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Congrès CGT

Posté par jacques LAUPIES le 21 mars 2013

 

Congrès CGT dans POLITIQUE

Social-Eco –   humanite dans POLITIQUE le 19 Mars 2013

Congrès de la CGT

Thierry Lepaon : « Le rassemblement, 
c’est notre seule force à nous »

Mots clés : congrès de la CGT,           cgt,           bernard thibault,           toulouse,           entretien,           nadine prigent,           thierry lepaon,           50ème congrès de la CGT,      

 

50ème Congrès de la CGT. À dix-sept ans, 
il décroche un premier poste de soudeur. 
À cinquante-trois ans, ayant connu plusieurs fois les affres 
du licenciement, Thierry Lepaon se retrouve à la tête 
de la CGT, avec pour mission de souder ceux qui luttent. Parcours.

Les deux hommes se serrent ostensiblement la main. Les flashs des appareils photo crépitent. Thierry Lepaon a cinquante-deux ans lorsque Bernard Thibault le présente officiellement à la presse comme le futur secrétaire général de la CGT. Nous sommes en novembre dernier au sein des locaux confédéraux, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Bernard Thibault a le souci de mettre fin à ce qui apparaissait comme une « crise de succession », notamment après que la candidature de l’infirmière Nadine Prigent, proposée par lui, a été refusée par les instances démocratiques du syndicat : « Après débat, le CCN (comité confédéral national – NDLR) s’est exprimé par un vote. Et sur les 121 organisations qui étaient présentes, il y a eu 119 voix pour et deux abstentions. Je réponds par avance aux curieux en précisant qu’il s’agit de deux unions départementales. Ce qui laisse donc entendre que toutes les fédérations professionnelles ont voté pour. Et permettez-moi de dire à ceux qui considéreraient que Thierry serait un candidat par défaut, qu’ils se trompent et qu’ils devront en faire le constat à l’usage. »

Dans la foulée, Thierry Lepaon, costume noir sur chemise blanche à col ouvert, tenue qu’il affectionne en toutes occasions, livre immédiatement un échantillon de son franc-parler : « J’entends être le secrétaire général de la CGT élu par l’immense majorité du comité confédéral national. Je souhaite, et ne doute pas non plus, que le CCN qui se réunira pendant le congrès confédéral national me renouvellera sa confiance, pour que l’on puisse ensemble diriger la CGT. » D’un trait d’humour, il commence alors à camper l’image sympathique de son personnage : « Je sais, parce que vous me le rappelez tous les jours – et c’est bien, parce que cela m’évite de développer un orgueil profond, que je ne suis pas le premier choix. Effectivement. Et je fais moi-même partie de ceux qui pensaient qu’il aurait été aussi bien qu’une femme devienne secrétaire générale de la CGT. Les conditions n’étaient pas réunies pour que cela puisse se faire. Nous en avons pris acte ensemble et nous avons essayé de trouver une solution qui permette de rassembler l’ensemble des organisations de la CGT, ce à quoi nous travaillons. » Et Thierry Lepaon n’oublie pas de lâcher une phrase que tous les médias reprendront : « Le rassemblement, à nous, c’est notre seule force. La division, c’est l’arme des employeurs. »

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Bernard Thibault souhaitait, certes, qu’une femme lui succède. Mais il affichait aussi l’ambition de confier la tête du premier syndicat de France à une personnalité issue du secteur privé. Thierry Lepaon répond à ce vœu, qui dépasse le symbole tant il s’agit pour la CGT de correspondre au salariat d’aujourd’hui.

«Lepaon». En un mot ! Il y tient, l’ancien ouvrier soudeur de Basse-Normandie, fils d’un maçon et d’une cuisinière, formé à la chaudronnerie, qui a enfilé le bleu de travail dès l’âge de dix-sept ans du côté de Caen, chez Caterpillar. Il avait alors adhéré à la CGT et créé une section syndicale dans la boîte. Une activité militante qui lui valut d’être licencié en 1979.

Toujours dans la région caennaise, il avait retrouvé un emploi dans la métallurgie, chez Spie Batignolles, dont il fut, là aussi, licencié en 1981. Vingt ans plus tard, entre 2000 et 2001, c’est en luttant dans le cadre d’une restructuration chez Moulinex (qui conduira au licenciement de 3 000 salariés), qu’il s’était fait plus largement connaître. Élu depuis 1986 à la commission exécutive de la fédération CGT des travailleurs de la métallurgie et, depuis 1990, secrétaire de l’union locale CGT de Caen, en 2001, il lâche définitivement la boîte à outils pour devenir secrétaire général de l’union départementale du Calvados. « Je l’ai vu arriver à ce poste, se souvient Jacques Defortescu, ancien secrétaire de l’union locale du Havre. Thierry succédait à un cheminot à la tête du Calvados d’ailleurs, comme il succédera à Bernard, un cheminot, à la tête de la CGT. » Pour la petite histoire, Thierry a tout de même une épouse cheminote qui n’hésite pas à l’aiguiller sur les questions de service public des transports…

Il a surtout, toujours selon Jacques Defortescu, « une capacité à prendre du recul, à analyser les situations ». « Comme il remplaçait un fonceur à l’union départementale, au début, on lui reprochait d’être un peu distant, sourit-il. Il a eu vite fait de réagir et de rectifier son attitude. Aujourd’hui, il a du charisme, il est chaleureux, tout en sachant prendre de la hauteur sur le fond des débats. Il n’est pas du genre défenseur solitaire de causes perdues. Si les gens se mobilisent et se mouillent vraiment, alors là, oui, il y va et jusqu’au bout… »

Comme bien d’autres dirigeants cégétistes avant lui, Thierry Lepaon est membre du Parti communiste français. « J’ai un rapport affectif profond avec ce parti, qui date de ma jeunesse », confie-t-il. Mais, ajoute-t-il : « Je n’ai jamais participé aux instances de direction. » C’est avant tout de son père qu’il tient cet adage : « La patience est une vertu révolutionnaire. »

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Patience, écoute sont des qualités que lui reconnaît volontiers Francine Blanche, l’une des secrétaires nationales de la CGT, qui souhaite que l’on voie  en lui « un homme qui repart des grandes valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité tout en sachant les adapter aux réalités d’aujourd’hui ». « Avec lui, on ne va pas se replier. Il a un discours lucide, d’ouverture, qu’il a nourri grâce à ses expériences politiques et militantes, y compris au sein d’une grande multinationale comme Moulinex. Et ayant siégé à la tête du groupe de la CGT au sein du Conseil économique, social et environnemental (Cese – NDLR), il sait qu’il existe de nouveaux lieux de pouvoir. Il a vue sur la société civile et ce sera précieux pour la suite. »

À son arrivée au Cese, en 2010, il a d’abord tenu un discours jugé « trop raide ». C’est de justesse qu’il en est tout de même devenu vice-président. Parmi les chevaux de bataille qu’il enfourche volontiers au sein de cette assemblée : la lutte contre l’illettrisme et la formation en général. Ce n’est pas pour rien, qu’il appelle, chaque fois qu’il en a l’occasion, à « faire de la pédagogie ». Donner à comprendre pour espérer rassembler et mobiliser le monde du travail, n’est-ce pas la mission qui l’attend ?

  • Lire aussi :

« Il a parlé d’un syndicat efficace  et ça me plaît ! »

Pour Thierry Lepaon, Hollande « s’inscrit dans la suite de « Sarkozy »

Thierry Lepaon adoubé pour succéder à Bernard Thibault

Laurence Mauriaucourt

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Partout le PS est pressé de changer de politique, même par les siens

Posté par jacques LAUPIES le 20 mars 2013

Nous avons appelé à voter contre Sarkosy pour en finir avec la droite. Les communistes ne se sont guère fait d’illusion sur les conséquences du vote pour François Hollande qui s’imposait à eux.

On a pu penser qu’il fallait, pour un changement de politique radicalement à gauche, que les élections législatives permettent d’obtenir un rapport différent des forces au sein de la gauche. Malheureusement, cela n’a pas été le cas.

Outre que le système politique ne favorise pas la représentation des partis à plus faible influence électorale, le réflexe « vote utile » les prive d’une représentation proportionnelle à cette influence.

Il en résulte la possibilité de détourner la volonté des électeurs.

Il m’arrive souvent de rencontrer de ces électeurs déçus aujourd’hui et que personnellement je n’avais pu convaincre de ce  risque.

A chaque élection le débat s’instaure avec eux. Cela ne va pas manquer de se produire pour les élections futures dont les municipales.

Mais les municipales ont ceci de particulier c’est qu’elles permettent à la gauche à la base de se rassembler en fonction de l’influence de chacun de ses courants pour une gestion dont elle sera comptable devant une population qui jugera sur pièce des engagements pris par les uns et les autres.

C’est pourquoi les communistes suggèrent la réalisation d’une liste d’Union, avec un contenu de programme clair.

Ils attendent une réponse de leurs partenaires du Front de Gauche, du Parti Socialiste et de tous ceux qui sont attachés aux valeurs républicaines de progrès.

 

Partout le PS est pressé de changer de politique, même par les siens dans POLITIQUE lienemann

 

Politique –   humanitefr dans POLITIQUE le 20 Mars 2013

 

Motion de censure: l’aile gauche du PS souhaite « un grand plan de relance »

Mots clés : ps,           austérité,           assemblée nationale,           marie-noëlle lienemann,           jerome guedj,           emmanuel maurel,      

« Maintenant la Gauche », l’aile gauche du PS, a invité Jean-Marc Ayrault, à « annoncer au plus vite un grand plan de relance, de croissance et de l’emploi ». Le courant rejoint la position du Front de gauche et des Verts, qui ne voteront pas la censure mais profitent de cette tribune pour  appeler à rompre avec les logiques d’austérité.

Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj, principaux membres du courant bien nommé « Maintenant la Gauche », ont appelé dans un communiqué le Premier ministre à « annoncer au plus vite un grand plan de relance, de croissance et de l’emploi fondé sur un programme accéléré d’investissements publics et industriels, sur des mesures d’amélioration du pouvoir d’achat et une réforme fiscale d’envergure. Il est urgent de sortir du dogme paralysant de la réduction accélérée des déficits publics à 3%. Différer d’un an cette échéance revient à reculer pour mieux sombrer ».

« Maintenant la Gauche » considère qu’il « est essentiel qu’il (Jean-Marc Ayrault) dénonce d’une part les graves conséquences de leurs décisions passées, de leurs choix européens et nationaux mais aussi qu’il engage le tournant de la relance, une politique économique vraiment différente ». Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj, est-il précisé, ont manifesté leur « vive inquiétude, lors de la réunion du Bureau national (direction) du PS, mardi soir, devant les « prévisions désormais concordantes et répétitives qui annoncent une croissance quasi-nulle et une forte hausse du chômage cette année ».

Une position très proche de celle du groupe Front de gauche. André Chassaigne, le président du groupe à l’Assemblée Nationale, a prévenu à l’occasion de cette motion de censure qu’il ne la voterait pas, mais qu’il sera « très critique sur la politique gouvernementale » qui « va dans le mur ». « Je dénoncerai cette politique néfaste qui est actuellement conduite par le gouvernement. » Lire à ce sujet, motion de censure: Front de gauche et écologistes critiques vis-à-vis du gouvernement

Une « Assemblée des gauches et des écologistes », en présence notamment de Marie-Noëlle Lienemann, de Pierre Laurent et de Jean-Vincent Placé (EELV), se réunira lundi soir à l’Assemblée nationale pour dénoncer « les reculs sociaux » que présentent, selon les organisateurs du forum, l’accord national interprofessionnel signé en janvier entre partenaires sociaux et qui va faire l’objet d’un projet de loi soumis prochainement aux députés.

 

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Pierre Laurent sur Canal +

Posté par jacques LAUPIES le 20 mars 2013


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Pierre Laurent sur Canal + « La déception est... par CN-PCF

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Le 19 mars : célébration de la fin d’une guerre

Posté par jacques LAUPIES le 19 mars 2013

Le 19 mars : célébration de la fin d'une guerre dans POLITIQUE p1000862-300x225

Je ne récuse pas la nécessité des commémoratrions  car elles contribuent à la transmission de la mémoire.

Mais cependant je leur attribue un défaut bien inévitable : c’est qu’elles se font avec des vivants qui viennent parler des morts ! On ne peut évidemment faire autrement, donc il faut s’en remettre à l’honnêteté et à la sincérité de ces vivants dont certains sont souvent fort éloignés du temps où sont survenus, lorsqu’il s’agit des guerres, les évènements meurtriers.

Un bel exemple des dérapages possibles nous est donnée par la télévision sur la deuxième chaîne à propos de la célébration du 19 mars 1962. Est surtout évoqué dans un reportage le point de vue de ceux qui  contestent cette date, en tant qu’armistice marquant la fin des hostilités, et voudraient que soient officialisés les troubles qui ont suivi et résultaient des actions criminelles d’une organisation factieuse.

A peine reconnu après des années d’insistance des anciens combattants d’Afrique du Nord, le parlement a adopté une loi tant réclamée et à laquelle s’opposaient les nostalgiques de l’Algérie française et autres colonialistes qui hantent les rangs de la droite et de l’extrême droite.

De Gaulle, homme réaliste, qui avait le soutien populaire, prenant en compte  un contexte intérieur qui devenait intenable mais aussi une pression internationale, fut lui-même à l’initiative de la fin du conflit.

Que les français d’Algérie et tous ceux qui étaient engagés auprès d’eux aient connu un drame épouvantable, perdant tout, obligés de s’expatrier, ne peut réjouir les soutiens à l’indépendance (dont j’étais malgré des mes 18 ans en contact avec des jeunes communistes sur les chantiers où je travaillais).

Mais on oublie trop souvent de rappeler qui fut responsable de cette guerre laquelle aurait certainement pu être évitée si, à temps, on avait reconnu les droits légitimes des algériens.

Faut-t-il les nommer ces responsables : banques et sociétés qui ont exploités les ressources minières et pétrolifères, colons spoliateurs des terres qui de 1830 à 1950 transformèrent des territoires entiers asservissant les populations. Certes y furent associés des émigrés de France, d’Espagne, d’Italie qui apportèrent leur concours aux colonisations et constituèrent une communauté dont ne pouvaient se priver les gros intérêts en jeu.

Mais il en est souvent ainsi dans l’histoire ? Saura-on dans cinquante ans que ceux qui aujourd’hui pleurnichent sur la dette et laissent les puissances financières dominer l’économie seront peut-être responsables d’autres drames qui vont frapper le pays demain. Peut-être en y entrainant, comme le laissent supposer les évolutions politiques actuelles, quantité de personnes que désespère la dégradation de notre économie.

Et l’on aura encore une date à célébrer. Avec peut-être des morts à honorer ? Et encore il faudra que quelques uns expliquent que des hommes sont morts pour l’Argent et pas pour la France.

 

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Les personnalités avec de nombreux anciens d'Algérie pendant la commémoration

 

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Quel syndicalisme ?

Posté par jacques LAUPIES le 19 mars 2013

Contrairement à ce que peuvent penser les jeunes générations de militants syndicaux, la question n’est pas nouvelle.

Personnellement je ne l’ai jamais trouvée compliquée ! Un syndicat de salariés c’est fait pour la défense des intérêts des salariés. A partir de là cela la méthode implique de vastes interprétations possibles et une multitude de considérations à prendre en compte :

En premier lieu la revendication et le nombre de ceux qui en exigent la satisfaction donc il y a déja là une forme de démocratie à respecter et nécessairement une limite d’action possible sur un contenu limité. Cela permet de déterminer une négociation qui comme toujours repose sur un rapport de force interne à l’entreprise qui s’établit à chaque demande des salariés ou de l’employeur, portant sur une amélioration ou une dégradation du contrat de travail.

Mais ce rapport de forces est également soumis à des influences extérieures et peut s’amplifier ou se réduire en conséquence. Par exemple si l’entreprise appartient à un groupe, il faut évaluer la capacité des salariés de ce groupe à appuyer ceux de l’entreprise. Il est aussi soumis à l’opinion publique, aux réactions des clients, des fournisseurs et des concurrents, autant d’éléments qui peuvent conduire, dans les deux sens, à un compromis acceptable pour satisfaire la demande formulée.

Les deux parties en opposition ne vont pas manquer de se servir, tout au long du processus d’évolution de la contradiction d’intérêts de laquelle ils sont confrontés chacun pour ce qui le concerne, salarié ou employeur.

Dès lors qu’il y a affrontement les consciences évoluent et intervient la capacité de l’organisation syndicale à la faire progresser et à l’adapter avec réalisme aux résistances patronales. Mais il est nécessaire de dégager un niveau moyen de conscience et se garder de prendre appui sur les extrêmes qui peuvent conduire à l’absence de résultat. Est ce à dire que l’on doit renoncer à des objectifs ?

Quand la CGT inscrivait dans ses objectifs l’abolition du salariat, ce qui en clair voulait dire qu’elle entendait agir pour une société socialiste fondée sur l’appropriation par les travailleurs des moyens de production, il y avait loin entre la satisfaction de la revendication d’augmentation de salaire ou de durée de travail et le projet d’une autre société basée sur la coopération et non l’exploitation des travailleurs. Il n’empêche, et j’ai vécu cela en 1968, que la CGT prenait en compte les réalités et savait se donner des limites et en donner aux luttes sociales en fonction précisèment de l’état notamment des rapports de forces politiques en présence.

(C’était le temps ou, sur le plan politique, l’on dissociait nettement l’ouvrier , producteur de richesse, de l’employé, du fonctionnaire qui recevaient une fraction de la plus value produite par l’ouvrier que consentait à leur accorder le capitaliste en reconnaissance du service rendu. D’où la conclusion que la classe ouvrière était la classe véritablement révolutionnaire. Un distinction dont la CGT ne s’est jamais réclamée, comme il se doit pour une organisation de salariés qui doivent-être considérés sur un même plan de droits à leur défense.)

Les statuts du 45ème congrès prévoient cependant  :

 » Elle agit (la CGT) pour une société démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste et des autres formes d’exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le racisme, la xénophobie et toutes les exclusions. »

L’objectif demeure car se libérer de l’exploitation capitaliste ne peut guère se faire sans la suppression du capitalisme. On en revient au même problème : la suppression de la propriété privée des moyens de production. Donc à l’appropriation collective qui au final serait la seule solution.

Et c’est la qu’intervient la barrière entre un syndicalisme  » révolutionnaire » au sens où la démarche va consister à prendre en compte la nécessité d’arracher une meilleure rémunération salariale, une meilleure sécurité sociale sachant que le système  les remet en cause en permanence parce qu’il doit reproduire un capital dont le contrôle et l’utilisation échappe aux producteurs et d’autre part un syndicalisme « réformiste » qui ignorant cette aliénation du travail croit en une possible et permanente coopération avec le détenteur privé du capital.

Ce qui revient à nier parfois l’existence de la lutte des classes pour ce dernier.

On comprend bien qu’il va découler du positionnement syndical par rapport à cette question une accélération ou un frein à l’émancipation du travailleur. Mais les frontières entre les deux pratiques ne sont pas aussi tranchées car dans la défense de leurs intérêts les salariés prennent conscience  des obstacle et notamment celui que représente leur mise à l’écart du contrôle de l’entreprise, des choix d’investissement (financier ou productif par exemple)

Raison de plus dans la lutte syndicale, comme dans la lutte politique, d’expliquer l’état des rapports de production, de la nécessité de les tranformer pour établir des rapport de coopérations et non d’exploitation.

Cela n’exclut nullement l’avancée avec des compromis mais cela donne à ceux-ci des contenus plus solides, plus progressistes, car les syndiqués ou ceux qui appuient électoralement leurs organisations savent ou ils doivent aller.

Il faut appeler un chat un chat.

 

 

 

Quel syndicalisme ? dans POLITIQUE syndicalisme

 

-   humanitefr dans POLITIQUE le 17 Mars 2013

 

Table ronde : Le syndicalisme peut-il changer les choses ?

Mots clés : bernard thibault,           gérard aschieri,           didier le reste,           maryse dumas,           thierry le paon,           50ème congrès de la CGT,           ANI,           michel vakaloulis,

 

 

Le 50e Congrès de la CGT se tient à partir de demain lundi à Toulouse jusqu’au 22 mars. Alors que la confédération est montrée du doigt par les bien-pensants néolibéraux, l’organisation syndicale s’est vue portée à la première place dans les petites entreprises lors des récentes élections professionnelles.

Après la signature, le 11 janvier dernier, de l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la sécurisation de l’emploi, très favorable au grand patronat et au Medef, par les organisations syndicales minoritaires, le syndicalisme est interrogé… En pleine crise financière et devant les seules politiques d’austérité, les plans de licenciement, les fermetures de sites de production se multiplient. Les salariés subissent la pression toujours grandissante de la mise en concurrence, de la flexibilité dans l’emploi et de la baisse de leurs rémunérations. Quel rôle pour le syndicalisme dans cette situation de crise ? De quelles propositions, capacités et leviers dispose-t-il pour arracher des avancées dans ce contexte de régression ?

TABLE RONDE AVEC : Gérard Aschieri, syndicaliste, membre du conseil scientifique FSU. Maryse Dumas, syndicaliste, représentante CGT au Conseil économique, social et environnemental. Didier Le RESTE, militant politique et syndical, animateur du Front des luttes. Michel Vakaloulis, philosophe et sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII.

Selon vous, le mouvement syndical a-t-il suffisamment pris en compte les fortes transformations du travail des dernières années ?

Maryse Dumas. Jamais assez bien sûr, mais en partie malgré tout. Les syndiqués sont des salariés qui amènent naturellement dans le syndicat les préoccupations qui naissent dans le travail. Deux obstacles cependant à une réelle prise en compte : d’abord l’importance du problème de l’emploi, en quantité et en qualité, qui, depuis des années, prend le pas sur toutes les autres préoccupations ?; ensuite, la trop faible implantation syndicale, avec des trous béants dans des secteurs professionnels entiers, notamment dans le privé. Le syndicalisme est présent dans un plus grand nombre d’entreprises mais avec, à chaque implantation, des collectifs syndiqués plus réduits. Cela handicape ses capacités à appréhender les évolutions du travail, notamment pour les non-syndiqués, qui sont les plus nombreux, ne l’oublions pas. De plus, les différentes organisations syndicales n’ont ni les mêmes propositions ni les mêmes pratiques. C’est pourquoi organiser la confrontation entre les salariés et avec les syndiqués sur les problématiques de leur travail est absolument nécessaire. Non seulement il ne faut rien craindre du débat mais il est la condition pour l’implication du plus grand nombre. L’action syndicale y trouvera des forces et des raisons nouvelles de confiance et de dynamique revendicative sur tous les sujets, y compris les salaires et l’emploi.

Gérard Aschieri. Mon expérience est surtout celle des services publics, et je pense qu’il y a des conceptions et des démarches diverses au sein du syndicalisme. Je me garderai donc de toute réponse trop tranchée. Cela dit, il me semble que les transformations du travail sont aujourd’hui une préoccupation de mieux en mieux prise en compte par le mouvement syndical, avec de multiples initiatives pour y réfléchir, former les militants et intervenir sur ces sujets. Il y a sans doute des progrès à faire mais on est en bonne voie. En revanche, je me demande si les modes d’organisation et les structures des syndicats se sont bien adaptés à ce nouveau contexte. C’est peut-être là qu’il y a le plus besoin d’évolution pour avoir des organisations efficaces face au développement de la précarité, à la sous-traitance, au nouveau management, rassembler non seulement les salariés dans les entreprises et les services mais aussi tous ceux qui y passent brièvement ou sont cantonnés à la périphérie, et pouvoir intervenir sur la réalité du travail.

Didier Le Reste. Sous l’impulsion des politiques de droite, la gestion de plus en plus libérale des entreprises, qu’elles soient du public ou du privé, a globalement conduit, ces dernières années, le mouvement syndical à se focaliser plus sur l’emploi que sur le travail, son contenu, son sens et sa finalité. Il y a même eu confusion entre travail, emploi et employabilité. Au nom de l’excellence, de la performance individuelle, de la concurrence exacerbée, de la rentabilité financière, les logiques managériales ont organisé ce que les sociologues appellent la mise en « précarité subjective » des salariés. De fait, il y a de plus en plus de souffrance au travail provoquant des suicides, et l’on a vu, pour la première fois lors des manifestations contre la réforme des retraites en 2010, des banderoles affichant ? : « Métro, boulot, tombeau ! » En règle générale, les salariés aiment leur travail mais ce qu’on leur impose de faire vide celui-ci de son sens. Ce n’est pas le travail en tant que tel qui est source de souffrance mais ce que l’emploi en fait. Le mal travail coûte chaque année quatre points de PIB à notre économie (80 milliards d’euros). Il y a urgence à réinvestir dans la « centralité » du travail, à placer celui-ci au cœur d’une véritable dynamique d’émancipation.

Michel Vakaloulis. La perception syndicale des transformations du travail salarié est sans doute très précoce et s’exprime de manière solennelle dans les rapports introductifs aux congrès confédéraux dès les années 1970. Mais l’analyse des méthodes patronales de « modernisation », qui finissent par faire exploser l’ancienne configuration des rapports de classes, n’imprime pas immédiatement sa marque chez les militants de base. Lorsqu’il s’agit de passer du constat aux actes, la peur de bousculer les situations acquises, aussi bien dans les structures de l’organisation que dans l’entreprise, repousse à plus tard l’expérimentation du renouveau syndical. Acteur du changement social, le syndicalisme est à son tour pris en défaut par la force corrosive du capitalisme libéral. Le mouvement syndical a certainement « bougé » dans les années de crise, mais à quel rythme, à quel prix et dans quelle direction ? Il demeure combatif, mais ses réserves militantes s’amenuisent. Dans les faits, il peine à passer de la « stratégie du bouclier » (déjouer les « mauvais coups ») à un « syndicalisme de conquête ». L’intervention dans le fonctionnement global et les critères de gestion de l’entreprise n’est partagée que par une minorité de syndicalistes. Quant à la composition socioprofessionnelle du militantisme, elle correspond de moins en moins à la diversité du salariat marqué par la tertiarisation et la féminisation de l’emploi, l’arrivée massive des jeunes diplômés, la montée des cadres et des professions intellectuelles. Cette inadéquation fragilise le syndicalisme. Elle se manifeste notamment dans la difficile prise en compte des problèmes posés par ces nouvelles catégories ? : la précarisation, le rapport travail/hors travail, la quête de reconnaissance et la valorisation des compétences individuelles.

Justement, on décrit souvent un rapport des forces très défavorable aux salariés. Dans le contexte de crise et de pression austéritaire, l’action revendicative et le mouvement syndical sont-ils en capacité de résister, et surtout d’arracher des conquêtes sociales ?

Gérard Aschieri. Si l’on regarde ce qui s’est passé ces dernières années, on peut se dire qu’au mieux l’action syndicale a permis de résister de façon partielle, et que, plus le temps passe et plus la crise s’approfondit, plus le syndicalisme en est réduit à se contenter de limiter les reculs. On est bien loin de véritables conquêtes sociales ! Tout se passe comme si la crise qui a montré les impasses du système néolibéral et les catastrophes qu’il génère servait d’argument pour accentuer encore plus cette politique et faire sauter les dernières protections des salariés. Pourtant le syndicalisme, en France et dans le monde, a souvent conservé la confiance des salariés et une incontestable capacité de mobilisation de masse. Mais le problème me semble être qu’il n’est pas encore en capacité de rendre crédibles de véritables alternatives aux politiques néolibérales. C’est sans doute ce qui a manqué en 2010. Pour cela, il me semble indispensable non seulement de mener des luttes mais aussi d’être capable de faire un vrai travail d’éducation populaire, de débat politique de masse au meilleur sens du terme, et de le faire en liaison avec d’autres types de forces, qu’elles soient associatives ou politiques. Autant je crois indispensable de préserver jalousement l’indépendance syndicale, autant je pense que celle-ci ne doit pas signifier ignorer les autres mais implique de travailler avec d’autres dans le respect absolu des spécificités de chacun. Le syndicalisme a la responsabilité de défendre les salariés ? : de ce point de vue, il n’y a pas de petite bataille ou de petits acquis. Il est indispensable d’obtenir et d’acter des résultats même partiels. Mais si le syndicalisme se contente d’agir dans les marges que lui laisse le système néolibéral et s’il ne se bat pas aussi pour transformer le système, il risque d’être enfermé dans ces marges qui ne feront que rétrécir.

Maryse Dumas. Disons qu’ils doivent s’organiser avec l’ambition de gagner. Parler propositions, revendications, avenir est le meilleur moyen d’affronter l’offensive antisociale en donnant corps à des alternatives. La seule opposition, même nécessaire, à des réformes nocives atteint vite des limites si elle ne s’appuie pas sur l’exigence de mesures alternatives. Le grand problème actuel est le sentiment grandissant d’impuissance, celui d’avoir tout essayé, des luttes aux bulletins de vote, sans parvenir à enrayer le rouleau compresseur. Or, la confiance peut être restaurée sur des revendications qui paraissent plus à portée de main, qu’elles se posent au quotidien ou sur les lieux de travail et de vie. D’où l’importance de ne surtout pas délaisser, et même d’investir en termes offensifs et dynamiques, tous les sujets d’actions concrètes et de faire la preuve sur ce terrain-là de l’efficacité de l’action collective et syndicale. Pas pour abandonner les luttes sur des enjeux plus globaux, au contraire, pour leur donner plus de force. Nouveau statut du travail salarié, plein-emploi solidaire, développement humain durable, développement industriel, nouvelles réponses de service public, la CGT avance des propositions ambitieuses et transformatrices. Elles méritent de prendre corps dans une multiplicité de revendications quotidiennes et d’initiatives d’actions et d’unité d’actions. Faute de quoi, le rapport de forces global continuera de se détériorer. À l’occasion du centenaire de la CGT, Jean-Pierre Chabrol disait : « Avec la CGT, la vie aurait pu être meilleure, sans la CGT, elle aurait été pire. » Travaillons à ce que les salariés, demain, puissent ajouter que, grâce à leur intervention et à leur adhésion à la CGT, leur vie a changé.

Michel Vakaloulis. Malgré ses tâches non remplies et sa faible vision stratégique, le syndicalisme est toujours capable de marquer des points. Son rôle n’a pas fondamentalement changé, même si l’étendue de ses missions et ses modes d’intervention sont à repenser. Sa légitimité est de partir des contenus professionnels pour donner des réponses concrètes aux problèmes des travailleurs, en les intégrant dans une dynamique collective. Quels moyens se donner pour réaliser cet objectif ? D’abord, il faut s’appuyer sur l’existant afin de mettre en perspective des solidarités élémentaires de classe. Les aspirations positives des précarisés à une transformation de leur situation représentent un boulevard pour l’action syndicale de sécurisation professionnelle. Ensuite, il faut conquérir une distance réflexive par rapport aux difficultés actuelles. Les salariés attendent des militants non pas des messages prédigérés, mais des éléments d’intelligibilité et d’optimisme permettant de nourrir leur propre opinion et d’améliorer leur condition. Enfin, le militantisme ne se vit plus actuellement comme un « destin » ou une « vocation », mais sur le registre de l’accomplissement de soi et du respect de l’autonomie personnelle. Ce qui oblige à revisiter la question de la démocratie syndicale.

Didier Le Reste. Un rapport de forces ne se décrète pas à coups de slogans ou d’incantations. Il se construit autour d’objectifs revendicatifs portés par une démarche démocratique. Il est d’autant plus efficace qu’il s’appuie sur l’unité des syndicats. Malheureusement, comme on le voit avec l’accord interprofessionnel dit à tort de « sécurisation de l’emploi », porteur de lourdes régressions sociales, le pôle syndical réformiste qui a signé avec le Medef passe de plus en plus du compromis à la compromission. Cela divise et affaiblit la capacité du monde du travail à se défendre et à peser favorablement sur les stratégies patronales et gouvernementales. Cela dit, en France, inversement au faible taux de syndicalisation, demeurent de fortes potentialités de mobilisation, comme on le voit en ce moment avec les nombreuses luttes sociales qu?il convient de saluer et de soutenir. Le syndicalisme tire pour une part sa légitimité dans le mouvement social mais, aussi indispensables soient les luttes du monde du travail, elles ont leurs limites. Sur les enjeux de société entre autres, elles trouvent leur pleine efficacité lorsqu’elles se conjuguent avec la bataille politique.

Face à la finance et à la place croissante des actionnaires, la question des nationalisations, de la reprise en coopérative ou du droit de veto a ressurgi comme alternative au massacre industriel et à l’hémorragie des suppressions d’emplois. Une articulation avec le politique est-elle à rechercher afin de rendre possible ces nouvelles formes d’« appropriation sociale et démocratique » ?

Michel Vakaloulis. La politique dominante ne marche qu’au rapport de forces. Elle a renoncé à changer le monde, elle ne fait que l’enfoncer dans la crise. Pour reconstruire le projet démocratique qui est en panne, il faut s’attaquer aux dispositifs de dépossession qui cloisonnent la vie politique et déroutent la participation des citoyens. En revanche, l’idée directrice du mouvement syndical est la possibilité de changer le cours des choses en faisant de la question sociale une priorité politique. D’où la rencontre inévitable avec le politique?: le syndicalisme a un intérêt vital à la réhabilitation de l’action publique. Or, on ne saurait bâtir l’indépendance syndicale sur les ruines de la crédibilité partisane. Ni mettre en perspective la démarche syndicale dans un paysage politique marqué par la dépression des projets alternatifs.

Maryse Dumas. Ces propositions ne valent pas seulement pour des entreprises en difficulté. Il faut créer les conditions d’un nouveau type de développement, respectueux des femmes et des hommes qui travaillent ainsi que des préoccupations environnementales, et se donner les moyens de contester au libéralisme sa domination. Une part du discrédit politique s’explique par la suprématie du pouvoir économique et financier sur le pouvoir politique. Rendre aux citoyens les moyens d’une force d’intervention dans l’économie pour conduire de grands projets industriels, sociaux et de recherche et innovation fera progresser l’intérêt pour la vie démocratique. C’est en ces termes que je pense l’articulation avec « le politique ». Tout appelle à une force syndicale indépendante du pouvoir et des partis politiques, à la fois constructive et critique, et surtout capable de mobiliser au-delà des choix partisans. Tous les engagements politiques sont présents dans la CGT, même si c’est à des degrés divers, et la plus grande partie des syndiqués n’adhèrent à aucun. Restreindre l’action de la CGT à une alliance avec le Front de gauche, cela pourrait peut-être faire plaisir à certains, en fonction de leurs propres sympathies, mais ce serait désastreux pour le rapport de forces global et la capacité de la CGT à unir et à rassembler pour des alternatives réelles et durables. L’offensive médiatique visant à accréditer l’idée d’une CGT réduite à une colonne vertébrale Front de gauche me paraît très parlante à cet égard !

Gérard Aschieri. Bien sûr, il est important de se battre pour ces pouvoirs nouveaux et pour des gestions plus démocratiques où les salariés puissent intervenir sur les choix stratégiques et pas seulement sur leurs conséquences. D’ailleurs, cela vaut aussi pour les services publics où se pose la question de modes de gestion permettant l’intervention aussi bien des agents que des usagers. Ce sont autant de conditions non seulement pour lutter contre les délocalisations et le chômage mais pour agir sur le contenu même du travail. Et c’est bien sûr la responsabilité du législateur de le permettre. Les organisations syndicales ont donc à travailler avec les politiques pour élaborer ces dispositifs : comme je l’ai déjà dit, la condition est simplement le respect de la spécificité de chacun et le refus de l’instrumentalisation (du syndicalisme par le politique mais aussi l’inverse). Mais je pense que ce travail peut porter plus largement sur des sujets d’une autre ampleur.

Didier Le Reste. Avec un taux de chômage dépassant les 10?%, un montant de dividendes versés aux actionnaires supérieur à celui de l’investissement productif, il y a urgence à étendre les droits et à doter les salariés et leurs représentants de réels pouvoirs aux fins d’intervenir sur les choix de gestion et de peser sur la stratégie des entreprises. Face au pillage d’activités stratégiques portant l’enjeu de la souveraineté du pays, on reparle à juste titre de nationalisations. Il convient de concevoir celles-ci dans une nouvelle approche, celle de « l’appropriation sociale » allant au-delà du seul aspect de la propriété publique. C’est là un élément déterminant dans la maîtrise économique et la transformation de la société. Cela suppose bien une interaction entre le mouvement syndical et le courant politique de transformation.

Cela exige-t-il de nouveaux dispositifs législatifs ? Et lesquels en priorité ?

Gérard Aschieri. Je pense qu’il y a plusieurs urgences : la première me semble être de permettre l’intervention des organisations syndicales en amont des choix stratégiques des entreprises. Il faut également mettre au plus vite en œuvre les nouvelles règles de représentativité, et les faire valoir non seulement en matière de négociations et d’accords mais aussi de gestion de notre protection sociale. L’on peut aussi évoquer une nouvelle législation sur les Scop qui facilite la reprise d’entreprises par les salariés.

Michel Vakaloulis. Il est important de conquérir de nouveaux droits, notamment sur le front de la lutte contre les précarisations, encore faut-il réinvestir et étendre les droits existants. Par exemple, les potentialités d’intervention sur la marche de l’entreprise sont insuffisamment explorées et exploitées par les élus dans les instances représentatives du personnel. À quelques exceptions audacieuses près, la jonction avec le militantisme de proximité n’opère guère. Mais cette jonction est plus que nécessaire pour l’emporter sur les difficultés du présent et retrouver un élan conquérant.

Didier Le Reste. À l’instar de la loi sur l’amnistie sociale, saluons le travail réalisé ces derniers temps par les parlementaires du Front de gauche, le mouvement syndical et des juristes, débouchant sur une proposition de loi visant à interdire les licenciements boursiers et les suppressions d’emplois abusives. L’idée est d’aller plus loin pour traduire dans la loi l’obtention d’un droit de veto suspensif attribué aux comités d’entreprise et aux délégués du personnel, un droit de préemption pour les salariés en cas de cession de leur entreprise.

Entretiens croisés réalisés par Pierre Chaillan

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