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Tout se tient : de la protestation des magistrats à une élection cantonale

Posté par jacques LAUPIES le 7 février 2011

 

S’il en est qui parfois trouvent la justice plutôt sévère, je serais de ceux-là ! Mais les juges ne font qu’appliquer la loi, avec les moyens qu’on leur donne. Fort heureusement ils ont des marges qui doivent tenir compte de la personnalité du présumé coupable. Que l’usage de cette marge soit fluctuante et mérite parfois contestation des décisions de justice de la part des victimes autant que des accusés, est quasi obligatoire. Le parfait ne peut exister surtout dans une société de classe.

Mais peut-on accepter que la justice soit instrumentalisée à des fins politiques ? Cela hélas cela s’est produit dans l’histoire de notre pays et même dans d’autres pays avec des régimes différents ! Certains penseront qu’il ne faut pas dramatiser lorsqu’un Président s’en prend à des juges et au fonctionnement de l’institution judiciaire en utilisant un fait divers particulièrement horrible.

Ben si ! Car un chef d’Etat et un gouvernement solidaire de ce genre d’opération ne répondent pas seulement à une réaction légitime d’une fraction de la population que cet acte révulse. Non ce qui grave et pire c’est qu’ils s’en servent à des fins encourageant un processus au coeur duquel naissent, d’un point de vue général bien sur, des sentiments de haine et d’intolérance, qu’ils remettent également en cause un corps d’état dont on sait qu’il souffre d’un manque de moyens.

Cette course aux électeurs qui s’apparente à une diversion généralisée et met en concurrence la droite dite libérale et la droite extrême ne peut échapper à toute personne attachée à l’indépendance de la justice et aux fondements républicains. Mais hélas il se trouve que dans des couches sociales frappées par la crise, fussent-elles de moyenne condition ou des plus défavorisée, elle a un indéniable effet.

Un effet qui ne conduira pas comme les plus pessimistes voudraient le faire croire au triomphe des extrêmes, quoiqu’on en dise relégués au rôle de voie de garage, pour l’instant. Par contre nul doute que la droite entend bien tirer profit de ce phénomène qui peut laisser entendre que la gauche est trop laxiste en matière de sécurité.

Ce peut être le cas aux élections cantonales à Tarascon ou le Maire d’une part et le Conseiller Général sortant d’autre part n’ont rien à craindre d’un bon résultat du FN qui leur otera certes une part de leur électorat mais risque aussi de puiser dans celui de gauche. Ce qui leur laisserait au second tour le beau rôle dans l’appel au rassemblement républicain.

Alors il conviendrait qu’à gauche on ne se disperse pas ! Même si chacun des candidats de gauche à le droit de considérer qu’il représente mieux que son voisin de gauche la politique sociale autant que celle de la défense du service public ! Il importe de se rassembler et d’éclairer  les électeurs sur l’enjeu de ces élections qui ont bien évidemment à voir avec un choix de société.

Si, ce qui  jusqu’à preuve du contraire semble être le cas, le Parti Socialiste n’a pas de candidature représentative, leurs électeurs prendront sûrement en compte la relève que constituera pour eux le  Front de Gauche avec Enna Dufour et Alain Dupré le suppléant.

Il faut que la gauche puisse mener le combat au deuxième tour. Cela est possible  dans ce canton  que nous connaissons bien. Electeurs Communistes et socialistes, républicains de progrès ne doivent pas s’égarer. Ils sont virtuellement majoritaires. Ils doivent se mobiliser et porter notre message. Un message de lucidité et de vérité qui sous tend la défense d’une politique sociale, de meilleurs revenus pour les salariés et les personnes exerçant une profession libérale frappées elles aussi par la politique sarkosienne.

 Jacques LAUPIES, responsable local du PCF

Texte relevé dans l’Humanite à propos du mouvement de protestation de la magistrature

« Révoltés », les juges ne sont pas venus siéger jeudi après-midi. Un débrayage pour réagir au discours tenu quelques heures plutôt par Nicolas Sarkozy à propos de l’affaire Laëtitia Perrais, qui a pointé du doigt les magistrats dans le sordide fait divers de Pornic.

A Nantes, les juges ont refusé de siéger jeudi après-midi. Un débrayage de toges noires pour réagir au discours tenu quelques heures plutôt par le chef de l’Etat à propos de l’affaire Laetitia Perrais. En visite jeudi matin au commissariat d’Orléans pour parler de prévention de la délinquance, Nicolas Sarkozy a continué à pointer du doigt les magistrats dans le sordide fait divers de Pornic.

« Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle », a-t-il déclaré devant gendarmes et policiers. Des sanctions déjà promises, lundi, par les ministres de l’Intérieur et de la Justice qui ont dénoncé « une défaillance dans la chaîne pénale ».

Dès qu’ils ont pris connaissance ce nouveau missile anti-magistrat du chef de l’Etat, les juges de Nantes se sont spontanément réunis dans la salle des pas perdus du tribunal, raconte le magistrat nantais Jacky Coulon, de l’Union syndicale des magistrats (USM). Se sont joints à eux des avocats, des représentants de syndicats policiers, de la protection judiciaire de la jeunesse et des fonctionnaires pour «protester contre l’amalgame par les plus hautes autorités de l’Etat entre la commission d’un crime et les prétendues carences décisionnelles des services de la justice, de la police et de l’administration pénitentiaire », relate leur communiqué. Le barreau de Nantes a également apporté son soutien.

Le chef de l’Etat aurait dû plutôt faire profil bas après la révélation de documents mercredi, selon lesquels la plus haute hiérarchie connaissait l’état du service d’application des peines de Loire-Atlantique. Celui-ci, avait, par manque de moyen, mis de côté le suivi de 800 personnes condamnés, dont celui du tueur présumé de Laëtitia Perrais, Tony Meilhon. « Tout le monde sait que ce n’est pas une faute qui a été commise », a explique Matthieu Bonduelle, du Syndicat de la magistrature, rappelant que ces choix ont « été faits et validés par la hiérarchie ».

« Nous sommes ulcérés ! », a bondi  la secrétaire générale de l’USM, Virginie Duval, « car, nous, les magistrats, nous faisons ce que l’on peut, avec un manque criant de moyens. » Les difficultés de la justice étaient encore dénoncées récemment par cette organisation représentant la majorité des juges de l’Hexagone (voir le Livre blanc).

Tandis que les magistrats nantais ont voté jeudi après-midi une semaine sans audience à l’unanimité moins trois abstentions, les organisations syndicales préparent des assemblées générales dans toutes les juridictions de France. Si Nicolas Sarkozy soutient une révolution, ce risque d’être celle des palais de justice.

Pierre Duquesne

 

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