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L’exception confirmerait-elle la règle ? ( ci dessous lu dans l’Huma)

Posté par jacques LAUPIES le 14 juillet 2011

L'exception confirmerait-elle la règle ? ( ci dessous lu dans l'Huma) dans POLITIQUE imanePhoto : Pierre Pytkowicz

Sociétéhumanite dans POLITIQUE le 11 Juillet 2011

Avoir vingt ans dans les quartiers 1/9

Une fille des cités à l’assaut de la gendarmerie

Les séries d’été de l’Humanité

 

C’est un petit bout de femme de pile un mètre soixante. La taille minimale requise pour entrer dans la gendarmerie nationale. Depuis à peine un an, Imane (prononcez Imen) Assidi officie au fort de Rosny-sous-Bois, plus précisément dans le centre technique et scientifique de la gendarmerie nationale. À peine âgée de vingt-deux ans, Imane compte déjà plusieurs vies. Mariée, divorcée… Débrouillarde, elle a eu aussi plusieurs métiers : aide-soignante dans le sud de la France, puis à Paris, auxiliaire de puériculture, commerciale, chef de rayon chez Maxim’s à Roissy, jusqu’à atteindre ce rêve de stabilité si convoité par 90 % des jeunes : un CDI comme agent immobilier. Mais non. Imane explique qu’avec son « sale caractère », il lui fallait « un truc autoritaire, cadré ». Ce sera la gendarmerie nationale. Jamais elle n’y avait songé, même si sa mère le lui suggérait de temps à autre : « Il n’y a qu’eux qui arriveront à te gérer. »

« À force, on s’y fait 
et on aime ça » !

Par défi, elle s’inscrit au concours en juillet 2010, passe les tests et les réussit. Et, pour ne pas « rater une expérience », elle décide d’y aller. Le 4 octobre 2010, elle troque son petit bureau de commerciale pour une place à l’école de gendarmerie de Chaumont : « J’étais perdue, je ne connaissais rien de ce milieu. » Trois mois de stage intensif. Beaucoup craquent en cours de route. Imane, elle, avec son mental d’acier et son « sale caractère de merde », précise son lieutenant, tient bon. Les pompes, les tractions, les réveils intempestifs à 3 heures du matin dans le froid, les entraînements dans la boue et la neige, les cours de droit de 18 heures à 22 heures… rien ne la déstabilise. Et même, « à force, on s’y fait et on aime ça » !

Franche du collier, le débit rapide, la jeune femme de vingt-deux ans a gardé ces petites intonations de banlieusarde, statut qu’elle revendique fièrement. Fille d’immigrés tunisiens, Imane est la petite dernière d’une famille de quatre enfants. C’est à Limeil-Brévannes, dans un appartement HLM de la cité de la Hêtraie, qui jouxte la ville de Boissy-Saint-Léger, qu’elle a grandi. Élevée par sa mère, femme de ménage dans de grands hôtels parisiens pendant quinze ans, Imane lui voue une admiration sans bornes. Sans elle, pas d’énergie, pas de force pour avancer. De son enfance, elle garde de bons souvenirs avec en cours de route une cassure de taille, la mort de son père. « J’avais sept ans. J’étais persuadée qu’il allait revenir. Ma mère a tout fait pour m’aider. Elle m’a acheté un chat. Je suis même allée voir un psychologue. Elle l’a payé alors qu’on ne devait pas rouler sur l’or », se souvient-elle, émue. La vie reprend le dessus, malgré tout. Au rythme des activités et des engagements associatifs de sa mère Najia.

On n’est pas là pour faire la loi ou juger les gens

« C’était incroyable. Elle faisait des couscous pour 50 personnes. Elle a créé une association de femmes tunisiennes pour les aider à sortir de l’isolement. Pour les accompagner dans les démarches administratives. Elle récupérait toutes les lunettes que les opticiens jetaient pour les envoyer en Tunisie. Un jour, on a même réussi à trouver une ambulance et à l’envoyer là-bas ! » Imane n’a jamais ressenti le manque. Subitement, une émotion l’envahit. Elle s’arrête net. Puis explique que, au fond, elle ne s’était jamais posé la question : « Je m’en rends compte maintenant, mais ma mère a tout fait pour qu’on ne manque jamais de rien. Chaque été, on partait un mois en vacances en Tunisie, à Thala, dans le village d’origine de toute ma famille maternelle. Franchement, on a eu une éducation exemplaire. »

Seule élève gendarme de sa promo à être « issue de l’immigration », Imane affronte les allusions racistes de certains. « Les racistes sont des gens qui ne sont pas cultivés, ni ouverts. Ils ne lisent pas, ne connaissent pas l’histoire de leur pays. Moi, je la connais. Et pour moi, le savoir est une arme. Je suis musulmane, arabe et française, et tout ça coule dans mes veines sans problème. » Là encore, ce goût pour l’histoire qu’Imane décrit, elle le doit à sa mère : « C’est une femme très intelligente, elle adore la politique, l’histoire, elle aime le débat. C’est sa passion et elle nous l’a transmise. »

En janvier 2011, en pleine révolution tunisienne, Imane, la petite banlieusarde, endosse l’uniforme. Ce qui ne l’empêche guère de vivre pleinement, à distance, avec sa famille, un bouleversement historique. « C’était magnifique, incroyable. Il était grand temps que le peuple se révolte. On était scotchés à la télévision. » Bizarre de vivre ces moments comme gendarme ? « Non, je me sens très tranquille. Au début, mes copines du quartier n’ont pas compris. Mais elles s’y sont faites. Puisque je reste la même ! » Et pourquoi la police ? « Parce que les gendarmes sont plus respectés, surtout dans les cités. Ils sont mieux perçus et c’est normal parce qu’ils ont une éducation militaire, ils ont l’honneur. On doit donner l’exemple. Quand on a quelqu’un en garde à vue, on ne le présume pas coupable mais innocent. On n’est pas là pour faire la loi ou juger les gens. À la gendarmerie, tout est dans la cohésion. »

Imane n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. Déterminée qu’elle est à devenir militaire de carrière, à passer des concours pour intégrer les brigades du contrôle aérien ou les douanes… Et compte bien ainsi relever le niveau de mélanine de la gendarmerie nationale.

Imane Assidi a grandi au milieu du quartier de la Hêtraie, à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Avec son caractère bien trempé, la jeune femme a trouvé son équilibre sous l’uniforme.

Mon coup de gueule. Je ne supporte pas qu’on dise que les jeunes des cités sont des racailles ou des cas sociaux. Les gens ne savent pas de quoi ils parlent. J’ai beau être gendarme, je reste banlieusarde. Je suis fière de dire d’où je viens. Quand on dit qu’il y a de la drogue dans les cités, pourquoi on ne dit pas qu’il y en a autant dans les beaux quartiers ? Il y a un double traitement. Je trouve ça profondément injuste.

 

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