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Tsipras : comme De Gaulle ?

Posté par jacques LAUPIES le 11 avril 2015

Tsipras : comme De Gaulle ? dans POLITIQUE de-gaulles-urss

 

 

Quand les anglo-saxons  cherchaient des poux à De Gaulle dans les années 60, si mes souvenirs sont exacts, celui-ci décidait de rendre visite aux chinois et aux soviétiques (en 1966). La France fut le premier pays occidental à reconnaître la Chine.

Réaction élémentaire contre ceux qui ne voulaient pas entendre la voix déjà forte à Londres et qui se surcroit, l’histoire l’a prouvé, mettaient des bâtons dans les roues d’une politique d’indépendance nationale (1), même si les intentions de la bourgeoisie française étaient peu suspectes de patriotisme absolu.

Le nationalisme de l’un des plus grands chefs d’état que nous ayons eu n’était évidemment pas dénué d’attaches avec la finance et les monopoles français. A défaut de devoir supporter une gauche au sein de laquelle les communistes exerçaient une forte influence, ces monopoles ont préféré avoir recours au Général. Jusqu’au moment ils ont jugé bon de s’en débarrasser

Il faut reconnaître que celui-ci avait quelque peine à voir la France en dépendance.

Les basculages politiques suivirent son départ notamment quand la droite libérale giscardisée pointa le nez et nous mit, déjà à l’heure des abandons, entre les mains d’une finance internationale et celle des ultra libéraux. Le règne des marchés financiers, auxquels  Mitterrand et ses successeurs n’opposèrent pas la moindre résistance, naissait avec la suite que l’on connaît.

Alors que les grecs soient les premiers à les contester concrètement aujourd’hui et « jouent », en quelque sorte avec les contradictions, comme on disait à l’époque « inter impérialistes », ne peut nous déplaire, surtout si cela pouvait ramener Bruxelles à un peu plus de raison. Si tant est que l’on puisse raisonner les adeptes du tout libéral !

 

(*) Je rappelle souvent la visite de ce journaliste des Izvestia que j’avais reçu et qui, préparant un voyage de De Gaulle en URSS, m’avait surpris avec son positionnement très favorable à De Gaulle, à une époque où communistes et gaullistes s’affrontaient  sur le terrain des luttes sociales et qui, entre autre, trouvait dans le Président français un allié conséquent en pleine guerre froide.

http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/de-gaulle-et-le-monde/de-gaulle-et-lrsquourss/documents/de-gaulle-allocution–radio-et-television-sovietiques–30-juin-1966.php

En même temps il m’avait fait part d’un certain mépris pour Nikita Khrouchtchev , lequel devait-être écarté en 1964, ce qui m’avait également étonné tant le voyais en la personne du premier ministre de l’URSS, celui qui avait dénoncé le stalinisme dont à l’époque je n’avais pas encore mesuré les dégâts.

 

Tsipras respecte Bruxelles et gagne du crédit à Moscou

Stéphane Aubouard
Vendredi, 10 Avril, 2015
Humanite.fr

 

Photo : Alexander Zemlianichenko/Pool/Reuters

Le spectre d’une aide financière russe à la Grèce hante tous les esprits à Bruxelles.
Photo : Alexander Zemlianichenko/Pool/Reuters
Le gouvernement grec a comme convenu tenu ses engagements auprès de ses partenaires européens en remboursant le FMI. La réouverture du dialogue diplomatique entre la Grèce et la Russie offre également de nouvelles perspectives à Athènes.

Alors que les Cassandre libérales de Bruxelles annoncent chaque jour la faillite de la Grèce, Athènes continue à tracer son sillon. Jeudi, le gouvernement Tsipras a remboursé comme prévu la tranche de 459 millions d’euros qu’elle devait au FMI (Fonds monétaire international) pour le mois d’avril. Mercredi, l’Agence grecque de la dette (PDMA) a réussi à renouveler 1,14 milliard d’euros de bons à six mois, majoritairement auprès de banques et d’investisseurs grecs. Cela devrait permettre de rembourser également un peu moins de 400 millions d’euros de paiements d’intérêts, et d’enclencher le renouvellement de 2,4 milliards d’euros de bons du Trésor à six et trois mois arrivant à échéance les 14 et 17 avril.

Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir, la Grèce subit régulièrement des pressions des forces réactionnaires bruxelloises prêtes à tout pour voir la gauche radicale échouée. Les ressources financières d’Athènes sont en effet fragilisées et l’avenir du pays dépend d’un versement de 7,2 milliards d’euros que les créanciers (Union européenne et FMI) conditionnent à la mise en place d’un plan de réformes encore en débat à Bruxelles. «  Les discussions n’avancent qu’à petits pas, voire  à pas de bébé », expliquait mercredi un expert techniques de la zone euro. Des petits pas, peut-être, mais des pas qui permettent à Alexis Tsipras d’avancer – tout en gardant du crédit auprès de son peuple – et d’obliger l’Europe à le considérer comme un partenaire sérieux. C’est valable sur le plan de la dette. Depuis mercredi et la visite du chef de l’exécutif grec à Moscou, ça l’est tout autant sur la plan diplomatique.

La crise grecque « se résoudrait dans le cadre de la famille européenne »

Alexis Tsipras a en effet répondu de manière ferme mais diplomate à ses partenaires européens inquiets de cette entrevue Athènes-Moscou au moment même où les négociations autour de la dette grecque sont plus délicates que prévues y compris pour Bruxelles: « L’objectif de cette visite, c’est que nous prenions un nouveau départ dans nos relations, dans la recherche de la paix et de la sécurité en Europe », avait-il déclaré mardi soir jouant habilement sur les peurs européennes.

Le spectre d’une aide financière russe à la Grèce hante en effet tous les esprits à Bruxelles. Une peur que le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a tenu à dissiper en répétant depuis les Etats-Unis où il était en visite, que la crise grecque « se résoudrait dans le cadre de la famille européenne ».

Ce que Vladimr Poutine a plus ou moins confirmé mercredi soir avec force circonvolution : « La Grèce ne nous a pas adressé de demande d’aide financière. Il n’est d’ailleurs pas question d’aide mais de coopération, y compris dans le domaine financier, en lien avec de grands projets concrets », a-t-il précisé.

Une phrase ambiguë qui offre au gouvernement de la gauche radicale grecque un atout supplémentaire dans sa manche. Les Européens le savent, Athènes est désormais moins isolé qu’il n’y parait dans le cadre des négociations. Et rien ne serait plus ennuyeux pour Bruxelles qu’Athènes puisse désormais se passer de la dernière tranche des 7,2 milliards d’euros d’aide du dernier mémorandum.

alinisme.

 

Tsipras respecte Bruxelles et gagne du crédit à Moscou

Stéphane Aubouard
Vendredi, 10 Avril, 2015
Humanite.fr

 

Photo : Alexander Zemlianichenko/Pool/Reuters

Le spectre d’une aide financière russe à la Grèce hante tous les esprits à Bruxelles.
Photo : Alexander Zemlianichenko/Pool/Reuters
Le gouvernement grec a comme convenu tenu ses engagements auprès de ses partenaires européens en remboursant le FMI. La réouverture du dialogue diplomatique entre la Grèce et la Russie offre également de nouvelles perspectives à Athènes.

Alors que les Cassandre libérales de Bruxelles annoncent chaque jour la faillite de la Grèce, Athènes continue à tracer son sillon. Jeudi, le gouvernement Tsipras a remboursé comme prévu la tranche de 459 millions d’euros qu’elle devait au FMI (Fonds monétaire international) pour le mois d’avril. Mercredi, l’Agence grecque de la dette (PDMA) a réussi à renouveler 1,14 milliard d’euros de bons à six mois, majoritairement auprès de banques et d’investisseurs grecs. Cela devrait permettre de rembourser également un peu moins de 400 millions d’euros de paiements d’intérêts, et d’enclencher le renouvellement de 2,4 milliards d’euros de bons du Trésor à six et trois mois arrivant à échéance les 14 et 17 avril.

Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir, la Grèce subit régulièrement des pressions des forces réactionnaires bruxelloises prêtes à tout pour voir la gauche radicale échouée. Les ressources financières d’Athènes sont en effet fragilisées et l’avenir du pays dépend d’un versement de 7,2 milliards d’euros que les créanciers (Union européenne et FMI) conditionnent à la mise en place d’un plan de réformes encore en débat à Bruxelles. «  Les discussions n’avancent qu’à petits pas, voire  à pas de bébé », expliquait mercredi un expert techniques de la zone euro. Des petits pas, peut-être, mais des pas qui permettent à Alexis Tsipras d’avancer – tout en gardant du crédit auprès de son peuple – et d’obliger l’Europe à le considérer comme un partenaire sérieux. C’est valable sur le plan de la dette. Depuis mercredi et la visite du chef de l’exécutif grec à Moscou, ça l’est tout autant sur la plan diplomatique.

La crise grecque « se résoudrait dans le cadre de la famille européenne »

Alexis Tsipras a en effet répondu de manière ferme mais diplomate à ses partenaires européens inquiets de cette entrevue Athènes-Moscou au moment même où les négociations autour de la dette grecque sont plus délicates que prévues y compris pour Bruxelles: « L’objectif de cette visite, c’est que nous prenions un nouveau départ dans nos relations, dans la recherche de la paix et de la sécurité en Europe », avait-il déclaré mardi soir jouant habilement sur les peurs européennes.

Le spectre d’une aide financière russe à la Grèce hante en effet tous les esprits à Bruxelles. Une peur que le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a tenu à dissiper en répétant depuis les Etats-Unis où il était en visite, que la crise grecque « se résoudrait dans le cadre de la famille européenne ».

Ce que Vladimr Poutine a plus ou moins confirmé mercredi soir avec force circonvolution : « La Grèce ne nous a pas adressé de demande d’aide financière. Il n’est d’ailleurs pas question d’aide mais de coopération, y compris dans le domaine financier, en lien avec de grands projets concrets », a-t-il précisé.

Une phrase ambiguë qui offre au gouvernement de la gauche radicale grecque un atout supplémentaire dans sa manche. Les Européens le savent, Athènes est désormais moins isolé qu’il n’y parait dans le cadre des négociations. Et rien ne serait plus ennuyeux pour Bruxelles qu’Athènes puisse désormais se passer de la dernière tranche des 7,2 milliards d’euros d’aide du dernier mémorandum.

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La mobilisation syndicale et politique : un travail de fourmis !

Posté par jacques LAUPIES le 10 avril 2015

 

Peut-être faut il un début à tout mais la manifestation organisée à Arles par la CGT, la FSU et FO n’était pas à la hauteur de ce qu’exigerait la situation présente dans laquelle se trouve le monde du travail confronté précisément au non travail, aux bas salaires et à la précarité.

Pour un jour où les salariés sont précisément au travail à une heure à laquelle sauf à se mettre en grève, ils ne peuvent manifester cela évidemment n’était pas si mal. Et mieux valait il pour les militants être là  que d’être resté les bras croisés.

Je ne voudrais pas être accusé de pessimisme, ni de défaitisme, d’autant que ce n’est pas du tout mon genre ! Mais voilà je suis un peu en colère. Après qui me direz-vous ?

C’est un peu comme quand j’observe la fréquentation des bureaux de vote : les premiers concernés par la crise  (et qui disposent de temps) les jeunes, les chômeurs, les actifs soumis à la précarité et parfois même ceux qui disposent d’un emploi garanti, ne sont là qu’en nombre extrêmement réduit. C’est un peu à eux que j’en voudrais !

Hier encore je discutais avec deux jeunes représentatifs de ces catégories et ils n’avaient pour sujet de conversation que le tragique accident d’avion qui a monopolisé les médias ces derniers jours, les attaques et piratages cybernétique, l’affaire Le Pen. Pour l’avion l’un d’eux estimant que l’on en parlait trop au regard d’autres évènements ayant fait des victimes en plus grand nombre et paradoxalement que l’on en aurait encore plus parlé si le pilote avait été un « arabe ». Concernant l’attaque de TV5 ils étaient tous deux plutôt amusés du mauvais tour joué à cette chaîne internationale. Enfin pas très déterminés sur le « conflit » père-fille c’est à moi qu’ils demandaient ce que j’en pensais.

On le voit à la veille de la manifestation syndicale ils ne savaient même pas que celle-ci était organisée pour agir contre l’austérité et défendre leur droit bafoué à un emploi. Comme j’attirais leur attention sur leur attitude qui d’évidence est un désintéressement pas seulement du qu’à la défaillance des médias, mais à un contexte général de déception provoquée par leur condition de vie.

Bien sûr la courte discussion que nous avons eue n’a pas été sans effet. En dénonçant l’abus de l’instrumentalisation du fait divers, le danger de rester indifférent à l’égard de l’intégrisme islamiste, le manque de discernement et de réflexion sur la montée du FN, j’ai bien perçu le questionnement que cela pouvait provoquer.

Comment conclure sinon en invitant mes deux interlocuteurs, comme je le fais souvent, à s’impliquer plus dans les débats politiques et ne pas rester inactifs en tant que citoyens. Je les ai donc, devant leur aveu de ne pas toujours avoir les éléments de réflexion, invités à venir débattre avec les communistes…Rien de bien original de ma part mais n’est ce pas la le seul moyen vraiment efficace d’éviter une totale déliquescence de la conscience politique qui semble bien frapper les plus touchés par la crise.

Seulement il faut bien se rendre à l’évidence, du nombre de militants, de leurs effectifs dépend que soit combattue et inversée le poids des diversions, des replis sur soi qu’impose la situation politico-médiatique a des citoyens vulnérables et désarmés.

Bref d’un parti à la hauteur de la tâche !

 

 

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300 000 manifestants contre l’austérité – Jeudi 9 avril

Près de 300 000 manifestants ont défilé en France contre l’austérité, selon la CGT,  jeudi 9 avril, dont 120 000 à Paris. Les policiers parlent eux de 32 000 manifestants dans la capitale. Les protestataires répondaient à l’appel de quatre syndicats – CGT, FO, FSU, Solidaires – et de plusieurs centaines d’entreprises publiques et privées.

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Affaire Le Pen : le petit bout de la lorgnette

Posté par jacques LAUPIES le 9 avril 2015

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Pâques dans les garrigues ! Au moins là ça sent bon

 

Faut-il que le père qui a le goût de la provocation, et dont les attaches avec l’extrême droite ont fondé la « carrière » politique, se livre à nouveau à cet exercice, pour que tout le monde s’en émeuve. Belle occasion une fois de plus pour que le FN fasse parler de lui . Le coup est réussi mais cela ne durera que quelques jours.

Au sein du FN il apparaitrait que certaines « sensibilités » soient heurtées au point de souhaiter le départ du Président d’honneur, voire qu’il n’encombre pas les élections régionales qui ne sont pas sans susciter des ambitions parmi les « petits nouveaux ».

Peut-être qu’il faudrait chercher ailleurs l’impérieuse nécessité de « dédiaboliser » ce FN. Ce qui pour une bonne part  se fait à l’initiative de ses dirigeants actuels les plus en vue ? Ne serait ce pas, pour certains d’entre eux, pouvoir prétendre  jouer un rôle dans le retour à un rassemblement avec cette droite ‘libérale  pour appuyer les intérêts de classe qu’elle représente, autrement qu’à la manière dont semble rêver Jean Marie Le Pen et les extrêmes, mais de manière plus acceptable, en puisant dans la réserve populaire que représente ce parti. Lequel à un certain moment devra bien composer pour aller au pouvoir.

Un parti que ne dispose pas, hors ses relatifs succès électoraux, des appuis nécessaire pour gouverner la France. Et, comme ne cessent de le répéter les commentateurs, parce qu’avec 25% des voix on ne peut gouverner seul !

Les luttes d’influences internes (1) ont cours aussi dans ce parti, comme dans bien d’autres, mais il serait bien hasardeux de ne pas en rechercher la signification politique qui dépasse  une simple conflit de génération et de personnalité ! N’allez surtout pas croire que ce sont des luttes mettant en opposition de très profondes divergences idéologiques. Comme cela est le cas en pareilles circonstances, on tente d’utiliser des tendances pour se frayer un passage vers les positions de pouvoir.

Pour autant il est toujours possible de prendre en compte l’instrumentalisation de conflits internes qui existent sûrement, et ne peuvent se limiter à une querelle entre fille et père. Cela existe ailleurs comme chacun peut le constater

La droite nous en donne l’exemple. On voudrait qu’il en soit autrement au  sein des partis se réclamant de la gauche.

Mais la politique observée sur le seul angle des ambitions personnelles, sur fond de lutte de classe, encore une fois, n’est vue que par le petit bout de la lorgnette.

On doit se poser les questions suivante : « Quels objectifs réels poursuit le FN, quelle peut-être sa stratégie pour y parvenir, comment parvenir à faire échouer son entreprise et celle des forces qui le soutiennent en catimini  et qui ont avant tout à voir avec le libéralisme ? »

 

(1) Cependant cette maladie dont on peut se demander si elle a à voir avec les luttes d’intérêts de classes ou catégoriels plus qu’aux combats d’égos avec leurs intérêts individuels, cette plaie ou se mêlent les cupidités personnelles et l’instrumentalisation idéologique pourrit; aux yeux de bon nombre de français, le monde politique, leur monde politique.

Pour s’en prémunir il n’y a guère que le contrôle strict du statut des élus et la limitation de l’enrichissement personnel. Et pourquoi pas le renoncement à cet enrichissement !

Pourquoi chaque fonction ne serait elle pas définie dans ses devoirs et obligations, avec des rétributions transparentes, portées à la connaissance et  contrôlées par les citoyens et surtout bien limitées et délimitées ?

Pourquoi pas établir une grille d’indemnisation convenable et interdire les cumuls pour toute fonction élue ? Y compris au delà,  pour les politiques à temps complet !

Pourquoi ne pas créer un système permettant les révocations populaires ?

On nous rétorquera que l’on ne peut museler ainsi l’attrait pour le service rendu au peuple sans risque de priver celui ci des meilleurs éléments, des compétences nécessaires, des ambitions « saines et naturelles » pour diriger la cité ?

La meilleure marque de sincérité d’un élu du peuple n’est elle pas dans son altruisme, sa probité. N’y aurait il que des talents parmi les crapules ?

 

 

André Chassaigne : la parole de Le Pen père « n’est pas isolée au FN »

L’Humanité.fr avec l’AFP
Mercredi, 8 Avril, 2015
Humanite.fr
Photo :  Pierre Verdy/AFP
Le chef de file des députés Front de gauche a estimé mercredi que « la parole » de Jean-Marie Le Pen, qui multiplie ces derniers jours les dérapages, n’était « pas une parole isolée au FN ».

Les propos tenus par Le Pen père sont des propos qui sont régulierement tenus par des militants ou des candidats du Front national », a affirmé André Chassaigne dans l’émission Questions d’infos LCP-France Info-Le Monde-AFP de ce mercredi.

« Il suffit de voir ce qu’on a pu lire pendant les campagnes départementales, sur certains sites, dans les réseaux sociaux », a-t-il argumenté. La preuve selon lui que « la parole de Le Pen père est une parole qui n’est pas isolée au Front national ». « Cela rejoint une tendance très droitière, historiquement très extrême, de nombreux militants du FN », a insisté le député communiste du Puy-de-Dôme.

>>> Lire : Le Front national vide son sac d’ordures

Concernant Marine Le Pen, « qu’elle rejette les propos de son père, c’est quand même la moindre des choses (…) C’est tellement excessif, inacceptable, ignoble », a poursuivi André Chassaigne.

Mais a-t-elle fait un geste fort en s’opposant à la candidature de son père en PACA ?

« La cuisine du FN, ce n’est pas ma tasse de thé », a tranché le député, souhaitant « qu’ils règlent leurs affaires, sans que pour autant on oublie que dans l’ADN du FN, il y a la xénophobie, le rejet de l’autre, l’ultrasécuritaire (…) le maintien du système libéral » ou encore « le repli sur soi » et qu’il y aurait « des conséquences extrêmement graves pour notre pays si c’était mis en oeuvre ».

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A Arles : place de la République jeudi à 10 h 30

Posté par jacques LAUPIES le 8 avril 2015

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Le 9 avril peut et doit constituer une étape forte de mobilisation des salariés, des retraités et des privés d’emplois. Elle doit être une journée pour se faire entendre sur les lieux de travail et dans la rue pour construire collectivement un autre avenir social et économique pour la réponse aux besoins sociaux.

 

Retrouvons nombreuses et nombreux, le jeudi 9 avril 2015, Place de la République à Arles à 10H30 

 

 

Loi Macron: après le coup de force, la surenchère des libéraux

Adrien Rouchaleou
Mardi, 7 Avril, 2015
L’Humanité

 

A Arles : place de la République jeudi à 10 h 30 dans POLITIQUE loimacron_0
Photo Martin Bureau / AFP
Le projet de loi sur la croissance porté par le ministre de l’Économie est examiné par les sénateurs à partir d’aujourd’hui. 
En commission, les parlementaires UMP-UDI ont aggravé un texte déjà très libéral. Seul le Front de gauche s’y oppose vraiment.

En temps normal, quand le paysage politique est clair et lisible, un projet de loi créé par un gouvernement socialiste devrait être adopté par l’Assemblée nationale à majorité de gauche, et ne pas emporter la majorité d’un Sénat de droite. La première moitié du quinquennat, marquée par l’échec de François Hollande et de ses gouvernements à convaincre l’ensemble des forces de gauche (en particulier communistes et parfois écologistes), avait déjà démontré qu’un texte d’un gouvernement socialiste pouvait être rejeté par un Sénat où la gauche tenait la majorité des fauteuils. La loi Macron, qui y est débattue en séance publique à partir d’aujourd’hui, fera la démonstration que la majorité de gauche de l’Assemblée peut aussi faire défaut au gouvernement qui a eu recours au passage en force du 49-3, mais que le Sénat reconquis par la droite peut soutenir le projet du ministre de l’Économie du gouvernement de Manuel Valls.

Pourtant, la droite sénatoriale s’agite autour de ce texte. Comme l’ancienne majorité de gauche avant l’élection de François Hollande, elle a bien compris le rôle tribunicien d’un Sénat d’opposition : a. cher des positions fortes dans l’optique de la reconquête de l’Élysée et du Palais-Bourbon. Mais ni UMP, ni UDI ne dénoncent la philosophie du projet de loi. Le reproche le plus dur que lui fait l’UDI Vincent Capo- Canellas, président de la commission spéciale qui a achevé le 25 mars l’examen préparatoire du texte, c’est d’être « protéiforme, maladroit, un peu balourd » . Avec une opposition pareille, plus besoin de majorité…

D’ailleurs, contrairement à ce que tente de faire croire la majorité sénatoriale, le projet d’Emmanuel Macron satisfait largement la droite sur de nombreux points. Le ministre n’aura pas à batailler pour convaincre la Haute Assemblée d’adopter la libéralisation des transports par autocar au détriment du rail, le soutien au logement intermédiaire, les « zones touristiques » créées pour y permettre l’ouverture des commerces tous les dimanches de l’année, le développement de l’actionnariat salarié, ou encore la suppression de la peine d’emprisonnement pour les patrons se rendant coupables de délit d’entrave aux instances représentatives du personnel. Sur les 254 articles du texte résultant des travaux de la commission, 124 ont été adoptés sans être amendés. Pour le reste, la philosophie « probusiness » reste la toile de fond du texte. Échaudés par le pied posé par le gouvernement socialiste sur leur pré carré propatronal, UMP et UDI cherchent juste à aller encore plus loin. « Ce texte est entièrement tourné vers la défense des intérêts privés et ignore la justice sociale et l’intérêt général », ont quant à eux dénoncé les sénateurs communistes.   

Dans sa stratégie de « main tendue exigeante », la droite sénatoriale exige beaucoup. « Le sursis qui nous est accordé par Bruxelles doit être mis à profit pour engager de vraies réformes, pas des semblants de réformes », estime Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs UMP. Et ils ne font tellement pas semblant que le projet de loi issu de la commission ressemble à un catalogue des fantasmes du Medef.

Ainsi, la majorité UMP-UDI souhaite autoriser les entreprises à négocier des « accords offensifs » pour leur permettre de s’affranchir de la durée légale du travail. Le mot « dérogation » est utilisé, mais dans les faits, ce serait bel et bien la fin des 35 heures. La question d’une modification des seuils sociaux, vieux serpent de mer du patronat qui lui permettrait de se délester d’obligations de représentation des salariés, est posée. La majorité sénatoriale compte aussi proposer un allégement de plus de la fiscalité des entreprises dans le but de favoriser les entreprises familiales… Certaines de ces mesures sont d’ailleurs annoncées dans le prochain projet de loi sur le travail du ministre François Rebsamen. Entre UMP et gouvernement, c’est à qui ira le plus loin en premier.

Parmi les mesures emblématiques du texte rédigé par Bercy, la droite apprécie particulièrement celles portant sur le travail dominical, un de ses fétiches. Elle propose simplement de pousser un peu plus loin (lire le point de vue de Karl Ghazi, ci-contre), ce à quoi ne s’oppose pas franchement la socialiste Nicole Bricq, ex-ministre du Commerce extérieur de Jean-Marc Ayrault, pour laquelle « il y a là un véritable gisement d’emplois ». Tout juste estime-t-elle qu’« encore une fois, pour les socialistes, c’est la négociation qui compte ».

 

Le Front de gauche a déposé 
480 amendements

En commission, seul le communiste Jean-Pierre Bosino a rappelé que « le travail du dimanche est imposé ». « En raison du lien de subordination entre l’employeur et le salarié, la notion de volontariat n’a aucun sens dans le monde du travail », a argumenté le sénateur de l’Oise. Sur ce point est résumé le profil du débat qui se tiendra cette semaine dans l’Hémicycle : le Front de gauche en seul opposant au projet de loi (ils ont déposé 480 amendements), tandis que droite et socialistes joueront leur partition à deux voix, les premiers en réclamant toujours plus (« Nous attendons de voir si le gouvernement est prêt à faire un pas », déclare François Zocchetto, chef de file des centristes), les seconds en profitant pour se donner une image de modérés combattant les outrances libérales de la droite (« Quand il y aura des amendements trop à droite, nous déposerons des amendements de suppression », annonce Nicole Bricq, comme s’il n’était pas naturel que des parlementaires de « gauche » combattent les amendements de la droite). Restera le symbole d’un texte libéral, écrit par un ministre socialiste, voté largement par un Sénat de droite, alors que, faute d’une majorité assurée à l’Assemblée nationale, Manuel Valls avait renoncé à le faire voter en engageant la responsabilité du gouvernement par l’article 49-3 de la Constitution. Bruno Retailleau l’a compris et en joue pour faire monter la pression tout en piquant l’adversaire : « Nous voulons faire sauter les verrous dès maintenant. Nous proposons au gouvernement d’intégrer (nos) dispositions dans ce texte puisqu’il n’aura plus d’autre occasion d’engager sa responsabilité pendant cette législature. Quitte à utiliser le 49-3, autant le faire pour quelque chose qui ait du sens. »

Pour dire « non à la loi macron ! »  
Le collectif 3A (Alternative à l’austérité), qui regroupe des syndicats, des associations et des partis de gauche, organise un meeting unitaire, ce soir, à 19 heures, au gymnase Japy à Paris 11e (2, rue Japy, métro Charonne ou Voltaire), pour dire « non à la loi Macron ». Une vingtaine d’orateurs y prendront la parole, parmi lesquels Olivier Dartigolles (PCF), Éric Coquerel (PG), Olivier Besancenot (NPA), Jérôme Gleizes (EELV), Gérard Filoche (PS), Willy Pelletier (Copernic), Liêm Hoang-Ngoc, Clémentine Autain et Karl Ghazi (voir ci-contre)…

 

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Et maintenant, reconstruire à gauche ? Et pourquoi pas le parti d’abord !

Posté par jacques LAUPIES le 7 avril 2015

On parle beaucoup de reconstruire à gauche mais peu de reconstruire le PCF. Peut-être considère-t-on que reconstruire la gauche est la priorité face à un PS qui subit une dominante libérale et tend à faire éclater la gauche dans son ensemble d’une façon gravissime.

Mais est ce là, pour les communistes, la priorité ? Que ce soit un objectif nous le voulons bien. A moins de sombrer dans la théorie du grand soir révolutionnaire il est évident que le rassemblement de toutes les forces de  gauche sur des bases de réelle transformations économiques s’impose mais en l’état force est de reconnaître que la dynamique vers ce rassemblement n’est pas tellement enclenchée.

Tout le monde, ou presque, s’accorde à reconnaître que le premier obstacle est d’ordre idéologique, c’est à dire que le message politique de développement et d’amélioration de la demande ne passe pas et que la cause en est évidemment la force dominante de médias véhiculant les idées de collaboration de classe soutenues par l’UMP ou le PS.

Idées qui consistent à culpabiliser les populations avec le coût de la dette et ses pseudos conséquences sur la dépense publique, en particulier sans le domaine de la santé et de la protection sociale, des investissements publics et privés qui seraient rendus impossibles à cause du manque de moyens des patrons qu’il faut soulager de charges fiscales et de cotisations sociales.

Bref on connaît la chanson et tous les dirigeants politiques et autres spécialistes : économistes, politologues, sociologues, philosophes, journalistes, sont là pour confirmer majoritairement cette vision et se livrer à des joutes parlées ou écrites avec ceux qui ne la partagent pas, minoritaires, dont nous sommes, sans autre moyen que notre voix noyée dans un vacarme médiatique faisant feu de tout bois.

Notre stagnation n’a d’autre raison essentielle que celle là ! On peut y ajouter les voix divergentes, dans ce que l’on baptise la « gauche de la gauche »,  naissant d’autant de groupements, partis, clubs, associations qui fleurissent et s’offrent évidemment à l’instrumentalisation par l’adversaire de classe.

Des voix que l’on inventerait presque pour faire nombre et qui en fait réduisent la nôtre.

On les imagine en forces populaires, alors qu’elles ne sont que le reflet d’appareils, de directions, de comités, d’expressions de minorités parlementaires contestataires, qui n’existent que par des ambitions et se construisant une légitimité pour exister. Ce pluralisme d’en haut (même lorsqu’il se manifeste au niveau local, est tel que l’on a peine à distinguer les opportunistes des gens de conviction.

On retrouve ces attitudes au sein du PS, des Verts et je pense même dans tout ce que la gauche peut produire de courants et tendances que l’on peut observer.

Le peuple et en particulier l’immense majorité exploitée a besoin de se donner d’un outil pour élaborer et mettre en application des politiques sous son contrôle. Quand nous nous trouvons dans une période de contestation évidente et globale est il nécessaire et utile de disperser et de multiplier les offres politiques pour ensuite s’épuiser à les rassembler ?

Ne vaut il pas mieux PRENDRE LE TEMPS de reconstruire cet outil, un outil qui fonde son existence sur les forces populaires actives, la jeunesse, prenant appui sur les acquis en matière de réflexion théorique, de pratique sociale, de luttes revendicatives ? Car sans cela le risque du dévoiement est grand (depuis le renoncement jusqu’à l’engagement dicté par la révolte extrême)

N’est ce pas de cela dont il faudrait parler pour agir en conséquence ?

 

André Tosel : «Réhabiliter la figure du travailleur en lutte»

Par André Tosel, Philosophe
Vendredi, 3 Avril, 2015
Humanité Dimanche

 

Et maintenant, reconstruire à gauche ? Et pourquoi pas le parti d'abord ! dans POLITIQUE tosel_hd1fran

Albert Facelly
Le philosophe André Tosel réagit dans nos colonnes après le scrutin départemental. Il analyse les raisons de la défaite de la gauche, et celles des difficultés du Front de gauche et du PCF à pouvoir émerger comme alternative crédible. Il propose des pistes pour une « réappropriation du pouvoir défini non comme domination, mais comme “ pouvoir de faire ”».

Après la défaite de la gauche, quel constat ?

L’immense mécontentement populaire s’est traduit tout à la fois par un consensus plus ou moins raisonné donné au capitalisme néolibéral et par l’espoir vague en une relève sociale et nationale, implicitement xénophobe, opérée par le Front national dont les liens avec le néolibéralisme n’ont pas été perçus. Ceci prouve une fois de plus qu’entre mécontentement populaire et expression politique se situe une gamme de réponses qui ne favorise pas mécaniquement les forces politiques qui se réclament de la transformation sociale et de l’égale liberté. L’autre constat est la défaite, qui n’est pas un désastre, du Parti socialiste: sa direction verra là un encouragement à poursuivre le tournant néolibéral d’une politique qui continue celle de Sarkozy et se justifie par « la force des choses » et l’invocation d’une « gauche moderne». « L’autre gauche »– PG, PCF, Front de gauche – se maintient dans le système politique mais stagne à ses marges. S’il est vrai que les médias accréditent frauduleusement l’idée d’un tripartisme – UMP, PS, FN – pour marginaliser davantage la seule expression de la gauche, le tripartisme réunit cependant les partis acquis à la contre-révolution néolibérale.

Toutefois, rien n’est stabilisé, tant sont poreuses les frontières entre la droite qui se déclare républicaine et le FN qui se veut désormais lui aussi « républicain». Tant que ne se dessinera pas une perspective de transformations sociales inscrite dans le sens anticapitaliste de l’égalité et de la solidarité internationaliste, le jeu à trois trouvera un équilibre et sera la figure actualisée de la contre-révolution néolibérale. Le fond commun de ce jeu est ce que l’on peut nommer un ethno-néolibéralisme qui accentuera selon les conjonctures l’ethnicisme identitaire, nationaliste et xénophobe, ou le pseudo-universalisme néolibéral du tout-marché. Le ciment de ces deux âmes peut se trouver dans un usage biaisé d’un pseudorépublicanisme laïque, antiterroriste et autoritaire.

Le Front de gauche et le PCF semblent ne pas parvenir à s’imposer. Quels sont les obstacles ?

L’absence de force d’attraction du FG et du PCF est inquiétante. Ces forces politiques ne parviennent pas interpréter et traduire les nombreuses résistances à la politique néolibérale qui se manifestent un peu partout et demeurent surtout critiques pour l’instant. Il s’agit avant tout d’empêcher la casse industrielle, de s’opposer à la révision à la baisse des services publics, à la dévastation des équilibres écologiques, de lutter contre le chômage et la production d’hommes superflus. Il s’agit aussi, et c’est plus constructif, de pratiquer diverses formes de solidarité minimale, d’inventer des modes d’économie sociale (coopérative), de maintenir une vie décente dans les banlieues dégradées et de soutenir les jeunes à la dérive. Tout ceci pourrait servir de base pour l’institution d’une alternative réellement positive. Or, celleci manque. Les classes populaires estiment de fait ne plus être représentées organiquement et, pour certains éléments d’entre elles, elles cherchent des issues imaginaires: elles donnent libre cours à un ressentiment qui se transforme en punition électorale à l’encontre de l’imposture perpétrée par une majorité gouvernante qui les déçoit, les abandonne et les méprise.

Cette crise de crédibilité est, certes, le fruit amer de transformations sociales et anthropologiques que les directions des forces de la gauche qui se dit radicale et qui devait représenter le monde du travail et des couches subalternes (au sens de Gramsci) n’ont pas su analyser en temps et encore moins infléchir productivement alors qu’un travail de connaissance considérable s’est développé ces dernières années. Le problème réel est désormais celui de la constitution d’un mouvement populaire transformateur pluriel qui doit identifier et produire les éléments communs pouvant unir ses composantes, sans les dissoudre a priori dans un seul parti. Quelles notions communes pour décliner ensemble, dans le monde du travail et du non-travail, des stratégies actives ? C’est en ce sens que j’avais proposé un moratoire sur l’emploi du mot « gauche », qui est actuellement imprononçable, et d’avoir le courage de prononcer à nouveau le mot « communisme », qui n’a pas épuisé sa puissance malgré les démentis cruels de son histoire. Il s’agit de combattre la politique actuelle conduite par le PS, dont on peut espérer qu’il finira bien par finir et par laisser peut-être la place à une organisation un peu plus décente. Les militants et électeurs socialistes qui se reconnaissent dans cette exigence d’un mouvement populaire transformateur en sont, bien entendu, des acteurs de droit. Nous n’avons pas néanmoins à préjuger de cette évolution du PS et à nous déterminer par rapport à elle.

Le second obstacle concerne les pratiques du Front de gauche et du PCF au-delà de l’usure de la formule frontiste. La perte des liens avec le mouvement populaire et le monde du travail n’a pu être compensée par l’activité électorale. L’établissement de ces liens avec une société profondément ébranlée et fragmentée par les modifications du capitalisme est bien une priorité. Il commande l’élaboration de tout programme qui ne peut être effectuée par des directions séparées mais doit naître des aspirations et des expériences en première personne de ces masses.

Celles-ci ont en quelque sorte à se confronter à leur pluralité interne et à établir des priorités dans les luttes qui comme telles sont aussi à confronter à tous les niveaux du processus de formation d’un vouloir commun. Plus profondément, est à l’ordre du jour une conquête du sens commun des subalternes pris en leur diversité. La référence globale aux « gens » est extraordinairement pauvre et appauvrissante; elle aboutit à une représentation passive et passivisante des classes travailleuses. Loin d’être considérées comme des acteurs politiques en première personne, comme un « nous », elles sont de fait considérées comme un corps collectif indéterminé, un corps souffrant fait de victimes, de malheureux en attente de redistribution plus large et plus juste de biens et d’argent, de consommateurs frustrés de services et de biens, de destinataires passifs de soins sociaux. Le discours de la citoyenneté générale n’a pas été davantage opératoire, faute d’avoir été connecté avec la position ou la non-position des acteurs dans le travail, dans la production de leur existence, faute d’avoir articulé au conflit social la remise en cause de la manipulation des conflits identitaires dont le fondement légitime n’a pas été davantage éclairé théoriquement et assuré pratiquement. C’est la conversion du conflit social en simple conflit identitaire qui a pu s’imposer, et c’est par cette brèche que s’est engouffrée la démagogie du FN, qui a pu paraître poser les questions que « la gauche de la gauche » posait mal ou peu. Seule une bataille forte pour l’hégémonie culturelle articulée aux luttes de la quotidienneté peut faire reculer le consentement par défaut donné aux propositions néolibérales, endiguer la contamination des esprits et des pratiques par le racisme induit par des difficultés d’existence. C’est une lutte contre l’accoutumance à la violence et aux états de guerre intérieure et extérieure qui n’a pu être menée. S’il est nécessaire de penser global à l’époque de l’hégémonie monstrueuse du capitalisme financiarisé et de ses formes impérialistes géopolitiques, il faut agir local et global, et cela à tous les niveaux, de la ville aux entreprises, des régions aux nations et ces nouvelles entités transnationales du type Union européenne qui ont déplacé le cadre des luttes, demeuré jusqu’ici prioritairement national aussi bien pour le mouvement ouvrier que pour les mouvements anticolonialistes de libération nationale.

Quel projet politique pour convaincre ?

Tout projet politique doit s’articuler à la critique de ces deux éléments du sens commun populaire qui dévient de leur but transformateur immanent les premiers éléments réellement émancipateurs. Il ne peut déboucher que sur la réhabilitation de la figure du travailleur en lutte pour la réappropriation du pouvoir défini non comme domination, mais comme « pouvoir de faire». Le projet a pour horizon une praxis, celle qui a pour objectif de « faire du peuple » à partir de la pluralité des forces individuelles ou collectives maintenues dans la subalternité en mettant à l’ordre du jour la suppression des conditions qui rendent leur vie intolérable et injustifiable. Sans entrer dans les détails, on peut placer ce projet sous la bannière du commun et de la réappropriation en commun des forces capables de se mettre elles-mêmes consciemment en commun. Le commun, ce n’est pas un Bien commun pensé a priori comme une chose qui est supposée réconcilier les exploiteurs et les exploités, les dirigeants et les dirigés, les manipulateurs et les manipulés. Le projet ne peut être qu’un projet actif de réappropriation en commun de ce pouvoir commun de faire et d’agir à tous les niveaux. Là se joue la lutte concrètement anticapitaliste et elle ne se cherche pas une fuite dans un radicalisme verbal. Elle se veut réaliste et multiple. Qu’il s’agisse des conditions et des formes du travail en entreprise, de défense de l’emploi et de redéfinition de la place du travail dans l’activité humaine, des modalités et du contrôle de la consommation, des partages à consentir, de la production et de l’usage des connaissances, du rapport nouveau à établir avec la nature et dans la nature, il s’agit de définir en commun, aux divers niveaux du commun, ce qui est de l’ordre des biens communs et qui ne saurait être approprié privativement par les classes propriétaires devenues des mafias de nouveaux rentiers rapaces.

Cet ordre du commun qui est celui de l’inappropriable non marchandisable anticipe à sa manière ce qui pourrait être une figuration enfin réaliste du projet communiste. Si le projet doit contenir le programme spécifiquement politique d’une nouvelle Constitution, celle d’une VI e République éliminant le présidentialisme monarchique actuel et évitant la domination de partis oligarchiques, la démocratie renouvelée ne tient pas lieu de ce qui doit relever d’une praxis d’institution en commun, de ce qui est reconnu comme commun et connu comme des communs. Le problème est alors de déterminer quels sont les niveaux spatiaux multiples où se constitue le commun. On retrouve ici la question de la gradation qui va du local au global. Il faut remettre en question la dictature néolibérale qu’exerce l’Union européenne par l’imposition de critères qui font loi en matière de déficit budgétaire et de dette publique. Il faut reformer l’État nation actuel, qui est le relais de l’Union européenne en ce qu’il organise la mise sous tutelle de ses fonctions sociales pour mieux contribuer à l’exploitation des masses populaires au nom de la concurrence inter-capitaliste. On ne pourra pas longtemps éviter la question de savoir si et comment le niveau de l’Union européenne peut être considéré comme susceptible de constituer un commun par et pour les forces populaires organisées en nations destituées de leur ancienne et équivoque fonction intégratrice.

  • Le dernier livre paru d’André Tosel: « Nous, citoyens laïques et fraternels ? » éditions Kimé, 270 pages, 26 euros.

 

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Babouse

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