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Le monde comme il va…

Posté par jacques LAUPIES le 20 mai 2015

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Hier soir je n’ai pas quitté la télé de 21 h à 1 h sur Arte pour y suivre une série de reportages et de documentaires dans le cadre d’un « Théma »  sur des régimes n’ayant pas grand chose à voir entre eux sauf qu’ils étaient consacrés pour trois d’entre eux à des régimes dictatoriaux (Corée du Nord, Iran, Zimbabwe, etc.) En préalable des reportages sur la situation en Ukraine, en Biélorussie, en Crimée, un tantinet orientés. Donc le tout situé à des niveaux différents dans le temps ou dans l’espace !

Avec cependant des risques d’amalgames tant sur les origines et les causes de ces totalitarismes.

Mais passons !

Il n’en demeure pas moins que l’on ne peut que ressentir un dégout devant tant de stupidité, d’usurpation de la volonté populaire, de son dévoiement, de manipulation, de violence, de criminalité, possibles de la part d’êtres humains portés par l’histoire et la lutte des classes à des responsabilités d’état.

A observer tous ces évènements on en viendrait à ne plus croire en l’Humanité !

Il est à parier que les téléspectateurs, les jeunes en particulier, si tant est qu’ils puissent tenir quatre heures à regarder de telles images et commentaires, deviennent de plus en plus méfiants à l’égard de la politique, des religions et de tous les dogmatismes.

Quant à ceux qui connaissent un peu l’histoire, ou tout simplement se souviennent des évènements décris et les placent dans un contexte particulier, ils peuvent déduire que nous ne sommes pas directement concernés, que nous avons la chance de ne pas risquer notre peau en exprimant nos convictions avec nos paroles, nos écrits, nos films et que donc nous vivons dans un pays où les évènements politiques et sociaux deviennent dérisoires !

C’est un peu ce qui m’arrive ce soir et, du coup, je ne commenterai pas le Congrès du PS qu’évoque l’article ci dessous.

A demain…

 

 

Congrès du PS : dernière ligne droite avant le vote des militants jeudi

Fabrice Savel avec AFP
Dimanche, 17 Mai, 2015
Humanite.fr

 

La campagne pour le congrès du PS à Poitiers s’achève cette semaine avec le vote jeudi des militants sur quatre textes programmatiques, avant un vote la semaine suivante pour la direction du parti.
Quatre motions sont en lice pour ce congrès du Parti socialiste qui se tiendra du 5 au 7 juin à Poitiers: la motion (A) de Jean-Christophe Cambadélis, soutenue et signée par le gouvernement; le texte (motion B) des frondeurs et de l’aile gauche, emmenés par le député Christian Paul; la motion D « non alignée », animée par la députée Karine Berger; enfin une motion C autoproclamée « militante » de terrain dont la première signataire est une secrétaire nationale, Florence Augier.
Les militants ont rendez-vous jeudi de 17h00 à 22h00 dans chacune des quelque 3.200 sections pour voter. Le 28 mai, ils se prononceront sur le premier signataire des deux motions arrivées en tête le 21 mai, le vainqueur devenant le premier secrétaire du parti. Les résultats et ses conséquences sur les instances du parti seront entérinés à Poitiers.
Pour Jean-Christophe Cambadélis, et indirectement, pour François Hollande et pour Manuel Valls – lequel a signé personnellement le texte – il s’agit d’être en mesure, vendredi après la publication des résultats, de revendiquer un PS le plus légitimiste possible à moins de deux ans de la présidentielle, et alors que les affrontements internes entre socialistes ont marqué débats et textes de lois depuis trois ans.
Pour M. Cambadélis, élu par le seul parlement du parti mi-avril 2014 après l’éviction de son prédécesseur Harlem Désir, il s’agit d’obtenir l’adoubement des militants.
De leur côté, les « frondeurs » et l’aile gauche, qui revendiquent d’être les derniers défenseurs du programme du candidat Hollande de 2012, entendent démontrer qu’ils représentent la majorité du PS.
La députée Karine Berger, qui soutient le gouvernement mais réclame de revoir tout le parti et son fonctionnement, peut récupérer les voix de ceux ne se reconnaissant pas dans les deux premiers camps. Ainsi, « elle pense que c’est elle qui fait le congrès », souligne un membre de la motion Cambadélis.
Florence Augier, pour sa part, ambitionne d’alerter et de secouer un PS pas assez diversifié.
Sur le fond, les quatre motions se rapprochent sur les valeurs républicaines, le rassemblement de la gauche, les notions d »‘égalité réelle » ou d’ »écosocialisme », mais divergent sur certains points d’économie, les orientations européennes, le soutien au gouvernement ou la question de désigner ou non le candidat pour 2017 par une primaire.
Ce congrès intervient alors que le Parti socialiste, qui a subi quatre déroutes électorales (municipales, européennes, sénatoriales et départementales) en un an, connaît une érosion de ses effectifs: de 170.000 militants fin 2013, il est passé à 131.000 à jour de cotisations, auxquels s’ajoute un fichier de 28.000 adhérents non à jour mais pouvant encore le faire le 21 mai.
        

Commentaires

init7b

Dimanche, 17 Mai, 2015 – 17:51
Pourquoi l’Humanité s’abaisse-t-elle encore à écrire sur le PS qui est l’ennemi du peuple depuis si longtemps ? ça ne peut plus être pour avoir des postes aux élections, vous n’avez rien compris !
Moret Pierre

Lundi, 18 Mai, 2015 – 10:36
C’est la méthode Coué: « Le  PS va changer »… « Le Ps  va changer »… « On va sauver nos strapontins »….
Amossé

Lundi, 18 Mai, 2015 – 10:43
Je suis attentivement le positionnement de Maintenant La Gauche sur des réformes fortes. le congrès du PS va permettre d’éclaircir le positionnement de ce courant avec sa motion B. Que va être l’attitude politique de ces militants et militantes qui sont, j’en connais sincèrement attachés aux valeurs de gauche? Nous le saurons bientôt. En tout cas je crois nécessaire de ne pas considérer tous les militants et élus , et électeurs de façon manichéenne. La situation de ce PS en crise de par la politique mise en oeuvre par Hollande Valls et son staf rend les réalités plus complexes et je crois qu’il ne faut  pas que la direction du PCF rabougrisse sa stratégie de rassemblement sur des contenus de justice sociale, démocratiques ( VI ème République) , écologiques  et rassembleurs et cela va de soit avec des réformes structurelles anticapitalistes

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Mort à Venise : une merveille de Visconti

Posté par jacques LAUPIES le 19 mai 2015

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la beauté pure

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la beauté lointaine

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le tourment et la fin

Quand une œuvre vous touche profondément on en viendrait à regretter qu’il  n’y ait pas qu’une chaine de télé pour imposer une œuvre à tout le monde.

Visconti est l’un de ces rares créateurs qui semblent se rapprocher de la perfection dans cette possibilité d’expression artistique que représente le cinéma.

Atteindre un tel niveau  suppose probablement non seulement qu’il ait trouvé le matériau nécessaire dans la nouvelle de Thomas Mann mais au delà ait su faire vivre au travers du personnage central Gustav, toute la souffrance, tous les tourments qui peuvent émaner d’un certain nombre de grands intellectuels, à un point tel que l’on a de la peine à imaginer qu’il ne s’identifie pas lui-même à ce personnage.

Car peut-on créer uniquement à partir de l’observation sans se fourvoyer. Avec Visconti il est clair qu’il traduit avec perfection  le monde dans lequel il vit, avec ses propres interrogations, ses passions et les tabous que la société génère. Une société qu’il perçoit dans son mouvement avec ses contradictions, ses peurs, ses hypocrisies. Et cela sans nul doute parce que l’analyse marxiste, dans toutes ses dimensions n’était pas étrangère à cette perception.

On peut supposer que les tourments du personnage de Gustav, homme vieillissant, naissent du fait de son art incompris (ne pourrait-on faire un parallèle avec celle du politique, du philosophe, voire finalement de tout individu dont le message, l’expérience, sont bafoués) Mais il y a bien plus que cela qui domine tout et met en évidence les vraies causes de nos tourments : le ressenti de la beauté qui nous bouleverse, l’amour, le désir sous toutes ses formes qui en résultent. Autant de conséquences qui nous exposent au refoulement auquel nous contraint notre statut d’être social.

J’ai lu quelque part que Visconti n’avait pas voulu traiter d’homosexualité et à fortiori de pédophilie dans ce film et que même il s’en défendait. Cependant même si dans les flash back ou il affronte sa conception de la création à celle de l’un de ses amis, je ne pense pas que l’on puisse réduire le film à une telle vision. Il va bien au delà

Le personnage souffre sans doute de créativité non pleinement assumée mais aussi d’affectivité et disons le crument d’un sexualité non assumée qui en découle. Bien sur il y a  des lien entre l’ensemble des aspects de la vie d’un homme, ses activités sociales (la il s’agit d’activité artistiques) et la conscience qui en découle, sauf qu’il y a ce fameux inconscient, le fameux ça que s’efforce de traduire Dick Bocarde. Un inconscient qui ne peut être décrypté que par celui ou celle qui a été confronté à l’amour interdit, à l’échec créatif, au refoulement !

Il n’est donc pas sur que le film puisse être compris par tous, car il suppose d’entrer dans les méandres de réflexions intellectuelles auxquelles tous les spectateurs peuvent ne pas vouloir où tout simplement n’avoir pu s’être aventuré. A moins que, forts d’une expérience (ou de plusieurs) ils aient pu les aborder sans risque de se perdre. Et en cela les « non intellectuels » sont nombreux… 

Certains prétendent que le personnage du jeune Tadzio n’est pas partie prenante dans la « révélation » qui frappe le compositeur (l’écrivain dans le livre) Je n’étonnerai personne en disant que rien n’est moins sur. Mais je me garderai bien d’affirmer le contraire préférant m’en tenir à la diversité de motivations qui peuvent déterminer le comportement de l’adolescent(e) dont la beauté ne saurait laisser insensible un adulte.

Mais je ne suis pas de ceux qui diront : « Celui dont les yeux ont vu la Beauté / A la Mort dès lors est prédestiné», citation dans « Variations sur le mythe de Ganymède dans Mort à Venise de Thomas Mann et de Luchino Visconti » par Joanna Rajkumar http://books.openedition.org/pupo/1783?lang=fr

Si nous sommes tous prédestiné à la mort, il nous appartient, tant que précisément la beauté des choses, des pensées (et des corps entre autres) nous sont accessibles et parfois données, de lutter contre cette mort, sans pour autant en ignorer l’issue !

Mort à Venise : une merveille de Visconti dans POLITIQUE img-1-small700

 

 

 

 

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Quand les petits poissons mangeront les gros !

Posté par jacques LAUPIES le 18 mai 2015

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Le très social démocrate Michel Rocard, lequel, je l’ai déjà dit, avait bien failli m’embrouiller avec son discours, lorsque venu à Nîmes au début des années 60 il prêchait pour la fondation du PSU, grenouillage de socialistes dissidents, de gauchistes allergiques au PCF, mais aussi se targuant du soutien de Mendes France.

Il suffit de prendre connaissance de sa formation et de son parcours politique pour constater qu’il est le pur produit du système qui sévit encore dans la promotion des hommes d’état français lesquels, de gauche ou de droite, se muent en opportunistes dans des courants de pensée qui se reproduisent à tout va. Particulièrement en étant attentifs à ces vides qui naissent quand leurs homologues au pouvoir entrent en discrédit parmi d’importantes fractions de la population.

Un réflexe propre à de nombreux universitaires et autres issus de grandes écoles q  sur les qui sont souvent plus préoccupés d’observer les girouettes sur les clochers que les textes sacrés. 

Je n’aurai pas la cruauté de dire qu’ils se préparent à imiter leurs prédécesseurs, se donnant au départ un élan « presque » révolutionnaire sauf, pour qui les connaît, les sent, les « devine. » Je ne dirai pas qu’ils m’ont totalement déçu en tout et pour tout, sinon j’aurais depuis belle lurette abandonné toute idée de compromis avec eux venant du parti auquel j’appartiens.

Mais je dois dire qu’hormis les trois premières années de la mandature Mitterrand où le compromis fut payant sur le plan social avec le gouvernement Mauroy, ce fut par la suite le temps des compromissions. En faisant vite : de Rocard je retiens malgré tout le règlement de la question calédonienne, de Jospin les 35 heures, de Chirac le refus de l’intervention en Irak.

Depuis plus grand chose sauf quelques amuse gueules qu’on sert à l’apéritif et au dessert  histoire de faire digérer le plat de résistance. Résistance au changement bien sur, pas résistance au système que l’on perpétue en faisant semblant de l’aménager. 

Au fur et à mesure du recul électoral des communistes la droitisation du PS s’accentue. Ce qui signifie que la frontière entre lui et la droite devient de plus en plus fictive.

On me rétorquera qu’il y a tout ce travail parlementaire, les réformes sociétales comme le mariage pour tous, le débat sur l’euthanasie, celui pour la PMA et la GPA, les réformes sociales comme le tiers payant, gouttes d’eau pour tenter d’apaiser la  soif de millions de français provoquée par des espoirs de résoudre la question du chômage, celle revenus stagnants, du système de santé précarisé, des services publics et sociaux menacés par les réduction des dotations au collectivités locales celle d’une politique étrangère qui peine à éteindre les incendies provoqués par les politiques « otanistes » que le geste vers Cuba, plus qu’appréciable, de peut nous faire oublier !

Ces gouttes d’eau suffiront-t-elle à maintenir dans l’attente passive ces autres millions qui bien sagement attendent la reprise promise alternant leur soutien entre libéraux de droite et libéraux de gauche pendant que quelques autres millions s’égarent dans la contestation brune qui se pare des couleurs d’une flamme tricolore.

Mais qu’attendent donc les autres millions de déçus qui se mettent en stand by pour rejoindre les quatre autres qui osent le rouge. Ce rouge auquel ils doivent de ne pas être complètement plumés !

Faut-il leur rappeler que pour changer il y a le bulletin de vote, la grève et la rue ! Et que cela passe pour les plus conscients par l’engagement, notamment au sein du PCF.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Rocard#Entr.C3.A9e_au_PSU_et_guerre_d.27Alg.C3.A9rie

 

 

Les vrais chiffres de nos politiques migratoires

Les horizons de l’Humanité
Emilien Urbach
Vendredi, 15 Mai, 2015
L’Humanité

 

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Quand  les petits poissons mangeront les gros ! dans POLITIQUE

Idé
Les drames humains en Méditerranée ont replacé l’immigration au centre des débats. Souvent utilisées pour justifier l’inertie des pays de l’Union, 
les statistiques, regardées de près, démontent pourtant bien des a priori.
Les agents de police frappent des hommes à terre et les basculent par-dessus les glissières de sécurité de l’autoroute. Ce sont des migrants. Ça se passe à Calais. Le tout a été filmé et diffusé sur Internet par l’association Calais Migrant Solidarity, en début de semaine. Pendant ce temps, à Bruxelles, l’Union européenne feint de réagir aux naufrages à répétition qui transforment la Méditerranée en vaste cimetière marin. « Aucun pays ne devrait être seul face aux immenses pressions migratoires », affirmait Jean-Claude Juncker avant de proposer l’instauration de quotas par pays pour la prise en charge des demandes d’asile des exilés secourus en mer (lire p. 24). Mais de quelle « pression » parle-t-on ? Et quel est le si grand péril que représentent ces migrants pour que la police de la République les traite de la sorte, sur les rives de la Manche ? Un demi-million de migrants pourraient tenter cette année la traversée de la Méditerranée, estime l’Organisation maritime internationale (OMI). Si on choisissait de répartir l’ensemble de ces migrants sur le territoire de l’Union, cela reviendrait à… cinq personnes pour chacune des 103 000 communes que compte l’Europe des Vingt-Huit ! Mais nos chefs d’État ne s’inquiètent pas du sort de ces hommes, femmes et enfants. Dans le cas contraire, les sommes qu’ils comptent dépenser dans l’opération militaire défendue, cette semaine, par Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, au Conseil de sécurité de l’ONU, seraient employées au sauvetage et à l’accueil des exilés. Mais cette fois encore, l’UE préfère la répression en cherchant à neutraliser et à détruire les bateaux utilisés par les migrants pour leur traversée. Nos dirigeants surfent sans vergogne sur les fantasmes populistes liés à l’immigration. En France, on avance le chiffre de 200 000 entrées d’étrangers tous les ans. On oublie de préciser qu’on compte parmi eux 60 000 étudiants. On omet aussi d’indiquer que certains meurent, d’autres repartent réduisant le chiffre à 90 000 âmes dont plus de la moitié sont européennes. Il faut, par ailleurs, distinguer les flux migratoires de ce que les démographes nomment le « stock ». Il correspond à la part de la population constituée d’immigrés, à un moment donné. En France, le « stock » actuel approche les 23 % de la population si on prend en compte les immigrés de la première et de la deuxième génération, parmi laquelle la moitié des enfants sont nés en France d’un seul parent immigré. Manuel Valls, premier ministre, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation, font, de ce point de vue, partie du « stock » Par contre, les flux, sont particulièrement modérés. Chaque année, la population française augmente, mais le taux d’accroissement lié à l’immigration est de seulement 0,06 %, une infime partie. Et tout cela est extrêmement stable, quels que soient les motifs d’immigration. Nous sommes loin du « grand remplacement » que certains xénophobes télévisuels feignent de craindre. L’Allemagne doit, pour sa part, son salut à l’immigration. L’accroissement naturel outre-Rhin est négatif, mais la population continue, cependant, de croître grâce à un taux de migration de 0,58 %. Sans étrangers, la première puissance européenne serait démographiquement en déclin. Les clichés tombent également concernant l’asile. La France serait prête à faire un effort de solidarité en acceptant la proposition des quotas présentée, mercredi, par Jean-Claude Juncker. Elle aurait donc à étudier les demandes de 11,9 % des réfugiés aux frontières de l’UE. En reprenant les prévisions de l’OMI, cela reviendrait à étudier 59 500 dossiers de demande d’asile. Autant dire que ce plan ne change rien pour la France. C’est à peu près le nombre de demandes d’asile étudiées, en 2014, par l’Ofpra… On fera moins de publicité sur les 71 % de personnes dont les dossiers n’auront pas été traités ou tout simplement rejetés. L’Angleterre qui, pour sa part, n’aura étudié que 26 000 cas l’an dernier, s’obstine dans la logique de forteresse. « Nous devons nous assurer de ne rien faire qui aggrave le problème », déclarait Theresa May, la ministre de l’Intérieur britannique, sans se soucier des conséquences humaines de son inaction, telles que nous les constatons à Calais.

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Où est le « bien » où est le « mal » ?

Posté par jacques LAUPIES le 17 mai 2015

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Aller à l’essentiel 

 

Généralement notre sympathie va aux personnes qui ont une pensée dans laquelle nous nous retrouvons. Parfois cela relève d’une inconscience totale qui nous rend admiratif un peut trop vite et gratuitement.

Comme l’indique Emmanuel Todd pour ce qui le concerne je n’ai pas malgré la révolte que m’a inspiré l’attentat de Charlie Hebdo et ma solidarité totale avec ce qui en ont souffert, proches et amis des victimes mais aussi des milliers de personnes profondément écœurées devant tant de violence, de haine et de stupidité.

Mais effectivement il ne faut pas examiner cette abomination en l’isolant des comportements politiques qui, ici ou là, justifient et expliquent pourquoi nous en sommes là ! Sans qu’il soit besoin de parler de théorie du complot, encore que les bourgeoisies ne soient pas dépourvues de gens sans scrupules et prêts à tout pour sauver leurs immenses privilèges.

Les tenants des pouvoirs politiques qu’elle concède, organise, transmets n’ont pas tous l’apparence de dictateurs fanatiques, sanguinaires. Il en existe qui finalement les rejoignent parés du titre de défenseur des libertés, de la démocratie, de la défense des droits de l’homme. Il faut bien user de l’imbécilité et pour le moins favoriser cette dernière pour conserver le mode d’exploitation.

Car en définitive c’est bien de cela qu’il s’agit, sur fond de lutte de classe. De tous temps les possédants ont recherché pour exercer leur domination sur le travail des formes de pouvoir allant de la dictature impitoyable privant de libertés usant de la violence jusqu’à des systèmes utilisant la démocratie comme expression de cette domination. On peut évidemment préférer subir la seconde tolérant la liberté d’expression une certaine égalité sociale, toujours le résultat d’un affrontement, de concessions imposées par un rapport de force.

Mais il faut être aveugle pour ne pas en déceler les mécanismes pervers qui consistent à dresser, sous des prétextes divers, des masses entières d’individus soumis à la peur mais aussi corrompus par des modes de vie assimilés et s’incrustant de siècle en siècle, basés sur de médiocres cupidités, des incitations à des consommations inutiles au détriment de l’essentiel, dépendant d’une production anarchique tributaire du profit, le tout découlant sur des habitudes.

Etre aveugle pour ne pas mesurer les impacts que peuvent avoir les manipulations idéologiques, d’inspiration religieuse, philosophique ou politique. Sans omettre les jeux du cirque, le divertissement, l’exploitation du sexe, l’instrumentalisation de la charité, etc.

On pourrait étayer cette manipulation institutionnalisée en énonçant les peurs qui en découlent : peur de perdre ou de ne jamais avoir un statut social digne, d’être victime d’une agression, ne plus supporter ou comprendre son entourage, ses parents, ses amis, l’étranger ou simplement celui qui est d’origine étrangère, etc.

Mais on pourrait énoncer toutes le compensations qui en découlent et se traduisent par les replis sur soi, les comportements égoïstes et souvent inconscients que dicte la sujétion au besoin de consommer, de paraître plus que d’être, de sombrer aux excès d’un mimétisme qu’il soit provoquant ou à l’inverse conformiste.

Tout cela au nom de la liberté individuelle que l’on oppose au droit collectif autrement dit faites vous plaisir avec des babioles et laissez de côté le droit au logement, à la santé, à l’éducation, à la culture et aux indispensables services que sont la communication, la justice, les transports, l’énergie, l’eau, etc.

Préférez une liberté de merde à la vraie liberté que donne la maitrise et la répartition planifiée de la richesse pour satisfaire les besoins vitaux.

 

 

Emmanuel Todd : « Les socialistes ont fait dérailler la République »

Entretien réalisé par Diego Chauvet et Marc de Miramon
Jeudi, 14 Mai, 2015
Humanité Dimanche

 

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Où est le

Photo Eric Feferberg/AFP
Entretien avec Emmanuel Todd, sur une France « néo-républicaine » à la mécanique sociale inquiétante. Nous l’avons donc interrogé sur ses méthodes de recherche, sur l’ampleur de la polémique qui a accompagné la sortie du livre, et sur « l’esprit du 11 janvier » qu’il qualifie de « flash totalitaire».

La sortie de « Qui est Charlie ? » a provoqué une violente polémique dans les médias. Le premier ministre Manuel Valls s’est fendu d’une tribune dans « le Monde » pour condamner le livre et son auteur, le chercheur Emmanuel Todd. Dans ce grand tohu-bohu autour de cette « sociologie d’une crise religieuse », les questions de fond soulevées par le livre sont passées à la trappe. Que l’on soit d’accord ou non avec les constatations révélées par Emmanuel Todd, que l’on apprécie ou pas ses prises de position sur les manifestations du 11 janvier, « Qui est Charlie ? » mérite pourtant que l’on regarde de près le portrait de la France dressé par le chercheur.

HD. Vous attendiez-vous à déclencher une telle polémique avec « Qui est Charlie ? » ?
EMMANUEL TODD. Le sujet est central, mais je ne me projetais pas au centre d’un débat national. Je veux aujourd’hui rester sociologue sur l’événement et m’interroger sur la signification de cette violence que je sens autour de moi. On m’oppose que tous ces gens étaient dans la rue pour défendre la liberté, l’égalité, la fraternité. Mais, dans mon livre, j’écris clairement que le 11 janvier, toutes sortes de manifestants étaient là un peu par hasard, sans savoir vraiment pourquoi, émus par l’horreur de la tuerie du 7 janvier. La méthodologie statistique que j’utilise laisse tout à fait sa part à la liberté humaine. Les gens qui ont défilé dans les rues de Paris sur la base d’une émotion simple et saine peuvent se dire au pire que l’auteur de ce livre se trompe. Mais la fureur que j’entends autour de moi provient sans doute plutôt des autres, c’est-à-dire des gens qui ont été identifiés comme étant là pour de moins bonnes raisons…
Mon livre a un rôle de dévoilement d’une réalité qui était cachée aux acteurs. C’est ce que je rappelle dans mon introduction en citant Marx, la fausse conscience, Durkheim, Max Weber… C’est un livre wébérien dans le sens où l’on doit révéler aux acteurs les motivations profondes de leurs actes, et je le fais avec des méthodes scientifiques banales. Avec le concept de « catholicisme zombie », je m’appuie sur une notion élaborée dans un autre livre, « le Mystère français » (1), écrit avec Hervé Le Bras. Nous avions constaté empiriquement, dans l’analyse des performances éducatives et des taux de chômage, la permanence de deux France (une laïque, républicaine, traditionnelle et une France catholique récemment passée à un autre type de laïcité). La culture actuellement dominante au Parti socialiste, avec sa bonne conscience, sort de la France catholique périphérique, jusqu’à très récemment de droite, autoritaire et inégalitaire. Elle a produit ce néo-républicanisme qui promeut une politique économique (dont l’euro) menant à des mécanismes d’exclusion, et qui conduisent eux-mêmes au développement de la xénophobie, arabophobie, puis islamophobie, puis antisémitisme. Les fondements culturels du néo-républicanisme socialiste sont ici dévoilés: c’est vraisemblablement ce qui produit un effet de fureur chez certains des individus concernés.
HD. On vous reproche de ne pas être Charlie … Comment avez-vous réagi lors des attentats ?
E. T. Je regrette qu’on essaie de me faire passer pour un type qui n’était pas conscient de l’horreur du 7 janvier. J’ai fait partie de l’immense majorité de Français pressés que les frères Kouachi soient trouvés et abattus. Je ne dis pas que justice a été faite. Mais j’ai été soulagé quand ça a été réglé. L’esprit du 11 janvier était sans doute double. Il y avait des gens sincères mais j’ai dû évoquer un flash totalitaire avec ces enfants de 8 ans convoqués dans des commissariats. Des foules immenses qui acclament la police, ce n’est pas le monde habituel des manifestations ouvrières auxquelles je participais dans ma jeunesse. Dans le studio de France Inter, le 4 mai dernier, chez Patrick Cohen, où on ne me laissait pas parler avant que je ne menace de quitter le studio, j’ai retrouvé cette face noire du 11 janvier.
Je suis pour le droit au blasphème, mais je suis aussi un militant du contre-blasphème. On a le droit de blasphémer sur toutes les religions. On devrait réfléchir à la responsabilité de Bernard Cazeneuve (le ministre de l’Intérieur – NDLR) qui n’a pas été capable de protéger les gens de « Charlie Hebdo » Mais d’autres Français, d’origine musulmane ou non, ont tout à fait le droit de dire que ce n’est pas très classe de se mettre à 20 contre 1 pour cibler le personnage central d’une religion minoritaire et d’un groupe qui, quoique très divers, est statistiquement sur les franges plutôt défavorisées de la société.
HD. Comment en arrivez-vous aux constats, à cette cartographie des manifestants du 11 janvier ?
E. T. Je suis rentré dans un processus de recherche lorsque j’ai senti que Lyon et Marseille avaient manifesté avec des intensités très différentes, deux fois plus à Lyon qu’à Marseille. Ce sont les deux grandes métropoles régionales qui incarnent des types polaires en France: Lyon est la grande ville du catholicisme zombie, Marseille celle de la culture laïque, déchristianisée depuis le milieu du XVIII e siècle. J’ai construit toute la carte, en travaillant avec un informaticien cartographe extrêmement compétent. Nous avons rapporté les nombres de manifestants publiés par « Libération » à la population des villes, nous avons fait des cartes de la proportion de cadres et de professions intellectuelles supérieures dans chacune des villes, de la proportion d’ouvriers, de l’imprégnation religieuse traditionnelle. Ensuite nous avons comparé les cartes, mais pas à l’œil! Nous avons utilisé les techniques de recherche standards en statistiques. Nous avons calculé des corrélations, fait une analyse de régression multiple pour vérifier l’indépendance réciproque des facteurs économiques et de la variable religieuse. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’en combinant les trois variables « ouvriers », « cadres » et « religion », nous pouvions expliquer, en première approche, 40 % de la variance des taux de manifestation dans toute la France. Si l’on intègre en plus dans le calcul le fait que les données étaient passablement aléatoires au départ (il s’agit des chiffres publiés dès le 12 janvier), on se situe sans doute au-dessus de la moitié de la variance expliquée (2). Ça ne dit pas tout des gens qui étaient là. La statistique ne dit pas que les hommes ne sont pas libres. Elle dit que les hommes ne sont pas complètement libres des cultures auxquelles ils appartiennent.
J’utilise ensuite la manifestation comme un révélateur du système social français, d’un bloc hégémonique MAZ (classes Moyennes, gens Âgés, catholiques Zombies), j’en viens à l’analyse du système politique et j’aboutis à cette bizarrerie qu’une force politique comme le Parti socialiste est plus puissante dans les vieilles régions françaises de tradition inégalitaire que dans les autres. Pour ce faire, j’utilise des graphiques qui sont de types standards en biologie ou climatologie. L’une des bizarreries de la droite, qu’il s’agisse du FN ou de l’UMP, c’est qu’elle fonctionne plutôt mieux dans les régions de tradition égalitaire qui ont fait la Révolution française. J’en conclus que le système français est complètement détraqué. C’est de la recherche.
HD. Certains de vos collègues remettent pourtant en doute vos méthodes d’analyse …
E. T. J’ai été extrêmement surpris. François Héran a été directeur de l’INED pendant dix ans. Il a le droit de ne pas être d’accord avec moi. Les controverses entre savants doivent exister. Mais dans son article de « Libération », il ne parle pas de l’analyse statistique centrale que je viens d’évoquer brièvement. Pour m’attaquer raisonnablement, la première chose à faire aurait été de contester la régression multiple, les analyses de variance et de corrélation, la cartographie du livre. Je ne me souviens pas l’avoir lu dans son article. C’est une critique qui se dit savante, mais qui est en réalité un rejet de la science. Je suis accusé de mettre a priori les gens dans des cases. Je fais exactement le contraire: je constate empiriquement une distribution statistique non aléatoire des individus. Je suis stupéfait de découvrir chez Héran une telle ignorance du sens même de l’analyse sociologique. Je suis allé rechercher la leçon inaugurale au Collège de France, de mon maître Emmanuel Le Roy-Ladurie: « Pour nous, l’étude du hasard ne va pas sans celle de la nécessité, même et surtout quand celle-ci prend le visage d’une régularité ou d’une probabilité statistique. » S’étant assis sur le cœur de la méthodologie standard aujourd’hui, Héran écrit ensuite bizarrement: « Cette dissymétrie de traitement élude les questions que posent certains musulmans libéraux. Par exemple, peut-on appliquer à l’islam le principe du libre examen et de la critique historique sans ruiner la foi ? Ces questions sont en lien étroit avec la radicalisation violente de l’islam, qui est tout de même le nœud de l’affaire. » C’est une proposition antisociologique et idéologiquement suspecte. Si l’on s’intéresse sérieusement à la sociologie de la violence islamique en France, il faut lire l’étude de terrain de Farhad Khosrokhavar (3). Elle nous révèle que « ce n’est pas une connaissance préalable profonde de l’islam qui induit la radicalisation religieuse dans les banlieues, mais bien au contraire une inculture profonde qui provoque un effet de crédulité accentuée, une forme de naïveté, résultant de la méconnaissance voire de l’ignorance de l’islam qui joue en faveur de l’extrémisme religieux». La conclusion étrange de Héran sur l’islam est, au minimum, virtuellement islamophobe.
HD. Votre livre sort concomitamment à celui de Philippe Val (4), qui est une charge contre le « sociologisme » et tous ces outils qui aboutiraient à la conclusion que les élites seraient forcément malfaisantes… Qu’en pensez-vous ?
E. T. J’ai participé il y a quelques années à un débat sur l’islam avec Philippe Val pour « le Monde des religions », mais je ne garde aucun souvenir de son contenu. Il faut dire que la journaliste qui gérait le débat était exceptionnellement jolie. Ah si, je me souviens qu’en partant je pensais: « La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale. » Je ne crois pas que je vais lire le livre de Val. Je peux discuter de sociologie avec des ouvriers de la CGT, on se comprendrait certainement. Mais avec Philippe Val, je serais dans l’hyperespace.
HD. Vous avez aussi décidé d’écrire ce livre en réaction à la tuerie de l’Hyper Cacher …
E. T. C’est la réalisation que l’antisémitisme des banlieues était devenu l’un des problèmes fondamentaux de la société française qui m’a mis au travail. J’essaie ici, encore et encore, de rester sociologue durkheimien et wébérien, de résister à la tentation de foncer dans l’évidence. Nous sommes dans le développement d’une ambiance islamophobe dans les classes moyennes. Des gosses d’origine musulmane perpètrent des horreurs antisémites. La solution de facilité intellectuelle, c’est de conclure sans réfléchir que c’est une preuve de plus que l’islam est malfaisant. Mais c’est plus compliqué que ça. Tout est plus compliqué. L’islamophobie et l’antisémitisme sont aujourd’hui en interaction, deux produits de la société française. Mon analyse, que je ne fais ici qu’évoquer, conclut une fabrication de l’antisémitisme par l’islamophobie. Remarquez, un bon sens honnête mène à la même conclusion. N’importe quelle haine religieuse finira par encourager toutes les haines religieuses. C’est une sorte de partie de billard sociologique. Les classes moyennes françaises autosatisfaites maintiennent la société dans le carcan de la monnaie unique, acceptent le pourrissement du bas et de la périphérie sociale, lancent les milieux populaires contre les Français d’origine arabe, eux-mêmes enfermés par la stagnation économique. Ce qui produit, dans un contexte de vide religieux, l’antisémitisme des banlieues. Et quand on a constaté que les milieux sociaux et géographiques qui ont été dans le passé antidreyfusards ou vichystes sont aux manettes de la société on commence à être inquiet. Mais personne n’a voulu ça, personne n’en est conscient. C’est une mécanique sociale. Je suis le contraire d’un complotiste.
HD. Mais lorsque vous comparez Valls à Pétain ce n’est pas une blague ?
E. T. Le premier ministre m’a insulté, j’ai répondu, pour moi l’affaire est close. Je préfère parler du Parti socialiste. Ce qui rend fous les socialistes, je le répète, c’est le concept de néo-République. La gauche est maintenant dominée par un PS qui est lui-même dominé par les catholiques zombies. L’une des thèses centrales du livre, c’est que c’est le PS qui a fait dérailler la République. Il a remplacé le PCF comme force principale de la gauche, il n’est pas vraiment de gauche, et l’émergence du FN n’est qu’une conséquence. Si la gauche n’est plus la gauche, la représentation des ouvriers commence à tanguer. La néo-République actuelle est une République d’exclusion. La III e République associait les deux minorités religieuses protestante et juive au pacte républicain et à la fondation de la laïcité, elle intégrait le monde ouvrier par la valeur d’égalité. La néo-République ne fonctionne correctement que pour les classes moyennes, celles-ci étant fortement pénétrées de catholicisme zombie. Les ouvriers sont exclus et relégués, les minorités religieuses lancées les unes contre les autres. C’est une mécanique sociale complètement différente, une République qui procède par exclusion, relégation, et dressage des groupes dominés les uns contre les autres. C’est la contribution de mon livre à la sociologie d’une France en crise religieuse et économique à la fois.
(1) « Le Mystère français », d’Emmanuel Todd et Hervé Le Bras, Éditions du Seuil, 2013.
154 pages, 17,90 euros.
(2) Régression: méthode statistique qui permet d’analyser la relation d’une variable par rapport à une ou plusieurs autres. Variance: mesure qui permet de mesurer la dispersion d’une distribution ou d’un échantillon de données (dispersion autour de la moyenne par exemple).
(3) « La Radicalisation », de Farhad Khosrokhavar, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2014. 224 pages, 12 euros.
(4) « Malaise dans l’inculture », de Philipe Val, Éditions Grasset, 2015.
302 pages, 20 euros.
Retour à la République ou confrontation
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Au-delà de la polémique et des recherches sociologiques qu’il livre dans son ouvrage, Emmanuel Todd propose des pistes possibles pour la société française dans « Qui est Charlie».
Sa page 233 propose notamment un « retour à la République » qui passe par un « accommodement avec l’islam». Et, thème cher au chercheur, « une sortie de l’euro » sans laquelle selon lui il n’y a « pas de politique économique possible, pas de baisse du chômage, pas d’amélioration concevable de la situation des plus fragiles économiquement». Il rappelle dans cette conclusion que « le droit au blasphème est absolu » et qu’il doit être protégé par les forces de l’ordre. Mais que les citoyens qui souhaitent critiquer l’usage de ce même droit soient tout aussi protégés au lieu d’être accusés d’apologie du terrorisme. C’est l’un des possibles que décrit Emmanuel Todd, mais il n’est pas le seul. La « confrontation » notamment aurait des conséquences redoutables: « Il est évident qu’aujourd’hui, la réduction à un statut de citoyens de deuxième zone de 10 % de sa population jeune et la fuite probable vers le monde anglo-américain des plus doués d’entre eux marqueraient la fin de la France en tant que puissance moyenne. »
« Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse », d’Emmanuel Todd, Éditions du Seuil. 252 pages, 18 euros.

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Pierre Laurent « Nous ne sommes pas condamnés à rester dans l’impasse »

Posté par jacques LAUPIES le 16 mai 2015

 

 

gauche
Julia Hamlaoui
Vendredi, 15 Mai, 2015
L’Humanité

 

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Cyril Chigot / Divergence pour l’HumanitÈ
En Poitou-Charentes pour une étape de son tour de France, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, estime que face à un « gouvernement (qui) tue l’espoir » dans les entreprises comme dans les quartiers populaires, la gauche doit relever le défi d’un nouveau projet d’émancipation.

Vienne, envoyée spéciale.  S’abstraire du spectacle médiatique pour prendre le temps de débats de proximité. L’ambition affichée par le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, dès le début de son tour de France en janvier, a pris tout son relief en milieu de semaine en Poitou-Charentes, dans les quartiers populaires comme à la porte des entreprises. Dans le Châtelleraudais où les vagues de licenciements se succèdent, c’est l’avenir de l’industrie qui a motivé, mercredi, nombre de ses visites. Et pour cause : « Notre sentiment à nous, communistes, c’est que la question d’actualité est de dépasser ce système capitaliste et le chaos qu’il entraîne pour inventer un nouveau mode de développement social et écologique », notait dès mardi soir le sénateur de Paris, invité à s’exprimer devant les étudiants de Sciences-Po Poitiers sur le communisme au XXIe siècle. « Quand en une année Alstom est vendu à General Electric, Alcatel à Nokia et qu’Areva est abandonné, le risque d’un effondrement industriel très profond est là », ajoute-t-il le lendemain devant des syndicalistes.

 

La « banalisation du FN 
est une escroquerie médiatique »

Et ici, c’est du concret. « Federal Mogul, Isodelta-Autoliv, Magnetti Marelli… Si rien ne se passe, on n’aura plus d’industrie », relève Yves Jamain, responsable départemental du PCF. Du concret, en particulier chez Itron à Chasseneuil-du-Poitou (fabricant de compteurs électriques), où les salariés sont en lutte. Alors que Pierre Laurent leur apporte son soutien mercredi, leur assemblée générale vient de décider de lever le blocage du site. Mais la mobilisation ne s’arrêtera pas là, promet Bruno Richard, le secrétaire de la CGT. En cause, des « licenciements boursiers » à propos desquels le sénateur de Paris s’engage à mettre le ministre de l’Économie face à ses responsabilités : « Certains viennent vous soutenir lorsque vous êtes en lutte mais votent à l’Assemblée des lois qui vous empêchent d’agir. » À l’instar, en l’occurrence, de la loi de 2013 dite de « sécurisation de l’emploi » qui les a privés d’une possible contestation du motif économique des licenciements. Une situation encore aggravée par la loi Macron.

À quelques encablures, dans le quartier populaire de la Plaine d’Ozon, à Châtellerault, inégalités et discriminations sont au cœur des échanges. « Pour le parti au pouvoir, j’ai l’impression que quand il s’agit des musulmans, c’est la banalisation. À tel point qu’on en arrive à vouloir nous ficher, bientôt à nous coller une étoile verte… » déplore le patron du café Le Samovar, situé aux abords du marché. Même s’il s’est depuis rétracté, les fichiers consignant la religion des élèves de Béziers à partir de leur prénom (sic), dont s’est vanté le maire d’extrême droite, ont laissé des traces. « La réaction de la République n’est pas à la hauteur, quand un maire viole la loi, il doit être sanctionné. On ne peut pas laisser cette impunité se développer », estime Pierre Laurent, pour qui d’ailleurs la « banalisation du FN est une escroquerie médiatique ». « Ce n’est pas le discours antisémite de Le Pen père, c’est une autre forme de racisme, tout aussi dangereuse », rappelle-t-il, interrogé par un étudiant de Sciences-Po à ce propos.

« Alors qu’ils ont la nationalité, nos enfants ne se sentent pas français à cause de toutes les discriminations », lance, dans les allées du marché de la Plaine d’Ozon, Naïma. Mère de quatre enfants, elle est bien décidée à lutter pour l’égalité. À commencer par l’école. Car, dans le quartier, deux postes d’enseignant vont être supprimés. « Pour eux, tout est une question d’argent, nos enfants sont des numéros. » « On balade les gens en leur vendant une fausse augmentation des moyens et ils s’en rendent compte », réagit Pierre Laurent un peu plus tard devant des acteurs du monde éducatif. « Je n’aurais jamais pensé qu’un gouvernement de gauche puisse nous faire ça », lâche d’ailleurs Naïma. Si elle est déterminée à se « battre avec sa carte d’électeur », elle ne sait plus vers qui se tourner : « Le Front de gauche, ce n’est pas que je n’y crois pas, mais je me méfie de tous les politiques », dit-elle. « Ce que fait le gouvernement tue espoir », reconnaît Pierre Laurent, mais « nous ne sommes pas condamnés au brouillard ou à l’impasse qu’engendre le système politique », plaide-t-il. Un défi pour la gauche qui, selon le sénateur, n’est pas condamnée par « l’échec du PS » et doit se réinventer autour d’un autre centre de gravité : « Tout ça va moins vite qu’on le désire, mais ces questions vont grandir, des millions de gens se les posent déjà. »

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