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Définitions et citations sur la sagesse.

Posté par jacques LAUPIES le 6 juillet 2012

Définitions et citations sur la sagesse. dans POLITIQUE P1000131-300x225Si je disais qu’il m’est difficile à soixante seize ans d’être sage, cela pourrait en surprendre, notamment ceux qui ont le sentiment de l’être devenu, avec l’âge ou parfois prématurément, au sens ou l’on dit que la sagesse est, selon le dictionnaire : prudence, circonspection, bonne conduite, modération, lumière de l’esprit, savoir, docilité, pudeur. J’ai en effet peu de raisons m’attribuer la plupart de ces traits de caractère.

Le pire est que ma non sagesse n’est pas pour me déplaire car la prudence est fille de la peur, la circonspection prend parfois trop de temps pour que se prenne la décision, la bonne conduite est toujours bien difficile à déterminer et relative trop souvent à des usages ou des morales dépassées, la modération est souvent menacée par la compromission, la lumière de l’esprit et le savoir : faut-il être prétententieux pour se les attribuer. Quant à la docilité et la pudeur j’y ai eu recours assez souvent pour me rendre compte qu’il ne fallait pas trop en faire usage au risque de névrose. Sauf en des domaines ou des circonstances qui les imposent.

Mais peut-être est-ce une erreur de voir dans ces traits de caractère des qualités définissant la sagesse ? J’y préfère ces quelques citations que je trouve dans un dictionnaire que, par paresse et ignorance, je consulte quand je me sens à court d’idées :

« Le sage n’a ni maison, ni parenté, ni patrie » (Philon d’Alexandrie) : cela me parle beaucoup plus bien qu’ayant une maison, des parents et une patrie. Car en des temps ou dans ma ville je vois la moitié, si ce n’est les trois quarts, de mes compatriotes prendre le parti de la propriété (la grande, dont ils sont plus victimes que bénéficiaires) de la famille et la patrie (sur lesquels ils se replient trop souvent par déception et recherche d’identité), je me dis que la sagesse est bien d’eux car ne dépassant pas ces frontières ils n’ont pas cette vision de l’humanité qui met au second plan ce qui nous apparait comme des différences.

« Le sage est celui qui s’étonne de tout » (André Gide) : étonnante conception mais o combien il serait agréable de nous étonner de tout. Cela nous éviterait à l’inverse de souffrir de voir nos expériences et nos certitudes méprisées.

Rien ne m’horripile plus que ceux qui s’attribuent des attitudes de sages en se croyant au dessus de la mélée. Je ne vois en cela qu’hypocrisie. Car les limites imposées au savoir de chacun de nous et surtout sa segmentation en des concepts contradictoires est source d’égarement et de fausses appréciations. La réalité, possible correcteur de nos erreurs, elle-même est trompeuse dans ses apparences autant que dans la relativité de sa perception.

Si je devais aspirer une quelconque sagesse, au sens ou on l’entend, ce serait espérer avoir assez de connaissances pour que chacun de mes actes soit expliqué et utile à mon épanouissement et à celui de ceux qui m’entourent. Car peut-il y avoir de sagesse sans utilité pour nous mêmes et autrui.

  »Reste assis dans ta cellule, elle t’enseignera tout. »(attribué à Moîse) . En un mot on devrait se replier sur nous mêmes, ce qui revient, comme le font les croyants à transformer le peu (ou le plus) que nous avons reçu des humains en une parole divine. La coupure du monde extérieur, si tant est qu’elle soit possible, ne nous détache pas de ce monde perçu et ancré en nous depuis sans doute notre gestation. Une sagesse ainsi acquise est bien fictive me semble-t-il car non seulement elle a  les contraintes des limites du savoir humain acquis antérieurement mais est menacée par le dogme naissant de la coupure d’avec le réel et le futur qui s’y dessine.

La vraie sagesse est hors de notre portée. s’en réclamer est une imposture. Existe-t-elle ?

Donc il est clair que je ne pourrais jamais être sage et qu’au mieux je pourrais avoir, comme tout un chacun, que la force et la connaissance que me donne mon expérience et mon apprentissage permanent qui me cantonneront toujours dans une médiocre (ou acceptable) capacité à vivre mieux. Une sagesse bien relative, qui ne peut-être sans nos amours, nos passions, nos besoins de communiquer avec les autres.

« Nul n’est sage à moins d’être heureux » cette autre citation de Saint Augustin peut interpeller car elle montre les difficultés de l’acquisition de la sagesse. Elle ramène celle-ci à une dimension personnelle, propre à chacun de nous qui n’a pas grande utilité pour la société. Le bonheur ne doit-il pas être compris dans une dimension sociale, comme résultant de rapports sociaux égalitaires, dans la liberté et la justice !

Cela me fait penser à cette vieille dame qui hier, à la caisse du super marché, me disait être tout à fait heureuse parce qu’elle avait de quoi se loger et manger et qu’elle n’en demandait pas plus. En fait elle me disait accepter la réduction de son pouvoir d’achat et n’avoir que faire, dans la mesure ou elle disposait du strict necessaire pour vivre, de la richesse des autres.

Heureuse et pauvre ! Certains appelleront cela de la sagesse. A moins que cela ne soit que résignation inconsciente  ? Cela donne un certains sens à cette phrase d’Hemingway dans l’Adieu aux armes (1929) : « La sagesse des vieillards, c’est une grande erreur. Ce n’est pas plus sages qu’ils deviennent, c’est plus prudents » A la rigueur je m’y retrouve…avec modération tout de même.

 

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