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Les coquins et les moins coquins

Posté par jacques LAUPIES le 27 janvier 2015

 

J’écoute « C dans l’air » a défaut d’avoir la possibilité d’accéder à des débats auxquels participeraient des économistes favorable à Tsipras.

Histoire de prendre un peu la température du monde libéral et de voir jusqu’où peut aller leur entreprise de démolition de la nouvelle gouvernance grecque.

Dessertine et son cabri qui saute : la dette, la dette, la dette toujours la dette. Ses origines, de la dette, son mécanisme financier et bancaire au service des tenants des richesses produites et donc du capital ? Ne comptez pas sur ce Conseiller pour vous l’expliquer. Ben entendu il enfonce le clou et veut culpabiliser les contribuables français

Syriza va provoquer, s’il échoue le retour des néo nazis, dit un des compères et Christophe Barbier ne dit pas le contraire.

Seule la représentante grecque met un peu de l’ordre. Du coup sur le plateau on fait la gueule !

Je passe sur LCP et voila des gens un peu plus raisonnable : Bernard Guetta de France Inter, Marietta Karamanlis député de la Sarthe, Thomas Piketty, le représentant du PG nuancent sur les origines de la dette et son règlement face à Jean Artuis. égal à lui même et qui défend les banques quand un téléspectateurs suggère que la BCE prête elle même aux états. Ce qui parait une formule très naturelle puisqu’elle éviterait à ces banques de s’enrichir sur notre dos. Bref si » l’on exclut Alexis Corbières, favorable à Syriza, les interlocuteurs sont un peu moins coquins que sur le plateau de la 5.

Mais l’entreprise de récupération et la « compréhension » voire la « compassion » à l’égard du peuple grec sort de la bouche des croquemorts qui ont tenté ou cautionné l’enterrement.

Je cherche un communiste dans ces débats. Ah si ! Ce matin Marie Georges Buffet était dans « politique matin » avant que nous ne dussions supporter quatre journalistes manifestement pas d’accord avec Syrisa,  dans leurs commentaires.

On a bien l’habitude mais faut quand même s’y faire !

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coquin

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un moins coquin

tout ça fait ventre dans la télévision publique !

 

DANS L’HUMA

Vassilis Vassilikos : « La troïka est une entreprise de déshumanisation »

Entretien réalisé par STÉPHANE AUBOUARD
Lundi, 19 Janvier, 2015
L’Humanité

 

Les coquins et les moins coquins dans POLITIQUE vassilis

Vassilis Vassilikos est écrivain, auteur de Z
Photo : Laurent Giaudou/Opale
Devenu mondialement célèbre au début des années 1970 avec l’adaptation pour le grand écran par Costa Gavras de son roman éponyme « Z » qui recevra l’oscar du meilleur film étranger à Hollywood, Vassilis Vassilikos, 80 ans, reste une personnalité très respectées de Grèce. Dans cet entretien réalisé à la veille du scrutin il apporte une réflexion profonde sur les forces qui traversent son pays.

Après le rétablissement de la démocratie, le Premier ministre Andreas Papandreou lui demandera de devenir directeur des programmes à la télévision en 1981, un poste qu’il occupe jusqu’en 1984. Candidat symbolique pour le parti de la Gauche démocrate (Dimar) qui recueille entre 1 et 3% des voix dans les sondages, il porte un  regard lucide sur la société grecque actuelle, un regard mêlé d’inquiétude et d’espoir, sombre devant la percée de l’Aube Dorée, un peu plus clair devant la possible victoire de Syrisa dont son parti Dimar est proche idéologiquement, et qui pourrait sortir la Grèce des griffes de la Troïka. Vassilis Vassilikos qui passé de nombreuses années en France racontent aussi sa nostalgie vis à vis d’une influence culturelle de la France de plus en plus réduite en Grèce.

Vassilis Vassilikos, vous avez écrit, puis lutter depuis votre exil en France, contre la dictature des colonels (1967-1974). Quarante ans plus tard, la Grèce subit la politique de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne). Le peuple grec est-il selon vous victime d’une nouvelle dictature ? Vassilis Vassilikos : Je pense en effet que la Troika est une forme de dictature même si pour moi le mot dictature recèle avant tout une connotation militaire.  Je préfère  dire  que la Troïka est une « entreprise de déshumanisation ».  Elle est le bras armé d’un processus anti-démocratique qui a commencé avec le traité de  Maastricht.  Dès le départ il y avait dans cette Europe monétaire contre laquelle j’ai lutté aux côté de Jean-Pierre Chevènement et Régis Debray en militant pour le non en 1992, tous les ingrédients de  cette déshumanisation. Le texte m’avait beaucoup choqué du fait de l’absence d’un mot tout au long des 12 000 pages du traité ; et ce mot c’était le mot Culture. Or sans culture dans un projet politique il ne peut y avoir de construction sociale. Aujourd’hui encore, je ne m’explique pas comment un homme comme François Mitterrand dont j’aime les écrits de jeunesse autant que j’aime ceux d’André Gide, comment un homme de culture d’une telle envergure,  a pu laisser faire ça ?  Vingt ans plus tard, l’Europe ne va pas bien, elle est malade. Et la Grèce en pâtit tout particulièrement. Ceci dit, la Troïka n’est pas seule responsables de la crise grecque. L’autre grande  responsabilité revient à Georges Papandreou fils qui n’a pas su négocier avec ces institutions là. Les Grecs avaient trois rêves dans leur vie : une maison, une voiture et une retraite. Tout ceci acquis après de longues années de luttes sociales et fratricides et dans l’idée que personne ne toucherait à ces acquis. Pendant plus de trente ans des générations de grecs ont donné 30% de leur salaire qui devait assurer leur retraite et qui sont partis en fumée.  Ces trois choses essentielles aux yeux du peuple grec était négociable avant de signer. Papandreou aurait dû simplement rappeler que notre pays n’était ni les Etats Unis, ni la France, ni la Grande Bretagne.

Vous-même candidat de la Gauche démocratique (Dimar) lors de ces législatives anticipées, vous avez souvent critiqué Syriza. En 2012 par exemple, vous accusiez  ce jeune parti en pleine expansion,  de ne pas assez ouvrir le dialogue avec l’ensemble des composantes de la gauche grecque?  Deux ans plus tard, conservez vous ce sentiment là, et voyez vous dans la possible victoire de Syriza un espoir pour la Grèce et plus largement pour l’Europe ? Vassilis Vassilikos : A l’époque, je vous rappelle que dans les couloirs de Syrisa, l’on parlait encore de sortie de l’Euro. Aujourd’hui, ils ont compris que ça n’était pas possible d’en sortir seul. Ce qui a permis à ce parti d’évoluer dans le bon sens. Je ressens désormais un sentiment d’injustice à l’égard de ce jeune parti qui s’apprête à prendre le pouvoir en devant gérer une situation d’urgence. Dans une union malade avec un pays moribond dans les mains, on ne peut pas faire grand-chose. Syriza pourra peut-être améliorer les conditions de vie immédiates des Grecs qui sont dans l’urgence. Mais nous ne sommes pas encore dans un moment de changement. Ce qui est dommage car la Grèce est un pays révolutionnaire au fond. Et s’il y a une chance infime de faire bouger les choses,  il  faudra de toute façon à Syrisa l’aide d’autres forces politiques comme les verts et notre parti Dimar (gauche démocratique) alors de nouvelles lignes de forces pourront naître.

Votre roman retranscrit sur écran par Costa-Gavras, Z, écrit en 1967, raconte comment dans une atmosphère anti-communiste primaire, la junte fasciste accède au pouvoir en commettant des crimes. Les événements d’aujourd’hui avec la poussée du parti néo-nazi d’Aube dorée, et les crimes commis par ce mouvement sont-ils de la même nature ? Vassilis Vassilikos :La question que je me pose aujourd’hui, c’est pourquoi faut il qu’il y ait toujours un mort symbole dans une époque de pleine tension. Pourquoi faut-il toujours ce sacrifice pour que les gens bougent ?  Est-ce le christianisme qui fait ça ? « Mourir pour que tout refleurisse » Peut-être que c’est cela l’ Humain… je ne sais pas. Mais il y a quelque chose d’étrange, Au moment où se produisait l’assassinat de Pavlos Fyssas ( un rappeur grec assassiné par un membre néonazi de l’Aube dorée en 2013), on jouait Z au théâtre national. Or Z (zi) en langue Grec cela signifie « il est vivant ». Dans la mise en scène, il y avait les milices de l’Aube dorée qui remplaçaient les para-militaires qui étaient originairement décrit dans mon livre.  Et les jeunes qui ne connaissaient pas l’histoire de mon livre basé sur l’assassinat du député grec Grigoris Lambrakis par la dictature, ont trouvé écho dans cette pièce à ce qu’ils ont vécu. Ils étaient très émus. Il y a eu 5 représentations et à la fin de chacune d’entre elles ils criaient « Fyssas est vivant… » Moi j’en avais la chair de poule. La connexion entre les deux époques était faite. Mais selon moi les racines des deux tragédies ne sont pas les mêmes. A mon époque, la poussée fasciste  était la conséquence de la guerre civile qui aboutit au régime militaire et criminel des Colonels. L’Aube dorée est la conséquence directe de la crise économique. Il y a certes le noyau idéologique quasi hitlrien, le lien est là, mais cela concerne 200 personnes. Les autres sont des gens qui se sont peu à peu depuis une bonne dizaine d’années, infiltrés dans la société civile en aidant les grands-mères à traverser la rue, ou en donnant un peu d’argent de ci de là… à des Grecs de souche comme on dit en pointant du doigt l’étranger qui fait peur… C’est très curieux qu’un pays qui pendant un siècle et demi a été un peuple d’émigrants ne sache pas recevoir les gens qui viennent de pays en crise. Il faut dire que les médias dominants on su créer cette situation. En présentant les Albanais, les Roumains comme des voleurs et créant un climat de suspicion qui a permis à Aube Dorée d’éclore. Mais quand même cela m’étonne car je pense par ailleurs que les peuples ont une sorte d’ADN. Le peuple français a l’ADN révolutionnaire qui explose dans des circonstances qu’on ne peut pas prédire. Nous les Grecs, avons l’ADN d’un peuple occupé pendant des siècles avec les affres d’une vie d’immigrés sur notre propre terre. Nous avons donc l’habitude et l’intelligence de comprendre la souffrance de l’étranger en exil. Il ne faudrait pas que l’on perde cette mémoire là.

Vous avez beaucoup vécu en France. Quel regard aujourd’hui sur ce pays ? Vassilis Vassiliko : Un monsieur que je ne connaissais pas et qui ne me connaissais pas non plus m’a parlé aujourd’hui au marché. Il m’a dit : « vous avez vu ils ont vendu des millions de Charlie Hebdo à Paris. Tout a été épuisé. C’était bien agréable d’entendre cet inconnu parler comme ça de Paris et de la France. Cette histoire a rallumé un vieil esprit qui nous relie  la France à la Grèce. Evidemment je suis encore personnellement sous le choc de ce qui s’est passé à Paris et le meurtre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo. Mais étrangement, les manifestations du peuple français avec 3 ou 4 millions de personnes dans la rue ont fait se réveiller en Grèce un vieux  souvenir: la France est toujours un pays où le ferment démocratique ressurgit quand on s’y attend le moins, y compris et malgré les tentatives de récupérations du pouvoir et des partis dans cette affaire. La France est ce pays d’une alliance oubliée.  En ce sens je suis content que la Grèce reprenne conscience de cette vieille alliance avec la France. Ce drame a au moins réveillé ce beau et vieux souvenir. Car  le modèle culturel grec d’avant la mondialisation, s’inspirait fortement de la culture française dans un mouvement de flux et de reflux lié aux soubresauts de l’histoire. Dans cette perspective, la seconde guerre mondiale a rebattu les cartes. En 1947 lorsque les Etats Unis avec le président Truman à leur tête, ont adopté pour la première fois le dogme interventionniste, la Grèce fut le premier laboratoire de cette nouvelle politique. Le pays était en prise à la guerre civile et le péril communiste était dans toutes les têtes à Washington. Pour la première fois, les Américains prenaient la place de la Grande Bretagne dont l’empire s’effondre. Et le dogme a fonctionné. « Nous avons gagné en Grèce, donc nous allons intervenir dès que nous pouvons…en Corée, puis au Viet nam etc… » Dans le même temps, cette pensée pénètre bientôt l’intelligentsia qui était d’inspiration française. Des organismes liées à la politique culturelle américaine exportent des disques, des livres américains, des films hollywoodiens en Grèce…et les Grecs perdent peu à peu  la France. Et c’est paradoxalement l’arrivée de la junte en 1967 qui va donner un second souffle aux relations culturelles franco-grecques car beaucoup d’intellectuels viendront se réfugier à Paris. Dans les années 80, cette relation continuera d’exister au moins dans les premières années du premier mandat Mitterand, Papandreou arrivant lui aussi au pouvoir en 1981 avant que de nouveau les rivages de la France et de la Grèce ne s’éloignent.

Et vous-même dans cette histoire… Vassilis Vassilikos : Moi ? J’ai connu la France dès mon plus jeune âge… ma mère avait appris le Français au couvent de Thinos, une île à moitié catholique où résidaient des Ursulines. J’ai donc vécu avec cette langue dès mon plus jeune âge. Et puis je suis allé au lycée Français de Salonique…là j’y ai découvert des amis qui ne m’ont jamais quitté depuis : Albert Camus, André Gide, Jean Paul Sartre… Plus tard d’autres écrivains beaucoup moins connus m’ont beaucoup touché… Aujourd’hui c’est Houellebecq qui fait l’actualité…un écrivain de grand talent j’en conviens…il a je le crois sincèrement redonné un souffle à la littérature française. Je viens d’ailleurs de lire son dernier livre Soumissions. Mais et ce n’est pas la première fois que l’on peut remarquer cela chez lui…je crains qu’il soit quelque peu à la dérive. Je crois qu’il s’éloigne de la raison malgré son talent. Maintenant il me fait penser à Oriana Fallaci, cette journaliste italienne que j’aimais beaucoup. Comme elle, il est passé de la critique à la paranoïa. Cette femme remarquable était dans des réseaux de résistance à l’époque de Mussolini, elle fut l’amante de d’Alexandros Panagoulis, ce poète grec qui était mon héros. Mais son islamophobie l’a fait tomber dans la paranoïa. Et J’ai peur que Houellebecq, qui comme Fallacci est une personne très intelligente ne finisse dans la paranoïa. Il la touche dans ses livres. Mais la paranoïa littéraire est une chose, la paranoïa réelle en est une autre.

Vassilis Vassilikos est écrivain, auteur de Z

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La grandissante fracture politique

Posté par jacques LAUPIES le 26 janvier 2015

Adrien Rouchaleou
Lundi, 26 Janvier, 2015
L’Humanité

 

La grandissante fracture politique dans POLITIQUE photo20140501_152128

Julien Gouesse
Une étude de l’institut ViaVoice pour l’Humanité montre l’ampleur 
du fossé qui s’est creusé entre les attentes des citoyens 
et les orientations politiques du gouvernement Valls.                                           

Que veulent les Français ? Qu’attendent-ils de leurs dirigeants politiques ? De quoi s’indignent-ils ? Dans une période où les repères se brouillent dans le champ politique, avec un gouvernement « de gauche » menant la politique la plus libérale que la France ait connue, une extrême droite qui arrive régulièrement bien placée dans les sondages d’intention de vote, avec une droite retombée du pire côté en se donnant pour chef un Sarkozy empêtré dans les « affaires » et donnant des signes d’envie de doubler son ex-conseiller Buisson par la droite, l’Humanité, avec l’institut ViaVoice, a voulu revenir à l’essentiel et savoir où en sont les Français. Les résultats ne sont pas vraiment surprenants sur le fond. Mais ils le sont par leur ampleur : 68 % de nos concitoyens estiment aujourd’hui vivre dans une société qui ne leur convient pas. Dans le même temps, ils ne sont plus que 15 % à estimer qu’au niveau national, les pouvoirs publics, qu’ils soient de droite ou de gauche, « se préoccupent des gens comme eux ».

La question sociale reste bien prioritaire pour les Français

« Ces deux idées entrent en résonance l’une avec l’autre, analyse le président de l’institut ViaVoice, François Miquet-Marty. On est dans un monde qui ne nous convient pas et, en même temps, on a le sentiment que les dirigeants politiques au niveau national ne se préoccupent pas des voies d’amélioration de la situation actuelle. Cela définit, autrement dit, une situation de blocage. » En regardant dans le détail de quoi sont faites les indignations et les attentes prioritaires des personnes interrogée pour ce sondage, réalisé au lendemain des attentats qui ont frappé Paris, un autre enseignement peut être tiré : c’est d’abord leur vie quotidienne qui les préoccupe. Certes, à 61 %, « le terrorisme » est la première cause d’indignation, suivi par « l’insécurité, les agressions, les vols » (51 %), puis par « le manque de respect entre les gens » (38 %). Mais, parmi les priorités, c’est l’emploi (63 %) et le pouvoir d’achat (43 %) qui sont – et de loin – les plus cités.

 

 Viavoice pour l'Humanité

 
Source : Viavoice pour l’Humanité

« Même s’il y a du terrorisme, l’emploi et le pouvoir d’achat ne passent pas au second plan, commente François Miquet-Marty. L’un n’occulte pas l’autre. On a au contraire un cumul, une addition de crises : une crise sociale, et une crise démocratique qui sont anciennes et s’amplifient, auxquelles s’ajoute cette nouvelle crise liée au terrorisme et à l’insécurité. » Des priorités et des indignations auxquelles ne répondent plus les dirigeants politiques, puisque 85 % des sondés estiment qu’« ils ne se préoccupent pas des gens comme (eux) ». Le politologue ne se souvient pas de taux aussi élevés. « Sur ce sentiment de césure, il y a trois ou quatre ans, nous étions à un niveau plus proche des 60 %. » Selon lui, « la crise de 2008, l’expérience Sarkozy et aujourd’hui le manque de résultats de l’expérience Hollande ont amplifié ce sentiment d’abandon ». Ce serait donc une nouvelle phase de la crise démocratique qui s’ouvrirait, comme dans de nombreux pays européens où, déjà, les principales forces politiques, décrédibilisées, se voient par la suite marginalisées. Pour autant, en termes électoraux, il ne faut pas chercher à prévoir d’« effets mécaniques », pour François Miquet-Marty : « Les déductions qui peuvent en être faites sont très variées. On peut vouloir s’abstenir, voter plus à droite ou plus à gauche. » Dans le fond, « ce qui est inscrit dans cette étude, c’est l’impuissance de l’action politique, au niveau national, menée par des majorités UMP ou socialistes », « un épuisement des sensibilités politiques ‘’modérées’’ de l’arc UMP-PS ». À noter, si la question sociale reste donc bien prioritaire pour une majorité de Français, elle l’est encore plus pour ceux qui se déclarent sympathisants de gauche. Ils s’indignent à 51 % des inégalités (contre 33 % pour l’ensemble des sondés), à 49 % de la misère (contre 33 %) et à 45 % des rémunérations des grands patrons (contre 33 %). Idem pour les priorités : à gauche, on est 46 % à penser que la réduction des inégalités doit en être une, quand, dans l’ensemble, les Français ne sont que 27 % à partager cet avis. François Miquet-Marty y lit « un besoin d’idéal pour une société qui pourrait être plus juste demain, au-delà de la simple question des politiques publiques. C’est vrai qu’aujourd’hui, sur les questions sociales, on a le sentiment de ne pas avoir de réponse ». À bon entendeur…

Modalités de réalisation. Interviews effectuées en ligne 
du 7 au 13 janvier 2015, sur un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population 
française âgée de 18 ans et plus. 
Représentativité par la méthode 
des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, profession de la personne de référence au sein du foyer, région et catégorie d’agglomération. 
Les résultats détaillés selon 
la proximité partisane des personnes interrogées sont issus de
la question suivante : « De quel 
parti politique vous sentez-vous le plus proche ou, disons, le moins éloigné : 
LO ou NPA, Front de gauche ou Parti communiste, Parti socialiste, Europe Écologie-les Verts, Mouvement démocrate, UDI, UMP, Front national, 
un autre parti, aucun parti, 
non-réponse. »

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La bombe grecque ébranle l’Europe

Posté par jacques LAUPIES le 25 janvier 2015

 

Sur BFM TV Mélenchon avec son talent habituel « se paie » quelques journalistes et énonce quelques vérités sur les pratiques de la droite et de la social démocratie notamment à propos de la dette. Les résultats placent Syriza en tête.

Si à leur habitude les chaînes publiques se perdent dans des évènements secondaires politiques ou les faits divers BFM a « le bon sens » de faire entendre la voie de Mélenchon et d’interviewer Pierre Laurent. Normal me direz-vous étant donné la portée internationale de l’élection grecque.

Sans connaître le résultat définitif il est évident que cette élection est un évènement qui ébranle l’Europe pour ne pas dire le monde. Je rappelais hier qu’il ne fallait pas pratiquer le « copier-coller » mais sur le fond la question demeure : comment rassembler en France une force capable d’inverser le cours de la politique d’austérité actuelle injustifiable ?

Mélenchon dans le débat avec les journalistes puis avec un député vert évoque le rassemblement depuis les socialistes contestataires jusqu’au Front de Gauche, admettant qu’il y a une expression citoyenne qui va au delà. C’est une évolution intéressante qui dépasse l’idée de figer le rassemblement sur le seul Front de Gauche que  semblait défendre les militants du Parti de Gauche, notamment lors des dernières élections municipales à Tarascon), sans trop se soucier des réalités locales.

Plus personne, à condition que soient bien clarifiés les contenus et les objectifs, ne conteste cette nécessité d’élargir le rassemblement. Mais si l’on peut espérer que les prochaines élections départementales marqueront une évolution, elles seront marquées très certainement par un recul du Parti Socialiste, une progression de la droite et un risque d’abstention très fort.

Le temps presse donc de rappeler qu’il y aura des candidats du Front de Gauche et que le plein de l’abstention ne se justifie plus. Que donc les candidats des formations appartenant à ce mouvement doivent être l’élément rassembleur.

Nous y reviendrons plus tard pour ce qui concerne le canton où quatre candidats communistes porteront les valeurs d’un rassemblement possible dès demain.

COMMUNIQUE DE PIERRE LAURENT

Grèce : «  la victoire de Syriza ouvre la voie au changement en    Europe »    

Avec la victoire de Syriza, le peuple grec vient de retrouver sa dignité et  d’écrire une page historique. Déjouant toutes les pressions, les        menaces et les tentatives de divisions, les Grecs se sont exprimés avec force pour affirmer leur souveraineté et montrer  qu’il existe une autre voie en Europe que celle de la dictature des marchés et de l’austérité. Ils ont affirmé leur refus de l’extrême droite xénophobe et raciste, ils ont affirmé leur volonté d’une Grèce de justice sociale et de solidarité.

La participation  de 75 % et le score de Syriza, entre 37 et 39 % à cette heure, montrent un choix clair pour le pays et pour l’Europe.

La victoire de Syriza ouvre la voie du changement en Europe. François Hollande a raté le rendez-vous de l’histoire d’une réorientation de la  construction européenne en 2012 ; l’espoir désormais vient d’Athènes.

Le Parti communiste français appelle le peuple français et tous les Européens à soutenir le peuple grec et son gouvernement, et à se saisir de ce moment pour porter des solutions alternatives aux politiques nationales austéritaires et à la construction européenne actuelle.

En France, c’est  possible aussi. Toutes les forces anti austérité de gauche et        écologistes doivent se rassembler pour construire une alternative politique sociale et écologique dans notre pays.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, Président du  Parti de la gauche européenne

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Pierre Laurent sera à Marseille ce lundi

Au moment ou je rédige ce commentaire, France 2 évoque l’évènement comme il se doit, mais ce n’est pas fini ! Boudiou (1) comme on dit dans le midi voila Langlet qui commente…

Et sur BFM on attend qu’un dirigeant du PCF vienne nous livrer ses réflexions, d’autant que chaque fois qu’est évoqué le Front de Gauche, il semblerait que seul existe Mélenchon et le Parti de Gauche que les médias identifient au dit Front de Gauche. Cela promet pour l’avenir…La chaîne 3 joue la muette.

 

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Neumann : en matière de récup c’est le champion de la soirée

La meilleure de  Eric Brunet (valeurs actuelles) : les grecs ont fait preuve de lâcheté. Tsipras est un démagogue

Une autre de Laurent Neumann : Jean Luc Mélenchon et Pierre Laurent ont tort de récupérer la victoire de Syriza. Ce journaliste voit en Tsipras un social démocrate proche des socio démocrates français (entendez parti socialiste). Après la récupération de Charlie voila la récupération d’Alexis ! Faut le faire et être un journaliste tordu pour en arriver là !

 J’étouffe : une dirigeante socialiste vient nous dire que Syriza est une victoire des socialiste français. Même Philippot du FN  se félicite du succès de Syrisa (on aura tout vu et entendu !)

Je retiens mon souffle

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Talentueux mais on le voudrait plus fédérateur lui qui offre sa personne à la gauche radicale française.

 

  1. Boudiou : le Mon Dieu du sudiste branché.

 

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L’identité politique : un élément précieux à protéger

Posté par jacques LAUPIES le 25 janvier 2015

Tout ce qui entre dans le cadre des choix politiques marque l’histoire. C’est une lapalissade, seulement voilà il existe des moments de grands rendez-vous. Aujourd’hui les grecs en ont un.

Quelle que soit l’issue du scrutin, une chose est sure : une grande force politique de gauche est née dans ce pays et il faudra bien compter avec elle, en Grèce assurément mais aussi en Europe.

Cela doit nous inspirer car la démonstration est faite que la diversité des courants à gauche n’est pas un obstacle à l’union qui peut être victorieuse demain. De là à vouloir  faire du copier-coller, il faut tout de même avoir un peu de recul avant de s’y aventurer.

Ce sont les mesures dramatiques sur le plan économique et social, prises dans ce pays, sous injonction européenne qui mettent le peuple grec dans une difficulté et en état de révolte et de volonté de changement. Ils n’ont pas la même dimension que chez nous, bien que la France soit soumise à un début de récession en ces domaines.

Pour l’instant la contestation en France se traduit par deux faits majeurs : le vote pour l’extrême droite qui spécule sur l’immigration et sur le poids de Bruxelles dans la politique française, l’abstention dont on peut supposer qu’elle affecte d’abord l’électorat socialiste.

La question qui se pose est de savoir pour quelles raisons le Front de Gauche, doté cependant d’un programme de transformations radicales, ne bénéficie pas de ces voix qui  »s’égarent »  d’une part vers une force politique historiquement compromise dans des concepts colonialistes passés (FN), avec sa philosophie aux relents poujadistes pour ne pas dire pétainistes. Quant aux abstentionnistes, ils ne trouvent pas dans le flou de la notion de gauche la différence radicale qui existe entre par exemple communistes et socialistes attachés au courant libéral.

Cela peut aisément se comprendre avec l’attitude des médias qui, d’évidence, font tout pour évacuer les communistes du débat et ne cessent de se livrer à des amalgames à leur sujet. Il suffit de voir l’absence sur les plateaux des représentants du PCF et les commentaires des chaînes de télé généralistes notamment, et publiques en particulier, chaque fois qu’est évoqué le mot « communiste ». Ce mot est abusivement associé, sans discernement, à l’exploitation capitaliste en Chine, aux échecs consécutifs au stalinisme dans les pays de l’est de l’Europe, quand ce n’est pas le rappel constant des impostures et des falsification monstrueuses de la pensée communiste (Cambodge notamment)

Les communistes français qui en un temps ont pesé fortement dans la libération nationale et à la mise en place d’une république plus sociale n’ont guère que leur propre voix pour rappeler cette vérité.

Alors on comprendra qu’il en est, et j’en suis, qui soient particulièrement préoccupés de ce que ne se perde pas leur identité. J’ai la prétention de ne pas être seul, tant dans mon parti que parmi ceux qui on pu le quitter et le soutiennent encore. Même s’ils considèrent que ce parti devrait avoir dans sa politique de rassemblement des forces populaires une vision très large sans renoncer à ses valeurs essentielles.

Avec le mode de scrutin qu’ont instauré ou, au mieux, n’ont pas combattu la plupart des autres forces politiques il y a cependant une possibilité, par delà les pleurnicheries du « vote utile » et autre  »rassemblement républicain » et tout récemment « union nationale » nécessité de confirmer l’influence de notre parti. Même s’il en coûte parfois des déceptions électorales. Cette possibilité s’appelle « le premier tour » (élections municipales, départementales, régionales, législatives) lorsque n’existe pas la proportionnelle (cas des élections européennes)

Mais, lorsque le premier tour pose la question d’éviter la victoire de l’éternelle « droite » contre l’éternelle « gauche » (ou vice versa pour la droite) on en arrive en certaines circonstances à rassembler sur l’essentiel dès le premier tour, soit pour être présent au second tour (cas d’élimination avérée dès le premier tour et impossibilité d’être présent au second), soit pour préserver une présence majoritaire avec un compromis acceptable sur les contenus (exemple des municipales à Paris). Ces situations ne contribuent pas à clarifier notre identité.

En tout état de cause, si la décision appartient aux instances des partis au plan local ou national, le principe de mettre en jeu l’influence des idées (et des programmes) que l’on défend doit être un souci majeur. Cela passe par la recherche d’un soutien exprimé clair à son parti qui ne trouve pas de garanties suffisantes dans des alliances nécessairement conclues entre des dirigeants soumis à des combinaisons politiciennes. Chacun étant tenté de se  prévaloir ensuite dans la confusion d’un vote globalisé.

Ces considérations personnelles n’ont évidemment qu’une valeur relative dans une conjoncture politique donnée, mais ce qui compte avant tout c’est de gérer le présent sans omettre l’avenir.

 

Pierre Laurent : « Syriza. Une réponse formidable aux plans d’austérité »

Entretien réalisé par Vadim Kamenka
Samedi, 24 Janvier, 2015
Humanité Dimanche

 

Pierre Laurent
La formation de gauche Syriza pourrait remporter les élections législatives en Grèce, le 25 janvier. Le président du Parti de la gauche européenne (PGE), Pierre Laurent, analyse ce possible succès, prépondérant dans la remise en cause des politiques d’austérité imposées par la troïka. La réussite de Syriza passe aussi par un soutien sans faille des forces politiques et sociales européennes.
HD. Quel impact peut avoir l’élection de Syriza en Europe notamment pour le Parti de la gauche européenne (PGE) dont cette coalition fait partie ?
Pierre Laurent. Une victoire de Syriza en Grèce serait d’abord un formidable message d’espoir envoyé à tous ceux qui se battent pour une autre Europe. C’est une remise en cause de l’orientation politique de l’Union européenne à l’heure où le continent traverse une crise sans précédent. Depuis 7 ans, les mesures d’austérité ont été dévastatrices sur le plan social (24 millions de sans emploi) et elles ont miné toutes les formes de solidarité. Aujourd’hui, on doit également résister aux attaques terroristes qui ont ensanglanté la France et la Belgique. Que le peuple grec, sous la conduite d’une force qui mène à la fois le combat contre l’austérité et le racisme, puisse arriver au pouvoir serait une réponse formidable. Ce succès ouvrirait une brèche dans la chape de plomb que les forces dominantes essayent d’imposer à tout prix aux peuples européens. Syriza a un programme de lutte crédible contre la dette financière illégitime imposée aux citoyens européens. C’est un programme de relance sociale et écologique qui peut montrer la voie aux pays européens. Le Parti de la gauche européenne verrait la confirmation des efforts que nous déployons pour crédibiliser des alternatives de gauche en Europe. D’autres mesures que l’austérité existent et c’est pour cela que nous avions porté la candidature d’Alexis Tsipras à la présidence de la Commission européenne.
HD. La coalition Syriza arrivera-t-elle à rompre ce carcan libéral ?
P. L. Avec sa victoire, on assisterait à quelque chose d’inédit. Pour la première fois, un gouvernement européen siégeant au Conseil des chefs d’État demanderait l’arrêt des mémorandums d’austérité imposés par a troïka (Union européenne, BCE et FMI). Pour la première fois, un gouvernement exigerait un plan de renégociation de la dette. Pour la première fois, un pays porterait un plan de financement massif de relance social. Pour réussir, Syriza dispose d’un formidable atout : le soutien populaire. Les Grecs sont derrière lui, lui qui s’est engagé depuis longtemps aux côtés des travailleurs dans les luttes sociales. Syriza a également mené une résistance acharnée aux politiques appliquées par les gouvernements successifs de Georges Papandréou et Antonis Samaras (coupes budgétaires, privatisations, baisse des salaires et des droits sociaux…).
Cette force doit être respectée. La première bataille que nous menons est de faire respecter le choix souverain du peuple grec et de s’opposer à toute tentative d’ingérence. Nous devons exiger que les gouvernements européens s’engagent à respecter l’issue du scrutin. Toutes les forces démocratiques doivent nous rejoindre dans ce combat.
HD. Avant les élections, on a assisté à des attaques très violentes des néolibéraux et des médias contre les électeurs grecs. Des offensives et une désinformation qui vont s’accroître si Syriza arrive au pouvoir. Cela lui impose-t-il une réussite quasiment immédiate ?
P. L. Les engagements de Syriza sont clairs. Dès son élection, Alexis Tsipras a promis de renégocier les programmes d’austérité. Il y aura évidemment des obstacles et il faudra du temps à Syriza pour former un gouvernement et réussir. Mais son programme est parfaitement réalisable et permet de sortir la Grèce de la crise. Toutes les politiques menées ont dégradé la situation financière et n’ont pas apporté le moindre début de solution. Les forces adverses, conservatrices, vont se déchaîner en utilisant deux armes
contre la souveraineté du peuple grec : le chantage et la caricature. Elles tenteront de diviser les Européens en jouant sur les peurs pour briser toute solidarité et en désinformant sur le programme de Syriza. Elles vont tout faire pour le pousser à l’échec et à la sortie de la zone euro. Les dirigeants européens redoutent que la Grèce ne réussisse et ne provoque un bouleversement politique à l’échelle européenne. Forcément, cela aurait un effet d’entraînement sur les autres pays et amènerait des forces à se soulever dans la zone euro pour contester la politique imposée par la troïka. Nous avons donc la responsabilité d’aider la Grèce à réussir et à ouvrir la voie vers une transformation profonde de l’UE. Il faut être lucide, cette bataille sera longue et nous devons nous engager dans la durée aux côtés du peuple grec.
HD. Comment le PGE, les partis progressistes et les syndicats peuvent-ils aider Syriza et les Grecs à réussir ?
P. L. Nous devons mener une bataille d’information. Huit ans après l’éclatement de la crise financière, nous constatons l’échec patent des politiques économiques imposées dans l’UE. Il faut également lutter contre les tentatives de caricaturer et de dénaturer le programme de Syriza. À nous d’intervenir auprès de nos citoyens pour démontrer que celui-ci est largement crédible et réalisable. Car le combat n’est pas simplement à mener en Grèce, il doit être enclenché par toutes les forces sociales, politiques, citoyennes en Europe. C’est un impératif aussi contre la barbarie et la montée des forces d’extrême droite qui déversent leur logique de haine. C’est à nous de construire un mouvement européen de solidarité entre les peuples. Tous les pays en lutte contre ces politiques libérales ont un intérêt à la réussite de Syriza.
HD. Dans ce contexte particulier, où les forces conservatrices misent sur la guerre contre le terrorisme pour rester au pouvoir, l’ascension de mouvements comme Syriza, Podemos en Espagne, de Sinn Féin en Irlande, peut-elle enfin apporter une autre vision de la société ?
P. L. Si nous voulons être fidèles aux victimes des attentats terroristes en France, c’est en mobilisant pour une société de justice, de paix et de fraternité. Le combat pour la solidarité et le progrès social est l’un des piliers de la réponse qu’il faut opposer aux forces qui menacent la démocratie. Toute tentative de mettre sous un étouffoir cette dimension du combat sert ces forces au lieu de les combattre. C’est aussi être fidèle au message adressé par des millions de Français dans les marches citoyennes que d’encourager tous les mouvements de convergence des forces sociales en Europe. C’est pour cette raison que le PGE a décidé de construire, les 30 et 31 mai, un forum européen des alternatives, à Paris. Il faut que toutes les forces progressistes en Espagne, Italie, Portugal, Irlande, Allemagne se rassemblent pour permettre l’émergence d’un front commun afin de défendre le progrès humain.

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Un commentaire inadapté à l’article qui suit concernant la Grèce…

Posté par jacques LAUPIES le 24 janvier 2015

 Pas de commentaire particulier ce jour. Si peut-être rappeler une discussion que j’ai eue avec une nouvelle adhérente du PCF avec qui nous avons eu un entretien  sur la place que peuvent occuper les religions dans l’élaboration de la politique d’un parti.

Le sujet est si vaste que l’on ose à peine l’aborder. Comment expliquer en effet que la religion puisse ne pas apporter une contribution (positive ou négative) dans la réflexion du communiste croyant alors que le communiste non croyant fonde la sienne sur le matérialisme dialectique et historique issus d’un matérialisme philosophique qui est en contradiction avec l’idéalisme philosophique dont se réclament les croyants.

Qu’est ce qui est antérieur à l’autre, de  la matière ou de l’esprit ? La question se pose mais est-il besoin de s’évertuer à en faire un objet de conflit !

Le politique, aussi complexe soient les situations que peut rencontrer un peuple, consiste finalement à tenter d’apporter des solutions concrètes aux souffrances d’une Humanité dont les communistes, croyants ou non, doivent bien admettre que Dieu n’est pas là pour les résoudre mais que cela dépend avant tout des humains eux-mêmes.

Et si chacun puise dans sa foi en un créateur, ou dans sa foi en l’athéisme, l’inspiration pour construire une société juste, solidaire, n’est ce pas l’essentiel ? Au fond ce qui compte c’est le projet politique élaboré et DEFENDU en commun.

Du coup j’ai transmis à cette nouvelle Camarade le très célèbre poème d’Aragon qui, écrit en 1943, dans la lutte contre le nazisme, garde une valeur universelle…Et durable.

La Rose et le Réséda  

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon, La diane Française

Philippe Légé :« Face à l’urgence sociale, la gauche s’attaque à la dette »
Entretien réalisé par  Kevin Boucaud
Vendredi, 23 Janvier, 2015
L’Humanité
Photo : DR
Photo : DR
Pour l’économiste atterré Philippe Légé, si Syriza arrive au pouvoir dimanche la Grèce sera dans de meilleures dispositions pour négocier la restructuration de sa dette.

Beaucoup craignent un séisme européen si Syriza accède au pouvoir en Grèce. Mais que propose ce parti sur le plan économique ?

Philippe Légé La politique de la troïka a provoqué de très lourds dégâts sanitaires et sociaux, propulsé le taux de chômage à plus de 25 % et fait passer la dette publique de 129 % du PIB en 2009 à 175 % aujourd’hui. Syriza propose d’abord des mesures d’urgence. L’assurance chômage serait étendue et les achats de médicaments seraient mieux remboursés. 300 000 foyers devraient bénéficier de subventions alimentaires et de l’électricité gratuite. Syriza propose aussi de restaurer le salaire minimum et le droit du travail. En outre, pour lutter contre le surendettement, les remboursements de crédits privés seraient plafonnés à un tiers du revenu, et les saisies de résidences principales d’une valeur inférieure à 300 000 euros seraient suspendues. Enfin, Syriza veut restructurer la dette publique.

Comment s’effectuerait cette restructuration de la dette, et quels effets aurait-elle sur les créanciers de la Grèce ?

Philippe Légé Quand un débiteur gèle ses remboursements, il est en meilleure position pour négocier des reports d’échéance, annulations partielles ou baisse de taux d’intérêt. S’il veut appliquer son programme et répondre à l’urgence sociale, Syriza ne pourra pas accepter de payer chaque année des intérêts excessifs. Historiquement, des dettes d’une telle ampleur ont été résorbées par l’inflation, par une restructuration ou par une combinaison des deux. Or aujourd’hui, il n’y a pas d’inflation dans la zone euro et l’Eurogroupe a déjà admis, fin novembre 2013, que la dette grecque serait de toute façon restructurée à terme. Si Syriza gagne l’élection, la restructuration sera faite dans de bien meilleures conditions. Il faut rappeler que, lors de la précédente restructuration de la dette annoncée fin juillet 2011 et mise en œuvre en mars 2012, environ 105 milliards d’euros de créances ont été abandonnés. Mais en raison de la crise, cela n’a pas empêché la dette publique de s’accroître. Pour les créanciers européens, l’impact de la restructuration dépendra de son ampleur. L’économie grecque ne représente que 1,4 % du PIB de la zone.

Une relance comme le propose Syriza est-elle possible pour un pays qui dispose de très peu de marges budgétaires ?

Philippe Légé Dans son programme, Syriza présente un budget à l’équilibre dans lequel recettes et dépenses sont évaluées de façon précise à 13,5 milliards d’euros annuels et qui dégage des marges de manœuvres permettant la prise en charge des besoins sociaux. Par exemple, l’impôt progressif sur le patrimoine engendrera de nouvelles recettes, tandis que le recouvrement d’une petite partie des dettes fiscales impayées dégagera 3 milliards d’euros. Cependant, Syriza se heurtera à deux types de difficultés. D’une part, ceux qui prétendent qu’une politique alternative est impossible risquent de prendre des mesures de rétorsion économique. D’autre part, le pays n’a plus de base industrielle et il est très dépendant de ses importations, une véritable politique de développement économique devra donc rapidement suivre.

Un mode de scrutin proportionnel, avec prime au parti arrivé en tête. Les 300 parlementaires sont élus au suffrage universel direct. 
238 députés sont élus à la proportionnelle dans la cinquantaine 
de circonscriptions du pays et 12 en fonction du résultat national. En outre, 
un bonus de 50 sièges est accordé au parti arrivé en tête. Pour être sûr d’atteindre la majorité absolue, fixée à 151 sièges, il faut en théorie recueillir 
40 % des suffrages. Ce nombre peut être réduit, car seuls les partis obtenant 
3 % des voix concourent à l’expression du suffrage universel. 
Ainsi, si 12 % d’électeurs votent pour des petits partis, le vainqueur ne doit plus rassembler que 35,6 % des voix pour faire élire 151 députés.

 

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