• Admin.du Site

  • Archives

La nécessité d’un Parti Communiste

Posté par jacques LAUPIES le 6 juillet 2008

NE PAS OUBLIER LENINE ?

Que disait Lénine à une époque ou le prolétariat – entendez par là : la classe ouvrière – était largement minoritaire dans tous les pays d’Europe et à fortiori dans la plupart des pays du monde, excepté sans doute les Etats-Unis d’Amérique ou naissait un prolétariat porteur des traditions ouvrières européennes.

On peut toujours ne considérer sa pensée que relevant d’une situation spécifique, après une révolution dans un pays dominé par l’héritage du système tsariste aux mécanismes de fonctionnement féodaux. On peut n’en retenir qu’une théorisation née d’expériences politiques particulièrement violentes puisque résultant d’une guerre civile ou l’affrontement concernait d’une part les forces conservatrices qui prirent l’initiative de la violence contre révolutionnaire et d’autre part un peuple asservi au cœur duquel la classe ouvrière et les intellectuels eurent un rôle prépondérant. On peut de ce fait indiquer que la France d’aujourd’hui n’est nullement comparable à la Russie de 1920. On peut même affirmer péremptoirement que la suite des évènements montrèrent que ce que disait Lénine fut démenti par la réalité qui succéda à sa disparition.

Quoique déjà je trouve un peu déplacé de faire bien peu de cas d’un homme qui réussit à conduire l’effondrement d’un despotisme doté d’un système généralisé d’exploitation qui frappait villes et campagnes dans un pays peu conditionné par la réalisation d‘une révolution socialiste. Il est tout à fait compréhensible que ses adversaires d’hier et d’aujourd’hui ne s’en remettent pas. Deux cents ans après la révolution française Robespierre est toujours aussi haï, encore qu’il soit étonnant que notre Président expert en fourre-tout historique n’en fasse pas un héros de la nation.

Pour en revenir à Lénine, et en étant respectueux de la distance, autant de temps et d’espace qui nous sépare de lui, je ne vois pas pour quelles raisons, de la même manière qu’on le fait pour les penseurs de l’antiquité ou ceux des lumières, non certes sans une certaine ségrégation, on ne mettrait pas quelques une de ses pensées à réflexion dans les universités.

Cela pourrait conduire à mieux comprendre un certain nombre de dérives politiques de notre temps, notamment parmi ceux qui se réclament de la « révolution »

Que disait le révolutionnaire russe en particulier sur la nécessité d’un parti révolutionnaire :

« Nier la nécessité du parti et de la discipline du parti, voila ou en est arrivé l’opposition. Or cela équivaut à désarmer entièrement le prolétariat au profit de la bourgeoisie. Cela équivaut, précisément à faire siens ses défauts de la petite bourgeoisie que sont la dispersion, l’instabilité, l’inaptitude à la fermeté, à l’union, à l’action conjuguée, défauts qui causeront inévitablement la perte de tout mouvement révolutionnaire du prolétariat, pour peu qu’on les encourage. Nier du point de vue du communisme la nécessité du parti, c’est sauter de la veille de la faillite du capitalisme (en Allemagne), non pas dans la phase inférieure ou moyenne du communisme mais bien dans sa phase supérieure. En Russie nous en somme encore (plus de deux ans après le renversement de la bourgeoisie) à faire nos premiers pas dans la voie de la transition du capitalisme au socialisme, ou stade inférieur du communisme. Les classes subsistent et elles subsisteront partout, pendant des années après la conquête du pouvoir par le prolétariat. Peut-être ce délai sera-t-il moindre en Angleterre où il n’y a pas de paysans (mais ou il y a cependant des petits patrons !) Supprimer les classes, ce n’est pas seulement chasser les grands propriétaires fonciers et les capitalistes, – ce qui nous a été relativement facile, – c’est aussi supprimer les petits producteurs de marchandise; or ceux-ci on ne peut pas les chasser, on ne peut pas les écraser, il faut faire bon ménage avec eux. On ne peut pas (et on doit) les transformer, les rééduquer, – mais seulement par un travail d’organisation très long et très lent, très lent et très prudent. Ils entourent de tous côtés le prolétariat d’une ambiance petite bourgeoise, ils l’en pénètrent, ils l’en corrompent, ils suscitent au sein du prolétariat des récidives, des défauts propres à la petite bourgeoisie : manque de caractère, dispersion, individualisme, passage de l’enthousiasme à l’abattement. Pour y résister, pour permettre au prolétariat d’exercer comme il se doit, avec succès et victorieusement, son rôle d’organisateur (qui est son rôle principal), le parti politique du prolétariat doit faire régner dans son sein une centralisation et une discipline rigoureuse.. La dictature du prolétariat est une lutte opiniâtre, sanglante et non sanglante, violente et pacifique, militaire et économique, pédagogique et administrative, contre les forces et les vieilles traditions de la vieille société. La force de l’habitude chez des millions et les dizaines de millions d’hommes, est la force la plus terrible. Sans un Parti de fer, trempé dans la lutte, sans un parti jouissant de la confiance de tout ce qu’il y a d’honnête dans la classe en question, sans un parti sachant observer l’état d’esprit de la masse et influer sur lui, il est impossible de soutenir cette lutte avec succès.. Il est plus facile de vaincre la grande bourgeoisie centralisée que de « vaincre » les millions et les millions de petits patrons; or ceux-ci, par leur activité quotidienne, coutumière, invisible, dissolvante, réalisent les mêmes résultats qui sont nécessaires à la bourgeoisie, qui restaurent la bourgeoisie. Celui qui affaiblit tant soi peu la discipline de fer dans le parti du prolétariat (surtout pendant sa dictature) aide en réalité la bourgeoisie contre le prolétariat »

Ce passage de « la maladie infantile du communisme » n’est sans doute pas sans choquer en 2008 lorsque l’on examine les conséquences dramatiques qu’ont pu avoir certaines pratiques de partis dans les différentes « expériences » socialistes ? Dans la mesure ou certains dirigeants de ces partis communistes n’ont cessé de se réclamer de ces textes pour asseoir un pouvoir politique susceptible de mener à bien la construction du communisme la question se pose d‘évidence. Ces écrits sont-ils pour autant si répréhensibles que cela ?

Ce que j’en retiens personnellement c’est qu’ils posent le principe de la nécessité du parti révolutionnaire qui à mon avis est incontournable autant dans la lutte pour abattre le capitalisme (ou le dépasser comme nous l’exprimons aujourd’hui, mais la question est-elle là ?) Ils répondent aussi à la question du rôle du prolétariat et des couches petites bourgeoises et pas seulement des couches du secteur libéral mais aussi de toutes celles qui s’identifient par mimétisme à elles et que l’on baptise généreusement ”couches moyennes”.

Mais cela dans un contexte radicalement différent. Quand on examine une question scientifique il est de bon ton de dissocier les lois générales applicables dans une environnement donné des phénomènes secondaires qui les accompagnent et peuvent très bien être soumis à variabilité. L’abandon du fil a plomb au profit d’appareils de mesure sophistiqués ne change en rien la véracité de la loi de la pesanteur à condition bien sur de rester sur notre planète. L’exploitation capitaliste et la lutte ds classes qu’elle génère demeurent malgré les transformations des techniques de production et les évolutions sociologiques que cela engendre. Nous restons bien sur la planète !

 

(à suivre)

*Je tente une série de réflexions dans le cadre de la préparation du congrès du PCF. Elles n’engagent que moi bien sûr, comme toutes les initiatives que peut prendre un militant plus particulièrement dans une telle période. Par contre et j’aurai l’occasion de le dire, je crois profondément nécessaire d’être responsable quand des choix politiques ont été élaborés démocratiquement et que les Directions ont été élues de la même manière . Volontairement je ne publie que des textes courts qui doivent s’enchainer au jour le jour sans ordre thématique précis. Ce premier texte a une suite sinon il ne voudrait rien dire !

 

Gabon, Environnement, Touri... |
Site des Jeunes Tassilunois |
Histoire d'Europe |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | RETROVISEUR SANSALVATORIEN
| larurale
| Droit Administratif des Bie...