
(la Sainte Baume de Gabo)
Je côtoie au fil des jours dans la rue ou dans quelque endroit où le quotidien me conduit, ce que communément on appelle la population de sa ville ou de son quartier. Parfois je m’insurge, tout simplement parce que son rejet des politiques (et non de la politique) s’exprime sans distinction et prend de plus en plus de l’ampleur. Le « tous dans le même sac » triomphe.
Certes il y a une partie de la population qui demeure, parfois très naïvement à mon sens, prise au jeu des affrontements et débats politique, même lorsque ceux-ci sont très édulcorés comme l’ont démontré les échanges entre Martine Aubry et François Hollande ce soir.
Une partie importante de ces mêmes personnes, les plus motivées sans doute, ont participé aux élections primaires du PS, démontrant qu’elles ne restent pas hors jeu dans la défense de leurs convictions. Même lorsqu’elles se situent à la marge de l’électorat socialiste qui est censé représenter au moins un cinquième des électeurs français. Ce que le parti socialiste a bien compris en présentant des candidats pouvant capter de la gauche plus radicale (Montebourg) au centre droitrier (Walls)
Il faut dire que le battage médiatique organisé autour de cette élection est pour quelque chose dans la réussite de cette opération. C’est d’ailleurs là ou le bât blesse car ce débat, contrôlé par les médias, nous éloigne de l’activité interne des partis qui ainsi doivent subir de plus en plus un système basé sur le présidentialisme et sur le bipartisme que déjà il institue avec la conception électorale qui le soutient (deux candidatures qui favorisent le vote utile au premier tour et contribuent à effacer les diversités de sensibilités en les incitant à déléguer leur expression)
L’astuce qui consiste à mettre en évidence le PS et l’UMP, se parant l’un et l’autre abusivement de l’hégémonie à gauche ou à droite, permet de transformer ce qui devrait être un débat d’affrontement de classe en une sorte d’échange où précisément les contradictions de classes disparaissent derrière quelques divergences superficielles, sans que rien ne remette en cause l’exploitation du travail et ce qui la permet : la propriété privée des grands moyens de production et d’échange (même et à fortiori si elle a subi des évolutions notables au fil des siècles).
Ainsi les réponses données aux divers aspects de la politique française sur le plan économique, social, dans les relations internationales ne tiennent aucun compte de cette contradiction fondamentale entre le travail socialisé à l’échelle mondiale et la main mise de quelques groupes multinationaux sur l’économie. Avec l’appui des banques ces groupes favorisent le développement anarchique facteur de déséquilibre entre les peuples, de graves perturbations sur le plan écologique susceptibles de conduire à des affrontements violents, à l’égard desquels nous ne sommes nullement à l’abri.
Demeure me semble-t-il cette illusion que la politique peut se faire sans l’intervention d’états démocratiques traduisant véritablement les besoins du monde du travail qui doit pouvoir s’autogérer et gérer, chaciun pour ce qui le concerne sa vie nationale !
Comment prétendre changer les choses sans transmettre, à ceux qui travaillent utilement, des signes forts d’une meilleure justice sociale (rétablissement d’un pouvoir d’achat décent, démocratie renouvelée non seulement dans la cité mais aussi dans l’entreprise et les institutions, renforcement et extension des services publics, indépendance de la justice, des médias, développement de la coopération internationale sans ingérence, etc.)
Au risque de n’étonner personne, je pense que seul le Front de Gauche s’inscrit dans cette perspective et peut ramener l’ensemble de la gauche à des changements profonds dont le pays a besoin. Il peut, c’est une certitude, y contribuer dans cette France moderne ou il suffirait de rassembler des millions de personnes, réparties en diverses catégories que la grande bourgeoisie de ce pays et les couches parasitaires qui l’entourent, maintiennent et entretiennent encore en état de division et d’appauvrissement culturel.
Même minoritaire à gauche ce rassemblement semble intéresser beaucoup d’intellectuels. Mais dans ces catégories comme dans l’ensemble de la population un gros effort de conviction s’impose, ne serait que pour les éloigner de pratiques politiques qui tout au plus provoquent des alternances cycliques basées sur le mécontentement des fins de mandat.
Des pratiques qui défont alternativement une droite et une certaine gauche manipulables au gré des besoins des puissances industrielles et financières qui laissent planer l’illusion que les choix politiques se font hors de son intervention.
Pour contrer cette manipulation il n’y a pas cinquante solution mais bien une seule : engager le débat au plus près des citoyens, constituer des réseaux prenant en compte les spécificités sociologiques tant sur le plan économique que social et culturel. La télévision est essentiellement la voix de la grande bourgeoisie mais elle n’est pas que cela car les journalistes vivent comme des médecins de quartier la difficulté des gens, les injustices et cela transpire parfois.
La gauche « radicale » a un atout considérable : un candidat quasiment unique sur ses positions pour la Présidentielle, des candidats communs pour les législatives. ET SURTOUT ELLE A UN PROGRAMME. Je le répète encore, ne faisons pas dans la dentelle. Engageons le débat !