• Admin.du Site

  • Archives

  • Accueil
  • > Archives pour février 2013

La fin du PCF serait dans l’isolement pas dans le rassemblement

Posté par jacques LAUPIES le 23 février 2013

COMMENTAIRE D’UN CORRESPONDANT

« A défaut de prendre l’argent aux spéculateurs et aux bénéfices pharaoniques du CAC 40, on continue de voler les travailleurs….A mes contacts communistes oserez-vous faire des alliances au municipales ou autres avec ces menteurs de sociaux-démocrates ? Cela signera votre fin…

MA REPONSE UN PEU REVISITEE

Gérer une ville nécessite de faire des choix locaux qui certes sont liés à une politique nationale. Evidemment que le PS n’a pas la politique qui nous convient. Pour preuve nos positions clairement exposées dans les débats à l’assemblée nationale et au sénat. Par principe nous ne votons que ce qui peut constituer une avancée sur le plan économique, financier et social, voire sociétal.

Parallèlement nous appelons avec le Front de Gauche à combattre l’austérité, à lutter pour de nouvelles libertés et des institutions démocratiques (contre le régime présidentiel, pour la proportionnelle à toutes les élections).

Pour mener ces combats la politique de la chaise vide dans les assemblées élues est-elle une bonne solution ? Je ne le crois pas, donc cela passe par des compromis (sans compromissions) de manière à peser sur les décisions et à empêcher la droite de liquider ce qui reste d’acquis sociaux ou au Front National de revenir au pouvoir qui, comme l’a bien développé le socialiste lors du débat avec Marine Le Pen, le conduira comme le font tous les partis d’extrême droite à s’en prendre aux libertés et à la démocratie.

Ce fait certains éléments du FN ne le comprennent pas. Ils sont issus parfois de milieux ouvriers, ainsi que nombre d’électeurs qui croient que le FN est un Parti comme les autres, voire aussi démocratique que l’est le PCF. De plus les copie/coller de Marine Le Pen sur certaines propositions que fait la gauche contre la finance, pour l’aide au plus démunis, contre les tentatives de mettre en cause des retraites, sécurité sociale, sèment le trouble. D’ici qu’ils préconisent les nationalisations il n’y a pas loin !

Battre la droite et le FN ne se fera pas comme cela a pu se faire dans le passé lorsque la France était occupée et que l’extrême droite collaborait avec l’ennemi. Par contre ce parti n’a pas le choix que de se délivrer des certificats de républicanisme, de laïcité, de démocratie, de réformisme social, pour accéder au pouvoir par voie électorale.

Nous n’avons d’autre choix que de rechercher le rassemblement à gauche y compris avec un PS qui, rappelons le, n’est pas uniquement sur des positions libérales partout et en tout, et doit-être attentif aux exigences de son électorat.

A nous de constituer avec le Front de Gauche une force suffisante pour empêcher la dérive sociale-démocrates et le retour au pouvoir d’une droite durcie au sein de laquelle le FN jouerait un rôle décisif.

Mais attention, cela ne veut pas dire des Front Républicains qui faciliteraient le maintien d’une droite sarkoziste, ou autre,  et un social libéralisme en quête d’une troisième force pour continuer précisément ce qui fait le jeu du FN : une politique d’austérité avec la soumission à une Europe ultra libérale.

Si nous n’y prenons garde Tarascon pourrait bien entrer dans ce shéma avec au prochaines municipales une liste bidon pour collecter l’électorat du PS ancré à gauche et soutenir un « centriste de droite » jouant les républicains effarouchés, sans pour autant renoncer à laisser certaines de ses ouailles flirter avec le Maire sortant.

C’est ce qu’on appelle ne pas mettre oeufs dans le même panier, sauf bien entendu dans celui de l’UNION.

Ce qu’il faut c’est une gauche et des républicains rassemblés sur des objectifs bien précisés contre cette recomposition d’une droite en préparation comme je viens de l’évoquer.

Une possibilité s’offre pour les élections municipales, lieu de rassemblement A LA BASE.

C’est de cela qu’il faut parler et non de déverser en permanence une hostilité à l’égard des courants socialistes droitiers, en oubliant que cela ne mènera à rien, qu’à la dispersion, la division, ce qui en définitive les servirait.

La meilleure façon de combattre le CAC 40 et ses spéculateurs et de faire en sorte que des millions de personnes et des dizaines de milliers d’élus soient présents pour le faire dans toutes les villes et villages de France !

S’en priver avec la stratégie de l’isolement ne pourrait que signer la mort du PCF que vous semblez ranger de votre côté. Heureusement les communistes en congrès ont vu les choses différemment en préconisant en particulier les luttes sur tous les fronts contre l’austérité et le rassemblement de forces populaires.

Puisque vous êtes pétri de bonnes intentions pour lutter contre les spéculateurs ne pourriez-vous nous rejoindre ? A moins que vous ne jugiez plus confortable, ce qui est votre droit, de mettre votre énergie à mettre en cause le PCF, dès lors qu’il serait susceptible de faire selon-vous un pet de travers !

 

Publié dans POLITIQUE | 3 Commentaires »

Prenez le temps de lire…

Posté par jacques LAUPIES le 22 février 2013

Je ne commente pas le texte ci dessous. Il est assez long pour ne pas en rajouter mais prenez le temps de lire…

Prenez le temps de lire... dans POLITIQUE revolutiontunisienne

 

Monde –   humanitefr dans POLITIQUE le 21 Février 2013

 

La révolution tunisienne est-elle en danger ?

Mots clés : tunisie,           11 septembre 2001,           moncef marzouki,           hamadi jebali,           révolution arabe,           rached ghannouchi,           ennahdha,           printemps arabe,           habib bourguiba,           opposition tunisienne,           mohamed abdou,      

 

 

Par Emna Menif, militante politique. Passée l’euphorie de la chute du régime autoritaire et corrompu de Ben Ali, le défi qui s’est posé à la Tunisie était celui d’accomplir sa Révolution et donc d’instaurer un ordre nouveau irréversible. Deux années se sont écoulées et un ordre nouveau est en place. Correspond-il aux aspirations du Peuple qui s’est révolté et sera-t-il irréversible?

Le soulèvement des tunisiens s’est essentiellement exprimé à travers des revendications sociales et une aspiration à la Liberté et à la Dignité. Sans être politiquement encadré, il s’est transcendé en une revendication démocratique par la convergence de l’insurrection populaire et du ras-le-bol des élites économiques et intellectuelles autour d’un objectif commun qui a réussi à créer un semblant d’unité et briser les chaines de la peur. Cependant, une fois le régime honni renversé, l’absence de fondements politiques et idéologiques à la « révolution du jasmin », ont ébranlé l’unité et révélé les fissures et les contradictions qui traversent le corps sociétal tunisien.

Peut-être est-il utile d’esquisser une rapide lecture de la société tunisienne pour mieux comprendre l’impasse politico-sociétale dans laquelle se trouvent la Tunisie et sa révolution ?

Nombreux sont ceux qui ont salué l’exception tunisienne depuis son indépendance et ses acquis modernistes, illustrés par le Code du Statut Personnel et la situation exceptionnelle de la Femme dans le Monde Arabe et Musulman, la généralisation de l’accès à la santé et à l’éducation, le développement de l’infrastructure, les réussites économiques… sans parler de ceux qui ont encensé le régime déchu. Après tout, l’autoritarisme décrié par quelques uns n’était rien au vu de son rôle stratégique et efficace, croyait-on, dans la lutte contre le terrorisme islamiste qui menaçait le « Monde Libre », surtout après le 11 septembre 2001.

Sans s’attarder sur la situation économique fragile, enfin révélée au grand jour, on est en droit de se demander si on connaissait « les autres » Tunisie, la Tunisie des ceintures péri-urbaines des grandes villes et des villes de petite taille et de l’intérieur du pays, la Tunisie rurale et celle des régions frontalières, la Tunisie tribale et celle des minorités…

Une crise identitaire non résolue…

Le premier péril qui guette la révolution tunisienne est la crise identitaire qui secoue la société dans ses différentes composantes.

Le moderniste Bourguiba a, certes, réussi, jusqu’à une certaine mesure, l’édification d’un Etat-Nation et l’émancipation de son Peuple au sortir de la colonisation. Cependant, son projet a été mené d’autorité et dans un déni des composantes de la société tunisienne et des identités qui la constituent. Ni le tribalisme, qui structurait la société et établissait les équilibres régionaux, ni la mosaïque ethnique et communautaire, ni le modèle familial traditionnel, ni le rapport au religieux, fortement instrumentalisé par le Mouvement de Libération Nationale, n’ont été appréhendés à leur juste mesure au cours des mutations de fond qu’il s’évertuait à effectuer. Les institutions religieuses, sous toutes leurs formes, autant que les institutions civiles et sociales séculières, ont été mises sous le contrôle du Parti du Président et du Pouvoir, le tout légitimé par la frénésie de l’édification de l’État Moderne, aspiration suprême au lendemain de la Libération. Ce choix sociétal, conjugué à la pensée unique et à l’autoritarisme de plus en plus affirmé du Régime, ont barré la route à tous débats de société et ont laissé en suspens la construction d’une authentique Nation rassemblée autour d’un projet assimilé et assumé.

Le successeur de Bourguiba a manipulé les clivages et les conflits latents de groupes aux intérêts divergents, lorsqu’ils ne sont pas contradictoires, pour asseoir son contrôle absolu sur le pays, maniant clientélisme et répression pour étouffer toutes revendications qu’elles soient identitaires, sociales ou politiques.

Des « Tunisie » s’affrontent aujourd’hui à la recherche d’un dénominateur identitaire commun, synthèse entre, d’une part, organisations claniques et tribales fortement influentes dans de vastes régions du pays et conceptions étatiques modernes dominantes dans les grandes villes du littoral et, d’autre part, conservatisme nuancé selon les milieux et modernité tout aussi nuancée propre à certaines élites.

Les rêves d’État-Nation et d’unité nationale ont fait les frais de l’uniformisation forcée du Peuple tunisien au mépris de ses références patrimoniales et identitaires et de ses particularismes régionaux.

Les courants islamo-wahabites ont, momentanément, résolu l’équation, par le biais d’une autre uniformisation, dans l’Identité Arabo-Musulmane renforcée par le sentiment d’humiliation et d’injustice partagé par les peuples arabo-musulmans écrasés par le conflit israélo-palestinien et mis à l’index au lendemains des attentats du 11 septembre 2001 et tout au long de la décennie qui a suivi.

Ils ont réussi, par l’instrumentalisation du Sacré et à la faveur de la culpabilité collective au regard de leur longue répression, à créer une nouvelle forme d’unité autour de la ferveur religieuse et la stigmatisation d’un nouvel ennemi imaginaire qui menacerait l’Identité Religieuse du Peuple. Ils avaient, à leur avantage, une longueur d’avance sur les progressistes de tous bords, grâce à leur implantation populaire cultivée tout au long des années de clandestinité, renforcée par l’action caritative et le soutien social, facilitée par l’utilisation intempestive des mosquées et autres structures de prosélytisme, ouvrant la voie à l’absolution et à l’illusion d’appartenance rassurante à un « Groupe-Nation ». Les promesses de l’au-delà ont pris le pas sur l’espérance en une Vie meilleure, au Bien-être en ce bas monde et au Bonheur terrestre.

Cette réponse aussi est, à terme, inappropriée. Cependant, les élites progressistes n’ont pas leur réponse à cette équation. Elles ne l’ont pas posée comme préalable incontournable à tout projet politique viable, audible par les tunisiens et capable de rassembler dans un élan d’appartenance et d’appropriation.

Une situation sécuritaire inquiétante…

La crise sécuritaire qui secoue actuellement le pays est un deuxième péril qui risque de mettre à mal la révolution tunisienne dans ses fondements mêmes. L’exécution d’un des principaux leaders de la gauche tunisienne est un virage dans l’affrontement entre les mouvements islamo-wahabites et progressistes. Il est l’aboutissement prévisible de l’escalade de violence politique que le gouvernement, sous le contrôle hégémonique du parti islamiste Ennahdha, a rendu possible par son laxisme, sa complaisance voire par sa complicité. Il pointe les ingérences du parti au pouvoir dans les systèmes sécuritaire et judiciaire qui, ajoutées à l’échec du gouvernement à apporter une réponse aux urgences économiques et sociales, signent l’affaiblissement de l’État, probablement encouragé et, dans une certaine mesure, voulu. L’émergence de groupuscules armés et de bandes organisées, souvent formés de salafistes, et le développement du secteur informel et de la contrebande, en partie sous leur contrôle, participent à la déstabilisation de l’État et préparent à terme au quadrillage du pays et à son contrôle par les groupes proches des mouvements islamo-wahabites.

Ces bandes, prétendument hors contrôle, participent, à leur manière, à la stratégie de pillage du patrimoine culturel et de destruction de la mémoire collective populaire, illustrée à travers le saccage systématique et organisé des mausolées à travers le pays et les attaques contre les modes d’expression culturelle profane.

C’est par la terreur et l’intimidation que l’islamo-wahabisme tente d’instaurer une autre forme de pensée unique et d’instituer, à l’instar de ses prédécesseurs, une histoire officielle, une mémoire officielle, une culture officielle et un modèle cultuel officiel.

Cette forme de péril sécuritaire ne doit pas occulter un autre péril aussi grand. La petite délinquance, le banditisme et le développement outrancier de la contrebande participent à déstructurer l’état et à porter atteinte à la stabilité et à la paix sociales. Ils sont à l’évidence les corollaires d’une dégradation alarmante du niveau de vie et du pouvoir d’achat des tunisiens, paupérisant les couches défavorisées, appauvrissant la classe moyenne basse et réduisant, de façon inquiétante, la marge de manœuvre de la classe moyenne supérieure. Ils présagent de la multiplication de mouvements sociaux sauvages qui ne peuvent que compromettre la transition démocratique pacifique. N’était ce pas le point de départ de l’insurrection originelle qui a fait le lit de la révolution tunisienne ?

L’échec cuisant de la politique économique et sociale du gouvernement et le passage au rouge de la plupart des indicateurs économiques participent à la crise politique à laquelle le pays fait face et qui représente, incontestablement, le principal danger qui guette la « révolution du jasmin ».

L’impasse politique…

Il ne fait nul doute que la situation politique s’est imperceptiblement engouffrée dans l’impasse.

Le parti islamiste a su donner le change, se « recentrer » et « incarner » la modération en laissant se développer les groupes salafo-wahabites, à tendance djihadiste, et imposer, de fait, leur existence, conduisant à une comparaison consciente ou inconsciente, nécessairement favorable à l’islamisme politique dit « modéré ». Pendant ce temps, il a mené de main de maître son entreprise de « frérisation » des rouages de l’État par une série de nominations partisanes aux postes clés, en même temps que son œuvre de radicalisation de la société. Une société civile imprégnée de la doctrine des frères musulmans a proliféré et développé son action auprès des catégories vulnérables, particulièrement une enfance démunie perméable et malléable à volonté, une jeunesse désœuvrée en quête de repères et des populations indigentes. Elle a investi tous les domaines de l’action prégnante, caritative, culturelle, éducative et de développement économique. Le ciment idéologique, la mobilisation sans faille et la manne financière des pétrodollars et autres financements « d’accompagnement de la transition démocratique » lui ont grand ouvert les voies de l’encadrement, de l’endoctrinement et pour finir de l’embrigadement.

Les démocrates, pour leur part, ont préféré se cacher derrière le pragmatisme et proclamer la fin des idéologies, se privant de Projet, de Vision et de Perspectives. Ils se sont cantonnés dans la réaction et la défensive alors qu’ils étaient attendus dans l’action et l’offensive. Pire encore, ils se sont fait les chantres d’un passéisme lui-même porteur des prémisses de son échec. Défendre des acquis assimilés à des privilèges et glorifier le « Bourguibisme », sans remise en cause critique de l’histoire officielle et sans réconciliation avec la grande Histoire de la Tunisie dépoussiérée garantissant, enfin, l’éveil de la Mémoire Collective séculaire enfouie pendant des décennies, les a desservis et privés de l’adhésion de larges franges de la société, notamment défavorisées et rurales.

Ils se sont laissé piéger par le jeu de positionnement électoraliste. Ils ont, de ce fait, renoncé à l’affirmation des clivages idéologiques avec leur adversaire au profit d’une attitude policée qui, sans aplanir les différends fondamentaux et imposer les termes du débat, a effacé les aspérités. Sa politique de la, soi-disant, main tendue au parti majoritaire a fait de la classe politique démocratique son otage. Il a ainsi pu manœuvrer avec toute la latitude voulue pour écrire le scénario de l’interminable feuilleton du remaniement ministériel, multipliant les rebondissements, soufflant le chaud et le froid, menant la danse et imposant le tempo. Le dernier épisode savamment concocté par le Chef du Gouvernement, issu du parti islamiste, a fini par achever toute résistance viable et fiable de l’opposition jusque là au moins affranchie de toute allégeance. Hamadi Jebali, à travers son initiative, annoncée au soir de l’assassinat du leader de gauche Chokri Belaïd, a réussi à faire « absorber le choc de l’attentat », comme l’a déclaré le Président de la République. Il a réussi à neutraliser toute velléité de contestation en même temps qu’à semer la division au sein d’une opposition qui a réussi, pour la première fois depuis la révolution, à se souder dans l’épreuve. Les partis d’opposition se sont précipités, en rangs dispersés, au chevet du Chef du Gouvernement affaibli, lui et son parti du reste, par un constat d’échec, pour une fois, unanimement partagé. Par leur adhésion inconditionnelle, malgré des réserves vite balayées par les ténors du parti Ennahdha, ils ont blanchi le parti au pouvoir et surtout son leader. Encore une fois, les vieux démons de sanctification de l’Homme Providentiel, Sauveur incontournable, ont ressurgi et ont du même coup balayé l’histoire ancienne et récente d’un parti qui a normalisé la violence et l’a absout de ses responsabilités dans la répression et les dérives, que les mêmes protagonistes ont qualifiées, il n’y a pas si longtemps, de fascistes. Ils ont surtout feint d’ignorer son corpus idéologique et occulté ses références doctrinales, servant de faire valoir au mouvement islamiste et normalisant ses thèses. L’hypothèse nouvellement énoncée de l’incapacité d’un seul parti à gouverner la Tunisie préparant à des gouvernements de coalition, inévitablement avec la participation des islamistes, a fini par vider de sa substance l’aspiration à un État Démocratique régi par des Institutions libres et par l’équilibre entre une majorité au pouvoir et une opposition de contre pouvoir.

L’Union Sacrée pour le Salut National est, certes, un bien. Mais elle ne peut être réalisée à n’importe quel prix et surement pas au prix de consensus mous au risque d’être meurtriers. On nous a souvent répété que la politique était l’art du compromis, nous réitérons qu’elle n’est pas l’art de la compromission. Et la frontière est ténue entre compromis et compromission en l’absence de lignes de démarcation nettes entre le choix d’un conservatisme radical aux relents théocratiques et d’un État démocratique dont le caractère civil est affirmé sans concessions.

Or, il est un fait, les tribulations et les tractations sans fin qui ont accompagné les péripéties de la formation d’un nouveau gouvernement, ont détourné l’attention de la recomposition des forces au sein de l’Assemblée Nationale Constituante, de la poursuite des débats en catimini sur l’avant projet de constitution qui ont, à la fois, éludé les oppositions de principe sur la nature de l’État et sur les Droits et Libertés, et fait diversion sur des questions de l’importance de la décentralisation de l’État ou de l’organisation des pouvoirs législatif et judiciaire. Et à force de répéter le leitmotiv de l’accélération de la rédaction de la constitution et de l’échéance électorale, on en oublie le contenu de cette constitution, l’enjeu des instances de régulation et l’élaboration de la loi électorale. Que d’obstacles séparent encore la classe politique d’un consensus global authentique…

Finalement, le danger qui guette notre démocratie naissante ne réside pas tant dans les antagonismes que dans la crise de confiance entre le Peuple et la classe politique dans son ensemble ; en témoignent les forts taux d’abstentionisme annoncé révélés par tous les sondages d’opinion.

Une voie sans issue ?…

Deux années après l’amorce de la révolution, un ordre nouveau est en place. Cependant, il a détourné le cours de l’histoire de la révolution tunisienne. Consacrant une doctrine panislamique et s’inscrivant dans l’utopie du Califat Islamique, il a confisqué les aspirations libertaires et égalitaires pour jeter les bases d’une théocratie à peine déguisée et de pouvoirs centralisés autoritaires. Il a prorogé un modèle de développement économique et social source de la désespérance de larges couches populaires dont l’insurrection a conduit à  la genèse de la Révolution. Ordre nouveau, dit-on ?

Pour autant, la révolution tunisienne, certes en danger, n’est pas sur une voie sans issue. La liberté d’expression inexorablement arrachée, la multiplication des espaces de débats et l’engagement indéfectible d’une nouvelle élite portent les germes d’un renouveau de la pensée qui ne tardera pas à éclore en un foisonnement d’Idées et de Visions, accompliront la révolution culturelle qui manque cruellement au processus de mutation politique.

Le rassemblement des forces démocratiques, politiques et civiles, autour des fondamentaux – le contenu de la constitution, les instances indépendantes de régulation, la loi électorale – est inévitable, même s’il devait s’opérer à marche forcée.

Mais le salut est, de notre point de vue, dans l’investissement de l’espace public par un Projet.

D’abord, un Projet Culturel et de Société qui s’articule autour de la réhabilitation et de la valorisation de la mémoire et des racines patrimoniales et, l’ouverture et l’hybridation pour imprimer une dynamique d’assimilation des valeurs de modernité et de promotion de l’innovation.

Ensuite, un Projet Économique et Social dont l’expression à court terme répond aux urgences par un véritable plan Marshall de sauvetage de l’économie nationale, et dont les réponses à moyen et long termes, reposent sur l’intégration d’autres modèles de développement économique et social. Il n’est pas possible d’entrevoir une possibilité de développement économique sans réfléchir la Politique de Développement dans ses différentes dimensions, Individuelle, Urbaine, Environnementale, Culturelle… ni sans la valorisation de l’initiative personnelle et collective et les spécificités régionales et locales.

La réussite de la transition démocratique, la diffusion des valeurs de Citoyenneté, de Démocratie, d’Universalité des Droits Humains, de Suprématie de la Loi… ne peuvent pas s’opérer à la faveur de déclarations d’intention, d’une rhétorique abstraite ou d’un processus de projection institutionnelle. Ils ne peuvent être que le fruit d’une ré appropriation de la pleine Citoyenneté, indissociable de la fierté de son appartenance à des racines individuelles, à une communauté et à une nation, de la conscience de son rôle d’acteur et de son libre arbitre, de la réalisation de son projet de vie et de la garantie de ses droits les plus élémentaires à des conditions de vie digne. Cela entend un travail soutenu et des moyens conséquents, dans la proximité avec toutes les catégories de la société, l’humilité et le partage.

Il ne fait pas de doute que la révolution tunisienne est en danger… Cependant, le temps court de son histoire laisse l’espoir intacte. Les révolutions sont l’œuvre de générations, au souffle long, à la détermination inébranlable et aux convictions affirmées.

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Soirée télé et internet : de l’ombre d’un doute à l’histoire falsifiée

Posté par jacques LAUPIES le 21 février 2013

Au fil de la soirée deux émissions particulièrement intéressantes sur deux évènements forts éloignés (un voyage dans l’Indochine coloniale et ensuite un portrait apparemment réaliste de Jeanne d’Arc) Enfin au hasard je découvre un blog qui est encombré de documents tentant de réhabiliter pour ne pas dire faire l’apologie du nazisme avec à l’appui la négation du massacre d’oradour.

Ce qui d’évidence relie ces trois éléments historiques est bien la difficulté qu’il peut y avoir à interpréter l’histoire. Et de plus le profit que peuvent dans le présent en tirer  les politiques en faveur de l’idéologie dont ils se réclament, sans que cependant ils se dévoilent véritablement.

L’évocation de la vie de cet aventurier qui parcours les pays du sud est asiatique après la guerre de 39/45 permet  au réalisateur du documentaire de présenter différents aspects de la présence française dans  cette région, notamment ce qu’elle fit endurer aux peuples bien que cela soit vu  sous l’angle d’observation d’un narrateur d’une neutralité relative.

Mais les images, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce type de document, parlent beaucoup d’elles-mêmes et ont le mérite, observées avec le recul, de montrer la cruauté des occupations et des guerres coloniales.

Pour ce qui est de Jeanne d’Arc, la tentative de certains historiens, d’expliquer comment elle a pu devenir un chef militaire et surtout l’idole d’une armée et d’un peuple, est fort intéressante et crédible, dans la mesure ou elle rappelle les intérêts économiques et politiques des féodaux qui auraient été susceptibles de la soutenir.

Elle éclaire sur l’origine absurde d’ une légende d’inspiration mystique et religieuse. Elle met en évidence que ce qui dictait le patriotisme de l’époque dépendait pour une bonne part des puissants dont les stratégies d’alliance variaient au gré des rapports de force et des alliances possibles.

Mais les travaux des historiens n’échappent pas à la vision qu’eux mêmes se font de la construction et de la détermination de l’histoire.

C’est ce que révèle  ce blog qui traine dans un site particulièrement fréquenté par des jeunes et dont l’auteur véhicule une contestation de la thèse officielle des crimes d’Oradour-sur-Glane au moyen d’une vidéo ou il tente de démontrer que le massacre de la population n’est pas imputable aux SS.  Site qui par ailleurs présente des vidéos mettant en exergue des nazis au premier rang desquels Adolph Hitler.

Prenant appui sur toute une série d’éléments matériels concernant les causes de la mort de la population civile, l’auteur de cette vidéo, condamné par ailleurs pour son révisionnisme, prétend que c’est une explosion qui a provoqué l’effondrement de l’Eglise et non un incendie déclenché par les allemands. Histoire de disculper des SS qui n’auraient eu que pour vocation de nettoyer un nid de résistants qu’après tout, sous-entendu, il était légitime et de bonne guerre de massacrer.

A l’appui le témoignage d’anciens SS et de personnes, comme il y en a encore dans la plupart de nos villes, qui dévoilent ouvertement des thèses semblables et dont les attaches avec la collaboration ne sont généralement un secret pour personne.

Ainsi d’une douteuse interprétation de faits on aboutit à justifier le criminel et à diaboliser la victime.

Un façon de revoir l’histoire dont les jeunes doivent se méfier, d’autant que le titulaire de ce blog était d’évidence un nationaliste  convaincu, affichant ouvertement son attachement à des idées d’extrême droite : les blanc avec les blancs, les noirs avec les noirs. et pour ne pas être en reste estimant que le tryptique Région-Nation-Europe était la base de sa démarche, sur fond racial bien entendu !

Question d’ailleurs évoquée par Caroline Forest dans son émission « Les réseaux de l’extrême » avec la présentation des « enragés de l’identité » sur France  5, mardi dernier.

 

 

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Comptable ou gérant ?

Posté par jacques LAUPIES le 20 février 2013

 Ah cher Claude Cabannes comme j’aime votre style. Ne m’en veuillez pas de reproduire intégralement votre article qui dit si bien ce que je pense et que je ne saurais exprimer aussi bien que vous évidemment !

Et si je devais le faire malgré tout, je sombrerais dans une vulgarité dont doit se protéger tout citoyen en colère.

Car ce Migaud, qui outrepasse sa fonction, et les quelques complices qui lui laissent l’opportunité d’ouvrir des brêches dans l’une des plus belles conquêtes de la sécurité sociale de ce pays, en tout état de cause mériterait bien d’être traité avec ses acolytes de…

Mais je ne le dirai point car le nom est si joli et si avenant que ce serait encore trop flatteur de l’accorder à ce stratège de l’intox qui nous prend pour des imbéciles.

 

 

  • Comptable ou gérant ? dans POLITIQUE 2013-02-20didier_migaud

Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, ressort des tiroirs quelques vieilles lunes fiscales et les livre, rafraîchies, au pouvoir politique, pour qu’il s’en serve

Politique –   humanite dans POLITIQUE le 20 Février 2013

Editorial par Claude Cabanes

La poudre, l’édito de Claude Cabanes

Mots clés : austérité,           cour des comptes,           fiscalité,           allocations familiales,           didier migaud,      

 

 

On pourrait dire aujourd’hui des éminents dignitaires de la très éminente Cour des comptes, ce que l’on disait autrefois de certains hauts personnages de l’armée française : « Ils n’ont pas inventé la poudre, mais ils s’en servent ! » C’est ce que fait le président de cette ancestrale institution, Didier Migaud : il ressort des tiroirs quelques vieilles lunes fiscales et les livre, rafraîchies, au pouvoir politique, pour qu’il s’en serve.

L’obsession de l’austérité est leur horizon commun : elle leur tient lieu de pensée politique. Nous voilà à des années-lumière des grands discours sur le changement demain matin. Il est vrai que M. Migaud doit sa solennelle fonction à l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy…

On serait bien injuste de ne s’acharner que 
sur lui. La Cour des comptes, l’Élysée et Matignon forment le triangle d’or, solidaire de la ligne générale de paupérisation du peuple français et de la nation. Parfois cependant les circonstances sont bien malheureuses: ainsi 
ce jour où le président de la Cour des comptes a découvert la lune de la réduction des moyens de l’assurance chômage (malheur à Pôle emploi 
où se côtoient le calvaire des chômeurs et le calvaire 
de ceux qui les reçoivent), donc ce jour-là ou presque, 
un homme sans travail s’est immolé par le feu devant 
le bâtiment de la souffrance…

Donc la Cour des comptes et son timonier fournissent à la chaîne à Messieurs Hollande 
et Ayrault du « minerai » (comme on dit aujourd’hui 
dans l’industrie de la viande…), du « minerai d’austérité ». Un jour, elle propose de tirer à vue 
sur les pensions de certains retraités (au risque 
d’ouvrir un abîme politique sous les pas du pouvoir…) ; 
un autre, de réduire la voilure des collectivités territoriales; va-t-elle bientôt mettre sur le tapis, l’impôt sur les remboursements de la Sécurité sociale? À moins que ça ne soit déjà fait, mais cela nous a échappé…

Le dernier « coup », c’est la taxation des allocations familiales. Un vieux spectre blanchi sous 
le harnais, qui hante depuis longtemps les crânes 
de droite ou de gauche, plutôt d’une certaine gauche… Quelle ironie! En 1981, dans la foulée de la victoire 
de François Mitterrand, l’équipe de Pierre Mauroy 
et des ministres communistes, les augmentait de 50%! Les temps ont changé, certes, mais enfin, en est-on arrivé à un tel désastre qu’il faille « punir » les fameuses « allocs » qui datent de 1932, sont servies à près de cinq millions de ménages, et sont l’une des couleurs fortes du paysage social français ? Il paraît qu’il faudrait extraire 2 milliards 600 millions d’euros des dépenses familiales… C’est un certain Monsieur Fragonard qui a été chargé 
de descendre dans la mine… On ne lui souhaite pas bonne chance.

Pas d’argent! C’est le hululement du grand perroquet national, économique, politique, médiatique et idéologique. On nous raconte des histoires. Par exemple : un rapport récent du Conseil des prélèvements obligatoires (le CPO), révèle que l’impôt (8 %) sur les bénéfices des banques commerciales (qui sont énormes) est 6 fois inférieur à ce qu’il est en Allemagne, 4 fois inférieur à ce qu’il est en Grande-Bretagne, 3 fois inférieur à ce qu’il est en Italie… Nous sommes battus seulement par l’Autriche.

  • A lire aussi:

Didier Migaud, méga-comptable de la nation

Allocations familiales, la piste de l’imposition s’éloigne

La cour des comptes cible les maires

Les sages s’en prennent à ces salauds de pauvres

Par Claude Cabanes

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

A la veille d’un débat sur la famille…

Posté par jacques LAUPIES le 20 février 2013

Ouf ! Le gouvernement ne s’embarquerait pas dans les suggestions du Président de la Cour des Comptes.

Mais l’idée a été lancée qui aboutit à diviser en catégories les prestataires en fonction de leur revenu.

Je ne développerai pas, j’ai déja donné ma conception de ce que je considère comme le meilleur moyen de financement d’une action sociale généralisée : recourir à la contribution en fonction des revenus de chacun.

C’est là une idée simple  dont s’éloignent les pouvoirs successifs depuis l’amorce de sa mise en oeuvre en 1945 avec la création de la sécurité Sociale.

Une idée qui trouvait la force de sa réalisation avec les mesures économiques que furent les nationalisations et les mesures institutionnelles qui accompagnaient la politique définie par toutes les composantes de la résistance.

 

 PARU DANS L’HUMANITE

A la veille d'un débat sur la famille... dans POLITIQUE allocations_familiales2

 

-   humanitefr dans POLITIQUE le 19 Février 2013

 

Allocations familiales: la piste de l’imposition s’éloigne

Mots clés : famille,           budget,           impôts,           jean-marc ayrault,           cour des comptes,           fiscalité,           jérôme cahuzac,           politique budgétaire,           allocations familiales,           didier migaud,           daniel vaillant,      

 

 

Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin ont paru écarter ce mardi l’idée, suggérée par le Premier président de la Cour des comptes, d’une imposition des allocations familiales pour réduire les déficits publics français.

Selon le député socialiste Daniel Vaillant, le Premier ministre l’a laissé entendre lors d’une intervention devant le groupe PS de l’Assemblée nationale. « La question, c’est de mieux gérer les dépenses publiques mais de le faire de telle manière qu’un certain nombre de politiques comme celle de la famille, qui donne des résultats, ne soient pas remises en cause », a dit le chef du gouvernement, cité par l’ancien ministre de l’Intérieur.

Pause dans les hausses d’impôts

Dans une interview à Paris Match, le ministre du Travail va plus loin encore en estimant que le moment est venu d’une pause dans les hausses d’impôt. « Le gouvernement a légitimement demandé aux Français, notamment aux plus aisés, un effort pour redresser les finances publiques. Il serait bienvenu de respecter une pause avant de penser à une nouvelle hausse, directe ou indirecte, des impôts », affirme Michel Sapin.

Lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a été plus nuancé et s’est borné à dire que le gouvernement n’avait « pris aucune décision en la matière pour l’instant ».

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

12345...8
 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...