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Le repas de famille 3

Posté par jacques LAUPIES le 30 mars 2011

 

Les médias ont déclenché l’artillerie lourde. Ils font semblant de s’ameuter sur la percée « sondagistique » du FN. Télécommandés ou de leur plein gré tout est fait par eux  pour que le capitalisme sauve la mise et ne soit pas troublé  dans son pouvoir et son évolution mondialisée. Cela implique  que  l’un des deux candidats les moins dérangeants soit choisi dans un duel final. Quitte à jouer dangereusement avec l’extrême droite comme faire valoir

 

Et nos pépés et nos mémés  bien attablés semblent tous tomber littéralement dans le piège. L’entrée  était convenable, la viande excellente, le dessert au chocolat succulent, le vin de pays  mais de qualité. Et la discussion ? Ah ne m’en parlez pas : presque aussi bien qu’avec CALVI dans C dans l’air !

 

Personne ne s’est demandé qui avait produit le foie gras, qui avait élevé les bovins, qui avait semé et cueilli les épinards, les pommes de terres et les oignons, qui avait récolté les poires ou le chocolat, qui avait taillé la vigne et fait- les vendanges, qui avait ravalé la façade du XVIIème du restaurant, qui avait fabriqué les automobiles qui les transportaient (bien que ce ne fut pas des limousines) qui, qui, etc.

 

Pour la plupart, les parents qui les ont précédés ont durement travaillé et les enfants qui les suivent ont inventé le mot « galère » ou « bobo ». Savent-ils, ces vivants du troisième âge qu’ils sont les meilleurs auxiliaires des seigneurs fanfaronnant très souvent à la une des « Paris Match » et autres revues dont ils raffolent. Ils ont pourtant eux aussi joué un rôle économique et social non négligeable, payé des impôts plus qu’ils ne l’auraient du.

 

Ont-ils un peu oubliés d’où ils viennent ? Ce qui ne les aide pas à comprendre ou ils vont ! Faut-il les juger ? Sûrement pas ! Médire sur eux ne sert à rien mais dire est utile !

 

L’auto stoppeur lui était bien loin de tout cela ! Pas de véhicule, pas très bien mis, un sac plastic pour tout bagage il venait de la ferme qui  l’emploie, en portait l’odeur même, et regagnait un quartier que l’on dit plein de jeunes chômeurs qui font du bruit le soir mais ne jettent pas encore les cuisinières usagées par les fenêtres !

 

Mais lui ne vote pas comme la plupart de ses voisins de la cité.

 

Ah s’ils avaient été autour d’un tajine dans son douar en bordure du Rif peut-être mes voisins de table auraient-ils été plus soucieux et compatissant à l’égard de ses semblables. Peut-être…

 

Il ne mesure pas  combien il symbolise le présent et l’avenir. Lui pur produit de ce qui alimente la vague déferlante d’un nouveau prolétariat. Neuf, sans acquis historiques sauf ceux de cinquante ans d’oppression qui ont succédé à  presque autant de domination coloniale, eux-mêmes résultant de siècles ou ont alterné esclavages et féodalisme sur fond d’obscurantisme. Mais voila que l’occident les interpelle, fait naitre des illusions !

 

O surprise la révolte les anime, peut-être même la révolution. Pas lui mais les autres là-bas. Pourtant nous les voyons courbés, priant dans le désert, un fusil à leur côté. Comme l’a dit l’une des convives : « Dans la rue je n’aime pas les voir prier, mais là  c’est beau ». Les religions ne finiront pas de nous étonner! Les réactions de cette femme qui va voter Le Pen encore plus. Elle pas plus que lui ne mesurent combien de manipulations les attendent.

 

BHL et Ménard sont à l’affût. Ces « vierges » masculins effarouchés en mal de jouer les sauveurs de l’Humanité ne vont pas tarder à jouer les héros libérateurs   et justifier quelque opération militaire pour sauver une révolution – ou des rebelles – dont on ne sait pas toujours d’où ils viennent et qui les manipule. Pas plus d’ailleurs que nous savons d’où viennent BHL et Ménard !

 

Quand nous disions à ce jeune maghrébin sortant de la mosquée l’autre jour que la solution pour trouver un emploi n’était plus individuelle mais bien dans une lutte collective n’a-t-il  pas répondu : « croyez moi nous ferons bientôt pareil que la bas !» Il n’en avait rien à faire d’un état islamique en Tunisie, ce qu’il voulait c’est travailler, « sortir de son inutilité en France» comme il le disait lui-même. La violence ne semblait pas l’effrayer ? Pourrons-nous le convaincre qu’il y a des voies plus fortes et plus efficaces que la révolte spontanée. Et surtout de se défier  des bobos philosophes.

 

Allez faire de la politique avec ça ? L’immigration  résulte du désir de s’en sortir coute que coute, de pouvoir manger et dormir, d’être tranquille comme me dit souvent un ami marocain, là bas, « ne plus être un chien  c’est mon rêve » Est-il si différent de ces jeunes français.

 

Que demande le peuple ? Cela ne change guère : le pain, la paix, la liberté. Que leur offrent nos dirigeants et leurs experts : moins de pain, moins de liberté et la guerre !

 

Un français sur quatre accepte, un autre  refuse ? Et deux s’en foutent, manière de ne pas être d’accord !

 

Ah tout de même cela ne m’a pas coupé l’appétit ! Et si j’étais comme les autres ? Gourmand et bavard !

 

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