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Drogue : légaliser ?

Posté par jacques LAUPIES le 7 février 2015

 

J’ai déjà donné mon opinion sur ce que représente la consommation de drogue notamment du cannabis (à trouver dans la page « drogue »)

Il est vrai que je ne suis pas particulièrement favorable à la dépénalisation mais effectivement comme le proposent les élus communistes (au sénat) je pense qu’il serait plus judicieux de légaliser  »de la production à la vente » et de continuer à interdire tout en se donnant les moyens de la prévention et en dépénalisant la consommation.

Je reste  convaincu que la consommation de cannabis, comme le soulignent médecins et psychologues, est un véritable fléau qui a fait des dégâts dans les générations qui ont succédé à celle à laquelle j’appartiens. Et il est particulièrement pénible d’avoir eu à supporter cela. Pire même d’avoir du affronter des partis politiques qui se sont réveillés bien tardivement pour condamner fermement et combattre l’extension du phénomène.

Je me rappelle toujours, voyant survenir les conséquences de ce laxisme, quand ce n’est pas un soutien ouvert au nom d’une certaine libéralisation de la consommation du cannabis, que certains médias n’hésitaient pas à accuser et moquer des élus ou militants communistes qui autrefois dénonçaient et mettaient en garde contre l’usage  de cette drogue.

Tout était bon, comme à l’habitude, pour dénigrer cette attitude et la caricaturer. On se souvient de l’histoire faite sur le thème du racisme contre les communistes qui cependant étaient bien loin d’avoir tort, comme le rappelle le deuxième texte que je publie ci dessous. Texte qui évoque l’affaire du bulldozer de Vitry et celle des dealers de Montigny les Cormeilles, en 1981.

Citoyens qui usaient et abusaient du mot « citoyen », souvenez vous ou, si vous n’étiez pas nés, informez vous. Ceux qui aujourd’hui pleurnichent sur racisme et drogue, n’ont pas toujours été conséquents face à la question de la drogue, tout comme à celle de l’immigration.

Mais voilà quand le feu a été mis tout le monde veut l’éteindre même ceux qui l’ont laissé se propager.

 

http://jacqueslaupies.fr/rions-un-peu/

 

La consommation de cannabis, chez les adolescents et les jeunes adultes, est un vrai problème de santé publique

Usage contrôlé du cannabis

Par Laurence Cohen / 5 février 2015

Version provisoire

Le texte ci-dessous est une version résumée de l’intervention prononcée.
La version définitive et intégrale sera très prochainement en ligne.

Rapporteur pour avis des crédits de la Mildt, j’ai pu constater l’inefficacité de la politique dite de zéro drogue. Élue de terrain, je puis témoigner des dégâts que celles-ci causent dans nos quartiers. Il faut en finir avec les dérives sécuritaires. J’aurais préféré une approche plus globale des addictions. Mais ne nions pas la réalité. La consommation de cannabis, chez les adolescents et les jeunes adultes, est un vrai problème de santé publique.

La France a pourtant l’une des législations les plus répressives en Europe. La consommation des jeunes relève de l’expérimentation, de la socialisation. Résultat, les trafiquants se multiplient aux abords des lycées… La seule réponse des pouvoirs publics a été de renforcer les sanctions. L’usage est pénalisé, ce qui n’est pas le cas partout. Cette criminalisation coûte 1 milliard d’euros par an et freine l’accès aux soins. (M. Jean Desessard, rapporteur, approuve) Les quartiers sont gangrénés par ce phénomène, les maires sont impuissants et laissés à eux-mêmes.

Les pays qui se sont livrés à une guerre contre la drogue, comme les États-Unis, en reviennent. Il faut un véritable programme national de prévention, notamment dans les établissements scolaires. Encore faut-il s’en donner les moyens, or ceux-ci diminuent.

Légaliser n’est pas dépénaliser, c’est substituer à la prohibition un système de monopole d’État, de la production à la vente. Mon groupe préconise plutôt la dépénalisation de la consommation, avec un maintien de l’interdit. C’est la politique menée par le Portugal depuis quinze ans et la consommation y a diminué. Faisons appel à l’intelligence collective, poursuivons le travail pluridisciplinaire afin d’aboutir à un grand débat public. Nous nous abstiendrons sur cette proposition de loi, qui ne se dote pas du bon outil.

Bulldozer de Vitry : et si le PCF avait raison ?

Trente ans après, les passions retombent, les problèmes demeurent

Publié le 15 octobre 2012 à 17:30 dans Politique

Mots-clés : 

PCF Vitry Hue Marchais

Le 24 décembre 1980 au matin, 300 travailleurs maliens quittèrent le foyer qu’ils occupaient sur le territoire de la commune de Saint-Maur et furent transportés pour être hébergés dans un bâtiment en cours de rénovation à Vitry-sur-Seine. Commençait alors la fameuse affaire dite du « bulldozer de Vitry ». À la demande du maire de Saint-Maur, le gestionnaire du foyer avait accepté de débarrasser cette commune résidentielle de ses occupants encombrants. L’immeuble de Vitry était en pleins travaux, pour une bonne part financés par la mairie et devait accueillir en contrepartie, des jeunes travailleurs dont la liste était d’ailleurs arrêtée. La section du PCF Vitry, informée, réagit par une action de commando où quelques militants, « armés » d’une pelleteuse s’employèrent à écrouler un escalier extérieur pour empêcher les nouveaux occupants d’y rentrer. Le maire de Vitry, Paul Mercieca, mis devant le fait accompli, et en désaccord avec la méthode, accepta pourtant de l’assumer politiquement. Noël passé, se déclencha alors une formidable campagne médiatique contre le PCF visant à le faire passer pour intrinsèquement raciste.

Je fus sollicité par la direction du PCF pour assister, en tant qu’avocat, Paul Mercieca, au centre de la tourmente. Je garde le souvenir du caractère absolument effarant du déferlement médiatique et de la pression quasi physique que l’on pouvait ressentir si l’on essayait de résister. Je garde également celui de la souffrance de Paul Mercieca, fils d’immigrés maltais, profondément blessé par l’accusation de racisme. Il y avait de quoi… A en croire les médias et les commentateurs politiques unanimes, il aurait lui-même conduit le bulldozer et détruit de fond en comble le « foyer » alors que les « résidents » maliens étaient à l’intérieur. Il essaya alors, en pure perte, d’expliquer, soutenu par la direction nationale du PCF, que son intention était de refuser que se constituent dans les banlieues ouvrières de véritables ghettos, de nature à affecter des quartiers déjà frappés par la pauvreté. Le slogan des maigres manifestations de soutien au maire était d’ailleurs : « Mercieca a raison, pas de ghetto à Vitry ». En vain. Le coût politique fut très élevé pour le Parti communiste.

Quelques semaines plus tard, Robert Hue, alors maire de Montigny-lès-Cormeilles, lança une campagne contre le trafic de drogue qui pourrissait les cités de sa commune et mit en cause une famille d’origine marocaine considérée comme étant pourvoyeuse d’un quartier. Bis repetita. Incroyable tsunami médiatique, insultes, prises à partie, et même manipulations policières. Là aussi, l’avocat que j’étais fut choisi pour assister Robert Hue. Deux fois aux premières loges, deux fois confronté à la tempête, et deux fois contraint de constater la quasi impossibilité d’y résister et les dégâts occasionnés. Le Monde de l’époque condescendit, quelques semaines plus tard, à admettre que « le PCF posait mal de bonnes questions ».

Que craignait à l’époque le Parti communiste ?

Que les cités ouvrières, qu’en général il gérait, se transforment sous la pression du chômage, de la pauvreté mais aussi d’une immigration déséquilibrée, en « territoires perdus de la République », qu’au sein de ces territoires, le marché de la drogue devienne une économie de substitution, c’était leur crainte. Les dirigeants du PCF, forts de leur expérience de terrain, avaient parfaitement vu le danger, témoin de premier rang, je peux en attester. La déchirure du lien social, le communautarisme, la division des classes populaires, tout cela les préoccupait au premier chef. À juste titre. Ce qu’ils avaient combattu, essayé de conjurer, sous les accusations, les injures et les quolibets, s’est produit. Les ouvriers sont partis, les plus pauvres d’entre eux devenant des « périurbains ». Ils l’ont fait avec leurs bagages, mais en oubliant leurs armes, et la plus importante d’entre elles, « la conscience de classe ». Celle que le Parti communiste avait réussi à forger entre les deux guerres et surtout dans la Résistance. Aujourd’hui, le Parti communiste effondré, marqués par un fort sentiment d’abandon, les ouvriers votent en nombre pour le Front National, pendant que les intellectuels dominants du Parti socialiste théorisent la nécessité de les passer par pertes et profits. On fait mine aujourd’hui de découvrir les « territoires perdus de la république », on s’effarouche de l’économie de la drogue, on s’affole devant les kalachnikovs, on pleure sur le vote ouvrier capté par le Front National. On cite abondamment Brustier-Huelin et Christophe Guilluy. Trop tard ?

Le Parti communiste français était un parti bourré de défauts. Ouvriériste et stalinien, porteur du syndrome si français de « fille aînée de l’église », Rome étant cette fois-ci à Moscou… Il était attaché aux dogmes, adorait la liturgie, et célébrait ses grand-messes avec un faste sans pareil chaque rentrée à La Courneuve. Ah, on ne faisait pas dans le sociétal, place du colonel Fabien. On peut même se poser la question de savoir, la question du mariage gay étant posée à cette époque, si l’on n’aurait pas constaté des convergences entre Georges Marchais et Monseigneur Barbarin. Mais le PCF fut aussi et surtout, l’outil de l’intégration à la Nation de la classe ouvrière. Il lui donna sa conscience de classe et sa fierté. Il fut aussi l’instrument de l’assimilation (oui, l’assimilation) de plusieurs vagues de travailleurs immigrés du fait de son hégémonie au sein du monde du travail. De sa formidable capacité d’éducation. Sa disparition comme parti politique majeur, due à des facteurs historiques de diverses natures, était inévitable. On peut quand même constater, sans que ce soit de la nostalgie, qu’il nous manque. Et qu’il savait faire preuve, parfois, de pertinence politique. Tiens, deux autres slogans de l’époque lancés, (très précisément à l’occasion des premières élections européennes, en 1979), là encore sous les quolibets du Monde, de Libé et du Figaro, et les accusations de chauvinisme et de xénophobie, voire pire.

- « Produisons français ! » François Bayrou en a fait un thème de campagne, et François Hollande un ministère. – « Non à l’Europe allemande ! ». Sous une autre forme (plus élégante ?) les opposants au TSCG ne disent pas autre chose…

C’était il y a 30 ans. Eh, camarades, il n’y a pas à avoir honte !

 

 

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