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Syrie: « Ne cédons pas à la tentation de la guerre » réaffirme André Chassaigne

Posté par jacques LAUPIES le 4 septembre 2013

 

Syrie:

 

Politique -           humanitefr dans POLITIQUE le 4 Septembre 2013

 

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Le président du groupe des députés du Front de gauche (FG), a répété mercredi à l’Assemblée nationale être « vigoureusement opposé » à toute intervention en Syrie, même en cas de preuves irréfutables de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien. « En ce moment d’Histoire, les députés du Front de gauche, fidèles à leurs convictions, se veulent porte-voix de la Paix face aux pulsions guerrières et aux passions vengeresses » a souligné l’élu communiste.

« Une intervention militaire n’apportera pas de solution (…) et rendrait au contraire plus difficile une solution politique », a estimé le député PCF du Puy-de-Dôme, ajoutant que « même s’il existait des preuves irréfutables (de l’utilisation d’armes chimiques par Bachar al-Assad, ndlr), ça ne doit pas mécaniquement justifier une action militaire ». Il a jugé qu’une action de la France en Syrie sans le mandat des Nations-Unies serait d’une « extrême gravité » et « ne grandirait pas la France ». « La France ne doit pas s’inscrire dans une position illégale. On reste très attaché au rôle de l’ONU », a-t-il affirmé, expliquant que « s’aligner derrière les Etats-Unis diminuerait le poids de la France et son importance diplomatique ».

L’élu communiste estime que seule « une solution politique » qui associerait « autour d’une table » tous les acteurs permettrait une sortie de crise. André Chassaigne s’est également déclaré en faveur d’un vote du Parlement sur une éventuelle intervention militaire de la France, avant celui du Congrès américain prévu pour le 9 septembre. « Nous ne sommes pas des marionnettes », a souligné le député.

Présent lors de la réunion d’information des parlementaires à Matignon lundi, il s’est dit « dubitatif » sur les preuves présentées par le Premier ministre, prévenant que la même démonstration avait « déjà été faite avec l’Irak en 2003″. « Même si nous n’avons aucune confiance en al-Assad: il est capable, d’ailleurs c’est sans doute lui, d’utiliser des armes chimiques », a-t-il ajouté.

Lire aussi :

 

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Syrie: vives tensions au Parlement français

Posté par jacques LAUPIES le 4 septembre 2013

Ils sont quatre ou cinq retraités que je rencontre assez souvent en fin d’après-midi venant s’aérer sur le cours aristide Briand. Comme on dit « ça papote un peu de tout » Lorsque je les rejoins ne m’asseyant que rarement (le banc est trop petit et la position debout me parait plus saine) la discussion politique s’engage. Pas besoin de présentation ni d’entrée en matière ils savent généralement ce que globalement je peux penser des évènements en cours.

Aujourd’hui c’est clair çà commence par un : « Qu’est ce qui nous fait Hollande ? » Je comprends évidemment qu’il s’agit de sa position sur l’affaire syrienne et celui qui pose la question a été un électeur du Président dès le premier tour ! Comme il n’a pas sa langues dans sa poche il lance : « Qu’est ce qu’ils viennent nous emmerder avec cette guerre en Syrie ? Ils feraient lieux de nous augmenter les retraites ! » A vrai dire même si l’interrogation est sommaire, elle a le mérite de soulever deux questions qui ne vont pas faire progresser notre Président dans les sondages.

 Je n’ai pas trop d’effort à faire pour tenter de développer avec la position des nations unies qui à fort peu de chance de donner crédit aux positions américaines, anglaises, plutot prudentes mais non définitivement opposées à toute intervention, le ridicule de la France qui se place au premier rang des guerriers, et j’ajoute même : « tout cela va demander des explications dans le combat local contre la droite que nous entendons mener avec le PS. »

Mais étonnement (enfin pas trop) de ma part ils voient bien que l’interrogation est réelle à la base du PS et qu’il ne faut pas « mélanger les deux : positions locales et nationales » Je leur laisse la responsabilité de cette analyse.

Cependant je leur indique qu’il serait bon qu’ils s’engagent pour expliquer cela car les spéculations de droite et d’extrême gauche ne vont pas manquer pour faire l’amalgame entre les décisions d’un Président, jugé irresponsable par mes interlocuteurs, et ceux qui localement l’ont soutenu il y a plus d’un an !

A suivre donc…

 

Syrie

Mots clés : syrie,                           assemblée nationale,                           François Hollande,                           bachar al assad,                           barack obama,                           constitution,                           intervention militaire,                           armes chimiques,

 

 

Syrie: vives tensions au Parlement français dans POLITIQUE 2013-09-03matignon-syrie2L’exigence d’un vote du Parlement sur l’engagement militaire de la France en Syrie dépasse largement le clivage droite-gauche. Le gouvernement semble hésiter.

François Hollande ne se doutait probablement pas qu’il se retrouverait dans une position politiquement très difficile à tenir en se faisant le fer de lance d’une « punition » infligée au régime de Bachar Al Assad. L’opposition du Parlement britannique à une participation aux opérations, suivie par la décision de Barack Obama de s’en remettre à son tour à l’avis du Congrès, fait de la France le seul pays qui pourrait s’engager sans consultation de sa représentation nationale.

Bartolone relativise

Une consultation pourtant de plus en plus largement exigée: si ce sont les élus communistes et des parlementaires de l’opposition de droite qui se sont fait le plus fortement entendre, ce week-end – Christian Jacob et Jean-Louis Borloo en tête –, de nombreuses voix à gauche réclament aujourd’hui un vote du Parlement, comme Jean-Vincent Placé, président du groupe Europe Écologie-les Verts (EELV) au Sénat, dans le Parisien, ou le député socialiste Patrick Mennucci, qui estime que se passer du scrutin serait «politiquement une erreur» pour le gouvernement. Les parlementaires communistes ne sont pas en reste : pour le député Jean-Jacques Candelier (voir son communiqué), « il serait inconcevable que le débat de mercredi ne débouche pas sur un vote de la représentation nationale ». Des exigences que le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), tente de relativiser en jugeant que «pour les communistes, c’est une habitude. Pour les écologistes, nous avions déjà eu cette revendication au moment de l’intervention en Afghanistan».

Pas d’obligation, mais pas d’interdiction non plus

Car il y aura bien un débat devant les deux chambres, mais le gouvernement n’a, à cette heure, prévu aucun vote pour y faire suite. La Constitution ne l’y oblige pas. Son article 35 prévoit seulement qu’il « informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention ». Pas d’obligation, mais pas d’interdiction non plus. Le gouvernement a en effet la possibilité d’opter pour une déclaration de politique générale suivie d’un vote, comme avait choisi de le faire François Mitterrand en 1991 à propos de l’Irak. Une autre solution beaucoup plus simple est contenue dans l’article 50-1 de la Constitution. Elle consiste en une déclaration sur un sujet déterminé, suivie d’un vote n’engageant pas sa responsabilité. C’est ce que prônent les communistes.

2013-09-03matignon-syrie dans POLITIQUE

« On ne modifie pas la pratique de la Constitution de la Ve République en fonction de l’humeur des uns et des autres ou de ce qui se passe dans le monde », rétorque le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Sauf que, dans l’opposition, les socialistes ne tenaient pas ce discours. « Lorsque nous allons faire la guerre, selon la Constitution, le Parlement doit être saisi », avait déclaré 2008 un certain… François Hollande, premier secrétaire du PS, à propos de l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, alors que le député Jean-Marc Ayrault s’interrogeait : « Quelle démocratie peut accepter que le président engage ses forces dans une guerre sans que les représentants du peuple aient leur mot à dire ? »

Hier soir, le premier ministre recevait les chefs de groupes parlementaires et les présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Défense au Parlement. Pour Éliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat, si cette rencontre ne retire rien à la nécessité d’un vote, « cette initiative a au moins le mérite, même tardivement, d’associer les forces politiques représentées au Parlement ».

« Pas de troupes au sol, affirme Hollande. François Hollande a réaffirmé mardi, en marge d’un déplacement à Denain (Nord) consacré à la rentrée scolaire, que la France « n’enverra pas de troupes au sol » en Syrie. Le chef de l’Etat a été interpellé par un badaud lors d’un bain de foule aux abords d’une école de Denain. « On n’enverra pas de troupes au sol, bien sûr que non ! », a répliqué le chef de l’Etat à ce passant qui lui lançait: « On n’a rien à faire dans une guerre qui n’est pas la nôtre, ce n’est pas notre problème, laissez les Syriens s’occuper de leurs problèmes ». « Tout est notre problème, ce n’est pas le sujet », a de nouveau répliqué François Hollande, continuant de serrer les mains, de claquer de nombreuses bises et de signer des autographes au milieu d’une forêt de drapeaux tricolores distribués par la mairie.

  • A lire aussi:

« Un vote s’impose au sujet d’une intervention en Syrie » (Jean-Jacques Candelier)

Une démarche politique intenable

Adrien Rouchaleou

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En lisant l’échange entre Lucien Sève et Lucien Deboy pour l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 3 septembre 2013

Je me souviens avoir organisé avec mes camarades communistes de Tarascon une soirée au Panoramique de Tarascon, dans la salle du dernier étage, une soirée débat à laquelle participaient Lucien Sève et André Wurmser (journaliste et écrivain). J’ai complètement oublié l’année mais ce devait-être il y a plus de quarante ans.

De cette soirée, à laquelle participaient de nombreux enseignants dont un jeune professeur agrégé qui enseignait au lycée de Tarascon et avait été élève de Lucien Sève à Marseille, je n’ai pas un souvenir précis si ce n’est, en grimpant l’escalier vers la salle de conférence, un échange de paroles, entre Lucien Sève  et une des personnes qui l’accompagnait.

En substance Lucien Sève évoquait cette idée, selon laquelle tout changement de société passe par un bond qualitatif radical avec un changement complet des rapports de production, non pas pour la soutenir absolument , mais au contraire pour la relativiser en indiquant que tout changement peut se faire par transformations successives aboutissant à ce changement fondamental que nous espérons : le communisme.

Cela évidemment m’avait surpris car dans toutes les formations internes que j’avais reçues au sein du PCF était évoquée l’idée que la société peut progresser certes par bonds quantitatifs mais qu’un bond qualitatif s’impose, d’ou la traduction politique : lutter pied à pied pour l’amélioration du sort de la classe exploitée afin d’obtenir qu’elle puisse un jour renverser le système, y compris par une révolution totale !

La révolution russe étant le premier argument, la démonstration de cette nécessité ainsi que celle qui ont suivi et ont réussi.

On oublie de rappeler qu’il s’agissait de contextes particuliers ou la principale force des révolutionnaires était d’avoir en face d’eux un adversaire de classe discrédité et affaibli par se propres contradictions nationales et internationales. L’affrontement interimpérialiste de la première guerre mondiale et celui de la seconde ayant contribué à cet affaiblissement. Il eut ses conséquences désastreuses pour des bourgeoisies qui durent concéder de nouveaux droits  mais surtout renforcèrent leur domination en adaptant le système et en utilisant à leur profit le développement considérable des forces productives durant notamment les 60 dernières années.

Les conditions du cheminement vers cette nécessité qu’est le communisme sont bien différentes, et les moyens d’en finir avec le capitalisme ne le sont pas moins non plus ! Le recours à Marx pour comprendre cela est toujours d’actualité, d’autant que Marx l’a  affirmé lui-même, il n’est pas l’auteur d’un système mais plutôt d’une méthode.

Une méthode qui n’est pas au service exclusif des philosophes et des élites intellectuelles mais bien de ceux qui sont les éléments humains capable de transformer les rapports d’exploitation en rapports de coopération : les salariés eux mêmes ! A condition d’être conscients de leur rôle et de leur puissance.

C’est bien pour cela qu’il faut oeuvrer pour que cette conscience progresse notamment en les aidant à agir contre toutes les menaces que font peser sur eux, non seulement les pouvoirs que contrôlent et orientent les classes dominantes, mais aussi les instruments médiatiques mis à leur disposition.

Comme je le disais Hier : opposition résolue à l’intervention armée en Syrie, retraites, élections municipales nécessitent qu’ils entrent dans le débat et agissent en conséquence.

Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. »

Une autre question non moins importantes est de situer l’individu aujourd’hui dans la vieille société, demain dans la nouvelle :  « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Nous y reviendrons.

 

A lire 

 

En lisant l'échange entre Lucien Sève et Lucien Deboy pour l'Humanité dans POLITIQUE lucien

 

Politique -           humanite Lucien Seve dans POLITIQUE le 30 Août 2013

Penser un monde nouveau 34/34

Lucien Sève « L’urgence historique de penser avec Marx le communisme »

Mots clés : communisme,                           pcf,                           marxisme,                           entretien,                           séries d’été,                           penser un monde nouveau,                           rosa luxemburg,                           lucien seve,                           jean-jacques goblot,

 

 

Les séries d’été de l’Humanité : Penser un monde nouveau Pour le philosophe, avec un capitalisme confronté 
à des crises ultra-profondes, les présupposés 
du communisme sont là. L’enjeu anthropologique est posé pour réactualiser la visée communiste.

Lucien Sève, agrégé 
de philosophie en 1949, a publié ses premiers travaux au milieu des années 1950, qu’il consacre 
à la philosophie universitaire française, adversaire impitoyable du matérialisme et de la pensée dialectique. Son engagement politique 
au Parti communiste 
lui fermera les portes 
de l’enseignement supérieur en dépit de la notoriété qu’acquièrent ses recherches qu’il consacre à la question de l’individualité et de 
la personne. Marxisme 
et Théorie de la personnalité (Éditions sociales, 1969) 
sera plusieurs fois réédité 
et augmenté. Durant 
les décennies ultérieures, l’histoire du matérialisme, 
la dialectique, les sciences de la nature et la bioéthique, l’anthropologie, la religion occupent une part notable de ses recherches, l’autre versant étant consacré 
à l’étude de la philosophie 
de Marx dont il traduit nombre de textes, 
à la théorie de l’État et à la question du communisme. seveCommunisme, quel second souffle ? (Messidor-Éditions sociales, 1990) développe ses conceptions sur 
la nécessité impérieuse d’une « refondation » du communisme et de l’intervention politique initiée en 1984. Il entend replacer paradoxalement Marx 
à la croisée des interrogations contemporaines : 
le politique, l’anthropologique, le philosophique, 
le communisme. Il s’investit alors dans le projet colossal d’écrire une tétralogie, 
Penser avec Marx, qui devrait lui demander une quinzaine d’années de labeur. Marx 
et nous inaugure la série (2004) aux éditions la Dispute. Vient ensuite l’Homme (2008). La Philosophie 
et le Communisme 
devraient suivre.

« Penser un monde nouveau », 
nous a suggéré cette série 
d’été de l’Humanité. 
Depuis que vous êtes entré 
en philosophie n’est-ce pas aussi votre propos ? Penser la nouveauté, 
le renouvellement, osons le mot, la révolution ?

Lucien Sève. Oui, osons le mot révolution, il en est grand besoin, mais pensons la chose à neuf, de cela aussi il est grand besoin. Quand j’ai commencé à penser, au lendemain de la guerre, il y avait – ça m’a énormément impressionné – une très grande pensée de la révolution communiste nécessaire. Marx, Lénine, Rosa Luxemburg, Gramsci, Jaurès, Lukacs, Mao… La plus ambitieuse action politique coïncidait avec la plus haute réflexion. Mais la visée communiste était alors immature, dans les faits et dans les consciences. Et alors qu’aujourd’hui elle revient plus fort encore à l’ordre du jour, où est la grande pensée actualisée du communisme ? On la cherche… Or sans cela comment changer le monde ? C’est mon souci d’origine, et c’est ce que je cherche à nouveau avec cette tétralogie Penser avec Marx aujourd’hui – je suis dans la longue écriture du tome 3 sur la Philosophie –, dont le dernier volume portera sur le communisme…

Dans quelle mesure cette tâche est aussi 
celle de tout un chacun ? Faut-il être philosophe pour penser vraiment ?

Lucien Sève. Si c’est bien un communisme qu’on vise, alors oui vraiment c’est à « tout un chacun », et chacune, de le penser… Nul besoin d’être philosophe pour ça, je dirais même : surtout pas, s’il s’agit de cette philosophie qui se borne à interpréter le monde pour ne pas le transformer. En même temps, pas de démagogie : penser, ça s’apprend. « Tout homme est philosophe », a écrit Gramsci. En puissance, certainement. Mais en fait, sûrement pas, tant qu’on n’a pas appris cette chose cruciale qu’est le maniement des concepts scientifiques et des catégories philosophiques – par exemple, socialisme et communisme, ce n’est pas du tout la même idée. Et penser théoriquement, ça ne s’apprend avec personne mieux qu’avec Marx… D’où ma tétralogie, où je vise en permanence à une érudition largement accessible…

« Apprendre », dites-vous avec Marx. 
Il est vrai qu’on parle désormais d’un « retour » 
de Marx, quoique ce retour soit très disparate. 
Y aurait-il autant de Marx que de lectures possibles de Marx ?

Lucien Sève. Grave question. Je maintiens qu’hélas nous manquons dramatiquement d’une grande pensée actualisée du communisme, et pourtant il se fait beaucoup de travail théorique sur Marx. Mais pour une très grande part c’est sans cohérence globale, ça ne construit rien de bien utilisable parce que ça va dans des sens disparates. Par exemple, le thème majeur de l’aliénation est très heureusement redevenu d’actualité. Mais il n’a ni le même sens ni les mêmes conséquences pratiques selon qu’on a en vue l’aliénation telle que la pensait le jeune Marx dans les Manuscrits de 1844, c’est-à-dire comme une malédiction pesant on ne sait trop pourquoi sur le travail salarié, ou comme elle devient dans le Capital, la métamorphose des immenses puissances sociales humaines en forces aveuglément destructrices faute d’être appropriées par tous, ce qui met à l’ordre du jour un communisme… La pluralité des regards sur Marx est féconde, mais la pluralité des Marx est ravageuse. S’entendre davantage sur Marx, aux divers sens du verbe s’entendre, est une urgence majeure. Encore faut-il d’abord se lire… Qui dira le mal que nous font certaines exclusives concurrentielles ?

À ce propos, il existe une école de pensée historique qui fait de Marx et de ses successeurs du mouvement ouvrier des utopistes, comme 
le furent avant eux de grands penseurs politiques. 
Vous récusez pourtant l’utopisme de Marx ?

Lucien Sève. Voilà justement un bel exemple de divergence qui n’a nul lieu d’être. Parce qu’il y a trois choses incontestables à dire sur le sujet, et qui règlent la question. D’abord, l’évidente richesse de pensée des grands utopistes ; chez Saint-Simon, Fourier, Owen, même dans un premier temps Proudhon, Marx apprend des choses dont certaines le marqueront jusqu’au bout, et qui peuvent encore nous donner à penser à nous-mêmes. Ensuite, la très grave limite de toutes les pensées utopiques, c’est-à-dire leur incapacité à résoudre la question décisive du « que faire ? » – d’où l’espoir naïvement mis dans l’aide d’un riche philanthrope, voire de l’État bourgeois… C’est de cette démarche utopiste que Marx est l’impitoyable critique, comme l’a bien montré Jean-Jacques Goblot dans ses Essais de critique marxiste (1). Et en troisième lieu – c’est le plus important –, la façon dont Marx pense et nous invite à penser le futur : aux antipodes du vœu pieux, à partir du mouvement réel. Parce que, vue matérialiste historique capitale, les contradictions de toute formation sociale tendent à produire aussi des présupposés de son propre dépassement. Aujourd’hui même, à travers les pires gâchis capitalistes, du possible communisme s’esquisse dans une productivité réelle du travail sans précédent, un développement multiforme des individualités, une planétarisation de la vie sociale… Dans les Grundrisse, Marx écrit que si les conditions matérielles d’une société sans classes ne se formaient pas sous le masque dans la société actuelle, toute tentative d’en finir avec elle « ne serait que donquichottisme ». On veut savoir ce que sera le futur ? Regardons bien ce qui mûrit au présent. C’est pourquoi faire de Marx un utopiste est pire qu’un contresens : une vraie faute politique.

Mais cette idée de présuppositions objectives ne relève-t-elle pas d’un déterminisme historique qui a été beaucoup reproché 
aux marxistes et à Marx lui-même 
(le capitalisme produirait fatalement 
ses propres fossoyeurs), et que le XXe siècle 
a bien mis à mal ?

Lucien Sève. On peut certes la prendre en un sens naïvement déterministe régulièrement démenti par les faits… Mais ce n’est pas obligé, et pour l’essentiel ce n’était pas du tout le point de vue de Marx. Les présupposés objectifs du futur, ce sont des possibles, seulement des possibles, qui ne se déploieront pas tout seuls. C’est pour ça qu’il est si important que nous les percevions bien et les aidions à se développer, mais ils n’en sont pas moins de majeure importance, parce que sans eux le futur que nous rêvons resterait en effet à jamais un rêve. Est-ce que, par exemple, il y a dans la réalité présente des présupposés majeurs économiques, technologiques, sociétaux, politiques, culturels… d’une complète émancipation des femmes ? Oui, et de maintes sortes. Ce qui ne rend pas cette émancipation fatale, ni facile, mais constitue un atout crucial pour parvenir à l’imposer.

Et qu’est-ce qui vous fait croire que cette émancipation et ce monde à venir 
ne peuvent être portés par le capitalisme 
lui-même ? N’a-t-il pas démontré, en un siècle 
et demi et en dépit de ses monstruosités, 
des capacités d’adaptation, de plasticité 
qui lui ont épargné jusqu’ici toutes les fins 
qu’on lui prédisait ?

Lucien Sève. Je tiens en effet pour capital de mesurer que nous sommes entrés dans la phase historique terminale du capitalisme, c’est pour cela qu’actualiser la visée du communisme est d’une telle importance. À moins de ça, on est complètement au-dessous de la tâche. Je connais par cœur les objections : ce serait sous-estimer ridiculement le dynamisme du capitalisme qui s’en sort toujours, ou encore les marxistes ont d’ailleurs passé leur temps à annoncer la chose sans qu’elle ne se produise jamais… De mémoire de rose, on n’a jamais vu non plus mourir de jardinier, et puis un beau jour… Pour autant qu’on puisse répondre en deux phrases à cette question colossale, je dirais qu’il y a deux groupes impressionnants de raisons de penser que vient bien la fin du capitalisme. D’abord, justement, il parvient à l’évidence de plus en plus mal à surmonter ses crises ultra-profondes : crise des dettes, crise d’efficacité, crise écologique, crise anthropologique, et par-dessus tout sans doute crise de sens historique. Et en même temps, on voit monter en nombre des présupposés d’un ordre social et planétaire de vaste mise en commun et gestion concertée de puissances sociales humaines en train de changer d’ordre de grandeur, qui ne peuvent d’évidence plus tenir dans la camisole dérisoire de l’appropriation privée et du pilotage de caste. Ce ne sera ni bref ni simple, nous sommes dans une zone de tempêtes historiques, mais on commence à voir nettement, en même temps que l’éventualité de catastrophes indicibles, une sortie lumineuse possible…

Justement, tout un pan de vos recherches 
a porté sur la théorie de la personnalité, 
sur les rapports interindividuels et leur évolution. Considérez-vous que le capitalisme 
a façonné un individu entièrement soumis 
à la loi de l’argent ? Ou bien plutôt que 
cet individu est déjà mûr pour le communisme ?

Lucien Sève. Le marxisme traditionnel ne voit en Marx qu’un théoricien du social. Je travaille depuis plus d’un demi-siècle à faire corriger cette dramatique erreur. Marx est un penseur de l’essentielle dialectique entre socialité et individualité humaines, donc des conditions de l’émancipation historique plénière de tous les individus, laquelle est le sens même du communisme marxien. Or, en cette matière, nous vivons un antagonisme extraordinaire entre deux tendances. Dans ses efforts pour émerger de ses crises, le capitalisme pousse à un point inouï à la fois le déchaînement de l’individualité marchande-concurrentielle et le sacrifice de masse des individus ; de sorte que le genre humain est maltraité par lui d’aussi grave façon que la planète. C’est pourquoi je milite pour que la cause anthropologique soit prise au sérieux tout autant que la cause écologique. Nous vivons contradictoirement une montée multiforme, impressionnante de l’individualité autonome, qui va d’un accès sans précédent aux savoirs et la culture à une ardente exigence d’égalité en droits, d’une indépendance revendiquée envers tous les pouvoirs aliénants à un début de floraison d’initiatives pour prendre son sort en main. En ce sens, oui, sans se raconter d’histoires car les choses sont violemment contrastées, je pense que nous vivons le manifeste essor d’un présupposé majeur de communisme.

En fin de compte, l’individu communiste, 
ce serait un individu totalement émancipé ?

Lucien Sève. Autant que le permettra le niveau de développement historique atteint, mais d’abord un individu pleinement développé comme producteur qualifié, citoyen compétent, individu inventif, apte à l’initiative autonome et concertée. Acteur d’une forme sociale où, comme il est dit dans le Manifeste communiste, « le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Quelle relation établir entre cette émancipation souhaitable des individualités et l’intervention politique concrète aujourd’hui ?

Lucien Sève. Si l’on partage l’idée que le communisme c’est vraiment pour maintenant – un maintenant à l’échelle du siècle –, et que l’essor contrarié mais inarrêtable des individualités en est le présupposé le plus significatif, alors il y a d’évidence à en tirer des conséquences politiques révolutionnaires. Pour le dire d’une phrase, c’est vraiment le moment de prendre au sérieux comme on ne l’a jamais fait le mot d’ordre de Marx : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Veut-on savoir ce qu’il y a à changer dans nos idées et nos pratiques ? Qu’on passe en revue tout ce en quoi la façon toujours dominante de faire de la politique se propose en fait d’apporter l’émancipation aux travailleurs. Tout ça tourne le dos au communisme, roule pour une façon de faire de la politique dont bientôt plus personne ne voudra… Pourquoi la cause communiste, d’une criante urgence historique en son principe, reste-t-elle depuis des décennies si peu mobilisatrice ? Voilà la question qui doit obséder. J’avance une hypothèse : parce qu’on ne la traite toujours pas de façon vraiment communiste, c’est-à-dire en misant tout sur l’initiative responsable des acteurs sociaux eux-mêmes, le rôle de l’organisation n’étant autre que de les y aider. Il va y avoir trente ans, avançant devant ce qu’on appelait alors au Parti communiste le Comité central ce qui me paraissait être l’exigence d’une « refondation communiste », j’avais cru pouvoir dire : « Nous mourons de soif auprès de la fontaine… » Je le pense toujours.

(1) L’Utopie en débat. Éditions la Dispute, 
2011, p. 187-203.

Entretien réalisé par  Lucien Degoy

 

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Urgences : contre la guerre en Syrie, retraites, municipales, mobilisation !

Posté par jacques LAUPIES le 2 septembre 2013

Voila 3 axes de travail sur lesquels les communistes de Tarascon doivent plancher !

Les municipales doivent voir se développer les initiatives pour unir et rassembler TOUTE LA GAUCHE. Ce n’est pas parce que des responsables gouvernementaux font des choix qui ne nous conviennent pas que nous allons renoncer à oeuvrer pour que le PG mais aussi d’autres personnes  rejoignent l’alliance conclue entre PCF et PS  pour un soutien  à la liste conduite par Marie Chantal Bernard et Alain Dupré.

Concernant les retraites il serait bon que nous soyons tous unis derriere les syndicats qui vont manifester contre le projet gouvernemental.

Enfin nous sommes résolument opposés à toute intervention militaire en Syrie. Opposition qui regroupe une majorité de français  et doit conduire le gouvernement et le Président de la République à cesser cette manipulation orchestrée de l’opinion.

 

Urgences : contre la guerre en Syrie, retraites, municipales, mobilisation ! dans POLITIQUE pl_9

 

Politique -           humanite Municipales dans POLITIQUE le 2 Septembre 2013

Université d’été

Pierre Laurent : « Ne joignez pas  la France à l’escalade guerrière ! »

Mots clés : syrie,                           pcf,                           chômage,                           pierre laurent,                           sondages,                           intervention militaire,                           universités d’été,                           réforme des retraites,                           karellis,                           militants communistes,

 

 

Dans son discours à l’université d’été du PCF, hier, le secrétaire national est revenu sur les enjeux des retraites, de la menace de guerre en Syrie et du rassemblement à gauche.

«Nous voulions une université d’été de mobilisation. Le pari est tenu », a estimé, hier, Pierre Laurent, en conclusion des travaux des participants aux Karellis, en Savoie. L’occasion, pour le secrétaire national du PCF, de s’attarder sur les sujets brûlants de la rentrée, et en premier lieu la menace d’intervention militaire en Syrie. Si celle-ci « devait se déclencher », ce serait une « lourde faute politique, diplomatique, humanitaire », a-t-il mis en garde, en lançant un « nouvel appel à la raison à François Hollande » : « Écoutez les Français majoritairement hostiles à cette intervention ! Ne joignez pas la France à cette escalade guerrière ! » Le secrétaire national du PCF a réitéré « solennellement » sa demande d’un vote au Parlement : « Mercredi, (…) le Parlement ne doit pas être informé, il doit être saisi du choix et voter. » Pierre Laurent a rappelé les « raisons de (l’)opposition déterminée » des communistes « au choix de la guerre ». « Nous ne croyons en rien que les frappes américaines appuyées par la France en dehors de tout mandat international soient une réponse appropriée pour stopper le massacre et protéger le peuple syrien. (…) Le pays bascule dans une guerre civile où le peuple syrien est sacrifié derrière l’affrontement d’intérêts de puissance, dont la Syrie devient une ligne de front et un point de fixation. (…) Ce que nous attendons de la France, ce n’est pas qu’elle souffle sur le feu déjà brûlant, c’est qu’elle multiplie les initiatives pour la cessation des hostilités », à travers la « convocation d’un sommet de tous les belligérants » pour un « plan de transition politique et démocratique pour la Syrie ».

Le dirigeant communiste a ensuite abordé la question de la réforme des retraites : « Nous n’acceptons pas que la gauche emboîte le pas à la réforme Fillon-Sarkozy, (…) Pousser les gens à travailler plus longtemps, à les user au travail, c’est préparer un recul de l’espérance de vie. » Les parlementaires du Front de gauche se battront donc pour le retour à « la retraite à 60 ans » et une « réforme du financement » qui passe notamment par la « remise à plat de toutes les exonérations de cotisation patronales », une « modulation des cotisations incitative à la création d’emplois » et « une mise à contribution des revenus financiers ». Enfin, le secrétaire national du PCF a abordé la question du rassemblement, qui a créé des remous aux dernières estivales du Front de gauche, la semaine précédente. « Si nous voulons imposer les changements nécessaires, seul le chemin du rassemblement à gauche pour de nouveaux choix politiques, le chemin du rassemblement populaire le plus large et le plus actif possible, peut nous y conduire. Rien ne doit nous détourner de cette ambition. (…) Alors, on nous somme de choisir. Le Front de gauche ou le rassemblement de la gauche ? Nous, nous voulons tout. (…) Nous avons fait l’un, le Front de gauche, pour pouvoir reconstruire l’autre sur des bases solides, durables, pérennes, (…) voilà le seul débat qui m’intéresse », a souligné Pierre Laurent, déclarant faire « confiance aux communistes pour faire les choix les plus appropriés » aux municipales pour « battre la droite » et faire « réélire des majorités de gauche ».

Sébastien Crépel

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L’onde de choc du vote de Londres, par Jean-Paul Pierot (commentaire)

Posté par jacques LAUPIES le 1 septembre 2013

Les chefs d’état sont parfois rappelés à la réalité et les tentatives de mise en condition de l’opinion pour lui faire admettre une démarche guerrière peuvent échouer. La preuve nous en est donnée par les dirigeants des principaux pays regroupés au sein de l’OTAN.

La France se trouvant compromise par un gouvernement et un Président de la République va-t-en guerre. Je dis bien un gouvernement d’ou aucune voix ne s’est élevée contre une possible intervention en Syrie.

Le parlement n’étant même pas consulté ce qui atteste de l’état de notre démocratie ou un homme seul entouré de bons ou mauvais conseillers peut tpout simplement décider pour tout un peuple. Navrant et même inquiétant ! Tout le monde ne s’appelle pas De Gaulle et, fut-ce le cas de quel droit, s’arroger le celui d’une telle décision.

Je ne sais pas très bien pourquoi mais devant les attitudes affolées de certains amis qui considéraient que nous allions effectivement envoyer nos bonnes sur la Syrie je n’ai eu de cesse de leur dire que rien n’était fait. Pourquoi ? Sans doute et tout simplement et en premier lieu, parce que l’hostilité à une telle intervention par nombre de personnes de mon entourage était manifeste et ensuite parce que, après les désastres enregistrés en Irak et en Afghanistan, les effets de l’intervention en Lybie et la quasi obligation d’intervenir au Mali à cause de cette dernière, l’opinion en a un peu raz le bol. Ajoutons-y les restrictions apportées sur le plan social et on ne voit pas pourquoi on irait en rajouter avec la Syrie. Mais  dans ce cas précis, ma culture, mes convictions générales, suffisent à ne pas m’en référer seulement au comportement des autres ou à un contexte économique donné, pour évacuer toute réponse violente à une situation née de la violence qu’engendre un système capitaliste mondial à bout de souffle !

Certes l’utilisation d’armes chimiques contre une population, si elle s’avère établie, pose un cas de conscience. Tout comme peut en poser l’utilisation de l’arme atomique. D’ou la nécessité de les faire disparaitre de l’arsenal militaire des pays qui en disposent. Mais peut-on demander à une nation qui serait nécessairement écrasée par des armées dites conventionnelles de super puissances qui ne manquent pas, à l’occasionde s’en servir ou de les donner à d’autres pour cela, de se tirer une balle dans le pied ?

Si je suis menacé, ou même agressé par une bande de costaud, et que les « gardiens de la paix » (on appelait les agents de la force publique ainsi autrefois) n’ont ni la force ni le pouvoir de me protéger, dois-je accepter de me faire massacrer sans prendre quelque précaution dommageable, le cas échéant, à mes agresseurs ?

Sous dictature ou non, une nation, même divisée par une guerre civile dont on ne peut vraiment savoir qui en compose les différents éléments, trouvera toujours un des deux camps appelant au secours d’autres états. il se trouve que d’un côté l’Iran et la Russie soutiennent Bachar et que de l’autre la France (avec la Qatar et l’arabie Saoudite) soutiennent les rebelles.

De quoi également faitre réfléchir non ?

Pour ce qui me concerne, et mon parti s’est clairement prononcé, non pas d’intervention armée en Syrie !

!

CI DESSOUS ARTICLE  PARU DANS L’HUMA

 

 

L'onde de choc du vote de Londres, par Jean-Paul Pierot (commentaire) dans POLITIQUE cameron_1

 

Monde -           humanitefr dans POLITIQUE le 30 Août 2013

 

Mots clés : syrie,                           onu,                           conseil de sécurité ,                           Etats Unis,                           bachar al assad,                           david cameron,                           grande bretagne,

 

 

Après sept heures de débats, les députés britanniques ont pris une décision qui a fait l’effet d’une bombe. il était 22 heures jeudi a Londres lorsque le speaker de la Chambre des communes annonça que 285 voix contre 272 venaient de refuser le principe d’une intervention militaire en  Syrie.

Un camouflet cinglant pour David Cameron qui a du conceder que l’opinion rejetait son engagement actif au côté du président français et de Barack Obama en faveur d’actions armées contre le régime syrien accuse d’avoir eu recours aux armes chimiques le 21 août dans la banlieue de  Damas.  »Il est clair, a-t-il reconnu devant les parlementaires, que le Parlement, reflétant l’opinion du peuple, ne veut pas d’une intervention militaire britannique. J’en prends acte et le gouvernement agira en consequence. »

Partisan au départ d’une action militaire immédiate, le cas échéant sans l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU, et sans attendre les conclusions des investigations des inspecteurs de la mission des Nations Unies, Cameron avait du finalement manoeuvrer en recul, promettant de prendre en compte le rapport des experts qui doit être remis samedi au secrétaire général des Nations unies. Mais cela n’a pas suffi pour calmer les inquiétudes d’une opinion publique qui n’a pas oublie les  mensonges de Colin Powel, le secrétaire d’Etat américain qui en 2003 agitait une fiole devant le Conseil de Securite pour  »prouver » l’existence d’armes de destruction massive en Irak. A l’époque, le premier ministre britannique Tony Blair avait été le plus actif complice de cette manipulation et avait reçu le surnom de  »caniche » de Bush. L’opposition a une nouvelle aventure militaire est majoritaire. Un sondage publie jeudi indiquait que 22 % des britanniques approuvaient  l’option de la force, 51% la rejettant.

Londres ne participera donc pas a une initiative guerrière, si celle-ci était confirmée et maintenue par les États unis et la France. Ce retrait britannique a une grande signification, Londres étant le principal allié des États unis sur le vieux continent. Sa prise de distance bouleverse la donne, même si François Hollande feignait de l’ignorer en affirmant que la decision du parlement britannique ne changeait rien a sa volonté d’engager contre Damas une  »action proportionnee et forte ». De son côté Barrack Obama parlait plus modestement d’un  »coup de semonce » a adresser a Bachar al Assad. Une fois n’est pas coutume, la décision londonienne est une sorte de leçon de démocratie. En effet, contrairement a 2003 avec la guerre en Irak, quand le parlement s’était inclinée devant la volonté de Blair alors même que les britanniques étaient déjà majoritairement hostiles a la guerre, cette fois-ci les parlementaires n’ont pas hésité a censurer le projet du cabinet Cameron et ce faisant ils ont suivi l’opinion des citoyens. En France, l’assemblée nationale débattra mercredi du dossier syrien alors que s’il on croit des rumeurs de l’Elysee, des frappes contre la Syrie auraient peut être déjà commencé…

La décision spectaculaire de la Grande Bretagne qui refuse d’ajouter la guerre a la guerre isole un peu plus les dirigeants français et américains. Dans quelle mesure vont-ils pouvoir tenir dans cette logique de guerre largement considérée comme dangereuse et contre productive ?

Jean-Paul Pierot

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