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Italie : éclairage

Posté par jacques LAUPIES le 27 février 2013

 Il y a de cela deux jours, au lendemain du scrutin italien je mettais en parallèle l’effet Beppe Grillo en Italie avec celui de Le Pen en France.

En évoquant toute autre manoeuvre que fait la bourgeoisie pour détourner les couches populaires des seules solutions valables pour sortir de la crise : en finir avec la domination des marchés financiers et des politiques d’austérité.

Les libéraux et certains sociaux démocrates ont tellement peur d’être débordés par l’arrivée au pouvoir d’une alliance qui serait porteuse de ces propositions que toute initiative « populiste » de droite ou teintée de gauche les sert et leur permet de renforcer le bipartisme et l’alternance dont évidemment ils sont bénéficiaires en neutralisant ainsi le mécontentement.

Jeu dangereux qui consiste à laisser se propulser des Marine Le Pen et des Beppe Grillo. Si en France, pour la Présidentielle, n’avait émergé le Front de Gauche l’opération aurait réussi à 100 % comme en Italie ou les communistes se sont littéralement fait plumer.

Alors ceux (*) qui tergiversent sur la nécessité de l’Union des forces de gauche sur des programmes permettant de sortir non de l’Europe mais d’y imposer demain les aspirations populaires et de la dégager de la domination des banques privées et de la pression des orientations libérales anglo-saxonnes, ceux là, si on les écoutait nous conduiraient comme je le soulignais dans un récent article dans l’isolement tant espéré par eux.

Cela ne nous empêche pas de soutenir la demande plutôt que de l’étouffer, de mener pied à pied le combat parlementaire, sans compromission, avec le social libéralisme du PS, pour défendre et parfois faire avancer, les acquis sociaux et même les réformes à caractère sociétal.

Le résultat des élections italiennes qui peuvent étonner quand l’on connait l’influence qu’ont eu les communistes dans ce pays sont un élément de plus à verser au dossier des stratégies à adopter pour en finir avec le libéralisme économique : ni la compromission de centre gauche (ou droit) ni un populisme d’extrême gauche réducteur.

Le Front de Gauche a évité cela en conjuguant la capacité de mobilisation d’une gauche plus radicale et notamment (pourquoi ne pas le dire, du potentiel que représentent les militants communistes) et une médiatisation excellement accomplie par le candidat Jean Luc Mélenchon.

Il faut continuer ainsi et aller au dela des forces déja rassemblées.

Pour paraphraser un intellectuel gaulliste, André Malraux, qui s’est un peu perdu dans les discours politiques : le 21 ème siècle sera communiste ou ne sera pas !

(1) – voir le commentaire d’un lecteur de mon blog, entre autre un ami, qui ne cesse de s’indigner contre toute perspective d’alliance avec le PS et ne semble pas être conscient que le rassemblement à gauche n’est ni soumission au PS, ni renoncement à nos objectifs.

Oublie-t-il  que dans sa ville (Arles) comme dans la mienne (Tarascon) des hommes qui se disent plus à gauche que nous n’ont d’autres soucis que de drainer des électeurs de gauche dans des voies garage qui font autant le jeu de la Droite (UMP ou UDI) que du PS  (tendance social-démocrate) et surtout du Front National.

Pourquoi refuserait-on aux populations locales la possibilité de s’offrir une gestion municipale marquée par notre présence et notre influence ? Nombre de socialistes, sympathisants ou adhérents de ce parti, le souhaitent, par dela des appréciations différentes des nôtres sur l’action gouvernementale. Quand elles ne se rejoignent pas…

PARU DANS L’HUMANITE CES DEUX DERNIERS JOURS

Beppe Grillo est-il dangereux pour la démocratie?

Mots clés : italie,           austérité,           silvio berlusconi,           élections italiennes,           beppe grillo,           giovanni favia,      

Le Mouvement 5 étoiles, troisième force du pays avec 25% des voix dans chacune des deux chambres, n’a pas de démocratie interne. Il refuse de se dire antifasciste. Sa démagogie affaiblit le pluralisme politique.

Beppe Grillo, comique génois, a été la révélation de la campagne. C’est lui qui a attiré le plus de monde, vendredi dernier, pour son meeting de clôture. Cent mille personnes étaient rassemblées pour son meeting-spectacle à Rome. Avec 25 % des voix au Sénat à l’heure où nous écrivions ces lignes, son Mouvement 5 étoiles (M5S) devient le troisième parti de la Péninsule.

les coûts de la politique

Difficile à classer que ce mouvement populiste. Au niveau local, il s’empare des thèmes environnementaux. Au niveau national, il appelle à moderniser la démocratie au moyen d’Internet, en facilitant notamment le recours au référendum. Mais Beppe Grillo doit surtout son succès à ses diatribes contre «les coûts de la politique». Dans ses interventions, il vilipende les émoluments des élus, ainsi que le nombre de parlementaires. Il pointe les responsabilités des différents partis dans les scandales financiers. Tout cela pourrait paraître juste. Il n’en est rien. Rassemblant des électeurs de gauche comme de droite, mais lui-même «ni de droite ni de gauche», Grillo est prêt à toutes les compromissions. Lui qui attaque violemment les syndicats a déclaré à des militants d’extrême droite de Casapound, auquel il a dit ouvrir ses listes, que «l’antifascisme n’est pas de (sa) compétence».

À Mira, le maire M5S a viré une assesseure dont la faute est d’être enceinte. Nul mot de réprobation de la part du grand chef. Logique, estime Giovanni Favia, conseiller régional d’Émilie-Romagne, élu dans la liste M5S et exclu pour avoir demandé un fonctionnement plus démocratique du M5S. 
«Il ne peut contrôler l’activité du mouvement au niveau communal. Car, pour cela, il faudrait une organisation démocratique, ce qui n’est pas le cas» Ce mouvement est en effet unique en son genre: il n’existe pas. C’est un logo et un site rempli de publicité, propriétés personnelles de Beppe Grillo.

Agence de communication

Si, au niveau local, le M5S a une véritable vie démocratique, avec des élus qui se confrontent à des assemblées citoyennes, au niveau national la ligne politique est définie par Grillo en lien avec une agence de communication, Casaleggio… au point que certains croient que le patron de celle-ci est «le gourou du gourou». La spécialité de Casaleggio, prévient Favia, maintenant candidat pour la liste de gauche anti-austérité Révolution civile, est «d’influencer l’opinion des personnes par Internet».

Ainsi, le message – délivré lors de one-man-show sur les places de la Péninsule – est calibré et ne souffre aucun contradicteur. Grillo a réussi l’exploit de faire une campagne sans interview aucune. Celle annoncée sur Sky TV a été annulée à la dernière minute jeudi. Plus grave, sa campagne contre les coûts de la politique n’est pas sans effets. Au nom du combat contre les coûts de la politique, les listes qui n’obtiennent pas 4% des suffrages ne verront pas leur campagne remboursée cette année. Ce n’est pas fini. Le M5S a annoncé qu’il souhaite l’interdiction du financement public des partis. Les formations sensibles aux lobbies, ou comptant des riches – tels Beppe Grillo ou Silvio Berlusconi – dans leurs rangs seraient favorisées. Concernant la loi électorale, le programme du M5S est en syntonie avec celui du Parti démocrate, qui veut mettre fin au mode de scrutin proportionnel.

  • A lire aussi:

L’Italie sous la pression des marchés et des tenants de l’austérité

Un nouveau populisme, écolo et branché

Italie : éclairage dans POLITIQUE 2013-02-27beppe-grillo-italie

Beppe Grillo en campagne

 

-   humanite dans POLITIQUE le 27 Février 2013

 

Italie: le programme de Beppe Grillo décrypté

Mots clés : italie,           élections italiennes,           beppe grillo,      

Quel est le contenu du projet Grillo?

 

 

Le Parti populiste pour plus d’écologie et de démocratie directe compte désormais 108 sièges à la Chambre des députés et 54 au Sénat. La troisième formation politique du pays, qui a attiré les électeurs de droite comme de gauche, est au centre des tractations pour la formation d’une nouvelle majorité.

Le Mouvement cinq étoiles (M5S) de Beppe Grillo a obtenu 25,5 % des voix pour l’élection des députés et 23,8 % pour celle des sénateurs. Le M5S récolte les fruits du mécontentement vis-à-vis des politiques austéritaires et du discrédit des partis au pouvoir, incapables de juguler la crise et perçus comme s’accaparant des privilèges. Même si Beppe Grillo estime que « l’antifascisme n’est pas de (sa) responsabilité », difficile de classer ce parti à l’extrême droite.

coûts de la politique

Sa principale revendication est la diminution des coûts de la politique par l’abolition du financement public des partis, l’abolition des départements, le regroupement des petites communes. Le M5S réclame plus de démocratie directe. Cela passe par l’abrogation du quorum pour les référendums. Les citoyens doivent participer, via Internet, aux rencontres publiques ou à l’élaboration des lois. Beppe Grillo se fait également chantre d’un référendum sur la sortie de l’euro, sans 
exprimer sa propre position.

Le cheval de bataille du M5S est la moralisation de la politique. Un parlementaire ne doit pas faire plus de deux mandats, ni exercer une autre profession afin d’éviter les conflits d’intérêts. Les 
citoyens condamnés doivent être inéligibles… Ce qui explique que Beppe Grillo n’ait pas été lui-même candidat, 
car jugé responsable d’un 
accident de la route.

Thèmes écologiques

Outre ce chapitre qui permet de vilipender les autres forces politiques, le M5S est très attentif aux thèmes écologiques, notamment les transports ou les énergies renouvelables. Alors que certains syndicats sont interdits (par la Fiat) de se présenter aux élections de représentants du personnel, on ne trouve aucun nouveau droit pour les salariés dans le programme. Au contraire, dans un discours en janvier, Beppe Grillo demandait : « Éliminons les syndicats qui sont une structure vieille comme les partis. » Les mots ont un sens.

 

Une Réponse à “Italie : éclairage”

  1. jeremy dit :

    Il n’y a que en France que le mot populiste est un « gros mot ». Définition de populisme : (du latin « populus », peuple) : « Discours politique favorable aux classes défavorisées, et souvent hostile aux élites. » Vous vous plaignez que le PCI ne fait rien comme score ? Mais rappeler vous leur rapprochement avec les démocrates chrétiens dans les années 1970…Les magouilles et sa prise de position lors des années de plomb en Italie…Il est bon de donner toutes les cartes en mains avant de « dénoncer » le « populisme ». Chavez est pour beaucoup un populiste…Vue les élites aujourd’hui le populisme est plus que légitime. D’ailleurs le PCF est schizophrène, dénonçant le capitalisme, … et continuant a vouloir dd l’union européenne, courroie de transmission du libéralisme le plus violent, du FMI, de l’OMC,…L’UE battie par de vrai fasciste pour le coup, financé par les services secret Américains…Il serait bon enfin d’aller au bout de la logique. Vous voulez une « autre Europe » ? Commencez par faire écroulé celle actuelle.

 

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