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Les jeunes, l’alcool et la suite…

Posté par jacques LAUPIES le 20 avril 2014

 

J’ai suivi assez superficiellement l’émission de FR3, la semaine dernière,  qui se proposait de filmer des jeunes sous l’emprise de l’alcool pour ensuite leur projeter les images et ouvrir un débat sur les causes, les effets les risques et les conséquences de la consommation excessive d’alcool.

Sans doute l’émission aurait pu être bâtie de la même manière à partir de l’usage des autres drogues.

Et l’inévitable question se pose : pourquoi ce besoin de perdre contact avec la réalité ? Certains vont jusqu’à dire que cela fait partie de la réalité et répond depuis la nuit des temps à une sorte de fuite, un besoin de se retrouver dans cet état second, ce « délire » pour reprendre le vocabulaire des jeunes. En fait oublier un univers que nous affrontons avec parfois des souffrances physiques et psychologiques qui deviennent insupportables à notre faiblesse devant nos incompréhensions !

Une explication? Chacun de nous peut en donner une pour peu qu’il se remémore son adolescence, mais cela vaut pour une génération, peut-être est ce différent pour ces jeunes que nous présente le reportage ?

Les « cuites » que j’ai connues entre dix sept et en gros vingt deux ans étaient beaucoup plus occasionnelles et moins nombreuses que celles auxquelles se livrent nos héros du film. Mais elles ont existé et un temps je dois dire que je ne m’en suis que rarement vanté sans pour autant les oublier.

D’autres de ma génération ont un peu prolongé de manière très institutionnelle ce besoin de consommer  de l’alcool sans qu’il n’éprouvent la moindre culpabilité, en faisant souvent un moment de dégustation aussi  destructeur  que ceux auxquels se livrent la plupart des gens dans leur consommation quotidienne de nourriture. L’ivresse en moins, ce qui est avouons le aussi navrant qu’inutile puisque cela devient une habitude. Et les habitudes nous font perdre le sens de la saveur et parfois de la vie.

Je garde un souvenir inoubliable de ma première cuite. Je devais avoir douze ou treize ans. Elle était le résultat d’une dégustation d’un vin doux que chacun connaît bien dans le midi : cette Carthagène que les vignerons, mais pas seulement eux, avaient toujours à vous offrir en apéritif ou pour accompagner un dessert. J’avais donc récupéré un biberon et mélangé la précieuse boisson avec du sucre. Le cocktail évidemment aviva ma gourmandise et je ne tardais pas à me trouver dans un état second. Ce qui évidemment déclencha l’hilarité de ma tante qui était experte dans la fabrication de ce nectar !  Curieusement elle n’en fit pas un drame.

Première expérience banale sans doute. Pas de traumatisme psychique à réparer mais le simple besoin de renouveler un moment agréable en satisfaisant une gourmandise découverte presque par hasard, prolongée par une sensation de bien être. Mais déjà c’était aller au delà de la simple dégustation. Le malaise digestif qui suivit fit que je me gardais bien de renouveler ce genre d’essai.

Différentes furent celles de mes seize ans où la cuite était devenu un besoin d’évasion pour rompre avec les contraintes que nous infligeaient (fort heureusement) les années d’apprentissage d’un métier non véritablement choisi mais qui avaient le mérite de déboucher sur un emploi. Besoin aussi de se donner du courage dans la découverte de la sexualité qu’il nous fallait affronter différemment et sans doute plus médiocrement que ne le font les jeunes générations. L’utilisation du pastis étant plus suscitée par les phénomènes de bande d’ados entrant dans une contestation marquée d’exubérance.

Ces  adolescents envers qui des donneurs de leçon d’aujourd’hui livrent leurs jugements, abondamment psychologisants (et parfois moralisateurs) oubliant que le monde change et particulièrement celui de la communication. Que ce phénomène, s’ils ne bouleverse pas l’éternelle démarche affective et amoureuse, lui substitue un meilleur accès au plaisir avec les frontières qu’abat l’accès à la contraception, au cyber sexe et dans une certaine mesure à des formes de pornographie pas toutes aussi stupides qu’on le dit. Et c’est tant mieux, même s’il en résulte des inconvénients comme en toute chose nouvelle ou à forme nouvelle ! Car comme le prouvent pas mal d’œuvres d’art et mosaïques de l’antiquité nous n’avons guère inventé depuis !

Cependant il faut croire que cela n’est pas aussi accessible puisque le recours à la drogue (dont l’alcool) s’avère encore indispensable pour certains.

A croire que depuis des lustres la société des hommes malgré ses progrès incessants, est incapable de mettre des individus en situation d’affronter le travail et le sexe dans une plénitude et une sérénité « naturelles » .

C’est peut-être de ce côté la qu’il faudrait essayer de rechercher les causes de l’abus et contourner les instruments de destructions que  sont le tabac, l’alcool et autres drogues conduisant à de malsaines addictions. Sans omettre que leur commerce est encouragé par non seulement des réseaux clandestins mais fait partie d’un ensemble de productions très institutionnalisées, allant de pair avec la recherche de profits protégés par des laxismes en matière de répression (des gros trafiquants) qui ne sont pas tout à fait innocents.

Les drogues, qu’il s’agisse de l’alcool ou autres, ont toujours constitué une arme contre la naturelle contestation de l’ordre établi par une jeunesse qui se voit ainsi détournée de son élan naturel vers la justice et la recherche de l’équité. Les jeunes deviennent en les consommant, qu’ils l’admettent ou non, plus vulnérables et plus facilement isolés dans des individualismes mortifères, plus facilement enrôlés dans des causes qui s’accommodent des  réductions de capacités de réflexions affaiblies par les addictions destructrices de neurones ! 

On pourra toujours me dire que les jeunes, baignant dans des pratiques alimentaires scientifiquement définies comme garantes d’un apport équilibrant, naturel et respectueux des diététiques les plus élaborées, n’échappent pas, eux non plus, aux destructions du corps et de l’esprit engendrées par des rapports sociaux déstructurant. Absolument d’accord d’où la faiblesse relative de mes arguments. Mais cela est une autre affaire !

 

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