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A chacun son marché selon son porte monnaie

Posté par jacques LAUPIES le 16 août 2013

Saint-Remy-de-Povence regorge de touristes en ce 15 août, de passage au cours de leurs vacances ou simplement le temps d’un week-end, une foule un tiers populaire, un tiers  petits bobos, un tiers grands bobos ( rassurez-vous ce n’est qu’une grossière approximation pour rire un peu). Il n’empêche que les restaurants sont relativement combles. A partir du plat du  jour à 15 € vous avez, avec un dessert et un café en plus,  quelque chance de vous en tirer à moins de 30 € ce qui avouons le n’est pas évident  pour un déjeuner avec ses deux ados à demi ravis d’être en famille pour ce genre d’expédition.

Mais il y a plus cher et plus culinaire, pas accessible pour tous, même pour un retraité qui s’est habitué à une cuisine légère because diabète et cholestorol qui le guette. Mais nous ne nous y aventurerons pas. Avec le triomphe du surgelé de nos jours vaut mieux se cantonner aux cotelettes d’agneaux façon provençale. Surtout avec des prix qui portent le repas familial au niveau d’un RSA.

Déja de quoi culpabiliser quand on connait des familles qui vivent avec trois enfants et 1300 € par mois dans l’attente de leur inscription comme allocataire ce qui très officiellement demande au bas mot 3 mois d’attente après la demande. Celle dont je vous parle attend depuis 5 mois. A ce prix du repas elle ne tiendrait pas 3 jours.

De quoi culpabiliser quand on sait que sorti du scolaire un jeune ne touchera rien jusqu’à 25 ans, sauf s’il a l’opportunité de quelque travail au noir ou, au mieux une saison chez quelques expéditeurs ou agriculteurs « bienveillants ».  Il ne sera pas question pour lui d’aller s’offrir à Saint-Remy dans une commerce attrape-couillon la chemise à 50 € ou le jean à 60 € et la paire de mocassin à 75 €, probablement fabriqué en Inde ou en Chine. Ce qui avouons le n’est pas du grand luxe mais permet de nourrir le commerce saisonnier et de  répondre aux petits fantasmes de cette catégorie de touristes qui déambulent et dont certains ne semblent pas souffrir trop de la crise.

Ainsi va notre société, il faut pour chacune de ces catégories de consommateurs un marché, bien spécifiquement attaché à leur rang social : moi qui suis plutôt Cours Aristide Briand à Tarascon le mardi je me satisfais, à qualité presque égale du trois à cinq fois moins cher. D’autres préfèrent la grande surface avec sa mécanique du « je te vends même ce dont tu n’as pas besoin ». Tout ça n’a rien a voir évidemment avec les boutiques de l’avenue Montaigne à Paris où, avec le prix d’une robe, vous pourriez acheter toute la marchandise des ambulants de Beaucaire le jeudi  ou le dimanche. La connerie du consommateur est bien partagée entre riches et pauvres sauf que lorsqu’elle est  alliée à la pénurie de ressources ça vous met plus vite sur la paille.

Pas très politiquement correct cette vision des consommateurs peu lucides. Quoique Marx a bien décortiqué tout ça en nous indiquant qu’en fait le prix des marchandises, malgré leur fluctuation, correspondent en moyenne à leur valeur. Ce qui rend particulièrement imbécile celui qui la paie au prix fort et malin celui qui la paie au prix bas.

L’un et l’autre ne se doutant pas que cet échange s’effectue selon la quantité de travail socialement nécessaire à la production de ces marchandises. Paradoxal et incompréhensible, sauf pour les patrons producteurs qui savent très bien s’adapter au client ou, si vous préférez, l’adapter à leurs besoin de profits.

Avec tout çà je n’ai même pas su s’il y avait une bonne expo à voir. Mais la culture coûte cher : souvenez vous d’hier quand  je vous parlais des rencontres photos à Arles : la visite complète à 38 €. Nous avons donc probablement fait des économies substancielles en nous contentant de revoir Saint Remy et ses rues aniomées, un peu jaloux en tant que tarasconnais privés dans notre ville de cette ambiance festive quasi permanente de la ville où Van Gogh a laissé quelque trace tout comme Nostradamus et les romains bien avant lui !

Tant pis pour les créateurs artistiques ou ceux qui sont à l’affût d’un quelconque effet positif de la reprise de la consommation pour favoriser la relance économique.

Si je peux me permettre : un SMIC à 1500 € net (étape vers le 1700 € demandé par le PCF et le Front de Gauche) pourrait les y aider beaucoup mieux !  

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Remarqué le rhinocéros rose…mais c’est aux rencontres  photo d’Arles.

Dire que rien ne se fait à Tarascon ? Laissons cela aux dénigreurs patentés. ce n’est pas mon opinion !

Par contre il y a beaucoup mieux à faire !

Redonner animation à notre ville sera probablement une tâche difficile pour la nouvelle majorité municipales que nous souhaitons faire élire avec une large union de la gauche au complet. Toute autre voie étant suicidaire pour cette gauche !

Mais avec son patrimoine et son histoire notre ville dispose de l’essentiel.  A elle de voir grand et de se donner les moyens pour favoriser un tourisme réceptif  de qualité. Pour la culture et pour l’économie locale !

« Le rebond d’activité est à analyser de près, sans rien occulter et sans angélisme » ( Olivier Dartigolles)

 

En réaction à la publication par l’INSEE d’un rebond de l’activité de 0,5%, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici voit des « signes encourageants de reprise ».

Ce rebond, plus fort que prévu, est à analyser de près, sans rien occulter et sans angélisme.

Remarquons d’abord que ce ne sont pas les dépenses d’investissement des entreprises qui expliquent ce rebond d’ activité : elles se sont repliées de 0,5% pour le sixième trimestre consécutif. D’ailleurs, faute de débouchés et en réaction à un crédit demeurant toujours trop sélectif, le nombre de défaillances d’entreprises demeure très élevé. Ce sont les dépenses de consommation qui ont tiré l’activité au deuxième trimestre et, plus particulièrement, les dépenses en énergie des ménages du fait de l’hiver rigoureux. Comment ? Par l’épargne de précaution existante, du fait de la faiblesse des salaires, pensions et retraites, a très certainement était mise à contribution.

Sur le front de l’emploi, la situation reste très préoccupante. Pas de « signes encourageants de reprise » avec un secteur privé a enregistré 27 800 suppressions nettes d’emplois. Le taux de chômage dans l’hexagone est désormais de 10,4%. Selon le FMI, à politique économique inchangée, le taux de chômage atteindrait 11,2% en 2013 et 11,6% en 2014.

En réalité, le frémissement du deuxième trimestre n’annonce pas une sortie en fanfare de la récession. Pour une véritable relance, une sortie de crise durable, notre pays doit engager, dès la rentrée, un changement de cap de la politique économique, par l’emplopi, les salaires, l’investissement public, avec une vraie sécurisation de l’emploi et de la formation, un relèvement des revenus du travail et de remplacement, une mobilisation nouvelle du crédit.

Selon l’INSEE, la croissance du PIB pourrait n’être que de 0,0% au troisième trimestre et 0,1% au quatrième. Au total, l’INSEE prévoit que le PIB de la France reculerait de 0,1% cette année. Pour en finir avec tous les docteurs Diafoirus, qui prédisent une croissance nulle ou une stagnation lente et longue, il s’agit d’engager le changement en affrontant les puissances de l’argent.

 

 

 

 

 

 

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Camille Peugny « L’ouverture des droits sociaux à dix-huit ans est nécessaire »

Posté par jacques LAUPIES le 15 août 2013

Tellement proche de cette vision du droit des jeunes que je ne peux résister à reproduire l’entretien ci dessous paru dans l’Huma. Je vous épargne un commentaire sauf si ce n’est que ce qui est dit là rejoint ce qu’aujourd’hui développe Bernard Friot sur lequel je voudrais réfléchir un peu…

 

Camille Peugny « L’ouverture des droits sociaux à dix-huit ans est nécessaire » dans POLITIQUE peugny

 

Politique -           humanite dans POLITIQUE le 8 Août 2013

penser un monde nouveau 19/34

Mots clés : marché du travail ,                           travail,                           education,                           emploi,                           chômage,                           medef,                           inégalités,                           entretien,                           jeunes,                           séries d’été,                           penser un monde nouveau,                           camille peugny,

 

 

Les séries d’été de l’Humanité : Penser un monde nouveauIntervention de l’État, démocratisation de l’éducation, nouveau système de formation sont autant de pistes évoquées pour desserrer l’étau autour de cette nouvelle génération de crise. Camille Peugny est sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis 
et enseignant à 
Sciences-Po Paris où il a obtenu sa thèse.

Ce chercheur est spécialiste 
des questions de jeunesse, de mobilité sociale, de reproduction des inégalités et 
de leurs conséquences politiques. En 2009, 
il publie un ouvrage de référence aux Éditions Grasset, dans la collection « Mondes vécus », intitulé Le Déclassement. 
« De ce décalage entre 
la formation et la mobilité sociale (qui régresse NDLR) naît un intense sentiment de frustration qui a des conséquences sur l’expérience vécue 
par les déclassés, 
qui oscillent alors 
entre deux tentations : 
la rébellion et le retrait », 
y écrit-il. Et l’auteur 
de poursuivre : 
« Ce qui, probablement, n’est pas étranger 
au succès de l’extrême droite ou, du moins, 
de ses idées. » En mars dernier, il signe au Seuil, dans la collection « La république des idées », le Destin au berceau. Inégalités et reproduction sociale dans lequel il cerne le poids des héritages dans la trajectoire des individus et avance des propositions pour un système d’accès à « l’égalité tout au long de la vie » à travers la formation. Il est également membre du comité de rédaction de la Revue française de sociologie ainsi que de celui de la revue Agora débats/jeunesses, publiée par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep). J. H.

Vous faites le constat que « sept enfants de cadres sur dix exercent un emploi d’encadrement », tandis que « sept enfants d’ouvriers sur dix occupent un emploi d’exécution ». Comment se caractérise aujourd’hui la reproduction sociale ?

Camille Peugny. Dire aujourd’hui que nos parcours dépendent de notre origine sociale n’est pas surprenant, par contre ce qui l’est encore, c’est l’intensité de cette reproduction des inégalités. Ce chiffre qui se retrouve en haut comme en bas de la structure sociale montre que dans notre société beaucoup s’hérite alors qu’est valorisé chaque jour davantage le mérite selon lequel les individus sont seuls responsables de leurs succès mais, en conséquence, aussi de leurs échecs. Plus généralement, les économistes montrent, par exemple, que plus de la moitié des Français sont dans le même décile de revenus que leurs parents au même âge. Le lien entre le diplôme des parents et celui des enfants est, lui, encore plus important aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Tous les indicateurs convergent et démontrent qu’au cours des trois dernières décennies cette reproduction sociale n’a pas diminué, bien au contraire.

Vous parlez d’une reproduction sociale « par le bas » qui diminue légèrement, tandis que celle « par le haut » augmente beaucoup, qu’est-ce que cela implique ?

Camille Peugny. Au cours des trente dernières années, la part des cadres dans la population active a augmenté. Mais ce surplus a au moins autant profité aux enfants de cadres qu’aux enfants des classes populaires. Ces derniers n’ont pas rattrapé leur retard, bien au contraire. Au final la structure des inégalités ne s’est pas réduite, l’égalité des chances n’a absolument pas progressé.

Dans ce contexte, vous vous inscrivez en faux contre les théories de « moyennisation » 
de la société, pourquoi ?

Camille Peugny. Les théories de la « moyennisation » consistaient à affirmer, notamment dans les années 1970 et 1980, que les classes sociales n’existaient plus dans une société qui se caractérisait surtout par l’expansion des classes moyennes. Or la persistance de cette forte reproduction sociale montre, au contraire, que la société française demeure une société de classes écartelée par des inégalités. Pas au sens marxiste du terme mais au sens où existent des univers de vie fondamentalement différents. Depuis une quinzaine d’années, beaucoup de sociologues et d’économistes ont montré que les inégalités ont arrêté de diminuer. Depuis la crise elles augmentent de nouveau y compris dans les statistiques officielles. De nombreux sociologues parlent désormais de gagnants et de perdants de la mondialisation. C’est une autre grille d’analyse mais pour un même constat : il existe encore aujourd’hui des classes sociales dans la société française.

Pourquoi une telle distanciation avec 
la définition marxiste des classes sociales ?

Camille Peugny. Quand vous affirmez l’existence des classes sociales en France, on vous rétorque que c’est faux parce qu’il n’y a pas de conscience de classe. Plutôt que d’entrer dans ce débat qui interdit de parler de classes sociales, je préfère adopter un point de vue objectif, celui de la mesure des inégalités de revenu. Quant à la conscience de classe – le deuxième pan de la définition marxiste – on peut nuancer en rappelant que dans le haut de la structure sociale cela ne fonctionne pas trop mal. Du côté des ouvriers, des employés, beaucoup de travaux ont montré pourquoi l’identité collective est compliquée : individualisation du travail, mise en concurrence… Au long des dernières décennies, lors d’enquêtes, une part croissante de Français répondait se sentir appartenir à la classe moyenne, créant un décalage entre la réalité et sa perception. Désormais, on observe un point de rupture assez intéressant. Selon une enquête de la Fondation Jean-Jaurès, à laquelle j’ai participé, entre 2010 et 2013, la part des Français qui s’identifient aux classes moyennes a baissé de 6 points. Cela signifie que la crise qui dure depuis 2008 fait peut-être voler en éclats cette « moyennisation » des esprits.

Alors que vous décrivez les mécanismes de déclassement que rencontrent les générations actuelles, pourquoi semblez-vous considérer facile l’opposition entre générations ?

Camille Peugny. Les générations nées dans les années soixante ont connu des difficultés accrues par rapport aux générations du baby-boom, nées dans les années quarante. Aujourd’hui, un jeune de vingt ans qui cherche à s’insérer sur le marché du travail aura à affronter un taux de chômage de 25 % chez les jeunes. Mais, s’il est né en 1993, ses parents sont nés dans les années soixante et ont, eux, cherché à s’insérer sur le marché du travail au début des années 1980 où le taux de chômage des jeunes est déjà de 25 %. Les jeunes d’aujourd’hui sont ainsi la deuxième génération de la crise. Ce constat des inégalités entre générations a un sens mais parce qu’on compare toujours à la même génération, celle née dans les années 1940. De plus, il ne faut pas perdre de vue les inégalités à l’intérieur des générations : on n’a pas que des vieux retraités aisés, tout comme on n’a pas que des jeunes pauvres et précaires.

La scolarisation a progressé dans 
les milieux populaires, comment s’explique alors cette immobilité sociale, voire 
cette régression que vous décrivez ?

Camille Peugny. D’abord, il y a eu une massification scolaire mais il ne faut pas en exagérer l’ampleur. Seulement la moitié des enfants d’ouvriers obtiennent le baccalauréat et seulement 20 % dans la voie générale. Ensuite, la massification n’équivaut pas à la démocratisation scolaire. Les inégalités n’ont pas disparu mais se sont déplacées plus loin dans le cursus scolaire, à l’entrée de l’enseignement supérieur. Par ailleurs, avec la filialisation de notre système éducatif, des inégalités qualitatives se sont substituées aux inégalités quantitatives. Faire une grande école ou aller à l’université, ce n’est pas tout à fait la même chose. Les familles favorisées ont su trouver des parades à la massification et continuent à investir des zones protégées. Enfin, notre système éducatif est particulièrement élitiste. À l’entrée au CP, les enfants d’ouvriers ou de chômeurs maîtrisent moins de mots de vocabulaire que ceux d’enseignants, de cadres ou de professions libérales. Au CM2, ces inégalités non seulement n’ont pas diminué mais ont augmenté.

Vous dénoncez un système où l’école 
« sauve » quelques élèves au détriment 
du plus grand nombre, quel rôle joue 
la méritocratie dans ces mécanismes ?

Camille Peugny. L’objectif d’amener plus de boursiers dans les grandes écoles, par exemple, est louable mais pour être en situation d’être l’élève choisi dans le cadre des conventions ZEP de Sciences-Po, il faut déjà être arrivé en terminale générale. Or 80 % des enfants d’ouvriers ont décroché avant. C’est comme si on commençait à réparer une échelle entièrement vermoulue par le barreau tout en haut au lieu de se concentrer sur ceux du bas. L’égalité des chances peut être séduisante sur le plan intellectuel mais en donnant un peu plus à certains de ceux qui ont beaucoup moins, on tente de justifier l’idée que les inégalités qui subsistent sont finalement justes parce que certains individus seront toujours plus doués que d’autres.

Dans ce contexte général, est-ce que les dispositifs d’emplois spécifiques aux jeunes, comme les emplois d’avenir, vous semblent propices à résoudre ces difficultés ?

Camille Peugny. En période de crise, avec un taux de chômage des jeunes à plus de 20 %, il ne faut se priver d’aucune solution. Mais, depuis trente ans, l’une des caractéristiques des politiques publiques pour la jeunesse c’est justement des actions spécifiques. La gauche fait des emplois aidés réservés aux moins de 25 ans, la droite fait des allégements de charges pour les entreprises qui embauchent des jeunes de moins de 25 ans. Cela ne marche pas. Mais c’est compliqué parce que le chômage des jeunes est d’autant plus important que la pénurie d’emplois concerne toute la population. Le problème est général. En outre, le discours patronal sur la difficulté d’embaucher des jeunes parce qu’il serait difficile de s’en séparer ne tient pas : 70 % des jeunes entrent au chômage en fin de CDD ou d’intérim. Une sorte de révolution culturelle est aussi à mener dans la tête des employeurs sur leur devoir de formation, de donner une expérience aux jeunes, comme sur le dynamisme que ceux-ci peuvent apporter.

Concernant la formation initiale, une réforme de l’école pourrait-elle être en mesure de réduire les inégalités ?

Camille Peugny. Rendre plus démocratique la formation initiale est un premier pilier. La priorité absolue doit être accordée à l’enseignement maternel et primaire parce que, certes, les enfants y arrivent inégaux mais c’est le moment où les inégalités sont les moins fortes. Si on réduisait ces inégalités de niveaux scolaires, l’orientation se ferait beaucoup moins par défaut et les enfants des classes populaires seraient beaucoup plus incités à continuer dans des voies générales s’ils en ont envie. Les chiffres de l’OCDE montrent que la France est dans la moyenne concernant le pourcentage du PIB consacré à l’éducation, sauf qu’est dépensé 20 % de plus pour un lycéen et 15 % de moins pour un élève de primaire. Selon les pédagogues, des transformations pédagogiques sont aussi nécessaires pour rendre l’enseignement moins élitiste.

Pour votre part, vous préconisez une meilleure articulation entre la formation initiale et la formation continue, notamment par la mise en place de bons mensuels de formation ; à quelles fins ?

Camille Peugny. Même si on parvenait à rendre plus juste et plus démocratique la forma tion initiale, il n’y a aucune raison pour qu’il n’y ait pas d’autres moments d’égalité ensuite. Il n’est pas acceptable que tout notre destin soit joué, figé définitivement à seize, dix-huit, vingt ou vingt-deux ans selon l’âge auquel on sort du système scolaire. Avec le système que je propose, qui existe sous une forme un peu différente au Danemark ou en Suède, la société française pourrait considérer qu’elle est assez riche pour payer, à partir de dix-huit ans ou de la classe de terminale, cinq années de formation utilisables d’un seul tenant ou avec des allers-retours dans la vie professionnelle. Garantir 600 euros par mois à tous les jeunes qui se forment après le bac va à l’encontre de la familialisation de la trajectoire des jeunes. L’idée étant de détendre ce moment de l’insertion sur le marché du travail, non pas au sens du Medef mais des possibilités qui s’ouvrent aux individus. Le coût n’en est pas insoutenable.

Alors que les jeunes accèdent difficilement à leur autonomie et qu’ils sont au moins en partie exclus du droit commun, un tel dispositif suffirait-il ?

Camille Peugny. C’est un élément important de l’édifice mais ce n’est pas le seul. Pour qu’explose le verrou des 18-25 ans, l’ouverture de l’ensemble des droits et devoirs sociaux à dix-huit ans est nécessaire. En France, il y a peu ou prou un consensus en faveur d’une intervention de l’État sur la dépendance et le grand âge. L’accès à l’âge adulte, à l’autonomie est aussi un moment particulier. Prendre conscience qu’on ne peut pas laisser sa gestion au seul domaine privé de la famille est indispensable. Car plus l’État intervient plus les inégalités sont corrigées. D’autant que beaucoup de travaux ont montré que la qualité de l’insertion professionnelle a des conséquences tout au long de la carrière et a aussi un effet sur l’ensemble de la société. D’abord en créant du pessimisme, de la défiance envers les institutions, envers les politiques et parce que cela finit par nuire à la cohésion sociale.

Au-delà, mettre fin aux inégalités d’accès à la formation et à l’emploi ne saurait résoudre tous les problèmes, dites-vous, pourquoi et comment serait-il utile de lutter contre la « dualisation » de la société, comme vous l’affirmez ?

Camille Peugny. Tout le monde ne veut ni ne peut devenir cadre. Et donc simplement donner plus de chances aux enfants d’ouvriers de devenir cadres ne suffit pas. On aura toujours besoin d’ouvriers, d’employés des services. La question est alors de savoir comment donner à toutes ces professions un statut, des protections, des perspectives de carrière, un salaire, une considération à la hauteur de leur importance sociale. La vraie lutte contre ce pessimisme, cette défiance, cette reproduction des inégalités, c’est d’agir pour donner des perspectives à ces perdants de la mondialisation. Mais là, c’est aux politiques de se saisir de ces questions et d’organiser ces secteurs.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui

 

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La théorie n’appartient pas qu’aux élites intellectuelles, mais on a sacrément besoin d’elles.

Posté par jacques LAUPIES le 14 août 2013

 

Je trouve particulièrement intéressantes, je dirai même d’une extrême utilité, la série d’été de l’Humanité.

A ceux qui nous reprochent de trop théoriser et d’être coupés des réalités, il y a là des réponses qui s’adressent particulièrement à eux. Car si les phrases simples et les slogans sont parfois une nécessité, il est tout aussi indispensable que ceux qui les emploient ou les diffusent, les militants politiques en l’occurence, reviennent comme l’on dit aux fondamentaux.

La diffusion d’affiches qui revendiquent le SMIC à 1700 €, la retaite pleine et entière à 60 ans, l’interdiction des licenciements boursiers ou le remboursement intégral des dépenses de santé peut être perçu de différentes manières : soit comme simple revendication « alimentaire » sans se poser la question de leur faisabilité, soit susciter interrogation et des lors saisir la portée économique (satisfaire la demande  avec l’effet  stimulant sur la consommation) ce qui rend la proposition déja plus crédible mais peut laisser crédule sur la possibilité par certaines entreprises d’en supporter les effets immédiats.

Question que ne manque pas de nous poser les patrons de PME, les entreprises artisanales, les petites entreprises commerciales,les petits et moyen,s agrulteurs, etc.

Impossible donc de ne pas expliquer toutes les mesures d’accompagnement nécessaires, la modulation des cotisations sociales en fonction des effectifs er des résultats de l’entreprise, un crédit bon marché, la nécessité d’une fiscalité plus juste.

Mais cela vient toujours d’une approche rigoureuse du fonctionnement des sociétés, des mécanismes d’exploitation dont est victime le plus grand nombre au profit d’une minorité. Un mécanisme fondamentalement simple mais complexe dans ses apparences où il n’est pas toujours facile d’identifier l’exploiteur et l’exploité, d’identifier ceux qui défendent les uns et ceux qui défendent les autres. D’ou la nécessité de procéder à définir les catégories sociales dans leurs convergences d’intérêt mais aussi dans leurs oppositions.

La seule position dans le processus de production, bourgeois ou prolétaire, ne donne pas conscience de son appartenance de classe et donc d’une conscience de classe qui rendrait mécaniquement les uns réactionnaires et conservateurs, les autres progressistes capables de faire la révolution pour mettre en adequation l’evolution des forces productives avec la socialisation du travail qu’elles entrainent avec la propriété sociale des instruments de la production substituée à une propriété privée absurde et ruineuse.

La tâche de clarification est d’autant plus difficile avec la mondialisation capitaliste ou la richesse accumulée, sous forme argent ou autre, échappe totalement au contrôle de ceux qui travaillent ne serait-ce que parce que les détenteurs de capitaux ne sont plus « physiquement » repérables.

Il n’empêche qu’ils sont qu’ils viennent de Chine, des Usa, d’Europe ou du Quatar. A coups de milliards, transpirés par tous les peuples du monde ils font et défond les économies, à leur guise. Ils se sont données des moyens financiers, politiques, militaire et surtout idéologiques pour tenir en laisse les récalcitrants d’abord mais pas seulement eux, aussi des masses populaires considérables.

Nous en subissons les conséquences sans pour avoir autant le sentiment d’où elles proviennent !

Sans quoi il n’y aurait que deux partis que la puissance du nombre de l’un (celui des exploités) aurait tôt fait de réduire à néant l’autre (celui des exploiteurs. Ce qui n’excluerait pas querelles d’ntérêts, querelles de pouvoir et le besoin de comprendre les évolutions sociologiques.

Nous n’en sommes pas là, et s’il est vrai que chaque conquête sociale ou sociétale  nous en rapproche et nous fait dire parfois que le communisme s’inscrit dans un processus d’émancipation permanente, soumis à des hauts et des bas, il faut bien reconnaitre qu’on ne peut faire l’économie d’une lutte opiniâtre pour passer de rapports sociaux d’exploitation à des rapports sociaux de coopération entre les humains.

Et cela passe inévitablement par la lutte pour des états laïques, par des économies planifiées, par des garanties sociales, par la démocratie et la liberté le tout établi par des lois fixant les rapports du citoyen à l’intérêt général et laisant un vastre champ aux libertés individuelles.

Mais aussi par un petit effort de réflexion et un investissement personnel. Auquel on doit trouver un plaisir, car laisser la théorie aux élites intellectuelles, même si on a sacrément besoin d’elles, ne suffit pas, surtou en politique…

 

La théorie n'appartient pas qu'aux élites intellectuelles, mais on a sacrément besoin d'elles. dans POLITIQUE p1010359-300x225

Expo phot à Arles. De très grande qualité. a conseiller malgré un prix relativement élevé dans ce lieu que j'ai personnellement connu il y a 60 ans : les ateliers SNCF.

 

 

 

 

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Qui fait le jeu de la droite et de l’extrême droite ?

Posté par jacques LAUPIES le 13 août 2013

La question mérite réponse car déjà notre alliance locale avec le PS dérange. A droite et malheureusement à « gauche ».

A droite, il est bien naturel que certains subrepticement laissent entendre cela puisque menacés par la poussée locale de l’extrême droite aidée en cela d’ailleurs par les déclarations du Maire UMP des Ste Maries de la Mer qui a ouvertement soutenu la candidate FN.

La majorité de droite au conseil Municipal UMP et son opposant fratricide, le Conseiller Général (ex UMP) ont tout intérêt à nous affaiblir et à détruire toute perspective de large Union de la Gauche. Pour tenter de grignoter l’électorat de cette dernière, face à un concurrent FN qui se nourrit de leurs échecs politiques.

A Gauche, il parait non seulement peu cohérent, mais dangereux, de laisser entendre, de la part de ceux qui rejettent toute entente avec le PS, que nous ferions le jeu du FN, alors que si nous nous affaiblissons réciproquement par une division à gauche la droite aura le champ libre dans une alternative droite / droite (souvenons nous de Chirac contre le Pen en 2001)

Car enfin, ce qui fait le jeu de l’extrême droite, à Tarascon comme ailleurs, ce sont les politiques appliquées depuis des décades, qui refusent de régler la question de l’emploi et la question sociale conduisant, notamment durant la période Sarkosienne, à jeter un peu plus dans la précarité les familles les plus pauvres.

Une situation dramatique qui provoque révolte et délinquance parmi les plus frappées. Qu’elles se trouvent dans des origines immigrées ou pas, mais qu’habilement la bourgeoisie divise en deux camps de révoltés. Celui des réfugiés dans l’abstention électorale  et celui de ceux qui rejoignent le discours xénophobe, quand ce n’est pas raciste qu’entretiennent droite et extrême droite !

Voila la vraie cause de la poussée FN.

Non pas les bonnes ou mauvaises stratégies d’alliance de la gauche qui évidemment peuvent les aggraver.

Sur ce dernier aspect les coupables sont à chercher ailleurs que dans les initiateurs d’une large union que nous avons été et sommes, nous communistes, toujours disposé à bâtir avec nos camarades socialistes ce large rassemblement qui laissera toute sa place aux autres courants de gauche existants, si peu représentatifs qu’ils soient.

Paru sur le Blog de l’Huma

Changement  ou résignation ? L’éditorial de Michel Guilloux

Mots clés : sécurité sociale,                           temps de travail,                           austérité,                           pouvoir d’achat,                           tva sociale,

 

 

Que peut la politique ? La question surgit, à la lecture d’un entretien accordé à la presse dominicale par le président du groupe socialiste au Sénat. Ce Sénat passé à gauche sous Sarkozy n’avait pas, à l’époque, que peu contribué, par toute une série de projets adoptés, à porter l’idée qu’un changement de gauche était possible.

Désormais, il faudrait cesser de penser, déclare François Rebsamen, « que l’on peut relancer l’activité économique par décret ». Que tout, absolument tout de la vie économique et sociale soit décidé d’en haut, il n’est guère de personnes ni de formations à gauche pour le réclamer. Mais doit-on entendre que rien le soit ? Triste ambition que celle de se condamner à suivre la voie des « marchés » dont les règles s’apparentent à l’immanence de dogmes régnant dans l’éther pur des idées… et des profits.

Il y a un peu plus d’un siècle, le grand 
Jean Jaurès inaugurait, avec la première bataille pour arracher le droit à la retraite par une première loi, le long cycle qui a associé la gauche, grâce à sa composante ouvrière mobilisée et unie, au progrès social et à l’intérêt national. Sans loi, quid de la Sécurité sociale, de la retraite à soixante ans, de la nationalisation de la SNCF, d’EDF-GDF, des congés payés, de la réduction continue du temps de travail ? Sans parler des droits nouveaux accordés aux travailleurs, et arrachés par eux : reconnaissance de la section syndicale, des délégués du personnel, création des comités d’entreprise… Et il faudrait se résoudre aujourd’hui à voir, en rupture absolue avec ce mouvement historique, un pouvoir de gauche accomplir une politique qui ajoute aux renoncements de lourds reculs sociaux ?

Continuer dans cette direction, c’est faire le lit de la droite. Voir un Gilles Carrez, président UMP de la commission des Finances de l’Assemblée, parler de défense du pouvoir d’achat, après dix ans de casse sociale sans précédent et dont le héraut préparait une « TVA sociale », donne une idée des glissements en cours comme de l’impudence de classe de cette bourgeoisie revancharde. On voit même réapparaître un Frédéric Lefebvre, qui a ravi, à la faveur des partielles, un des sièges obtenus par le PS en 2012. Celui qui s’était spécialisé dans le rôle de porte-flingue du chef de la bande du Fouquet’s retrouve ses habits de pistolero de la droite dure. Enfournant une des polémiques artificielles de cet été, sur les prisons cette fois, monsieur estime dans une tribune que « la réponse de la société à la délinquance doit être ferme et dissuasive ». À défaut de briller par l’originalité, cela ne mange pas de pain. Mais, chassez le naturel, 
il revient au galop. En matière d’inégalités sociales, il y a une urgence en ce domaine : « La délinquance en col blanc, la délinquance financière n’a rien à faire en prison. Il faut la condamner à des peines financières lourdes. » Voilà qui s’appelle défendre les intérêts de sa caste.

Faut-il dès lors courir après les satisfecit des fauteurs de crise ? Y a-t-il grande gloire à gloser sur + 0,1 ou – 0,1 % de croissance, à poser au bon élève du FMI de Mme Lagarde pour se vanter de sa capacité à poursuivre dans la voie de l’austérité ? Du mouvement des Économistes atterrés aux syndicalistes de la plupart des entreprises et à gauche même, des propositions existent. Nul « décret » n’imposera leur mise en œuvre. Pour que le changement de cap nécessaire à gauche ait lieu, il va falloir se faire entendre et, plus, être écoutés. On en débat cet été. Tous ceux qui ont envie d’y œuvrer et d’en débattre ont rendez-vous à la Fête de l’Humanité, début septembre : trois jours de politique en grandeur nature.

L’Humanité en version numérique

Michel Guilloux

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Objectif de l’été : réaliser l’union totale des forces de gauche !

Posté par jacques LAUPIES le 12 août 2013

Combien de personnes nous disent : vous théorisez sur la politique mais les gens n’entendent plus votre discours. Les mots que vous employez  ne sont plus d’époque et celui qui est confronté à des problèmes de conditions de vie difficiles : le chômeur, le précaire, le jeune sans perspective, le retraité qui voit son pouvoir d’achat déja bien maigre diminuer encore, le jeune sans perspective d’avenir, la mère célibataire confontée au manque de structures de soutien pour l’éducation de ses enfants, etc. Celle ou celui là veut  des actes pas des mots.

Précisément les mots que nous employons qu’ils soient dans des expressions modernisées ou la reprise d’un vocabulaire politique plus que centenaire traduisent cette simple idée : il faut en finir avec système d’exploitation du travail qui repose sur l’accumulation des profits par quelques possédants qui n’ont de cesse de les utiliser que pour réaliser de nouveaux profits. Cela au détriment de l’humanité et de la planète qu’elle maitrise si mal à cause d’eux.

Il y a des siècles que cela dure et il n’y a de réponse à cela qu’une réappropriation des moyens de production et d’échange essentiels pour mieux distribuer et utiliser les richesses produites.

Et cela n’est pas très compliqué à comprendre, encore faut-il inlassablement le dire pour extirper des esprits toutes les diversions de pensée qu’on leur propose : depuis une pseudo solidarité (genre humanitaire) jusqu’à la stigmatisation de celui qui est différent, notre semblable d’ici ou d’ailleurs, que l’on nous présente en concurrent et responsable de nos maux.

Bien entendu que faire triompher les idées de partage, de solidarité en rendant sa valeur au travail qui est sans doute avec l’amour la chose dont nous avons le plus besoin n’est pas chose aisée, Ne serait-ce qu’en permettant par le travail de nous donner cette liberté dont nous avons besoin pour développer nos besoins affectifs.

Cela non plus n’est pas compliqué à comprendre, pas plus d’ailleurs que les moyens pour y parvenir que sont les luttes sociales et politiques .

Mais pour mener a bien tout cela encore faut-il rassembler, non pas des élites qui sont formées pour protéger et reproduire, consciemment ou non, le système économique à la fois prolifique et autodestructeur, mais tous ceux qui par leur travail, par leur existence citoyenne ont fait notre présent ou feront le futur.

Alors  il faut agir  pour les rassembler et accepter le rôle irremplaçable des partis politiques qui n’ont pas à s’effacer mais au contraire à apparaitre comme instrument, outil collectif et responsable au service du peuple, leur reconnaitre la compétence au lieu de constamment, par opportunisme, céder à ce qu’on appelle peut-être improprement le populisme( de droite ou de gauche). Ne serait-ce qu’en laissant entendre qu’ils doivent se rallier à tel ou tel panache blanc ou rouge.

Ce que nous réclamons c’est de la cohérence issue de la concertation et du débat pour rassembler autour d’une liste de Front Populaire et Républicain ancré à gauche sans chèque en blanc à qui que ce soit !

 

Objectif de l'été : réaliser l'union totale des forces de gauche ! dans POLITIQUE p1010230-300x225

14 juillet : fête symbôle de la révolution française ? Chacun y met ses valeurs ! A nous de rappeler les nôtres : liberté pour qui et pourquoi, égalité pour qui et dans quoi, fraternité que peut-elle être sans les deux autres termes bien compris de la devise républicaine

 

 

 

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