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Appel au Président de la République

Posté par jacques LAUPIES le 19 juin 2015

« La place de la France est aux côtés du peuple grec »

 

Monsieur le Président de la République,

La crise grecque s’exacerbe de façon alarmante. Chaque jour qui passe peut, soit nous rapprocher d’un accord utile à toute l’Europe, soit d’une rupture dont personne ne peut prévoir les conséquences. L’intransigeance des principaux dirigeants européens peut nous conduire alors au bord de l’abîme. Il est aussi vital que pressant de sortir de ce piège. Le moment est crucial.

La responsabilité de chaque acteur concerné est directement engagée. Il serait sordide -et au demeurant parfaitement vain- d’escompter une capitulation du gouvernement grec. La fidélité de celui-ci au mandat que lui a confié son peuple n’est pas un défaut mais un exemple à suivre. S’il refuse la compromission, il s’est, en revanche, montré prêt au compromis.

Une solution à la fois digne et réaliste est donc à portée de la main. Le moment ultime est venu pour la concrétiser.

C’est dans ce contexte que nous vous lançons un appel solennel : la France ne peut, dans un tel moment, apparaître inerte sinon suiviste des puissants. Son message ne peut se réduire à un rappel docile des « règles » à respecter quand la maison brûle. D’autant que ces règles sont aujourd’hui massivement récusées par les peuples et reconnues contreproductives par nombre de leurs anciens protagonistes eux-mêmes.

Aujourd’hui, alors que la crise de confiance entre les citoyens et les institutions européennes est à son comble, c’est en se montrant capable d’entendre l’exigence de justice, de dignité et de souveraineté d’un peuple debout qu’un pays comme le nôtre sert la cause européenne bien comprise. A l’inverse, qui humilie la Grèce obère l’avenir de la construction européenne. Car le refus de l’austérité et l’aspiration démocratique sont aujourd’hui en Europe les attentes les plus partagées.

C’est pourquoi nous attendons de vous, que vous preniez une initiative politique de nature à débloquer les négociations entre l’ »Eurogroup » et les autorités grecques. Nous n’évoquerons pas ici les transformations profondes à promouvoir en Europe qui font débat entre nous. L’acte urgent que nous vous demandons d’accomplir est de refuser de participer à la stratégie d’isolement de la Grèce, concernant en particulier le chantage financier et la nature des « réformes » exigées du gouvernement et du Parlement de ce pays.

Apportez un soutien explicite aux mesures saines prises par les autorités grecques, telles que celles qui s’attaquent à la crise humanitaire en Grèce, ou qui permettent enfin de lutter contre l’évasion fiscale. Désolidarisez-vous en revanche nettement des exigences insoutenables de l’ »Eurogroup » en matière de dérégulation du marché du travail, de révision du système des retraites ou de privatisations. Acceptez enfin le principe d’une renégociation de la dette grecque, dont une large part est notoirement illégitime.

Cette situation est sans précédent dans l’Union européenne. La France doit prendre la place qui est la sienne dans l’Histoire, celle-ci est aux côtés du peuple grec et de son gouvernement.

 

  • Les signataires
  • Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du PGE
  • Dominique Adenot, PCF, président de l’ANECR, maire de Champigny,
  • Pouria Amirshahi, député PS
  • François Asensi, député de Seine St Denis GDR, maire de Tremblay en France
  • Eliane Assassi, Présidente du groupe CRC au Sénat
  • Isabelle Attard, députée Nouvelle Donne
  • Clémentine Autain, porte parole d’Ensemble
  • Marinette Bache, Conseillère de Paris, RetS,
  • Guillaume Balas, député européen PS
  • Martine Billard, Bureau national PG
  • Julien Bayou, porte parole EELV
  • Michel Billout, Sénateur CRC
  • Frédéric Boccara, économiste
  • Eric Bocquet, Sénateur CRC
  • Jean-François Bolzinger, syndicaliste
  • Marie George Buffet, députée GDR
  • Fanelie Carrey-Conte, députée PS
  • André Chassaigne, Président du groupe GDR,
  • Laurence Cohen, Sénatrice CRC
  • Eric Coquerel, coordinateur général du PG
  • Catherine Coutard, Vice présidente du MRC
  • Thomas Coutrot, militant associatif
  • Karima Delli, députée europénne EELV
  • Michèle Demessine, Sénatrice CRC
  • Bernard Devert, syndicaliste
  • Jean Pierre Dubois, militant associatif
  • Marc Dolez, député GDR
  • Hervé Falciani, lanceur d’alerte
  • Bastien Faudot, Secrétaire national et porte parole MRC
  • Jean Pierre Fourré, Vice président honoraire Assemblée nationale, Ret S
  • Jacqueline Fraysse, Députée GDR
  • Elisabeth Gauthier, réseau Transform ! Europe
  • Liem Hoang Ngoc, socialiste affligé
  • Frédéric Hocquart, conseiller PS de Paris
  • Nordine Idir, secrétaire général Jeunes communistes
  • Lucien Jallamion, Secrétaire Général République et Socialisme
  • Michel Jallamion, Convergences des Services Publics
  • Eva Joly, députée européenne EELV
  • Pierre Khalfa, Co-président Fondation Copernic
  • Pierre Larrouturou, Nouvelle Donne
  • Jean Luc Laurent, député, maire de Kremlin Bicètre, Président du MRC,
  • Marie-Noelle Lienemann, Sénatrice PS
  • Patrick Le Hyaric, député européen GUE-NGL, directeur de l’Humanité
  • Emmanuel Maurel, député européen PS
  • Gus Massiah, mouvement social
  • Jean Luc Mélenchon, député européen GUE-NGL
  • Alain Obadia, PCF, Président fondation Gabriel Péri
  • Younous Omarjee, député européen GUE-NGL
  • Christian Picquet, Gauche Unitaire
  • Barbara Romagnan, députée PS
  • Sandrine Rousseau, porte parole EELV
  • Anne Sabourin, PCF – Coordinatrice Forum européen des Alternatives
  • Lydia Samarbakhsh, PCF, responsable International
  • Nicolas Sansu, député GDR, maire de Vierzon
  • Laura Slimani, Présidente MJS, présidente jeunes socialistes européens
  • Aurélie Trouvé, militante associative
  • Marie-Christine Vergiat, députée européenne GUE-NGL
  • Francis Wurtz, PCF, député européen honoraire

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Se soumettre à, ou se démettre de l’Europe

Posté par jacques LAUPIES le 19 juin 2015

Si les grecs sont victimes de l’appétit exorbitant des banques et de la soumission des gouvernements grecs à la politique libérale voulue par les institutions européennes, que le FMI autant que la BCE et la commission européenne ne veulent en aucune façon revoir leur position il ne reste guère de solution au gouvernement grec que de sortir de l’Europe et de se tourner vers d’autres coopérations mondiales.
Seulement voilà le libéralisme règne partout dans le monde et les solidarités que l’on peut y trouver risquent d’avoir des couts bien plus élevés pour la Grèce.
Peut-on espérer de Poutine  ou des Chinois qu’ils jouent cette carte d’un petit pays fragilisé pour en tirer quelque profit économique et géopolitique ? 
Comment le peuple grec lui-même se situe dans cette éventualité et tout autant au sein même de Syrisa on peut penser que la volonté de s’orienter dans cette voie ne fasse pas l’unanimité.
Ce n’est pas moi qui vais trancher la question comme semblent vouloir le faire depuis leur tablette ou leur ordi nombre de commentateurs des articles parus dans l’Huma.
De plus il n’est pas certain que les forces du capital et de la finance s’inquiètent outre mesure d’un départ de la Grèce pas plus que certains, à l’inverse se réjouissent de son maintien perturbateur dans une Europe, maintien qui peut – être annonciateur de l’apparition d’autres enfants terribles ! Mais pourra-ton les empêcher ?
Dans ces cas là il faut savoir trancher mais cela ne peut se faire qu’avec un peuple pouvant s’appuyer sur une force politique bien armée idéologiquement, organisée et déterminée.
Les grecs en disposent ils avec Syriza ? La question est là et elle peut demain se poser à n’importe quel pays que l’on soit pro européen ( je serai tenté de l’être) ou à l’inverse pour un repli sur soi qui nécessiterait comme on dit « d’en avoir »

Grèce. La troïka continue son pilonnage et la France regarde ailleurs

Thomas Lemahieu
Vendredi, 19 Juin, 2015
L’Humanité

 

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Photo : Yorgos Karahalis/AP

Mercredi dernier, le peuple grec manifestait une nouvelle fois son soutien au gouvernement Tsipras.
Photo : Yorgos Karahalis/AP
Le FMI veut casser les retraites. La Commission européenne ne veut pas entendre parler d’allégement de la dette. Face aux Grecs qui n’en peuvent plus de l’austérité, c’est sur les positions les plus radicales que les institutions réalisent leur consensus. Un acharnement néolibéral qui ne peut que conduire au désastre.

Le FMI veut arracher de nouvelles mesures structurelles sur les retraites. La Commission européenne n’a d’yeux que pour les économies budgétaires. Contre le versement des milliards d’euros, prévu dans le « plan d’aide » mais suspendu depuis l’été dernier, la troïka reconstituée comme jamais ces derniers jours exige de la Grèce une nouvelle saignée austéritaire, en dépit des choix démocratiques effectués en janvier. À l’occasion de l’Eurogroupe, hier, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem a vertement écarté la demande centrale pour le gouvernement Syriza d’un allégement de la dette. « Nous n’avons pas discuté de cette proposition parce que l’ordre logique des choses est d’obtenir d’abord un accord sur les termes de l’accord en matière de mesures budgétaires, de réformes, etc., avant de regarder vers l’avenir », a dit ce gardien du temple de l’orthodoxie néolibérale. Incroyable aveu : l’avenir, c’est évidemment de permettre aux Grecs d’arrêter de payer avec leurs droits les plus élémentaires les intérêts d’une dette dont le comité d’audit mis en place à la Vouli à Athènes vient de prouver le caractère « illégal, illégitime et odieux ». Ces usuriers qui veulent mettre à genoux le peuple grec Lire la suite de notre article 

Grèce contre reste du monde : le match continue. D’après ce que serinent, sur les ondes ou dans les colonnes de la presse aux ordres, les représentants des grandes puissances, Banque centrale européenne (BCE), Fonds monétaire international (FMI) et Commission européenne, la balle est dans le camp du gouvernement Tsipras qui, au fond, n’a plus qu’à la pousser dans ses propres filets… et avaler une nouvelle pilule d’austérité ! « J’espère que les Grecs vont venir avec plus de propositions pour qu’on puisse conclure, mais je suis très pessimiste », lance Jeroen Dijsselbloem, patron hollandais de l’Eurogroupe, qui, en présence de ­Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, rassemblait jeudi après-midi à Luxembourg les ministres des Finances des pays de la zone euro. Le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, en rajoute une couche : « Il nous faut des propositions, sinon de quoi allons nous parler ? » Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici dit attendre « des contre-propositions de la partie grecque qui ne sont toujours pas là ».

Pour la troïka, il n’y 
a pas d’alternative

Stratégie du catenaccio pour les créanciers de la Grèce : ils ont collé un gros verrou sur les négociations, et ils n’en démordent pas. En choisissant de porter Syriza au pouvoir en janvier, les Grecs ont décidé démocratiquement de rompre avec l’austérité imposée depuis plus de cinq ans par la troïka, au prix de manipulations et de falsifications grossières, comme l’a établi ces derniers jours le comité pour la vérité sur la dette grecque (lire notre édition de jeudi et ci-contre). Mais qu’à cela ne tienne ! Il n’y a pas d’alternative, répètent sur tous les tons la Commission, la BCE, le FMI ou les représentants des gouvernements européens : pour obtenir le versement des 7,2 milliards d’euros, suspendu depuis l’été dernier, les Grecs n’auraient pas d’autres choix que d’accepter les coupes dans leurs retraites, une augmentation de la TVA, la poursuite du programme de privatisation des terrains de l’ancien aéroport d’Hellenikon, du réseau électrique, d’un opérateur de télécommunications, des ports du Pirée et de Thessalonique…

Dans la partie de poker menteur qu’ils ont engagée, les représentants de la troïka jouent, à tour de rôle, leur propre partition. Le FMI tient mordicus à ses attaques contre les retraites et à toutes ses « réformes structurelles », mais affiche un visage plus ouvert sur la restructuration de la dette grecque. La Commission et les gouvernements paraissent embarrassés par les mesures antisociales, mais refusent catégoriquement de parler du poids structurel d’une dette illégale, illégitime et odieuse. À l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem écarte d’un revers de manche la demande grecque sur la dette : « Nous n’avons pas discuté de cette proposition parce que l’ordre logique des choses est d’obtenir d’abord un accord sur les termes de l’accord en matière de mesures budgétaires, de réformes, etc., avant de regarder vers l’avenir. »

À ce petit jeu, pour l’heure, le consensus entre les créanciers se fait donc toujours sur une ligne très inflexible face au gouvernement Tsipras : oui aux mesures austéritaires, non à l’allégement, voire l’effacement, de la dette grecque ! Dans de telles conditions, à Berlin comme à Paris, c’est l’hypocrisie qui, derrière les positions mi-figue mi-raisin de façade, règne en maître jusqu’ici. Devant le Bundestag, Angela Merkel peut bien chantonner : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin. » Mais c’est pour mieux asséner : « Si ceux qui sont aux responsabilités à Athènes peuvent mobiliser la volonté, un accord avec les trois institutions est encore possible. » En France, le discours se veut plus ouvert. Pour Michel Sapin, le ministre des Finances, il s’agit de « casser l’idée qu’il y a des différences monstrueuses entre les uns et les autres ». Selon lui, « ces différences sont surmontables pour que, dans les jours qui viennent, une solution soit trouvée ». Lundi, en marge de son déplacement en Algérie, François Hollande rappelait la position « de compromis » de la France. « Nous ne voulons pas imposer à la Grèce des sacrifices supplémentaires sur les petites retraites, mais demander des propositions alternatives. La Grèce doit comprendre que, pour rester dans la zone euro, il faut faire un effort. Et les institutions doivent faire en sorte qu’il y ait un compromis, sans ajouter d’autres drames. »

La semaine de solidarité 
avec les Grecs débute samedi

A son arrivée à l’Eurogroupe, jeudi, Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances, promet de « présenter les idées du gouvernement grec ». « L’objectif est de remplacer une discorde coûteuse par un consensus efficace », ajoute-t-il avec malice. Une manière de rappeler que les Grecs ont fait de nombreuses propositions dans les négociations – sur l’évasion fiscale ou sur la réforme de l’administration publique défaillante, par exemple – et surtout qu’en cas d’échec la crise ouverte par un défaut et une sortie de la Grèce de la zone euro frapperait évidemment ce pays déjà meurtri par l’austérité qui a provoqué une crise humanitaire sans précédent, mais sans doute aussi bien au-delà des frontières. Maintenant, avec la semaine de solidarité avec les Grecs qui débute ce samedi dans de nombreux pays de l’Union européenne (lire aussi page 6), à quelques jours d’un Conseil européen qui pourrait être décisif, les spectateurs sont invités à envahir le terrain pour ne pas laisser la partie truquée aller à son terme funeste. Le match encore à jouer, c’est plutôt peuples de Grèce et du reste du monde contre élites néolibérales. 

Commentaires

Quis

Vendredi, 19 Juin, 2015 – 12:48
Qu’adviendait-il ? Une perte de confiance. Vous qui êtes diplômé en économie, ce qui est censé vous donner une expertise indemne de tout préjugé politique ou autre, vous devez savoir que la confiance est une notion essentielle dans les rapports entre le prêteur et l’emprunteur. Elle est un élément de l’anticipation rationnelle. Si les Grecs font défaut ils devront à l’avenir tout construire sans crédit.

 

Soljenitsyn

Vendredi, 19 Juin, 2015 – 12:22
Et que la dette des Grecs soit intégrée dans la dette française, ça ne vous choque pas ?

Danimag

Vendredi, 19 Juin, 2015 – 12:53
La France a emprunté sur les marchés internationaux à 3% pour prêter ensuite à la Grèce à 4,5%. Au passage, elle s’est faite du bénef.  C’était surtout pour permettre à la Grèce de rembourser ses créanciers privés : les banques européennes et américaines. La dette d’aujourd’hui, qui s’est amplifiée depuis 2009 à cause de la politique d’austérité, est du coup à 80% publique. Renseignez vous avant d’écrire des fadaises.

 

 

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Grece

Posté par jacques LAUPIES le 19 juin 2015

 

 

La vérité sur la dette, une arme pour les futures négociations

Marie-Laure Coulmin-Koutsaftis
Vendredi, 19 Juin, 2015
L’Humanité

 

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Photo : Yannis Behrakis/Reuters

Pour Nicolas Sansu, député PCF, présent en Grèce : « Au nom de la dette, trop de promesses de campagne ont été abandonnées en Europe. »
Photo : Yannis Behrakis/Reuters
Au terme d’un travail entamé le 4 avril, la commission parlementaire pour la vérité sur la dette publique de la Grèce a livré hier ses premières conclusions.

Athènes (Grèce), correspondance. «Les créanciers ont commis un crime et doivent le réparer. » C’est par ces mots que Renaud ­Vivien, membre du comité d’audit de la dette grecque, a conclu la dernière séance de présentation des conclusions liminaires qui s’est tenue jeudi devant le Parlement grec à Athènes. Au final, cet exposé en neuf chapitres démonte le mécanisme d’endettement du pays et relève que celui-ci répond avant tout d’un agenda politique et non de préoccupations économiques. Examinant tant les aspects légaux et économiques que les retombées sur la population et les services publics, le caractère insoutenable de la dette apparut à la Commission dès le début de ses travaux. Il était même parfaitement connu tant des créanciers internationaux, la Troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission européenne), que de l’État grec, des médias nationaux et internationaux. Pourtant, les autorités grecques ont refusé une restructuration de la dette publique, proposée dès 2010 par le FMI, afin de protéger les institutions financières.

D’après cet examen, la dette publique n’est pas due à des dépenses publiques excessives, mais d’un côté à des taux d’intérêt trop élevés imposés par les créanciers, de l’autre, à des dépenses militaires excessives, ou encore à des pertes de revenus fiscaux. Mais le point essentiel des conclusions réside sans doute dans l’analyse des impacts de la recapitalisation des banques privées par l’État grec en pleine crise, et aux déséquilibres économiques dus à l’architecture même de l’union monétaire. La commission a ainsi conclu que le premier prêt accordé en 2010 visait essentiellement à sauver les banques privées grecques et européennes, principalement allemandes et françaises, et à réduire leur exposition aux obligations helléniques.

Le comité a ainsi distingué quatre types de catégories de dette : insoutenable, illégale, illégitime, odieuse. La nature discutable de la dette grecque ressort aussi de l’examen des conditions imposées par l’accord d’emprunt signé en mai 2010, accompagné d’un premier mémorandum, dans lequel a été inscrite la politique d’austérité. Alors que la Grèce est actuellement incapable d’honorer le service de sa dette, le comité a révélé les atteintes sérieuses liées à son obligation d’État souverain d’honorer les droits humains élémentaires, comme la santé, le travail, l’éducation et l’accès aux services élémentaires.

L’utilisation des fonds prêtés est exclusivement dictée par les créanciers, et c’est moins de 10 % des fonds alloués à la Grèce au titre du « programme de soutien » qui ont été attribués aux dépenses de fonctionnement de l’État grec.

Plus encore, la dette est illégitime puisqu’elle enfreint les statuts du FMI, qui a outrepassé sa mission en « utilisant ses fonds pour protéger des institutions privées » et en finançant un emprunt dont il savait avant même la signature, en 2010, qu’il ne pourrait pas être remboursé. De son côté, la BCE est, elle aussi, en infraction puisqu’à plusieurs reprises, elle a en tant que membre de la troïka imposé des pressions politiques sur l’un de ses pays membres, comme en limitant l’accès des banques grecques aux liquidités bancaires à partir de janvier 2015.

Différentes personnalités internationales étaient présentes dont Nicolas Sansu, député du Parti communiste français et du Front de gauche, selon qui, « la dette, instrument de domination, sert à justifier en Europe les mesures d’austérité imposées aux peuples. Au nom de la dette, trop de promesses de campagne ont été abandonnées en Europe. On étrangle le peuple grec ».

Face aux diktats de la troïka, Tsipras défend la démocratie

Thomas Lemahieu
Mardi, 16 Juin, 2015
L’Humanité

 

La Commission, la BCE et le FMI font monter la pression sur Athènes : ils exigent plus d’économies budgétaires et de nouvelles coupes dans 
les retraites. Des contre-réformes qui accroissent la crise ? Peu importe ! Pour les dominants, il s’agit de montrer qu’il n’y a pas d’alternative !

L’apocalypse est pour demain. Après l’échec des négociations « de la dernière chance », le week-end dernier, le groupe des créanciers de la Grèce – Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) – a manifestement choisi, avec le concours de certains États membres, de faire monter un peu plus la pression sur le gouvernement Tsipras. En bon chrétien-démocrate allemand, Günther Oettinger, commissaire européen à ­l’Économie numérique, n’ose pas encore, hier matin, convoquer les archanges, leurs trompettes et la pluie de grêlons de quarante jours, mais presque… « Nous devrions mettre en place un plan d’urgence car la Grèce pourrait tomber dans l’état d’urgence, prévient-il. L’approvisionnement en énergie, les salaires des forces de l’ordre, l’accès aux services médicaux, les fournitures en médicaments et beaucoup d’autres choses doivent être assurés. » Yanis ­Varoufakis, le ministre grec des Finances, exclut tout « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro, « comme solution sensée ». Avant de ricaner face aux prophètes de malheur qui se pressent autour de son pays : « Après, personne ne peut jamais tout exclure, je ne peux même pas exclure qu’une comète touche la Terre un jour ! »

 

Alexis Tsipras réclame 
un allégement immédiat de la dette

Derrière la bataille de représentations qui s’est engagée, le temps est compté, ça ne fait pas de doute : la Grèce doit rembourser le 30 juin 1,6 milliard d’euros de prêts du FMI et elle risque fort de ne pas y arriver sans un versement de 7,2 milliards d’euros, suspendu depuis l’été dernier. Tout est lié, chacun le sait, à la conclusion d’un accord avec les créanciers, et plus que jamais, les porte-flingues de l’ex-troïka ne lésinent pas pour imposer leurs vues. Aux agences de presse qui s’enquièrent du climat pendant les échanges du week-end, certains d’entre eux racontent sous couvert d’anonymat : « Les Grecs sont venus les mains dans les poches. » Le gouvernement Tsipras rétorque vertement : « La partie grecque est allée à Bruxelles avec des contre-propositions ­cohérentes, correspondant au résultat de la concertation entre le premier ministre et les autres dirigeants européens, qui visait à démarrer un autre cycle de négociations. Mais ce round de négociations n’a jamais eu lieu. Les représentants des équipes techniques des trois institutions se sont déclarés incompétents. Les représentants grecs ont déposé des propositions de convergence, à la différence des institutions respectives, qui ont soumis un texte contenant des mesures que le Parlement grec avait rejetées. »

En réalité, comme c’est le cas depuis des semaines, les discussions achoppent toujours sur le niveau de l’excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) : le FMI et la Commission exigent qu’il atteigne 1 % dès cette année, quand le gouvernement grec entend jusqu’ici s’en tenir à 0,75 %. Dans la foulée, alors qu’Alexis Tsipras et ses représentants réclament un allégement immédiat de la dette grecque, les créanciers refusent d’en parler et se concentrent sur leurs exigences de nouvelles contre-­réformes taillant un peu plus dans les ­retraites et augmentant la TVA.

 

Certains agitent la menace d’une décrédibilisation de la zone euro

Des prétentions grecques proprement insupportables pour les créanciers, et les masques de l’ex-troïka tombent. Derrière le théâtre d’ombres dans les négociations, c’est bel et bien la démocratie qui est ­attaquée, sans prendre de gants ! Le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, agite la menace d’une décrédibilisation de la zone euro et d’un encouragement pour les autres forces radicales en Europe si les demandes grecques étaient entendues. Vice-chancelier SPD en Allemagne, Sigmar Gabriel tonitrue, lui, dans Bild : « Nous n’allons pas laisser les travailleurs allemands et leurs familles payer pour les promesses électorales exagérées d’un gouvernement partiellement communiste. » Dans une note sur son blog hébergé par l’institution, ­Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, lâche le morceau de manière plus directe encore, tout en appelant les créanciers à se montrer plus conciliants sur l’allégement de la dette réclamé par Athènes : « Les citoyens grecs ont, à travers un processus démocratique, indiqué qu’ils refusaient ­certaines réformes. Nous croyons que ces réformes sont nécessaires. Si elles ne sont pas mises en œuvre, la Grèce ne pourra ­renouer avec une croissance forte et le fardeau de la dette deviendra de plus en plus lourd. »

Alors que les discussions officielles doivent maintenant reprendre dans le cadre de l’Eurogroupe jeudi à Luxembourg et du Conseil européen en fin de semaine prochaine à Bruxelles, l’appel des Grecs face à l’intransigeance des créanciers sera soutenu dans les rues et sur les places de nombreuses villes européennes à partir du week-end prochain (lire ci-dessous).

 

Les espoirs des peuples 
de toute l’Europe

Chacun comprend bien qu’en demandant toujours plus de « concessions » au gouvernement grec, les forces dominantes attaquent toute possibilité d’alternatives à l’échelle de l’Union : comment demander à Syriza d’appliquer le programme d’austérité qui a démontré son échec sur le plan économique, qui a provoqué une crise humanitaire sans précédent dans le pays et qui a été rejeté par les électeurs ? Dans le contexte de grossières manipulations, le premier ministre grec entend prendre de la hauteur. Dans une déclaration au Quotidien des rédacteurs (Efimerida Ton Syntakton), il évoque les « motivations politiques derrière l’insistance des institutions pour de nouvelles coupes dans les retraites, malgré cinq ans de pillage sous les mémorandums ». « Nous allons attendre patiemment que les institutions se convertissent au réalisme, promet Alexis Tsipras. Tous ceux qui perçoivent comme une faiblesse notre désir sincère d’aboutir à une solution et nos tentatives de dépasser les différences comme un signe de faiblesse devraient méditer sur ce qui suit : nous ne sommes pas seulement les héritiers d’une longue histoire de luttes. Nous portons aussi sur nos épaules la dignité de notre peuple autant que les espoirs des peuples de toute l’Europe. Nous ne pouvons ignorer cette responsabilité. Ce n’est pas une question d’obsession idéologique, c’est une question de démocratie. Et la démocratie européenne, nous n’avons pas le droit de l’enterrer à l’endroit où elle est née. »

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Simplifier le droit ne doit pas être en priver ceux qui l’ont obtenu

Posté par jacques LAUPIES le 18 juin 2015

On peut comprendre le problème que pose à un « petit » patron une procédure prud’homale alors que son entreprise est fragilisée par le contexte économique.  Comprendre qu’il se trouve parfois obligé de mettre la clef sous la porte quand il se trouve dans l’obligation légale d’indemniser des salariés licenciés pour cause économique, comprendre qu’il y regarde à deux fois avant d’en recruter de nouveaux. Moins aisé de le comprendre quand il pratique un licenciement jugé abusif.

Mais si l’économie va mal ce ne peut être, comme on nous en rabat les oreilles, de la faute des salariés.

Ce ne sont  pas eux qui déterminent les règles de la concurrence, les stratégies d’investissement, de développement, de financement de l’entreprise qui les emploie. Ils n’ont rien à voir avec les choix que font patrons et banques parfois avec l’appui des états dominés par leurs représentants inspirés par le libéralisme économique et sa traduction politique. Des représentants qui en acceptent les règles tant au plan national qu’international ou prévaut la loi de ceux qui sont le mieux en mesure d’exploiter le travail.

Ce que nous indiquions dans notre précédant article « la nouvelle donne » en évoquant la nécessité absolue d’œuvrer aux changements des rapports d’exploitations en rapports de coopération à l’échelle nationale, européenne et mondiale.

Outre qu’elles n’apporteront aucune solution  à la situation de crise que connaissent les PME ou les entreprises de taille artisanale, qui souffrent avant tout d’un carnet de commande réduit par la diminution ou la stagnation de la consommation, voire par une concurrence étrangère, les atteintes aux droit du travail envisagées ne feront qu’aggraver cette crise.

Il n’y a pas d’autre voie que celle du rétablissement de la demande par l’augmentation des revenus salariaux, des retraites, des minimas sociaux, d’une réduction de la durée du travail accompagné d’une forte pression à l’échelle européenne et mondiale pour la planification PAR LE HAUT des droits sociaux qui peut consolider l’entreprise.

Encore une fois s’en prendre aux salariés, à des avantages acquis figurant dans le code du travail, va à l’encontre de cette relance réclamée par le patronat qui, au final ce faisant, creuse sa propre tombe !

Badinter, homme de conviction qui a toujours suscité le respect parmi les défenseurs des droits de l’homme et dont l’humanisme aura marqué l’action de la gauche durant des décennies, ne devrait pas être de ceux qui mettent la charrue avant les bœufs autrement dit vouloir réformer droit du travail sans amender ce qui lui porte atteinte : les rapports d’exploitation économique d’un système et leurs conséquences sociales !

A moins qu’il n’ait été tenté par un positionnement de classe ? tout comme certains de ses pairs, ce qui franchement serait détestable et que je n’ose croire !

 

 

À qui profite  la « simplification »  du Code du travail ?

Fanny Doumayrou
Jeudi, 18 Juin, 2015
L’Humanité

 

Dans un contexte d’attaques successives contre les droits des salariés de la part du gouvernement 
et du patronat, les juristes Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen, deux figures de gauche, proposent une « simplification » radicale du Code du travail. Un discours salué par les partisans de la déréglementation.

L’oeuvre du rouleau compresseur législatif et idéologique contre le droit du travail se poursuit, à un rythme vertigineux. Alors que le projet d loi Rebsamen sur le « dialogue social », qui va infl iger une coupe claire dans la représentation du personnel, réduire à néant la médecine du travail et flexibiliser le recours au CDD, sera discuté au Sénat  partir du 22 juin prochain, le gouvernement a confirmé mardi soir le recours au 49-3 pour forcer l’adoption du projet de loi Macron, prévoyant pêlemêle l’extension du travail du dimanche et de nuit, la facilitation des licenciements économiques et le plafonnement des indemnités pour licenciement abusif. La liste des attaques contre les droits des salariés est longue, mais, déjà, le gouvernement prépare le coup d’après. « Nous devons continuer à réformer le marché du travail », prévenait dès hier, dans les Échos, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron.

Le locataire de Bercy annonçait hier le menu de l’automne : la tenue d’une « conférence sociale » sur l’articulation entre la loi et les accords collectifs, sur la base du rapport qui doit être rendu en septembre par la mission Combrexelle. Le conseiller d’État a été chargé par le gouvernement, début avril, de plancher sur les moyens de renforcer la place des accords négociés (au niveau des branches et surtout des entreprises), au détriment de la loi, socle commun fixé pour tous les salariés. Tout un programme de régression sociale, vu l’état de fragilité de la représentation du personnel et des syndicats, soumis à la pression du chômage.

 

Chômage de masse, le « cancer 
de la société française »

C’est dans ce contexte pour le moins déstabilisant que deux personnalités de gauche, figures dans le domaine du droit, se sont invitées cette semaine dans le débat très sensible autour du Code du travail, mais d’une manière quelque peu inattendue. Dans une tribune intitulée « La déclaration des droits du travail » publiée dans le Monde lundi, le socialiste Robert Badinter, garde des Sceaux de 1981 à 1986, et Antoine Lyon-Caen, professeur tout juste retraité de droit du travail à l’université Nanterre-Paris-X, fils de l’éminent juriste et défenseur des droits des salariés Gérard Lyon-Caen, ont présenté le contenu de leur livre le Travail et la loi, paru hier (1). Dans cette tribune, les deux auteurs déplorent l’installation de ce qu’ils appellent le « cancer de la société française », le chômage de masse, et embrayent sur l’un des « éléments négatifs contribuant à cet échec collectif », « la complexité croissante du droit du travail ». Selon eux, le Code du travail « paraît aujourd’hui atteint d’obésité », il « se veut protecteur et rassurant » mais « est devenu au fil des ans obscur et inquiétant », provoquant une « inquiétude collective » qui « entrave ». Ils proposent de « rendre au droit du travail la lisibilité et l’efficacité nécessaires » en remettant en lumière les « principes fondateurs » des textes, au nombre de 50, qui serviraient de base à une réécriture simplifiée du Code du travail.

Un discours qui avant même la parution du livre a été repris et salué comme un encouragement au gouvernement à continuer dans la voie empruntée, inspirée par le patronat. Dans cette même édition de lundi titrée « La nouvelle bataille du Code du travail », le Monde consacrait un dossier entier à « l’allégement » du Code du travail français – « nécessité à droite, tabou à gauche » –, donnant aussi à voir les réformes du marché du travail menées dans les autres pays d’Europe. Mardi, les Échos prenaient le relais en saluant la « charge » des deux « figures respectées de la gauche » contre « la lourdeur du code du travail ». Et le quotidien de faire le rapprochement entre la prise de position des deux juristes et l’œuvre du gouvernement, les revendications du patronat, de la droite, et même de l’OCDE et du FMI qui « ne renieraient pas la tribune de Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen ». Le même jour, c’est le président du Medef lui-même, Pierre Gattaz, qui saluait leur « courage » et leur « réalisme ».

 

Un opus qui va semer 
le trouble à gauche

« Il n’est pas question une seconde de toucher à la protection des droits des salariés », a martelé hier matin Robert Badinter au micro de France Inter, rejetant tout « procès d’intention » et insistant sur le fait que leur réflexion sur le Code du travail s’entendait « à droits constants ». Interviewé par l’Humanité, Antoine Lyon-Caen se défend également de toute visée régressive (voir ci-contre). Il n’empêche, le contexte de leur intervention et la lecture de leur court opus ne manqueront pas de semer le trouble à gauche. Dès l’introduction, les deux auteurs placent toute leur réflexion de refonte du Code du travail dans un objectif de lutte contre le chômage, créant ainsi un lien de causalité implicite entre l’état du droit du travail et l’emploi. Le juriste Pascal Lokiec, également professeur à l’université Paris-X et par ailleurs disciple d’Antoine Lyon-Caen, a pourtant consacré un livre entier à démonter cet argument (2). Ils vont même jusqu’à reprendre la rhétorique patronale et gouvernementale d’un droit du travail et de conseils de prud’hommes dissuasifs pour l’embauche dans les petites entreprises. « Pour peu qu’il (le patron d’une petite entreprise – NDLR) ait connu quelque difficulté lors du licenciement d’un précédent employé et fréquenté le conseil des prud’hommes, on conçoit qu’il en vienne à considérer qu’il vaut mieux ne pas conclure un contrat de travail que de s’exposer à de tels coûts et charges de temps », écrivent Robert Badinter et Antoine Lyon-Caen.

 

Des délégués pour 
les petites entreprises

Selon le schéma qu’ils proposent, les petites entreprises ne devraient relever que des 50 grands principes fixés par la loi, déclinés avec « modération », tandis que les plus grandes sociétés pourraient compléter la loi par la négociation collective. « Les salariés se demandent ce qu’ils auront à gagner là-dedans », a interrogé hier un auditeur de France Inter. Et Antoine Lyon-Caen d’insister sur l’une des seules mesures progressistes clairement proposées dans le livre, de créer une véritable représentation du personnel dans les petites entreprises, avec des délégués extérieurs élus pouvant intervenir dans les conflits. Pour le reste, difficile d’y voir clair sur la simplification radicale envisagée, tant elle reste floue et fait l’impasse sur toutes les modalités qui rendent le droit du travail réellement applicable à la complexité des rapports dans l’entreprise. Sur France Inter, Antoine Lyon-Caen, par ailleurs membre de la mission Combrexelle, a nié tout « coup de force pour inverser la hiérarchie des normes » – autrement dit faire primer l’accord sur la loi même s’il est moins favorable aux salariés. Mais le livre suggère par exemple qu’en matière de temps de travail, ce soit l’accord qui fixe la durée « normale » du travail, la loi ne s’appliquant alors que par défaut, de manière subsidiaire. De même, le droit serait-il « constant » si, comme proposé, le « formalisme du contrat à durée déterminée » était supprimé ? Aujourd’hui, ce sont des règles « formelles » sur la rédaction et les possibilités d’enchaînement des CDD qui contribuent à garantir le grand principe, qui est l’interdiction d’utiliser un CDD sur un poste permanent de l’entreprise. La simplification n’est jamais neutre.

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APPEL : SOLIDARITE AVEC LES REFUGIES

Posté par jacques LAUPIES le 18 juin 2015

 APPEL : SOLIDARITE AVEC LES REFUGIES dans POLITIQUE cg-sxuxiaavqs4_1

Les organisations signataires et les représentants des réfugiés de « Pajol » constatent que les rares solutions proposées à ce jour par les pouvoirs publics, dont la Mairie de Paris, ont été obtenues par la seule mobilisation des riverain-es, des associations et avec le soutien des partis politiques. Elles ne sont pourtant pas à la hauteur des enjeux.

Dans plusieurs endroits de Paris, les réfugiés se trouvent dans des situations scandaleusement précaires. Cette situation les empêche en outre de faire valoir leurs droits.

En conséquence, nous exigeons :

  • La libération immédiate de tous les réfugiés qui se trouvent en centre de rétention après leur arrestation dans les jours qui ont suivi l’évacuation de la Chapelle.

  • Que la Ville de Paris tienne ses engagements faits le jeudi 11 juin soit 110 hébergements minimum mais dans des conditions décentes en termes de couvertures, propreté, soins, sanitaires, nourriture, ce qui n’est pas le cas pour tous et ce jusqu’à l’ouverture d’un lieu d’hébergement pérenne. Nous exigeons que les migrants qui n’ont pas bénéficié de ces propositions, car absents de la caserne de pompiers de Château Landon, et qui se trouvent aujourd’hui dans le jardin d’Eole disposent de mêmes conditions dès ce week-end. Ils doivent être en outre accompagnés par l’administration dans leur demande d’accès au droit d’asile.

  • L’ouverture d’espaces d’accueil et d’hébergements collectifs pour accueillir ceux d’Austerlitz, de la Gare de Lyon, de La Villette et de tout autre lieu où les réfugiés pourraient se regrouper pour être logés le temps qu’il faut et de permettre aux associations de travailler avec eux notamment pour voir dans quel dispositif ils et elles souhaitent et sont susceptibles d’entrer (droit d’asile, MIE, etc.) ou simplement leur permettre un simple transit vers un autre pays dans de meilleures conditions, en particulier sanitaires. La Mairie de Paris doit prendre ses responsabilités et ouvrir au moins un espace ad hoc intra muros.

  • L’ouverture d’un Guichet unique pour les réfugiés.

  • Des solutions pérennes à commencer par l’ouverture de centres d’accueil.

La France est loin de prendre sa part dans l’accueil des réfugiés qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie alors même qu’elle porte sa part de responsabilité, comme l’Union européenne, dans les raisons qui les poussent à partir. Ils ne disparaitront pas du territoire par la répression et l’indifférence des pouvoirs publics. Il faut une toute autre politique en faveur des réfugiés qui prenne en compte la situation actuelle et anticipe sur celle des années à venir.

La Mobilisation doit donc s’accentuer.

Dans l’immédiat :

  • Nous demandons à la Mairie de Paris qu’elle reçoive une délégation comprenant les représentants des réfugiés, pour exiger qu’elle tienne ses engagements.
  • Nous appelons toutes les citoyennes et tous les citoyens à soutenir les réfugiés là où elles et ils se trouvent, notamment à travers des rassemblements organisés dès samedi dans les quartiers concernés (La Chapelle, Austerlitz…)
  • Nous appelons à une manifestation partant du 18ème arrondissement le mardi 16 juin à 18h30

Signataires au 13 juin

Alternative Libertaire, EELV, Ensemble, Gauche Unitaire, NPA, Parti de Gauche, PCF, MJCF 75

CGT 75, CGT Education, Solidaires, UNEF

RESF, LDH, MRAP, CSP 75, CISPM

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