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Des texte de Marx très actuels

Posté par jacques LAUPIES le 27 novembre 2008

J’entends déjà, en présentant ce texte, la rengaine de ceux qui les trouveront démodés ! Cependant à l’heure ou les sdf meurent dans les bois à proximité d’une capitale ou s’exibe la richesse de quelques uns, ou dans le monde un enfant meurt de faim toutes les 5 secondes et,  pour moins faire dans une présentation misérabiliste - mais c’en est une – ou six ou sept millions de francais sont en état de pauvreté, le constat de l’analyse de Marx interpelle. Car c’est bien un système qui est coupable et ce système qui aveugle et trompe encore ceux qui en sont les premières victimes, eh bien il faut l’abattre.

Voici quelques extraits des Manuscrits de 1844

La demande d’hommes règle nécessairement la production des hommes comme de toute autre marchandise 2. Si l’offre est plus grande que la demande, une partie des ouvriers tombe dans la mendicité ou la mort par inanition. L’existence de l’ouvrier est donc réduite à la condition d’existence de toute autre marchandise. L’ouvrier est devenu une marchandise et c’est une chance pour lui quand il arrive à se placer. Et la demande, dont dépend la vie de l’ouvrier, dépend de l’humeur des riches et des capitalistes. Si [la] quantité de l’offre [dépasse] 3 la demande, un des éléments consti[tuant] 4 le prix (profit, rente foncière, salaire) sera payé au-dessous du prix, [une partie de] 5 ces déterminations se soustrait donc à cette utilisation et ainsi le prix du marché gravite [autour] 6 de son centre, le prix naturel 7. Mais 1º à un niveau élevé de la division du travail, c’est l’ouvrier pour lequel il est le plus difficile de donner une orientation différente à son travail, 2º c’est lui le premier touché par ce préjudice, étant donné son rapport de subordination au capitaliste.

Du fait que le prix du marché gravite autour du prix naturel, c’est donc l’ouvrier qui perd le plus et qui perd nécessairement. Et précisément la possibilité qu’a le capitaliste de donner une autre orientation à son capital a pour conséquence ou bien de priver de pain l’ouvrier * limité à une branche d’activité déterminée, ou de le forcer à se soumettre à toutes les exigences de ce capitaliste.

Donc, même dans l’état de la société qui est le plus favorable à l’ouvrier, la conséquence nécessaire pour celui-ci est l’excès de travail et la mort précoce, le ravalement au rang de machine, d’esclave du capital qui s’accumule dangereusement en face de lui, le renouveau de la concurrence, la mort d’inanition ou la mendicité d’une partie des ouvriers.

[III] 2º Prenons maintenant une société dans laquelle la richesse progresse. Cet état est leseul favorable à l’ouvrier. Là intervient la concurrence entre les capitalistes. La demane d’ouvriers dépasse l’offre. Mais :

D’une part, l’augmentation du salaire entraîne l’excès de travail parmi les ouvriers. Plus ils veulent gagner, plus ils doivent sacrifier leur temps et, se dessaisissant entièrement detoute liberté, accomplir un travail d’esclave au service de la cupidité. Ce faisant, ils abrègent ainsi le temps qu’ils ont à vivre. Ce raccourcissement de la durée de leur vit est unecirconstance favorable pour la classe ouvrière dans son ensemble, parce qu’elle rend sanscesse nécessaire un apport nouveau. Cette classe doit toujours sacrifier une partie d’elle même pour ne pas périr dans son ensemble.

En outre : Quand une société se trouve-t-elle en état d’enrichissement croissant ? Quand les capitaux et les revenue d’un pays augmentent. Mais ceci est possible seulement

a) si beaucoup de travail est amoncelé, car le capital est du travail accumulé ; donc si une partie toujours plus grande de ses produits est enlevée des mains de l’ouvrier, si son propre travail s’oppose à lui de plus en plus en tant que propriété d’autrui et si ses moyens d’existence et d’activité sont de plus en plus concentrés dans la main du capitaliste.

b) L’accumulation du capital accroît la division du travail. La division du travail accroît le nombre des ouvriers ; inversement, le nombre des ouvriers augmente la division du travail, tout comme la division du travail augmente l’accumulation des capitaux. Du fait de cette division du travail d’une part et de l’accumulation des capitaux d’autre part, l’ouvrier dépend de plus en plus purement du travail, et d’un travail déterminé, très unilatéral, mécanique.

Donc, de même qu’il est ravalé intellectuellement et physiquement au rang de machine et que d’homme il est transformé en une activité abstraite et en un ventre, de même il dépend deplus en plus de toutes les fluctuations du prix du marché, de l’utilisation des capitaux et de l’humeur des riches. L’accroissement de la classe d’hommes [IV] qui n’ont que leur travail augmente tout autant la concurrence des ouvriers, donc abaisse leur prix. C’est dans le régime des fabriques que cette situation de l’ouvrier atteint son point culminant.

c) Dans une société dans laquelle la prospérité augmente, seule les plus riches peuvent encore vivre (le l’intérêt de l’argent. Tous les autres doivent soit investir leur capital dans une entreprise, soit le jeter dans le commerce. Par suite, la concurrence entre les capitaux s’accroît donc, la concentration des capitaux devient plus grande, les grands capitalistes ruinent les petits et une partie des anciens capitalistes tombe dans la classe des ouvriers qui, du fait de cet apport, subit pour une part une nouvelle compression du salaire et tombe dans une dépendance plus grande encore des quelques grands capitalistes ; du fait que le nombre des capitalistes a diminué, leur concurrence (laits la recherche des ouvriers n’existe à peu près plus, et du fait que le nombre des ouvriers a augmenté, leur concurrence entre eux est devenue d’autant plus grande, plus contraire à la nature et plus violente. Une partie de la classe ouvrière tombe donc tout aussi nécessairement dans l’état de mendicité ou de famine, qu’une partie des capitalistes moyens tombe dans la classe ouvrière.

 Donc, même dans l’état de la société qui est le plus favorable à l’ouvrier, la conséquence nécessaire pour celui-ci est l’excès de travail et la mort précoce, le ravalement au rang de machine, d’esclave du capital qui s’accumule dangereusement en face de lui, le renouveau de la concurrence, la mort d’inanition ou la mendicité d’une partie des ouvriers.

 [V] La hausse du salaire excite chez l’ouvrier la soif d’enrichissement du capitaliste, mais il ne peut la satisfaire qu’en sacrifiant son esprit et son corps. La hausse du salaire suppose l’accumulation du capital et l’entraîne ; elle oppose donc, de plus en plus étrangers l’un à l’autre, le produit du travail et l’ouvrier. De même la division du travail accroît de plus en plus l’étroitesse et la dépendance de l’ouvrier, tout comme elle entraîne la concurrence non seulement des hommes, mais même des machines. Comme l’ouvrier est tombé au rang de machine, la machine peut s’opposer à lui et lui faire concurrence. Enfin, de même que l’accumulation du capital augmente la quantité de l’industrie, donc des ouvriers, la même quantité d’industrie produit, du fait de cette accumulation, une plus grande quantité d’ouvrage, laquelle se transforme en surproduction et a pour résultat final soit de priver de leur pain une grande partie des ouvriers, soit de réduire leur salaire au minimum le plus misérable.

Telles sont les conséquences d’un état social qui est le plus favorable à l’ouvrier, à savoir l’état de la richesse croissante et progressive.

Mais enfin cet état de croissance doit finir par atteindre son point culminant. Quelle est alors la situation de l’ouvrier ?

3º Dans un pays qui aurait atteint le dernier degré possible de sa richesse, le salaire et l’intérêt du capital seraient tous deux très bas. La concurrence entre les ouvriers pour obtenir de l’occupation serait nécessairement telle que les salaires y seraient réduits à ce qui est purement suffisant pour maintenir le même nombre d’ouvriers, et le pays étant déjà pleinement peuplé, ce nombre ne pourrait jamais augmenter 1.

Le + devrait mourir.

Karl Marx, Manuscrits de 1844

 

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