Histoire de loups et de moutons

Posté par jacques LAUPIES le 4 février 2011

On peut avoir sur le plan philosophique une conception contestant la pensée religieuse, ses fondements, ses origines dans l’évolution de l’humanité mais en même temps prendre en compte leur effet parfois positif et en accord avec la recherche des solidarités.

Nombreux sont les exemples ou des hommes au nom de leur croyance religieuse, ont sacrifié leurs intérêts et parfois leur vie pour défendre un idéal qu’ils avaient emprunté à des préceptes religieux. Peu de religions échappent à ce phénomène qui d’ailleurs souvent s’identifie à leur naissance, à leur apparition.

Alors on peut ne pas croire en Dieu ou en toute espèce de transcendance et avoir du respect pour ceux qui prenant appui sur leur croyance religieuse oeuvrent à plus de justice et de liberté pour l’humanité. Les chrétiens et les différents shismes qu’ils ont connus prouvent s’il en est besoin que tres souvent ils se sont identifiés à des valeurs de justice et de paix. Il en va de même pour les musulmans, les juifs et sans doute bien d’autres confessions.

Chacune de ces grandes religions monothéistes ont à une période de l’histoire non seulement tempéré les conflits (généralement de classes) mais parfois ont soutenu des grandes réformes, voire des révolutions.

Par contre elles n’ont pas échappé à des instrumentalisations à caractère économique et politique de catégories, voire de classes toutes entières, ce  qui les a conduit à exercer, ou pour le moins à cautionner, les abus de pouvoir (allant jusqu’au crime) de clans et  de nations .

Faut-il les rappeler ?

En Allemagne la réforme a été révolutionnaire au 16ème siècle et pour le moins ambigue dans ses soutiens politiques des 19ème et 20ème siècle. Que dire des catholiques durant leur partage de pouvoir avec la féodalité en particulier pendant les guerres de religions en France jusqu’au milieu du 20ème siecle en europe en général. Que dire des anglicans, qui ont marqué un progrès dans les transformations économiques en Angleterre du 16ème siècle et se sont plutot mal distingué lors de la colonisation aux amériques.

L’Islam n’a pas échappé à ces évolutions en dent de scie depuis sa naissance jusqu’à nos jours.

Les classes dominantes savent « jouer » avec les religions et les peuples parfois n’y voient que du feu (si l’on peut dire !)

Posons-nous la questions : à quoi jouent les bons apôtres des gouvernements occidentaux quand ils brandissent la menade l’Islam en amalgamant Ben Laden et les Frères musulmans jusqu’à incriminer les courants les plus modéres de cette religion ?

Toutes ces « élites » qui vont jusquà se réclamer des Lumières et de nos traditions révolutionnaires, lorsque leur porte monnaie est menacé, brandissent l’épouvantail des extrémismes religieux et de tous leur symboles. Des banlieues à l’Egypte en passant par la Tunisie la démarche est la même : vous, bons petits français, tel le petit chaperon rouge, ne vous aventurez pas dans la forêt de la contestation car le grand méchant loup barbu risque si vous quittez l’enclos des moutons, de vous croquer.

Les fascistes religieux ça existe. Certes il faut s’en méfier et les combattre ! Mais là ou ils sont ! Pas nécessairement en sélectionnant les pays producteurs de pétrole et de minerais précieux ou qui ont une position gèopolitiquement déterminante où l’on voudrait bien les avoir en prétexte pour faire de la canonnière ou maintenir quelque dictateur complice.

Histoire de loups et de moutons dans POLITIQUE egypte4fev

En Egypte est souvent brandie pour contrer tout progressisme social et politique la soi disant menace des « Frères Musulmans »

A ce sujet lire l’interwiew, parue dans l’Humanité de ce vendredi, de Eric Rouleau, journaliste, écrivain et ancien ambassadeur

 

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