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Mali : attention au bourbier

Posté par jacques LAUPIES le 26 décembre 2012

Je n’ai évidemment pas tous les éléments pour juger de l’opportunité d’une action militaire. Sauf si elle se fait sous couvert de l’ONU, car seule cette institution malgré ses imperfections peut intervenir, en premier lieu pour éviter qu’un pays sombre dans la guerre civile, en second lieu en cas d’atteinte à son indépendance.

Cela, comme le suggère l’article ci-dessous publié dans l’Humanité, suppose de priviilégier les solutions politiques dont comme chacun le sait les armes ne sont qu’un prolongement en cas d’échec. Ce qui donne souvent au plus fort une légitimité internationale.

Mais est-ce possible de discuter avec les adeptes d’un extrémisme religieux qui s’apparente au fascisme ? Difficile mais comme on le sait, le rapport des forces fait toujours réfléchir les pires  extrêmes.

En tous cas les amener autour d’une table n’est peut-être pas impossible  ? On devrait s’y employer car l’enjeu est de taille !

L’article sélectionné du jour

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Monde –   humanitefr dans POLITIQUE le 26 Décembre 2012

Ce mercredi dans l’Humanité : le douloureux exode des Maliens vers le Niger

Mots clés : onu,           islamistes,           mali,           niger,           sahel,           intervention militaire,           touaregs,           nord mali,      

Plus de 12 000 personnes ont quitté le nord du Mali et se sont réfugiées à Niamey, dans la capitale nigérienne, pour fuir les exactions commises par des groupes islamistes qui se sont installés dans leur région. Reportage de notre envoyée spéciale. Pour Maurice Ulrich, qui signe l’édito du jour : « On peut s’interroger sur la lecture que fait la France de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ».

Les témoignages que nous publions dressent un tableau effarant de la  situation au nord du Mali. Les groupes armés qui ont pris le pouvoir  violent, rançonnent, mutilent, détruisent en se réclamant d’une  caricature monstrueuse de l’islam. Comment ne pas comprendre ces jeunes  Maliens contraints de fuir leur pays mais qui n’ont qu’une idée, y  retourner pour en finir, par les armes, avec cette barbarie. On comprend  de même l’inquiétude et le sentiment d’urgence absolue du député  touareg Bajan Ag Hamatou, et particulièrement en ce qui concerne le  recrutement des jeunes Maliens, par force ou par corruption, par le  Mujao (Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest). Il  faut mettre un terme à cette situation, dont on peut rappeler qu’elle  est une des conséquences de l’intervention franco-anglaise en Libye.

La résolution adoptée jeudi dernier par le Conseil de sécurité de  l’ONU, à l’unanimité, valide le principe de l’envoi d’une force  africaine, baptisée Afisma, au nord du Mali, et émanant de la Cedeao (la  Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest). Mais, et ce  n’est pas une figure de style, la même résolution précise bien qu’il ne  s’agit que d’une option en dernier recours. En revanche, elle insiste  toujours sur la recherche d’une solution politique, passant par des  accords entre Bamako et les groupes islamistes ou touareg, désormais en  conflit entre eux, assortis de leur renoncement au terrorisme.

On peut trouver cette perspective insatisfaisante, mais on peut  s’interroger sur la lecture par la France et par la voix du ministre de  la Défense, Jean-Yves Le Drian, de cette position du Conseil de  sécurité, dont la France fait pourtant partie. Dans une interview  publiée par la Croix, ce dernier déclare non seulement que  l’intervention militaire pourrait avoir lieu dans les prochains mois,  mais aussi que « pour l’instant, il n’y a pas de solution politique ».  En d’autres termes, le choix de la France semble fait, qui annule même,  de fait, la recherche de toute solution politique, quand bien même elle  n’existerait pas « pour l’instant ».

Mais il y a plus. Car quoi que l’on ait dit, la France serait bel et  bien partie prenante de l’opération militaire, au-delà d’un simple rôle  de conseil et de coordination. 400 hommes des forces spéciales  françaises viendraient s’ajouter aux 3 300 hommes annoncés de la force  africaine. C’est dire que se rejoue ici un scénario déjà éprouvé où la  France, sous couvert de l’ONU, entend gérer à sa main les affaires  africaines. On peut se demander d’ailleurs si l’obtention d’un feu vert  n’était pas l’un des buts officieux du voyage de François Hollande à  Alger si l’on remarque que l’Algérie, jusqu’alors réticente à toute  intervention, a approuvé sans plus attendre la résolution de l’ONU, dont  le président avait pu présenter sa version.

Déjà, dans une déclaration commune, dix ONG engagées sur le terrain  mettent en garde sur une telle opération qui aurait, selon elles « de  graves conséquences humanitaires ». Elles insistent sur la recherche  d’une solution politique. Comment ne pas s’interroger en effet, et  l’Afghanistan devrait nous y aider, sur les risques d’une telle  opération ? Tout autre chose serait d’aider le Mali à reprendre la main  sur tout son territoire, avec ses propres forces, combattantes et  démocratiques, avec la légitimité de l’État. Les jeunes qui témoignent  ci-contre y sont prêts à l’évidence et sans doute aussi les forces  sociales et politiques qui, au Mali, sont opposées à l’aventure.

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Révoltes armées

Posté par jacques LAUPIES le 25 décembre 2012

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Monde –   humanitefr dans POLITIQUE le 24 Décembre 2012

 

Les Zapatistes réapparaissent?

Mots clés : mexique,           zapatistes mexique,           Sous-commandant Marcos,           armée zapatiste,      

 

Les chiens de garde s’esbaudissent… Les Zapatistes, comme la Vierge Marie, sont réapparus! En plus d’être au service de leur maître, ces mercenaires du papier et de l’image n’y connaissent rien. Depuis plusieurs années, l’EZLN, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, et le sous-commandant Marcos, volontairement, se taisaient. Il y a des silences plus bruyant que le vacarme.

Les Zapatistes se sont « repliés » sur leurs communautés (les « caracoles ») dotées de « juntes de bon gouvernement ». Dans ces espaces autogérés, ils mettent en place des relations sociales nouvelles, des logiques solidaires, des modèles alternatifs, loin des lois iniques du marché. Et nous aurions beaucoup à y apprendre.

Le 21 décembre, 40 000 Indiens zapatistes venus de la forêt lacandonne, des Hauts du Chiapas, de la Zone Nord, ont manifesté silencieusement dans les rues de San Cristobal de las Casas, Palenque, Ocosingo… et en ont occupé les places centrales. C’était la mobilisation la plus importante depuis le soulèvement zapatiste du 1 janvier 1994. C’est que malgré les pseudo-accords, sur le fond, rien n’est réglé. L’assassinat de 45 Indiens tzotzils à Actéal, il y a 15 ans, reste impuni.

Plus de 10 millions d’Indiens vivent dans de conditions de misère épouvantable. Les « Accords de San Andrés », qui marquaient une avancée dans la conquête des droits, sont restés lettre morte. La nouvelle « irruption » pacifique de l’EZLN met toutes les grandes forces politiques au pied du mur. Ces dernières se fichent du Chiapas comme de leurs premières chaussettes; seuls quelques élus et militants du PRD, et les militants du nouveau parti de gauche (scission du PRD) dirigé par Lopez Obrador (Morena), et au sein duquel militent des intellectuels comme Paco Ignacio Taibo II, soutiennent le mouvement. Il faut entendre ce « Basta ya » : huit Indiens sur dix vivent dans l’indigence, tandis que les ressources naturelles de leurs territoires sont pillées par des compagnies minières privées et étrangères.

L’EZLN a publié ce 21 décembre un communiqué-poème dans lequel elle invite à entendre les revendications des nations indiennes. Le sous-commandant Marcos, lui, n’est pas réapparu.

COMMENTAIRE

 

 

Je connais un peu le Chiapas. Juste pour l’avoir traversé avec des touristes que j’accompagnais. donc je ne connais pour ainsi dire rien, comme la plupart de ces touristes qui traversent ce pays et vont d’hôtels 4 étoiles en hôtels 5 étoiles. Mais je me souviens très bien de celui de San Cristobal de las Casas lequel justement était iun bon deux étoiles avec un cachet que d’aucuns qualifieraient de colonial.

Cette ville en plein coeur du Chiapas visitée brièvement en fin d’un après-midi, aura marqué l’une des plus belles rencontres que j’ai pu faire dans ma vie. De ces rencontres desquelles on voudrait recueillir l’amitié, un amour partagé, recherché, inespéré. Hélas il s’avère que ces rencontres nous mettent en présence d’une dure réalité : l’énorme décalage economique qui existe entre riches et pauvres et le positionnement qu’a le touriste étranger dans la plupart des cas : la position du riche – même s’il ne l’est pas – lui est octroyée et celle du pauvre, même si n’est pas chez lui véritablement son état est accordée à l’autochtone.

De ce décalage peut naître me meilleur comme le pire. Le charme indiscutable d’un certain exotisme à double sens que j’ai pu ressentir dans ce type de rencontre est contrarié par la limite qu’imposent  des modes de vie auxquels nous somme attachés et avec lesquel nous, citoyens de pays développés avons peur de rompre. Pas seulement pour préserver notre confort matériel mais également affectif.

Pour être allé plusieurs fois au Mexique, particulièrement dans le Tabasco, j’ai pu constater peut-être même découvrir, que la conduite des luttes populaires qui s’y déroulaient se heurtaient en bien des points aux mêmes écueils que partout ailleurs : soumission aux ordres établis jusqu’à des limites incroyablement reculées, que partout l’effet de délinquance fait diversion et justifie la répression, que l’éducation révolutionnaire est souvent atténuée par les pratiques religieuses (pas toujours cependant en Amérique du Sud) que les systèmes d’exploitation savent mettre en concurrence les prolétariats, etc.

Qui de nous ne dit pas : « j’ai presque rien mais je suis matériellement immensément riche par rappport à cette famille de quelque part en Afrique, en Asie ou dans quelque pays d’Amérique latine. Au Chiapas par exemple où vivent ces indiens oubliés de l’état auquel ils sont censés appartenir ?

Qui de nous ne dit pas également : « je suis un modeste salarié ou retraité et il y a autour de moi des enfants pauvres, privés de l’essentiel pour parfois se nourrir convenablement et sont soumis aux aléas d’un éducation et d’une école qui ne corrige que légèrement les inégalités criantes, exaspérantes, à l’entrée du  21eme siècle dans la société française ? »

Cet affichage de la pauvreté, présentée aux quatre coins du monde et chez nous par les médias, nous interpelle. Une véritable giffle nous est donnée même si nous connaissons les raisons profondes de cette inégalité subie, géographiques, historiques, économiques et finalement politiques.

Alors ? Que des peuples exaspérés recourent aux armes pour combattre le mépris qu’on leur accorde face à leur misère, devient parfois une exigence. Toute la question est de savoir sur quoi peut déboucher cette révolte et à qui elle va profiter ? Les populations d’Amérique du Sud, ou Centrale, et pour ce qui le concerne celles du Mexique ont évidemment une évolution et une histoire bien différente de celle des autres continents.

Toutes proportions gardées, eu égard à notre propre développement nous connaissons des extrêmes de pauvreté tout aussi inquiétants alors que nous incarnons ailleurs des sociétés riches. Nos soumissions, nos indifférences envers ceux qui souffrent n’alimentent-elles pas une corruption institutionnelle ?

Et si notre révolution à faire devenait institutionnelle elle aussi ? Un exemple qui pourrait vraiment intéresser les cinq continents et éviter peut-être le choix des armes !

 

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Près de Téapa, exploitation et emballage des bananes de la société "Prémium"

 

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Et le nouvel arrivant construisit des églises. Fort belles d'ailleurs...

 

 

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Au Mexique on se déplace bien en autobus

 

 

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Algérie : commentaire de l’article qui suit paru dans l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 24 décembre 2012

J’ai déjà donné mon point de vue sur le voyage de Hollande en Algérie. Sur le plan politique (mais qu’est ce qui n’est pas politique ?)

Le chef de l’état français  a bien évidemment voulu ménager la chèvre et le chou, autrement dit le gouvernement algérien qui n’en loupe pas une lorsque cela l’arrange de spéculer sur le sentiment nationaliste de son peuple et la droite française. Une droite, soit politicarde, soit extrême, ou les deux à la fois, qui attise et exploite les difficultés rencontrées par les français les dressant contre la gauche en utilisant  les vieux réflexes racistes et xénophobes.

En fait comme le PS le fait d’une manière générale à vouloir contenter tout le monde il le mécontente !

A ce jeu là on n’est certes pas sorti de l’auberge, mais comme je crois l’avoir indiqué il n’est pas bon, à mon sens, de radicaliser les choses. Les deux gestes consistant à reconnaitre les massacres des Algériens dans la capitale et l’assassinat de Maurice Audin, ne sont pas des faits négligeables.

De là, en contre partie, à laisser idôlatrer Bigeard, sans rien dire,  il y a un pas que je ne franchirai pas. J’ai entendu autrefois  le langage  de ces officiers qui ne révaient que de casser du « bougnoul » et j’ai même vu, étant, fort heureusement pour moi, en un lieu sans le feu des armes, de simples troufions, pendant des manoeuvres, déballer leur haine et pointant symboliquement leur arme sur les paysans qui travaillaient leur champ. Nul doute que ces gars, qui ont peut-être laissé leur peau en Algérie par la suite, ont pu participer volontiers à des exactions.

Nul doute que dans le camp des combattants algériens des haines extrêmes ont conduit à des comportements inexcusables. Mais dans les guerres que des politiques ont mis au point et encouragé,  eux-mêmes manipulés ou guidés par des intérêts de classe, il n’est plus le temps d’exiger que tout se passe selon le rite des duels nobles et loyaux.

Hypocrites ceux qui croient en cela !

Les gens du FN, dont tous ne connaissent pas l’histoire de la guerre d’Algérie, jouent avec ce sentiment de la violence partagée et s’efforcent bien entendu de rendre sympathique les harkis collabos du colonialisme et d’anciens OAS. A nous de mettre leurs électeurs en garde !

Pour ce qui est des problèmes économiques, je ne vois pas de raisons, y compris avec nos entreprises libérales, et en particulier Renault, de ne pas construire une usine de montage ou autres en Algérie, un pays qui doit pouvoir répondre à la demande intérieure tant de produits manufacturés de main-d’oeuvre. Que cette usine ne soit pas aussi compétitive que celle installée au Maroc est certes préoccupant mais à mon sens pour l’instant pas le problème essentiel.

Donc aller en Algérie comme le dit l’auteur de l’article pour « faire du business » est dans le contexte actuel tout à fait acceptable et même souhaitable.

L’Algérie, pays riche en matières premières, dont le pétrole, a besoin d’une solide infrastructure insdustrielle et dans notre intérêt comme dans celui des Algériens nous devons aider et coopérer !

C’est aussi simple que cela et les jeunes algériens auront plus à y gagner que de rêver venir travailler et faire fortune en France. Quant aux jeunes français que ne pouraient-ils pas apporter si nos deux pays voyaient l’avenir ensemble riches de leur communauté  méditerranéenne et, ce qui n’est pas négligeable de connaissance de langue et de culture réciproque ?

Algérie : commentaire de l'article qui suit paru dans l'Humanité dans POLITIQUE hollandealgerie

-   humanitefr dans POLITIQUE le 23 Décembre 2012

 

Hollande en Algérie, la page est loin d’être tournée ? (Analyse)

Mots clés : algérie,           François Hollande,           guerre d’algérie,           maurice audin,           abdelaziz bouteflika,           josette audin,      

 

Alger, envoyé spécial. Si du côté du pouvoir algérien, c’est la satisfaction, côté acteurs de la société civile et politique, critiques et interrogations ne manquent pas que ce soit sur le passé colonial ou sur l’accord avec Renault.

Après la visite de François Hollande, l’Algérie et la France ont-elles mis fin à 50 ans de rapports crispés du fait d’un passé marqué par le poids de la colonisation et d’une guerre qui a laissé de terribles séquelles, des mémoires blessées ? La question fait débat. « François Hollande a reconnu les crimes de la colonisation, et encore le mot «crime » n’a jamais été prononcé, sans s’excuser. Il nous demande de tourner la page. On veut bien. Certes, nous sommes les enfants de l’indépendance algérienne. Mais quand on voit que l’État français rend hommage à Bigeard le tortionnaire, la moindre des choses c’est que nos dirigeants exigent de Hollande de présenter des excuses. Ils ne l’ont pas fait. On n’est donc pas déçus parce qu’on n’est pas dupes. Hollande est venu pour faire des affaires et il a réussi parce qu’il aime son pays », explique Azwaw, 45 ans, employé à la SNCF algérienne, qui a perdu son bras gauche dans l’explosion d’une grenade durant le soulèvement populaire d’octobre 1988 à Alger !

L’argent de l’Algérie attire les occidentaux

Place du 1er mai, à Belcourt, Kader, 30 ans,  et ses copains ne sont pas allés place Audin quand Hollande a marqué un temps d’arrêt pour rendre hommage au militant communiste. « C’est bien ce qu’il a fait. Mais il y a ces milliers de jeunes disparus durant la bataille d’Alger, qu’est-ce
qu’il en fait ? En regardant les télés françaises, il a dit qu’il parlerait des harkis. Ok ! Mais, écrivez-le : pas question que les harkis reviennent comme si de rien n’était. Ils ont choisi leur camp. Pour le reste, on est prêt à pardonner. Les enfants de harkis ? C’est comme les enfants des terroristes islamistes, ils n’ont pas à payer pour les crimes de leurs parents. Ils sont les bienvenus » explique-t-il. Rachid, 40 ans, cadre administratif, ne semble pas  surpris. La mémoire ? « Hollande a fait un geste. Mais notre malheur, c’est l’argent de l’Algérie qui attire les occidentaux comme la confiture attire les abeilles et les guêpes. Et pour s’offrir un quatrième mandat, Bouteflika, qui a besoin du soutien de la France, est prêt à vendre le Sahara » !

Côté politique, les réactions sont plus contrastées. Sur le contentieux colonial, le chef de l’État français « a eu le discours que tout le monde attendait » a estimé le ministre de l’Intérieur algérien, Dahou Ould Kablia, surnommé « Dok » par certains commentateurs algériens. « C’est un discours qui n’a occulté ni le passé ni l’avenir » a renchéri le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci ». Hollande a même trouvé grâce auprès de la tonitruante leader du Parti des travailleurs (trotskiste), Louisa Hanoune pour qui François Hollande « a reconnu les méfaits du colonialisme, l’injustice du système colonial. Il les a nommés ».

Et les excuses !

Seuls bémols, Saïd Bouhadja, dirigeant du FLN, qui a estimé  que « le peuple algérien s’attendait beaucoup plus à des excuses, pas à des déclarations partielles » ou encore Ahmed Batache, chef du groupe parlementaire du Front des forces socialistes (FFS, socialiste), cité par El Watan assurant « quand le pouvoir français demande à la Turquie de reconnaitre les crimes qu’elle avait commis contre les Arméniens, le peuple algérien est lui aussi dans son droit de demander à la France non seulement de reconnaître ses crimes mais aussi des excuses ». Et pour des raisons diamétralement opposés, les islamistes, surtout leurs sites, ont convoqué – pour les besoins de la cause – le million de martyrs tombés durant la guerre d’indépendance algérienne, font feu de tout bois contre cette visite et le fait qu’Hollande a fait des affaires sans faire « acte de repentance pour les crimes commis par son pays » !

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Signe des temps, en dépit de l’accueil populaire réservé à François Hollande, les algériens agitant des drapeaux français se comptaient sur les doigts d’une main. Place Audin, il n’y avait qu’une seule personne brandissant l’emblème français. A Tlemcen, les gens ont refusé les drapeaux de l’ancienne puissance coloniale proposés par des employés de la municipalité. « S’il avait fait des excuses, au lieu de choisir ses mots pour ne pas heurter la droite française, les Algériens n’auraient pas hésité un instant à brandir l’emblème français » affirme Fayçal, militant associatif.

Pour résumer, « ce n’est pas tout à fait une page dans les relations franco-algériennes qui se tourne mais prosaïquement une nouvelle partition musicale qui s’écrit » commente Boubekeur Hamidechi, le chroniqueur du Soir d’Algérie. Pour lui « grâce à cette sortie sur l’impasse mémorielle, il (Hollande) peut justement demander à ses interlocuteurs algériens de passer à autre chose. Celle pour laquelle il a choisi de donner la priorité diplomatique de son voyage : le business ».

Renault, un contrat très politique

Et sur ce plan, notamment concernant la signature de quatre contrats, les interrogations et critiques ne manquent pas. L’accord sur l’installation d’une usine d’assemblage Renault en Algérie est celui qui suscite le plus de questions. Dans un article publié par des quotidiens algériens, l’économiste Abdrehamanne Mebtoul s’est montré plus que réservé. L’usine Renault qui sera construite à Oran revient plus cher que celle installée à Tanger pour un coût d’investissement équivalent, soit un peu plus d’un milliard d’euros. En termes de niveau d’emplois ou de productivité, elle est bien inférieure à sa sœur marocaine. L’usine de Tanger produira à termes 400 000 véhicules de gammes différentes par an dès 2013, alors que celle d’Oran, détenue à 51% par l’État algérien, n’en produira que 70 000 unités d’un seul modèle, avec quasiment un effectif de salariés équivalent. Qui plus est, Renault a obtenu qu’aucun autre constructeur ne s’installe en Algérie durant trois ans. Et le fait que Wolkswagen ait été écarté au profit de Renault fait dire à beaucoup d’algériens que le contrat obtenu par Renault  est plus de nature politique que commerciale.

  • Lire aussi :

Pour l’écrivain Anouar Benmalek : « Alger et Paris, des partenaires essentiels »
Josette Audin: Hollande a dit « le minimum du minimum »
Colonisation, guerre d’Algérie, Hollande tente de remplir son « devoir de vérité » à Alger

Hassane Zerrouky

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Et si la vraie révolution avait lieu ?

Posté par jacques LAUPIES le 22 décembre 2012

 

Et si la vraie révolution avait lieu ? dans POLITIQUE tunisienne_0

 COMMENTAIRE PREALABLE

L’article ci-dessous repris dans l’humanité est bref mais en deux mots il dit ce qu’il faut dire sur les révolutions arabes. Il met en évidence que l’islamisme récupéré, ou même soutenu, pour discréditer ces révolutions, n’est pas la bonne réponse aux espoirs des peuples et se heurte à des forces progresssistes. Des forces au sein desquelles les travailleurs et les luttes qu’ils ont menées peuvent jouer un rôle déterminant.

Ce qui est en cause ce ne sont pas seulement  les acteurs religieux intégristes mais au delà les classes dominantes qui tentent de les utiliser et dont les attaches au libéralisme sont évidentes dans ces pays ou, comme ailleurs, la lutte des classes est une réalité.

A suivre

-   humanitefr dans POLITIQUE le 10 Décembre 2012

Analyse : Au Caire et à Tunis, les islamistes contre la colère populaire

Mots clés : tunisie,           egypte,           révolutions arabes,           grèves,           manifestations,           islamistes,           mosquées,      

A ceux qui expliquaient un peu doctement et avec beaucoup de morgue que les pays des « printemps arabes » devaient nécessairement en passer par une période où les islamistes seraient au pouvoir, viennent de recevoir un démenti cinglant de la part des peuples égyptien et tunisien. Au Caire comme à Tunis et dans les principales de provinces, les manifestations se multiplient.

Elles visent à dénoncer l’attitude de ces islamistes, qu’ils se nomment Frères musulmans ou Ennahda, dont le but premier est d’instaurer leur ordre moral et rigoureux. Une attitude qui se double d’une allégeance sans faille avec l’autre ordre, capitaliste celui-là, où le marchand est roi. Le ressentiment des Egyptiens et des Tunisiens à l’égard de leur pouvoir respectif est alimenté par les espoirs déçus de la révolution face aux difficultés économiques des deux pays et l’impasse politique dans laquelle ils sont plongés, faute d’un compromis sur la future Constitution.

On ne doit pas s’étonner de ce qui se passe. Bien que les médias occidentaux aient fait l’impasse sur les racines des révolutions tunisienne et égyptienne, celles-ci trouvent leur origine dans des mouvements sociaux de grande ampleur que l’on retrouve aujourd’hui. Les jeunes Egyptiens ont ainsi nommé leur organisation « Mouvement du 6 avril », qui ne marque pas la date de la naissance de Facebook mais fait référence aux grèves de 2008, parties de l’industrie textile pour s’étendre à tous les secteurs d’activités. En Tunisie aussi, cette même année 2008 le pouvoir a été ébranlé par la fronde des bassins miniers de Gafsa et Redeyef.

Les islamistes, mieux organisés, profitant du réseau des mosquées et de l’argent des pays du Golfe, avaient su étendre leur popularité malgré la répression. Au lendemain de la chute des despotes – Ben Ali et Moubarak – des élections trop vite organisées leur ont permis de prendre le pouvoir face à des forces laïques et démocratiques, affaiblies par les années de dictature, sans organisation et – malheureusement- divisées. Ils ont cru pouvoir tout se permettre. Le mouvement populaire et social, en Tunisie comme en Egypte, est maintenant sous leurs balcons pour leur dire : « Justice sociale, liberté et démocratie ». Plus qu’un mot d’ordre, une exigence essentielle qui pourrait balayer les Frères musulmans et Ennahda, n’en déplaise aux pays occidentaux qui les ont déjà adoubés !

Pierre Barbancey

 

 

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Mariage en perdition ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 décembre 2012

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La beauté ? Cela compte tout de même !

Je m’étais juré de ne plus disserter sur cette question qui envahit les médias. Opposé au mariage tel qu’il existe aujourd’hui pour les hétérosexuels, je ne vois guère d’intérêt à le reproduire sous sa forme homosexuelle ! Sauf évidemment pour établir une égalité…

Je trouve même bien peu cohérent  de fonder cette égalité sur cette institution qu’est le mariage ?

Cela ne veut aucunement dire que je conteste la famille, c’est-à-dire une union qui doit permettre l’épanouissement de chacun dans la liberté de s’aimer selon ses affinités sexuelles, d’avoir et d’élever des enfants avec cet amour, cette protection aussi qui leur est due pour se construire, de pouvoir combiner l’évolution du couple dans sa fusion comme dans sa séparation avec l’exigence de cette protection. Question évoquée dans nombre de débats mais qui remet à l’ordre du jour l’incidence que peut avoir l’homoparentalité sur l’éducation des enfants.

Outre qu’une bonne éducation des enfants passe par des conditions matérielles suffisantes pour les familles et que, de ce point de vue, le déséquilibre est criant d’une famille à l’autre et crée bien plus de traumatisme chez les enfants que la sexualité de leurs parents, on pourrait invoquer la diversité des éducations dont toutes ne sont pas exemplaires, y compris avec les couples hétérosexuels.

 D’ailleurs, et c’est peut-être heureux, l’enfant devenu adolescent les conteste souvent.

Certes l’enfant d’une famille homosexuelle devra affronter le jugement dominant dans encore une trop grande partie de la population.  Mais dès lors que la famille du couple homosexuel sera reconnue ce phénomène de marginalité s’effacera probablement peu à peu.

Quand à l’impact sur le développement de la sexualité de l’enfant, ceux que cela inquiète devraient approfondir les phénomènes qui, depuis fort longtemps, peuvent contribuer chez l’enfant, dans les familles hétérosexuelles,  à l’affirmation d’une homosexualité : les comportements du père et de la mère, dans leurs relations affectives, sexuelles, de pouvoir et autres manifestations psychiques complexes liées à la présence ou l’absence de l’un et de l’autre, lesquels  peuvent avoir des conséquences sur la sexualité du jeune et plus tard de l’adulte.

L’aveuglement ou  l’hypocrisie qui résulte de ces questions dans les familles devrait amener les adversaires du mariage homosexuel, qui intellectualisent le débat,  à plus de discernement et à s’interroger sur les origines de la famille dont la forme  a évolué dans l’espace et dans le temps. Ils se rendraient compte que les différentes constructions de celle-ci sont très variées mais reposent souvent plus sur des rapports économiques et sociaux que sur un soi-disant fait « naturel » de reproduction. Sans pour autant nier les effets que l’instinct de reproduction peut avoir sur les attirances sexuelles et inversement.

Il y a belle lurette, chez les humains,  que la sexualité doit plus à l’évolution et la transformation du cerveau qu’à des instincts « naturels », dont il n’est pas sur d’ailleurs qu’ils soient exempts des influences neurophysiologiques.

Je laisse cela à la réflexion des scientifiques, quelle que soit  leur croyance religieuse ou leur athéisme affirmé qui me paraitrait mieux adaptée à tirer des conclusions. Mais il est vrai que dans ces débats on les entend peu et on leur donne peu la parole.

Par contre je vois, autant que faire se peut, ce qui se passe autour de moi ! Les enfants, et c’est heureux reçoivent beaucoup de l’école dont hélas les moyens ne sont pas toujours à hauteur de sa responsabilité éducative. Ils reçoivent, à l’ère d’internet, un afflux considérable d’informations qui ne sont hélas pas toujours du meilleur goût.

Les sornettes des catéchismes ou de la comtesse de Ségur (que j’ai bien aimées dans mon enfance) ne sont plus de mise et la pornographie est trop souvent, malgré toutes les précautions des parents, un élément de leur initiation qui leur apporte une information plus directe sur l’histoire de la petite graine de papa qui féconde maman.

Reste que les premiers émois sexuels sont soumis à une nécessité et des hasards dont une parenté homosexuelle n’est certainement pas un élément déterminant. De ce point de vue les doctes rétrogrades qui préconisent le besoin absolu de papa et de maman ne se posent guère la question de quel papa et de quelle maman.

Sachant par ailleurs que le mimétisme des enfants peut les conduire à être figés sur l’exemple donné tout autant qu’à vouloir absolument le contester, ou plus simplement dans une synthèse opportuniste des deux attitudes, faire en définitive ce qui les arrange dans le cours de leur vie.

Ce qui n’est pas sans réserver des surprises à ces parents crédules…Et même incrédules !

Evidemment vous l’aurez compris, je serais favorable à la reconnaissance d’une famille construite sur des désirs d’amour, d’amitié de tendresse et d’éducation ouverte envers les enfants, accompagnée quelle que soit sa forme de droits identiques pour toutes.

Une famille à hauteur de ce monde ou les sciences et techniques, les rapports sociaux  fondés sur l’égalité et la coopération, ne devraient plus laisser de place à des vieilleries comme le mariage enfermé dans un concept tellement dépassé, qu’il ne résiste même plus à la société actuelle. Si ce n’est au prix du mensonge ou d’une adaptation tellement transformatrice qu’il n’a finalement que le nom de ce qu’il n’est plus.

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L'amour en cage ? Quelle rigolade !

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