De Charybde en Scylla ou du pire au meilleur ?
Posté par jacques LAUPIES le 30 décembre 2014
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Il serait grand temps que le peuple de France se ressaisisse et mette au pas tous ces charlatans de la politique qui cependant peuvent encore se prévaloir d’une légitimité républicaine avec, pour la plupart et les mieux placés, même pas 20 % du corps électoral en soutien.
Et cela va de pire en pire puisque l’on annonce plus des deux tiers d’abstentionnistes aux élections départementales en mars.
Se posent deux grandes questions :
- Comment en finir avec un système qui :
- ne sensibilise à la politique « active » que des catégories de la population qui finalement se soumettent aux orientations politiques réformistes de droite ou de gauche lesquelles consistent à accepter le dictat d’une ultra minorité qui dispose de fait de tous les instruments nécessaires à son maintien au pouvoir depuis l’économie jusqu’à la communication en passant par la finance contrôlée et manipulée à l’échelle planétaire.
- sensibilise à une contestation et une opposition illusoire et démagogique prenant appui sur une tradition d’extrême droite qui qui se caractérise par un nationalisme faisant feu de tous bois et s’engouffrant dans le vide, laissé par les précédents réformistes qui refusent de s’attaquer aux racines du mal : la propriété des moyens de production, d’échange maitre du système d’exploitation dont sont victimes les travailleurs du monde entier.
Mais qui sont ces électeurs soumis, écœurés par la politique ou prêts à écouter les sirènes dangereuses qui les feraient passer de charybde en Scylla.
Que représentent-t-ils dans le France d’aujourd’hui ? Les classes dominantes auraient-elles reconstitué par une lente intoxication ce qui, dans le passé, au lendemain du Front populaire de 1936 ou encore en plein cœur de la crise algérienne en 1958 fait accepter à une majorité de français des solutions droitières qui par deux fois dans des contextes différents l’ont détourné des objectifs d’une république solidaire et sociale.
Je ne confonds évidemment pas pétainisme et gaullisme qui furent certes antinomiques, comme je ne les confondrais pas avec le lepénisme mais après tout ne s’agit-il pas, chaque fois, d’enrégimenter la connerie de ce pays, avec au mieux (ou au pire) la variante sociale démocrate.
Je ne devrais pas tenir un tel langage mais il n’engage que moi !
Si j’ai choisi presque par instinct (familial et culturel je précise) d’adhérer au Parti Communiste en 1962, peu armé intellectuellement, c’est surtout parce que la conscience de classe m’a pénétré. Lutte qui n’est pas qu’une affaire d’exploitation mais bien plus profond que cela et est notamment accompagnée du besoin de se libérer de ces sentiments d’exclusion que cela a pu engendrer. Mais aussi parce que les conquêtes sociales d’avant et d’après guerre m’apportaient du concret : une formation, un travail, des droits à la santé, à la protection sociale, à la liberté syndicale et il faut bien le reconnaître, l’ambition d’être un acteur d’une transformation sociale et sociétale nécessaire, même si je n’avais pas vraiment d’aptitudes particulière pour jouer ce jeu ! Même si parfois je n’y comprenais pas grand chose. Même si de nombreuses lacunes m’ont handicapé et m’handicapent encore.
Alors rien d’étonnant qu’ayant échappé aux pièges de la réussite sociale de haut vol tout autant qu’aux mimétisme que cela peut engendrer chez ceux qui disposent d’un modeste confort ou, à l’inverse, qu’ayant été exempté de la pauvreté excessive visible tous les jours, je me prenne à croire que le combat n’est pas fini.
Et que je pense que germent dans le fatras social et cette insupportable injustice de notre époque, des graines d’humains que les sciences, les techniques, un savoir même tronqué, vont aider à s’épanouir.
Il n’y a pas à se tourmenter face au pire ou au moins pire même s’ils sont majoritaires. Il y a le meilleur. Il n’y a pas que la brute et le truand, il y a le bon. Mais le meilleur et le bon se créent. Il y a trop de cailloux dans les lentilles et il faut faire le tri !
Même à la télé il y a le pire mais ce soir c’était du meilleur (sur Arte) avec Nicolas Le Riche notamment dans un Boléro de Ravel, façon Béjart. Epoustouflant. Même pour le nul que je suis en chorégraphie !
Grèce : des législatives seront bien convoquées
Au vu des deux premiers tours, les 17 et 23 décembre, il était quasi-impossible que Dimas réunisse sur son nom les 180 voix nécessaires. Il en avait obtenu 160 au premier tour, et 168 au deuxième après que le Premier ministre Samaras eut promis d’avancer à fin 2015 les législatives programmées pour juin 2016. Dimas n’a à nouveau recueilli que 168 voix ce lundi. Des élections législatives auront bel et bien lieu, sans doute le 25 janvier.
Le parti de gauche anti-austérité Syriza reste en tête des intentions de vote. Autour de 30 %, il devance la coalition gouvernementale de 5 points environ. Dans une interview accordée au quotidien grec Avgi, traduit par le site syriza-fr.org, Alexis Tsipras se dit prêt, avec le soutien du peuple, à reconstruire le pays. « SYRIZA puise sa force du soutien d’une grande majorité sociale et politique qui lutte pour la dignité et la justice. Sa victoire électorale sera le début d’un grand effort national pour le salut de la société et la reconstruction du pays. Un effort national qui aura cependant un impact international, puisque notre responsabilité nationale est de frayer la voie d’une politique alternative en Europe, en transformant un pays de l’Eurozone en exemple de protection sociale et de croissance. » Pour le président de Syriza, « le premier pas sera la réalisation du « programme de Thessalonique » pour mettre de la crise humanitaire. Ceci n’est pas négociable. » C’est sur cette base que Tsipras veut rassembler et conquérir la majorité au futur parlement. « Sur la base de ce programme, nous nous efforcerons d’obtenir de larges consensus » explique Tsipras conscient qu’il lui faudra probablement trouver des alliés pour obtenir la majorité, sauf si Syriza dépasse la barre des 35 % aux législatives.
Comme le dit Tsipras, l’arrivée au pouvoir de Syriza serait un espoir autant qu’un choc dans toute l’Eurozone. Preuve en est, le monde de la finance panique, après avoir chuté de 20 %, la bourse d’Athènes poursuit sa chute à l’annonce des résultats du vote. C’est que Tsipras entend notamment lancer un moratoire sur les dettes privées aux banques, et annuler de près des deux tiers de la dette publique car illégitime.
L’absurdité de la dette grecque. Lorsque la Troïka a lancé la panique sur la dette souveraine grecque en 2008, celle-ci venait de dépasser le seuil des 200 milliards d’euros. La Commission Européenne et le FMI ont alors imposé au pays des cures d’austérité sur cure d’austérité, ce qui, plutôt que de réduire la dette, la fait exploser : baisse des recettes, hausse vertigineuses des dépenses sociales… Plutôt que de réduire les créances, l’austérité multiplie par 2 la dette en 3 ans. Cette crise est doublement absurde du fait qu’au total, le FMI a accepté de prêter à la Grèce 240 milliards d’euros à titre d’aide, ce qui aurait été plus que suffisant pour solder l’intégralité de la dette de 2008… Le pays est aujourd’hui plus qu’exsangue, en crise humanitaire, et les grecs sont nombreux à estimer que cette dette, qui a explosée à cause de la Troïka, est illégitime.
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