Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF et président du Parti de la gauche européenne (PGE) à l’initiative du rendez-vous.

En ce printemps 2015, sous le chapiteau installé place de la République, on en est persuadé : si la bataille est rude, des points ont été marqués par la victoire de Syriza en janvier, ou encore lors des dernières élections en Espagne. C’est d’ailleurs sous les applaudissements d’une salle debout que la délégation grecque a été accueillie lors de la plénière d’ouverture, samedi matin. L’ennemi commun avait un nom ce week-end : austérité. « L’austérité tue l’Europe des peuples et c’est notre responsabilité de mettre fin aux politiques mortelles avant qu’elles ne tuent l’espoir et les générations futures », a lancé Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement grec, décrivant les ravages de ces politiques « qui ciblent principalement les droits de l’homme, la souveraineté du peuple et la démocratie ».

Alors que le gouvernement grec est en plein bras de fer pour faire respecter le mandat que le peuple lui a confié, c’est un appel à la solidarité qu’a lancé le Forum ce week-end par la voix de Pierre Laurent. « Investissez les mobilisations (de la Semaine de solidarité avec la Grèce – NDLR) et faisons du 20 juin en France avec une manifestation à Paris un grand moment de solidarité », a invité le sénateur de Paris à l’intention des organisations et militants progressistes. Estimant que « la raison est à Athènes et la folie à Bruxelles », c’est ensuite au président de la République que s’est « solennellement » adressé le dirigeant communiste : « La France doit être aux côtés d’Alexis Tsipras et du gouvernement grec. La France sera grande si elle est au rendez-vous mais elle sera honteuse et affaiblie si elle fait défaut dans ce moment crucial de l’histoire européenne. »

Dès aujourd’hui, Pierre Laurent interpellera des personnalités qui partagent ce combat afin de constituer une « délégation commune » pour porter ce message à l’Élysée.

Un message que François Hollande, s’il avait tendu l’oreille du côté de la place de la République ce week-end, aurait également entendu émaner des rangs de son propre parti : « J’attends de la France, de mon pays qui pèse encore, qu’il soit en juin et au-delà présent dans ces batailles progressistes », a déclaré, samedi, de la principale tribune du Forum, le député socialiste Pouria Amirshahi. « Qu’un gouvernement qui se dit “socialiste” ne fasse rien pour le peuple grec, c’est scandaleux ! » a jugé Pierre Larrouturou, de Nouvelle Donne.

« L’austérité broie le bien commun »

Une solidarité considérée comme essentielle non seulement pour le peuple grec mais pour l’ensemble des peuples du continent. « Les images de l’austérité en Grèce sont celles du futur européen si on ne met pas fin à ces politiques », a insisté Zoé Konstantopoulou, en marge des débats. À en croire les témoignages qui ont nourri le week-end, ces orientations ont d’ores et déjà des conséquences au-delà des frontières grecques. En Belgique, « l’austérité prend un tour radical avec le gouvernement qui est l’un des plus à droite d’Europe : les mesures qu’il a prises, en quelques mois seulement, consistent à exclure les chômeurs par milliers, bloquer l’indexation des salaires, reporter l’âge de la retraite de 65 à 67 ans, multiplier les contrôles des allocataires sociaux… », explique Angelo Basile, secrétaire général adjoint de la MWB-FGTB. En France, « l’austérité broie le bien commun. Nous ne voulons pas que la santé devienne une marchandise. Nous ne voulons pas que l’hôpital devienne une entreprise », a déclaré Graziella Raso, militante CGT de l’AP-HP en lutte contre la réforme des trente-cinq heures.

Des réalités qui trouvent un écho dans les allées du village militant voisin du chapiteau : « Payer un loyer cher, être obligé de jongler entre travail et université, la précarité rend nos études difficiles », y raconte Guizem, jeune communiste, étudiante à Paris. « Réduire les pensions et les allocations sociales, l’emploi et les services publics est à l’opposé de ce qu’il faut faire pour stimuler la croissance et sortir de l’ornière », a estimé Bernadette Ségol, la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), dans un message lu à l’assemblée. « En France, ce n’est pas exactement l’austérité, a, pour sa part, considéré Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV, lors de la plénière d’ouverture. Parce que nous avons encore des marges de manœuvre. La preuve quand on décide de mettre 40 milliards aveuglément (au service des entreprises – NDLR) en créant le CICE sans chercher à avoir une vision politique de ce que deviendra cet argent… »

Reste, pour Éric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche, l’obstacle que constituent à ses yeux les traités européens : « Il n’y a pas de démocratie dans les traités. Si nous arrivons au pouvoir, il faudra dire au premier Conseil des ministres que nous n’obéirons pas à ces traités. » Le député PS Pouria Amirshahi, lui, reste persuadé qu’en France « dans les quinze mois qui viennent, chaque mois est utile (d’ici la fin du quinquennat – NDLR) pour (essayer) de changer la donne, pour (obtenir) trois, quatre, cinq lois dans le domaine fiscal, bancaire, de la transition énergétique ».

De quoi créer le débat, d’autant que ces marges de manœuvre, le gouvernement essaie de les contraindre, comme ses homologues européens, en agitant la menace de la droite et de l’extrême droite. « C’est la poursuite de cette politique qui offre des boulevards à la progression des nationalismes, des égoïsmes, du racisme et des extrêmes droites. Laissez-nous la place pour travailler à des alternatives en Europe et nous saurons combattre l’extrême droite », a invité Pierre Laurent. À travers les 30 ateliers qui ont animé le week-end, c’est de ces alternatives, de politiques sociales, économiques, de solidarité, d’égalité que les plus de 5 000 participants recensés par les organisateurs ont discuté tout le week-end : régénérer la démocratie, développer les services publics, reprendre la main sur la finance, construire la transition énergétique… Autant de thèmes enrichis de propositions concrètes qui ont traversé l’ensemble des débats mais aussi des happenings qui ont ponctué la journée du samedi. Devant la BNP de la place de la République, un père Noël du collectif Occupe ta banque a ainsi distribué des « bouffées d’éthique aux financiers ». Tandis qu’en marge du Forum, le collectif Zéro macho a invité les hommes à repasser du linge contre les « inégalités sur les tâches ménagères ».

Reste la question du comment faire. Comment emporter le bras de fer en Europe ? « Quels que soient les débats qui nous traversent, quelles que soient nos différences politiques, plus rien ne doit arrêter notre travail commun », a estimé Pierre Laurent, rappelant que, dès sa conception, le PGE a voulu ce Forum le plus ouvert possible. « Ni les syndicats, ni les mouvements sociaux, ni les partis politiques n’ont à eux seuls la clé pour emporter la bataille contre l’austérité », a abondé Felipe Van Kersbilck, coordinateur de l’Altersummit. Pour autant, si Pierre Laurent reconnaît que ce mouvement n’est « pas au bout du chemin », il estime mener « le combat qui peut sauver l’idée européenne ». Et Zoé Konstantopoulou de conclure : « On va vaincre ! »

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Prolétaires de tous les pays unissez vous !

Posté par jacques LAUPIES le 1 juin 2015

 

 

Bernard Thibault : « On ne peut pas améliorer le sort des salariés dans un pays si, partout ailleurs, leurs droits régressent »

Entretien réalisé par Bernard Thibault
Vendredi, 29 Mai, 2015
Humanité Dimanche

 

Élu membre du groupe des travailleurs au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont la 104 e conférence se tient à Genève du 1er au 13 juin, Bernard Thibault explique le choix fait par celle-ci de lutter contre le travail informel ou non réglementé. Pour l’ex-dirigeant de la CGT, il est grand temps que l’Union européenne et les multinationales, véritables intouchables, rendent des comptes.
HD. Voila presque un an que vous siégez au conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT). Que retirez-vous de cette expérience ?
BERNARD THIBAULT. Je vis cet engagement comme un prolongement des différents mandats que j’ai exercés au sein de la CGT. L’OIT a pour rôle de produire des conventions internationales du travail. Il en existe 200 qui constituent en quelque sorte un Code du travail mondial. Elle veille à leur application et produit analyses ou expertises sur ce que sont les évolutions du monde du travail, au demeurant plutôt inquiétantes. Se pencher à l’échelle internationale sur le droit des travailleurs permet d’agir contre les grandes inégalités qui peuvent exister d’un continent à l’autre et d’un pays à l’autre. Cela permet aussi de comprendre que l’avenir des droits sociaux à l’échelle planétaire se joue en grande partie en Europe. L’Europe devrait, au même titre que les États, être responsable devant l’OIT. Les attaques qui y sont portées contre les droits des salariés y sont inacceptables. Dans le cadre des plans « de redressement », l’Union européenne a demandé à des pays comme la Grèce ou la Roumanie de se mettre dans l’illégalité en suspendant l’application de certaines conventions. Certains pays européens n’ont pas ratifié la totalité des conventions de l’OIT. Mais, malgré le fait que les droits des travailleurs soient malmenés ou régressent en Europe, ils sont sans commune mesure plus développés que n’importe où ailleurs. Ils constituent à ce titre une référence. Le bras de fer qui nous oppose au patronat en Europe va être déterminant. Soit il débouchera sur un alignement par le haut du droit international, soit, au contraire, comme l’exigent les libéraux au nom de la compétitivité, il débouchera sur un nivellement par le bas.
 
HD. Siéger à l’OIT a renforcé vos convictions internationalistes …
B. T. Aujourd’hui, il est évident que, dans le cadre d’une économie mondialisée, on ne peut pas prétendre améliorer le sort des salariés dans un pays si, partout ailleurs, leurs droits et leurs acquis régressent. Il n’y a pas de progrès social possible dans une zone géographique donnée si l’économie mondiale continue de fonctionner sur la base du moins-disant social. Il n’y a pas d’autre solution que d’améliorer les droits et la condition de tous les travailleurs. L’OIT a d’ailleurs été créée pour cela en 1919. Parmi les considérants validés par les États fondateurs, parmi lesquels la France, figurait l’idée que le travail n’est pas une marchandise. On parle pourtant encore aujourd’hui de marché du travail. L’idée avancée aussi à l’époque selon laquelle toute zone de pauvreté, où qu’elle se situe dans le monde, est porteuse de risque de conflit et de guerre pour le reste du monde reste d’actualité.
 
HD. Le cadre national n’est-il pas suffisant pour développer le droit du travail ?
B. T. On le mesure aujourd’hui, le cadre national trouve ses limites en matière d’efficacité. Beaucoup de pays sont dépourvus de législation et d’administration du travail qui leur soient propres. Pour les travailleurs de ces pays, les conventions de l’OIT qui protègent les libertés fondamentales, comme le droit de se syndiquer ou de faire grève, sont la seule source de droits. Mais là encore pour être applicables, il faut que les conventions soient ratifiées et transcrites au plan national.
Aujourd’hui, dans une économie toujours plus mondialisée, le cadre national n’est pas suffisant. 5000 multinationales possédant 450 000 succursales et employant 200 millions de travailleurs donnent le la en matière de salaires, de protection sociale, de coûts et de régimes de production. Si la législation du travail n’évolue que dans un cadre national, elle ne pourra pas empêcher la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle de la planète. Il faut renforcer les prérogatives de l’OIT, en venir au principe de sanctions internationales. N’en déplaise aux partis racistes et nationalistes comme le FN.
 
HD. Le patronat a finalement cessé de paralyser l’OIT dans le cadre d’une offensive contre le droit de grève. Comment la situation s’est-elle débloquée ?
B. T. La convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale reconnaît implicitement le droit de grève. Il ne saurait en effet y avoir de négociation collective fructueuse sans la possibilité de recourir à la grève. Alors qu’il n’avait jamais contesté cette interprétation, le patronat s’est mis, il y a deux ans, à considérer que le droit de grève n’était acceptable que dans les pays qui l’ont inscrit expressément dans leur droit, comme la France l’a fait dans sa Constitution. Pour imposer ses vues, il a bloqué le fonctionnement de l’OIT en l’empêchant de produire son rapport annuel. La situation s’est débloquée après que le collège des États a déclaré que « le groupe gouvernemental reconnaît que le droit de grève est lié à la liberté syndicale, qui est un principe et un droit fondamentaux du travail de l’OIT. Il reconnaît en outre expressément que, sans protection de ce droit de grève, la liberté syndicale et, en particulier, le droit d’organiser des activités pour promouvoir et protéger les intérêts des travailleurs ne peuvent être pleinement garantis». C’est une prise de position forte à mettre au compte de la mobilisation mondiale à l’appel de la Confédération syndicale internationale (CSI), le 18 février. L’offensive est donc temporairement stoppée, mais il faut rester vigilant. Cette attaque contre le droit de grève montre que le patronat est engagé dans une logique de marchandisation des droits humains similaire à celle mise en œuvre dans le cadre de la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle de la planète pour abaisser le prix du travail.
 
HD. La 104 e conférence de l’OIT, qui se déroulera à Genève du 1 er au 13 juin, va donc pouvoir se pencher sur les cas les plus flagrants de violation des conventions internationales ?
B. T. La conférence va sélectionner une liste de 25 cas de litige. Le ME- DEF souhaite inscrire la France au titre de la convention 122 sur l’ emploi qui fait obligation aux États « d’agir par des politiques actives pour le plein-emploi », c’est un acte sans précédent. Le patronat tente d’instrumentaliser l’OIT et de transformer sa conférence internationale en tribune pour pointer l’inefficacité de la politique de l’emploi en France. Bien sûr, il s’agit de dire que le gouvernement ne va pas assez loin dans la libéralisation du marché du travail. La démarche du MEDEF n’est pas une démarche juridique, c’est une démarche politique. Bien que largement exaucé par ce gouvernement, il n’est jamais rassasié. Les employeurs tentent de dénaturer l’OIT. Ils veulent transformer cette institution chargée de la protection et de la promotion des droits des travailleurs en un outil politique au service des entreprises. Ils ont la même approche du Code du travail, dont ils essaient de gommer le rôle de protection du salarié.
 
HD. Pourquoi l’OIT a-t-elle décidé de s’attaquer aussi à la question de l’économie informelle ?
B. T. L’adoption d’un texte sur « la transition de l’économie informelle à l’économie formelle » est à l’ordre du jour de la conférence. Aujourd’hui, 1 travailleur sur 2 n’a pas de contrat de travail. Au Sénégal, 85 % sont dans ce cas. En Inde, ils sont 95%. Cela veut dire que ces travailleurs ne bénéficient d’aucun droit, d’aucune protection. Dans les économies informelles, il n’existe ni règle ni législation pour encadrer le travail. Cela engendre l’absence de contestation et de revendication puisque le travailleur n’est même pas répertorié. Il est un « clandestin » dans son entreprise. Cette clandestinité interdit le versement de cotisations sociales ou le prélèvement d’impôt. Quand 85 % de l’économie est informelle, c’est autant de ressources en moins pour l’État.
Cela veut dire de grandes difficultés, voire l’impossibilité de se doter des infrastructures nécessaires en matière de santé, d’éducation, de transport ou de protection sociale. La conférence va donc débattre des moyens de sortir de cette économie informelle, de la responsabilité des États, y compris de ceux qui entretiennent des relations commerciales avec les pays dont l’économie est informelle et qui en tirent profit. Nous allons aussi débattre de la responsabilité des multinationales qui comptent parmi les principaux bénéficiaires. Le forum mondial convoqué par l’OIT après la catastrophe du Rana Plaza a mis en évidence la responsabilité du Bangladesh, qui doit se doter d’une législation et d’une administration du travail pour protéger ses travailleurs. Mais cet État est très dépendant économiquement des donneurs d’ordre que sont les multinationales. Aujourd’hui, seuls les États sont attaquables devant l’OIT. Il faut, à l’avenir, que les entreprises rendent aussi des comptes et notamment les plus grandes dont certaines sont plus puissantes économ iquement que nombre d’États. Certaines multinationales parlent de « responsabilité sociale » et adoptent des codes de bonne conduite. Cela n’est sans doute pas à rejeter, mais cela ne peut pas se substituer à un contrôle d’ordre public national et international.
 
HD. Le 1 er Mai dernier, vous avez déclaré qu ’« il y a trop de syndicats en France». Mais cette diversité est aussi révélatrice de conceptions différentes, y compris en matière de syndicalisme. Comment les surmonter ?
B. T. Certes, il y a des différences d’appréciation ou de positionnement sur telle ou telle question mais, dans les faits, les différences s’estompent quand on en vient à l’essentiel. Par exemple, quand une usine ferme, elle ferme pour tous les salariés. Dans ces circonstances, en général, les salariés sont unis et leurs syndicats se rassemblent. Je ne crois pas qu’il existe autant de conceptions du syndicalisme qu’il y a de syndicats. Il n’y a pas 8 conceptions syndicales différentes dans notre pays.
 
HD. La CGT est l’héritière d’un syndicalisme de classe et de transformation sociale …
B. T. Bien sûr, la CGT a très tôt adhéré au principe d’une opposition fondamentale entre la logique du capital et les aspirations de ceux qui n’ont que leur travail pour vivre.
 
HD. Et d’autres, comme la CFDT, considèrent que le syndicalisme doit servir à élaborer des consensus avec le patronat sans chercher à remettre en cause l’ordre social …
B. T. Et pour autant, on rencontrera des syndicalistes à la CFDT, de FO, de la FSU et y compris dans les rangs de la CFTC, qui, dans leurs pratiques, sont très proches de la façon d’agir des militants de la CGT. Il m’est arrivé de rencontrer des syndicalistes CFTC très vindicatifs, y compris contre leur propre syndicat car s’estimant « trahis » par un accord signé par le passé. Je ne crois pas que l’on puisse identifier les militants syndicaux comme partageant telle ou telle conception du syndicalisme car appartenant à tel ou tel syndicat. Dans un même syndicat, y compris la CGT, cohabitent des conceptions différentes du syndicalisme. Un syndicat qui a pour vocation de représenter tous les salariés doit accepter cette diversité. Les scissions qui émaillent l’histoire du syndicalisme ont d’abord des origines politiques.
 
HD. Le syndicalisme rassemblé ne conduit-il pas à un certain affadissement revendicatif ?
B. T. Aujourd’hui, les divisions du syndicalisme nuisent à son utilité et son efficacité. Il n’existe aucun syndicat qui puisse donner le la à lui seul. Le syndicalisme rassemblé, c’est identifier les points d’accord entre syndicats sur lesquels on peut agir ensemble.
 
HD. L’affaiblissement du syndicalisme n’est-il pas dû à un affaiblissement idéologique ?
B. T. Je crois que les difficultés du syndicalisme sont moins le fait de ses idées que d’un manque de capacité d’organisation d’un salariat qui s’est profondément transformé. Nous n’avons pas pris les mesures structurelles permettant de nous adapter à ce salariat précarisé, atomisé ou travaillant à distance. C’est pourtant possible. Il existe par exemple des pays où les syndicats parviennent à organiser des travailleurs non salariés. En Inde, il existe des syndicats pour « les travailleurs de rue » qui, par définition, n’ont aucun statut!
 
HD. La CGT vient de connaître une crise assez grave. Celle-ci n’est-elle pas révélatrice de la difficulté de faire vivre un syndicalisme confédéré ?
B. T. Je souhaite que le prochain congrès soit l’opportunité de débattre des enjeux stratégiques auxquels est confrontée la CGT. Aborder ces enjeux par le biais de querelles de personnes serait mortifère. Ce qu’attendent les adhérents de la CGT, c’est de pouvoir discuter de la démarche syndicale, de nos objectifs ou des moyens d’améliorer le rapport de forces. Il nous faut débattre pour être plus solidaires dans la CGT. Dans la crise intense que traverse le salariat, il existe le risque que le syndicalisme s’enferme dans un corporatisme étroit. Or, le choix de la CGT, c’est celui d’un syndicalisme confédéré. L’ambition qui a prévalu lors de sa création, il y a 120 ans, c’est une ambition unitaire. Il n’y aura pas d’amélioration pour une partie des salariés si, pour la majorité d’entre eux, c’est le recul social qui domine. C’est vrai en France comme au plan mondial

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