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Indépendance des régions et nationalismes

Posté par jacques LAUPIES le 19 septembre 2014

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Je me garderai bien de me prononcer et de faire l’amalgame entre toutes ces aspirations à l’indépendance qui fleurissent un peu partout en Europe et dans le monde.

Sans doute y a t il pour chacune d’elles des particularités qui échappent au commun des communiste dont je suis ! Entre un Ecossais, un Piémontais, un Catalan voire un Corse ou un Breton, et je ne parlerai pas d’un Ukrainien pro russe je ne vois de similitude que dans une appartenance à une classe déterminée. 

Car tous sont de l’une ou l’autre des 3 classes essentielles que comporte toutes les sociétés de ce monde capitaliste, en schématisant : bourgeoisie, prolétariat, classe moyenne. Lénine indiquait qu’une classe se détermine en fonction du rôle que jouent les individus qui la composent dans le processus de production.

Cela n’exclut évidemment pas le mélange des genres comme celui du salariat et celui de la rente, les écarts de revenus au sein d’une même classe  qui peut rapprocher de l’une ou des autres.

Ceci expliquant cela : il peut y avoir des attitudes qui surprennent tous ceux qui s’éloignent de ce concept de classe. Et des confusions naissent nécessairement.

Je ne saurais dire si le bourgeois catalan est déterminant dans la poussée autonomiste qui secoue ce pays, si le petit patron piémontais est à l’origine des revendications d’indépendance de ce pays, si l’écossais est  comme l’ukrainien victime de la gourmandise de tel ou tel camp construit par tel ou tel oligarque. Ni même à quel degré les prolétaires de ce pays sont impliqués.

Mais une chose est sure leurs conditions matérielles de vie, les transformations de celle-ci d’une génération à l’autre, ont une incidence certaine sur leur conscience politique.

Il y a nécessairement un peu de tout cela dans les « nationalismes » naissants ou renaissants et l’on sait que la classe dominante y joue un rôle important et qu’elle est orfèvre en instrumentalisation des peuples, fabricant des révolutions, souvent des émeutes, pour servir sa cause.

Mais comment, sans être impliqué, saisir les subtilités de ces secousses que même les spécialistes ont de la peine à décortiquer ?

L’histoire enseigne que la plupart des peuples placés en situation de difficultés économiques et sociales sont sensibles au discours nationalistes, au repli sur soi. Que généralement les bourgeoisies en place, ou des fractions d’entre elles,  en font usage pour garantir leurs intérêts.

A l’heure ou s’affrontent à l’échelle mondiale des intérêts économiques et leur conséquence sur le plan géopolitique, ces conflits doivent-être pris en considération pour comprendre chaque situation qu’il s’agisse des enjeux européens et nord américains.

L’Ukraine et les revendications autonomiste de l’est de ce pays en sont la démonstration la plus criante et le poids de l’Europe et des Etats Unis dans l’exacerbation des tensions aux portes de la Russie trouve, au delà des réactions à connotation culturelle, politique et sociale des prorusses, un terrain favorable.

Le raisonnement vaut si l’on prend en compte les intérêts que défendent les libéraux européens face aux mouvements autonomistes évoqués plus haut.

Faut il pour autant rester sur des positions de préservation des états tels qu’il existent actuellement. Concernant la France, « République une et indivisible » il ne me parait pas sérieux de se perdre dans des régionalisations qui si elles doivent aboutir à  certaines autonomies dans la gestion (décentralisation), ne sauraient être détachées d’une solidarité nationale construite par des luttes sociales et d’indépendance nationale qui ont fait sa spécificité.

En est il différent en Ecosse, en Italie du Nord ou en Catalogne ? Je ne le pense pas !

Oui ou non, le destin de l’Écosse est déjà changé

Pierre Barbancey
Jeudi, 18 Septembre, 2014
Photo : AFP

Photo : afp
Scrutin historique aujourd’hui sur une éventuelle indépendance de l’Écosse. Le oui et le non étaient au coude-à-coude hier. 
La campagne a surtout révélé la volonté de changement des Écossais qui veulent plus de justice et entendent prendre en main leur destin.
Dundee, Édimbourg (Écosse), 
envoyé spécial. Quoi qu’il arrive, ce 18 septembre restera gravé dans l’histoire de l’Écosse. Et pas seulement parce que les électeurs sont appelés aux urnes pour répondre oui ou non à la question : « L’Écosse doit-elle être un pays indépendant ? » Bien sûr, le résultat qui sortira aura de nombreuses implications politiques, économiques, sociales, voire même touchera les problèmes de défense. Mais, au-delà, rien ne sera plus comme avant. Dans les différentes villes, de la plus bourgeoise, Édimbourg, aux plus ouvrières, Glasgow ou Dundee, un vent nouveau a soufflé qui a fait se mobiliser des milliers de jeunes gens, de femmes et surtout, de travailleurs qui, depuis les années Thatcher, subissent des politiques antisociales de plus en plus dures. Si dures qu’ils s’étaient détournés de toute action publique, syndicale et encore plus politique. L’idée de l’indépendance de l’Écosse ne s’est pas parée des atours nationalistes mais, au contraire, d’une volonté nouvelle de prendre son destin en main.

Depuis les hauteurs de Dundee, quatrième ville d’Écosse (140 000 habitants dont 40 000 vivant dans la pauvreté), 100 km au nord-est d’Édimbourg, on distingue l’estuaire du fleuve Tay et, plus loin, la mer du Nord. Mais, ce jour-là, Gill Bannister, salariée de l’usine Michelin du coin, n’est pas venue pour admirer le paysage ni contempler ce qui reste de l’ancien port baleinier. Elle n’est pas une révolutionnaire. Pas une syndicaliste. Et pourtant, pour la première fois, elle a décidé de s’engager et de faire campagne pour le oui au référendum. « C’est une occasion unique, concède-t-elle. Il est temps d’avoir un gouvernement à nous pour qu’enfin il y ait de la justice sociale, l’égalité. » Gill dénonce les conditions faites aux retraités, forcés de vivre avec 145 livres sterling (180 euros) par semaine. « Il n’y a pas de respect pour eux », s’insurge-t-elle.

« Quelque chose s’est comme ouvert chez les travailleurs »

Elle fait remarquer que la semi-autonomie dont dispose l’Écosse a permis de mettre en place des services inexistants dans les autres pays du Royaume-Uni, comme par exemple la gratuité des transports pour les personnes âgées ou la gratuité des soins largement remise en cause ailleurs. Le temps de distribuer quelques tracts où s’inscrit en lettres bleues le mot « Yes », de proposer à un passant de porter l’autocollant du oui au revers de son veston, et la voilà discutant, argumentant, en s’étonnant elle-même. « Si je vivais en Angleterre, je devrais payer 9 000 livres pour que ma fille puisse intégrer l’enseignement supérieur. Ici, c’est gratuit, car le gouvernement estime que tous les jeunes doivent pouvoir faire des études s’ils le désirent. » Elle s’empresse néanmoins d’ajouter : « Mon vote n’est pas dirigé contre l’Angleterre mais contre Westminster », en désignant ainsi le quartier de Londres où sont concentrés les ministères. À l’office municipal de Cold Side, le quartier où nous nous trouvons, Helen Pratt connaît la réalité sociale. « Il y a beaucoup de problèmes d’alcool, de drogue, dit-elle. Beaucoup de gens viennent nous voir car ils n’ont pas d’argent, pas de quoi se nourrir. Alors on les aide pour qu’ils aient accès à la banque alimentaire. » Cette situation, Helen ne la supporte plus. D’autant que, comme elle l’affirme, « l’Écosse n’a jamais eu d’influence. Nous comptons moins que Liverpool. Westminster n’a jamais rien fait. Une opportunité se présente avec le référendum. Il faut la saisir ». C’est sans doute ce qui anime Pat Webster, une retraitée qui dit voter habituellement pour les Verts, mais s’engage pour la première fois. Pour Mary Cavin, elle aussi retraitée, qui se dépense sans compter pour gagner des voix au oui, « le moment est vraiment excitant. Notre âge nous permet de mieux discuter avec tous ces retraités effrayés par la campagne des médias qui leur disent qu’ils vont perdre beaucoup si nous nous séparons du Royaume-Uni ». En parcourant les rues de Dundee, difficile de trouver des militants du non. On voit bien passer quelques personnes affichant un « No » sur leurs vêtements, mais, lorsqu’on lève le nez, c’est des « Yes » que l’on aperçoit scotchés sur les fenêtres ou sur les devantures des pubs. Si même les pubs s’y mettent… Nous avons même remarqué un drapeau palestinien avec un « Yes » au-dessus. Quant à la permanence de Better Together (Mieux ensemble, c’est-à-dire rester au sein du Royaume-Uni), elle était fermée lorsque nous sommes passés. Connor McElwaine, assistant parlementaire de Jim McGovern, député travailliste de Dundee, partisan du non, estime pour sa part que « le nationalisme est une idéologie qui est finie » mais concède qu’« il faut tirer les leçons de ce qui se dit et ce qui se fait en ce moment. Moi non plus, je ne veux plus de ce gouvernement, mais ce n’est pas une raison pour se séparer. Le Parlement écossais parvient déjà à bloquer un certain nombre de choses engagées par les tories (les conservateurs – NDLR) ». Sans vouloir prédire la victoire du oui, Stuart Fairweather, militant du New Democratic Left, se réjouit néanmoins de ce qui est en train de se produire : « Pendant des années les gens se sont désengagés de la politique. Cette fois, nous nous sommes adressés à eux pour leur demander ce qu’ils pensent. » Il a cette belle formule. « Quelque chose s’est comme ouvert chez les travailleurs. Ils s’étaient endormis. Maintenant ils sentent l’odeur du café et se réveillent. » Le fait même que 97 % des Écossais en âge de voter (ici, c’est à partir de seize ans) se soient inscrits sur les listes électorales est déjà un signe d’un changement profond et en tout cas d’un espoir. Rencontré à Édimbourg, Jimmy, un quinquagénaire né à Glasgow et ayant vécu à Liverpool, avoue que « la dernière fois que j’ai voté c’était en 1979. Thatcher a tout détruit et ensuite on a vu que les travaillistes comme les libéraux et les conservateurs représentaient les mêmes intérêts, ceux des banques. Aujourd’hui, la question n’est pas Londres, Édimbourg ou autre. C’est une question de changement démocratique ».

David Cameron a senti le danger 
et personnalisé l’enjeu

Même si, à la veille du scrutin, les derniers sondages donnaient le non gagnant avec moins de 3 % d’écart – c’est-à-dire entrant dans les statistiques d’erreurs des sondages – les partisans du oui ont comblé l’écart tout au long de la campagne. David Cameron, le premier ministre britannique conservateur, a senti le danger. Conscient de cette force qui monte, plus progressiste que nationaliste, il a personnalisé l’enjeu : « Si vous ne m’aimez pas, je ne serai pas là pour toujours », a-t-il dit. Argument politique massue ! Les travaillistes ne sont pas en reste et savent que leur bastion écossais pourrait voler en éclats en cas de victoire du oui. D’où cette mobilisation exceptionnelle des poids lourds conservateurs, libéraux et travaillistes qui ont multiplié les promesses d’autonomie plus importantes ou de réformes sociales… Tout ce à quoi ils n’avaient visiblement pas songé auparavant. La reine Elizabeth II, officiellement neutre dans le débat, a même laissé transparaître son inquiétude à l’issue d’un service religieux près de son château écossais de Balmoral. À la faveur d’un bref et peu ordinaire bain de foule, elle a glissé que les électeurs écossais devaient « soigneusement réfléchir à l’avenir ». En cas de victoire du oui, son château se retrouverait dans un pays étranger… Tout cela évidemment ne peut que plaire à Alex Salmond, premier ministre de l’Écosse et patron du Parti national écossais (SNP, social-démocrate), qui surfe sur les déconvenues travaillistes mais cherche à donner des gages à l’étranger. Il s’est ainsi prononcé pour l’adhésion d’une possible nouvelle Écosse à l’Otan (ce qui a provoqué la démission de deux députés de son parti, estimant qu’en matière d’indépendance il y avait mieux qu’un rattachement à l’Alliance atlantique !) et utilise le rejet de la politique britannique pour esquisser un rapprochement avec l’Union européenne (peut-être même une adhésion à l’euro) parée de toutes les vertus. Mais il est également obligé de tenir compte des exigences exprimées dans son propre camp, comme le refus des armes nucléaires sur le sol écossais. De la même façon, il n’échappera pas à un débat, lors des prochaines élections – quel que soit le statut de l’Écosse – sur les orientations économiques et les choix nécessaires pour répondre aux demandes de justice sociale. Vendredi, il y aura très certainement beaucoup de gueules de bois en Écosse. Peut-être pas toutes du même ordre. Quoi qu’il en soit, Mike Arnott, membre de la direction du Conseil des syndicats écossais (Stuc), qui n’a pas donné de consigne de vote mais qui se prononce, lui, pour le oui : « Je n’avais pas vu une telle atmosphère depuis la grève des mineurs en 1984-1985. »

Des sondages plutôt favorables pour le non
La dernière vague de sondages donnait un avantage tout relatif aux opposants à l’indépendance de l’Écosse. Selon trois dernières enquêtes, réalisées par ICM pour The Scotsman, par Opinium pour The Telegraph et par l’institut Survation, le non obtiendrait 52 %. Mais les indécis représenteraient jusqu’à 14 % des électeurs. La semaine dernière, le oui était crédité de 54 % des voix.

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