Meurtre d’un meurtrier…
Posté par jacques LAUPIES le 21 octobre 2011
Pas trop le temps aujourd’hui ! Mais le massacre d’un dictateur m’interpelle tout de même.
Kadhafi est apparemment le dernier en date. Il y en aura d’autres.
Cela intervient généralement sans jugement ou avec des jugements expéditifs (Ceaucescu, Sadam Hussein, pour ne citer que des cas qui ont marqué l’opinion) et lorsqu’on ne peut les tuer (de Bokassa à Ben Ali parce qu’ils ont pris la poudre d’escampette en passant par Moubarak voire Pinochet qui eux, ont donné dans d’opportunes maladies) on leur intente des procès qui prennent des tournures souvent peu révélatrices des exactions qu’ils ont commises et surtout des complicités intérieures et extérieures qu’ils ont reçues.
Ce qui me répugne le plus c’est cette sorte de lynchage final qui voit, en plus des foules, des chefs d’état, des ministres des hommes politique et des intellectuels parfois se réjouir de la mort d’un homme.
Notre Président a tout de même eu un peu de pudeur en la circonstance, en précisant en substance que l’on ne peut se réjouir devant la mort, bien qu’il ait largement contribué, ce n’est un secret pour personne, à provoquer la chute de ce régime et de son chef.
Mais bon, comme je le dis ici très souvent, sait-on vraiment ce qui se mijote dans la tête de toutes ces célébrités qui donnent leur avis sur tout, généralement dans le seul but d’être en adéquation avec les nécessités idéologiques ou politiques qu’ils soutiennent ou défendent.
Bref le tyran est mort ! Si j’osais je dirai vive le tyran, car sous une autre forme je crains qu’il en naisse un ou des autres. La différence c’est qu’avec les rois on savait qu’en disant cela on intronisait un autre roi, la plupart du temps de la même famille, en espérant qu’il ferait mieux que le précédent.
Mais allez-vous me dire, là, le dictateur est mort et le cri c’est « vive la démocratie ».
Ah la démocratie ? Comme ils l’aiment tous du fellah libyen ou du jeune révolutionnaire aux patrons de l’OTAN aux ordres de patrons bien plus occultes qui ont l’odeur du pétrole et de la fumée des complexes militaro-industriels.
Pas sur que les premiers en tirent avantage, de la démocratie qu’on leur prépare !
Ceux qui ont lynché le chef, physiquement ou moralement, selon une pratique ancestrale dont Freud lui-même avait expliqué les fondements psychologiques (oubliant un peu les raisons économiques) devraient se poser la question ! Pourquoi faire ? Car il y a par delà la colère populaire et le besoin de vengeance, sorte de soupape à laquelle on laisse libre cours, des exigences politiques qui devraient présider à la naissance de réformes et peuvent être ainsi effacées.
Depuis des lustres se pose pour les révolutionnaires la nécessité de préserver les objectifs des révolutions qui prennent en compte les notions de liberté et d’égalité.
Que représente la liquidation de Kadhafi dans ce questionnement ? Je reprendrai cette citation souvent répétée : « l’assassinat n’a jamais changé l’histoire du monde » ! Même celle d’un criminel sans doute assassin lui-même.
http://www.humanite.fr/monde/libye-syrte-est-tombee-et-kadhafi-est-mort-mais-comment-482044
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