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L’union oui ! Mais pourquoi faire ?

Posté par jacques LAUPIES le 18 mars 2015

 

Comme je ne veux priver mes lecteurs d’informations sur le  déroulement de la campagne électorale je me suis rendu à cette réunion organisée par le duo DUFOUR/NEVEU parrainé par le PS, le MDP, le MRC et Génération écologie.

Il avaient organisé une réunion publique hier soir dans la salle Richelieu à Tarascon. Pas de surprise, le candidat qui se vante d’avoir été député communiste a fait la démonstration que son engagement aux côtés du PS, allait de pair avec le soutien et la justification de la politique de Hollande et Valls exprimant son regret que les communistes ne se trouvent pas à ses côtés.

Si on ne l’avait pas entendu hier soir on aurait pu croire qu’il y avait là, comme il nous en accuse, un comportement anti unitaire sur lequel il ne s’est pas privé d’insister. Car il nous a par ses propos, entre autres signes de sa docte analyse sociale,  sagement expliqué que si la sécurité sociale et les Mutuelles ont des difficultés cela provient  de la mauvaise gestion de cette institution et que le gouvernement est courageux de s’en prendre à cette pseudo cause du déficit.

La dette, les banques qui s’engraissent sur le dos des contribuables par BCE interposée, le patronat qui ne paie pas ses cotisations de sécu, les cinq millions de chômeurs qui ne cotisent pas, les profits des actionnaires qui grimpent sur le dos des salariés, Monsieur DUFOUR ne connaît pas. On a de la peine à croire que cet homme ait pu être communiste, et même de gauche, qu’il ait la mémoire si courte ! A tel point qu’il semble en avoir oublié les promesses d’un François Hollande.

Et bien entendu ce Monsieur s’en prend aux communistes qu’il accuse  d’être complices du FN parce que refusant de s’allier à lui : suivez mon panache, rose pâle en quelque sorte, et vive la politique d’austérité. Comme ça le FN pourra continuer à fructifier et, si par bonheur le candidat du PS ou de l’UMP à la présidentielle venait à devoir affronter la candidate du FN, ce serait dans la poche, victoire assurée par un peuple  républicain qui  pourrait ainsi  se taper 5 ans d’austérité supplémentaire, à géométrie variable en fonction du nouvel élu ! Sauf qu’à ce jeu là il peut y avoir quelque désagrément de voir surgir une droite « pure » et plus dure prendre le pouvoir.

Ainsi les convertis à un républicanisme de façade, les adeptes d’une cinquième république toujours plus monarchique, au lieu de nous appeler à l’union pourront encore changer de veste. Et l’esprit pétainiste qui s’insère progressivement dans une société en crise sociale et morale pourrait bien réapparaitre. Ils vous diront, avant que 50 ans plus tard ils reconnaissent officiellement  le contraire, que c’est la faute des communistes.

Certains de mes lecteurs peuvent estimer que le temps n’est pas à la division. Et ils auront raison mais comme nous le disions souvent dans le passé : « L’UNION EST UN COMBAT » et, elle ne peut se faire sans un ferme engagement à combattre la politique d’austérité que pratique une fraction de dirigeants du PS dont certains comme VALLS et MACRON minoritaires dans ce parti et leurs émules locaux qui se font leur porte parole.

Des émules qui ne sont même pas conscients que dans notre bonne ville le glissement du vote socialiste sur la candidature du sortant Lucien Limousin est une réalité de terrain, que le vote d’une partie de la droite va vers l’extrême droite et que Monsieur DUFOUR est instrumentalisé pour tenter de limiter la progression du Front de Gauche dont les communistes sont de très actifs animateurs.

On a connu cela aux dernières municipales avec un candidat Soler qui dit apporter son soutien au Front de Gauche. Une prise de conscience dont évidemment nous nous félicitons.

L’heure est au rassemblement, mais au rassemblement des citoyens acquis à des objectifs précis pour une politique de développement social en matière de salaires, retraites, pension, de santé et de sécurité sociale, d’éducation, de culture en s’en donnant les moyens par une grande réforme fiscale et une grande politique d’investissements publics notamment par les collectivité territoriales, en luttant contre la spéculation et la fraude financière, en exigeant de l’Europe une autre politique.

C’est bien là d’ailleurs le seul moyen d’arrêter l’inquiétante progression du Front National.

Quant aux électeurs socialistes qui évidemment s’interrogent sur les dérives auxquelles ils sont soumis tant nationalement que localement ce n’est pas du côté de ces candidats fluctuants qu’ils doivent se tourner mais bien vers ceux du PCF/FRONT DE GAUCHE qui ont le mérite de la clarté depuis des années. Et qui veulent l’UNION de toutes leurs forces et savent et disent pourquoi faire !

 

 

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Dans la salle Richelieu, de bonnes questions posées et des réponses plus qu’insatisfaisantes.

Nota sur l’article précédent

Je ne ferai pas de commentaires sur l’énervement qu’à provoqué ma présence et mon intervention à cette réunion où, une fois de plus, mais là à  »ciel ouvert », des allusions à caractère privé me concernant, certes prudentes (la diffamation ça peut couter cher) ont été faites par un de ceux qui précisément ont contribué à faire capoter la réalisation de l’union la plus large aux municipales. Ce qui devrait inspirer plus de modération aux candidats qui nous font le procès de la désunion mais qui semblent partager la méthode !

 

 

 

 

 

CONNAIT PAS.

autrement des milliards qui échappent ainsi au financement du social, retraites comprises,

Les départements, point d’appui contre l’austérité et pour une alternative de gauche

Mardi, 17 Mars, 2015
L’Humanité

 

L'union oui ! Mais pourquoi faire ? dans POLITIQUE candidats_anti_austerite_rouge
Avec Martine Billard Membre de 
la direction 
du Parti de gauche (PG) Sandrine Rousseau Porte-parole d’Europe Écologie-les Verts (EELV), Olivier Dartigolles Porte-parole 
du Parti communiste français (PCF) et Pouria Amirshahi Député, membre 
du Parti socialiste ( PS) à quelques jours du premier tour du 22 mars 2015

L’unité des forces et l’implication citoyenne, c’est la méthode par Martine Billard Membre de 
la direction 
du Parti de gauche (PG)

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L’idéologie libérale en cours en Europe se traduit par les injonctions de la Commission européenne à réduire le nombre de collectivités territoriales et à accentuer la compétitivité des territoires. Ces exigences sont au cœur de la réforme territoriale et expliquent la tentative de suppression des départements. À défaut d’avoir réussi, la tentation est grande de les réduire à des tiroirs-caisses de moins en moins argentés. Au nom d’une décentralisation bien pratique, les transferts de compétences obligatoires (APA, RSA…) effectués sans les compensations correspondantes obligent les départements à choisir entre augmenter les impôts ou réduire les autres interventions. En période de montée du chômage et de vieillissement de la population, les finances départementales sont exsangues. Dans ce contexte, UMP et FN cherchent des boucs émissaires. Et quoi de plus facile que de cibler les allocataires du RSA. Pourtant les 60 millions d’euros indûment perçus (souvent des erreurs de déclaration) ne représentent que 1 % de la fraude aux prestations sociales, dont par ailleurs 90 % sont récupérés. À comparer avec les 8 à 12 milliards d’euros de fraude aux prélèvements sociaux des entreprises et aux 30 milliards de fraude fiscale. Mais il est tellement plus simple de s’attaquer aux plus pauvres. Le problème des départements ce n’est donc pas la fraude au RSA. C’est la fermeture des entreprises et des services publics (hôpitaux de proximité, postes, services de l’État, Pôle emploi, gares SNCF, etc.) qui crée le chômage et la désertification. Dès lors, le sentiment d’abandon, sur lequel surfe le FN, provoque l’abstention d’électeurs qui n’ont plus confiance dans la parole de l’État, ni des élus qui relaient les messages d’austérité des gouvernements. Il est donc fondamental de proposer un projet qui passe notamment par la réouverture des services publics de proximité et leur renforcement, l’accroissement de l’aide aux populations âgées (aide à domicile mais aussi activités pour qu’elles ne restent pas isolées), le développement de programmes pour lutter contre les violences faites aux femmes et le droit à disposer de leur corps (contraception et centres IVG). La transition écologique doit orienter tous les choix économiques et rejeter les grands projets inutiles, coûteux et destructeurs de l’environnement. Pour cela, il faut en finir avec la gestion des conseils départementaux par des potentats locaux plus préoccupés de faire plaisir aux réseaux de notables que d’écouter l’avis des populations locales. Le scrutin à venir peut être l’occasion d’ouvrir grand les fenêtres pour que les citoyens reprennent leurs affaires en main. Le PS, paniqué par la défaite annoncée, crie au loup FN. Mais ce sont les politiques menées par ce gouvernement qui ont tué l’espoir du changement. Nous avions donc la responsabilité de proposer une alternative avec toutes les forces qui refusent de se soumettre aux diktats de la finance. Dans l’immense majorité des cantons, le Front de gauche se retrouve uni derrière des candidatures clairement autonomes par rapport au gouvernement. Mieux encore, cette démarche a pu s’étendre dans de nombreux départements, ou à défaut des cantons, à EELV et parfois même Nouvelle Donne. Ces accords vont de pair avec des démarches citoyennes locales. La démonstration est faite qu’il n’y a ni fatalité à subir l’austérité, ni à s’abstenir ou à voter FN. À nous de poursuivre sur le même chemin après le 29 mars.

 

 Un levier de mutation écologique et sociale pour de nouveaux droits par Sandrine Rousseau Porte-parole d’Europe Écologie-les Verts (EELV)

 

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Diable que la situation des départements est complexe ! Pris entre les diminutions de leurs dotations et l’augmentation du nombre de personnes en difficulté, les départements sont contraints de jouer un drôle de jeu. Ils ont l’obligation d’assurer la protection maternelle et infantile, le soutien aux familles en difficultés financières. Ils sont responsables des politiques d’hébergement et d’insertion sociale, de la prestation de compensation du handicap. Les départements assurent aussi la création et la gestion de maisons de retraite, la politique de maintien des personnes âgées à domicile. Ils doivent également verser les prestations légales d’aide sociale et gérer le revenu de solidarité active, le RSA… Bref, le département doit gérer à peu près tout ce qui augmente en cas de crise. Et ceci au moment où l’État taille dans les dotations des collectivités. Alors que les budgets d’aides augmentent (+ 120 % ces cinq dernières années pour les personnes en situation de handicap), les dotations de l’État ont, elles, reculé passant de 92 à 71 % du budget du RSA. Il faut lutter contre les multiples précarités dans le contexte où les charges augmentent et les dotations baissent. Et pourtant… près de la moitié des personnes ayant droit au RSA ne le touchent pas. Ils et elles ignorent leurs droits, sont souvent des salariés au Smic, à temps partiel et n’arrivent pas à boucler leurs mois. Il est donc une priorité : que les personnes puissent pleinement bénéficier du soutien qui leur est dû. Cela passe par redonner aux départements des marges de manœuvre, interpeller l’État et inscrire au budget de ce dernier ce qui en relève (les aides sociales). En France, on estime à 3,5 millions le nombre de ménages qui souffrent du froid l’hiver faute de moyens suffisants pour payer le chauffage. Le département a aussi la responsabilité de la lutte contre la précarité énergétique, qui passe par l’isolation, la réhabilitation des logements, notamment sociaux, ainsi qu’un soutien direct aux personnes concernées. Nous avons besoin de collèges qui garantissent une égalité réelle. Les collèges français sont des lieux de sélection et d’orientation, mais aussi de renforcement du déterminisme social. Comment mettre en œuvre une politique d’égalité réelle ? D’abord par l’investissement massif dans les bâtiments, et ensuite dans un soutien à des méthodes pédagogiques innovantes, le soutien à des initiatives – et non uniquement celles portées sur le numérique – comme des budgets participatifs, gérés par les collégiens, en lien avec leur équipe pédagogique, par une garantie de la gratuité de la scolarité et donc du transport. Enfin le département est un acteur déterminant de la transition écologique. Les départements financent les routes mais peu le covoiturage ou l’auto-partage. Voies réservées, pistes cyclables, mises à disposition de véhicules à partager, développement des initiatives de transports en commun dans les zones rurales… sont des pratiques à développer. En réhabilitant les collèges pour qu’ils deviennent des bâtiments à énergie positive, les départements leur redonneront des marges de manœuvre financières. L’argent ne sera pas jeté – au sens littéral du terme – par les fenêtres et ils contribueront à la lutte contre le dérèglement climatique. Les départements jouent un rôle fondamental. Pour cela, il est indispensable qu’y entrent des élus portant une volonté politique forte, de l’imagination et du renouveau.

 

Une nouvelle étape  pour un élargissement du rassemblement progressiste par  Olivier Dartigolles Porte-parole 
du Parti communiste français (PCF)

297906 Image 0La dernière semaine avant le premier tour des élections départementales doit nous permettre de donner le maximum d’écho et de force à deux questions : d’un côté, les politiques publiques de solidarité et d’innovation sociale à mener dans les départements ; et de l’autre, l’émergence d’une nouvelle gauche pour réapprendre à espérer, agir et avancer. L’une comme l’autre dessinent une alternative de gauche à l’austérité comprenant des propositions et le rassemblement. C’est très précisément à ces convergences que nous appelions lors de la dernière Fête de l’Humanité : unir les forces qui veulent une politique de gauche. Pour ces élections, tout est fait pour alimenter fortement l’abstention et le Front national. À croire que Hollande, Valls et la direction du PS jugent aujourd’hui que c’est la seule façon pour eux d’arracher un second quinquennat en 2017. C’est aussi la traduction d’une évidence qui se renforce jour après jour : l’exécutif est en très grande difficulté. La politique gouvernementale n’est pas celle qui avait été annoncée en 2012 et elle est échec. 
Cela provoque à la fois un niveau très élevé de défiance dans la politique et de recherche de solutions, de perspectives. Les deux à la fois. D’où la nécessité de beaucoup écouter ce que nous disent toutes celles et tous ceux qui ne croient plus en rien, puis de redonner des repères et un horizon, en fixant des priorités par des actes et un beau projet de gauche. Les Chantiers de l’espoir portent cette ambition. Et quand Pierre Laurent parle d’une « gauche nouvelle qui émerge », c’est pour bien prendre la mesure d’un processus qui est enclenché. Au regard des immenses dégâts provoqués, la question d’un changement de politique va devenir incontournable et inévitable. Il y a le risque de grandes secousses avec le retour des pires pratiques du monde financier et la menace d’un nouveau choc, plus profond encore qu’en 2008. Une course de vitesse est engagée. Tout ce qui peut être obtenu dès aujourd’hui comptera pour la suite. Il faut bien faire comprendre dans les prochains jours que les politiques départementales de solidarité sont à la fois attaquées par l’austérité gouvernementale et par la droite et l’extrême droite. Les communistes, avec le Front de gauche, partagent beaucoup de choses avec des analyses et des propositions venant de personnalités écologistes, socialistes, avec Nouvelle Donne, des syndicalistes, des responsables associatifs. Engager des actes pour une alternative de gauche à l’austérité, à l’échelle des départements, pour notre pays et l’Europe, c’est le plus efficace pour remobiliser les énergies et faire reculer 
la droite et le FN dans la bataille politique et idéologique. Des rendez-vous sont inscrits à l’agenda : la loi Macron arrive au Sénat le 7 avril, le 9 avril avec la journée de mobilisation intersyndicale, la campagne sur les banques et le contrôle des 1 140 milliards d’euros injectés par la BCE, la solidarité 
à la Grèce. Le lendemain des élections départementales, il ne faut pas de pause, mais une nouvelle étape pour un élargissement du rassemblement progressiste. Il va y avoir une grosse bataille d’interprétation des résultats, avec, en toile de fond, une recomposition politique voulant imposer un paysage à trois forces. Comment y faire face ? Avec des convergences et des initiatives politiques et sociales pour des solutions de gauche. Des millions de femmes et d’hommes peuvent regarder dans cette direction et en devenir les acteurs.

 

En ces temps de crise, maintenir les digues de solidarité locale par Pouria Amirshahi Député, membre 
du Parti socialiste ( PS)

297906 Image 3Dans la dernière ligne droite, les candidats de la gauche jettent leurs dernières forces, comme pour conjurer le sort qui s’annonce, funeste lui aussi, comme après les élections municipales et européennes. Autant dire que rares sont les endroits où les partis de gauche et écologiste, pourtant solidaires dans la gestion des départements, se sont donné les moyens de repartir ensemble. Le résultat de ces divisions locales risque d’en être d’autant plus terrible que l’humeur nationale vire au bras d’honneur, par une abstention symétrique à celle du gouvernement d’honorer les 
espoirs mis en la gauche en 2012. 
Les électorats des droites, eux, seront sans doute présents. Pourtant, les collectivités locales sont les dernières digues de solidarité en temps de crise, en période de cure budgétaire. Pour le quotidien, les politiques concrètes de solidarité, de culture, d’aménagement ne sont pas les mêmes selon qu’elles sont portées par une approche progressiste ou par la vision socialement revancharde d’une partie de la droite. C’est pourquoi la raison aurait dû l’emporter, comme c’est le cas dans la Somme ou dans quelques autres départements où des écologistes aux communistes en passant par les radicaux, les socialistes et le MRC ont su s’unir. Dans ces cantons, personne ne demande à personne l’impossible : en l’occurrence ni d’approuver le soutien à une politique contestée et contestable, ni de faire de l’élection départementale un règlement de comptes politique entre les différentes gauches. Il s’agit de maintenir ces digues de solidarité, autour des compétences du département, par des majorités progressistes. Il s’agit aussi d’organiser les résistances locales aux politiques d’assèchement budgétaire assignées aux collectivités, contraintes dès lors d’en rabattre sur les ambitions de politiques publiques, obligatoires ou non. Déjà, les festivals culturels sont annulés ou sont menacés de l’être. Des prestations de solidarité sont réduites au strict minimum légal. Dans bien des domaines, la pression sur les agents et fonctionnaires locaux fait naître des tensions au travail et entre les accueils des services publics et les usagers. La grande majorité des élus locaux en ont conscience et, parmi eux, les socialistes ne sont pas toujours les derniers à protester. Qui voulons-nous voir pour porter cette bataille face au gouvernement ? Malheureusement, au décrochage entre le haut et le bas s’ajoutent les désunions locales, soit par sectarisme des uns, soit par volonté d’hégémonie des autres. Il reste quelques jours pour convaincre, partout où les gauches s’unissent, de voter pour défendre l’intérêt général et le progrès. Partout ailleurs, en espérant que le vent mauvais ne nous élimine pas tous, il faudra se mobiliser sans rechigner au second tour pour la femme et l’homme de gauche les mieux placés. Ce sont ensuite, avec les forces vives locales, sur ces élus qu’il faudra aussi compter, demain, pour tout reconstruire…

Mode d’emploi

Les élections départementales, qui auront lieu 
les 22 et 29 mars, remplacent les élections cantonales 
et désignent les membres du conseil départemental (ex-conseil général) dans le cadre du canton. Ces élections se feront dans le cadre de la nouvelle carte cantonale. Les conseillers départementaux seront ainsi élus dans 2 054 cantons. Concernant Paris, à la fois commune et département, il n’y a pas d’élections départementales, le Conseil de Paris étant élu selon 
le scrutin municipal. Les mandats des conseillers généraux de Guyane et de Martinique seront prolongés jusqu’à la création de la collectivité territoriale unique 
qui interviendra au 1er janvier 2016. Dans le département du Rhône, les élections départementales de mars 2015 
ne concernent pas le territoire de la métropole de Lyon 
où les conseillers communautaires deviennent 
les conseillers de la métropole de Lyon et gardent 
les compétences départementales.

 

Commentaires

 

OliChantraine

Mardi, 17 Mars, 2015 – 13:16
http://blogs.mediapart.fr/blog/olchantraine/170315/la-5e-republique-meprise-les-elections-departementales

 

Girondin

Mardi, 17 Mars, 2015 – 13:20
« Point d’appui » pour une alternative de gauche…? On verra ça dimanche soir.

 

viktor le rouge

Mardi, 17 Mars, 2015 – 15:36
Si la gauche moderne et réaliste, au pouvoir; n’y arrive pas, on voit mal comment pourrait réussir cette gauche archaïque et rétrograde.

 

lucas1

Mardi, 17 Mars, 2015 – 18:07
ET tout ce beau monde se faisait la bise et applaudissait E. Valss hier soir.

 

Vercingétorix

Mardi, 17 Mars, 2015 – 19:53
J’ai à la fois beaucoup apprécié l’excellente prestation de Pierre Laurent sur le site de Boursorama, où il a convaincu 80% de son auditoire, et il a su ne pas tomber dans le piège grossier anti-FN,  mais je dois reconnaître que j’ai trouvé JM Le Pen, sur France Inter, très mesuré et très intelligent politiquement aussi bien sur le conflit Israélo Palestinien où il n’a pas hésité à dénoncer la politique de colonisation du régime sioniste, sur le conflit en Russie et Ukraine où il a su dénoncer l’impérialisme US. Mais si j’avais à voter aux départementales (habitant Paris je n’ai pas à voyer puisque les conseillers municipaux de Paris sont aussi conseillers départementaux), je voterai PCF au premier tour et si le PCF n’est présent au second tour je voterai sans hésitation contre la droite ultralibérale hyperatlantiste UMPS c’est à dire FN. En fait je rêve d’une alliance nationale et républicaine contre l’UE/EURO/OTAN, PCF FN, qui est majoritaire dans le peuple aujourd’hui comme en mai 2005.

 

Vercingétorix

Mardi, 17 Mars, 2015 – 21:51
Abolition immédiate des accords et des lois antipopulaires  La coalition gouvernementale SYRIZA-ANEL passe un nouvel accord avec l’UE qui prolonge en fait le mémorandum signé entre le gouvernement précédant ND-PASOK et la troïka des bailleurs de fonds (UE, BCE, FMI) de même que les engagements qui en découlent. De son côté,  le KKE a procédé à la mise en application d’un de ses principaux engagements électoraux. Pour une fois de plus, le KKE a déposé un projet de loi prévoyant l’annulation des accords antipopulaires passés avec les bailleurs de fonds des memoranda, ainsi que de toutes les lois d’application antipopulaires et des accords d’emprunt votés par les gouvernements précédant. Notons que ce projet de loi avait déjà été déposé par le KKE avant les dernières élections. A ce moment-là, SYRIZA l’avait appuyé, apparemment pour des raisons purement de propagande, alors qu’aujourd’hui en tant que gouvernement il a passé un nouvel accord avec les bailleurs de fonds et a pris envers eux de nouveaux engagements antipopulaires. Le nouvel appel lancé par l’Association des Industriels Grecs dans le sens d’un soutien actif «des réformes contenues dans l’accord conclu par le gouvernement» montre bien quel côté trouve son compte dans la politique gouvernementale. L’initiative du KKE de déposer un projet de loi prévoyant l’abolition de tous les accords et lois antipopulaires votés sur la base de ces accords (plus de 300 lois d’application) constitue un appui à la lutte des travailleurs et du peuple pour démanteler tout le cadre anti ouvrier-antipopulaire laissé intact par le gouvernement SYRIZA-ANEL, mais aussi également un appui à la revendication de rattraper tout ce qui a été perdu pendant la période de crise, et que le gouvernement de coalition abandonne même au niveau des slogans. C’est là le contenu du grand rassemblement organisé par le KKE vendredi prochain dans l’après-midi à Athènes, devant le Parlement.

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Les obsédés de la critique anticommuniste

Posté par jacques LAUPIES le 17 mars 2015

 

Il suffit que Pierre Laurent écrive quelque chose où prononce un discours pour que surgissent les commentaires de deux abonnés au site de l’Humanité pour en démolir le contenu. Comme je pratique encore et j’ai pratiqué toute ma vie ce genre de personnages cela évidemment ne me surprend pas.

Ils n’ont de visée unitaire que dans la perspective de disparition prochaine et, hélas pour eux, incertaine et bien improbable de l’influence du Parti Communiste. Et encore c’est un bien grand mot que de dire qu’ils ont des visées unitaires tant leur obsession semble aggraver leur schizophrénie.

Fort heureusement l’expérience m’a appris que ces individus (je n’ose parler d’individualité les concernant) pratiquent souvent le « pour ce qui est contre » et « contre ce qui est pour ». Et tout ça pour aboutir généralement dans les bras de ceux qui sont contre nous, qui sommes les communistes encartés ou fidèles sympathisants du PCF.

En l’occurrence il s’agit d’être contre le principal représentant du PCF qui incarne une orientation que l’on semble ne pas partager ! C’est donc ne pas respecter une tendance majoritaire.

On ne peut pas valablement avancer en politique sans organisation démocratique capable de centraliser le fruit de la réflexion collective et d’en transmettre la responsabilité à un collectif de dirigeants. Lesquels sont bien dans l’obligation de charger celui qu’ils considèrent le meilleur d’entre eux de porter leur parole plus et mieux que ne peuvent le faire les autres.

Ce dernier aspect étant tout à l’avantage des adversaires qui ne manqueront pas, notamment en cas d’alliances, de privilégier ses autres partenaires et leur leaders. Ainsi tout ce qu’il va dire, impulser au nom de notre parti sera attribué à ces autres, histoire de nous plumer un peu plus.

Excusez moi d’aborder plus la forme que le fond mais comme l’une rejoint très souvent l’autre et se confond avec lui je serai surement pardonné.

Car là il s’agit précisément d’un objectif très fondamental : appliquer une véritable politique de gauche, donc ALTERNER ou CHANGER celle qui se pratique actuellement au nom de la gauche, qui n’en est pas tout à fait une, et bien son contraire dans le domaine économique et social.

Et n’allez pas me dire que je fais l’amalgame en tout, entre la politique du PS et celle de la droite. Pardonnez moi mais je ne suis pas idiot au point de considérer que les réformes sociétales (mariage pour tous, fin de vie, réforme de la justice et de la prison, etc.) ne sont pas un progrès, y compris les politiques suivies dans les collectivités territoriales (souvent avec notre participation) ou encore l’extension du tiers payant.

Comme je ne suis pas partisan du tout ou rien qui conduit généralement au rien, je considère que le compromis à gauche est nécessaire pour AVANCER à un rythme acceptable vers plus de justice sociale (moins aux riches plus aux démunis pour faire court) et donc les propositions de Pierre Laurent me conviennent parfaitement même si la récupération ou la critique « boboeiste » se fait par ailleurs avec des complicités nettement plus  »bourgeoises ».

Je n’ai jamais trop eu le « culte du chef de parti ». Grand bien m’en a fait car j’aurais des remords, notamment quand je vois un certain Robert Hue, ex secrétaire national du PCF venir soutenir à Tarascon, ce mardi même, un candidat dissident du PCF, labellisé par une fraction indéfinissable dans un PS 13 et soutenu également par Génération Ecologie (mouvance écologique de droite) Ce qui est certes le droit le plus absolu de ces personnages mais nous laisse celui de dire que leur sujétion et leur complicité avec les politiques de Hollande et Valls, ne nous incitent pas à être à leur côté !

Les propositions et la stratégie que suggère Pierre LAURENT, même si d’autres en viennent à en faire des « copier-coller » , me conviennent parfaitement, d’autant que depuis un certain nombre d’années je les ai faites miennes.

 

 

 

 

Pierre Laurent : « Une gauche nouvelle émerge dans ces départementales »

Entretien réalisé par  Sébastien Crépel et Julia Hamlaoui
Lundi, 16 Mars, 2015
L’Humanité

 

Photo : Jean-Christophe Verhaegen/AFP

« Le rassemblement peut s’opérer sur une base simple, celle de la promotion d’objectifs et de politiques publiques de solidarité. »
Photo : Jean-Christophe Verhaegen/AFP
Pour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, le seul moyen de faire barrage à la droite et au FN tout en exigeant la fin de l’austérité au plan local et national est de « donner de la force au rassemblement en construction » dont les communistes sont parties prenantes, le 22 mars.

À six jours du premier tour des départementales, le secrétaire national du PCF, dont la formation, avec les autres forces du Front de gauche, a noué des alliances inédites avec EELV et Nouvelle Donne, décrypte les enjeux occultés du scrutin. Le 22 mars, il s’agit de protéger les politiques locales de solidarité face aux ambitions de la droite et du FN, explique Pierre Laurent, et de donner de la force à « cette gauche nouvelle qui émerge », pour en fi nir avec l’austérité.

Selon les prévisions, de nombreux électeurs s’apprêteraient à s’abstenir, dimanche. Vous estimez que « les Français sont privés de toute information et de débat sérieux pour forger leur opinion », quels sont les enjeux de ces élections départementales ?

Pierre Laurent : Oui, les conditions démocratiques pour permettre l’information des citoyens n’ont pas été respectées. Ces élections sont pourtant très importantes. La participation au premier tour, le 22 mars, est donc le premier défi à relever. Les enjeux du scrutin ont été volontairement occultés. Le premier de ces enjeux, c’est la protection des politiques publiques de solidarité menées dans les départements. Les 65 milliards d’euros qu’ils consacrent chaque année aux dépenses publiques et sociales sont sous le coup d’une double menace : l’austérité gouvernementale, qui réduit le budget des collectivités locales, et la casse systématique des politiques de solidarité, que mettraient à coup sûr en œuvre la droite et l’extrême droite si elles conquièrent le pouvoir dans les départements. Il faut donc tout faire pour élire des femmes et des hommes de gauche qui sont prêts à résister à cette double menace pour continuer à tisser des liens de justice et d’égalité dans les territoires. C’est le sens des candidatures de rassemblement que nous avons construites dans 1 517 cantons. Chaque bulletin va compter. Dans un canton moyen, quelques dizaines de voix gagnées cette semaine, c’est à chaque fois 1 ou 2 % de plus.

Pour ces départementales, le Front de gauche a noué des alliances inédites avec d’autres forces de gauche, notamment Europe Écologie-les Verts et Nouvelle Donne. Ce rassemblement a-t-il valeur de test pour la suite ?

Pierre Laurent : Ce rassemblement est d’abord à usage immédiat pour ces élections. Il s’agit d’unir au premier tour toutes les forces qui veulent une autre orientation à gauche, à commencer par la protection des politiques publiques de proximité. Il sera un point d’appui pour faire face à la droite et à l’extrême droite au second tour. Cette gauche nouvelle qui émerge devra ensuite poursuivre et amplifier ce rassemblement au lendemain des départementales. François Hollande vient de déclarer qu’il ne modifiera pas son cap. C’est de la méthode Coué car il devient évident que ce changement sera de plus en plus incontournable. Une politique qui échoue économiquement, socialement et politiquement n’a pas d’avenir. C’est donc du côté des forces qui ont commencé à se rassembler avec le Front de gauche, avec les écologistes, avec Nouvelle Donne, avec des socialistes qui ne se reconnaissent plus dans la politique du gouvernement que se situe l’espoir à renforcer. Lors du premier tour des départementales, j’invite donc tous les électeurs qui souhaitent une autre politique que l’austérité à donner de la force à ce rassemblement en construction dans le pays.

Le premier secrétaire du Parti socialiste met en garde contre le risque d’une défaite dont serait responsable la division « incompréhensible » de la gauche, qu’il compare à un « suicide politique en direct ». Un accord avec le PS aurait-il évité ce danger ?

Pierre Laurent : J’en ai assez de ces dirigeants socialistes qui ont tous les pouvoirs et qui, à quinze jours d’une élection, passent leur temps à parler de suicide collectif, de défaite annoncée, de vague inévitable du FN ou d’enterrement de telle ou telle force à gauche. Nous, nous sommes mobilisés pour rassembler sans exclusive pour un espoir nouveau. C’est l’obstination à refuser la moindre inflexion de la politique Valls-Macron qui pénalise les candidats socialistes. Nous le disons depuis le début, et nous l’avons mis en œuvre en construisant nos candidatures : dans les départements, et dimanche dans les urnes, ce rassemblement peut s’opérer sur une base simple, celle de la promotion d’objectifs et de politiques publiques de solidarité. Le bulletin de vote pour nos candidats sera un message clair d’union sur ces objectifs.

Vous dénoncez le fait que le FN soit mis au centre du jeu à l’occasion de ce scrutin. Ne partagez-vous pas « l’angoisse » de Manuel Valls de le voir faire un bon score ?

Pierre Laurent : Le danger et la menace sont évidents, mais pour y faire face, la peur instrumentalisée sans identifier les responsabilités peut être très mauvaise conseillère. La première tâche est de dénoncer la duperie du Front national. Il se présente comme une alternative au PS et à l’UMP en s’appuyant sur les renoncements du gouvernement, mais le contenu précis de son programme, de ses actes, là où il a déjà des élus, c’est l’attaque systématique contre les dépenses sociales qui protègent les familles populaires face à la crise, contre les effectifs des services publics, contre les dépenses de culture et d’éducation, contre le soutien aux associations qui assurent le lien social dans les quartiers populaires. Les mesures que le FN met en œuvre dans les villes qu’il dirige visent les tarifs sociaux des cantines, l’action sociale pour les familles. Nous devons démasquer sans relâche les visées réelles du FN. La deuxième tâche, c’est de montrer la voie concrète d’une alternative de gauche aux politiques d’austérité, qui financera la justice sociale pour tous en traquant l’évasion fiscale et en faisant payer la finance qui bat à nouveau des records à la Bourse. Notre combat contre le FN, qui préfère désigner les chômeurs et les immigrés mais se tait sur les assistés de la grande finance, sera efficace s’il marche sur ces deux pieds. Agiter la menace, comme le fait Manuel Valls, en intimant comme seule réponse l’injonction de se ranger derrière la loi Macron ou derrière la réduction de trois milliards d’euros des dépenses hospitalières, ça ne marche pas. Le meilleur moyen de faire reculer le FN, c’est de donner de la force aux propositions sociales de nos candidats le 22 mars.

Si, dans certains cantons, la gauche est éliminée au soir du premier tour au profit du FN, quelle sera l’attitude à tenir pour le Front de gauche ?

Pierre Laurent : D’abord, l’élection n’est pas faite. Dans de très nombreux cantons, il est possible de conjurer cette menace en continuant le travail de mobilisation des électeurs cette semaine. Entre les deux tours comme après, notre effort de rassemblement devra se poursuivre, car il s’inscrit dans la durée. Il n’y aura pas pour nous de parenthèse entre les deux tours dans ce travail de rassemblement contre la droite et l’extrême droite, et pour une nouvelle politique de gauche. Et il est hors de question pour nous de banaliser la moindre élection d’un candidat FN, auquel nous ne donnerons jamais une voix. Chaque fois que le danger existera, nous ferons barrage. Notre combat pour un changement de gouvernement et de politique n’y gagnerait rien, bien au contraire, si l’extrême droite crédibilisait l’idée qu’elle est une alternative alors même qu’elle utiliserait les pouvoirs nouveaux gagnés dans les départements pour détruire systématiquement les solidarités et les politiques publiques construites par la gauche depuis des décennies.

Le Val-de-Marne et l’Allier, que le PCF préside, sont présentés comme des gains possibles pour la droite. Peut-on éviter ce scénario ?

Pierre Laurent : Dans ces deux départements, le rapport de forces a toujours été très disputé. Il l’est aujourd’hui dans les conditions politiques nationales que nous connaissons. L’enjeu concerne la population de ces départements, ce n’est pas un enjeu partisan. Dans le Val-de-Marne, la majorité actuelle met en œuvre des politiques extrêmement utiles aux populations, avec 380 millions d’euros investis chaque année dans la solidarité, 76 crèches départementales quand il n’en existe que cinq dans le département de droite voisin des Hauts-de-Seine ! C’est 50 000 retraités non imposables qui bénéficient de la carte de réduction Améthyste dans les transports, c’est la réduction du tarif de la carte Imagine’R pour tous les étudiants, lycéens et collégiens. Et dans l’Allier, l’action de la majorité départementale, c’est la solidarité rurale, c’est un fonds de développement de l’agriculture qui aide au développement des filières bio, à la protection des agriculteurs indépendants, et à la mise en place de circuits courts, avec la fourniture dans les cantines de repas confectionnés à partir de 100 % de produits de l’Allier. J’ai confiance dans le vote des électeurs car ces politiques sont reconnues et appréciées. Nous leur proposons de les protéger en reconduisant la majorité de ces deux départements.

L’élection doit avoir lieu alors que le Parlement discute encore des futures compétences des départements. Les conseils départementaux, que le gouvernement voulait supprimer l’année dernière, sont-ils encore en danger ?

Pierre Laurent : La plus grande confusion a été créée sur le rôle et l’avenir des départements. Je note cependant que Manuel Valls a été obligé de renoncer, pour le moment, à leur suppression parce que les Français sont attachés à leurs institutions de proximité. Mais le texte qui vient d’être voté à l’Assemblée nationale est inquiétant, car il dessaisit les communes d’un très grand nombre de compétences et laisse la porte ouverte à une évolution qui pourrait conduire à terme à la disparition des départements. Il faut se servir du bulletin de vote le 22 mars pour donner de la force à cette idée : « Mon département, j’y tiens. » La bataille que portent nos candidats pour maintenir les moyens véritables de politiques de solidarité de proximité, pour élargir et non réduire les espaces de démocratie locale, va continuer.

Mais comment les départements peuvent-ils continuer à être utiles, alors qu’ils voient leurs moyens se réduire sans cesse avec les politiques d’austérité menées par le gouvernement ?

Pierre Laurent : C’est un point crucial. L’impasse dans laquelle la politique de réduction des dotations aux collectivités conduit la plupart des communes et des départements va obliger à en changer tôt ou tard. Les départements, comme les autres collectivités locales, ont besoin de retrouver des dotations à la mesure de leurs besoins. Cette austérité aveugle deviendra très vite intenable, sauf à faire ce que proposent la droite et l’extrême droite, détricoter les politiques de solidarité et faire sans cesse reculer la place des services publics. Mais les Français aspirent à l’inverse. La bataille engagée depuis des mois contre la réduction des moyens des collectivités va connaître une nouvelle étape avec ces élections départementales, elle en connaîtra une autre avec les élections régionales. Nous voulons contraindre le gouvernement à revenir sur la réduction des moyens. Ceux qui affirment qu’on peut maintenir le même niveau de services publics à la population avec les dotations prévues sont des menteurs.

Avec le changement de mode de scrutin, l’élection prend une dimension nationale dans un contexte où le gouvernement fait beaucoup de mécontents. Cette dimension doit-elle, selon vous, primer sur les enjeux locaux ?

Pierre Laurent : Les deux dimensions se mêlent dans cette élection. La poursuite et l’amplification des politiques de solidarité pour le logement, le transport, pour les services publics dans les territoires, nécessitent un changement de cap de la politique nationale. Le vote pour les candidats soutenus par le Parti communiste et le Front de gauche est celui qui articule de la manière la plus efficace les dimensions nationale et locale du scrutin. La présence de nos candidats dans près de 80 % des cantons permet aux électeurs d’envoyer un message à gauche pour l’abandon de l’austérité et le retour à des politiques de justice sociale. Le score national qu’ils obtiendront comptera dans cette élection.

Partagez-vous l’avis de Cécile Duflot selon qui l’on serait « à l’aube d’une recomposition politique majeure », ainsi que son ambition affichée de faire émerger « une nouvelle force » à gauche ?

Pierre Laurent : Ces propos font écho à un appel que j’ai moi-même lancé depuis l’été dernier. Je travaille sans relâche à la construction d’une offre politique nouvelle à gauche qui associe le Parti communiste et toutes les formations du Front de gauche, les écologistes, les socialistes qui refusent l’austérité et des citoyens engagés. Il ne s’agit plus d’un vœu pieux mais d’une réalité qui émerge. Des convergences se sont affirmées dans le débat parlementaire sur la loi Macron. Elles se concrétisent maintenant dans plusieurs centaines de cantons par des candidatures soutenues par tout ou partie de ces forces. Elles se sont aussi exprimées dans le soutien au nouveau gouvernement grec, et elles se construisent dans de nombreuses luttes locales pour la défense des services publics. Elles se mettent également en œuvre à travers l’appel des chantiers d’espoir. Le retour de la loi Macron au Sénat à partir du 7 avril et la mobilisation intersyndicale et interprofessionnelle le 9 avril donneront l’occasion à ces convergences de s’affirmer avec plus de force encore. J’y travaille activement

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Élections départementales : tout ce qu’il vous faut savoir

Posté par jacques LAUPIES le 16 mars 2015

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VOTEZ UTILE – VOTEZ FRONT DE GAUCHE/PCF

Vendredi, 13 Mars, 2015
L’Humanité

 

Photo : Patrick Nussbaum

Photo : Patrick Nussbaum
Les élections départementales qui se tiendront à la fin du mois sont les premières d’un genre nouveau, qui ne va pas sans critique ni soupçon. Quoi qu’il en soit, le pluralisme risque fort d’en pâtir.

Ils reviennent de loin, les départements. Les élections départementales de la fin du mois ne sont pas passées loin d’être à la fois les premières sous ce nom (en remplacement des ex-cantonales) et les dernières. Il n’y a pas si longtemps, l’échelon intermédiaire entre la commune et la région était menacé de disparition pure et simple.

Au début du quinquennat, les socialistes avaient hérité de la réforme territoriale menée par Nicolas Sarkozy, qui devait fusionner les mandats de conseiller général et conseiller régional en un seul : le conseiller territorial. Dans cette configuration, l’échelon départemental devenait en quelque sorte une sous-assemblée du niveau régional. Heureusement, le 3 mars 2012, dans son discours de Dijon, François 
Hollande, encore en campagne, promettait pour les départements « un nouveau mode de scrutin qui devra assurer une proximité mais aussi une meilleure représentation de toutes les sensibilités, et respecter le principe de parité posé dans la Constitution ». Cela paraissait simple annoncé ainsi, mais depuis 2012, le chef de l’État et ses gouvernements successifs traînent leur grande réforme territoriale, maintes fois changée, découpée, tournée et retournée.

Élections départementales : tout ce qu’il vous faut savoir dans POLITIQUE departementales_me

Manuel Valls, arrivé à Matignon, pose une ligne claire dans son premier discours de politique générale devant les députés, le 8 avril 2014 : au nom de l’austérité, pour « en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions », les conseils départementaux sont condamnés « à l’horizon 2021 ». « Je pense que les conseils généraux ont vécu », confirme le chef de l’État lui-même, quelques semaines plus tard. Une décision annoncée qui surprend tout le monde, à commencer par le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton, qui dénonce alors « la brutalité de la méthode employée par le gouvernement puisque aucun échange préalable n’a eu lieu avant cette annonce ». En plus de la très forte mobilisation des élus locaux, l’échelon départemental doit avant tout son salut au fait que sa suppression aurait nécessité une révision constitutionnelle pour laquelle n’existait pas la majorité nécessaire des trois cinquièmes des parlementaires, députés et sénateurs. Devant l’ADF, le 6 novembre, Manuel Valls a bien pris acte du changement de direction du vent. Il met en avant « le besoin de cet échelon intermédiaire » qu’est le département. Dans le nouveau discours du premier ministre, les conseils généraux « ont des compétences de proximité, de solidarité tout à fait essentielles », et « pendant cinq ou six ans, jusqu’en 2020-2021, ces compétences seront confortées, clarifiées, parce qu’on a besoin de cette solidarité, de cette proximité, de cette efficacité ». Finalement, l’échelon est pour le moment conservé mais tout est remis à plat. Avec un problème : le scrutin du 22 et 29 mars se déroulera alors même que les compétences des futurs conseils départementaux ne sont pas définitivement fixées, le parcours législatif de la loi Notre qui les fixera n’étant pas achevé. À ce stade, à la sortie de la première lecture à l’Assemblée nationale, ils conserveraient l’aide sociale, les collèges et la voirie…

Un mode d’élection « unique au monde », se vante le gouvernement

Pour plus de clarté, on ne parlera plus de conseils généraux, mais de conseils départementaux. Pourquoi pas ? Mais le mode d’élection des nouveaux conseillers départementaux aussi est tout neuf, et même, selon la communication du gouvernement, « unique au monde ». Désormais, les élus départementaux seront désignés par un « scrutin binominal mixte majoritaire à deux tours » (voir infographies). Un nom barbare pour un petit jeu de politique. « Pour remplacer le conseiller territorial que voulait mettre en œuvre Nicolas Sarkozy, François Hollande avait annoncé un nouveau mode de scrutin dans les départements, fondé sur deux principes : ancrage territorial et parité », rappelait Manuel Valls, encore ministre de l’Intérieur, en janvier 2013, devant le Sénat. Difficile de nier la nécessité du principe de parité, puisque, jusqu’alors, les femmes n’occupaient que 13,8 % des sièges dans les conseils généraux. Avec l’obligation de présenter des candidatures par binômes mixtes, elles ne pourront plus représenter moins de la moitié des élus. Le principe d’ancrage territorial est, lui, plus douteux, pour beaucoup d’élus. D’abord parce qu’ils lui auraient préféré un scrutin proportionnel, plus représentatif de la diversité politique. Mais aussi parce qu’il nuit au pluralisme d’une manière plus pernicieuse : dans l’ancienne version « conseil général », deux conseillers sur deux cantons pouvaient avoir une couleur politique différente. L’un pouvait, par exemple, être socialiste et le deuxième communiste, ils se présentaient sous des couleurs différentes. Élus en binôme sur un seul canton, ils seront forcément soit du même parti, soit au minimum en coalition. C’est ainsi que, lors du débat au Palais du Luxembourg, la cheffe de file des sénateurs communistes, Éliane Assassi, répondait « aux principes d’ancrage territorial et de parité », avancés par Valls, en regrettant que le projet « ne permet pas de poursuivre ce double objectif : parité et pluralisme ».

Coups de ciseaux du ministère de l’Intérieur et autres bizarreries

Un pluralisme qui est aussi questionné par le redécoupage des cantons qu’a nécessité la mise en œuvre de ce nouveau mode de scrutin. Dans ce genre d’exercice, celui qui tient les ciseaux, en l’occurrence le ministère de l’Intérieur, ne peut échapper au soupçon de servir les meilleures parts à sa famille politique. La question se pose de nouveau cette fois-ci devant certaines bizarreries : communes ou intercommunalités séparées en plusieurs cantons, zones rurales fusionnées dans des cantons urbains… Le ministère de l’Intérieur affirme avoir basé son redécoupage sur des critères démographiques. Un choix justifié par les grandes disparités qui existaient alors : dans le Finistère, par exemple, on compte un conseiller général pour 871 habitants dans le canton d’Ouessant, contre un pour 32 168 dans celui de Saint-Renan, soit un rapport de 1 à 40. Mais pour parvenir à ce rééquilibrage, pour représenter un nombre équivalent de citoyens, les zones rurales étant moins densément peuplées, leurs cantons recouvrent un territoire beaucoup plus grand et englobent un nombre élevé de communes, ce qui résulte en une représentation bien moindre des zones rurales dans les futurs conseils départementaux.

Il est encore temps pour les procurations. Le premier tour des élections départementales (ex-cantonales) se déroulera dimanche 22 mars. Le second tour est prévu le dimanche suivant. 
Le conseil général de chaque département devient le conseil départemental. 
Le scrutin se déroulera dans tout le pays, sauf à Paris, dans la métropole de Lyon, en Guyane et en Martinique. Les conseillers seront élus pour six ans. Pour voter, il faut être inscrit sur les listes électorales. 
En cas d’absence le jour du scrutin, 
on peut voter par procuration (en faveur d’une personne votant dans la même commune), à faire établir au plus vite au commissariat de police, à la gendarmerie ou au tribunal d’instance.

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FN : ne compliquons pas trop les choses !

Posté par jacques LAUPIES le 15 mars 2015

Quand 30 % des français (enfin de ceux qui votent et s’expriment) se laissent convaincre par un parti comme le Front National cela mérite une haute réflexion sur le sujet, comme le laisse transparaitre le débat qui suit publié dans l’Humanité. Sauf que ces électeurs, j’en suis convaincu, « ne se prennent pas la tête » pour comprendre les idéologues qui ont inspiré l’extrême droite au fil des siècles, même si on prend comme point de départ de leur « pensée » la révolution française.

Mais l’objectif de ces réflexions qui nous sont soumises sont cependant à prendre en compte car examiner l’influence d’un parti sous le seul angle de la protestation, voire de la révolte que suscite l’aggravation des conditions matérielles de vie, ne peut suffire.

Les fondements philosophiques et historiques tout autant que la connaissance de l’histoire des religions, des sciences sociales en général, pourraient-être un garde fou nous protégeant des personnes qui entrent dans le militantisme d’extrême droite et font la démonstration que se construit un mélange détonant entre l’idéologie qui soutient une poignée de dirigeants et une sorte de révolte populaire légitime. Même si cette dernière est imprégnée d’une certaine « naïveté ». L’ignorance accompagnant souvent cette naïveté.

Le problème est que la recherche d’une méthode d’éradication  de l’incidence politique d’un tel mélange oscille entre l’utilisation du débat idéologique et la dénonciation  des   graves insuffisances de réponse aux besoins sociaux actuels. Satisfaction qui elle seule peut désamorcer

Même la spéculation sur les effets de l’immigration, véritable fonds de commerce du FN, ne peut disparaître et reste liée à la satisfaction des revendications (exprimées ou tues) d’une population excédée par l’aggravation de sa situation matérielle.

Autrement dit la stigmatisation du FN en se référant au racisme, à l’antisémitisme, au régimes fasciste, n’est pas productive pour dissuader des électeurs de voter pour lui. 

Les mises en garde nombreuses de ce point de vue, par les autres partis, y compris ceux de la gauche,  auraient presque tendance à ne rien freiner de sa progression bien que l’on puisse considérer aussi que cette progression aurait pu être plus importante si cela n’était pas fait ! Encore faudrait-il que ces mises en garde soit suffisamment étayées pour apparaître sincères et légitimes à des gens particulièrement plus affectés par les effets que par les causes !

Mais enfin comment peut-on demander à des citoyens en souffrance toujours plus aggravée dans de nombreux domaines, sous domination médiatique, d’élaborer une perspective de transformation révolutionnaire de la société que prônent  les communistes et leurs alliés du Front de Gauche.

Il leur est plus facile à ces citoyens, pour l’instant, de s’abstenir, de voter ou d’exprimer leur mécontentement en sombrant dans l’océan de la démagogie de droite et de l’extrême droite.

Non seulement il faut leur faire une autre offre politique mais il faut se donner les moyens de la diffuser.

Dans une société de classe  où celle qui domine dispose dans le secteur de l’éducation, de l’information et par l’instrumentalisation des religions, de la plupart des partis politiques, que reste-t-il d’autre qu’un parti révolutionnaire porteur de propositions  fondées sur l’existence d’un affrontement de classe, porteur d’une démarche d’éducation populaire ! Avouons le : PAS GRAND CHOSE !

Mon obsession à prôner la reconstruction, ou pour le moins la revalorisation du Parti Communiste, demeure. Et cela c’est par un travail de terrain en direct avec la population que l’on peut y parvenir, en valorisant la nécessité de la lutte politique.

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François de Closet  : au service de l’intox permanente. Il était l’invité de Ruquier hier soir pour occulter le lien existant entre les difficultés matérielles de la population et la poussée du FN. Mis en difficulté par Eric Caron sur ses positions ambigües à l’égard de ce même FN

 

 

 

 

 

En quoi le FN  se moque-t-il  du peuple  de France ?

Entretiens croisés réalisés par  Pierre Chaillan
Vendredi, 13 Mars, 2015
L’Humanité

 

Photo : Marion Pedenon

Le parti lepéniste se glorifie de parler d’«une autre voix», celle de l’autoritarisme probablement. pour ce qui est de la voie, celle du libéralisme lui convient très bien.
Photo : Marion Pedenon
Table ronde avec Joël Gombin, politiste 
à l’université 
de Picardie-
Jules-Verne, Valérie Igounet, historienne, spécialiste du négationnisme 
et de l’extrême droite, 
et auteure (1) et Nicolas Lebourg, docteur en histoire, chercheur à l’Observatoire des radicalités politiques créé par la Fondation Jean-Jaurès.

Les faits

En 1974, Jean-Marie Le Pen obtenait 0,75 % 
et quelque 190 000 voix. En 2014, le Front national 
recueillait plus de 4 700 000 électeurs et frôlait 
les 25 % de suffrages exprimés.

Le débat

Comment l’extrême droite française, qui s’est reconstituée il y a quatre décennies sur des bases factieuses, traditionalistes et libérales, a-t-elle su à ce point détourner l’expression populaire de toute une partie du peuple 
de France ?

Le Front national prétend aujourd’hui représenter la classe ouvrière à l’aide d’un discours social. Comment démasquer l’imposture de ce mouvement d’extrême droite ?

Valérie Igounet Le discours «social et populaire » du FN ne date pas d’aujourd’hui, tout comme ses différentes mues. Il s’agit donc d’analyser l’histoire de ce parti par rapport à l’héritage du passé. Marine Le Pen prépare son FN depuis une bonne décennie. Pour être un parti crédible, une formation politique « dédiabolisée », le FN devait corriger ses faiblesses… notamment sur le plan programmatique. Il a, entre autres, travaillé les thématiques économiques et sociales, répondant aux préoccupations d’un électorat populaire. Aux dernières municipales, Steeve Briois n’est pas devenu maire par hasard à Hénin-Beaumont. Avec son équipe, il mène dans cette ville du Pas-de-Calais une campagne de terrain depuis une vingtaine d’années. Pour de plus en plus de Français, le FN est un parti qui les « comprend », un parti à l’écoute des gens et porte-parole des « invisibles, des sans-voix ». Le FN se présente comme le représentant assumé des catégories ouvrières et populaires : antilibéral, souverainiste, républicain et laïc. Fort de ses deux principaux marqueurs – la lutte contre le mondialisme économique et l’islamophobie –, il est parvenu à détourner une partie de son logiciel idéologique, tout en dénaturant les thématiques de ses adversaires politiques. Il veut s’imposer comme la nouvelle alternative politique. Depuis 1995, le FN se déclare le « premier parti ouvrier » de France. Petit rappel. En 1973, moins de 3 % d’ouvriers votaient pour le parti de Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, ils sont près d’un tiers… Mais ce sont avant tout des ouvriers de droite.

Nicolas Lebourg Quand le FN se constitue, il se présente comme la « droite nationale, sociale et populaire ». Il est vite marqué par les thèses néolibérales, et son programme de 1978 incorpore l’économie à une conception darwiniste sociale. Le tournant social se produit dans les années 1990, avec la disparition de l’ennemi soviétique, une sociologie électorale et militante marquée par une prolétarisation, et le besoin de théoriser son isolement par la revendication d’une originalité : « Ni droite ni gauche. » Son positionnement n’est pas une imposture : dès le XIXe siècle, l’extrême droite revendique le mot « socialisme », mais affirme que ce dernier consiste d’abord à unir la nation. Pour elle, les questions ethno-nationale et sociale sont les deux revers de la même pièce. La question identitaire est d’ailleurs forte en milieu ouvrier. Avant le 21 avril 2002, une enquête avait montré que, quelle soit leur préférence partisane, les ouvriers avaient en premières préoccupations l’immigration et l’insécurité.

Joël Gombin Attention à ne pas caricaturer ce qu’a été et ce qu’est le Front national. Incontestablement, le « compromis national » (c’est-à-dire la coalition des « nationaux » et des « nationalistes »), formé en 1972, ne repose pas sur une analyse en termes de classe. Pour autant, on ne peut considérer l’extrême droite contemporaine comme un avatar moderne de ce que René Rémond appelait la « droite légitimiste », c’est-à-dire contre-révolutionnaire. Elle propose, dans la lignée des théories élaborées à la fin du XIXe siècle, une solution à la question sociale qui passe par la mise en avant de la solidarité nationale comme solidarité première. La notion même de classe ouvrière est absente de cette idéologie ; elle est remplacée par un peuple délimité horizontalement (les nationaux contre les étrangers) et verticalement (le peuple contre les élites cosmopolites et corrompues).

Le peuple de France s’est constitué de l’apport des immigrations : hier, à l’image du résistant FTP-MOI Missak Manouchian – mort pour ses idéaux républicains et de justice sociale – , de ces étrangers qui ont écrit son histoire, et encore aujourd’hui, à l’image de ce jeune Albanais sans papiers nommé « premier apprenti de France ». En tournant le dos à cet héritage républicain, le FN n’est-il pas en train de défaire l’exception française issue de la Révolution et du Conseil national de la Résistance ?

Nicolas Lebourg La France a effectivement opté pour le droit du sol en 1889. Mais, à la classique définition de la nation de Renan en 1882 (un patrimoine que nous enrichissons et sur lequel nous faisons un plébiscite quotidien), déjà d’aucuns répondaient que, pour recevoir un héritage, il faut avoir des ancêtres communs. Avec l’historien Abderahmen Moumen, on a montré, à partir du camp de Rivesaltes (où sont passés les républicains espagnols, puis les juifs, gitans, harkis, immigrés clandestins), qu’il existe une rencontre entre une demande sociale soucieuse de canalisation économique, politique et biologique des groupes minoritaires, et une offre étatique de gestion technocratique des flux humains. La cohésion sociale réclame que les « indésirables » soient repoussés à la périphérie, mais aussi que leurs conditions de vie soient inférieures à celles des couches sociales certes les plus paupérisées mais nationales. L’unitarisme est le cœur de la culture française depuis plusieurs siècles et, pour parodier Renan, l’antiracisme et la laïcité sont des combats de tous les jours. Dire que le FN ne correspond pas aux valeurs républicaines est donc une chose, mais quand on cite celles-ci on s’arrête bien souvent soit au légalisme soit au verbalisme incantatoire. Il faut faire vivre la République comme référent éthique, ce que paraît avoir compris la ministre de l’Éducation nationale à la suite du 11 janvier, mais aussi comme ascenseur social méritocratique et solidaire, et là on ne voit guère de chemins ouverts.

Joël Gombin L’héritage est toujours complexe et sujet à interprétations. On ignore souvent que le droit du sol, appuyé sur la conception dite « ouverte » de la nationalité de Renan, repose sur la volonté de revanche en Alsace-Moselle et appuie donc la pulsion nationaliste… N’idéalisons pas le passé : on a connu des épisodes, parfois très violents, de conflits au sein de la classe ouvrière entre Français et étrangers, comme lors du massacre des ouvriers italiens d’Aigues-Mortes en 1893. Il n’en reste pas moins qu’en effet, la France a su bâtir un cadre institutionnel, juridique, économique et social qui a permis à notre pays de s’ajuster à sa vocation naturelle de pays traversé par les migrations. Aujourd’hui, la capacité de notre pays à assurer cette intégration semble parfois rencontrer ses limites. L’enjeu me semble alors plus d’inventer des modalités de conception de la nationalité adaptées à un monde de plus en plus mobile, que de vouloir se replier sur un droit du sang contraire à notre tradition et notre imaginaire nationaux.

Valérie Igounet De par son histoire, ses marqueurs et son patrimoine idéologique, le FN ne se situe pas dans cette filiation historique. Il n’incarne aucunement les valeurs républicaines. Par contre, il les revendique et brouille les cartes. D’autres acteurs politiques participent à cette entreprise. Plus que jamais, le FN veut s’imposer comme le défenseur de principes républicains comme la liberté d’expression, la laïcité, l’égalité, etc. Il dit adopter un discours de synthèse, une ligne « nationale républicaine ». L’article 2 des statuts du Rassemblement Bleu Marine fait ainsi référence « à la souveraineté du peuple français et au respect des valeurs de la République française ». Par ailleurs, il faut rappeler certaines déclarations d’hommes politiques comme celle de  Nicolas Sarkozy, au printemps 2012 : « Le FN est compatible avec la République. »

Comment déjouer le piège de la régression humaine et sociale tendu par le néofascisme à tous ceux qui refusent l’ordre établi en rejetant les responsabilités de la crise sur les étrangers et en dédouanant le capitalisme ?

Joël Gombin Il faut d’abord souligner que le terme de néofascisme n’apporte rien à la compréhension du phénomène qu’est le FN. Par ailleurs, dire que le FN, comme d’autres partis comparables en Europe, dédouane le système financier n’est pas exact : la dénonciation de la finance cosmopolite, des banquiers, est souvent au cœur de ses discours. Mais, pour lui, la finance n’est au fond qu’un autre nom de ceux qui manipulent le monde à leur profit, désignés plus ou moins explicitement : « élites cosmopolites », « juifs », etc. La frontière est parfois fine entre ces visions complotistes du monde et une analyse systémique des effets de la financiarisation du monde, mais elle est éminemment nécessaire. Le plus efficace me semble encore de produire une analyse du monde et de son évolution adaptée à la réalité contemporaine telle qu’elle peut être vécue par le plus grand nombre, et de construire un programme, une vision du monde, un projet pour le monde d’aujourd’hui. Ni la simple nostalgie d’un mouvement ouvrier éclos dans des conditions historiques radicalement différentes, ni l’invocation sans contenu de la modernité ne sauraient y suffire.

Valérie Igounet Le marqueur originel du FN, à savoir la « préférence nationale » rebaptisée « priorité nationale », imprègne le programme politique du parti de Marine Le Pen. Pour la plupart des électeurs du FN, les politiques menées jusqu’alors sont synonymes d’échecs, notamment sur le plan économique. Elles engendreraient de plus en plus d’inégalités. Comment déjouer le « piège » ? À mon sens, commencer par expliquer et revenir rigoureusement sur l’histoire de ce parti, son programme, ses idéologues, etc. En parler avec un vocabulaire précis et adapté au contexte historique actuel. Car, un des paradoxes de la lutte anti-FN perdure : elle diabolise un parti qui, lui-même, ne cesse de jouer sur cette diabolisation. Je me souviens des paroles d’un communicant du FN qui m’expliquait que, pendant les années 1980, la communication du FN passait avant tout par les contre-manifestations ; les forces adverses faisaient avancer le FN. Gardons ces phrases à l’esprit, même si, aujourd’hui, le contexte politique est radicalement différent. Enfin, remettons les choses à leur place. Notre pays compte environ 562 000 élus. Parmi eux, ceux du FN, c’est-à-dire 2 députés non inscrits, 24 députés européens, 2 sénateurs, 11 villes et moins de 1 600 conseillers régionaux.

Nicolas Lebourg Le FN n’est pas impérialiste, ne veut pas un d’État total, ni d’homme nouveau. Il ne correspond pas à la tradition fasciste, mais à celle du national-populisme. Quand celle-ci s’établit, vers 1887, on retrouve, autour du général Boulanger, des anciens de la Commune comme du royalisme, tant le national-populisme sait allier valeurs sociales de gauche et valeurs politiques de droite. Face à la postmodernité et la globalisation, Marine Le Pen sait offrir un discours unitariste et protecteur. Notre pays est marqué par une demande sociale autoritaire et une ethnicisation du social. Cela va avec un rejet fort de « l’assistanat », et souvent une équation « assistés = immigrés et Français d’origine arabo-musulmane ». Cela s’inscrit dans une droitisation qui est occidentale et que l’on peut faire remonter au premier choc pétrolier, en 1973. Il s’agit d’un démantèlement de l’État social et de l’humanisme égalitaire, lié à une ethnicisation des questions et représentations sociales, au profit d’un accroissement de l’État pénal. Le FN y répond par un programme cohérent mettant la souveraineté face à la globalisation. Ceux qui s’opposent à la lepénisation du politique doivent y répondre non par la morale, mais par la production d’offres politiques crédibles face à la globalisation.

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Ferrat c’était une époque, c’était un peu nous !

Posté par jacques LAUPIES le 14 mars 2015

 

Lequel d’entre ceux de ma génération n’aurait rien à dire sur Jean Ferrat ? Il est avec Brel, Brassens et Ferré un de ces chanteurs, compositeurs et interprètes dont on rappelle souvent qu’ils n’ont pas d’équivalent aujourd’hui.

Quitte à se faire traiter de ringard, beaucoup iront jusqu’à vous dire qu’au moins avec eux on comprenait leurs paroles et donc leur message, que la musique, leur musique, était un enrobage de qualité pour émouvoir. Mais précisément n’est ce pas leur point commun ? Chez Ferré et Ferrat cela est conforté par cette complicité avec la grande poésie, des Apollinaire, des Aragon, des Baudelaire, mais ils y ont ajouté ce petit (ou grand) plus de leur propre  talent de poète.

Lorsqu’ils ont émergé dans le grand public, je devais être en pleine adolescence plus habitué et enclin à me faire bercer par des chanteurs au style sirupeux, à peine au delà de Tino Rossi, dans un créneau où se rangeaient avec un certain talent quelques crooners genre André Clavaud, ou des rois de l’opérette comme Guétary et Luis Mariano et j’en passe car c’était aussi le début du règne de Line Renaud et des triomphes d’Edit Piaf. Dalida faisant ensuite son apparition. Pas n’importe qui et n’importe quoi donc !

Et voilà précisément, sortant à peine de cette adolescence, un peu sans doute à cause de fréquentations de copains, d’amis, de voisins mais surtout à cause de ce premier « transistor », radio portable, que je m’offrais avec mes premiers salaires, à cause aussi des premiers juke-box installés au « Français » (Café réputé à Nîmes) ou nous nous agglutinions du samedi en soirée jusqu’au dimanche tard dans la soirée, voila donc que Ferrat commençait à s’imposer à nos oreilles si peu expertes à cette expression nouvelle.

Il m’intéressait d’autant que l’un de mes camarades d’apprentissage m’avait signalé déjà (c’était au début des années cinquante) qu’il était censuré parce qu’ayant des sympathies avec les communistes. Cela ne pouvait me laisser indifférent et bien entendu m’incitait à l’écouter plus attentivement, ce que dans le même temps je faisais avec Brassens plus prisé des milieux anarchistes que fréquentait mon père adoptif.

Mais il est clair que cette culture transmise par ces grands de la chanson française était en adéquation avec l’immense effort d’éducation populaire fait par le Parti Communiste qui, à l’époque, en avait une capacité que l’on peut avoir encore de la peine à concevoir.

Et cette osmose entre le militantisme politique et la popularisation de l’écriture de qualité que Ferrat lui-même produisait ou traduisait dans ses chansons ne manquerait-elle pas à la jeunesse d’aujourd’hui ? Une jeunesse qui cependant pour une bonne part d’entre elle surprend par la connaissance qu’elle a de ces artistes bien que tout puisse l’inciter à des illusions culturelles véhiculées par la déferlante anglo-saxonne. Qui a bien sur sa qualité également !

Le théâtre, la littérature, le cinéma, les arts plastiques et bien d’autres disciplines artistiques m’ont été accessible sans pour autant que j’en mesure toujours la qualité et la portée. Mais des portes étaient ouvertes à une classe ouvrière et plus généralement aux salariés, éloignés à l’époque des formations secondaires et à fortiori supérieures.

Ferrat a été de ceux qui ont contribué à cette ouverture. En cela nous lui devons beaucoup de notre opiniâtreté malgré les reculs, les échecs et les déceptions à ne pas renoncer…

Et nous n’en voudrons pas à ceux qui nous « l’empruntent » le temps d’un article de presse, d’une émission télévisée, d’une œuvre cinématographique. Pourvu qu’ils ne trahissent pas l’engagement qui l’habitait.

 

ET POUR ENCHAINER SUR CE COMMENTAIRE : 

 les élections départementales en lien évident avec ce qui précède

 

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Toujours souriants, ces quatre candidats que nous avons accueilli hier vendredi au nom des communistes de Tarascon, dans la salle Richelieu.

Ils ont accepté de défendre les valeurs prônées par le Front de Gauche et au delà comme l’a précisé Jacques Rousset, candidat titulaire, cadre de santé, conseiller municipal à Cabannes,  celle de la gauche, parfois oubliées et que nous voudrions remettre à l’ordre du jour : humanisme, solidarité, laïcité, citoyenneté, etc.

La défense de l’action culturelle a été aussi évoquée par la candidate titulaire Yvette Louis plongée dans cette préoccupation en sa qualité de Professeure de lettres et d’adjointe au Maire de Noves. Tous deux entourés du Chateaurenardais Jean Pierre Daudet, postier en retraite et de Sabine Gasull infirmière psychiatrique en retraite, de Barbentane et militante syndicale au plan national dans la première organisation du pays.

Une belle équipe qui nous rappelle son refus des arrangements particulièrement fréquents et qui ne manquent pas d’apparaitre au niveau de certains de leurs concurrents. Ces derniers laissant subsister les alliances « contre nature », les étiquettes racoleuses, les soutiens dissimulés. Sans compter cette instrumentalisation du Front National dont la diabolisation  sert le prétexte au vote « utile » , pour eux bien entendu (droite et PS), se disculpant ainsi d’avoir créé autant l’un que l’autre les conditions de la poussée de l’extrême droite !

Ferrat, ce que nous avons  de meilleur

Vendredi, 13 Mars, 2015
L’Humanité

 

Ferrat c'était une époque, c'était un peu nous ! dans POLITIQUE pam_edito_1
L’éditorial de Patrick Apel-Muller. Un hommage à l’artiste qui, il y a cinq ans, passait l’arme à gauche, mais s’était bien gardé, toute sa vie durant, d’emprunter « la porte à droite ».

Sa trace n’a pas été effacée par les bourrasques du show-business, l’érosion des mémoires ou les modes qui trottent. Jean Ferrat n’a pas connu la parenthèse d’oubli qui accompagne généralement la disparition des créateurs. L’édition d’un CD d’hommages par des artistes marquants de la scène musicale actuelle en témoigne. Ses mots et ses notes sont autant de cailloux blancs, des jalons pour la fraternité, la colère, des balises de tendresse, de combat et de goût de vivre. Sa voix de velours a ajouté des lettres de noblesse à la chanson, à cette essence volatile qui flotte dans les cours de récréation et dans la touffeur d’un bal, dans les soirées d’amitié et les grands concerts, dans les salles de bains et les cortèges, tout aussi capable de faire rêver de « ronces douces » où les lèvres vont se noyer que de faire surgir le spectre des wagons plombés. C’est souvent ce qui reste quand toute mémoire a disparu.

Jean Ferrat s’était voulu un artiste à hauteur d’hommes, résistant aux mirages de la gloire et aux censeurs qui croyaient éteindre un chant en le privant de télévision, intraitable avec l’injustice, tenaillé par une conscience exigeante. Sa discrétion élégante et son rejet du mercantilisme se mariaient avec une ambition folle ; son exigence de vie était aussi sa boussole au travail, l’ouvrage cent fois remis sur le métier, jusqu’à la perfection.

Je ne suis pas « près de retourner ma guitare », assurait-il. Et il ne l’a pas fait, fidèle à l’ambition d’un communisme de liberté, sans modèle, ni dieu, ni césar, ni tribun. Sa France était alanguie et frondeuse, douce aux caresses et dure au mal, rieuse et butée, inventive et… populaire. L’homme ne trichait pas, jusqu’à préférer l’ombre d’une truite dans la Volane, le goût d’une herbe verte pressée sous la dent, le choc d’un carreau qui fait voler une boule à toutes les rançons de la gloire. « Avec Ferrat, écrivait l’écrivain Patrick Grainville qui le dépeignait en d’Artagnan au milieu des trois mousquetaires Ferré, Brel et Brassens, pas de chiqué. Du texte et du timbre… une moustache à chatouiller la truite sous la dentelle de l’eau, à croquer l’écrevisse sous un galet dodu. Un marxiste à malices »…

Cette rectitude qui n’était jamais de la rigidité lui vaut, tout autant que ses chansons peut-être, la place à part qu’il occupe dans le cœur de millions de Français. Nous avons tous en nous quelque chose de Jean Ferrat. Et c’est ce que nous avons de meilleur, l’humanité qui nous rend si fier qu’il ait chanté « ce journal que l’on vend le matin d’un dimanche ».

linaire, Aragon,

 

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