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La liberté de création et les moyens

Posté par jacques LAUPIES le 15 janvier 2015

 

Ce qui peut le plus retenir l’attention dans le triste évènement que constitue l’abominable assassinat de ces journalistes, artistes,  est sans doute leur opiniâtreté à défendre la cause de la liberté d’expression dans leur parcours de vie. Et cela en l’absence de grands moyens si ce n’est leur talent.

Et le soutien d’un public qui va au delà des simples lecteurs de leur journal ou des journaux qui les ont, comment dire, « utilisés », « fait travailler » parce que par delà les lignes rédactionnelles existe une demande d’expression humoristique de l’actualité, plus particulièrement dans le domaine politique.

Chacun, les titres de la grande presse comme eux-mêmes, pouvait y trouver son compte malgré les compromis nécessaires des deux côtés : les rédactions et les dessinateurs. Sans pour autant renier leurs convictions.

On comprend malgré cela qu’ils aient éprouvé le besoin de se regrouper pour réaliser un journal où ils puissent .être plus eux-mêmes, plus libre et sans contrainte aucune, libres de livrer spontanément un point de vue, un message qui tient à cœur. D’autres assurément animés des mêmes besoins vont poursuivre dans ce sens et faire apparaître de nouveaux talents.

Mais cette liberté a des coûts, toujours les mêmes pour qui exprime une opinion, un sentiment, fut-ce imprégné de colère ou de sereine conviction : un coût moral, celui de ne pas faire de mal ou se faire mal et un coût financier qui dépend surtout de celui qui achète l’œuvre, la création.

Donc deux risques à prendre dans une société qui vous en préserve que si vous acceptez la soumission, le renoncement, au mieux la compromission.

Les artistes, les journalistes, les écrivains et combien d’autres « professionnels » de la création (qui n’est pas qu’intellectuelle) ne peuvent s’épanouir hors cette forme de « marginalisation » qui peut se payer cher.

A quand une société qui libèrera les initiatives non basées sur une position d’exploiteur ou d’exploité ?

Rimbaud et d’autres génies y ont prématurément laissé leur peau dans une quasi misère matérielle. D’autres ont connu la célébrité et le confort durant leur vie. Ceux qui viennent de périr victime de la haine, de l’imbécilité, nous ont fait la démonstration qu’ils sont morts dans avec une grande et inestimable richesse : le soutien populaire. Celui de certaines « élites » étant plutôt insultant pour leur mémoire.

Mais ce soutien populaire qui est extraordinaire doit perdurer. La presse qui, à sa façon, exprime des convictions, une volonté partagée d’aboutir à des meilleurs rapports sociaux en a besoin. Alors pas de feu de paille dans l’appui à Charlie Hebdo en  espérant cependant que d’autres journaux connaitront aussi quelque soutien lumineux.

Je pense évidemment à LA MARSEILLAISE et à l’HUMANITE

 

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 PENSEZ A LIRE DES JOURNAUX MENACES PARCE QUE EXPRIMANT DES CONVICTIONS, METTANT EN CAUSE TOUT UN SYSTEME  ECONOMIQUE ET SOCIAL QU’IL FAUT TRANSFORMER :

LA MARSEILLAISE DANS LE SUD ET l’HUMANITE DONT NOUS REPRODUISONS CHAQUE JOUR UN TEXTE ICI MEME.

Marie-George Buffet : pour l’amendement Charb

Mercredi, 14 Janvier, 2015
L’Humanité.fr

 

Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis a interpellé aujourd’hui le Premier ministre pour que l’amendement Charb, sur les moyens attribués à la presse d’opinion, soit retranscrit dans la loi. Nous publions son intervention.
La liberté de création et les moyens  dans POLITIQUE marie-george-buffet

Photo Maxppp
Monsieur le Premier Ministre,
Liberté !
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom….écrivait Paul Eluard.
Sur tous les pavés, dans toute la France, des millions de femmes et d’hommes ont aussi écrit son nom…
Cette  liberté, par et pour laquelle, notre République s’est construite. Cette liberté, dont la liberté d’expression est une clé fondamentale.
Mercredi dernier, à Charlie-hebdo, cette liberté a été martyrisée, assassinée. Mais elle n’a pas été  vaincue.
Aujourd’hui, Charlie hebdo est dans les kiosques de France et du monde. De ce magnifique acte  de résistance, la représentation nationale doit être garante. Charlie doit paraître mercredi prochain, et tous les mercredi suivant. Charlie ne peut mourir faute de  moyens !
Aucun d’entre nous ne peut accepter sans réagir la disparition d’un journal.
Le drame que notre Nation vient de vivre, nous rappelle que  la liberté de chacun, de chacune, dépend pour une belle part, d’une presse pluraliste.
Un pluralisme, qui repose sur le travail des journalistes  dont la Nation doit assurer la protection, et  le secret de leurs sources.
Monsieur le premier Ministre, une loi sur la presse est actuellement en débat.
Ce serait l’honneur de notre Parlement d’en élever l’ambition et la portée.
A la Libération, nos aînés, conscients de l’enjeu,  avaient légiféré, pour libérer la presse de la pression du marché.
Les principes de solidarité et de coopération au service du bien commun et de la démocratie fondés par cette loi sont toujours d’actualité. Il y a urgence d’agir, de nombreux titres sont en danger. Cela appelle des réponses d’ampleur.
Charb nous le rappelait en nous proposant un amendement sur les moyens attribués à la presse d’opinion.
Alors, Monsieur le premier Ministre, cet amendement va-t-on le transcrire dans la loi, cela serait un geste fort pour que le pluralisme perdure et que de nouveaux journaux porteurs de confrontations d’idées voient le jour !
Marie-George Buffet
Assemblée Nationale- 14 janvier 2015

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Vœux 2015 et hommage à Charlie Hebdo

Posté par jacques LAUPIES le 14 janvier 2015

 

Je vous invite à lire l’allocution prononcée par Pierre Laurent à l’occasion des vœux 2015 dont un extrait suit et exprime certaines des interrogations que nous formulions ici même hier.

La meilleure réponse à toutes ces préoccupations, solutions que nous exprimons tout au long des jours et qui s’avèrent hélas encore trop peu entendues, doit inciter la jeunesse à rejoindre nos rangs et pour le moins à s’intéresser à nos propositions.

Il faut dépasser les réactions émotionnelles et aborder le débat, déclencher l’action. Cela devient urgent.

Nous allons aborder les élections départementales Quatre candidats présentés par le Parti Communiste vont défendre  sur notre nouveau canton des aspects d’une politique départementale qui est en lien direct avec ce qui se passe au plan national et plus particulièrement concernant les moyens consacrés à l’éducation dans les collèges.

Il sera débattu, durant la campagne électorale du rôle de l’assemblée départementale dans de nombreux domaines, l’éducation certes mais aussi les transports, l’équipement, la santé, l’aide sociale, la culture, de la nécessité de maintenir cette assemblée départementale et la proximité qu’elle permet avec les citoyens.

Toutes ces questions sont en lien avec l’obligation qui est faite dans notre pays d’en finir avec le fléau du chômage, élément essentiel du développement de la délinquance, elle même facteur de pénétration de l’obscurantisme religieux qui va bien au delà des comportements extrémistes et finalement est exploité par tous ceux qui souhaitent la division à des fins économiques ou politiques.

Extrait du discours de Pierre Laurent

« Je sais bien que certains s’interrogent, parmi nos amis, nos camarades, sur l’instrumentalisation déjà à l’œuvre des marches de ce week-end, sur la présence de chefs d’État dont la responsabilité dans l’engrenage des guerres et du choc des  civilisations est évidente et sur ce que pourrait bien vouloir dire « l’unité nationale » quand, parmi les personnalités présentes hier, s’en trouvaient qui n’hésitent pas à souffler sur les braises de la haine.

Je dirai un mot de cela, mais permettez-moi, de ne pas commencer par là.

Je veux d’abord saluer l’extraordinaire riposte du peuple français – des millions de nos concitoyennes et concitoyens qui, avec sang froid et dignité, ont dit leur hommage aux victimes, leur attachement à la liberté de la presse, et leur volonté de vivre ensemble. Oui, vivre ensemble, contre toutes les tentations de repli, de haine et de divisions. Vivre ensemble non pour cohabiter mais pour faire société ensemble, au-delà et dans le respect de nos opinions et de nos croyances. De ce point de vue, je veux dire, après d’autres, ma colère contre la déclaration de Benjamin Netanyahu qui a été une insulte au message de rassemblement républicain qu’ont voulu clamer des millions de Français, qu’ils croient au ciel ou n’y croient pas, qu’ils prient Jésus, Jéhovah, Allah ou Vishnou.

Je veux saluer cette mobilisation car elle n’allait pas de soi. Le climat politique national est nauséabond. Les déclarations racistes de responsables politiques se banalisent. La xénophobie, l’antisémitisme et l’hostilité aux musulmans se répandent dangereusement en Europe. La montée de la violence partout dans le monde, l’idéologie du choc des civilisations, les guerres diffusent la peur et l’insécurité. Et rappelons-nous ce simple fait, le matin du drame, la promotion de Houellebecq battait encore son plein dans les médias.  Dès ce matin, les invitations de Marine Le Pen aux matinales reprenaient comme si de rien n’était.

Or, pour l’heure, loin de ces appels à la haine, la masse des Français a choisi, face à cet acte de terreur, une réponse pacifique et citoyenne, une réponse de rassemblement. Ils ont choisi Charlie plutôt que la haine.

Il va falloir conforter cet élan car l’attaque contre les libertés va reprendre très vite, et prendre d’autres chemins, surtout si nos dirigeants choisissent la voie de la guerre pour répondre.

A l’opposé, nous le disons avec force, ils ont voulu tuer la culture, répondons par la culture.

Ils ont voulu tuer la liberté de la presse, répondons par la liberté de la presse, celle de Charlie, de l’Humanité, de la Marseillaise aujourd’hui menacée. »

 » Et, même si les opérations politiciennes de récupération ont pu exister et existeront encore, même si la dimension officielle et internationale a pu paraître hier prendre le dessus, ces marches n’avaient pas de chef d’orchestre gouvernemental. Elles sont nées du sursaut citoyen massif des Français et des efforts auxquels nous avons contribué pour leur offrir un cadre d’expression démocratique.

Je crois d’ailleurs que l’un des enjeux majeurs de la période à venir est de contribuer à pérenniser cet élan citoyen et à faire fructifier ce qu’il peut produire de meilleur. La parole citoyenne ne doit pas être confisquée. C’est notre responsabilité d’y veiller dans le débat politique à venir, en nourrissant l’émotion de la réflexion. »

 

ARTICLE PARU DANS LE SITE DE L’HUMA et COMMENTAIRES

Pierre Laurent : « Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés »

Julia Hamlaoui
Mardi, 13 Janvier, 2015
L’Humanité
« Contre la haine, nous visons l’unité populaire pour les libertés »  Le PCF a décidé de faire de ses traditionnels voeux une soirée d’hommage à Charlie Hebdo et à son esprit avec les familles de certains de ses caricaturistes. Pierre Laurent devait y prononcer un discours invitant à « rester Charlie » en refusant l’union sacrée comme la guerre.
Vœux 2015 et hommage à Charlie Hebdo dans POLITIQUE voeuxplaurent_0

L’émotion de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, hier, à paris, lors de ses vœux.
Photo Patrick Nussbaum

Place du Colonel-Fabien, à Paris, l’heure était encore au recueillement hier soir. Au siège du PCF, les traditionnels voeux de début d’année devaient ainsi se transformer en « une soirée placée sous le signe de la paix et de la fraternité », en un moment d’hommage aux victimes des attentats. Parmi eux, certains étaient des amis, des compagnons de route de longue date. C’est en présence des familles de Charb, Wolinski et Tignous mais aussi de membres de l’équipe de Charlie Hebdo comme Patrick Pelloux, que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, devait prononcer son discours.

« Ce soir, nous les communistes, nous pleurons des amis proches, des camarades de combat, qui donnaient souvent par leurs dessins bien plus de force que n’en sont capables nos discours », devait-il saluer alors que les murs du conseil national du PCF avaient été couverts des toiles que Charb, Tignous, Coco avaient réalisées en direct au stand national des communistes de la Fête de l’Humanité 2013 avec Lardon, Louison, Lulu Inthesky et Duchemin. Et le dirigeant communiste de se remémorer l’un ou l’autre de ces souvenirs : « Je n’oublierai aucune de nos rencontres, Charb, mon camarade. Surtout pas celle, traditionnelle, de la Fête de l’Humanité, où tu voulais toujours qu’on fasse une photo, toi le poing levé, à côté du chef du parti, ton “patron” me charriais-tu, histoire que personne n’oublie où était ton coeur de combat », devait-il raconter.

« Et maintenant ? Si nous sommes Charlie, il faut que nous poursuivions l’esprit de Charlie Hebdo », prévenait l’invitation à cette soirée qui mêlait hommage et voeux d’avenir commun. Recueillement donc. Mais aussi détermination. Détermination à « nourrir l’émotion de la réflexion ». « Ce n’est pas Charlie qui sentait le soufre, c’est notre monde. Ne regardons pas ce qui s’est passé comme un événement isolé », a invité Pierre Laurent, citant quelques-uns des événements des « quinze derniers jours » : « un grillage qui cerne un banc public », les « bateaux de migrants » laissés à l’abandon, « le refus d’inhumer un bébé rom », la « médiatisation à outrance du livre de Houellebecq »… Autant d’éléments de ce « climat nauséabond » duquel il faudrait se « désintoxiquer » en conjuguant dans « la République la liberté avec plus de fraternité et de justice sociale ». « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens” » Au lendemain de « l’extraordinaire riposte du peuple français » avec les marches de ce week-end, il s’agit pour le sénateur de Paris de « conforter cet élan, car l’attaque contre les libertés va reprendre très vite ».

C’est cet élan populaire, entre « hommage », « attachement à la liberté de la presse » et « volonté de vivre ensemble », que le dirigeant communiste a tenu à saluer car cette mobilisation « n’allait pas de soi » dans un contexte où « les déclarations racistes de responsables politiques se banalisent ». Loin des tentatives « d’instrumentalisation déjà à l’oeuvre », le message de Pierre Laurent devait être clair : « Ce que nous visons, c’est une “unité nationale des citoyens”, une affirmation populaire commune pour les libertés, contre la haine, la violence, les racismes et les discriminations, et non “une union sacrée des partis”, qui n’existe d’ailleurs pas. Entre citoyens comme entre partis, nous voulons le libre débat démocratique, républicain. Ni l’union sacrée, ni la guerre. »

D’ailleurs, « l’attitude déshonorante qui a été celle du Front national » devait être fustigée par le secrétaire national du PCF. À l’heure où l’ancien président UMP Nicolas Sarkozy entonne le refrain de la « guerre de civilisations » et où le premier ministre actuel, Manuel Valls, évoque de plateau télé en studio de radio un « ennemi de l’intérieur », c’est à « rester Charlie » aujourd’hui et demain qu’a invité Pierre Laurent. Et « rester Charlie », devait détailler le sénateur PCF, c’est refuser « un Patriot Act dans lequel la République perdrait son âme », c’est apporter « les moyens (à la presse) de résister à cette dictature financière qui a démoli en quelques décennies nombre de titres de la presse française », c’est « défendre (la culture) contre les politiques d’austérité et contre le Medef » et « des services publics qui font eux aussi le ciment de notre République », « c’est accueillir les étrangers menacés dans leurs pays en accordant le droit d’asile »…

Alors que la marche de Paris a également réuni des « chefs d’État dont la responsabilité dans l’engrenage des guerres et du choc des civilisations est évidente », et tandis que le débat à l’Assemblée nationale doit s’ouvrir aujourd’hui sur la poursuite de l’intervention française en Irak, la question revêt également une dimension internationale pour Pierre Laurent. « Oui, nous devons stopper la menace. Ici en France, en Europe, et au Proche-Orient. Il faut aussi pour cela que la France change de politique extérieure – car en s’arrimant à l’Otan et aux États- Unis, en tergiversant devant les intérêts de puissances régionales comme le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et Israël, la France s’interdit de jouer le rôle qui devrait être le sien comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il déclaré.

Un rôle qui commencerait par « reconnaître sans plus tarder l’État palestinien » ou encore, à propos de l’Irak, à contribuer à préparer « une conférence régionale sous l’égide de l’ONU ». Choisir le chemin de la paix ou de la guerre. L’enjeu est à cette hauteur. « Dire que la France est confrontée à une guerre est extrêmement dangereux. C’est volontairement s’enfermer dans le piège tendu par les intégristes, a estimé Pierre Laurent. Eux veulent l’affrontement, nous voulons une société de liberté, de progrès, de paix. »

Commentaires

 

OliChantraine

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 09:50
Pour que le sursaut populaire de défense de la liberté d’expression et de publication ne soit pas dévoyé, il y a un front de lutte idéologique à construire: http://blogs.mediapart.fr/blog/olchantraine/110115/le-peuple-la-satire-et-les-tueurs-des-tyrans-democratie-culture-populaire-et-liberte-dexpression#comment-5839073

 

breteau jean claude

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 11:06
Merci  Pierre , un peu d’air pur ,dans la pollution  fétide subit par les français .Hier France 2 revue de presse ,sans l’huma ,bien sur ,mort de rire , merci aux charlots médiatiques qui ne seront jamais « je suis Charlie »et viennent de le prouver  et reprouver,, et rereprouver et rerere …En attendant de vite redonner la parole à la haine

 

mazingue

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 11:48
Merci Pierre, pour ce texte empreint de vérité, l’heure est à notre rassemblement, malgré le refus des médias et leur volonté de nous vous invitera ton plus au débat … Ce mouvement fait appel à notre réflexion, mais pas seulement qu’a la nôtre .Des débats ouverts doivent être organisés par tous ceux, qui prétendent être de libre expression…

 

Conteste

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 11:51
Merci Pierre, l’émotion vraie, la profonde sincérité, se lisaient sur ton visage. Sur celui des intervenants et participants également. Evidemment, on ne risque pas de voir de larges extraits sur les chaînes de télé. Et l’on parle de liberté d’expression, de démocratie. Je confirme que France 2 revue de presse a « oublié » l’huma. Les médias devraient afficher « Je suis charlot ». Moi, j’appelle ça des lopettes, des salopes!

mazingue

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 12:06
Bonjour, à vous…je suis étonné qu’aucun intervenant ne soit psychiatre, dans les débats vus la violence du geste et bien entendu de nos journalistes ….

Conteste

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 12:20
Bonjour à vous…Aucun psychiatre effectivement, dommage pour lui car il aurait trois patients à étudier. Ceux-ci le sachant fuiraient. Par bonheur la grande majorité des intervenants participe, avec des points de vue parfois différents, des divergences, mais ils participent. C’est cela le débat démocratique sur un forum qui, rappelons-le, est celui de L’HUMA ! Bonne journée.

mazingue

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 13:43
Oui tout à fait , quand les pollueurs ne sont pas là les débats sont très intéressant, bonne journée, je vous parlais d’un psychiatre, ma femme travaille à l’hôpital d’Osny et un des médecins a discuté avec elle, il se trouve qu’il c’est occupé du cas  de Coulibaly, il avait donné un avis défavorable, et avait déclaré ce type très dangereux et inapte a la vie sociale .Le personnel pénitentiaire en a décidé autrement, si ce médecin avait été écouté, ce qu’il regrette amèrement, la catastrophe aurait peut-être été évité Nous passons à côté pour des raisons purement économiques .Je ne dis pas qu’il ne faut pas lutter contre les réseaux de ces fascistes, mais qu’il faut parfois voir plus loin nos propres erreurs.

Conteste

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 14:06
Le rôle du psy est délicat: Vous rendez la liberté à un malade mental et il commet un nouveau crime, certains diront que c’est la faute du psy, que les malades doivent être internés à vie, d’autres que cela ne remet pas en cause le principe de libération, statistiques à l’appui. Je n’ai pas les compétences pour donner un avis. Si le psy n’est pas écouté, à quoi sert-il ? La seule chose qui puisse être constatée est que la prison détruit plus encore l’individu, pourtant je suis peut-être en contradiction du fait d’être, sauf en certains cas à déterminer, hostile à la remise de peine pour bonne conduite. Quand on a une bonne conduite, on ne va pas en prison.

 

Pierre Pifpoche

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 17:44
Cet aspect des choses, bien sursûr, n’est pas à écarter. Mais j’affirme, contrairement à ce que beaucoup affirment, au risque de se réduire à l’impuissance, NON, NON, NON, le cas HITLER N’EST PAS, pour l’essentiel un cas PSYCHIATRIQUE, ni celui de l’ASSASSIN DE JAURES, mais bel et bien D’ABORD UN PROBLEME POLITIQUE ET DEMOCRATIQUE. Et la même chose pour ce qui concerne les événements de cette dernière semaine…. Ceci n’a pas pour but d’écarter les questions judiciaires, penitenciaires et de sante posées, mais de les PLACER A  LEUR JUSTE PLACE, tout du moins à mes yeux. Bien fraternellement à vous. Pierre.

Conteste

Mardi, 13 Janvier, 2015 – 18:05
Il est évident pour moi-aussi que le problème est d’abord politique et vous avez raison de le rappeler.

 

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

La coopération ou la guerre

Posté par jacques LAUPIES le 13 janvier 2015

 

Je reproduis cette interview publiée vendredi 9 janvier, donc avant la manifestation monstre dans de nombreuses villes de France. Le titre qui la précède résume à lui seul l’une des questions qui nous sont posées après cette manifestation.

Car on peut-être inquiet du zèle avec lequel des politiques français bien connus pour leur « radicalité droitière » et des chefs d’état au comportement particulièrement criminel (genre Netanyahu) ait été propulsés, ou se soient fait propulser, dans les manifestations sous escorte au milieu d’un peuple manifestant pour la défense des libertés républicaines dans une réelle unité et diversité.

Nous allons donc devoir expliquer que depuis des siècles, des pays plus évolués économiquement pour des raisons historiques, politiques, sans doute résultant des adaptations idéologiques et scientifiques, ont bâti leur essor dans le cadre du système d’exploitation capitaliste générateur du colonialisme, ont dominé des peuples soumis a des politiques néocoloniales après leur émancipation (dans la deuxième moitié du 20e siècle)

Nous allons devoir expliquer que ce néocolonialisme a donné naissance a des dictatures d’oligarchies internes, de factions militaires et (ou) tribales devenues auxiliaires des multinationales et gouvernement occidentaux et ont ainsi limité voire réduite les possibilités de développement économique et social (pays d’Afriques, d’Asie, du moyen orient, etc.)

Nous allons devoir expliquer qu’il en est résulté des situations dramatiques pour les populations manipulées par des pouvoirs de différente nature qui se sont vus contestés autant que leurs soutiens extérieurs (USA, France, Angleterre notamment) par des courants politiques ou religieux de diverses natures, empreints parfois de dogmatisme, instrumentalisés de l’extérieur comme de l’intérieur.

Nous allons devoir expliquer que de l’Iran à Israël (et la Palestine) en passant par l’Arabie Saoudite, l’Irak, la Lybie, la Syrie, en fait tous les pays du moyen et proche orient, tous les pays du Maghreb, d’Afrique Noire, du Sud Est Asiatique, relèvent de cette évolution historique qui les maintien parfois en état de sous développement.

D’où le fait qu’il ne peut exister de vraie solution à leurs problèmes que dans l’établissement de rapports de coopérations accompagnées de soutien économique entre elles et avec les pays développés.

C’est cela ou la guerre…Le terrorisme qu’il faut combattre fermement et efficacement, aussi cruel et douloureux soit-il, ne serait-il pas au fond l’arbre qui cache la forêt ?

L’alternative est simple, c’est soit le politique, soit la guerre. Nous choisissons le politique »

 

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Ils sont là pour défendre la liberté et la liberté est la condition de la Paix. Ne laissons pas s’installer un climat de guerre et restons mobilisés

 

Entretien réalisé par Alexandre Fache
Vendredi, 9 Janvier, 2015
L’Humanité.fr

 

Président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), Jean-Pierre Dubois met en garde contre les tentations du repli sur soi et du durcissement sécuritaire, après l’attentat contre Charlie Hebdo. Et appelle à un large rassemblement « citoyen » dimanche pour la défense des libertés.
Photo : Philippe Huguen / AFP

Photo : Philippe Huguen / AFP

Cet entretien a été réalisé avant l’épilogue sanglant de vendredi et les quatre nouveaux morts de la Porte de Vincennes.

Que vous inspire l’attentat perpétré mercredi contre Charlie Hebdo ?

Jean-Pierre Dubois. C’est une attaque sans précédent, car c’est un journal entier qui était visé. Il s’agissait de tuer l’équipe de rédaction. C’est un événement gravissime, parce que la liberté de la presse est quelque chose d’extrêmement précieux. Parce qu’il s’agit aussi d’un acte terroriste, en ce sens qu’il a été perpétré pour terroriser, pour dissuader des citoyens d’exercer leur liberté. D’autres pays ont été touchés par des actes terribles, parfois d’une violence encore plus meurtrière : souvenons-nous des deux cents morts de Bali (2002) ou de Madrid (2004), des soixante morts de Londres (2005)… En France, il y a très longtemps qu’un attentat terroriste n’avait pas fait autant de victimes. L’émotion est donc légitimement très forte. Cet acte intervient dans un contexte très inquiétant de montée de la violence et de la thématique de guerre entre les civilisations. La xénophobie et l’hostilité aux musulmans se diffusent dans de nombreux pays européens. On voit bien que les auteurs de ces actes sont en guerre contre la démocratie, mais qu’ils pourraient aussi trouver une sorte de réponse dans un durcissement du discours, les présentant comme des « barbares inassimilables ». Certes, personne ne l’a encore dit de manière aussi nette. Mais Marine Le Pen s’est félicité du fait que cet attentat allait permettre de « libérer la parole ». C’est terrible, car cela signifie que ce drame serait perçu une « bonne occasion ». A l’image de ce qu’avait dit la conseillère de Tony Blair, le 11 septembre 2001, en parlant de « jour merveilleux pour faire passer toutes les réformes ». Il y a un vrai risque, celui d’une réponse qui s’engagerait plus loin encore dans une guerre de « civilisations ». La préoccupation de la Ligue des droits de l’Homme et des autres associations antiracistes (Mrap, Licra, SOS-Racisme), c’est qu’il y ait une réponse aussi large que possible qui affirme l’inverse de ça. Une réponse citoyenne qui proclame : « on ne nous divisera pas sur la défense des libertés ». C’est la première urgence.

Car il s’agit d’une attaque contre la liberté de la presse, mais aussi plus largement contre la démocratie…

Jean-Pierre Dubois. Bien sûr. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons parlé mercredi de « République blessée ». La liberté de la presse, ce n’est pas seulement la liberté des journalistes. C’est aussi la liberté des citoyens d’être informés. Même si on ne sait pas tout de ceux qui ont fait ça, on voit bien que ce qu’ils ne semblent pas supporter, c’est la liberté d’expression. Ce qui est visé, c’est la capacité d’une expression que les auteurs de ces actes ne supportent pas. Beaucoup s’étonnent aujourd’hui qu’une telle violence soit possible en France. Mais quand on laisse des situations effroyablement violentes et injustes se développer à des milliers de kilomètres d’ici, il est illusoire de penser que l’horreur de là-bas ne viendra pas jusqu’ici. On l’a déjà vu avec les attentats de New York, Londres ou Madrid. Il faut sortir de l’idée que nous vivons tranquilles, pendant que d’autres souffrent de manière effroyable. Ce qui s’est développé autour de Daech est la conséquence de la situation terrible faite aux populations en Irak, en Syrie… Résultat, il y a aujourd’hui des individus qui sont dans un tel état de haine et d’aveuglement sur la société qu’ils sont capables de tout. C’est un phénomène de désocialisation très fort. Bien sûr, il ne faut pas généraliser de façon hâtive. Mais, c’est vrai, des gens sont tentés par ça. Ce qui, au fond, est une défaite du politique dans ce qu’il a de plus noble : l’organisation du vivre ensemble. Nous payons beaucoup la montée du racisme et de la xénophobie mais aussi cette défaite du politique, ce qu’Emile Durkheim appelait il y a plus d’un siècle une anomie, c’est-à-dire une situation dans laquelle les individus sont laissés à l’abandon, et dans laquelle les liens sociaux se dissolvent. Et une des conséquences de ça – pas chez tout le monde mais chez de plus en plus de gens -, c’est de mener à des comportements effroyables. Si on ne reconstruit pas plus de vivre ensemble, il y aura malheureusement d’autres événements comme celui du 7 janvier.

On a le sentiment d’un climat politique qui se détériore, avec les progrès de l’extrême-droite et la libération du discours raciste. C’est le terreau de ce qui s’est passé mercredi selon vous ?

Jean-Pierre Dubois. Oui, sans doute. Avec cette précision : l’extrême-droite, ce n’est plus seulement le Front national. Ces derniers mois, des élus locaux ont tenu des propos très graves. L’un a dit : « si un de mes administrés tue un rom, je serai à ses côtés ». Ce n’était pas un maire FN. Un autre : « Hitler n’a pas assez tué de gens du voyage ». Ce n’était pas un maire FN. Et tout récemment, un dernier qui a refusé d’enterrer une petite fille rom dans sa commune. Ce n’était pas non plus un maire FN. Il y a une contamination de ces idées nauséabondes. C’est ce que dit Marine Le Pen en parlant de « libération de la parole ». C’est ce que disait Nicolas Sarkozy, quand il évoquait une « droite décomplexée ». Et ça, c’est terrible. Car si d’un côté on a des actes comme ceux de mercredi – barbares, effroyables, commis au nom d’une espèce de délire, même si ce délire à des références – et de l’autre, des réactions de haine, le risque est grand d’une montée des violences, y compris en Europe. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de zone protégée si on renonce aux conditions même du vivre ensemble.

Face à cette barbarie, vous appelez à une unité des citoyens, plus qu’à une union des forces politiques. Pourquoi ?

Jean-Pierre Dubois. Il y a eu dès mercredi soir plusieurs dizaines de rassemblements dans toute la France, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue. Avec le Mrap, la Licra et Sos Racisme, nous avons appelé pour ce dimanche à une manifestation sans signe d’appartenance, sans banderole, sans étiquetage, politique ou religieux. Pourquoi ? Nous ne sommes pas adversaires des partis politiques. Mais il serait catastrophique qu’on puisse donner l’impression qu’il y a une récupération ou une instrumentalisation de ce rassemblement. Nous voulons donc manifester, non pas une union sacrée ou une union nationale des forces politiques, qui n’existe pas et serait même contraire à la démocratie, mais une affirmation commune des citoyens attachés aux libertés, qui refusent la haine, la violence, le racisme et les discriminations. C’est la réponse la plus forte à ce qui s’est passé mercredi. Car si on entre dans des démarches partielles, on nourrit un débat politique qui serait dangereux en la circonstance. Il faut commencer par dire que les citoyens qui résident en France – et pas seulement ceux qui ont la nationalité française – refusent cette horreur. Cela doit être inconditionnel, et fait en dehors de toute appartenance politique ou religieuse. A ce titre, je supporte très mal l’injonction faite aux musulmans de dire qu’ils ne sont pas solidaires de ce crime. On  présume en faisant cela qu’ils ont quelque chose de commun avec ceux qui ont commis ces crimes. C’est scandaleux. Il n’est donc pas question d’une manifestation avec une « section » musulmane, ou une section « partis politiques ». L’objectif, c’est d’être « tous ensemble » autour des libertés, de la démocratie et du respect des autres. Ce qui n’empêche pas les forces politiques de jouer leur rôle par ailleurs.

Ce débat politique a déjà commencé. Marine Le Pen a évoqué une France « en guerre ». J’imagine que les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus à la manifestation de dimanche ?

Jean-Pierre Dubois. Nous appelons les gens à défiler pour dire leur refus des discriminations, du racisme et de la xénophobie, refus de ce crime effroyable de mercredi, mais aussi de tout appel à la haine ou à la stigmatisation qui pourrait en découler. Car nous pensons que ceux qui ont commis ces crimes en disant « mort à la liberté de la presse » et « mort à la démocratie » expriment un point de vue sur le monde qui, d’une certaine façon, rencontre celui de ceux qui disent : « les musulmans n’ont pas leur place chez nous ». C’est la vision du monde qu’on a prêtée à Samuel Huntington (professeur de sciences politiques, décédé en 2008, auteur en 1993 du « Choc des civilisations » – NDLR): « nous, nous sommes des démocrates, eux sont des gens inassimilables, violents, barbares, criminels ; donc, qu’ils retournent dans le Califat. » C’est ce que disent des gens comme Alain de Benoist ou Renaud Camus, avec la « théorie du grand remplacement », et qui, au fond, réclament de faire repartir tous les gens qui ne sont pas des Français de souche. C’est une sorte de partage du monde : le califat de Daech d’un côté, une Europe purifiée de l’autre. Ces deux logiques, en opposition apparente, sont en réalité du même ordre. Ce sont des logiques d’apartheid et de combat. Parce que nous sommes attachés aux droits universels, nous refusons la récupération par l’extrême droite au sens large de cet événement tragique, qui est pour elle une aubaine. C’est un événement rêvé, l’occasion pour elle d’affirmer : « on vous l’avait bien dit ». Lutter contre le crime qui a été commis contre Charlie Hebdo, c’est aussi lutter contre l’extrême droite en France et contre la contamination de la haine.

D’aucuns nous promettaient déjà une Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2017. Quelles peuvent être selon vous les conséquences politiques de ce drame?

Jean-Pierre Dubois. Il est sans doute trop tôt pour le dire de manière précise. Mais on peut craindre qu’il y ait une augmentation des tensions et des crispations. Car partout en Europe, cela monte. Bien sûr, il y a aussi des réactions positives : en Allemagne, les contre-manifestants sont désormais plus nombreux que ceux dénoncent « l’islamisation » du pays. Ce qui est inquiétant en revanche, c’est que cela touche tous les pays, et pas seulement ceux frappés de plein fouet par la crise, comme en Grèce avec le mouvement Aube dorée. Cela monte en Suisse, en Norvège, en Suède… C’est donc une tendance plus lourde. J’espère qu’il y aura en France des réactions d’anticorps face à ce virus. Mais le risque de la contamination existe. Pas seulement à cause de la crise sociale. Mais aussi à cause de ce sentiment qui se répand et que certains expriment en disant : « On en a marre qu’on nous fasse la morale ». « Marre des droits-de-l’hommistes », comme avait dit Nicolas Sarkozy. « Marre d’entendre parler de la Shoah ou des horreurs de la seconde guerre mondiale », comme l’osent d’autres. Et ça, ça se paye très cher. A un moment donné, quand on appelle de ces vœux un discours décomplexé, ce qui parle, c’est la force. Et parfois la force des kalachnikovs. Car finalement, il n’y a plus aucune barrière éthique. Si on peut tout dire, tout faire, si l’essentiel est d’être du bon côté du manche, la seule issue, c’est la violence. On paye aussi cette dérive. Je me souviens avoir dialogué après le 11 septembre 2001 sur les ondes de la BBC avec un professeur de droit américain qui défendait l’usage de la torture pour faire parler les auteurs d’attentat. Y compris la torture des enfants pour faire parler les parents… Au nom de l’utilitarisme évidemment. C’est effrayant. Car suivre ce chemin, c’est entrer dans la logique même des criminels que l’on prétend combattre. Et d’une certaine façon, les faire gagner. Le Patriot Act aux Etats-Unis, c’est la victoire de Ben Laden. Ce que demande Marine Le Pen aujourd’hui serait une victoire des criminels de mercredi.

Certains ont évoqué un « 11 septembre de la presse » après l’attaque contre Charlie Hebdo…

Jean-Pierre Dubois. Franchement, je trouve que c’est un peu prématuré de dire ça. On ne sait pas encore avec précision tout de ceux qui ont agi. Des gens qui paraissent bien entraînés, certes. Mais il ne faut pas aller trop vite. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’un choc terrible. Même les attentats de 1986 et 1995 avaient fait moins de morts. Et il y a ce symbole, cette déclaration faite par les agresseurs en partant : « On a tué Charlie Hebdo ». Pas douze personnes, mais bien un journal. Pour être franc, ce n’est pas au 11 septembre que m’a fait penser ce drame mais à l’assassinat de Jaurès. Raoul Villain, celui qui tue Jaurès, ce fou, veut tuer d’abord un journaliste. D’abord quelqu’un qui se bat politiquement avec ses armes de journaliste. Il veut tuer au fond l’expression d’une pensée journalistique. Bien sûr, il n’a pas tué toute la rédaction de l’Humanité. Mais il a frappé à la tête. C’est cela qui s’est passé mercredi : l’assassinat de gens qui portent une parole de liberté. La parenté avec le 11 septembre, elle est sans doute plus dans l’après, et le but poursuivi, c’est-à-dire instaurer la terreur. Or, celle-ci rend fou. Et peut conduire au Patriot Act. De ce point de vue, encore une fois, Ben Laden a gagné : pendant cinq ou six ans, les Etats-Unis ont été complètement hypnotisés par cette affaire. Et c’était le but. Pas de faire de ce pays une république islamiste. Mais de faire en sorte que les régimes démocratiques apparaissent comme des régimes despotiques. Et ils sont tombés dans le panneau. Ensuite, restons prudents. Mohamed Merah, à Toulouse, était seul. Cela n’a rien à voir avec un réseau mondial comme Al Qaïda. Ce qui est sûr, c’est que l’onde de choc est telle dans la société qu’elle pourrait servir à des gens qui rêvent de despotisme et de recul des libertés. Et servir le racisme, de manière peut-être encore plus forte qu’après le 11 septembre aux Etats-Unis. Certes, il y a eu là-bas beaucoup de discriminations contre les musulmans après le 11 septembre. Mais avec le Patriot Act, la réaction a plus été sécuritaire que xénophobe. En Europe en revanche, le contexte est clairement à la montée de la xénophobie. La situation en Europe est donc plus préoccupante qu’après 2001 aux Etats-Unis. Le continent est à la fois en crise sociale et dans un trouble identitaire. Pendant cinq cents ans, les Européens étaient les maîtres du monde, et maintenant, ce n’est plus le cas. Des gens supportent mal cela, comme ils supportent mal l’immigration et la diversité culturelle. Ils ont la nostalgie de ce moment où les musulmans étaient confinés dans les colonies, où on savait les traiter avec la chicotte. C’est la crise d’adaptation d’une partie des habitants de l’Europe au nouvel état du monde. Regardez les couvertures des hebdomadaires en France. Avant même le drame de mercredi. J’ai un ami qui les collectionne depuis soixante ans. Un jour, il m’a montré que deux tiers de ces couvertures concernaient les musulmans… C’est une obsession. Le drame de mercredi à Charlie Hebdo peut être vu comme une étincelle, horrible. Mais il faut bien se rendre compte qu’il y a des explosifs, autour de cette étincelle. Je ne veux pas caricaturer le manifeste du Parti communiste, mais s’il y a un « spectre » qui hante l’Europe aujourd’hui, ce n’est plus le même…

« On a vengé le prophète », ont crié les agresseurs de Charlie Hebdo. Le fondamentalisme religieux vous semble-t-il néanmoins faire peser une menace accrue aujourd’hui ?

Jean-Pierre Dubois. C’est certain et nous ne la sous-estimons pas, contrairement à ce que certains disent. Le fondamentalisme musulman existe, comme il existe un fondamentalisme juif dans les territoires occupés, comme il y a eu un fondamentalisme protestant autour de la présidence de Bush aux Etats-Unis… Il y a clairement aujourd’hui une poussée des fondamentalismes, et une poussée violente. Mais je pense qu’il s’agit, un peu comme l’OAS en 1962, de la poussée de gens qui ont perdu la partie et ne le supportent pas. La réalité des pays de culture musulmane, c’est celle que décrit le livre remarquable de Youssef Courbage et Emmanuel Todd, « Le rendez-vous des civilisations », sorti en 2007. C’est-à-dire la transition démographique, l’augmentation du niveau des études, la baisse de la fécondité. Toutes choses qui montrent que le fantasme d’un retour au Moyen-âge n’a aucun sens. La réalité, c’est que les femmes dans ces pays font moins d’enfants. Cela veut dire que ce ne sont pas les fondamentalistes qui sont en train de gagner. Ou qu’à tout le moins, c’est plus compliqué que ça. Il s’agit donc d’une violence réactive. L’OAS a tué beaucoup de gens parce que l’Algérie ne pouvait plus être française et qu’ils savaient qu’ils avaient perdu. Je pense qu’on est face à quelque chose du même ordre. Néanmoins, il ne faut pas sous estimer ce mouvement. Ces deux « fous » avaient l’impression de venger le prophète, c’est certain. Mais Pol Pot avait aussi l’impression d’être marxiste… Certains délires rendent ce genre de choses possibles, y compris des psychoses personnelles, comme dans le cas de Mohamed Merah, qui était un malade, un psychotique. Mais encore une fois, les fantasmes face à l’intégrisme religieux prennent une place trop vide, qui est celle du politique. C’est pourquoi la question se pose de façon aussi aigue au Moyen Orient. Va-t-on revenir à l’alternative entre les despotes et les fous de Dieu? Les Egyptiens sont-ils condamnés au choix entre ce qui se passe en ce moment, le retour d’une dictature militaire horrible, et l’intégrisme religieux? Est-ce que la Syrie est condamnée au choix entre Bachar El-Assad d’un côté, et de l’autre Al Nosra et Daech? Un choix, au fond, entre la peste et le choléra, qui sont unies dans une sorte de complicité objective. C’est une question absolument décisive. C’est pour cela que la situation politique en Tunisie est aussi importante. Ce choix impossible entre deux violences menace aussi l’Europe. Car il assoie l’idée qu’elles seules peuvent résoudre les problèmes.

 

C’est un journal de gauche, qui défend des valeurs de gauche, qui a été attaqué mercredi, et pas ceux qui professent la haine et le repli sur soi. Comment l’analysez-vous?

Jean-Pierre Dubois. Je ne suis pas sûr que, pour les auteurs de ces actes, Charlie Hebdo soit un journal de gauche. Cela ne fait pas partie de leurs « catégories ». Je ne suis pas sûr qu’ils distinguent la gauche de la droite. Ils ont attaqué ce qui leur paraissait insupportable: des dessins, des caricatures, des textes qui leur semblaient être une insulte à ce qu’ils pensent être leur religion. C’est la liberté d’expression qu’ils n’ont pas supporté. Et je le dis alors que nous avons été parfois, à la Ligue des droits de l’Homme, en désaccord avec Charlie Hebdo. Nous avions considéré que ce qu’ils avaient publié pouvait être une insulte pour un certains nombre de gens. Cela n’est évidemment pas une excuse à ce qui s’est passé mercredi. Notre désaccord portait sur la conception du respect de la liberté et des croyances des autres. On peut bien sûr critiquer toute religion. Mais par exemple, quand Michel Houellebecq, dans un précédent livre, affirme que « l’islam est la religion la plus con du monde », ce qu’il exprime, ce n’est pas la critique d’une religion, c’est la supériorité des anciens pays coloniaux. Dans un langage qui évoque plus l’alcoolisme que la littérature, d’ailleurs. Charlie, bien sûr, n’en était pas là. Mais il y a eu parfois des expressions qui ne nous paraissaient pas compatibles avec le respect des autres. Ce désaccord ne change rien, évidemment, au caractère injustifiable de ce qui s’est passé.

 

Charlie Hebdo et ses dessinateurs, c’était aussi votre jeunesse étudiante. Vous avez évoqué le souvenir d’un dessin de Wolinski, réalisé pour la campagne du journal de la Ligue communiste de l’époque, « Rouge »…

Jean-Pierre Dubois. Oui, même si je n’étais pas moi-même à la Ligue communiste, beaucoup de mes copains y étaient. Et je me souviens particulièrement bien de ce dessin. Wolinski y montrait un couple d’amoureux, assis au bord de la mer, face à un soleil levant. La fille dit à son copain: « C’est Rouge ». Et il lui répond: « Demain, il va faire beau ». C’est tout simple. Quand on a 18 ans, on est touché par ces choses-là. Mais je le suis encore aujourd’hui, car au delà de la référence à tel journal ou tel parti politique, ce qu’exprimait ce dessin, c’est la confiance dans l’avenir et le progrès social et politique. Les fameux « lendemains qui chantent ». On sait, bien sûr, qu’il faut se garder d’un excès d’illusions. Mais enfin, cela nous manque beaucoup, aujourd’hui, cette idée que demain, il va faire beau. Ce dessin, c’était une espèce d’intuition extrêmement forte, dont des gens comme Wolinski étaient coutumiers, qui va bien au-delà d’un discours politique. C’était l’état d’esprit d’une société. Celle d’après 1968, au moins dans la jeunesse, pensait effectivement être en capacité de construire un monde meilleur. C’est aussi ce qui nous touche au cœur avec le drame de Charlie Hebdo. Charb, Cabu, Wolisnki, Bernard Maris… C’est inimaginable qu’on les ai tués. Parce qu’ils représentaient la créativité, l’insolence, l’adhésion à un progrès, l’émancipation. C’était bien ça la cible: la liberté. C’est autour de ça qu’il faut aujourd’hui rassembler les gens: l’idée qu’il n’y a pas de raison de renoncer à la liberté, ni à l’émancipation, ni à l’espoir d’un avenir meilleur.

Les rassemblements très nombreux, souvent spontanés, organisés depuis mercredi, sont des motifs d’espoir pour cet avenir meilleur?

Jean-Pierre Dubois. Oui. Car pour tout vous dire, quand on m’a parlé, à chaud, de l’idée de rassemblements, j’étais d’abord un peu inquiet, même si le côté positif semblait évident. Il y avait d’abord le risque d’autres attentats, d’éventuelles interdictions liées à ce risque. Mais aussi la question : Est-ce que ça va marcher ? Rien n’aurait été pire que des rassemblements squelettiques. Même pour des raisons compréhensibles. Cela aurait été effroyable de se retrouver à seulement quelques centaines, place de la République. Il y a en a eu 100.000 dans toute la France. Cela veut dire que la société a été touchée en profondeur, toute la société, et pas seulement les militants. Il y a donc un écho fort. Mais nous avons déjà vécu ça. Rappelez-vous le 1er mai 2002… Cette réaction est un motif d’espoir. Mais, est-ce que la réponse sera à la hauteur de cet espoir? Les forces politiques, syndicales, associatives arriveront-elles à redonner aux gens la confiance, l’envie de participer, de s’impliquer? C’est capital. Car aujourd’hui, nous en sommes assez loin. Il y a une espèce de désenchantement qui est très fort, dont il faut sortir. Sinon, de plus en plus de gens se tourneront vers d’autres voies: l’intégrisme religieux, la violence pure, l’enfermement xénophobe… L’alternative est simple: c’est soit le politique, soit la guerre. Nous choisissons le politique. Et quand on dit que celui-ci est sale, ce qu’on récolte, au bout, c’est la guerre. La guerre de tous contre tous. Il faut au contraire ouvrir un chemin pour que les gens qui se rassemblent depuis mercredi ne désespèrent pas.

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Après l’émotion, la raison…

Posté par jacques LAUPIES le 12 janvier 2015

https://www.youtube.com/watch?v=bisRq5zRjJE[/youtube]

 

DSC_0428-1 Des proches des victimes submergés par la douleur mais aussi l’hommage populaire

Bien qu’ayant participé à des manifestations locales où s’est exprimé le soutien aux victimes de la tragédie de Charlie Hebdo, je n’ai pu me déplacer ce dimanche frappé par un léger malaise, sans gravité, mais qui m’a retenu cloué chez moi au moment où je voulais me rendre à Chateaurenard lieu d’organisation d’une marche en hommage aux victimes.

J‘ai donc pu suivre à la télévision le déroulement de la manifestation extraordinaire qui s’est déroulé à Paris mais aussi dans de nombreuses villes de France. Cela n’a pas été inutile dans ce passage nécessaire de la réaction émotionnelle à l’analyse.

Que le peuple de France se soit mobilisé pour la défense de la liberté tout court et d’expression en particulier, pour le respect de la démocratie, de la laïcité, pour le développement de la solidarité et de la fraternité, est une réalité réconfortante.  A été ainsi confirmée cette notion universelle de liberté, contre l’obscurantisme toujours facteur de violence, contre la guerre instrument et fruit pourri des cupidités des grandes fortunes et des manipulations qu’elles organisent.

Au lendemain même des évènements tragiques qui ont frappé à la fois l’intelligence et le courage incarné par des journalistes-artistes, d’autres citoyens dans l’exercice de leur travail et de leur fonction, il convient de faire un bilan, d’en tirer les enseignements.

Déjà dans les commentaires des chaînes de télévision a filtré ce qui nous attends : des propos de commentateurs auxquels nous sommes habitués, exprimant certes quelques vérités sur l’importance des manifestations et leur cause, mais qui tentent parfois de nous convaincre, de nous enfermer dans une empathie généralisée et uniforme en sachant bien que la réaction populaire, d’abord spontanée et fondée sur de véritables convictions, doit-être canalisée autant que possible.

D’où l’insistance sur le pseudo apolitisme de règle, l’oubli des causes profondes de cette guerre qui se développe. Où, trop vite ,on substitue comme hélas on le fait fréquemment à ce qui n’est que la continuation d’affrontements de classe, d’origine coloniale, nationale ou internationale, en un conflit uniquement présenté entre porteurs d’un terrorisme barbare et  nations porteuses de valeurs de démocratie de respect des droits de l’homme.

Tout ayant pour conséquence de faire oublier (un temps) les dégâts que peuvent causer, pour des centaines de milliers, voire pour des millions de personnes les pires cruautés sur les théâtres d’interventions et d’affrontements, avec les politiques absurdes mais voulues,  pour que s’exercent les dominations économiques que nous connaissons.

D’autres l’ont dit et cela va être répété : ce moment a été exceptionnel de générosité, de détermination dans la défense des valeurs de notre république. Il l’est tellement que les gouvernements occidentaux, des Etats-Unis à l’Europe et d’autres puissances dans le monde ont à le craindre et donc à ne pas se priver d’apparaitre des soutiens à ces forces populaires en marche. Des forces qui peuvent de ce fait ne pas aller au delà d’une prise de conscience positive mais au contraire limitée et partielle.

Ces puissances ont certes fait un simulacre de descente dans la rue. En France l’état semble avoir relativement bien géré ce drame avec une intervention forte des moyens.

Mais, c’est ma conviction, rien ne sera réglé et pourra même être aggravé si le choix d’un degré supplémentaire d’interventions militaires vient à se développer en y entrainant d’autres pays.

Rien ne sera non plus réglé si notre pays ne transforme pas sa politique internationale par des négociations, des coopérations,  avec les peuples victimes de l’exploitation de leurs ressources humaines et matérielles, victimes de spoliation de territoires.

Comme c’est toujours le cas dans ces moments de rassemblement dans la diversité, de fusion, les consciences s’éveillent, les idées s’affrontent. Il ne faut donc surtout pas faire l’économie de l’exigence d’analyses, de raison.

 

 

 

DANS L’HUMA DE CE DIMANCHE (SITE WEB)

Marche républicaine du 11 janvier : la France n’a pas peur !

Eugénie Barbezat avec AFP
Dimanche, 11 Janvier, 2015
L’Humanité.fr

 

Après l'émotion, la raison... dans POLITIQUE toulouse-manif-attentat-afp-eric-cabanis_545x460_autocrop

AFP/ERIC CABANIS
Des centaines de milliers de personnes sont attendues ce dimanche à Paris pour la marche républicaine en hommage aux victimes des attentats terroristes de ces derniers jours.Une cinquantaine de chefs d’Etat et personnalités internationales marcheront au côté du président de la République et des responsables politiques français.
Dirigeants du monde entier, partis, syndicats, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, associations, personnalités vont accompagner une foule de plusieurs centaines de milliers d’anonymes. Cette marche républicaine, fera sans nul doute de ce 11 janvier, un jour historique de mobilisation contre le terrorisme et pour la liberté d’expression.
Aujourd’hui le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le président palestinien Mahmoud Abbas et le couple royal jordanien sont attendus à Paris pour se joindre au président français à partir de 15H00. De même que le président ukrainien, Petro Porochenko, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Participeront aussi huit présidents africains et les plus hauts dirigeants européens, d’Angela Merkel à David Cameron, de Mariano Rajoy à Jean-Claude Juncker. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, ne sera en revanche pas présent, a confirmé à l’AFP un responsable américain. Mais Washington est solidaire de Paris: « Aucun acte de terrorisme n’arrêtera jamais la marche de la liberté », a salué dimanche le secrétaire d’Etat, John Kerry.
Au total, ce sont près de 50 dirigeants et responsables étrangers que François Hollande, omniprésent sur tous les fronts de la crise depuis mercredi, devrait recevoir auparavant à l’Elysée.
Le défilé partira de la place de République à 15h et suivra deux parcours pour permettre de drainer la foule immense,qui marchera, durant 3 kilomètres jusqu’à la place de la Nation.
Les familles des victimes doivent marcher en tête du cortège. Suivront le chef de l’Etat et les hôtes étrangers, puis les personnalités politiques françaises.
Tous les partis seront là à l’exception du FN. Marine Le Pen, vexée de ne pas avoir été invitée formellement, a appelé à manifester en province et non à Paris. Elle-même sera à Beaucaire, une mairie d’extrême droite. Le Secrétaire nationale du PCF a lancé un appel vibrant à marcher dimanche. « Rien, aucune opération politicienne, ne nous détournera de l’hommage que nous voulons rendre à toutes les victimes et de la force qu’il convient de donner au message de fraternité républicaine qui nous anime » a-t-il déclaré dans un communiqué.
C’était au départ un hommage aux victimes des attentats, à commencer par les membres de la rédaction de Charlie Hebdo décimée mercredi, suivi de l’assassinat d’une jeune policière jeudi, et de quatre personnes tuées dans une supérette casher vendredi. C’est devenu progressivement un sommet contre le terrorisme à haute résonance diplomatique.
Il s’agit en effet d’un évènement exceptionnel en France puisque, avant François Hollande aujourd’hui, un seul président français avait déjà participé à une manifestation de rue: il s’agisait de François Mitterrand, en 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras.
De nombreux rassemblements sont également prévus en province, notamment à Lyon, Bordeaux, ou encore Reims. Comme samedi, des rassemblements doivent aussi avoir lieu à l’étranger, à Londres, Berlin ou Washington notamment.
Les journaux français lancent dimanche un appel unanime pour la défense des libertés et à la « résistance », quelques heures avant la marche parisienne.
Ainsi, L’Humanité a sorti une édition spéciale rappelant la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » , Le Monde appelle à « marcher contre la terreur », le Journal du Dimanche souligne que « Le monde se lève », alors qu’Aujourd’hui en France/Le Parisien titre: « Ensemble ». Libération paraît exceptionnellement avec en Une le « Je suis Charlie » emblématique de la mobilisation des Français.
Dans le cortège parisien, une édition exceptionnelle de l’Humanité sera vendue 1 euro au profit de Charlie Hebdo.
A l’Elysée, on a salué à la fois « la mobilisation internationale exceptionnelle » et l »‘union nationale ».
Mais a-t-on ajouté, il s’agit d’abord du « rassemblement du peuple français ». Ce que confirme un sondage Ifop Paris Match publié samedi soir : 97% des Français jugent nécessaire de faire preuve d’unité nationale. A noter que seuls 17% des Français avouent avoir peur, après les attaques, selon un sondage Odoxa, pour Le Parisien Dimanche/Aujourd’hui en France.
Manuel Valls a promis des mesures de sécurité à la hauteur. Elles seront draconiennes avec 2.200 hommes mobilisés, 10 stations de métro fermées, le stationnement interdit.
Cette manifestation intervient alors que le plan Vigipirate est à son niveau le plus élevé – « alerte attentat » – en Ile-de-France.
Dans le cadre de ce plan, 2.000 policiers et 1.350 militaires protègeront en outre les sites sensibles à Paris et son agglomération: sièges des médias, lieux de culte, écoles confessionnelles, bâtiments publics, représentations diplomatiques.
Les mobilisations impressionnantes samedi dans les grandes villes de province – 700.000 personnes en tout, selon l’Intérieur, 120.000 dans la seule Toulouse – semblaient augurer de chiffres massifs, d’autant que la météo doit être clémente.
« Plusieurs centaines de milliers » de manifestants, a prudemment avancé Bernard Cazeneuve, « des millions », s’est aventuré le Premier ministre Manuel Valls.
Dimanche matin, en Allemagne, un quotidien de Hambourg, qui avait publié des caricatures de Mahomet venant de Charlie Hebdo a été la cible d’une attaque avec un engin incendiaire, sans qu’il y ait eu de blessés.
Après ces temps d’hommage, de deuil et de communion viendront sans nul doute celui des débats, des mises en cause, des doutes sur les systèmes de sécurité où, a admis M. Valls, il y a eu « des failles ».
Un hommage qui sucite des critiques :
Certains dessinateurs et journalistes de l’hebdomadaire satirique ont exprimé leur surprise face à un tel engouement. Des manifestations de soutien qui peuvent sonner étrangement, envers un journal qui a toujours cultivé l’irrévérence et l’art de ne pas se faire que des amis.
« Ils ont fait sonner les cloches de Notre-Dame pour Charlie, non mais on rêve ! », s’exclamait vendredi Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, pour souligner l’ironie de la situation d’un journal anticlérical célébré unanimement, jusque dans la plus célèbre cathédrale parisienne.
Plusieurs membres de la rédaction ont reçu avec un peu d’amertume ces marques de solidarité envers un journal que peu soutenaient encore il y a quelques jours. Parmi eux, la rédactrice Zineb El Rhazoui, qui expliquait au Monde :
« J’aurais aimé que ceux qui sont morts bénéficient d’un tel soutien de leur vivant. Et ce n’était pas du tout le cas. ‘Charlie Hebdo’ est un journal qui a été conspué par tout le monde. Et ce qui est arrivé, on pouvait s’y attendre. On recevait des menaces tout le temps et certains nous disaient qu’on l’avait bien cherché… »
D’autres n’iront carrément pas manifester, à l’image de Laurent Léger, journaliste enquête et investigation de Charlie Hebdo :
« Je n’irai pas à la manifestation de dimanche mais je crois que suis le seul de l’équipe de ‘Charlie Hebdo’ à avoir fait ce choix. Je n’aime pas manifester en général, je pense que ‘Charlie Hebdo’ peut être absent d’un cortège où il y aura des politiques de tous bords et au sujet duquel il y a eu une polémique avec le FN. Pour autant, je trouve que le mouvement de soutien actuel est formidable et j’espère qu’il y aura beaucoup de monde à manifester dimanche. »
‘Charlie Hebdo’ a toujours été à part. Maintenant ‘Charlie Hebdo’ devient mainstream. On s’institutionnalise, pour une semaine ou deux. C’est nouveau. Mais c’est un passage obligé, je ne suis pas contre cela. Et je sais que dans quelques semaines, une actualité en aura chassé une autre et nous serons seuls. (…) On est un peu dépassés : ce n’est pas que pour ‘Charlie’ que les gens vont défiler. Ça se comprend. »
Dans Les Inrocks, le dessinateur Luz, rescapé de l’attentat du 7 janvier, estime de son côté que « la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé ». Il ajoute :
« C’est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de ‘Charlie’. (…) Cet unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort.
On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d’attitude. »
Le dessinateur néerlandais Willem, de son vrai nom Bernard Holtrop, a eu les mots les plus durs dans Le Point. Réagissant au soutien du chef de file de l’extrême droite néerlandaise Geert Wilders, il s’est exclamé : « Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis. »
Et pour ce qui est du soutien mondial à son journal :
« Ils n’ont jamais vu ‘Charlie Hebd’o. Il y a quelques années, des milliers de gens sont descendus dans les rues au Pakistan pour manifester contre ‘Charlie Hebdo’. Ils ne savaient pas ce que c’était.
Maintenant, c’est le contraire, mais si les gens manifestent pour défendre le libre mot, c’est naturellement une bonne chose. »

Ce soir Arte a diffusé « Vol au-dessus d’un nid de coucou ». J’ai regardé une nouvelle fois cette œuvre de Milos Forman qui est l’un de mes films préférés si ce n’est le préféré. Même s’il est inspiré par le climat régnant dans les pays socialistes il a une valeur qui s’applique à toutes les sociétés qui usent et abusent de certaines conceptions psychologiques dans le traitement des individus au regard même de leurs qualité de citoyens. Enfermés ou libres…Malades ou sains… A voir  et à revoir !

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Le temps des voeux pour 2015

Posté par jacques LAUPIES le 11 janvier 2015

Toute les municipalités selon une tradition républicaine organisent les vœux pour la nouvelle année.

Ce samedi matin à 11 h c’était à Tarascon, ce samedi à 18 h 30 à Noves.

A TARASCON

Arrivé tardivement à Tarascon le matin  je n’ai pu entendre les discours du Maire de sensibilité de droite, mais si cela vous intéresse la presse locale vous en dira peut-être plus.

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Le Maire de Tarascon Lucien Limousin entouré de collègues

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Michel Vauzelle Député PS

A NOVES

Ce que j’ai pu constater est que, comme à l’habitude, les élus des villes environnantes, maires, conseillers généraux, députés  étaient  présents. D’Arles, de Saint-Rémy, de Chateaurenard, de St Martin de Crau, des villages : St Etienne du Grès, Boulbon, etc. pour n’en citer que quelques uns. Des personnages exerçant des fonctions publiques ou entrepreneurs étaient également là.

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Les invités élus du canton et des cantons environnants. A noter la présence de Pierre Dharreville à droite au premier rang.

Même présence à Noves où j’ai pris quelques photos. Et n’allez pas croire que c’est la sensibilité politique de Georges Jullien, identique à celle de Marcel Ginoux, Maire communiste à qui il a succédé depuis plusieurs mandats, dans cette cité réputée rurale, qui explique un compte rendu plus dense des vœux de cette ville.

Pour une fois j’étais à l’heure du début de la cérémonie, ce qui est une dérogation à mes habitudes de photographe amateur et retraité. Entre autres…

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Le maire de Noves pendant son allocution

Grand bien m’en a fait car le Maire de Noves avait agrémenté son discours d’une projection d’images pour illustrer les différents thèmes abordés. Sans qu’évidemment je  partage  toute sa vision des évènements politiques nationaux et internationaux j’ai cependant apprécié son exposé dans lequel il a exprimé avec franchise ses convictions

Au global on y a retrouvé quelques critiques acerbes à l’égard du gouvernement Hollande et de la majorité de droite sarkoziste.

Même ton à l’égard des gouvernants européens notamment de Merkel, du Président de l’UE Junker l’homme dirigeant du paradis fiscal qu’est le Luxembourg, de Poutine homme de l’oligarchie russe (ce qui aurait peut-être nécessité de rappeler les causes qui ont dicté son comportement à l’origine duquel les Etats Unis et l’Europe portent tout de même une lourde responsabilité)

Mais l’espoir était là avec l’évocation de la possible accession au pouvoir de la gauche « radicale » en Grèce.

La situation présente dans le pays ne pouvait-être tue et cela a été fait en dénonçant le désengagement de l’état vis à vis des collectivités locales avec les conséquences que cela aura dans la gestion et les investissement de la commune de Noves, qui sera frappée comme tant d’autres par la diminution des dotations dudit état. Le Maire présentant parallèlement un bilan des réalisations de son équipe et ses projets à venir.

Il a rappelé cependant que la majorité départementale de gauche – à laquelle participent les élus communistes, certes en nombre insuffisant, mais d’une réelle efficacité (NDLR)  -  avait été d’une grande aide pour la commune. Ce qui, a souligné Georges JULIEN, nécessite que confiance soit renouvelée à cette majorité.

Présentation a même été faite du nouveau canton qui s’étend de Tarascon à Plan d’Orgon dans cadre d’un nouveau découpage. Ce vaste canton devra élire en mars, à parité hommes / femmes, deux titulaires et deux remplaçant.

Soulignons au passage que les communistes de ce nouveau canton seront présents à cette élection avec la volonté de défendre des objectifs de changement face à la politique libérale suivi par le gouvernement actuel, de combattre une droite qui tente de se recomposer y compris sur des positions plus dures et une extrême droite avec le FN qui surfe à la fois sur les vagues de la démagogie sociale et sur « ses fondamentaux » anti immigration et d’incitation à la division par la mise en opposition de différentes catégories de la population.

Comme en ont pris l’initiative la plupart des élus locaux à l’occasion de la présentation de leurs vœux,  à ce jour il convient de rendre hommage aux victimes des attentats terroristes, commis par de véritables fous de Dieu. Les minutes de silence observées par toutes ces foules réunies avec leurs élus ont marqué l’émotion provoquée notamment par la tuerie qui a frappé des amis dessinateurs et journalistes, symboles de l’attachement à la liberté d’expression, de l’intelligence de leur art. Une tuerie qui a frappé également des fonctionnaires de police victime de l’exercice d’un métier difficile qu’ils ont assumé héroïquement. Sans oublier des otages frappés par cette sauvagerie.

Ce fut fait aussi à l’occasion de ces vœux qui ont marqué l’attachement profond des populations concernées.

Passé ces recueillements viendra cependant le temps de la réflexion sur les causes qui ont plongé notre pays dans la tristesse mais aussi dans une réelle volonté de comprendre à laquelle nous devons apporter notre propre vision de communiste. Les élections départementales en seront l’occasion.

Nous le ferons…

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La salle comble de l’Espacier à Noves

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Autre vue de la salle

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Le groupe de musicien novais

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Le Maire honore des personnalités

 

 

Des dessins pour Charlie

  • Le temps des voeux pour 2015 dans POLITIQUE
  •  Noves dans POLITIQUE
  •  Tarascon 13150
  • Patrice Morel

  • Dessin de Philippe Squarzoni

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Des dessinateurs de presse du monde entier rendent hommage en dessin aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo.

 

 

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