Chacun voit midi à sa porte
Posté par jacques LAUPIES le 27 octobre 2011
A quand une gouvernance mondiale débarassée du capitalisme ?
La situation présente nous montre que c’est bien de cela que l’humanité a besoin et non pas du pouvoir des possédants !
Les proverbes ont cette qualité c’est, qu’ancrés dans les esprits, ils témoignent très souvent de la réalité de la vie des hommes de manière très juste. Je suis d’ailleurs très étonné qu’ils soient oubliés, ignorés en particulier par les jeunes générations. Preuve que les anciens ont manqué un certain devoir de mémoire en ne transmettant pas.
Celui que j’évoque « Chacun voit midi à sa porte » me vient si souvent en tête que j’en ai regardé la définition qui en est donnée dans Wikipedia pour être sur de ne pas en faire un mauvais usage dans ce qui suit.
Que dit ette définition : « Rechercher et regarder son propre intérêt avant toute autre considération. C’est un proverbe (gascon à l’origine) qui fait référence à la façon que l’on avait jadis de diviser les heures. En effet, c’était sur le mur des maisons, au seuil de la porte, que l’on plaçait un cadran ou horloge solaire qui marquait les heures suivant le trajet de l’ombre du soleil. Il suffisait de sortir sur le seuil de l’entrée, et tendre le cou pour vérifier si midi était bien à sa porte ! » Comme beaucoup de proverbes la conformité de celui-ci dans notre quotidien demande a être vérifié ! Positivé, il traduit une implacable vérité tout à fait acceptable et il contribue, vu sous cet angle, à nous rappeler aux réalités à prendre en compte pour protéger nos vies.
Mais il nous rappelle aussi qu’à trop vouloir regarder midi à sa porte on en oublie que nous vivons en société dans une interdépendance incontournable. Ce qui me conduit à considérer qu’il faudrait, peut être, regarder d’autres lieux et en d’autres temps pour que notre vie ne devienne pas une survie. Cette fâcheuse tendance à « nombriliser » nos problèmes en limitant la défense de nos intérêts en focalisant sur des agressions de notre entourage (famille, amis, voisins, communautés, etc.) même si elles nous blessent et sont réelles, nous éloignent de la prise de conscience de ce que sont les vrais prédateurs de nos vies. Un tel trouve que son voisin retraité lui porte tort parce qu’il travaille au noir. Tel autre, et c’est très courant ces temps ci, se plaint se savoir que des « fainéants » courent après les aides sociales pillant ainsi nos impôts et la sécurité sociale que nous payons, nous ! Et que dire de ces retraités pour qui l’on cotise et qui « gagnent deux fois plus que nous » Ou de ces fonctionnaires qui ne servent à rien sinon à nous ignorer quand nous avons besoin d’eux, Voire de ces footballeurs trop payés, de ces élus qui s’enrichissent et pratiquent le trafic d’influence (il est vrai qu’il y en a !), etc.
Outre que toutes ces assertions ne reposent sur rien de conséquent dans les causes de la crise économique elles induisent la division, parfois la haine de l’autre et constituent une véritable diversion pour masquer les vrais coupables et surtout les vraies solutions.
Toute cette stratégie qui consiste à faire en sorte que chacun ne donne vue que sur son palier, sa rue, son quartier, son village, voire sa ville ou son entreprise, pour se plaindre de son sort, en l’opposant à celui de ses semblables, peut l’éloigner des vraies causes de sa souffrance.
Souvent j’entends des personnes me dire : « mais vous ne vous rendez pas compte, vous n’êtes pas dans la réalité » Plutôt dur de subir une telle accusation. Comme si nous étions inaptes à la vérité !
A ceux qui ne voient que trop midi à leur porte nous pourrions indiquer, comme l’a dit un certain Denis de Rougemont : méfiez-vous « le plus bas nous parait le plus vrai » Manière de rappeler qu’il faut se garder des apparences !


